Jean-Philippe Tanguy : "La civilisation française doit être défendue !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00FerméeÉludée
Personne ne va rentrer en guerre contre les États-Unis d'Amérique, en Europe ?
- 0:21OuverteRéponse directe
De Gaulle, est-ce que De Gaulle, si on provoquait De Gaulle à ce point-là...
- 1:40OuverteRéponse directe
On va voir de quelle manière, alors il y a les Danois dont on vient d'avoir l'arrivée...
- 2:16RelanceÉludée
Ce ne sont pas les journalistes qui exagèrent pour une fois ?
- 4:12OuverteRéponse directe
Ce qui est compliqué, c'est que nous sommes face à un homme, Donald Trump, qui n'utilise pas la grammaire habituelle des relations internationales...
- 5:34RelanceRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait, Jean-Philippe Tanguy ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13PrésentateurFait
« Entre l'amende de 10 milliards d'euros à la BNP, entre le fait de maintenir M. Frédéric Piroucci otage pour faire pression sur Alstom... »
- 3:01Invité politiqueFait
« La mise en alerte de la 11e division aéroportée en Alaska, qui est une petite division, légère, d'intervention... »
- 5:15Locuteur 4Fait
« On ne peut pas engager un conflit armé avec les États-Unis d'Amérique. »
- 5:21Locuteur 4Promesse
« On déclenche ce qu'on appelle l'instrument anti-coercition, c'est-à-dire des mesures de rétorsion économique qui seraient considérables... »
- 5:48PrésentateurFait
« Il y a des casernes américaines sur tout le continent européen, en dehors des pays neutres et de la France, grâce au général de Gaulle. »
- 7:31PrésentateurFait
« Le chantage sur la bombe française, les socialistes, à l'époque, étaient complètement imprégnés de doctrines atlantistes... »
- 30:01Locuteur 4Chiffre
« Il y a eu des mesures unilatérales prises par les États-Unis qui nous ont imposé en moyenne 15% de droits de douane sans mesure de rétorsion européenne. »
- 36:24Locuteur 5Chiffre
« Si tu ne le fais pas, je vais imposer des droits de douane de 25% sur tout le vin, le champagne et sur tous les produits qui entrent aux Etats-Unis. »
- 37:46Locuteur 7Fait
« Emmanuel Macron l'appelle au parleur pour lui dire « J'ai tous les Européens et j'ai Zelensky », il dit « Prix Nobel ». »
- 38:05Invité politiqueFait
« Donc, il y a une relation un peu cyclotimique avec Emmanuel. »
- 39:00PrésentateurChiffre
« La communauté française, par rapport à la communauté descendant d'Allemagne, du Royaume-Uni, évidemment, d'Italie, est très faible en France. »
- 39:45PrésentateurFait
« Le dernier président à avoir porté la civilisation française, il s'appelait Jacques Chirac. »
- 40:01PrésentateurFait
« Ce qui s'est passé en Afrique, au Rwanda, un certain nombre de pays, où on a laissé l'anglais prospérer, on ne défend pas notre propre culture. »
- 40:17PrésentateurFait
« Et la culture mène les civilisations, mène les sociétés. »
- 40:25PrésentateurFait
« Quand on est tout à fait heureux que Paris soit vue à travers les yeux d'une série américaine qui s'appelle « Emile in Paris », c'est pathétique pour la civilisation française. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy41 %
- Présentateur25 %
- Locuteur 412 %
- Locuteur 77 %
- Locuteur 25 %
- Locuteur 53 %
- Locuteur 32 %
- Locuteur 102 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Je pense que là, on atteint le paroxysme, un peu le délire collectif. Personne ne va rentrer en guerre contre les États-Unis d'Amérique, en Europe. Enfin, écoutez, tout ça n'est pas sérieux et complètement inenvisageable et un peu grotesque. Donc j'ai l'impression qu'aussi, il y a une surenchère médiatique pour sur-commenter et partir dans tous les délires qu'on nous impose, y compris des propos qui, évidemment, sont provocateurs.
Attendez, Jean-Pierre Doi, vous portez la croix de Lorraine. De Gaulle, est-ce que De Gaulle, si on provoquait De Gaulle à ce point-là...
De Gaulle allait partir au conflit. Oui, ça s'est arrivé. Alors, il n'y avait pas De Gaulle au pouvoir, mais enfin, il y a eu la crise de Suez, par exemple.
Ah ben, précisément. Quand les États-Unis menacent un territoire associé de l'Union Européenne... Alors, évidemment, personne ne souhaite la guerre, mais est-ce que dans la parole, au moins, on doit dire oui, on est prêt à se battre pour défendre un territoire associé de l'Union Européenne ?
Non, mais on ne va quand même pas commencer à se prononcer sur une perspective de guerre physique, un engagement militaire avec les États-Unis. Enfin, écoutez, là, il faut arrêter, là. Il faut que tout le monde redescende sur Terre, revienne à des propos équilibrés. Et on ne peut pas à la fois dire que M. Trump est excessif et partir, nous, complètement, dans un excès inverse. Par ailleurs, les déclarations de M. Trump sont parfaitement condamnables. Et ses actes contre l'Union Européenne et les pays européens, et la France en particulier, sont insupportables. Mais par le passé, les États-Unis ont fait bien pire à la France.
Et dans un passé assez récent, parce qu'entre l'amende de 10 milliards d'euros à la BNP, entre le fait de maintenir M. Frédéric Piroucci otage pour faire pression sur Alstom, les écoutes de la NEC de trois, au moins, trois présidents de la République, et tout le monde n'était pas à s'agiter comme ça. Donc, j'ai l'impression qu'en fait, les gens découvrent ce qu'est la puissance américaine, ces méthodes. Les méthodes de M. Trump sont extrêmement désagréables verbalement, mais les actions de ses prédécesseurs contre la France étaient parfois beaucoup plus dures.
– Restons bien sur ce qui est en train de se passer, avec d'abord la carte, regardez, on va voir de quelle manière, alors il y a les Danois dont on vient d'avoir l'arrivée, il y a les Français qui sont là, il y a les Américains qui sont aussi en train d'augmenter leur pression militaire de manière extrêmement marquée. Je ne sais pas qui, Michel Goya, notamment, expliquez-nous. En Alaska, et dans la base de Pitoufik, dans ces deux points en particulier, les Américains sont là, et notamment en Alaska, ils sont très nombreux. – Oui, d'accord, je rappelle juste un point, c'est le président Trump lui-même qui a par 14 fois évoqué cette possibilité d'employer la force.
Donc ce n'est pas les Européens qui montent dans les tours, ce sont les États-Unis d'emblée. – Ce ne sont pas les journalistes qui exagèrent pour une fois ? – Non, ce n'est pas les journalistes, ça n'empêche pas, ça n'empêche pas. – Vous faites les Jean-Philippe Tanguy, il lève les yeux au ciel, bien sûr. – Ça n'empêche pas. Maintenant, oui, pour répondre à votre question, là actuellement, on a un déploiement effectif, enfin un renforcement qui s'exerce dans le cadre, en réalité, d'un exercice de ce qu'on appelle la NORAD, c'est la Défense de l'Amérique du Nord, qui est américano-canadienne. Donc vous avez un déploiement d'avions, tout simplement, sur la base de Pitoufik.
Je rappelle que la base de Pitoufik, en réalité, c'est un immense radar qui surveille la Russie, qui surveille les tirs de la Russie. Mais régulièrement, il y a des exercices qui sont planifiés, ça s'est planifié depuis longtemps, où on déploie des moyens sur cette base, des moyens aériens. Alors la nouveauté, c'est qu'évidemment, on en parle, habituellement, on n'en parlait jamais, mais là, bien sûr, on en fait une compensation.
Et puis, il y a un deuxième élément, plus potentiel, je dirais, qui est la mise en alerte de la 11e division aéroportée en Alaska, qui est une petite division, légère, d'intervention, qui est spécialisée dans une brigade des parachutistes, l'autre d'infanterie, et qui est spécialisée dans l'intervention rapide et dans le combat en haute... Est-ce que ces troupes américaines sont en mesure, si elles se mettent en ordre de bataille, est-ce qu'elles peuvent aller jusqu'à des provocations ? Comme disait Jean-Philippe Tanguy, on n'imagine pas une guerre ouverte comme ça, mais des blocus, des manières, par exemple, de couper des communications, est-ce que c'est imaginable de voir techniquement ?
Est-ce que c'est faisable ? Oui, bien sûr, oui, on est dans le cadre de ce qu'on appelle une confrontation. On est sous le seuil de la guerre. Personne, je pense que du côté américain, il n'y a personne qui l'envisage sérieusement, sauf peut-être Trump, d'avoir à s'affronter, mais on est dans une situation de confrontation sous le seuil. Et donc, dans cette situation, on peut faire des démonstrations de force, on peut essayer de... on peut faire, voilà, jouer les gros bras, les... Ils sont là, les gros bras, ils sont sous nos yeux.
Non, mais bien sûr, mais voilà, dans tous les cas de figure, du côté européen, il y a cette idée que, voilà, maintenant, il faudra nous passer sur le corps, si vous voulez vraiment utiliser la force.
Et ça, c'est quand même plus compliqué, politiquement au moins. Ce qui est compliqué, c'est que, aussi, c'est que nous sommes face à un homme, Donald Trump, qui n'utilise pas la grammaire habituelle des relations internationales, y compris, d'ailleurs, dans l'épreuve de force. Et donc, on est obligé de se préparer à toutes les éventualités, mais, en même temps, il y a probablement une part de provocation chez Trump. C'est-à-dire qu'il pousse pour voir jusqu'où il peut aller. Mais, je dirais que, malheureusement, on est un petit peu comme face à la Russie, dans le doute, il faut se préparer.
– Il dit, vous allez voir, la déclaration de la soirée, on lui pose la question, notamment, c'est-à-dire de l'ACI, tout à l'heure, il y a quelques minutes, et il répond, vous allez voir, vous allez voir.
– Oui, vous allez voir, ça veut dire qu'il est prêt à toutes les éventualités. C'est ce qu'il dit. Après, est-ce qu'il prendra le risque d'une opération militaire au Groenland ? Est-ce qu'il prendra le risque de faire sortir les... Parce qu'en fait, c'est assez simple. Il fait sortir ses soldats de Pitufik, de la base américaine, et puis, il plante le drapeau, il dit, maintenant, ici, c'est chez nous. – Et là, qu'est-ce qu'on fait, nous, en face ? – Qu'est-ce qu'on fait ? Je pose la question. – Je pense qu'on ne peut pas engager un conflit armé avec les États-Unis d'Amérique. – Qu'est-ce qu'on fait ? – Ça me semble totalement dérisable.
– En revanche, on déclenche ce qu'on appelle l'instrument anti-coercition, c'est-à-dire des mesures de rétorsion économique qui seraient considérables, tout en sachant qu'on va précipiter l'Occident dans une récession mondiale à ce moment-là. – Qu'est-ce qu'on fait, Jean-Philippe Tanguy ?
– Juste, je vais répondre à votre question, mais juste avant, il y a deux familles politiques qui ont dit la vérité sur l'imperium américain, sur l'Europe. C'est les gaullistes et c'est les communistes. Les autres ont menti depuis la fin de la guerre froide. Il y a des casernes américaines sur tout le continent européen, en dehors des pays neutres et de la France, grâce au général de Gaulle. Mais les Français ignorent même cette réalité. Franchement, vous allez demander à nos compatriotes, est-ce que vous savez s'il y a des bases militaires américaines en Allemagne, dans la gentille Italie qui a l'air si paisible ? – Oui, c'est bourré de bases en Italie. – Évidemment, jusqu'en Turquie.
Mais les gens l'ignorent. Voilà, vous avez l'Autriche, l'Irlande, pays neutre, et il n'y a que la France. – Donc vous dites que c'est le moment de vérité. En réalité, notre soumission aux Américains éclate maintenant. – Mais ce n'est pas la soumission, c'est qu'on s'est mis sous leur protection absolue, y compris matérielle. Moi, je me souviens, quand je faisais mes études, il y avait l'affaire des F-16 polonais. Bon, la France, à l'époque, protestait encore en disant « mais ce n'est quand même pas possible que la France finance indirectement l'achat de F-16 polonais ».
Et en fait, ce n'est pas les F-16 polonais, c'est les F-16 de toute l'Europe, en dehors d'un programme français qui est purement national et d'un programme suédois. Mais c'est incroyable, si vous voulez, qu'aujourd'hui, tout le monde fasse semblant de découvrir ce qu'on sait depuis toujours. – Non mais Jean-Philippe, c'est pas la faute du Rassemblement National, ça fait 50 ans qu'on le dit.
– Vous convenez que la situation a quand même basculé, parce que jusqu'à présent, les Américains étaient en Europe, mais c'était les Européens qui étaient bien contents de les avoir, et c'était dans le cadre d'une coopération. À ma connaissance, les États-Unis n'ont jamais voulu annexer l'Italie ou l'Allemagne, pourtant, ils avaient même des bombardiers nucléaires en Allemagne. Donc là, on a changé de perspective quand même, vous reconnaissez ça ?
– Mais il y a un traité, sauf erreur, sur les États-Unis, sur le Groenland, dont personne n'a jamais parlé avant. Il y avait déjà des intintes à notre souveraineté. Les États-Unis font à peu près ce qu'ils veulent sur le territoire européen, en dehors de la France. – Jean-Philippe Tanguy, je veux un péron. – Le général de Gaulle, quand il a le courage de faire ça, il faut voir ce qui s'est pris. Le chantage sur la bombe française, les socialistes, à l'époque, étaient complètement imprégnés de doctrines atlantistes et ont embêté le général de Gaulle, parce qu'on disait « ce n'est quand même pas sérieux, le général de Gaulle veut un programme purement national ».
Et en dehors, sauf erreur de Kennedy et de Nixon, tous les présidents américains ont cherché à agresser le général de Gaulle, à empêcher le programme français d'indépendance nucléaire.
– Jean-Philippe Tanguy, vous rappelez la tradition moulienne ? Que tout le monde peut consulter des documentaires sur le service public ? – Vous rappelez, avec justesse, la tradition gaullienne qui fait exception. Et dans quelques instants, on verra comment les autres pays, eux, sont dépendants, y compris par les F-35, dépendants de la puissance américaine. Mais enfin, la puissance gaullienne, elle est très mise à l'épreuve, puisque ce soir, les États-Unis s'en prennent très directement à la France. Écoutez.
– Que répondez-vous au président Macron qui affirme qu'il ne rejoindra pas le Conseil de paix ? – Il a dit ça ? De toute façon, personne ne veut de lui, parce que ce mandat se termine bientôt. Donc au fond, ce n'est pas grave. Mais s'ils veulent se la jouer au style, j'imposerai des droits de douane de 200% sur ses vins et champagne. Et il rejoindra le Conseil. Mais il n'est pas obligé. – S'il a bien dit cela, vous déformez peut-être un peu ses propos. Mais si c'est bien ce qu'il a dit, comme vous le savez, il ne sera plus au pouvoir dans quelques mois.
– Voilà, comment la France peut-elle réagir ? – On est en direct au Groenland avec vous. Vous êtes député français, représentant du camp présidentiel Ensemble pour la République. Monsieur le député Pierre-Alexandre Anglade, bonsoir. – Bonsoir, Darice Rochman. – Vous venez d'arriver au Groenland. Comment d'abord, première impression sur la nécessité qu'il y a à vos yeux pour la France d'aider le Groenland menacé dans ces circonstances ? – Moi, je crois que c'est très important d'être présent ici au Groenland, aux côtés de nos alliés et partenaires danois qui sont aujourd'hui soumis à une pression extrêmement forte, si ce n'est brutale, de la part du président américain.
Et donc, passer un message de solidarité française et européenne, un message de respect de l'intégrité des frontières, de la souveraineté du Danemark et dire de manière très claire que les menaces américaines ne sont pas acceptables et qu'elles doivent cesser. Un pays allié ne menace pas d'annexer une partie du territoire d'un de ses partenaires. Et donc, il faut que les Européens fassent bloc. Et vous discutiez à l'instant des menaces, ou en tout cas des rhodomontades du président Trump à l'encontre du président de la République française. Mais la France est attaquée par le président Trump précisément parce qu'elle est un rempart.
Et que la France dit de manière très claire son refus de la soumission, son refus des impérialismes, son refus obstiné face à tous ceux qui veulent remettre en cause le droit international. Et le président de la République a raison de le faire avec beaucoup de force. – Vous êtes un de ceux de la représentation nationale, Anouk. Ce soir, je regarde sur mon site Météo, il fait moins 12 degrés, Anouk. On est loin de l'Assemblée nationale. Quelle est la réponse ? – Ressenti mois 22, Darius Rochon. – Vous êtes le camp présidentiel.
Votre réponse, si j'ose dire, personnelle au président Trump, qui ce soir, il vient de le dire, répondait d'ailleurs à LCI, dit, en parlant du président de la République, je cite, « Je l'aime bien, mais il est bientôt parti. Il ne restera pas très longtemps, dit le président Trump du président Macron. » – Oui, moi, je ne vais pas faire de polémique avec le président américain, mais je le redis, le président de la République est attaqué par le président Trump, précisément parce qu'Emmanuel Macron est aujourd'hui un rempart.
Il est celui qui mène au nom des Européens le combat pour le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale des États, du refus de la mise en cause du droit international tel que nous le connaissons, au fond, le refus du coup de force et de l'impérialisme américain. Et donc, il a été déjà attaqué par le passé, par le président américain, précisément pour ces raisons-là. Et donc, moi, je suis très heureux et très fier, en tant que Français et Européens, de voir la France mener aujourd'hui la résistance face à ceux qui remettent en cause la souveraineté et l'intégrité territoriale d'un pays ami et allié, en l'occurrence le Danemark.
Mais c'est valable pour le Groenland, comme c'est valable en Ukraine, partout où les frontières sont menacées. La France a raison de se placer du côté du droit et de la défense du droit international. Monsieur le député, merci beaucoup d'avoir été avec nous en direct. Jusqu'où ira Donald Trump ? Et nous continuons cette émission spéciale avec le Colonel Goya, avec Sylvie Berman, avec vous, Gallagher Fenwick, avec Jean-Philippe Tanguy et avec Guillaume Roquet. Regardez, Trump publie maintenant, quasi heure par heure, des mèmes, des dessins humoristiques, des dessins provocants.
Regardez, soit comme une forme de génie de la communication où il montre qu'il appuie la pression sur les Européens, soit dans l'autre camp comme un signe parfois de désordre, y compris de folie. Le mot est prononcé par un certain nombre de gens à taureau à raison. Regardez, il a publié d'abord cette photo, qu'il faut mettre en regard avec ce qui s'est passé cet été, où, il faut le dire, les gens de l'OTAN, l'Europe étaient un peu à ses pieds. Il était là, trôné à son bureau. Seulement, il a truqué, si on veut, l'image. C'était la carte de l'Ukraine, et c'est maintenant la carte des grands États-Unis, comprenant les États-Unis, le Canada et le Groenland. Il veut tout. Et le Venezuela.
Et le Venezuela. C'est quand même assez fort aussi, quoi. Non, non, mais je veux dire, personne ne se... On glosait beaucoup sur la santé de Joe Biden, sur ses absences, etc. Mais personne ne s'inquiète de la santé mentale de Donald Trump. Quand on lit la lettre qu'il a envoyée au Premier ministre norvégien, c'est quand même assez inquiétant, en réalité. Il y a une peur générale. Ce soir, le Canada. On verra plus tard que le Canada est en train de préparer des plans pour le cas où il voudrait effectivement passer à l'attaque au Canada. Et ce n'est pas très rassurant pour eux. Ils disent, on se battra, mais on tiendrait une semaine.
Je rappelle qu'à la dernière fois, il y a eu déjà une guerre contre le Canada, et le Canada l'a gagné.
Oui, oui. Non, ce qu'ils disent, c'est qu'ils vont modeler leur défense sur celle de l'Ukraine face à la Russie, qu'effectivement, les défenses classiques militaires seront rapidement dépassées. Elles ne tiendront pas plus d'une semaine, deux jours, table-t-il, mais qu'ensuite, ils passeront en mode asymétrique, c'est-à-dire que les citoyens canadiens infligeront des pertes très lourdes en se comportant comme des combattants rebelles, cachés et asymétriques. Sylvie ?
Oui, non, mais je ne pense pas qu'on s'oriente vers un affrontement militaire, mais chacun est dans une posture et veut démontrer, soit qu'il est prêt à effectivement à tout prix à conquérir le Groenland, de l'autre côté à tout prix à l'empêcher. Donald Trump est quelqu'un qui a des obsessions, qui a des lubies, on le sait. Alors, en plus de ça, sur le Groenland, le 4 juillet, ce sera le 250e anniversaire des États-Unis. Et comme il estime qu'il est un grand président et qu'il veut s'inscrire dans l'histoire des États-Unis, s'il peut récupérer d'une manière ou d'une autre le Groenland et étendre son territoire, il le fera. C'est la raison de son obsession.
Jean-Philippe Tanguy, vous êtes un nationaliste français. Vous avez face à vous un nationaliste américain qui tient des propos, d'ailleurs pour certains qui vous rejoignent. Il dit que la France, l'Europe, elle est minée par une mauvaise politique migratoire, etc. Est-ce que vous gardez une forme de compréhension à l'égard de Trump ou est-ce que c'est aujourd'hui un ennemi ?
J'espère qu'il y a d'autres joueurs entre la compréhension, la soumission et le fait que c'est un ennemi. C'est exactement ce qu'a dit le Rassemblement National le jour de son élection. Nous, on est le seul parti qui a écouté ce que disait M. Trump, mais d'ailleurs dans son premier mandat. Parce qu'elle est complètement surréaliste. Les réactions européennes, c'est exactement les mêmes pleurnicheries que lors du premier mandat de M. Trump. Et qu'ont-ils fait tout ça ? Mais rien, rien n'a changé en Union européenne. Ce que disait M. Oguerre, c'est pas comme ça qu'il a dit, mais c'est comme ça que je le comprends.
Le comportement de passagers clandestins, dites-moi si je me trompe, c'est un nombre de pays qui se font protéger par une autre puissance, économisant 1, 2, 3 points de PIB par an pendant 70 ans. À la fin, c'est sûr que ça fait beaucoup d'argent, l'Allemagne et l'Italie, en premier lieu. Voilà, donc M. Trump, il avait dit, il y avait un sommet, je crois, de l'OTAN sous son premier mandat où il avait dit, j'arrête de payer. Oui, maintenant, on a compris, on va payer. Enfin, on va payer, mais surtout, on va développer notre propre armée.
Parce que le but, en tout cas, de ma perspective et de la perspective du Rassemblement National, c'est pas d'augmenter le budget militaire pour faire plaisir à l'Ontario. Mais est-ce qu'il y a une dimension de folie ? C'est augmenter le budget militaire pour qu'on n'ait plus à demander la protection. Regardez les images.
Regardez tous les images sur ce plateau, où on voit. Alors, il y a le même où il se met en scène au Groenland, où il plante le drapeau sur le territoire du Groenland. Il est accompagné de Rubio et de Vence. Il y a cet autre montage, voilà, ça c'est le montage avec la... Faites le commentaire, une carrière phénomène.
C'est une image qui a été publiée par un internaute et comme souvent, quand elle lui plaise, il republie. En l'occurrence, au passage, cette semaine à Davos devait être consacrée au péril lié à l'intelligence artificielle et le slogan de ce sommet, c'était « A spirit of dialogue », une ambiance de dialogue. On voit que Donald Trump bouleverse effectivement les agendas.
Regardez, passons-les en revue, qu'on comprenne bien la logique du président américain et là, maintenant, c'est toutes les heures à peu près qu'il a une nouvelle...
C'est celle de l'expansion territoriale, de la conquête, comme les pionniers, les colons américains qui se déplaçaient vers l'ouest et qui allaient à la conquête d'un grand territoire. Je pense que Mme l'ambassadeur a raison. Quand il regarde le Groenland, 2,1 millions de kilomètres carrés, si vous ajoutez à cela le Canada, son pays fait 21,5 millions de kilomètres carrés et devient de facto le pays le plus grand de la planète. Et en cela, il s'inscrit dans une tradition dont on pensait qu'elle était révolue, celle pratiquée par d'autres présidents des siècles passés,
qui étaient celles effectivement d'aller soit conquérir, mais plutôt acquérir. D'autres images. Est-ce qu'il est fou ou est-ce qu'il est génial, en l'occurrence ? Est-ce que c'est une manière... Je ne sais pas comment vous le ressentez.
C'est toujours la même stratégie avec Trump. C'est-à-dire qu'il y a d'abord l'idée qu'il faut saturer l'espace médiatique. C'est-à-dire qu'il faut en permanence surprendre ses interlocuteurs, ce qui lui permet de ne pas avoir d'opposition à l'intérieur de son pays. Ensuite, il faut faire rire. Il faut faire rire ses électeurs avec des insultes, avec de la vulgarité. Il faut amuser le public. Et ça, c'est une... Même dans le premier mandat de Trump, où il était pourtant un peu plus inhibé, si on peut dire, c'était déjà le cas. Et le résultat de tout ça, c'est que ça doit sidérer le monde entier. Et cette stratégie, c'est toujours la même. C'est pour ça qu'il n'y a pas un dérapage, là.
Il n'y a pas un Trump qui aurait perdu la raison. C'est la quintessence du Trumpisme. Alors, malheureusement, il y a une dernière dimension dans le Trumpisme, c'est qu'il faut aller toujours plus loin. Et ça, effectivement, c'est relativement inquiétant, parce qu'on se dit, quel est le moment où il va s'arrêter ? En disant, bon, d'accord, là... Il a répondu. Ou peut-être... Il a répondu. Il a répondu en disant qu'il n'a aucune limite à part, je cite, sa propre moralité. Oui, mais ça, je pense qu'effectivement, c'est malheureusement une barrière assez fragile. Mais je pense qu'en revanche, il a une limite qui est une forme de réalisme.
C'est-à-dire que si, effectivement, parce que c'est un joueur de poker, il fait bilan bénéfice-risque, il y a un moment où si on lui tient tête, il va le comprendre.
Jusqu'où va aller cet affrontement ? Restez bien avec nous. Vous restez avec nous aussi, Jean-Pierre Tanguy. On va voir dans quelques secondes de quelle manière il dit. Vous allez voir ce qui va se passer maintenant, et en particulier en matière de droits de douane, avec la possibilité qu'ils veuillent écraser l'économie française, qu'ils veuillent même s'en prendre aux moyens de paiement, c'est-à-dire les cartes Visa ou Mastercard, les moyens des Américains, mais aussi les moyens de rétorsion de la France et des Européens. A tout de suite.
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Bonsoir, rebonsoir. Le conflit ouvert entre la France et les Etats-Unis, rarement entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Personnellement, les choses n'étaient allées si long. On a une publication de messages privés « pic » du président Trump adressé au président français. Écoutez, c'était tout à l'heure en conférence de presse. Il y a quelques minutes, il répondait à LCI.
Merci, monsieur le président. Est-ce que vous allez vous rendre à la réunion d'urgence du G7, comme l'a proposé le président Macron à Paris ? Non, je n'irai pas.
Parce que vous savez, Emmanuel n'y sera pas. Il ne restera pas très longtemps, pardon. C'est un ami à moi. C'est quelqu'un de gentil. J'aime bien Macron. Mais il ne va pas rester encore très longtemps.
Et je pense qu'il faut des réunions avec des personnes qui sont directement impliquées. Et non pas certaines des personnes dont vous parlez.
Voilà. Un mot de réaction, s'il vous plaît, sur le bras de fer personnel. D'abord la vôtre, Jean-Philippe Tanguy. Vous êtes dans l'opposition. Mais là, est-ce que vous soutenez le président français ?
Non mais oui, c'est le président que mon peuple a choisi. Donc je défendrai toujours le président que mon peuple a choisi contre une agression, une humiliation venant de l'étranger. Y compris de monsieur Trump ou d'autres d'ailleurs. C'est évident. Mais qu'a fait monsieur Macron depuis son élection avec les Etats-Unis ? Même avant quand il était ministre. Moi, je suis déjà dit, je reviens. Moi, ça ne m'intéresse pas en fait de critiquer Trump. Ce n'est pas le président de mon pays. Ça ne le sera jamais. Alors je sais qu'il y a une certaine part de l'élite française qui est plus intéressée par ce qui se passe à New York que ce qui se passe en Picardie. Mais moi, ce n'est pas le cas.
Donc monsieur Macron, c'est l'homme qui a donné nos brevets du nucléaire civil aux Américains, générés électriques et de nos centrales hydroélectriques. C'est celui qui a démantelé, technique, nos technologies pétrolières données aux Etats-Unis. Mais Jean-Philippe Tanguy, on ne va pas refaire l'histoire.
Aujourd'hui, là, il y a ce bras de fer-là.
Alcatel, Alcatel, Alcatel, donné aux Etats-Unis. Jean-Philippe Tanguy, regardons ce qui se passe maintenant. Allons dans ce qui se passe maintenant. Regardez. Sauf que c'est ce qui se passe maintenant. Regardez, j'aimerais vos réactions à tous sur ce plateau. On n'est pas dans des trucs pop-up qui arrivent du jour au lendemain. Comment dire ? Donald Trump se comporte comme ça avec Emmanuel Macron parce qu'Emmanuel Macron a toujours été dans la ligne des Etats-Unis.
Là, vous êtes un peu injuste.
Là, c'est la France qui réagit face aux Etats-Unis. On ne peut pas dire que la France qui soit molle, en l'occurrence. Il est trop tard pour bien faire. Regardez, s'il vous plaît. Mais à plusieurs reprises, M. Trump a sous-entendu très clairement qu'Emmanuel Macron était dans sa ligne. Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'il a publié son SMS. En tout cas, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
La déclaration du président Trump. S'ils veulent se la jouer hostile, je leur imposerai une taxe de 200% sur ces vins et champagnes. Jusqu'où peut aller, là, je vous pose la question à tous, jusqu'où peut aller ce bras de fer ? Est-ce qu'il y a le risque de la vraie guerre commerciale cette fois-ci ? Alors, on est vraiment dans cette lumière. Oui, sur le plan commercial, il peut y avoir, effectivement, une confrontation assez dure. Parce que là, les Européens ont un outil qui est cet outil de coercition. Mais ce n'est pas la première fois qu'il y a un conflit aussi violent avec la France. Parce que si on se souvient de la guerre en Irak, vous vous souvenez de ce qui avait été dit.
Il faut pardonner à la Russie, ignorer l'Allemagne et punir la France. Parce que la France est toujours tête de lance, pardon, faire de lance dans ses affaires. Et effectivement, Donald Trump a une vision très personnelle, très narcissique des choses. Et il en veut beaucoup à Emmanuel Macron d'avoir décidé, parce que c'est quand même lui qui a pris l'initiative, de participer à cet exercice. D'ailleurs, c'est intéressant parce que les deux exercices, aussi bien du côté américain que du côté européen, comme par hasard, étaient prévus ce jour-là. Ça, c'est le langage officiel. On va le voir tout au long de la soirée. On dit non, non, c'était prévu. Bien sûr. Mais en fait, ça les arrange.
Parce que ça veut dire qu'on ne va pas à la confrontation directe, qu'on trouve des prétextes. Là, vous avez l'éternel qui est dorsé. Le bruit, le bruit tout, le monde entier, bruit de tension et le qui est dorsé du « Oh, il y a déjà eu, regardez, ça va ». Non, mais c'est vrai que ce n'est pas la première fois. Oui, mais ce n'est jamais la première fois. Vous avez raison. Les États-Unis et puis je pense qu'on trouvera des solutions avec l'Union européenne et sur le plan commercial et que Donald Trump trouvera un autre moyen.
Oui, commercialement, on peut faire plein de choses pour riposter parce que je vous rappelle que jusqu'à présent, il y a eu des mesures unilatérales prises par les États-Unis qui nous ont imposé en moyenne 15% de droits de douane sans mesure de rétorsion européenne. La Commission a considéré que c'était un moindre mal et que donc il ne fallait pas, de notre côté, augmenter les droits de douane. Donc on peut le faire puisqu'on part de zéro. C'est l'avantage. Sauf que ce qu'il faut, c'est calculer le risque qu'on prend. C'est ça, l'outil, les armes, elles sont dans le tiroir. On peut les sortir et tirer. Le problème, c'est que si on tire, qu'est-ce qui va se passer en face ?
Quand il y a une menace d'imposer à Visa, par exemple, de couper les transactions financières en Europe, vous imaginez le cataclysme que ce serait. Le coût pour l'économie européenne. J'ai cité ici le cas très concret du pack-office de Microsoft. Vous savez, dans GAFAM, le dernier M, c'est Microsoft. C'est-à-dire que toutes les entreprises européennes ou presse fonctionnent avec des traitements text-word, avec des fichiers Excel pour leurs échanges financiers. Mais si jamais, je ne sais pas, pour l'instant, c'est théorique, mais il y avait des mesures de suspension de ce service d'accès à la licence, ce serait catastrophique.
Donc les outils, on les a, mais il faut quand même bien réfléchir à ne pas s'en servir.
Est-ce qu'il faut les dégainer ? Soyons concrets. Parce que d'un côté, ce qui est très frappant, c'est que les côtés américains, ils y vont bam, bam, bam. Et en Europe, on entend ce discours. Ah, attendez, on va voir, on se recule. À chaque fois, il y a le frein qui est tiré. Est-ce que vous êtes prêt à dégainer ?
Oui, Jordan Bardella a demandé immédiatement qu'on utilise cet outil d'anti-coercition et des droits de douane réciproques. Il se trouve que le commerce franco-américain est équilibré. Donc, en fait, il y a une neutralisation si on fait du ping-pong. Mais c'est quoi le problème ?
On peut faire quoi exactement ? C'est en très concret.
Si vous voulez, quelle mesure demain ? Les États-Unis frappent en augmentant les droits de douane. Nous demandons une augmentation des droits de rame à due concurrence. Ça veut dire quoi ? Ils font plus 10, on fait plus 10, etc. Oui, tout à fait.
Ça va au-delà. Pardon, l'outil anti-coercition va bien au-delà. Oui, c'est la fin de ma phrase. C'est la fermeture des marchés publics pour les Américains et beaucoup d'autres mesures commerciales.
Vous y êtes prêt ? Si ça devait être voté par mon Assemblée, vous voteriez ça ? Jordan Bardella a demandé l'application de l'outil anti-coercition avec les dispositions que décrit Madame. Mais le problème, c'est quoi ? C'est ce qu'on a vu. L'Italie a déjà reculé. L'Allemagne a dit « Ouh là là, attention, pourquoi ? » Non, non, ils y sont disposés. Merde, ça l'a dit ce soir. Tant mieux. Mais c'est quoi le problème ? C'est que l'Allemagne a une politique ultra-mercantiliste. L'Italie aussi, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'ils fondent leur prospérité, non pas sur leur marché interne ou le marché européen, mais sur leurs excédents commerciaux complètement délirants pour ce qui est de l'Allemagne depuis 30 ans. D'ailleurs au détriment de la France. Donc on revient encore à ce que disaient les souverainistes français et en particulier le Rassemblement national, le comportement allemand au sein de l'Europe et au sein de l'Occident a été extrêmement déraisonnable d'un autre détriment.
Et d'ailleurs ils n'ont même pas respecté les traités européens et le traité impliquant la naissance de l'euro qui disait qu'il faut respecter un certain nombre de dépenses publiques et de déficits, mais il faut aussi respecter les déficits commerciaux. Et l'Allemagne a fait absolument n'importe quoi. On pourrait reparler de ce qu'ils ont fait avec la Russie sur le gaz et leur dépendance complètement moufoque et irresponsable à Vladimir Poutine et au régime poutinien, ce qui nous a mis collectivement dans la difficulté. Et ils ont fait pareil avec leur politique commerciale.
Au lieu d'avoir une croissance endogène ou une croissance coordonnée en Europe, ils ont voulu écraser leurs partenaires européens et ricaner les Etats-Unis. Il y a une image, parce qu'on passe toujours des images un peu délirantes, il faudrait mieux passer des images réelles. Reprenez quand M. Trump au premier mandat fait un discours à l'ONU, qui est un discours qui lui appartient et qui n'est évidemment pas le mien, les Allemands sont dans leur petite box à rigoler de ce que dit M. Trump au lieu de prendre des mesures pour ne pas avoir à rire jaune. Et les Allemands, une fois plus, nous auront collectivement mis dans une grande difficulté.
Et comme il y a le mythe du couple franco-allemand, ce mythe érotomane du point de vue français, du coup, que franco-allemand, alors que...
Je ne suis pas sûr que ce soit si érotomane que ça, en tout cas pas d'un côté. Chez les Allemands, ce n'est pas un mot qui...
Ah mais chez les Français, c'est un sens unique, évidemment. C'est un amour perdu.
Regardez de quelle façon le président de la République essaye quand même de ramarrer avec Trump. Et d'ailleurs, l'Élysée n'a pas ni l'existence des SMS. Il dit effectivement, ça reflète la... Le président écrit ce qu'il pense réellement. Lisons le SMS qui a été publié de manière sauvage par Trump que Emmanuel Macron a envoyé à Donald Trump. « Mon ami, nous sommes d'accord sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses à propos de l'Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais avec le Groenland. Essayons de construire de grandes choses. » Et il poursuit. « Je peux organiser un rendez-vous G7 à Paris après Davos jeudi.
Je peux inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes en marge. Dis-nous ensemble à Paris jeudi avant que tu ne repartes aux États-Unis. Emmanuel, est-ce que c'est habituel ? » « Qu'est-ce qui est habituel de publier ? » Non, certainement pas. Mais d'abord, Trump, en fait, est toujours dans la télé-spectacle. Il l'a déjà fait. Cela dit, il n'est pas le seul. Le président de la République l'avait fait avec Vladimir Poutine. Et il l'avait fait également avec Donald Trump quand il l'avait appelé avec Zelensky, Mertz et Kirstenmer. Ça, d'ailleurs, il ne lui a pas reproché parce qu'il avait péché avant lui. C'est la nouvelle diplomatie. C'est public, public. Effectivement.
Donc là, c'est effectivement assez mesquin de la part de Trump qui veut montrer que le président de la République tient un discours très ferme et puis qu'en fait, il lui propose le dialogue. Mais le tweet est intéressant à plusieurs égards. D'abord parce que le président de la République est président du G7 depuis le début de l'année et qu'il entend utiliser cet outil. Il propose d'inviter également Zelensky, même Poutine. Alors, il ne dit pas Poutine, il dit des Russes. Oui, mais enfin, je ne sais pas qui est... Dimitriev. Ah, Dimitriev. Képhane Avos. C'est... Bon. Mais en tout cas, de discuter effectivement avec des Russes.
D'ailleurs, Dimitriev est déjà venu à Paris et a déjà eu des contacts. Il y a une vieille rogne. Écoutez, de quelle façon Trump s'en prend au président de la République aussi déjà sur la question des médicaments ?
J'ai appelé le président Macron, qui est quelqu'un de très sympathique. Je l'apprécie beaucoup. J'espère qu'il m'écoute, parce qu'il ne me croit pas. Mais c'est quelqu'un de bien. Je lui ai dit, Emmanuel... Emmanuel ? Oui, Donald ? Merci beaucoup de m'appeler. Je lui ai dit, tu ne vas pas aimer cet appel. Tu vas devoir augmenter le prix des médicaments. Non, non, non, non. Non, non, je ne vais pas faire ça. J'ai dit, écoute, si, tu vas le faire. Non, je ne le ferai pas. J'ai répondu, si tu ne le fais pas, je vais imposer des droits de douane de 25% sur tout le vin, le champagne et sur tous les produits qui entrent aux Etats-Unis. Il a répondu, Donald, je serai ravi de le faire pour toi.
Ce serait un grand honneur.
Jusqu'où ça va aller ? Il y a une fixette sur la France. Visiblement, il y a une fixette du président Trump sur la France.
Quand vous êtes canadien, je pense que vous estimez qu'il y a une fixette sur le Canada parce que Trump, il faut savoir qu'il arrose quand même très, très large. Mais il y a effectivement quelque chose d'assez particulier avec Emmanuel Macron parce qu'Emmanuel Macron a réussi à maintenir une ligne de contact. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron se permet d'appeler le président Trump sur son portable. On voit le résultat. Il y a du dommage collatéral dans cette relation. Et Trump décroche.
Et on le voit notamment, rappelez-vous, il y avait cette scène quand les Européens s'étaient rendus à Kiev pour décider de, voilà, accepter la proposition de Trump d'un cessez-le-feu de 30 jours sans condition et de menacer les Russes de sanction.
Cette fameuse photo avec le portable d'Emmanuel Macron qui est posé sur la table et les Européens qui sont sagement assis autour. Il y a Zelensky, Merz, Starmer, le Français.
Et tout le monde attend, j'allais dire, l'onction, la bénédiction de Trump qui est très content. Et d'ailleurs, sa première, une autre de ses obsessions, quand Emmanuel Macron l'appelle au parleur pour lui dire « J'ai tous les Européens et j'ai Zelensky », il dit « Prix Nobel ».
Oui, il réveille. Il faut dire les choses. Il réveille sûrement que Donald Trump dort. Il s'est arrivé de dormir quand même. Il est un peu réveillé. Emmanuel Macron lui dit « On est en accord ». Et il dit « Ah, bien, prix Nobel ». Et il lui dit « Tu es génial, Emmanuel. Je t'adore ». Donc, il y a une relation un peu cyclotimique avec Emmanuel. Elle passe par des hauts, par des bas. C'est l'image qu'on voit là. Exactement, on le revoit à la régie.
Et donc, il y a un caractère, j'allais dire, humiliant. Et c'est aussi cette page-là qui est en train de se tourner.
Allez, est-ce qu'il faut assumer d'être plus ferme, d'avoir plus de panache face aux Américains ? Vous rappeliez, Jean-Philippe Tanguy, qu'il y a des précédents, comment dire, les présidents, Roosevelt n'a pas été tendre avec De Gaulle. Kennedy n'a pas été tendre non plus, par d'autres raisons, avec De Gaulle. Il y a eu un long, long passif. Mais est-ce que Trump est le pire ?
Je ne sais pas. Ça, c'est les historiens qui jugeront, franchement. Mais puis, ce n'est pas un rôle d'un homme politique de donner les bons et les mauvais points. Mais non, mais vous, moi, je ne le sais pas pour ne pas répondre. C'est que franchement, j'estime que ce n'est pas mon rôle. Moi, tout ce que je sais, c'est que les États-Unis, et ça a été dit un peu tout à l'heure, ont toujours ciblé la France pour différentes raisons. La communauté française, par rapport à la communauté descendant d'Allemagne, du Royaume-Uni, évidemment, d'Italie, est très faible en France.
Et puis, c'est surtout, la France a toujours voulu avoir une voix particulière, une voix particulière, une voix latine, une voix de civilisation qui était une civilisation française. Et les États-Unis n'ont jamais accepté que la France ait sa voix. C'est le moment ? C'est le moment de parler plus haut face aux États-Unis ? Mais pourquoi ? Mais tout ça, c'est un ensemble.
Quand dans votre tête, comme Emmanuel Macron, vous n'êtes pas fier de la langue française, vous n'êtes pas fier de la culture française, vous n'êtes pas fier de l'histoire de France, vous n'êtes pas fier de ce que vous êtes, et que vous êtes très content de prouver que vous savez mieux parler anglais que tout le monde, insulter la culture française, et surtout, surtout, ne pas entretenir la francophonie et expliquer que notre histoire est vraiment humiliante, vous ne pouvez pas être capable de porter cette voix. Et en fait, c'est un tout. C'est pour ça que vous me dites, oui, les mesures, les ponctuelles, les machins, je comprends les chaînes d'infos.
Mais le problème, c'est une trace de fond. Le dernier président à avoir porté la civilisation française, il s'appelait Jacques Chirac. Et depuis, c'est un abaissement des élites françaises, et une soumission à la culture, à la pensée unique, à la culture unique.
On verra, on verra la suite. On verra la suite, puisque la France va prendre un certain nombre de mesures.
Ce qui s'est passé en Afrique, au Rwanda, un certain nombre de pays, où on a laissé l'anglais prospérer, on ne défend pas notre propre culture. Comment voulez-vous défendre une vision du monde, des intérêts, quand vous ne défendez pas votre culture ? C'est la base, c'est la première des choses. Et la culture mène les civilisations, mène les sociétés. Et en fait, on croit que c'est superficiel, que ça vient après. Quand on est tout à fait heureux que Paris soit vue à travers les yeux d'une série américaine qui s'appelle « Emile in Paris », c'est pathétique pour la civilisation française.
Et ce n'est pas anecdotique, parce que c'est toute notre perception du monde qui est dans la soumission à la culture états-unienne, et pas à ce qu'on est, alors qu'on est quand même, excusez-moi, le combat culturel.
Jean-Philippe Tanguy