François Bayrou doit recadrer François Rebsamen ! - Yoann Gillet (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:17FerméeRéponse directe
Est-ce que vous respectez le Rassemblement National ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Yohann Gillet, qu'est-ce que vous vous dites à François Rebsamen ce matin ?
- 1:34OuverteRéponse partielle
Est-ce que la méthode Bayrou sur les retraites vous convient au Rassemblement National ?
- 2:23RelanceÉludée
Mais vous ne dites pas, comme le Parti Socialiste, si on n'a pas d'autres garanties d'ici demain, on censure ?
- 4:15RelanceRéponse directe
Vous vous trompez sur notre point de vue sur la réforme des retraites ?
- 5:28OuverteRéponse directe
58% des Français sont pour la démission d'Emmanuel Macron en cas de censure du gouvernement Bayrou ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Je respecte Yohann Gillet et les élus du Rassemblement National. »
- 0:32Invité politiqueFait
« Je crois qu'on peut avoir des désaccords profonds. »
- 1:53PrésentateurFait
« François Bayrou n'a fait que des constats hier, sur les retraites, sur l'école, sur l'immigration, sur les modes de scrutin. »
- 2:36PrésentateurPromesse
« Nous, on demande l'abrogation, ça fait bien longtemps qu'on la demande. »
- 2:43PrésentateurFait
« L'abrogation, nous l'avions d'ailleurs proposée directement à l'Assemblée nationale. »
- 4:31PrésentateurFait
« Et nous, la proposition que nous avions pour la réforme des retraites, c'était tout simplement d'avoir une progressivité, et avec un nombre d'années de cotisations. »
- 4:52PrésentateurFait
« la réforme actuelle, en réalité, ne va pas faire des économies au pays. »
- 5:05Invité politiqueChiffre
« Le programme présidentiel de Marine Le Pen, il n'était pas financé, l'Institut Montagne l'avait montré. »
- 5:22PrésentateurFait
« le programme de Marine Le Pen était entièrement financé, et d'ailleurs, était le seul programme présidentiel qui était validé. »
- 6:01PrésentateurFait
« La dissolution ne peut plus dissoudre pendant quelques mois encore. Pas avant cet été, oui. »
- 8:44PrésentateurFait
« L'immigration, quand elle est déraisonnable en quantité, forcément pose des problèmes. »
- 9:30PrésentateurFait
« Il n'y a aucune mesure concrète qui a été annoncée en dehors de la Banque de la Démocratie et du non-déremboursement des médicaments. »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Yoann Gillet37 %
- Invité18 %
- ?5 %
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On n'est pas toujours d'accord, Violette Spibou, députée Ensemble pour la République du Nord, et Yohann Gillet, députée Rennes du Gard, bonjour à tous
les deux, merci
d'être là. François Rebsamen, le ministre de l'Aménagement du Territoire, a dit hier soir qu'il respectait tous les partis politiques. Ça démarrait bien, sauf le Rassemblement National. Violette Spibou, est-ce que vous respectez le Rassemblement National ? Est-ce que vous respectez Yohann Gillet qui est en face de vous ?
Je respecte Yohann Gillet et les élus du Rassemblement National. Je l'ai toujours dit, j'ai une ligne très claire là-dessus, donc je ne partage pas ce qu'a dit le ministre hier sur BFM. Je crois qu'on peut avoir des désaccords profonds. C'est une erreur, c'est une faute ?
En
tout cas, moi j'ai écouté le Premier ministre du début à la fin hier dans l'hémicycle, y compris dans ses réponses aux différents groupes politiques, et je crois qu'il a, lui, été très clair sur sa position par rapport à l'ensemble des présidents de groupe. Le respect, il a même cité le geste de serrer la main à chacun des parlementaires, et je pense que c'était un rappel qui était important dans un moment où on cherche le compromis.
Yohann Gillet, qu'est-ce que vous vous dites à François Epsamen ce matin ?
C'est clairement un dérapage du ministre, et moi j'appelle le Premier ministre à recadrer, avec la plus grande sévérité, son ministre, parce qu'en insultant le Rassemblement National, on insulte 11 millions de Français, et ce n
'est
pas acceptable en démocratie. Effectivement, on doit tous se respecter, on se combat politiquement, évidemment, on est là pour ça, mais le respect est la clé de la bonne santé de notre démocratie.
Allez, on va parler des retraites, la méthode Bayrou sur les retraites. Est-ce que ça vous convient au Rassemblement National ? Est-ce que d'abord un constat, un constat fait par la Cour des comptes, une mission flash, qu'en quelques semaines on fait un constat, et on voit où on en est, et ensuite les partenaires sociaux vont parler, négocier,
échanger pendant 3 mois ? Des constats, c'est bien,
mais François Bayrou n'a fait que des constats hier, sur les retraites, sur l'école, sur l'immigration, sur les modes de scrutin, il n'a fait que ça pendant près d'une heure et demie. Maintenant, ce que veulent les Français, ce que nous attendons, c'est de l'action, et ce sont des propositions concrètes, parce que, vous savez, noyer le poisson en annonçant des discussions sur tel ou tel sujet, pour in fine ne rien proposer, c'est de la diversion. Donc, on dit au Premier ministre, attention, il ne suffit pas de discuter, et un Premier ministre n'est pas là pour discuter pendant de longues semaines, de longs mois, il faut agir.
Mais vous ne dites pas, comme le Parti Socialiste, si on n'a pas d'autres garanties d'ici demain, on censure
?
Non, mais sur la réforme des retraites, nous, on est très clair. Nous, on demande l'abrogation, ça fait bien longtemps qu'on la demande, ça ne surprendra personne. Mais à l'inverse des socialistes et de la gauche, nous, on est droit de nos bottes sur le sujet. L'abrogation, nous l'avions d'ailleurs proposée directement à l'Assemblée nationale. Elle a été discutée en hémicycle,
et la gauche a
refusé, d'ailleurs, de voter l'abrogation.
C'est une différence de point
de vue profond, d'ailleurs, entre nous qui appartenons, on va dire, au socle commun et le Rassemblement national, c'est le rapport à la valeur travail. En tout cas, moi, je considère que quand le Rassemblement national s'oppose à l'allongement de la durée de cotisation pour la retraite, quand le Rassemblement national s'oppose à la réforme de l'assurance chômage ou aux 15 heures de formation ou d'occupation pour des personnes bénéficiaires du RSA, cette réforme du RSA qui est en place depuis le début janvier, on voit qu
'il y a
une différence profonde de point de vue. Par contre, aujourd'hui,
sur la
méthode...
Eh bien, en tout cas, sur les faits, c'est-à-dire les réformes qui ont été proposées, rendre plus strictes les allocations chômage, remettre les personnes qui sont au RSA dans une place dans la société, que ce soit par un stage, par une formation, ou par 15 heures ou 20 heures de travail, ou que ce soit sur la durée du travail pour la retraite, la cotisation retraite pour protéger nos futures générations, on est vraiment, oui, là-dessus opposés. Après, sur la méthode que propose François Arbaillrou, je dirais que c'est pour le moment habile. On verra
si cette censure n'est pas votée.
Les socialistes attendent ça depuis deux ans, ils disent qu
'on
veut retravailler sur la réforme des retraites. Si on arrive à un compromis, et pendant trois mois, à remettre les syndicats autour de la table sur tout ce qu'il faut améliorer, notamment pour les femmes, pour la pénibilité, eh bien, je pense qu'on avancera, et c'est ce que veulent les Français.
Je pense que vous vous trompez, en réalité, sur notre point de vue sur la réforme des retraites. Nous, ce que nous disons, c'est que la réforme telle qu'elle est aujourd'hui, elle est totalement injuste pour les carrières longues, notamment, pour les carrières hachurées des femmes, également, et vous en avez parlé,
et également
pour la pénibilité. Et nous, la proposition que nous avions pour la réforme des retraites, c'était tout simplement d'avoir une progressivité, et avec un nombre d'années de cotisations.
Et le
problème, oui, mais bien sûr, mais vous savez, la proposition que nous avions concrètement de réforme de la retraite que nous avions dans notre programme présidentiel, était totalement financée, et d'ailleurs, les études, et la Cour des comptes pourra en reparler dans les prochaines semaines, mais les études montrent que la réforme actuelle, en réalité, ne va pas faire des
économies au pays. – Le programme
présidentiel de Marine Le Pen, il n'était pas financé, l'Institut Montagne l'avait montré,
il n'y avait
plus de 100
millions, milliards de déficits chaque année. – Vous savez pertinemment à quel point
l'Institut Montagne
manque
de
sérieux. – En tout cas, c'était la même chose sur la France insoumise, c'était la même chose sur le programme de Marine Le Pen. – Beaucoup d'économistes ont
pu
valider le fait que
le programme de Marine Le Pen était entièrement financé, et d'ailleurs, était le seul programme présidentiel qui était validé, mais on ne
va
pas refaire tous les chiffres ce matin. –
58% des Français sont pour la démission d'Emmanuel Macron en cas de censure du gouvernement Bayrou. Ça, c'est un sondage CSA pour CNews Europe 1, le JDD, dont on parle ce matin dans la matinale. Ça a commencé à devenir compliqué pour Emmanuel Macron, j'allais dire, même s'il n
'y
a pas de censure, demain, a priori, on verra, on verra. C'est compliqué de prévoir, on pensait qu
'il
n
'y en
aurait pas, et finalement, l'ERN l'a voté, donc on ne sait pas. Mais est-ce que ça va commencer à devenir compliqué
pour le président de la République ? – Nos institutions prévoient, en cas de crise majeure, plusieurs solutions. La dissolution ne peut plus dissoudre pendant quelques mois encore.
–
Pas avant cet été, oui.
–
La Constitution prévoit également la démission du président de la République comme un outil pour rétablir les choses et pour que les choses puissent repartir sainement. Alors après, c'est au président de la République de prendre sa décision. Nous ne nous n'appelons pas…
–
Oui, Rennes, vous ne
l
'appelez pas.
–
Nous n'appelons pas la démission du président de la République, il a été élu démocratiquement, il faut le rappeler. Néanmoins, à titre personnel, comme beaucoup de Français, si demain le président de la République devait démissionner, je m'en réjouirais évidemment parce que je pense qu'il est la cause de tout ce que connaît la France aujourd'hui, de tous les malheurs que connaissent les Français et surtout de la crise institutionnelle qu'il a provoquée.
– Je crois qu'il faut être très très vigilant aujourd'hui au regard de ce que la France vit dans le monde. On est quand même à un moment de gravité et d'ailleurs, je trouve que les débats hier à l'Assemblée nationale ont montré cet esprit de gravité, c'est-à-dire qu'on sait quand même que toute déstabilisation supplémentaire de la France, alors qu'on est très fragile budgétairement, alors qu'on a la Chine, les États-Unis qui sont dans l'innovation, qui sont très agressifs commercialement envers l'Europe et en particulier la France, on voit la situation de nos entrepreneurs, de nos agriculteurs, on est à un moment où au contraire, il faut une stabilité des institutions.
On peut ne pas être d'accord avec le président de la République, avec le socle commun, mais en tout cas, moi, quand je suis à Lille, à Marc-en-Barol dans ma circonscription, on a tous les voeux en ce moment dans nos communes, ce que nous demandent les entrepreneurs, les agriculteurs, les élus locaux, les maires, c'est de la stabilité et du pluriannuel. Et nous, on a rencontré hier avec notre groupe, avec Gabriel Attal, Amélie de Montchalin, la nouvelle ministre du budget, elle a beaucoup insisté sur ça, le pluriannuel et les économies de l'État. Et ce que les Français, ils veulent voir, c'est de la simplification, de la débureaucratisation et des économies de l'État.
Et donc, il va falloir leur montrer que tout ce qui est dans les étagères des rapports parlementaires ou de la Cour des comptes ou des chambres régionales des comptes, eh bien, on les met vraiment en œuvre. C'est ce qu'a dit le Premier ministre. Moi, j'attends de voir, mais je serai très active sur ce sujet.
Mais
c'est ce qu'a dit le Premier ministre, effectivement. Et d'ailleurs, c'est en cela que l'on peut considérer que le discours du Premier ministre est une victoire idéologique pour le Rassemblement national. Parce qu'en réalité... Qu'on soit d
'accord sur
la débrureaucratisation, je crois que
là-dessus, tous les partis politiques
se mettent d'accord.
Sur les constats et sur les diagnostics, c'est exactement ce que nous faisons. Et d'ailleurs, ils sont largement partagés par les Français.
D'ailleurs, Yann Gilles, vous êtes d'accord avec lui sur l'immigration ? Sur l'exemple du village ?
C
'est-à
-dire
qu'une famille qui arrive dans un village sévenole, une famille étrangère qui arrive dans un village sévenole est accueillie, la solidarité se met en place. 30 familles qui arrivent dans un village sévenole, là, il y
a
un problème. Évidemment.
Tout le monde, de sensé, le dit. L'immigration, quand elle est déraisonnable en quantité, forcément pose des problèmes. On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Et ça, tous les Français, on se sent largement conscients. Et il faut faire attention, justement, à ce village dont vous parlez. C
'est le Premier ministre qui en parle. Vous êtes resté sur votre fin, sur les questions régaliennes, comme on dit,
immigration, sécurité. Je suis resté sur ma fin,
surtout,
mais je n
'ai
pas été surpris.
En
réalité, et d'ailleurs, François Bayrou ne m'a pas déçu. Moi, je ne
m
'attendais à rien avant le discours et on n'a rien eu. On a eu des constats, des diagnostics. C'était plutôt
le plus
petit des nominateurs communs. C
'est-à-dire qu'il faut trouver toutes les mesures qui mettent tout le monde d'accord.
Parce
qu'en fait, il n'y a aucune
mesure concrète qui a été annoncée
en dehors
de la Banque de la Démocratie et du non-déremboursement des médicaments. Ce sont les deux seules mesures concrètes. Sinon, à rien d'autre. Mais nous, on aurait aimé que le Premier ministre présente aux Français des mesures sur le pouvoir d'achat, sur la lutte contre l'insécurité, sur la lutte contre la submersion migratoire, sur la désertification médicale. Il y
a
beaucoup de sujets sur lesquels les Français attendent des réponses.
C'est à nous aussi d'agir au Parlement. On va avoir le débat budgétaire à partir du début du mois de février. Moi, je fais la commission éducation et culture sur le sujet des postes d'enseignants qu'on doit maintenir, sur le sujet peut-être de la réforme du pass culture. On a des économies à faire et pour que ça servent mieux nos territoires, notamment les territoires oubliés, ruraux, même si je suis élu dans une métropole, la métropole lilloise.
Merci beaucoup à tous les deux. Merci d'être venus. Un élu du Gard et une élue lilloise, une élue du Nord. Merci à tous les deux d'être venus ce matin sur le plateau de la matinale de CNews.
Yoann Gillet