Primaire : Juppé a-t-il déjà gagné ? #cdanslair 07-10-2016
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 43 %Attaque 38 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Alain Juppé est-il en passe de réussir son pari ?
- 0:50OuverteRéponse partielle
A-t-il fait le plus dur en résistant à l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy ?
- 0:55OuverteRéponse partielle
Que vaut son programme économique ?
- 0:59OuverteRéponse partielle
Fait-il campagne au centre, voire à gauche pour rallier les déçus du hollandisme ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez aux gens qui disent 'Juppé est très conventionnel, qu'est-ce qu'on va se faire chier ?'
- 3:44OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça dit de l'homme, Alain Juppé, cette séquence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:03Invité politiqueFait
« Je suis un homme de droite depuis très longtemps, et je n'ai pas cessé de l'être. Simplement, je suis un homme de rassemblement. »
- 11:09Invité politiqueFait
« Ma conviction, c'est que si on veut arriver au plein emploi, il faut remettre nos entreprises en situation de pouvoir conquérir des parts de marché et de créer des emplois. »
- 12:06Invité politiqueFait
« C'est la raison de la suppression de l'ISF, vous le savez très bien. Aujourd'hui, cet impôt sur la famille Fortuné, il fait fuir ces familles. »
- 12:14Invité politiqueFait
« Mon objectif, c'est de faire en sorte que l'imposition des revenus du capital et du capital soit allégée en France. »
- 12:56Invité politiquePromesse
« La réponse est oui. Si les primaires sont honnêtes. Sans état d'âme. »
- 21:51Invité politiqueFait
« Alain Juppé, c'est l'anagramme d'Anti-Sarkozy. »
- 26:54Invité politiqueFait
« Chez les Juppéistes, ils cochent les jours qui restent jusqu'au 27 novembre. »
- 30:50Invité politiqueChiffre
« Les Français de l'étranger inscrits, c'est plus de 25 000. Eux, non seulement ils sont inscrits, mais ils ont déjà payé. »
- 31:25InvitéFait
« Si on enlève de ces sondages les réponses de tous les électeurs de gauche qui ont déclaré vouloir aller voter à cette primaire de la droite et du centre, même sans ces électeurs de gauche, Alain Juppé maintient son avance. »
- 34:34InvitéPromesse
« Je veux supprimer définitivement de l'histoire de notre pays ces 35 heures qui ont fait tellement de mal à l'économie française. »
- 36:34Invité politiqueFait
« il a dit au JDD la semaine dernière, pourquoi pas une femme ? »
- 36:42Invité politiqueFait
« il y a un enjeu important dans la primaire, c'est vers qui vont se tourner Xavier Bertrand ? »
- 36:58InvitéFait
« ce qui est important quand même, c'est la nature du second tour. »
- 37:20InvitéFait
« il laisse véritablement des pans entiers de la population un peu à l'écart, pour l'instant, de son programme »
- 38:50Invité politiqueFait
« ils sont tous les deux des anciens RPR. »
- 38:57Invité politiqueFait
« François Fillon a longtemps été proche de Philippe Séguin, ce qui n'a pas été Alain Juppé, qui était dans le sillage de Jacques Chirac. »
- 40:00InvitéFait
« Alain Juppé hier a martelé une politique fondamentalement très atlantiste. »
- 40:15InvitéFait
« François Fillon, lui, a pris des positions assez originales dans la classe politique française sur la question russe. »
- 40:20InvitéFait
« il soutient Vladimir Poutine. »
- 41:20InvitéFait
« il a vraiment dégainé contre Alain Juppé parce que sinon, il a du mal à en dire vraiment du mal. »
- 41:27InvitéFait
« s'il devait soutenir un des candidats à la primaire, ce serait clairement Juppé. »
- 43:00Invité politiqueFait
« aujourd'hui, quel est celui qui engrange le plus de ralliements au fil de l'eau alors qu'il y a 15 jours, c'était Nicolas Sarkozy qui engrangeait des ralliements et qui augmentait sa dynamique, là, c'est Alain Juppé. »
- 43:24Invité politiqueFait
« Alain Juppé avait prévu d'aller à Marseille. Pas de chance. Nicolas Sarkozy, il va le même jour. »
- 44:50PrésentateurFait
« Ce n'est pas par intérêt particulier, ni personnel, ni partisan, que je soutiens sa candidature. »
- 45:16PrésentateurFait
« Je n'ai pas les mêmes idées sur tous les sujets qu'Alain Juppé par exemple. »
- 45:32InvitéFait
« il dit ne pas en vouloir. Si Alain Juppé l'emporte, son ambition sera d'unifier qui est un centre éclaté et de l'incarner. »
- 46:18PrésentateurFait
« je suis persuadé que d'avoir fait ce choix, de dire je suis prêt à aider quelqu'un d'autre, d'une certaine manière, ça aide à retrouver pour les Français une certaine idée de la politique. »
- 46:55InvitéFait
« il a l'air sincère en le disant que ce n'est vraiment pas du tout sa stratégie et pas son scénario. »
- 47:08InvitéFait
« François Bayrou, deuxième premier ministre d'Alain Juppé, si vous voulez, après avoir reconstitué un très beau groupe à l'Assemblée nationale, là, on est dans une stratégie tout à fait envisagée par François Bayrou. »
- 47:56Invité politiqueFait
« qu'il faut pour le premier ministre d'Alain Juppé, c'est quelqu'un qui sera suffisamment souple pour accepter les directives qu'Alain Juppé lui donnera. »
- 48:15Invité politiqueFait
« il veut faire ça en 5 ans seulement et donc, il sera très interventionniste. »
- 51:49InvitéFait
« il n'est jamais le premier à l'attaquer. »
- 52:25PrésentateurFait
« j'ignore s'il faudra un gouvernement d'union nationale, mais je sais qu'un très large rassemblement sera nécessaire. »
- 53:29PrésentateurFait
« il y a une telle crise démocratique, une telle crise de la représentation politique. »
- 54:06PrésentateurFait
« comment peut-on imaginer sérieusement commander la destinée du pays quand sa probité personnelle est en cause ? »
- 54:45InvitéFait
« il n'y a pas eu d'enrichissement personnel et que même les attendus du jugement l'ont spécifié. »
- 55:19InvitéFait
« c'est la chose la plus dure qu'il considère lui être arrivé, Alain Juppé. »
- 56:09PrésentateurFait
« Nicolas Sarkozy peut-il encore espérer remonter dans les sondages ? »
- 57:45Invité politiqueChiffre
« en 2011, il y avait eu plus d'électeurs entre le premier et le second tour de la primaire socialiste. 200 000 de plus. »
- 58:05Invité politiqueFait
« le second tour, ça va être complètement différent. On sera avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, a priori, si les sondages sont justes. »
- 58:30InvitéFait
« un des plus beaux discours qu'il ait prononcé, c'est quand il a perdu face à François, son discours de défaite, de presque retrait de la vie politique. »
- 1:00:09InvitéFait
« le résultat est massivement plus favorable à Alain Juppé qu'à Nicolas Sarkozy. »
- 1:00:23InvitéFait
« Alain Juppé a un avantage terrible dans cet électorat-là. C'est la réforme des retraites de 1995. »
- 1:00:40Invité politiqueFait
« Alain Juppé est-il celui qui rassure ? Oui, en tout cas, c'est comme ça qu'une partie de l'électorat le voit. »
- 1:01:37InvitéFait
« il a été traumatisé par 95 et en même temps, il doit prendre sa revanche sur 95. »
- 1:01:50InvitéPromesse
« Juppé dit qu'il aura besoin de prouver qu'il est le plus grand réformiste et qu'il se donne 5 ans pour le faire. »
Temps de parole
- Présentateur44 %
- Alain Juppé21 %
- Invité16 %
- Invité 214 %
- Invité 34 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Alain Juppé est-il en passe de réussir son pari ? Certes, il reste un mois et demi de campagne avant le premier tour, mais tous les feux sont au vert pour le maire de Bordeaux. Il est en tête des sondages, sa prestation sur France 2 hier soir a été remarquée et il engrange les ralliements. Mais surtout, il maintient à distance Nicolas Sarkozy dont la campagne semble patiner. Avec son style et sa personnalité, Alain Juppé fait quasiment un sans-faute pour l'instant. C'est la force tranquille de cette primaire. Jusqu'au bout, il reste quand même l'épreuve décisive des débats télévisés. Le premier aura lieu jeudi prochain.
Alors, a-t-il fait le plus dur en résistant à l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy ? Que vaut son programme économique ? Et surtout, est-il réaliste ? Fait-il campagne au centre, voire à gauche pour rallier tous ceux qu'il appelle les déçus du hollandisme ? Pour répondre à ces questions et à toutes vos questions, SMS et Internet, voici nos invités. Karl Meus, vous êtes rédacteur en chef au Figaro Magazine, dont la une cette semaine est consacrée au livre « Choc » de Philippe de Villiers, « Comment la France s'islamise ». Anna Cabana, vous êtes rédactrice en chef du service politique du Journal du Dimanche. Vous sortez dans quelques jours un livre intitulé « Un fantasme nommé Juppé ».
Jérôme Sainte-Marie, vous êtes politologue et président de l'Institut Pauling Vox. Mathieu Croissandeau, vous êtes directeur de la rédaction du magazine L'Obs, dont la une est consacrée au livre « Mitterrand, ses lettres d'amour » à Anne Pinjot. Bonsoir à tous les quatre, merci beaucoup de participer à ce « C'est dans l'air en direct ». C'est formidable la politique. Vous faites campagne pendant des mois, vous publiez des livres, vous faites des propositions, des dizaines d'émissions de télé. Et puis soudain, au beau milieu d'un documentaire, Franz Olivier Gisbert vous pose une question et là, vous fendez l'armure. Regardez, c'était lundi soir sur France 3.
Qu'est-ce que vous répondez aux gens qui disent « Juppé est très conventionnel, qu'est-ce qu'on va se faire chier ? » Je les emmerde. C'est vrai ? Moi je ne m'emmerde pas dans la vie, alors s'ils se font chier avec moi, ils vont y voir ailleurs. Bon, écoutez, la formule est désormais célèbre, le langage est fleuri comme on dit, ça a le mérite d'être sincère. Alors, il y a 20 ans, Alain Juppé était droit dans ses bottes. Est-ce qu'aujourd'hui, il est tout simplement bien dans ses baskets, Karl Méhuz ?
Ah oui, complètement. Mais d'ailleurs, il l'assume complètement. Vous avez vu hier soir, ce passage lui a été repassé et il a dit « Mais oui, j'assume ». Je ne suis pas sûr qu'il y a 10, 15 ans, voire 20 ans, il aurait dit ça. Mais aujourd'hui, il se trouve que je l'ai vu ce matin, pas du tout pour un débrief, mais on avait un rendez-vous avec quelques journalistes et lui, et on lui a reposé la question et il dit « Non, je suis brut de décoffrage, je suis comme ça ». Il est à l'aise dans sa campagne, en réalité. Parce qu'il faut se mettre à la place d'Alain Juppé deux secondes pour comprendre ce qu'il est aujourd'hui.
C'est quelqu'un qui aurait dû, selon lui, faire des campagnes présidentielles depuis bien plus longtemps. Il était programmé pour la campagne de 2007. C'est lui qui devait succéder à Jacques Chirac. L'UMP avait été construite pour lui. Donc il se programmait pour 2007. Il y a eu, évidemment, ce que vous connaissez de 2004, il ne peut pas y aller, condamnation, exil au Canada. Il se dit « Peut-être 2012 ». Non, Nicolas Sarkozy est là, donc il doit faire la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et 2012. Cette fois-ci, c'est sa campagne. Il sait comment il veut l'amener, il sait ce qu'il veut faire et il n'en démentera pas. Il reste bien dans ses bottes.
– Anna Cabana, qu'est-ce que ça dit de l'homme, Alain Juppé, cette séquence ?
– Ça veut dire, il faut imaginer une chose, c'est qu'en effet, Alain Juppé, ça fait 40 ans qu'on lui dit « Il faut que tu changes, il faut que vous changiez ». Ça fait 40 ans qu'il entend ça. Et ça fait 40 ans qu'il essaye plus ou moins, avec plus ou moins d'habileté et plus ou moins, si vous voulez, d'entrain de montrer qu'il a changé. Et là, il y a une chose extraordinaire qui s'est passée, c'est qu'à la fin du mois d'août, quand il fait sa rentrée politique à Château, il dit devant le pupitre, il dit « Eh ben, je vais vous dire une chose, on ne change pas, j'ai pas changé ».
Et si vous voulez, non mais attendez, c'est une métamorphose, vous savez, psychologico-politique, c'est-à-dire que l'homme Juppé aujourd'hui, il assume de ne pas changer. Et c'est pour ça qu'au fond, il assume, ben oui, de dire « Je vous emmerde ». Il assume de dire « Eh ben, vous me trouvez cassant, ben ok, je suis cassant ». Non mais, vous vous souvenez, hier soir, il a même fait une petite blague, « Je suis cassant, mais je ne casse pas ». Voilà, je ne casse pas. Jamais Alain Juppé n'aurait réagi comme ça avant, parce qu'au fond, il avait beau être raide, il essayait malgré tout de rentrer plus ou moins dans le canevas que lui présentait le petit monde politico-médiatique.
Aujourd'hui, il dit « Je suis comme ça, les Français m'aiment, et donc n'a ma nerf ». Voilà, c'est ça la posture de Juppé aujourd'hui.
Jérôme Saint-Marie, vous qui êtes un spécialiste de l'opinion, est-ce que vous pensez d'abord que cette séquence va peut-être être, va rester ? Est-ce que cette phrase, ça va faire partie de la légende, de la campagne d'Alain Juppé, et que ça a frappé les Français ?
Absolument, je pense que ça a resté, et c'est bien dommage. Je me souviens que vous ne voulez dire que ça a été tournant de la campagne de primaire.
Jérôme, excusez-moi de vous couper, mais on a un petit problème de son avec vous, donc on va régler ça. C'est quand même dommage qu'on ne vous entende pas. Nous sommes en direct, ce sont des choses qui arrivent. On va revenir vers vous dans un tout petit instant. Du coup, je me tourne, on va juste réparer ça. Mathieu Croissando, finalement, est-ce que ça force à Alain Juppé, son principal argument, c'est de dire, voilà, je suis comme je suis, comme le dit à l'instant Anna Cabana. Et il y a une autre chose dans le documentaire, de toute façon, je n'ai plus rien à perdre. Est-ce que c'est ce que vous ressentez aussi ?
Bien sûr, c'est lié à son âge, parce que c'est sa dernière campagne, c'est son dernier tour, donc il tente son vatou, voilà, il est lui-même, il peut être libéré. C'est lié aussi, je pense, comme le disait Anna tout à l'heure, au fait que c'est un miraculé, c'est un ressuscité. Donc il a cette espèce de liberté des gens qui ont frôlé la mort de près, la mort politique, j'entends. Et du coup, qui dit, bon, voilà, de toute façon, le pire, je l'ai connu, maintenant, je tente le tout pour le tout.
Et puis, c'est une façon de s'humaniser, parce que c'est vrai que c'est quelqu'un qui a longtemps été considéré comme un cerveau froid et analytique, et absolument pas comme un individu capable de chaleur. Alors, il y a un jupé de Bordeaux, et puis il y a un jupé national. D'ailleurs, la séquence est à Bordeaux. Voilà, au niveau national, c'était quand même pas franchement un guéluron, ni quelqu'un qui pouvait donner de lui-même, en tout cas. Il est de cette race de politique assez pudique, il y a des fabus, il y a des jupés, qui sont des belles intelligences, mais qui ne donnent pas beaucoup d'eux-mêmes. Et là, il se lâche.
On peut remarquer que le niveau de langue n'est pas forcément extraordinaire. On se souvient que du « Casse-toi pauvre con » de Sarkozy, là, maintenant, il y a « Je vous emmerde ». C'est le langage fleuri de la droite en campagne. Mais en tout cas, c'est... Non, non, mais je les emmerde.
Non, non, mais je les emmerde, c'est vrai. La question, c'est à tous ceux qui disent que vous êtes chiants, que la campagne s'agendaient, il dit « Cela, je les emmerde ». Ce n'est pas la même chose que de dire à quelqu'un qui l'agresserait « Je vous emmerde ». Il ne va pas le dire.
Et ce n'est pas calculé. Ce n'est pas une phrase qui a été vue, écrite par des spin-doctors.
Alain Juppé, il ne calcule pas ce qui... Non, mais il faut voir une chose. Alain Juppé, ce n'est pas quelqu'un qui a des communicants. Ce n'est pas quelqu'un qui cisèle des petites phrases pour faire mouche.
Il a une équipe de campagne.
Bien sûr, non, mais il a une équipe de campagne. Il fait de la politique, Alain Juppé. Mais il ne cisèle pas des petites phrases pour faire mouche, pour faire mal, etc. C'est quelqu'un, s'il voulait, qui est plutôt éruptif et qui peut s'énerver, qui de toute façon va être assez cash. Contrairement à ce qu'on croit, Alain Juppé, quand vous lui posez une question, il répond. Non, mais c'est assez vrai. Et c'est même un problème. C'est pour ça qu'il se préserve de voir trop de journalistes.
Jérôme Sainte-Marie s'est réparé, normalement. Je crois. Vous étiez en train de nous dire, oui, cette phrase va rester. Oui. Et c'est dommage.
Oui, c'est dommage, dans la mesure où il y aura une illusion d'optique rétrospective. On aura l'impression que ça aura été le tournant de la campagne de la primaire. En réalité, alors je ne sais pas, cette phrase, on l'a entendue ces jours-ci, elle a été prononcée il y a déjà quelques temps. Oui, au mois de juin. Voilà, au mois de juin. Donc au mois de juin, d'ailleurs, la campagne se passait bien pour lui. On l'entend à un moment où elle se passe de nouveau bien pour lui, en tout cas dans les sondages. Et entre les deux, il y a eu un petit trou d'air, malgré tout, début septembre. Mais là, aujourd'hui, les choses sont rétablies.
En tout cas, ce que je vais essayer de dire, c'est que cette... Comment dirais-je ? Les vents favorables sont revenus pour la campagne d'Alain Juppé. Il y a déjà maintenant quelques jours, avant en tout cas, qu'on découvre cette séquence spectaculaire.
Alors, l'émission politique de France 2, hier soir, a été suivie par 2 700 000 téléspectateurs. C'est le même score que lors de la venue de Nicolas Sarkozy. Un petit chouïa plus.
Quelques dizaines de milliers de plus. Oui, mais c'est très important pour les Juppéistes. Encore une fois, ce matin, ils étaient très contents. Pour deux raisons. D'abord, parce qu'ils ont fait un petit peu plus. Et parce qu'ils savent que s'ils avaient fait moins, le camp d'en face, ce serait forcément réjoui.
Et du coup, ils étaient contents. Vous qui l'avez vu ce matin, donc Alain Juppé, il était satisfait de sa prestation ?
Oui. Oui, parce que pour lui, dans la séquence qu'il y a en ce moment, c'était le moment le plus important. Oui. Parce que, comme tous les politiques qui font ce genre d'émission, ils sont 2 heures tout seuls. C'est une émission très dure. Vous enchaînez des débats. Vous devez parler d'économie internationale, de politique, avec des gens très différents. Il y a des pièges toutes les 30 secondes. Donc, ils sont très stressés. Je dis ça par rapport au débat qu'il va y avoir la semaine prochaine, où ça sera complètement l'inverse. Là, il avait 2 heures pour parler. La semaine prochaine, ils auront maximum chacun 15 minutes. Un quart d'heure. Ça va être très court.
Donc, au fond, il avait plus à perdre hier soir.
Et c'est vrai, Mathieu Croissandeau, qu'il y avait un casting hétéroclite. Un casting pour le moins surprenant. Parce que pour lui apporter la contradiction, choisir à la fois Jérôme Kerviel puis Robert Ménard, c'était particulier. Après, moi, je trouve qu'il s'en est plutôt bien sorti. Parce qu'il a été assez juste, assez vrai, assez lui-même. Je l'ai trouvé moins à l'aise face à Kerviel sur les questions de la finance, où là, on a découvert un Juppé qui ne maîtrisait pas forcément le dossier. Alors, je pense que c'était une surprise. Il n'avait pas eu le temps de le préparer. Mais quand même, c'était un peu étonnant.
Et je l'ai trouvé moins à l'aise face aux gens qui se détournent de la politique et face aux chômeurs. Il y a eu une espèce de face-à-face qui ne s'est pas mal passé pour lui, mais qui montrait un peu les deux mondes. Avec un Juppé qui dit, voilà, je vais faire les allocs dégressifs. La première année, mon 25, puis l'autre année, mon 25. Et des chômeurs qui disent, mais enfin, vous pensez vraiment qu'on ne cherche pas du boulot ? Je trouve que ce moment-là était un moment de vérité un peu... On va en reparler de l'émission. Pendant deux heures, le maire de Bordeaux a détaillé son programme, répondu aux critiques.
Et gratiné ses adversaires, et notamment Nicolas Sarkozy, dans un style vif et offensif. Voici des extraits de cette émission, rassemblés par Marie-Charlotte Dulc. C'est complètement idiot. Je suis un homme de droite depuis très longtemps, et je n'ai pas cessé de l'être. Simplement, je suis un homme de rassemblement, et je m'adresse à tous ceux qui ont envie de l'alternance, qu'ils soient à gauche, qu'ils soient à centre, qu'ils soient à droite, naturellement. Si on commence à exclure dans la primaire, on est mal barré. Ma conviction, c'est que si on veut arriver au plein emploi, il faut remettre nos entreprises en situation de pouvoir conquérir des parts de marché et de créer des emplois.
C'est ça, la vraie solution. Et c'est pour ça que je propose un certain nombre d'allègements d'impôts, un certain nombre de réformes, comme la retraite à 65 ans, qui tiendra compte, bien sûr, des carrières longues et de la pénibilité. Ce n'est pas pour punir les gens, c'est au contraire pour contribuer à cette politique du plein emploi.
À quel moment vous appliquerez la dégressivité ?
Je suis toujours dit que cela dépendrait de la reprise du marché du travail, je l'ai toujours dit et répété.
S'il n'y a pas reprise, M. Juppé, s'il n'y a pas reprise, vous n'appliquez pas votre programme ?
Mon objectif, c'est de faire en sorte que les Français qui ont de l'argent puissent le réinvestir dans les entreprises françaises. C'est la raison de la suppression de l'ISF, vous le savez très bien. Aujourd'hui, cet impôt sur la famille Fortuné, il fait fuir ces familles. Mon objectif, c'est de faire en sorte que l'imposition des revenus du capital et du capital soit allégée en France.
Question la plus posée pendant l'émission, je vous assure, quel âge a Alain Juppé ? Ça, je ne vous le dirai pas. Moi, je vous le dis, il faut aller sur Wikipédia. 71 ans, depuis le 15 août, 71 ans.
Ça me rassure.
On comprenne des nouvelles de votre âge ?
Oui, parce que je vous le répète, si j'avais l'air complètement décati, il ne se poserait pas la question.
M. Juppé soutiendra-t-il M. Sarkozy s'il sort vainqueur de cette primaire ? La réponse est oui. Si les primaires sont honnêtes. Sans état d'âme. Si les primaires sont honnêtes.
Bon, on va débriefer le contenu. Il s'est dit beaucoup de choses. Deux heures, en effet, deux heures d'émission en direct sur France 2, face à 2 700 000 téléspectateurs. Première question, SMS de la soirée. Comment le programme économique très libéral d'Alain Juppé pourrait-il être compatible avec sa volonté de favoriser les classes populaires ? Je me tourne vers vous, Jérôme Sainte-Marie.
Alors, je ne sais pas quels sont degrés de volonté de favoriser les classes populaires. Ce que je sais simplement, c'est que ce ne sont pas les classes populaires qui vont faire l'élection des primaires. C'est celles qui font le premier tour. C'est celles qui ont fait parfois, d'ailleurs, la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais là, ça se passe dans un club de 2 millions ou 3 millions de personnes. Et on sait que ce club, si j'ose dire, ces personnes qui vont être volontaires pour aller voter, apparemment, auront des caractéristiques très particulières. Entre 40 et 50% d'entre elles seront des retraités.
Et on a un niveau patrimonial très élevé parmi les électeurs de cette primaire et beaucoup de cadres supérieurs, de professions libérales, d'entrepreneurs. Ce qui fait que ce qui a été présenté, y compris qu'il a un peu mis en difficulté Alain Juppé hier, lui profite en réalité. Quand M. Langlais, par exemple, montre les conséquences sociales de ses propositions fiscales, qui favoriseraient, d'après ce qui a été présenté, plutôt les catégories supérieures, ce n'est pas forcément très bien en termes d'image globale. Mais pour son enjeu actuel, pour la primaire, c'est formidable.
Et de la même manière, quand on lui a présenté un syndicaliste, pour rappeler les réformes de 1995, ça a peut-être mobilisé un peu la gauche, mais en tout cas, pour lui, c'était un atout formidable pour son échéance réelle.
Mathieu Croissandou, on dit que son programme est moins à droite que celui de Nicolas Sarkozy, mais qu'il propose tout de même la dégressivité de l'allocation chômage, la retraite à 65 ans, ce n'est pas des mesures de gauche. Ah non, loin de là, son programme économique n'est absolument pas un programme de gauche. Je pense qu'il est moins à droite que celui de François Fillon, avec Nicolas Sarkozy, un vrai match. Nicolas Sarkozy, sur la question de la dégressivité des allocations chômage, lui propose par exemple moins 20%. Juppé va plus loin, c'est moins 25%. Juppé, du point de vue de la protection sociale ou de la protection des salariés, c'est plutôt monsieur moins.
C'est-à-dire qu'on va travailler plus longtemps, il revient sur les 35 heures, il baisse les allocations chômage. Il n'y a pas d'avantage, il n'y a pas de bonus à voter Juppé quand on est salarié lambda dans une entreprise. Et moi, je trouve que c'est à la fois une inspiration très libérale, très orthodoxe d'un point de vue budgétaire. Il n'y a rien d'inventif. Moi, je ne vois pas de proposition nouvelle au-delà d'une baisse d'impôts et des charges sur les entreprises. Et puis la baisse des charges au niveau du SMIC, il n'y a déjà plus grand-chose au niveau du SMIC.
Je trouve que ce qui est frappant, c'est que la droite a eu 5 ans dans l'opposition pour chercher des solutions, pour s'inspirer de modèles qui peuvent exister ailleurs. Et d'une certaine façon, elle ne propose que de détricoter ce qu'a fait la gauche, soit dans ce quinquennat, soit dans les quinquennats précédents. Elle n'invente rien. Elle ne comprend pas l'économie d'aujourd'hui. Il n'y a absolument aucun discours sur la révolution numérique. C'est au-delà de dire qu'il faudra équiper tout le monde. Je trouve que c'est vraiment une faiblesse fondamentale. Et là, quand on est salarié lambda, voter pour la Juppé, je ne vois pas ce qu'on dit.
C'est la une du monde d'ailleurs, ce soir, daté de demain samedi. La pauvreté des idées à droite. Sur le SMIC, par exemple, si on essaie de décortiquer encore un... Qu'est-ce qu'il dit ? Il dit zéro charge pour inciter à l'emploi. Mais en fait, les cotisations sont déjà extrêmement basses. Alors il fait quoi ? Il fait de la com, Alain Juppé, sur ce sujet-là, qui est un sujet extrêmement sensible.
Mais il y a quelque chose d'absolument formidable. C'est comme si on avait tous découvert hier soir sur France 2 qu'Alain Juppé était de droite. Et au fond, je veux dire, vous savez pourquoi le petit monde politico-médiatique n'avait pas voulu voir ça ? Parce qu'en fait, on est totalement obnubilé par Juppé, l'anti-Sarkozy. Et au fond, Juppé, l'anti-Sarkozy, ça voudrait dire que Sarkozy est le grand vilain méchant de droite. Et qu'Alain Juppé, finalement, il en appelle à l'électorat de gauche, y compris pour la primaire. Et donc, il n'est pas de droite. Mais Alain Juppé, à la vérité, il l'a assumé d'ailleurs hier à l'antenne, c'est qu'il est de droite.
Et son programme économique est au moins autant de droite que celui de Nicolas Sarkozy. Et pour le coup, ça peut déplaire, si vous voulez, à la classe médiatique. Je ne suis pas sûre, en effet, et là, je rejoins Jérôme Saint-Paris, que ça déplace forcément à l'électorat qui est sa cible pour la primaire. C'est-à-dire que, pour le coup, il y a un vrai match avec Nicolas Sarkozy. Et là, il campe sur des fondamentaux de droite qui sont presque aussi libéraux que ceux de France Pillon.
– Bien sûr. – S'il est de droite confirmé, on va dire, Karl Méhus, est-ce qu'une fois au pouvoir, s'il gagne la primaire puis la présidentielle, il peut s'inspirer de Margaret Thatcher pour gouverner et puis avoir comme ça une espèce de... Il montre aussi souvent cette espèce de poigne.
– De volonté, oui. – Oui. Alors, ce n'est pas sa référence. C'est plutôt la référence de François Fillon, Margaret Thatcher. Mais ça ne veut pas dire qu'il sera plus mou. – Moi, je trouve que la phrase la plus importante, c'est celle qui a effectivement été soulevée. C'est « Je suis de droite ». Hier. Et au fond, c'était le but de l'émission, de la part des journalistes, de montrer qu'il n'est pas de gauche et de sa part à lui, de montrer qu'il est vraiment de droite. Parce qu'il parlait à l'électorat de la primaire.
Lui, ce qu'il dit, c'est qu'au fond, les 100 jours les plus importants, ce sont les 100 jours avant l'élection présidentielle quand il va vouloir commencer à préparer les textes. Ce qu'il veut, il l'a souvent répété, c'est qu'au moment où, si jamais c'est lui qui est désigné à la primaire et que c'est lui qui gagne l'élection présidentielle, tout soit prêt. Alors on nous a souvent fait le coup. Après tout, on avait les 100 jours de Laurent Fabius. On n'en a jamais vu le jour. On avait aussi Nicolas Sarkozy en 2007 qui avait dit « Tout est prêt ». Bon. Mais là, ils ont la possibilité de le faire. D'abord parce qu'ils ont la majorité au Sénat.
Donc il y a déjà la possibilité de préparer des textes. Et ensuite, ils ont l'intention de faire travailler les élus pendant tout l'été. Session extraordinaire.
Juste une dernière chose sur cette vision qu'on peut avoir d'Alain Juppé, Jérôme Sainte-Marie. OK. Il est de droite. On a compris son histoire. Mais pourquoi est-ce qu'il a cette image d'homme presque de gauche, j'allais dire ? Pourquoi est-ce que les Français de gauche peuvent être séduits par Alain Juppé ?
Je crois que de ce point de vue-là, si vous voulez, Alain Juppé doit tout à Nicolas Sarkozy. C'est-à-dire qu'évidemment, c'est par contraste que cela se fait. Et en plus, peu à peu... Parce que ce terme, de dire que ce programme économique est de droite, sincèrement, je le comprends à peine. Puisqu'en fait, on voit bien qu'Emmanuel Macron, lui, veut revenir carrément sur tout le pacte depuis 1945. Que la gauche au pouvoir a fait quand même le pacte de responsabilité, la loi El Khomri s'engage en la même voie. En réalité, il y a ceux qui jouent le jeu complètement de la mondialisation en matière économique et sociale. Et puis, il y a les autres.
Et comme par ailleurs, non seulement les catégories populaires et pour l'essentiel, les salariés n'iront pas voter à la primaire, mais qu'en plus, le second tour se jouera contre le Front National, on n'a plus besoin, si j'ose dire, pour ces partis de gouvernement, du vote de ces salariés, surtout modestes. Mathieu Croissandeau.
Non, moi, je trouve qu'il y a un bémol quand même sur la stratégie de Juppé qui est de dire, à partir du moment où je leur ai dit, je pourrais le faire. Ce qui est une forme de naïveté en politique, parce que, je vous l'avais bien dit, il n'a jamais permis à des présidents et les premiers ministres d'appliquer forcément une politique. Oui, il prévient tout le monde. Oui, il prévient qu'il veut augmenter la retraite. Oui, il prévient qu'il veut augmenter le temps de travail. Mais est-ce que c'est pour ça qu'il y aura une acceptation à la fois sociale, et puis dans le champ de la collectivité de ces mesures-là ? Ça ne veut rien dire. Regardez François Hollande sur d'autres questions.
Il avait des choses qu'il avait promis, qu'il n'a pas pu faire, parce que le corps social soit le champ constitutionnel refusé. Souvenez-vous de la fameuse taxe à 75%. Il l'a promis, promis pendant la campagne, puis il s'est fait retoquer par le Conseil constitutionnel par la suite. Donc, dire, je vous l'avais bien dit, ce n'est pas une assurance tout risque pour gouverner derrière. Anna Cabana.
Oui, il y en a un qui était plutôt content qu'Alain Juppé assume son programme de droite. C'est François Hollande, parce que lui, pour le coup, il a quand même commencé de fourbir des arguments au cas où Juppé serait désigné le 27 novembre. Et clairement, l'angle d'attaque de François Hollande contre Alain Juppé, ça va être le terrain économique et social. C'est-à-dire qu'il veut montrer, François Hollande, et il a commencé déjà de le faire.
Et ça va s'amplifier, puisqu'il prévoit un discours très prochainement, qui est censé être le Vagram 2, dans lequel, précisément, il va essayer de renvoyer dos à dos Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sur le terrain économique pour montrer qu'au fond, la droite est de retour, et que même la droite Juppé est une très vilaine droite.
Alors, Alain Juppé, il ne s'est pas privé de tacler Nicolas Sarkozy. Au tout début de l'émission, vous me demandez qui je suis, vous voyez qui je ne suis pas. C'était juste après un extrait d'un discours de Nicolas Sarkozy. Il a même parlé d'une panique dans le camp de l'ancien chef de l'État. Est-ce qu'il a raison d'attaquer Calmeus ?
Alors, il se défend, en réalité, plus qu'il n'attaque. Alain Juppé, c'est quelqu'un qui a l'envie de mener sa campagne comme il veut. Ce n'est jamais lui qui fait l'attaque en premier. Quand François Fillon a parlé de Tizane, il a répliqué Vodca. Il n'est pas mécontent, d'ailleurs, de s'arrêter bien.
Il le répète tout le temps.
Mais voilà, il ne faut pas aller le chercher. Là, Nicolas Sarkozy, quand même, va le chercher depuis un moment. Et bien donc, il s'attire des répliques. Je ne suis pas comme lui. Parce que, c'est ce que disait un ami d'Alain Juppé, mais, au fond, Alain Juppé, c'est l'anagramme d'Anti-Sarkozy. Et ça, les gens l'ont bien intégré. Et c'est là, d'ailleurs, où ils ont eu un peu peur en début de campagne, quand Nicolas Sarkozy a démarré. Il faut dire qu'il a fait... Il y a eu un effet de souffle, peut-être pas aussi important que ce qu'il espérait, mais il y a eu un effet, en tout cas, médiatique.
Et là, chez Juppé, il y a eu une petite crainte en se disant « Est-ce que, vraiment, il va arriver comme ça, à croiser les courbes ? Est-ce qu'il ne va pas remonter ? » Et finalement, ça ne se produit pas. Et donc, là, il y a un soulagement chez Alain Juppé de voir qu'au fond, non seulement il n'y a pas de croisement de courbes, mais peut-être même il continue à monter. Et finalement, il se rend compte que la campagne de Nicolas Sarkozy, paradoxalement, renforce les positions d'Alain Juppé. Parce que l'hystérique Nicolas Sarkozy y a mis dès le début, en multipliant les déplacements, les meetings, en étant très à droite, au fond, a renforcé l'anti-sarkozisme.
Et comme Alain Juppé est le vecteur vers lequel se sont tournés tous les gens qui en avaient assez de Nicolas Sarkozy, à gauche, au centre, mais aussi à droite, ça l'a renforcé.
– Jérôme Sainte-Marie, est-ce que ces sondages, aujourd'hui, ils peuvent beaucoup changer ? Est-ce qu'il peut y avoir une inversion ? Tout est encore possible, c'est ça ma question. On a titré « Juppé a-t-il déjà gagné ? » Bon, un peu par provoque, mais vous voyez ce que je veux dire ?
– Je crois que c'était la réplique d'Alain Juppé hier, il dit « Vous pensez vraiment que je vais vous répondre oui ? » Là, je ne peux pas vous répondre non. Évidemment que ça peut encore changer. Donc, évidemment qu'il peut y avoir encore une inversion de courbe. – Ce que j'ai constaté… – Pour préciser un peu ma question, qu'est-ce qui peut le faire perdre ? – C'est très compliqué, parce qu'on a vu que les courbes, évidemment, se sont rapprochées début septembre. Vous savez, c'était un peu comme la campagne de 2012, cette hystérilisation sur les croisements des courbes.
Et elles se sont même touchées, si j'ose dire, en un moment donné, au premier tour, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, pour certains instituts, au même niveau, et de nouveau, ça s'écarte. Il y a quelque chose, si vous voulez, qui plombe Nicolas Sarkozy dans cette campagne. C'est quelque chose qui a trait aux sondages, mais ce ne sont pas les sondages de la primaire, ce sont les sondages de l'élection réelle. En fait, le seul, pour l'instant, qui garantit la qualification de la droite pour le second tour, c'est Alain Juppé. Il est encore à des niveaux incroyablement élevés.
Et c'est vrai, là, je rejoins ce qu'il disait Karl Meus, c'est que cette campagne très offensive, destinée uniquement à l'électorat de droite pour la primaire, a abouti au fait que Nicolas Sarkozy n'a pas du tout progressé dans les sondages qui sont faits auprès du grand public. Et ça, sincèrement, le fait de ne pas garantir la victoire pour une campagne de primaire, c'est quelque chose qui est très pénalisant. Alain Clébana. Mais Alain Juppé, il est plus que soulagé à la vérité aujourd'hui. Il est content, c'est-à-dire qu'il est...
Non, mais je veux dire, il est habité par un bonheur nouveau parce qu'il a découvert une chose, c'est qu'au fond, il n'avait plus de raison d'avoir peur de Nicolas Sarkozy. Alain Juppé, ça fait 30 ans qu'il a peur de ce qu'il appelle le vitalisme de Sarkozy, cette espèce de vista, cette capacité de vous retourner la tête et d'électriser l'atmosphère quand lui, Alain Juppé, a eu toujours autant de mal à faire ça. Et là, s'il vous plaît, quand le blast, n'est-ce pas, a soufflé, il a eu peur d'être balayé, Alain Juppé. Il y a eu ce moment-là, il y a eu un temps de latence pendant lequel il a eu peur.
Et là, maintenant, il faut voir le ravissement avec lequel il vous dit, eh bien, le blast ne m'a pas balayé, j'ai pas peur et je vais gagner. Et il y a quelque chose, mais si vous voulez, chimiquement, il y a quelque chose qui a changé. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a en face de nous un homme qui n'a plus peur de Sarkozy et qui est habité par presque la conviction qu'au fond, c'est fait, quoi, que les Français l'aiment
Je demandais à l'instant à Jérôme Sainte-Marie qu'est-ce qui peut le faire perdre. Est-ce qu'une candidature d'Emmanuel Macron, qui paraît plus que probable aujourd'hui, pourrait changer la donne à droite et perturber, parasiter la campagne à droite ? C'est probable. Alors, il faut qu'Emmanuel Macron se déclare avant la primaire. Et après, je pense qu'on touche quand même à des électorats différents. Sarkozy-Juppé, c'est deux façons de faire la guerre différentes. Il y en a qui fait une guerre d'opposition, un autre qui fait une guerre de mouvement. Juppé, il est dans sa position. Il ne bouge pas tant que ça. Il n'évolue pas. Son programme reste le même. Sa personnalité reste la même.
Et Sarkozy a une dynamique pour lui et une force assez incroyable pour créer le débat. Je nous invite quand même un peu à beaucoup de prudence et de modestie parce qu'il y a 15 jours, on aurait fait ce même plateau. On aurait tous dit Sarkozy est en dynamique, Juppé est dans les choux, ce qui était le cas parce que sur le terrain, on s'aperçoit que la dynamique était quand même du côté de Sarkozy. Alors, Sarkozy, on sait qu'il n'a plus d'un tour dans son sac. On va voir ce qu'il peut faire. Mais il peut faire un salto arrière comme un salto avant. Et du coup, recréer le débat autour de lui. Alors, ça devient de plus en plus compliqué au moment où on se rapproche du scrutin.
Mais il ne faut jamais l'enterrer. Après, je pense que ce qui plombe Sarkozy, ce n'est pas tellement que sa campagne fait pchit, c'est aussi le climat. Le climat des affaires autour de Sarkozy. Autour de Sarkozy, quoi qu'on en pense, se réveille des vieux démons. L'affaire Big Malion. Quand vous faites la une des journaux avec les affreux de Big Malion ou avec l'affreux de Buisson, globalement, ça réveille plutôt des mauvais souvenirs, y compris dans l'électorat de droite qui n'a pas envie de revoir ces gens-là. Et du coup, Juppé apparaît évidemment, par contraste, comme un homme plus neuf ou en tout cas pas mouillé dans tout ça. Karl Meus.
Oui, je suis d'accord avec Mathieu Croissantou parce que chez les Juppéistes, ils cochent les jours qui restent jusqu'au 27 novembre. Ils les comptent. Et au fond, ce qu'ils disent, c'est chaque jour qui passe, ça y est, c'est un soulagement. C'est le calendrier de l'Avent, là, que vous nous décidez. Oui, exactement. Chez les Juppéistes. Voilà, sauf qu'il n'y a pas de cadeau. Ou alors, le cadeau, c'est, bon, il n'y a pas eu de bêtises de fête, il n'y a pas eu de baisse dans les sondages, il n'y a pas eu de méchant coup contre nous, on a passé la bonne émission, voilà. Et on sent, mais au fond, j'imagine que chaque favori dans une campagne, c'est un peu pareil.
C'est-à-dire qu'on a la position du favori. François Hollande, qui en 2012 partait de très très haut, a dû être très soulagé à une semaine du premier tour quand il disait, bon voilà, il ne reste plus que 7 jours, je suis à 50 et quelques, machin, du second tour. Voilà, ça passe. Et là, c'est pareil, c'est je tiens. Allez, on coche chaque jour. C'est le cas, Anna Cabana.
Pour aller dans le sens de ce que dit Karl Méhuz, il y a un des principaux collaborateurs d'Alain Juppé qui m'a quand même dit, au fond, si on mettait Alain Juppé dans une cave et qu'on l'enfermait pendant un mois et demi, il gagnerait quand même. Ça va tout à fait dans ce sens-là.
Jérôme Sainte-Marie, est-ce que cet affrontement Sarkozy-Juppé, c'est aussi l'affrontement de droite ? Est-ce que c'est l'affrontement, le retour de la guerre entre le RPR et l'UDF, entre deux visions, finalement, de la droite ? Sincèrement, je ne crois pas.
Je ne crois pas. C'est ce qu'on aimerait penser, parce que ça donnerait une impression de profondeur à ce qui se passe. Ah, c'est moins optimiste. Je pense qu'en réalité, les choses sont un peu plus décevantes. Il y a eu une telle homogénisation, maintenant, des programmes économiques et sociaux. Également, sur la politique étrangère, sur tout cela, les choses sont quand même très, très semblables. Il y a peut-être deux styles. Il y a une vague opposition sur l'identité. Et sincèrement, il faut aller un peu surjouer. Ça tient, encore une fois, comme souvent en politique, à la base électorale. On a maintenant une base électorale de droite qui est très retrécie.
On a, là aussi, je reviens, et je suis désolé à cette analyse par catégorie sociale. Et on a, effectivement, tout ce qui était le terreau d'une droite populaire, ce que j'appelais parfois la droite sardou, si vous voulez, quelque chose qui mettait un peu d'ambiance dans les campagnes et qui faisait surtout la formation gaulliste, le verpère. Eh bien, ces gens-là sont pour ainsi repartis. Et pour largement, ils sont partis au Front National.
Karl Méliuz, il a dit quand même, hier, Alain Juppé, je me rallierai à Sarkozy, c'est le gars de la primaire, si la primaire est honnête. C'est quand même une menace à peine voilée. Alors, est-ce qu'il faut prendre au sérieux
cette petite phrase ? Oui, d'autant plus qu'il l'avait déjà dit. Ça fait longtemps qu'il met toujours un « si » comme condition à son ralliement, parce que, il a beau être le favori, il a beau connaître Sarkozy, peut-être justement parce qu'il le connaît, voilà, je l'anticipais, Mathieu Croissandeau, il redoute un coup fourré, pour tout vous dire, le jour du vote. D'ailleurs, quand il entend Gérald Darmanin, proche de Nicolas Sarkozy, dire « on connaîtra les noms et, en gros, les adresses des électeurs de gauche qui viendront voter », manière de leur dire « ne venez pas », ça, il n'aime pas. Donc voilà,
c'est ce genre de coup fourré-là. Pardon, mais on peut, disons les choses, on peut truquer un vote où il y a 2 millions, 3 millions de personnes ?
Non, ce n'est pas sur l'aspect trucage, c'est sur l'aspect réduire le corps électoral, empêcher justement par ces menaces d'idée de faire se déplacer tous ces électeurs et sympathisants du centre et de gauche, et même de républicains, et garder un corps électoral qui sera très faible. Mais ce qu'on voit aujourd'hui, ce que montrent en tout cas à la fois les sondages, les scores des émissions et le score des débats qui vont avoir lieu, les 3 débats. Également, vous savez, ça fait une semaine que le site primaire.org 2016.org est ouvert, ils ont eu combien ?
800 000 clics pour des gens qui sont venus de vous. Ça fait en une semaine. Et le nombre
de Français de l'étranger dont l'intention de voter... Non, non. Les Français de l'étranger inscrits, c'est plus de 25 000. Eux, non seulement ils sont inscrits, mais ils ont déjà payé. Donc vous pouvez déjà considérer qu'il y aura minimum 25 000 votants.
25 000, c'est au moins 3 fois plus que pour la primaire de gauche, je crois.
Oui,
et il y a des fois plus
d'inscrits
chez les Républicains. Jérôme Saint-Marie. Oui, un tout petit élément par rapport aux sondages et par rapport à la campagne actuelle de Nicolas Sarkozy en disant, attention, on est en train de se faire voler la primaire de la droite et du centre par les électeurs de gauche.
Il y a une étude qui a été réalisée par le journal Le Monde, je crois, avec plusieurs sondages qui sont analysés, qui est tout à fait intéressante et qui montre que, sur la fois des sondages, bien entendu, si on enlève de ces sondages les réponses de tous les électeurs de gauche qui ont déclaré vouloir aller voter à cette primaire de la droite et du centre, même sans ces électeurs de gauche, Alain Juppé maintient son avance, certes réduite, mais il est pour l'instant encore devant Nicolas Sarkozy.
Alors, Alain Juppé, il a le soutien, on le sait, du leader centriste François Bayrou. Le patron du Modem préfère renoncer pour l'instant à une propre candidature. Il fait campagne pour Alain Juppé, officiellement, sans arrière-pensée, mais c'est bien l'avenir de la droite et du centre qui est en jeu. Barbara Steck et Yvan Vastio.
Comme Alain Juppé, lui aussi se verrait bien bénéficier des voix des électeurs de gauche à la primaire de la droite et du centre. Il y a quelques jours, François Fillon leur a même lancé un appel.
Il y a des Français qui ont le droit d'aller voter s'ils estiment qu'ils sont en accord avec les valeurs de la droite et du centre. Cette idée... Mais qu'est-ce que ça veut dire de gauche ? Vous ne naissez pas de gauche, vous n'avez pas des géné... Ce n'est pas une qualité génétique la gauche. On n'a pas chacun une étoile sur son vêtement pour dire vous êtes de gauche ou vous êtes de droite. Ça n'a aucun sens.
Une formule choc. Très loin du ton plus conciliant d'un Alain Juppé dont il aimerait bien se démarquer. Il faut taper sur Juppé maintenant. M. Sarkozy est foutu. C'est sur Juppé qu'il faut taper maintenant. Non, vous n'êtes pas d'accord ?
Non, mais je vous écoute. Je suis le seul à porter un programme complet de redressement national. Le programme d'Alain Juppé c'est un programme très prudent qui comporte des mesures qui seront positives et que j'approuve mais qui ne peut pas redresser l'économie française parce qu'il ne va jamais assez loin. C'est un programme comme on en a fait plein ces dernières années. Ce n'est pas qu'il est tiède, c'est qu'il n'est pas adapté à la gravité de la situation.
Parmi les lecteurs venus le rencontrer, beaucoup se disent convaincus par l'homme. Il parle vrai, il critique le politiquement correct. Je pense que c'est celui qui a le meilleur programme et que c'est celui qui aura le courage d'avoir le courage d'aller jusqu'au bout parce que les réformes ça va être dur. En attendant, se démarquer, encore et toujours. Quand Alain Juppé considère le mariage homosexuel comme un acquis, François Fillon, lui, bénéficie du soutien de Sens commun, mouvement né de la Manif pour tous et dont la porte-parole était hier l'une des invitées d'honneur.
François Fillon, vous ne dites pas autre chose dans votre programme lorsque vous écrivez l'intérêt de l'enfant prime pour moi sur toute autre considération.
C'est dommage qu'on ne soit pas aux Etats-Unis parce que s'il y avait une vice-présidence, je proposerais de faire un ticket avec Madeleine.
Politique familiale mais aussi économie. Sur ce volet, François Fillon, le tachérien, ne va pas manquer d'envoyer une petite pique à Alain Juppé. Libéral comme lui, mais visiblement pas assez.
Oui, je veux supprimer définitivement de l'histoire de notre pays ces 35 heures qui ont fait tellement de mal à l'économie française. Mais attention, je veux vraiment les supprimer et de ce point de vue-là, je vous invite à vous méfier des contrefaçons.
Pas d'accord négocié avec les entreprises donc. Plus de fermeté sur la sécurité, sur l'islam. Juppé Fillon, de vision peut-être pas si irréconciliable. D'abord, moi je suis président de notre parti. Donc si je peux me permettre, ce qui me plaît, c'est aussi ce qui les rassemble. Ce que j'essaye de faire, c'est plutôt d'essayer de rappeler qu'ils ont plus des choses en commun que des choses qui les opposent. François Fillon espère rattraper son retard dans les sondages grâce au débat qu'il opposera à ses concurrents le 13 octobre. Et s'il n'y arrive pas, il ne dit pas encore s'il se ralliera au favori de la course, Alain Juppé.
Voilà, vous l'avez compris, ce n'était pas un reportage sur François Bayrou, mais sur la campagne de François Fillon, réalisée par Sarah Sisman et Maxime Liogier. On verra dans quelques minutes le reportage sur François Bayrou. Alors, on a une question d'ailleurs. Regardez, qui Juppé pourrait-il choisir comme Premier ministre en cas de victoire à la présidentielle ? Alain Cabana, ça pourrait être François Fillon ?
Non, difficile. Alain Juppé, il cherche une femme. Il cherche une femme. Son envie, c'est de trouver une femme. De trouver une femme et plutôt plus jeune que lui, ça laisse des possibilités.
Virginie Calmels ?
Il y pense. Il travaille avec lui
à Bordeaux, qui était cette de liste.
Il y a aussi Valérie Pécresse. Mais enfin, il n'y en a pas tant.
Nathalie Cossius-Comorizet ?
Je ne crois pas que ça fasse partie de la short list Alain Juppé, non.
Bien. Quelqu'un a une autre idée pour un Premier ministre d'Alain Juppé ? Côté masculin,
Karl Meus ? Oui, mais en même temps, il a dit au JDD la semaine dernière, pourquoi pas une femme ? On a interprété ça comme un appel du pied. Plus à Valérie Pécresse, parce que pour l'instant, elle ne s'est pas encore prononcée. Et qu'au fond, il y a un enjeu important dans la primaire, c'est vers qui vont se tourner Xavier Bertrand ? Tiens, d'ailleurs, Alain Juppé est à Lille aujourd'hui, dans la région du Haut-de-France, où Valérie Pécresse,
après ce qu'il a dit au JDD. Il y a un autre élément, c'est quand même pour le choix, on l'a vu à différentes reprises, par exemple en 2002, pour le choix d'un Premier ministre, ce qui est important quand même, c'est la nature du second tour. Exactement. Et donc, voilà, à ce moment-là, ça dépendra aussi d'une part, est-ce qu'effectivement, c'est face à Marine Le Pen, et est-ce qu'il est aussi en avance dans cette hypothèse, dans les sondages, qu'il l'est actuellement ? Ce n'est pas sûr du tout.
Et je crois même que la leçon, d'ailleurs, de l'émission d'hier, c'est qu'il laisse véritablement des pans entiers de la population un peu à l'écart, pour l'instant, de son programme, et que donc, il libère un espace important pour Marine Le Pen. À ce moment-là, il aura peut-être besoin d'envoyer un signe, justement, beaucoup plus à gauche que Valérie Fécresse ou Kevin Calmetz, et donc, qu'il aura besoin peut-être d'envoyer un signe vers le centre-gauche pour avoir d'excellents reports de voix pour le second tour face à Marine Le Pen. C'est une hypothèse. C'est absurde, si vous voulez, à six mois de tout cela, de se passer là-dedans.
Je dis simplement que le choix dépendra, sera très largement déterminé par la nature du second tour.
Je suis entièrement d'accord. Ce sont les circonstances politiques qui déterminent le choix du Premier ministre, puisque c'est le chef de la majorité. Donc, quelle sera la majorité d'un Juppé à ce moment-là, si jamais il est élu. Peut-être qu'il ira chercher plus à gauche si on est dans l'équation que vient de résumer Jérôme. Peut-être, surtout, ira-t-il chercher plus à droite parce que la majorité, il n'a pas de chance qu'elle soit aussi filloniste ou sarkoziste, que si les parlementaires sont élus, ils deviendront juppéistes avec le temps. Cette droite-là, qui est une droite plus dure que celle qu'il incarne aujourd'hui, elle aura besoin d'être chefée, comme on dit souvent à droite.
Et pour le coup, il faudra quelqu'un, à mon avis, un profil comme Virginie Calmel, ça me paraît peut-être un peu saugrenu parce que le chef de la majorité doit tenir absolument tout le monde et donc avoir une légitimité politique forte. Idéologiquement, Karl Méhus, est-ce qu'on peut dire que Fillon et Juppé sont proches ? Qu'est-ce qui les différencie vraiment ?
D'abord, ils sont tous les deux des anciens RPR. Déjà, ça veut dire que ce sont des compagnons de route. La différence, c'est que François Fillon a longtemps été proche de Philippe Séguin, ce qui n'a pas été Alain Juppé, qui était dans le sillage de Jacques Chirac. Donc là, il y avait deux différences quand même relativement importantes. Je vous demandais ça parce qu'on imagine
que François Fillon pourrait se rallier à Alain Juppé après le premier tour. Donc j'essaie de voir si cette alliance était possible. Oui, mais vous savez,
elle était impossible. Non, mais en politique, toutes les alliances sont possibles. Après tout, François Fillon s'est rallié à Nicolas Sarkozy, François Fillon. Non, mais... Ce sont les intérêts politiques qui dictent les alliances. Par définition, on imagine mal François Fillon se rallier à Nicolas Sarkozy. Donc il ne lui reste pas beaucoup de choix. En même temps, pour répondre à la question d'avant, ce n'est pas non plus pour redevenir premier ministre. Non. Voilà. sur lequel vous avez parlé.
Il y a une différence, à mon avis, je ne sais pas si on peut parler d'idéologie, mais il y a une différence importante pour une fois entre ces deux candidats, c'est la politique étrangère. Ah oui. C'est-à-dire que là, dans le rapport notamment à la Russie, on a vu à quel point Alain Juppé hier a martelé une politique fondamentalement très atlantiste. Il ne désigne même pas le chef d'État syrien par son nom de famille, mais par son prénom, ce qui est un peu, ce qui est très néo-conservateur comme façon de faire. Et donc, ça rappelle Saddam, si vous voulez. Et inversement, François Fillon, lui, a pris des positions assez originales dans la classe politique française sur la question russe.
C'est-à-dire qu'il soutient Vladimir Poutine. En tout cas, il n'hésite pas à s'afficher avec lui. Et donc là, il y a un antagonisme assez important qui peut avoir des conséquences par rapport à nos alliés. Et donc, ça rend un rapprochement un peu compliqué.
D'où la vodka, la petite blague sur la vodka. C'est tout ça ? Oui, c'était ça. Vous l'avez évoqué tout à l'heure brièvement. Pour ceux qui n'ont pas tout suivi, François Fillon a évoqué la tisane, ce qui n'était pas très sympa pour l'âge d'Alain Juppé. Et du coup, Alain Juppé a répliqué en disant vodka
pour sa proximité
avec Vladimir Poutine. Alain Cabana.
Mais à la vérité, il y a quand même une compatibilité dans la mesure où c'est deux hommes qui s'estiment mutuellement comme étant convenables. Et qu'aujourd'hui, quand vous écoutez François Fillon vous parler d'Alain Juppé, il n'y a pas d'animosité. Au contraire, il a même du mal à l'attaquer. Il a vraiment dégainé contre Alain Juppé parce que sinon, il a du mal à en dire vraiment du mal. Et même les fillonistes, si vous voulez, essaient de le pousser à cogner un peu plus fort le favori de la compétition. Et il a beaucoup de réticence à le faire, François Fillon. Donc bien sûr, il ne saura pas devenir le premier ministre d'Alain Juppé.
En revanche, s'il devait soutenir un des candidats à la primaire, ce serait clairement Juppé. Ça, on en a tous les indices aujourd'hui.
Alors, à propos de ralliements, les derniers ralliements enregistrés par Alain Juppé, Hervé Mariton, Frédéric Lefebvre, Hubert Falco, Toulon. Mais c'est plutôt des profils de sarkozistes, ça, Mathieu Croissant. Oui, pour Frédéric Lefebvre, tout à fait. Pour Mariton, c'est même un peu surprenant qu'il ait choisi Juppé parce que ce n'est pas tout à fait la même façon. On aurait pu imaginer qu'il choisisse François Fillon. Pour ses positions sur la famille, qui est un peu plus Fillon, c'est vraiment la droite laudaine. C'est la cateau, le traditionnaliste. La droite laudaine. La droite laudaine, c'est le manteau laudaine. C'est le manteau de la droite. Exactement.
Non, mais j'essaie de dire qu'il faut suivre ce soir. Alors que Juppé, on va dire, c'est plus Barbour peut-être. C'est plus... Non, non, je rigole. Je disais par là que ces ralliements, ils sont sarkozistes. Ils sont surtout des gens qui ont connu de près Nicolas Sarkozy et qui ne veulent plus continuer avec lui. Mais j'ai envie de vous dire, tous les concurrents de la primaire sont des gens qui ont connu de près Nicolas Sarkozy et qui ne veulent pas continuer avec lui puisqu'il y a quand même son ancien Premier ministre, son ministre des Affaires étrangères, sa ministre de l'Écologie. Enfin, ça fait quand même beaucoup de monde qui ne veut plus aller avec lui.
Après, c'est pas en termes de division de poids lourd dans le parti. C'est ce qui lui a été dit d'ailleurs hier dans l'émission. Ça ne lui a pas plu d'ailleurs quand on lui a dit ça. Non, mais c'est sûr.
En termes de division, ça ne pèse pas. Mais en termes de dynamique, aujourd'hui, quel est celui qui engrange le plus de ralliements au fil de l'eau alors qu'il y a 15 jours, c'était Nicolas Sarkozy qui engrangeait des ralliements et qui augmentait sa dynamique, là, c'est Alain Juppé. C'est vrai que Frédéric Lefebvre, ce n'est pas complètement neutre. C'est un ancien lieutenant, c'est même un ancien flingueur de Nicolas Sarkozy avant 2007. Donc ça a du sens. Hubert Falco, c'est celui qui organisait les meetings de Toulon pour Nicolas Sarkozy.
Dès que Nicolas Sarkozy voulait faire un gros meeting, ce n'est pas par hasard qu'il allait à Toulon parce qu'il savait que là, il y avait une organisation. Et d'ailleurs, le 27 octobre, qu'est-ce qui va se passer ? Alain Juppé avait prévu d'aller à Marseille. Pas de chance. Nicolas Sarkozy, il va le même jour. Eh bien, Alain Juppé ira à Toulon. Chez Hubert Falco. Chez Hubert Falco. Oui, il sera le même jour. Eh bien, voilà. Donc là, on aura
deux gros meetings. Son principal soutien, je le disais, c'est donc François Bayrou, le patron du Modem. On va regarder ensemble le reportage de Barbara Steck et Yvan Bastiau.
Loin de l'agitation des primaires, François Bayrou occupe à son rythme, son terrain. Hier, à Pau, il participait au lancement d'une montre de luxe made in Bearn.
Moi, j'ai raté ma vie depuis longtemps. Parce que je ne porte pas de Rolex et je ne porte même pas de montre du tout.
pas besoin de montre pour l'instant. Lui ne participe pas à la course des présidentielles. François Bayrou se donne le temps.
Avouez qu'on peut difficilement trouver.
L'Elysée ?
Ce n'est pas une belle vue. Ce n'est pas une belle vue. Il y a un joli jardin.
Une vue sur les jardins de l'Elysée, auquel il serait aujourd'hui prêt à renoncer au profit d'Alain Juppé.
Ce n'est pas par intérêt particulier, ni personnel, ni partisan, que je soutiens sa candidature. Je la soutiens parce que j'ai l'idée qu'avec lui, la situation du pays peut être améliorée.
Pas de contrepartie, mais le président du MoDem compte bien apporter sa pierre à l'édifice. T'es regardé comme ça va être beau. Faire entendre sa voix sur l'éducation ou ses différences sur la proportionnelle.
Je n'ai pas les mêmes idées sur tous les sujets qu'Alain Juppé par exemple. Mais je les défendrai auprès de lui comme allié. Ce sera peut-être plus efficace comme allié et pas comme concurrent. C'est joli, hein ?
Et Matignon, il dit ne pas en vouloir. Si Alain Juppé l'emporte, son ambition sera d'unifier qui est un centre éclaté et de l'incarner.
J'attends que s'il est élu, nous travaillons ensemble et j'attends que... C'est pas que j'attends. Cette occasion-là nous permettra, me permettra de reconstruire le centre en France.
Mais en politique, rien n'est jamais gravé dans le marbre. Et si finalement Nicolas Sarkozy est candidat, François Bayrou l'obstiné se lancera. Le désir et l'envie sont toujours là.
Bien sûr que j'aime beaucoup les combats, j'aime beaucoup l'élection présidentielle, j'aime beaucoup la compétition, j'aime beaucoup rencontrer les Français, mais je suis persuadé que d'avoir fait ce choix, de dire je suis prêt à aider quelqu'un d'autre, d'une certaine manière, ça aide à retrouver pour les Français une certaine idée de la politique.
François Bayrou, homme providentiel, la semaine dernière, le philosophe Michel Onfray prédisait un duel Marine Le Pen, François Bayrou au second tour.
Et dites-moi, Anna Cabana, François Bayrou, premier ministre d'Alain Juppé, c'est de la science-fiction ?
Il dit, il a l'air sincère en le disant que ce n'est vraiment pas du tout sa stratégie et pas son scénario. En revanche, François Bayrou, deuxième premier ministre d'Alain Juppé, si vous voulez, après avoir reconstitué un très beau groupe à l'Assemblée nationale, là, on est dans une stratégie tout à fait envisagée par François Bayrou.
Bon, c'est au-delà de la science-fiction, là, on est sur 2019, quoi. Nos téléspectateurs ce soir qui nous regardent fidèlement s'amusent à chercher le premier ministre ou la première ministre d'Alain Juppé et proposent Christine Lagarde. Qu'est-ce que vous en pensez ? Elle n'a pas prévu de revenir ? Non, je crois. Ça ferait un beau casting, comme on dit, Christine Lagarde. Encore une fois, c'est un rôle politique de premier ministre. Patronne du FMI, elle a décreté de temps. C'est un rôle politique chef de la majorité, conduire une politique, tenir les députés, faire adopter des lois.
Est-ce que tu voulais dire qu'une femme ne peut pas tenir ce rôle ? Nullement,
vous le savez bien. En revanche, je pense que Christine Lagarde n'est pas forcément un profil politique.
Ce qu'on a oublié dans le profil qu'il faut pour le premier ministre d'Alain Juppé, c'est quelqu'un qui sera suffisamment souple pour accepter les directives qu'Alain Juppé lui donnera. Parce que, vous avez remarqué dans l'émission d'hier, et il le dit souvent, il ne va pas à l'Élysée pour faire le roi feignant ou pour expédier les affaires courantes. Il veut faire ça en 5 ans seulement et donc, il sera très interventionniste. En 5 ans seulement, on verra. Non, il l'a dit, je crois qu'on peut le croire, là-dessus. Ah, il s'est engagé.
Et la Dure aussi, s'était engagé à ne pas être candidat à la présidentielle en 1913.
Oui, mais là, il y a à la fois l'engagement et l'âge. Bien.
Question SMS. Le premier débat de la primaire ne sera-t-il pas explosif, ne va-t-il pas donner une très mauvaise image de la droite ? Jérôme Saint-Marie, ce premier débat, c'est jeudi prochain. C'est un enjeu énorme pour les 7 candidats. Est-ce qu'il peut être explosif, selon vous ?
Alors, ce n'est pas certain parce que vous voyez, celui qui sera le plus agressif risque d'indisposer une bonne partie des électeurs de la primaire. Encore une fois, il faut voir que ce n'est pas une élection comme les autres, la primaire. Il s'agit de rester suffisamment unis pour l'emporter et de choisir le meilleur d'entre-soi. Et donc, celui qui, encore une fois, qui dégaine le premier peut, on pense plutôt au challenger, plutôt à Nicolas Sarkozy, peut commettre une erreur tactique importante.
Mathieu Grassonzo ? Moi, je pense que ça peut être explosif parce que ce n'est pas explosif si tout le monde ne boxe pas dans la même catégorie. Là, vous avez trois personnes qui boxent plus ou moins dans la même catégorie qui sont Sarkozy, Juppé et Fillon. Or, Fillon est quand même loin derrière. Lui a tout intérêt à cogner comme un sourd, ce qu'il a commencé à faire en septembre, pour exister, pour essayer de casser ce duel qui s'installe et essayer de faire mentir les sondages.
Donc, si, à mon avis, la poudre viendra de François Fillon et après, en deuxième rang, Bruno Le Maire est en train de marquer sa différence, Nathalie Kosciusko-Morizet peut-être aussi, mais je pense que celui qui dégainera sera François Fillon. Karl Meus, je rappelle que vous avez vu ce matin Alain Juppé. Il se prépare pour ces débats télévisifs. Vous nous disiez tout à l'heure que l'émission d'hier soir sur France 2 était extrêmement importante pour lui. Et j'imagine qu'il se prépare aussi pour les débats.
Oui, bien sûr. Et ça serait une faute politique de ne pas le faire. Il le prépare en disant, ça rejoint ce que dit Jérôme Sainte-Marie, il est dans la position du favori, donc ce n'est pas lui qui va attaquer. Au fond, il est comme le joueur d'échec qui peut se contenter d'une partie nulle. C'est à ses adversaires, à ses concurrents de faire le match, de prendre des risques, d'aller sur son terrain ou de le critiquer. Lui, il va voir venir. Il n'aura pas de choses à perdre là-dessus. Après, est-ce que ça sera si explosif que ça ? Ce n'est pas sûr parce qu'il y a deux autres débats après. Donc, il ne faut pas non plus briller toutes les cartouches tout de suite. C'est long cette campagne.
Le premier tour, c'est que le 20 novembre. Donc, si dès le début là, c'est explosif, ça va être un peu compliqué. D'autant que, pour quand même apaiser les choses, les lieutenants se parlent entre eux. C'est important, ça. C'est-à-dire que chacun essaye quand même d'éviter les dérapages. Dès qu'il y en a un dans un camp qui dit quelque chose un peu qui dérape, il s'appelle entre eux en disant « Bon, qu'est-ce qu'on fait là ? On dérape nous aussi ou alors on atténue ? » Ok, on atténue. Et ils ont l'exemple de ce qui s'est passé au Parti Socialiste en 2011. On pressentait aussi un débat qui serait très chaud. Au fond, c'était très maîtrisé. D'abord, c'était très cadré.
Tout le monde a un temps de parole très précis. Ils n'avaient pas le droit de se répondre. Alors là, ils ont plus le droit de se répondre mais une minute et c'est décompté de leur temps de parole. Donc, est-ce que vous utilisez cette minute-là à perte pour répondre ou est-ce que vous l'utilisez de manière utile ? Voilà, c'est ça.
C'est vrai que les règles du débat ne favorisent peut-être pas l'affrontement.
Clairement, Alain Juppé, et par tempérament et par sa position de favori, il va être dans la défensive. Mais en même temps, il lâchera ses coups s'il se sent attaqué. C'est-à-dire qu'on voit bien qu'il s'autorise, si vous voulez, des sorties de route et des répliques un peu viriles dès qu'on l'attaque. En revanche, il n'est jamais le premier à l'attaquer. Il y a une chose aussi qu'on a découvert hier soir, c'est que jusqu'à présent, Juppé, quand on l'agressait, surtout sur un plateau télé, parce que ce n'est pas son truc la télé, Alain Juppé, ce n'est pas ce qu'il préfère les émissions télé. Il avait tendance à se crisper, se rédire, à avoir, si vous voulez, l'air assez pète sec, etc.
Là, on a senti quelque chose de la détente qui faisait que, même quand les coups étaient un peu rudes et qu'on sentait que ça grinçait, il arrivait à sourire. Ça veut dire que, pour le coup, il a cette préparation-là pour les débats. Il va essayer de ne pas s'énerver.
Voilà, ça, c'est sûr. Il y a une phrase qui a retenu notre attention dans une interview qu'Alain Juppé a accordée à Paris Match. Il dit, j'ignore, au sujet de 2017, j'ignore s'il faudra un gouvernement d'union nationale, mais je sais qu'un très large rassemblement sera nécessaire. Mathieu Croissando, là, encore une fois, on voit cette image de grand rassembleur qu'il veut donner et de travailler avec le centre. On voyait François Bayrou il y a quelques instants. Alors, c'est son positionnement politique actuel, qu'on le disait tout à l'heure. Nicolas Sarkozy lui mène une campagne de premier tour.
Il veut draguer absolument son camp, alors qu'Alain Juppé s'inscrit plutôt dans une bataille de second tour de rassemblement. Donc, ça tient à son positionnement.
Ça tient aussi au fait que c'est une élection particulière, dans une année particulière, puisque il faut rappeler que le Front National est quand même le premier parti de France entre guillemets dans les enquêtes, qu'un second tour face au Front National, si c'est ça qui se dessine, nécessitera sans doute de la part de celui ou celle, enfin, celui qui battra Marine Le Pen de se comporter différemment de ce qu'avait fait Jacques Chirac en 2002, qui avait été élu, souvenez-vous, avec 85% des voix et qui avait fait un gouvernement de droite pour mener une politique de droite. Je pense qu'aujourd'hui, il y a une telle crise démocratique, une telle crise de la représentation politique.
On le voit bien en plus avec un casting de gens qui sont là dans le paysage depuis des années. On parle de Bayrou, on parle de Juppé, on parle de Sarkozy, c'est des gens qui sont là depuis très très longtemps que si jamais ils ne tenaient pas compte de cette à la fois nécessité et demande de renouvellement et puis de cette nécessité et demande d'Union Nationale en cas de péril démocratique, c'est-à-dire du Front National, je pense qu'il ferait l'appui.
Et avant de passer aux questions SMS et Internet, et les affaires, et sa condamnation plus précisément, vous avez vu cette phrase d'Emmanuel Macron cette semaine durant son fameux meeting, je ne sais pas si vous avez entendu cette phrase, comment peut-on imaginer sérieusement commander la destinée du pays quand sa probité personnelle est en cause ? Emmanuel Macron, là, il ne citait pas Alain Juppé, mais on a bien compris qu'il parlait de lui, Alain Cabana, ça va devenir un sujet dans la campagne ou pas du tout ?
Écoutez, en tout cas, ce qu'on voit, c'est qu'Emmanuel Macron fait maintenant de la politique comme tout le monde, c'est-à-dire que lui qui avait jusqu'à présent pris les choses par le haut, ni droite ni gauche, au-dessus de tout le monde, finalement, il attaque, il mord les mollets comme tout le monde et même, il mord les mollets d'un homme comme Alain Juppé sur un item sur lequel personne n'avait encore osé lui mordre les mollets, c'est-à-dire la probité. Alors, vous savez ce que répond Alain Juppé et les Juppéistes, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel et que même les attendus du jugement l'ont spécifié.
Et les Sarkozystes vous font remarquer, à l'inverse, que la condamnation d'Alain Juppé, au fond, est malgré tout un manquement à la probité, que le mot probité figure dans les attendus du jugement. Vous voyez ?
C'est un thème sensible pour les Sarkozystes aussi, de toute façon.
Oui, c'est pour ça qu'ils ne vont pas aller très loin. Mais pour Alain Juppé, c'est un thème très, très, très sensible. Il est à vif sur ce sujet. Oui. C'est la chose la plus dure qu'il considère lui être arrivé, Alain Juppé. Il a une blessure encore là-dessus.
Qui n'est pas cicatrisée.
Non, il ne faut pas trop le chauffer là-dessus. Ça, je peux vous jurer, vous le trouverez si vous y allez trop fort sur cette thématique-là.
Alors, Karl Mayeus, ils vont y aller sur ce sujet ? Parce que là, c'est Macron. Mais est-ce que Fillon, Copé, et les autres,
peuvent y aller ? À mon avis, ils contre-centreront plus leur cible sur Sarkozy. Sur ce thème-là ? Sur ce thème-là. Après que la gauche, le Parti Socialiste, cible Alain Juppé sur ce thème-là, je n'ai aucun doute là-dessus. Ou l'extrême droite, ou l'extrême gauche. Pendant la présidentielle, ça sera un sujet. Voilà, pendant la présidentielle, ça sera un point sur lequel ils attaqueront.
Voici maintenant vos questions SMS et Internet. Allons-y. Jérôme Sainte-Marie, Nicolas Sarkozy, peut-il encore espérer remonter dans les sondages ?
Par principe, oui. D'ailleurs, on parle depuis quelques temps un petit peu comme si effectivement les jeux étaient faits. Non, bien sûr que non. L'écart, pour l'instant, au premier tour de l'ordre de 4 ou 5 points et au second tour de 10 points, c'est quand même considérable. Ce qui joue plutôt contre cette espérance sarkoziste, c'est le seul exemple dont nous disposons d'une primaire. C'est la primaire à gauche. J'ai vérifié d'ailleurs, juste avant de venir vous voir. Eh bien, je prie tous les sondages, si vous voulez, en 2011, donc, après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Eh bien, on se rend compte que le résultat final correspond pratiquement au premier sondage.
Il y a deux sondages, pour être précis.
Vous avez raison, même en 2006, qui était un scrutin beaucoup plus fermé au Parti Socialiste, tous les sondages de Nécee-Golène Royal gagnantes avec 60%. Donc, vous nous dites que le sondage de début octobre,
les deux exemples, parce qu'il y en a effectivement deux, même si ce n'est pas la nature de primaire, c'est-à-dire un peu plus ouvert ensuite, eh bien, on n'a été que l'enregistrement, si vous voulez, des sondages précédents.
Plus précis encore, la question suivante. Regardez, si Juppé arrive en tête le 20 novembre, Karl Mayhus, la victoire peut-elle lui échapper ?
Ça dépend de l'écart. Il y aura avec Nicolas Sarkozy. Mais a priori, il peut compter sur les reports d'un certain nombre d'électeurs qui seraient reportés sur François Fillon, comme on a dit, peut-être Bruno Le Maire, mais surtout sur un apport de nouveaux électeurs. Ce qui est important aussi, c'est qu'en 2011, il y avait eu plus d'électeurs entre le premier et le second tour de la primaire socialiste. 200 000 de plus. 200 000 de plus. Et, mais en plus, parmi le socle d'électeurs du second tour, il y en a qui venaient pour la première fois. Donc, ça peut se passer de la même façon le 27 novembre. Et le second tour, ça va être complètement différent.
On sera avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, a priori, si les sondages sont justes. Et à ce moment-là, le risque, c'est que ça soit un tout sauf Sarkozy. Et donc, mobiliser tout cet électoral-là. Question suivante.
Si Juppé remporte la primaire, Sarkozy le soutiendra-t-il vraiment ou se contentera-t-il de s'effacer autant qu'il en est capable ? C'est la phrase, c'est la question telle qu'elle est posée. Écoutez,
elle est joliment libellée, mais on a vu avec Nicolas Sarkozy qu'au fond, un des plus beaux discours qu'il ait prononcé, c'est quand il a perdu face à François, son discours de défaite, de presque retrait de la vie politique. Donc moi, je pense qu'on peut parier que si Nicolas Sarkozy perdait face à Alain Juppé, il ferait un très beau discours et il le soutiendrait. Alors ça ne veut pas dire qu'ensuite, il ne se retirerait pas de la vie politique, mais il y aura un soutien, je pense.
Juste là encore, tout dépend du score. Avec vérité. Parce que Nicolas Sarkozy, en commençant à dire que le scrutin sera truqué peut-être par les reports des voix de gauche, s'ouvre aussi toutes les portes possibles. Donc s'il est en cas de ce corps très serré. Alors, question suivante, justement au sujet de Nicolas Sarkozy, n'a-t-il pas fait une nouvelle erreur en mettant encore la barre à droite toute ? Mathieu Croissandeau. Il a cherché à mobiliser son camp d'une façon la plus traditionnelle pour lui, Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire d'essayer de refaire le coup de 2007 où il avait été chassé de façon gagnante à l'époque sur les terres du Front National.
Moi, je pense que c'est une erreur absolue parce qu'aujourd'hui, le Front National prend à revers la droite classique sur des thématiques beaucoup plus sociales. Il n'y a plus besoin de parler d'identité ou d'immigration quand on est au Front National parce que c'est implicite et explicite à la fois. C'est-à-dire, c'est tellement marqué dans le cœur du parti qu'ils ne font même plus campagne là-dessus et eux, au contraire, essayent d'élargir leur audience en allant chasser sur les terres de la droite. Donc je pense que Nicolas Sarkozy a fait une erreur.
Ça lui a permis d'exister, ça lui a permis de créer le débat, mais ça ne permet pas de rassembler parce que ce sont des sujets trop clients, y compris dans son électorat. Jérôme Sainte-Marie, le vote des retraités est-il acquis à Alain Juppé ? Alors, est-ce que c'est en lien avec l'âge
du maire de Bordeaux ? J'ai préparé une fiche mais je ne m'en souviens plus. Oui, effectivement, en tout cas, le résultat est massivement plus favorable à Alain Juppé qu'à Nicolas Sarkozy. Ça ne tient pas à l'âge, ça tient simplement qu'Alain Juppé projette une image d'une part de modération et surtout de bonne gestion. Et enfin, Alain Juppé a un avantage terrible dans cet électorat-là. C'est la réforme des retraites de 1995. C'est-à-dire, les retraités souhaitent que ceux qui sont encore actifs travaillent le plus longtemps possible pour payer leur retraite. C'est aussi bête que ça. Ce n'est pas la lutte des classes, c'est la lutte des âges. Ça existe.
Karl Méhus, nous vivons une époque troublée.
Alain Juppé est-il celui qui rassure ? Oui, en tout cas, c'est comme ça qu'une partie de l'électorat le voit et c'est comme ça qu'Alain Juppé fait sa différence par rapport à Nicolas Sarkozy mais aussi à François Hollande. On a dit qu'il est beaucoup dans l'anti-Sarkozy mais au fond, il est le refuge aussi de tous ceux qui ont été déçus par Hollande. Peut-être pas forcément uniquement par l'absence de résultats mais pas aussi par rapport au comportement, au président normal et au fond, des gens qui n'ont pas incarné la fonction. Alain Juppé, il a cette image d'homme d'État, de chef d'État.
C'est lié au fait qu'un peu sa raideur, le fait qu'il a été Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et il a cette image-là. Juppé peut-il être
le candidat des profondes réformes attendues par les Français ou est-il seulement le candidat le moins clivant ? Anna Cabana.
En fait, il est les deux. Il est clairement le candidat le moins clivant jusqu'à ce qu'il se retrouve face à la gauche ou François Hollande ou un autre qui vont réactiver ces clivages. En revanche, à la fois, il a été traumatisé par 95 et en même temps, il doit prendre sa revanche sur 95. Donc, ceux qui disent que 95 va le paralyser ne font pas la lecture jusqu'au bout. Juppé dit qu'il aura besoin de prouver qu'il est le plus grand réformiste et qu'il se donne 5 ans pour le faire et qu'il veut laisser une trace dans l'histoire. Donc, il fera tout ce qu'il peut pour être un grand réformateur. Ça, c'est sûr.
Pourquoi Alain Juppé et ses équipes ne mettent-ils pas plus en avant la gestion de la ville de Bordeaux ? Mathieu Croissando. Parce qu'ils le font quand même. Ils le font pas mal, oui. Alain Juppé hier a cessé de parler de Bordeaux à peu près toutes les 3 minutes. Il disait « Si, vous venez me voir à Bordeaux et demandez à Bordeaux et je vous présenterai mon équipe à Bordeaux. » Non, il le fait quand même. Il a des bonnes raisons de le faire. Il a des bonnes raisons de le faire parce qu'il a été réélu comme il l'a souligné d'ailleurs à Bordeaux avec des jolis scores notamment la dernière fois. Mais c'est pas ça qui fait gagner une élection.
Souvenez-vous, Ségolène Royal montrait son poids tout charante toutes les 2 minutes et il n'a pas souligné pour autant.
C'est surtout que Bordeaux n'est pas la France. La métropole bordelaise vit sur un modèle capitaliste très particulier qui profite totalement évidemment des exportations. Et quand effectivement Alain Juppé dénonce toute idée de protectionnisme, il parle peut-être comme éventuellement futur président mais certainement
comme maire de Bordeaux. Dans quel autre pays un citoyen condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité pourrait-il devenir ? Président Jérôme Sainte-Marie.
Vous savez, je pense que pour les questions des affaires, etc., les éléments nouveaux au dossier ne sont pas si importants que ça. L'opinion, si vous voulez, n'est pas aussi sensible à ces sujets je pense qu'on ne le croit. Puis de ce point de vue-là, vous savez, il y a des pierres noires dans un peu tous les jardins. Sarkozy a tout mis sur la table dès le départ.
Que lui reste-t-il comme possibilité pour rebondir ? Karl Meus.
20h ce soir, JT de France 2, il va faire des annonces. le meeting du Zénith dimanche. C'est un mois et demi de campagne. Il y a un mois et demi de campagne. Tout peut arriver. Surtout, est-ce que les gens qui disent aujourd'hui qu'ils vont voter vont vraiment venir le 20 et le 27 ? C'est ça l'enjeu. Nicolas Sarkozy, il a son matelas de militants, de sympathisants sûrs d'aller voter.
Donc le suspense continue. Merci beaucoup à tous les quatre. Merci à l'équipe qui a préparé cette émission dans un instant. C'est à vous avec Anne-Sophie Lapique. Ce soir, la redif est à 22h45 et on se retrouve demain à 17h45 en direct car vous le savez, désormais, c'est dans l'air, est ouvert le samedi. Très bonne soirée sur France 5.
Alain Juppé