Gabriel Attal, ministre des Comptes publics, salue une "mobilisation importante et responsable"
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France Inter, Jérôme Cadet, le 7-9-30. Avec Yael Gauze, nous recevons ce matin dans le Grand Entretien. Gabriel Attal, ministre délégué au Compte Public. Bonjour à vous. Bonjour. Et merci d'être avec nous ce matin, au lendemain, de cette première journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Forte mobilisation dans la rue hier, entre 1,120,000 personnes selon la police et 2 millions selon la CGT. Du monde dans les grandes villes, mais aussi dans des villes plus petites. 4.000 personnes à Belfort, plus de 7.000 à Alès, 8.000 à Châteauroux. Ce sont des chiffres du ministère de l'Intérieur. Les syndicats ont déjà annoncé hier soir une nouvelle journée de mobilisation.
Ce sera le 31 janvier. Sur cette mobilisation et sur la réponse que peut apporter le gouvernement, j'attends vos questions pour Gabriel Attal, 0145 24 7000 ou via franceinter.fr. Les sondages nous disaient que la majorité des Français étaient défavorables à cette réforme. En tout cas, les Français ont interrogé. Vous en avez eu, Gabriel Attal, la confirmation hier dans la rue ?
Il y a eu une mobilisation importante et je veux saluer une mobilisation responsable. Il y a eu peu, voire pas de débordements. Et donc, je veux saluer la responsabilité des organisations syndicales de leur service d'ordre et saluer aussi le travail de nos forces de l'ordre. Il y a eu 10.000 à être mobilisés qui ont permis que ces manifestations se tiennent dans de bonnes conditions.
C'est-à-dire que vous pensiez que ça aurait pu mal se passer, qu'il y aurait pu y avoir de la violence des casseurs ?
C'était ce que vous redoutiez ? Il y a eu quelques exemples par le passé de manifestations où il y avait effectivement des casseurs qui venaient perturber. En l'occurrence, là, elles ont pu se dérouler dans de bonnes conditions. Moi, le message que je veux passer et relayer, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour se parler. Qu'il n'est jamais trop tard pour échanger, qu'il n'est jamais trop tard pour chercher à avancer ensemble. Moi, j'ai fait le choix, avant même cette manifestation, de multiplier des rencontres avec les Français. Des Français de tous horizons, de toutes obédiences politiques. Des Français qui, pour beaucoup, sont inquiètes, doutent, posent des questions sur cette réforme.
J'étais encore hier soir à Olivet dans le Loiret. La semaine dernière, à Juvisy, dans l'Essonne, à Nice. Je serai la semaine prochaine dans d'autres villes pour échanger directement avec ces Français. C'est expliquer les choses, mais aussi entendre ce qu'ils ont à nous dire pour continuer à améliorer et enrichir notre réforme.
Expliquer les choses, dites-vous. Les Français à qui on a tendu le micro hier disent qu'on a parfaitement compris le sens de cette réforme. Simplement, on est opposé.
Mais je pense que c'est notre responsabilité que d'aller convaincre. Cette réforme, pour reprendre des termes que je voyais employer hier dans les manifestations, elle n'est pas faite pour les nantis ou pour les plus riches. Les nantis, les plus riches, ce sont peut-être ceux qui peuvent le plus se dire que la possibilité d'avoir une pension de retraite par le système par répartition une fois qu'ils seront à la retraite, c'est le plus accessoire. Puisque eux-mêmes ont pu se constituer ou hériter d'un patrimoine dans leur vie. Ceux qui ne peuvent compter que sur une pension de retraite du système par répartition.
Ce sont précisément les classes moyennes, les Français de classe modeste, qui n'ont que leur travail et le fruit de leur travail comme patrimoine. Si on veut préserver ce système, c'est précisément pour eux qu'on le fait. Ce sont ceux qui veulent le plus compter sur ce système. Or, aujourd'hui, il est en déséquilibre. Avec des déficits qui se multiplient chaque année.
Donc, il faut agir pour l'équilibrer. Vous aviez six mois depuis la présidentielle pour faire cette pédagogie.
Pourquoi ça ne passe pas ? D'abord, ces six mois, ils ont été mis à profit pour échanger avec les organisations syndicales. Vous allez me dire, ils ne soutiennent pas votre projet. Il n'empêche que le travail qui a eu lieu avec les organisations syndicales a permis de faire remonter des propositions qui sont reprises dans la réforme. Je vous donne un exemple. Les syndicats ont fait remonter le fait que le congé parental, vous avez beaucoup de Français aujourd'hui, et notamment de Françaises, qui s'arrêtent de travailler pour s'occuper de leurs enfants, qui prennent un congé parental, n'était pas pris en compte pleinement pour la retraite.
Demain, avec notre réforme, il sera pris en compte en matière de trimestre pour la retraite. Les aidants familiaux, vous avez des Français qui doivent travailler moins ou s'arrêter de travailler parce qu'ils ont un enfant en situation de handicap dont ils s'occupent. Demain, ça comptera pour des trimestres aussi dans la réforme. Ça, c'est à la marge, Gabriel Attal.
Le cœur de l'opposition, c'est sur l'âge légal de départ, sur le recul à 64 ans,
dont aucun syndicat ne veut. Je vais venir, mais je crois, et j'en ai aussi eu la démonstration dans les réunions que j'ai tenues avec des Français, que derrière, il y a des vies et des attentes très concrètes de la part des Français. Ensuite, sur la question de l'âge légal. Vous savez, il y a plusieurs possibilités aujourd'hui. Si on veut permettre à notre système de perdurer, il y a augmenter les impôts, baisser les pensions, même si j'entends assez peu de gens le proposer, ou alors, globalement, travailler un peu plus. Nous, on a choisi cette voie, on l'assume, et on l'a assumé d'ailleurs dès la campagne présidentielle. Ce qu'on recherche, c'est un juste partage de cet effort.
Et donc, vous évoquiez les discussions qu'il y a eu ces derniers mois avec les syndicats. Moi, je rappelle que la copie a évolué à la suite de ces discussions, que pendant la campagne présidentielle, l'âge légal devait être poussé à 65 ans. Finalement, ce sera 64 ans. Je rappelle que dans la campagne présidentielle, la garantie de retraite minimale à 1200 euros, quand on a une carrière complète, ne devait concerner que les nouveaux retraités. Dans la réforme qu'on présente, ce sera finalement, y compris pour les retraités actuels.
Brut ou net, on pourrait être tout à fait clair sur ce point des 1200 euros ?
Alors, c'est brut, mais vous le savez, c'est pourquoi c'est brut, on parle toujours en brut en matière de retraite.
Non, mais il y a eu un flou autour de cette annonce, et derrière des interprétations divergentes.
On parle toujours en brut en matière de retraite, puisqu'il y a des taux de CSG différents selon les retraités, selon les revenus du foyer, et non pas selon la pension de retraite qui est versée. Mais on parle de Français, qui ont travaillé proche du SMIC toute leur vie, qui a priori n'ont pas des revenus du ménage très élevés, et donc pour l'essentiel d'entre eux, a priori, ils ont le taux de CSG super réduit, voire pas de CSG, et donc le brut est quasi égal au net, ça sera peut-être 1170 euros pour certains.
Est-ce que vous estimez, comme Emmanuel Macron l'a dit hier depuis Barcelone, que la réforme a été démocratiquement validée, et que l'élection d'Emmanuel Macron au second tour face à Marine Le Pen signifie une adhésion, une validation de la réforme des retraites à 64 ans ?
Je ne crois pas que c'est ce que le président de la République a dit dans ses termes. A peu près, si.
Il a dit que cette réforme a été démocratiquement présentée et validée.
Elle a été démocratiquement présentée dans le cadre de l'élection présidentielle.
Il a dit qu'elle a été validée.
Moi, je suis lucide et conscient. Vous ne reprenez pas ce terme de validé. Je suis lucide et conscient, et le président de la République aussi, il l'a dit le soir du deuxième tour de l'élection présidentielle, que des Français ont voté pour lui au deuxième tour, avant tout pour battre l'extrême droite et Marine Le Pen.
Et on peut reprendre ses propos devant la Tour Eiffel, je veux ici les remercier, leur dire que j'ai conscience que ce vote m'oblige pour les années à venir.
Voilà, et ce que je dis aussi, c'est que cette réforme, elle a été, c'est vrai, présentée dans le cadre de la campagne présidentielle. Moi, j'ai l'exemple de réforme des retraites par le passé, on peut prendre la réforme de 2010, par exemple, qui n'avait pas été annoncée dans le cadre de l'élection présidentielle qui s'était tenue quelques années avant, qui est sortie un peu du chapeau. Personne n'a été pris par surprise sur cette réforme, précisément, puisque, et je peux vous dire que pour avoir fait campagne pour le président de la République, à la présidentielle ou aux législatives, j'en ai entendu parler sur les marchés, j'en ai entendu parler devant les sorties de métro.
On a été clair sur cette réforme, et on l'a fait évoluer à la suite des concertations avec les organisations syndicales.
Mais vous n'allez pas jusqu'à dire qu'elle a été validée par la réélection d'Emmanuel Macron ?
Moi, ce que je dis, c'est qu'elle a été présentée, qu'il n'y a pas de surprise de ce point de vue-là.
Plus d'un million de personnes hier dans la rue, si la mobilisation grandit, grossit ces prochaines semaines, est-ce que vous reculerez ?
Il y aura une autre journée de mobilisation, je crois, qui a été annoncée, qui sera probablement aussi importante, et j'espère qu'elle sera aussi responsable. Moi, encore une fois, le message que je passe, je l'ai dit tout à l'heure, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour se parler, pour continuer à enrichir le projet. Moi, je vais continuer à aller à la rencontre des Français dans des réunions très ouvertes. On va continuer à échanger avec les organisations syndicales. Il y a des sujets sur lesquels on peut continuer à progresser. Alors, rentrons dans le détail, c'est un peu l'objectif de cette interview ce matin, monsieur.
Ce que je veux rappeler aussi, et c'est important de le faire, parce que tout le monde ne le sait pas forcément, c'est qu'avec les dispositifs qu'on a mis en place sur les carrières longues, sur la pénibilité, 40% des Français, 4 Français sur 10, partiront avant l'âge de 64 ans. A deux ans avant, voire quatre ans avant, voire six ans avant pour certains. C'est aussi ça qu'il nous faut mettre en place.
Parlons du point dur, Gabriel Attal. Ceux qui vont devoir cotiser 44 ans et non 43, parce qu'ils ont commencé à travailler à 20 ans, c'est un des angles morts de la réforme selon les syndicats. Est-ce que vous êtes prêts à faire un geste pour eux ? Est-ce que c'est un élément de négociation, d'ores et déjà, pour tenter de recoller les morceaux avec le mouvement social ?
Quelqu'un qui a commencé à travailler à 20 ans aujourd'hui, avant la réforme, il doit partir à 63 ans. Il y a 43 annuités de cotisation. Avec la réforme, il devra partir à 64 ans, donc travailler un an de plus. Quelqu'un qui a commencé à travailler à 23, 24 ou 25 ans, il devra travailler deux ans de plus. Donc celui qui a commencé à travailler à 20 ans que vous évoquez, la réforme lui demande de travailler un an de plus, alors que pour les autres qui sont rentrés plus tard dans la vie active, elle leur demande de travailler deux ans de plus. Donc ça ne bougera pas. Donc il y a moins d'efforts demandés supplémentaires à celui qui a commencé à 20 ans que vous évoquez qu'aux autres.
Donc vous le présentez comme ça, pas comme quelqu'un qui a commencé à travailler très tôt en fait. C'est l'effort demandé.
Là, vous me citiez quelqu'un qui a commencé à travailler à 20 ans. Je peux vous citer ceux qui ont commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans, qui eux partiront encore plus tôt. Ce n'est pas 43 ans pour tous, ce que vous nous dites ce matin. Mais ce que je dis, il y a le gosse, c'est qu'on a présenté un système carrière longue où vous pouvez partir à 58, 59, 60, 61 ans, selon l'âge auquel vous avez commencé à travailler.
Donc cet élément n'est pas négociable, si on vous suit ce matin, les 44 ans.
Il a été beaucoup travaillé avec les organisations syndicales, encore une fois. On a retenu un certain nombre de propositions. Moi, ce que je dis, c'est qu'on peut encore progresser et enrichir notre projet sur deux sujets. Un, probablement la question des carrières hachées. J'évoquais tout à l'heure le congé parental, le congé pour aider un proche en perte d'autonomie ou un enfant en situation de handicap. Ce n'est aujourd'hui pas pris en compte dans la retraite. Ça le sera demain dans notre réforme. On l'a ajouté. Ça concerne beaucoup de Français ? Je pense que ça concerne, oui, un certain nombre de Français. En tout cas, je vais vous dire, hier, j'étais dans une réunion à Olivet.
J'avais une femme, une mère, qui a un enfant en situation de handicap, précisément, qui a pris un congé pour présence parentale et qui me demandait si ça serait pris en compte. Ça le sera. Et donc, ça, c'est la première chose. Sur des périodes où des Français ont dû s'arrêter de travailler pour des raisons subies, peut-être qu'on peut enrichir les choses. Deuxième chose...
Mais ce n'est pas 43 ans pour tous. Il faut que ce soit clair ce matin. On est au jour...
Je vous ai répondu, Yalgaud. Je vous ai dit très concrètement, celui qui a commencé à travailler à 20 ans, dans l'état actuel du système, il devrait travailler jusqu'à 63 ans. La réforme lui demande de travailler un an de plus. Elle demande aux autres de travailler deux ans de plus. Deuxième chose, l'emploi des seniors. Il y a beaucoup qui a été fait par l'État, par les entreprises, pour faire progresser l'emploi des seniors. On peut probablement aller plus loin. On propose des éléments dans notre réforme. L'index senior pour inciter les grandes entreprises à recruter plus de seniors. La retraite progressive, qui va être étendue à la fonction publique.
Aujourd'hui, si vous êtes dans le privé, avant le départ à la retraite, vous pouvez décider, par exemple, avec votre employeur, de vous mettre à mi-temps, à temps partiel. Et vous avez une partie de votre pension de retraite qui est versée en complément de votre salaire pour équilibrer votre rémunération. Demain, ça sera ouvert à la fonction publique, puisqu'aujourd'hui, les fonctionnaires n'y ont pas accès. Voilà, c'est des éléments très concrets qu'on peut continuer à enrichir par la discussion.
Je reprends le point sur l'emploi des seniors. L'index senior qui est prévu par cette réforme des retraites, donc qui obligera les entreprises à recenser le nombre de seniors qu'elles ont dans leurs effectifs, pourrait-il y avoir des sanctions pour une entreprise qui publie son index dans lequel il n'y a pas de seniors ?
Mais ça doit faire l'objet du débat qui se poursuit avec les syndicats et au Parlement demain. Mais incitatif ou coercitif, c'est ça l'enjeu pour les seniors ? Ce système d'index, il a été mis en place il y a quelques années, je crois en 2018. On l'a mis en place pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Mais name and shame, ça ne suffit pas. On constate, alors il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais on constate qu'il y a des progrès sur ce sujet-là dans les entreprises qui ont publié leur index. Mais moi, sur ce sujet-là, je le dis... Donc publié, ça suffit.
Non, ce que je suis en train de vous dire, c'est que je pense qu'il faut qu'on soit très ouvert aux propositions qui peuvent être faites.
Donc là, c'est négociable.
De l'autre côté, vous avez le patronat, et moi j'entends...
Geoffroy Roudbézieux cette semaine qui dit, moi je ne veux pas de...
Non, mais qui disent décider d'un taux de seniors entre guillemets acceptable dans l'entreprise de manière uniforme depuis Paris pour l'ensemble des entreprises, c'est ne pas tenir compte de la réalité de certaines entreprises, de certains secteurs. Donc preuve qu'il faut continuer à travailler ensemble avec syndicats, patronats, avec les parlementaires pour continuer à enrichir notre texte.
Et faire payer un tout petit peu davantage les retraités les plus aisés, est-ce que ça vous paraît une piste intéressante ou c'est le totem, le tabou du pas d'impôts en plus ?
D'abord, moi je considère qu'il n'y a aucun tabou en démocratie, on doit pouvoir débattre de tout. Maintenant, vous l'avez dit vous-même, on s'est engagé à ne pas augmenter les impôts. Donc c'est un tabou. C'est un tabou. Pour aucun français. Donc c'est un tabou. Première chose. C'est un engagement qu'on a pris et ça je pense que c'est validé par l'élection présidentielle. Deuxième chose, il faut aussi voir de quoi on parle.
D'abord, il y a un fait nouveau qui est décrit par beaucoup de sociologues depuis plusieurs années, c'est qu'aujourd'hui, les nouveaux retraités, ils ont la charge, entre guillemets, ils s'occupent de leurs enfants, de leurs petits-enfants, mais aussi désormais de leurs parents. C'est trois générations maintenant qu'il faut soutenir quand on devient retraité. Donc on leur demande beaucoup aujourd'hui la société. Et deuxième chose.
Comment ce sont aussi vos électeurs, Gabriel ?
Deuxième chose. Non, moi je ne réfléchis pas comme ça. Mais c'est une réalité. J'essaye de faire un juste partage de l'effort. Et deuxième chose, quand on parle des retraités, la pension moyenne de retraite, je crois que c'est 1500 euros. C'est 1250 euros pour les femmes, 1700 euros pour les hommes. Donc quand on parle des retraités les plus aisés, comme je l'entends parfois, soit ça concerne vraiment très peu de monde, soit ça concerne des retraités qui vont toucher 1600, 1700 euros de retraite dont on augmenterait les impôts. Moi je ne suis pas favorable à augmenter les impôts. Ni pour ceux qui travaillent... Piste exclue, on a compris.
Ni pour ceux qui travaillent, comme le proposent les syndicats et la NUPES, ou la France Insoumise par exemple, qui proposent d'augmenter les cotisations salariales, ça serait 450 euros de pouvoir d'achat en moins.
Mais certains le proposent aussi chez vous, Sacha Houllier, elle est plutôt gauche de la majorité, on entend des voix qui s'élèvent pour dire, si on touchait aux cotisations patronales entre 1,5 et 3,5 le SMIC, je m'exprime mal, c'est un peu technique, mais est-ce que cotisations patronales légèrement rehaussées, c'est une piste ?
Aujourd'hui, on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans en France, et le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans. Je pense qu'on le doit à un effort massif qui a été fait sur la formation, sur l'apprentissage, mais on le doit aussi au fait qu'on a fait baisser le coût du travail dans notre pays. Et que d'ailleurs, quand on nous compare avec nos voisins européens, on garde aujourd'hui un niveau de prélèvement très élevé en France. Donc c'est tabou aussi, si on vous suit. Qu'est-ce qui est négociable ? On regarde toutes les propositions qui sont faites et on essaye d'évaluer leur impact. Donc là, c'est long.
En l'occurrence, augmenter les cotisations patronales comme c'est proposé par certains, ça aurait un impact direct sur l'emploi qui est estimé entre 150 000 et 200 000 emplois supprimés. Derrière, c'est des gens qui aujourd'hui travaillent qui perdraient leur emploi. Moi, je vous ai dit ce sur quoi on peut continuer à avancer, à mon sens. Prise en compte des carrières hachées et du déroulement de la carrière.
Les aidants.
et emploi des seniors.
Ce relèvement des cotisations patronales, il est proposé par certains, dites-vous, notamment par le modem de François Bayrou qui fait partie de votre majorité à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous craignez aujourd'hui que votre majorité ne se fissure ? Elle est aussi constituée par LR, en tout cas sur ce texte, par Horizon, le parti d'Edouard Philippe. Quelques voix dissonantes s'élèvent. Hier, j'en prends une au hasard, Yannick Favenec, député aux raisons de Mayenne, le parti d'Edouard Philippe qui dit « Moi, en l'État, je ne vote pas ce texte à l'Assemblée nationale. » Est-ce qu'il y a risque de délitement de cette majorité ?
Un, moi, je crois au débat profondément et je pense que c'est sain aussi de se dire qu'il va y avoir un débat parlementaire qui va permettre d'échanger. Deux, je pense que les députés se sont engagés aussi pendant leur campagne délégislative sur un programme. En l'occurrence, Yannick Favenec, vous l'avez dit, fait partie d'Horizon. Edouard Philippe défendait, je crois, la retraite à 67 ans, ce qui va beaucoup plus loin que ce que nous proposons aujourd'hui avec 64 ans. Donc, moi, je pense que ce sera un moment important le débat parlementaire. Je crois à la démocratie sociale. La démocratie sociale, c'est les six mois de discussion avec les syndicats qui viennent de s'écouler.
Démocratie sociale, c'est le droit de manifester, le droit de faire grève que je respecte. La démocratie sociale, c'est aller à la rencontre des Français comme on doit le faire comme responsable politique. Et la démocratie sociale, ce sera le débat au Parlement qui se tiendra à partir du 6 février pour continuer à enrichir la réforme.
Beaucoup de questions pour vous, évidemment, ce matin, Gabriel Attal au standard d'Inter, 01, 45, 24, 7000. C'est le cas de Stéphane qui nous appelle de Toulouse. Bonjour Stéphane.
Bonjour.
Nous vous écoutons.
Oui, bonjour. Je suis un électeur de premier tour de M. Jean-Luc Mélenchon et j'ai voté pour M. Macron au deuxième tour. Et j'ai entendu avec attention M. Macron nous expliquer hier qu'il avait la légitimité démocratique pour me faire bosser jusqu'à 64 ans. Au passage, j'ai commencé à 20 ans et vous accélérez la réforme touraine donc vous allez manquer 43 annuités. Ça fait 43 ans, pardon. Et voilà. Et donc, je suis ulcéré comme bon nombre parce que sans nous, la gauche, jamais M. Macron ne serait aujourd'hui président de la République. Jamais. Merci à vous Stéphane. Voilà. Je suis ulcéré.
Merci Stéphane pour cette question. Gabriel Attal vous répond.
Bonjour Stéphane. Je crois que j'ai répondu en partie sur cette question puisque vous m'avez interrogé tout à l'heure sur le sujet. Encore une fois, moi je suis...
On a beaucoup d'interpellations sur ce thème.
Je l'ai dit dès le début de cette interview. Moi je suis parfaitement conscient que des électeurs et notamment des électeurs de gauche sont venus voter au deuxième tour Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen. Ce que je dis simplement c'est qu'il y avait des candidats qui effectivement ne proposaient pas le recul de l'âge légal de départ à 65 ans comme c'était notre proposition à l'époque mais qui proposaient d'augmenter les impôts. Ces candidats n'ont pas été au deuxième tour de l'élection présidentielle.
Et moi je ne parle pas encore une fois de mandat à part le deuxième tour de l'élection présidentielle et le président de la République lui-même le soir du deuxième tour avait été très clair sur le fait qu'il était lucide sur le choix des électeurs de venir voter pour lui pour faire barrage à l'extrême droite. Il était moins clair hier
d'où les questions de ce matin.
Je ne dis pas qu'il y a un blanc-seing je dis juste qu'il n'y a pas de page blanche non plus. On a présenté cette réforme dans le cadre de l'élection et surtout qu'on l'a fait évoluer depuis la campagne présidentielle puisqu'on est passé de 65 à 64 et qu'on a élargi massivement la retraite minimale à 1200 euros y compris aux retraités actuels.
Laurent nous appelle de Metz. Bonjour à vous Laurent.
Bonjour. Donc ma question comme monsieur Attal a dit il n'y a pas de tabou. la réforme de retraite par répartition s'est faite sur des bases sociologiques de 1945 avec une population active massive qui allait entrer dans les années 60. Comme on n'est plus à Windows 15 je pense qu'on devrait changer aussi de système comme en informatique notre système ce n'est pas un tabou du tout. On pourrait très bien passer à un système universel.
On n'a jamais produit autant de richesses aujourd'hui dans l'économie française et si on regarde bien le fonctionnement de l'Etat si on refaisait sérieusement une réforme des institutions on verrait ce qui fonctionne ce qui ne fonctionne pas je pense que déjà si on supprimait l'échelon territorial du département pour le... Juste sur les retraites ça veut dire quoi Laurent
un régime universel ça veut dire quoi ?
Un système je pense qu'on a des mathématiciens qui seraient capables je dirais comme pour la sécurité sociale selon mais peut-être avec une progressivité selon je dirais des classes des classes de revenus un système qui garantit à tout le monde absolument tout le monde même les gens qui comme moi sont bousillés à cause d'une erreur médicale sont bloqués à la maison sans boulot qui va manquer plus de 10 ans un seuil au-dessus au-dessus déjà du seuil de pauvreté donc je pense qu'il est mathématiquement qu'il est d'une manière comptable tout à fait possible maintenant un système universel et comme le système de complémentaire de la sécurité sociale les gens qui gagnent plus en auraient plus avec leur complémentaire
merci Laurent pour cette question Gabriel Attal une réforme plus large au fond que celle que vous proposez
et d'abord c'est vrai et l'auditeur a raison de le dire qu'il y a une réalité démographique notre système par répartition c'est quoi ?
c'est le fait que les actifs qui travaillent financent la pension des retraités quand on cotise quand on travaille on ne met pas de l'argent de côté en cotisant pour soi on paye la pension des retraités il y a une cinquantaine d'années il y avait quatre personnes qui travaillent pour financer la pension d'un retraité il y a une vingtaine d'années il n'y avait plus que deux personnes qui travaillaient pour financer la pension d'un retraité aujourd'hui on est autour d'une personne et demie en moyenne qui travaille pour un retraité ça va continuer à diminuer dans les années à venir il y a un point positif à tout ça c'est qu'il y a de plus en plus de retraités parce que l'espérance de vie s'allonge parce que la science progresse et que c'est positif mais on voit que passer de quatre actifs pour financer la pension d'un retraité à un peu au-dessus d'un actif pour financer la pension d'un retraité on voit qu'il y a un enjeu démographique majeur ce qui veut dire un, qu'on doit prendre des mesures pour équilibrer le système certains disent il faut mettre plus à contribution encore les actifs nous on dit il faut globalement qu'on travaille un peu plus longtemps ça veut dire aussi qu'il faut agir pour la natalité dans notre pays il y a des chiffres de l'INSEE qui sont sortis il y a quelques jours qui doivent nous alerter donc il y aura des mesures
d'annoncer prochainement par le gouvernement pour une politique nataliste c'est envisageable ?
bien sûr il y a des engagements qui ont été pris je vous en donne un qui est pour moi fondamental c'est le service public de la petite enfance faire en sorte que tous les parents dans notre pays puissent avoir accès à une solution de garde c'est un chantier majeur qu'on porte je vous donne un deuxième exemple qui entre en vigueur cette année et tout le monde ne le sait pas et donc peut-être que parmi ceux qui nous écoutent ça les intéressera c'est une mesure vraiment pour les classes moyennes qui travaillent et qui doivent faire garder leurs enfants on relève le plafond du crédit d'impôt pour la garde d'enfants aujourd'hui des couples des familles doivent faire garder leurs enfants la crèche l'assistante maternelle ça peut coûter cher il y a un crédit d'impôt qui existe il est plafonné à 2300 euros on le passe à 3500 euros on l'augmente de 50% c'est une mesure importante pour les classes moyennes qui travaillent et qui doivent faire garder leurs enfants
il y a Francis qui nous écrit le président du corps du conseil d'orientation des retraites Pierre-Louis Bras qui était auditionné hier à l'Assemblée a déclaré devant la commission des finances qu'il n'y avait pas de problème d'équilibre du système des retraites qu'est-ce que ça vous inspire ?
pas ce qu'il a dit il a dit que les dépenses du système de retraite n'allaient pas s'envoler et que la part des dépenses du système de retraite allait rester stable dans le PIB moi je ne dis pas l'inverse de ça mais si on va au bout de ce qu'il dit il dit qu'il y a un problème de recettes
les dépenses ne dérapent pas elles sont relativement maîtrisées
exactement mais la question c'est aussi les recettes du système par rapport à ce que je vous disais sur le fait qu'il y a de moins en moins d'actifs pour cotiser et financer la pension des retraités ce qui nécessite qu'on prenne une réforme le corps dans son rapport dit clairement l'état des déficits dans les années à venir et si on ne fait rien 150 milliards de dettes en plus sur les 10 ans à venir c'est une réalité alors certains peuvent dire on s'en fiche des déficits c'est pas grave le fait est que quand vous avez plusieurs dizaines de milliards ou plusieurs vingtaines de milliards de déficits par an vous mettez en danger le système ou alors vous dites que l'état a vocation à combler ces déficits c'est autant de dizaines de milliards en moins pour la transition écologique pour l'école pour l'hôpital évidemment qu'on a besoin de continuer à financer
Gabriel Attal Emmanuel Macron présente en fin de matinée les grandes lignes de la future loi de programmation militaire il le fera depuis Mont-de-Marsan vous aviez lancé lorsque vous étiez secrétaire d'état auprès de la jeunesse le SNU le service national universel aujourd'hui c'est sur la base du volontariat est-ce qu'il faut le généraliser ?
il sera généralisé le président de la république l'a dit la question c'est comment moi je souhaite qu'il devienne obligatoire chaque année pour toute une classe d'âge obligatoire 16 ans en tout cas moi qui ai lancé ce projet qui l'est porté aujourd'hui c'est ma collègue Sarah Laéri qui le porte j'y suis favorable j'ai vu des impacts extrêmement positifs à ce service national je rappelle qu'il s'agit de remplacer entre guillemets ce qui a été le service militaire évidemment en ne reprenant pas l'objectif militaire du service à l'époque mais en tout cas en se disant qu'avoir un moment de pleine mixité de creuset républicain autour des valeurs de la république avec des jeunes qui viennent d'horizons différents qui se retrouvent encadrés par des corps en uniforme
on en a les moyens
ah oui je crois profondément
en encadrement en animateur en logement
il y aura tout un travail qui sera d'ailleurs décliné et détaillé sur la montée en charge ça va prendre plusieurs années pour le généraliser vous savez combien ça coûte ? je fais attendre les annonces qui seront faites dans les prochaines semaines par le président de la république Gabriel Attal
très très rapidement l'EPS il y a une bataille en ce moment de revendications de victoires entre Olivier Faure et son challenger Nicolas Mayer-Rossignol maire de Rouen qu'est-ce que ça vous inspire vous qui avez passé 10 ans au parti socialiste Olivier Faure revendique la victoire mais Nicolas Mayer-Rossignol aussi
qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
ça vous rappelle de bon ou de mauvais souvenir ?
c'est un parti qui a convaincu entraîné et convaincu de faire de la politique des millions de français qui a donné deux présidents de la république à la France qui je pense à force de se regarder le nombril à oublier de regarder les français et moi je pense que ça révèle aussi un problème plus large sur la démocratie interne dans les partis politiques à la NUPES puisqu'on a vu à la France Insoumise qu'il y avait des contestations très fortes sur le mode de désignation du nouveau leader Manuel Bompard on voit là qu'au parti socialiste manifestement il y a des gros problèmes aussi je pense que ça dit quelque chose de plus profond sur l'attachement à la démocratie par ces formations politiques de la NUPES
merci à vous Gabriel Attal ministre délégué au compte public invité ce matin du Grand Entretien bonne journée merci à vous
merci à vous
Gabriel Attal