Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 juillet 2025 21 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsTravail & emploiÉconomie & entreprisesRetraites

Budget 2026 : "Il faut que les efforts soient partagés et ce n'est absolument pas le cas", affirme Marylise Léon

Au micro : Simon Le BaronSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse partielle

    Comment le monde du travail accueille-t-il les efforts demandés par François Bayrou ?

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il existe une voie pour un budget acceptable par les forces politiques et les syndicats ?

  • 2:08OuverteRéponse partielle

    Le Premier ministre vous a-t-il dit comment les discussions allaient se dérouler ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Utilisez l'arme de la grève générale pour faire bouger les choses ?

  • 6:02FerméeRéponse directe

    Une réforme de l'assurance chômage, c'est non ?

  • 6:24OuverteRéponse directe

    Craignez-vous un nouvel assouplissement du droit du travail ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:29Invité politiqueChiffre
    « Il y a un déficit de 40 milliards. Mais il y a 300 milliards de recettes qu'on ne va pas chercher. »
  • 3:35Invité politiqueChiffre
    « Il y a 211 milliards d'aides aux entreprises. »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « La flat tax, ça rapporterait 10 milliards. »
  • 12:32PrésentateurFait
    « 2 000 euros, c'est trop faible. Il faut aller au-delà. »
  • 16:30PrésentateurFait
    « C'est largement insuffisant. »
  • 17:10PrésentateurFait
    « Le meilleur des régimes de retraite, c'est le régime qui n'a pas d'âge légal. »
  • 18:24PrésentateurFait
    « C'est en dessous de la réalité. »
  • 19:04InvitéChiffre
    « L'INSEE anticipe une remontée du taux de chômage à 7,7 à la fin de l'année. »
  • 19:42PrésentateurFait
    « La réalité est bien plus grave et qu'ils ne peuvent pas continuer de nous expliquer qu'il faut libéraliser encore plus les droits du travail. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Invité22 %
  • Invité politique6 %

5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Simon Le Baron, le 6-9.

0:06
Invité

Comment le monde du travail accueille-t-il les efforts, les sacrifices demandés par François Bayrou ? Nous parlions hier avec nos invités du bras de fer politique qui commence. Voyons ce matin comment les syndicats, en tout cas le premier d'entre eux, comptent peser d'ici à l'examen de ce budget. Marie-Liseon, bonjour.

0:22
Invité politique

Bonjour.

0:23
Invité

Secrétaire générale de la CFDT, auditeur de France Inter. Vous dialoguez avec nous au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Aussitôt ces annonces faites avant-hier, Marie-Lise Léon, la CFDT, a dénoncé une vision paresseuse, passéiste, qui ne répond en rien à la gravité de la situation budgétaire. Et vous allez nous expliquer pourquoi. Mais il reste trois mois pour amender ce plan, puisque François Bayrou affirme y être ouvert. Est-ce que vous pensez qu'il existe une voie, un chemin pour qu'un budget acceptable par les forces politiques et par les syndicats soit voté ?

0:54
Présentateur

Moi j'espère qu'il y a une voie de passage, parce que c'est important que ce soit accepté par les formations politiques, des organisations syndicales, mais c'est surtout que le monde du travail ne peut pas accepter le budget tel qu'il a été présenté. Alors, c'est une mise de jeu, il va y avoir des discussions, mais pour la CFDT, ce qui est vraiment important de souligner, c'est qu'un, il y a une situation budgétaire qui est inquiétante et je ne veux pas qu'on nous fasse de procès en irresponsabilité. Sur le constat, vous le rejoignez.

On est tout à fait lucide sur le fait que la situation, elle est grave, qu'il y a besoin d'avoir un budget particulier, qui permette de répondre à des mesures d'urgence à la situation immédiate, mais aussi de pouvoir se projeter. Et ce que l'on regrette, c'est qu'il y a des coupes extrêmement lourdes sur les enjeux de transition écologique. Donc, on voit que sur la façon dont on peut se projeter, on va avoir des difficultés, des baisses d'investissement qui peuvent compromettre l'avenir. Et quand on parle aujourd'hui de difficultés en termes d'emploi, en termes de politique industrielle, on ne peut pas faire sans des investissements en matière de transition écologique.

Donc ça, c'est déjà un sujet. Sur les questions sociales, on a besoin de réponses extrêmement concrètes, mais qu'elles soient justes.

2:04
Invité

Justement, les réponses, on va venir dans le détail après, aux mesures annoncées. Sur les réponses, est-ce que le Premier ministre vous a dit comment ça allait se passer dans les semaines, les mois à venir ?

2:13
Présentateur

Alors, à ce stade, on n'a pas eu d'échange.

2:14
Invité

Le dialogue n'a pas de cadre pour l'instant.

2:16
Présentateur

On n'a pas de cadre pour le moment. On avait demandé, nous, une conférence des finances publiques qui s'est plutôt résumée en amont, qui s'est résumée à une conférence de presse. Donc, on n'est pas, nous, du tout satisfait du cadre dans lequel les discussions ont pu se faire. Et donc, on va prendre notre bâton de pèlerin et on fera le travail pour défendre et combattre ce qui est aujourd'hui dans un plan, une proposition qui doit évoluer de toute façon. Parce que, je le répète, le monde du travail ne peut pas admettre des mesures profondément injustes et des efforts absolument pas partagés entre, notamment, les entreprises et les salariés, ni les fonctionnaires d'ailleurs.

Parce que, quand on explique qu'il ne faut pas remplacer un fonctionnaire sur trois qui part en retraite, c'est quand même sous-entendre qu'il y en a un sur trois qui ne sert à rien. Et je trouve que c'est extrêmement violent pour les agents des fonctions publiques et les contractuels.

3:08
Invité

On va déjà prendre un premier auditeur au standard de France Inter. Marie-Lise Léon-Marc, bonjour.

3:11
Invité politique

Oui, bonjour. Merci beaucoup de prendre ma question. Alors, j'enchaîne directement sur ce que vient de dire Mme Léon. En fait, ça fait quand même maintenant pas mal d'années qu'on s'aperçoit qu'on n'arrive pas à faire passer des idées de gauche dans ce pays, mais des idées vraiment de gauche. Parce que l'histoire, effectivement, il y a un déficit de 40 milliards. Mais il y a 300 milliards de recettes qu'on ne va pas chercher. Il y a 211 milliards d'aides aux entreprises. Il y a la flat tax, ça rapporterait 10 milliards. Le taxe Zuckman, ça rapporterait 20 milliards. Donc, il n'y a pas de problème. Il y a simplement une volonté politique de chercher l'argent là où il y en a.

Et ça, on n'en parle jamais. On passe notre temps à parler du budget. Oui, alors le deux jours fériés, machin. Mais on se fait enfermer dans les macroneries par toute cette clique d'incapables. Et on ne pose jamais les bonnes questions. Et pardon, je vous adore... Ça, c'est votre analyse. Oui, c'est mon analyse. Alors, ma question, elle est simple. C'est qu'aujourd'hui, vous avez une arme atomique entre les mains qui est la grève générale. Donc, utilisez cette arme de la grève générale. Parce qu'il n'y a que ça qui peut potentiellement faire bouger le glacis dans lequel on est enfermé. Donc, par pitié, utilisez cette arme, madame Rion. N'hésitez pas.

4:21
Invité

Merci pour cette question précise. Marc, grève générale. En tout cas, mobilisation à la rentrée, dit déjà la CGT de votre homologue Sophie Dillet.

4:27
Présentateur

La question de l'arme nucléaire, il y a effectivement un bouton rouge où on peut appuyer, déclencher, on peut le déclencher. Ça n'existe pas pour la grève générale. Et donc, moi, je manie ces outils avec prudence. Et là, c'est le temps de la discussion. On va ouvrir des espaces de discussion et de dialogue pour se dire comment on peut peser et comment on peut faire reculer un certain nombre de mesures. On n'en est pas encore. Donc, à l'appel à la mobilisation, l'entrée par la CGT. Et c'est à la fin de l'été, fin août, début septembre, la mobilisation de la CGT, elle n'est pas du tout exclue. Elle n'est absolument pas exclue. Ça fait partie du panel de la possibilité d'action.

Après, je rejoins sur ce que dit Marc. Ce n'est pas forcément une question d'avoir des idées de gauche ou de droite. La situation budgétaire, elle est aujourd'hui expliquée largement par le déficit de recettes. On n'a pas de problème forcément de dépenses, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas regarder, mais on a un vrai déficit de recettes. Et quand j'entends François Bayrou nous expliquer qu'il faut encore réformer l'assurance chômage parce que c'est un frein à l'emploi, c'est un jour sans fin. J'ai l'impression de me réveiller en 2017 quand on nous a expliqué qu'il y avait un problème d'emploi à cause de l'assurance chômage. Il y a eu cinq ou six réformes de l'assurance chômage.

L'État s'est permis de ponctionner 12 milliards d'euros dans le régime et il nous explique que maintenant, il est trop endetté. Donc je pense qu'il y a aujourd'hui le retour vers l'emploi ou pas ? Non, un retour vers l'emploi pour certains et pour ceux qui ont retrouvé un emploi, un emploi plus précaire. Donc on est sur un appauvrissement des travailleurs et on a vu les récentes études sur l'explosion de la pauvreté.

6:02
Invité

Donc vous dites encore une réforme de l'assurance chômage, c'est non ?

6:05
Présentateur

C'est non, parce qu'en fait c'est construire un monde du travail dont on ne veut pas à la CFDT. C'est plus de précarité et c'est une pression sur les demandeurs d'emploi qui cherchent du boulot, qui cherchent véritablement du boulot. Donc ce n'est pas notre vision du monde du travail.

6:20
Invité

En parallèle, il y aurait des négociations, dit François Bayrou, sur le droit du travail. Vous craignez un nouvel assouplissement ou vous pouvez parler aussi des conditions de travail ? Ça c'est un serpent de mer. Améliorer les conditions de travail.

6:30
Présentateur

Là on se réveille comme si on était en juillet 2017, où on lui explique qu'aujourd'hui, si on ne crée pas d'emploi, c'est parce qu'on ne peut pas suffisamment facilement licencier. On sait que ça ne marche pas. Donc moi j'attends des responsables politiques. Un, quand ils affirment des choses que ce soit vrai. Quand on nous dit que les Français travaillent moins que les Européens, c'est faux. Je pense que c'est aussi important d'avoir ce temps-là de discussion

6:57
Invité

et un débat public qui soit réellement factuel. Ce constat, la France est moins productive, il faut travailler plus.

7:04
Présentateur

Il faut travailler tous, il faut travailler mieux, c'est ça que nous disent. Parce que quand le Premier ministre nous dit qu'il faut réenchanter le travail, vous pensez vraiment que vous allez réenchanter le travail en expliquant à les travailleurs et les travailleuses essentielles qu'on a applaudi, on a dit qu'ils étaient formidables pendant le Covid, qu'ils nous avaient sauvés, ils attendent toujours la reconnaissance. Pour ces personnes, travailler deux jours de plus, gratos, c'est deux jours de moins de repos. Oui, ça revient au même, ou alors on dit que c'est une baisse de salaire.

Ces personnes-là, moi quand je les rencontre qui sont agents de sécurité, hôtesse de caisse, auxiliaires de vie, ce qu'ils me disent, mais Marie-Lise, moi les jours fériés, ce n'est pas des temps de repos, c'est des temps de répit. J'ai des conditions de travail difficiles, je ne suis pas en capacité de travailler plus et je refuse de travailler ces deux jours fériés. C'est ça la réalité du travail.

7:54
Invité

Les études qui montrent que les Français travaillent moins que leurs voisins européens, vous dites le mode de calcul est téronné ?

8:00
Présentateur

Le mode de calcul est téronné parce que quand la ministre des Comptes publics affirme qu'on travaille moins, c'est qu'elle prend l'ensemble de la population, y compris les enfants, les retraités. Comme on a une dynamique de natalité qui est plus importante, ça fausse les comparaisons. Globalement, en termes de population active, nous travaillons plus que les Allemands. Voilà, ça c'est un fait, donc j'attends aussi des responsables politiques qui ne racontent pas n'importe quoi.

8:24
Invité

Sauf qu'il faut les trouver, les milliards, vous l'avez dit, vous êtes d'accord avec le constat.

8:28
Présentateur

Avec des recettes supplémentaires, c'est exactement ce que... On les trouve, les recettes, alors ce que disait Marc Paris,

8:32
Invité

la fameuse taxe Zuckmann qui est dans le débat, dont le gouvernement ne veut pas entendre parler, sur les très très riches.

8:39
Présentateur

Ça c'est un dispositif qui nous semble... Vous la soutenez ? Oui, on la soutient parce que je pense que c'est juste fiscalement de se dire que tous ceux qui peuvent contribuer plus puissent le faire pour soutenir l'économie française. Je pense que c'est...

8:53
Invité

François Bayrou a parlé d'une contribution sur les plus hauts revenus. Ça va dans le bon sens.

8:58
Présentateur

Mais aussi, et là, l'idée, elle est vraiment... Je pense qu'on a besoin, et ça fait des années que la CFDT le dit, il y a besoin de toute façon d'une remise à plat fiscale, de la fiscalité, de façon générale. Aujourd'hui, on a bricolé... Depuis 2012, la CFDT le demande. Donc aujourd'hui, on est plus de dix ans après. On a bricolé des choses à gauche, à droite, pour pouvoir essayer de faire en sorte que le système soit maintenu. Ça ne fonctionne pas. Et en plus, ce qu'on constate, c'est qu'on a un recul du consentement à l'impôt. Et ça, pour notre cohésion sociale, c'est extrêmement dangereux. Donc je pense qu'il faut tout remettre à plat. Nous, on a des propositions très concrètes.

Réformons les droits de succession, par exemple. Allons vers plus de progressivité. La taxe du Kutman, je pense que c'est effectivement une bonne chose, puisque, en résumé, on fait contribuer à peu près 1 800 contribuables qui ont des patrimoines au-delà de 100 millions d'euros. Et on leur impose un minimum de contributions à la solidarité nationale.

9:56
Invité

C'est une taxe qui rapporterait dans les estimations hautes, autour de 20 milliards. 20 milliards, oui.

10:02
Présentateur

Et ça, je pense que...

10:03
Invité

C'est la moitié de ce plan, quasiment.

10:04
Présentateur

Parce que c'est la moitié du plan. Et je pense que ce qui ne doit pas sous-estimer le gouvernement, c'est la question de l'acceptabilité des citoyens et des travailleurs d'une situation qu'ils comprennent parfaitement, qui est exceptionnelle. Mais il faut que les efforts soient partagés. Et aujourd'hui, c'est absolument pas le cas.

10:23
Invité

Donc ce n'est pas équitable. Les plus riches ne payent pas assez. Malgré donc, encore une fois, cette contribution qui est promise, qui est floue pour l'instant, mais sur les plus hauts revenus, a priori, ce serait assez similaire, d'après ce que nous disait Marc Fénault hier, à la contribution exceptionnelle de l'année dernière, donc pour les ménages, au-dessus de 250 000 euros. Il faut faire payer davantage les entreprises aussi ?

10:42
Présentateur

Les entreprises, je pense que, notamment celles qui ne jouent pas le jeu, ça a été évoqué, il y a 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises, que ce soit des aides directes ou des exonérations de cotisations. Aujourd'hui, elles bénéficient d'un certain nombre d'aides dont elles ne se sentent absolument pas comptables vis-à-vis de l'État. Et je pense que c'est un problème démocratique. Aujourd'hui, il n'y a pas d'évaluation suffisante. Et puis, il y a des entreprises qui, notamment via le crédit d'impôt recherche, donc François Bayrou, un des membres du gouvernement, a tout de suite fermé la porte en disant « on ne va pas réformer le crédit d'impôt recherche ».

On sait qu'il y a des entreprises qui en bénéficient, qui ne développent pas de recherche en France. Donc, ce coup de main, ce soutien à la recherche, on voit bien qu'il est mal évalué et qu'il ne produit pas les effets attendus. Moi, je considère qu'aujourd'hui, les entreprises, non pas qu'elles ne doivent plus être aidées, mais elles doivent rendre des comptes, elles aussi. Ce qui est insuffisamment fait. Et je pense qu'aujourd'hui, on a 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises qui doivent être beaucoup mieux évaluées et des entreprises qui doivent être beaucoup plus contraintes à rendre ces comptes et expliquer ce qu'elles font de cet argent public.

11:48
Invité

Est-ce que ça veut dire pour autant que les travailleurs, les retraités, par exemple, ne doivent pas contribuer à l'avantage ? Vous êtes d'accord, par exemple, sur l'abattement fiscal pour frais professionnels ? François Ballon a dit que ça justifie les frais professionnels

12:02
Présentateur

pour les retraités 10%. Parce qu'il y a quand même aussi le sujet des retraites sur lesquelles on a beaucoup travaillé depuis quelques mois. Donc, nous, la piste de la contribution, une contribution équilibrée pour un retour à l'équilibre du régime de base à horizon 2030, c'est 6,5 milliards d'euros qu'on nous a demandé de trouver. Et on avait effectivement regardé un certain nombre de pistes, notamment sur la CSG retraitée. La question de cet abattement, il se regarde. Alors, il est question de le supprimer, de le remplacer par un forfait. Je pense que 2 000 euros, c'est trop faible. Il faut aller au-delà, mais ça peut faire partie des pistes.

12:39
Invité

Un forfait plus important pour que davantage de retraités soient épargnés par ces impôts.

12:44
Présentateur

Soient épargnés, notamment ceux qui ont le moins de moyens. Je pense que nous, notre boussole, c'est vraiment faire plus contribuer ceux qui le peuvent.

12:54
Invité

La suppression d'un certain nombre de niches fiscales, promis aussi par François Bayrou, est-ce qu'il y en a sur lesquelles vous dites d'accord ?

13:01
Présentateur

Il y en a une sur laquelle on dit oui, regardons de près, c'est le crédit d'impôt recherche. C'est la première dont on nous a dit, il ne faut surtout pas y toucher. Donc ça, ça fait partie des incohérences. En fait, il y a trop d'incohérences aujourd'hui dans le discours politique pour qu'on puisse se dire que c'est un plan qui pourra devenir équilibré. Et dans ces incohérences, il y a la question du rapport au travail. Moi, je réinsiste là-dessus. On ne peut pas avoir un discours d'un Premier ministre qui nous explique qu'il faut réenchaîner le travail, en expliquant qu'il faut travailler plus gratuitement, ou que sous-entendre qu'il y a un fonctionnaire sur trois qui ne sert à rien.

13:38
Invité

C'est une mesure qui est passée un peu, ou en tout cas une proposition pour l'instant qui est passée un peu inaperçue dans cette conférence de presse il y a deux jours, évoquée par la ministre du Travail. La monétisation de la cinquième semaine de congés payés.

13:50
Présentateur

Ça, ça fait partie du musée des horreurs qui a été ouvert au moment de la présentation de ce qui pourrait être fait sur le droit du travail.

13:59
Invité

Pourquoi pas sur la base du volontariat ?

14:00
Présentateur

Non, mais en fait, quand on accorde du temps aux travailleurs, c'est pour qu'ils prennent du temps. Et s'il y a un problème de pouvoir d'achat, c'est-à-dire que si des salariés se disent j'ai besoin de plus d'argent, il faut regarder les enjeux de partage de la valeur et la question des rémunérations. Ce qui est un sujet qui avait été lancé en octobre 2023, déjà il y avait une conférence salariale qui n'a absolument rien produit. Donc je pense qu'il ne faut pas tout mélanger. Aujourd'hui, on a un enjeu, et le sujet numéro un, quand je vais rencontrer des salariés ou des agents, c'est vraiment la question effectivement du pouvoir d'achat.

Mais ce n'est pas aux salariés eux-mêmes de se payer un peu plus de marge de manœuvre pour boucler les fins de mois en rognant sur leur congé. La question, parce qu'après, on va nous expliquer qu'il faut aussi travailler sur les accidents de travail graves et mortels en expliquant qu'ils grimpent en flèche. Là, pour le coup, on est les plus mauvais élèves européens. Donc il faut de la cohérence. Et ce n'est pas en monétisant la cinquième semaine de congé qu'on fera en sorte que les personnes soient bien au travail et dans de bonnes conditions de travail.

15:02
Invité

Vous évoquiez le sujet des retraites, de cette réforme de 2023 qui a été discutée pendant 4 mois et demi. Ça s'est soldé par un échec. C'est ce que le Premier ministre avait appelé le fameux conclave sur les retraites. Vous aviez choisi de participer jusqu'au bout, contrairement à d'autres comme la CGT. Question sur l'application de Radio France de Salva, un peu sévère pour votre syndicat. Mais la CFDT, dit-elle, s'est faite enfumée dans le conclave. Va-t-elle se faire enfumer à nouveau avec le budget ?

15:28
Présentateur

Alors, moi, je ne partage pas cette vision. On pourra faire une blague sur la fumée dans un conclave, mais je ne pense pas que ce soit le sujet. Moi, j'ai défendu jusqu'au bout les droits des travailleurs et des travailleuses, notamment la question de la carrière des femmes. Et dans le budget, il y aura des mesures. Il y aura des mesures. Ça a été annoncé par le Premier ministre, donc on attend de voir, sur la pénibilité.

15:47
Invité

Il a ouvert la discussion.

15:50
Présentateur

Pénibilité et pension pour les femmes. Si la CFDT, elle n'avait pas défendu le morceau pendant 3 mois dans le conclave, j'aime autant vous dire que ça passait sous les radars. Donc moi, j'ai fait mon boulot de syndicaliste. C'est de défendre les droits des travailleurs et des travailleuses d'une réforme qui est profondément injuste. On est allé au bout. On n'a pas pu conclure, parce que le MEDEF, notamment, est resté totalement arc-bouté. Il ne voulait pas en entendre parler. Mais au moins, il y a des choses qui peuvent en sortir. C'est le patronat qui est le seul responsable de cet échec ? Vraiment ?

Un patronat qui nous dit, on ne touche pas à l'âge légal, on ne touche pas à la pénibilité, et on ne veut pas de contribution des entreprises.

16:25
Invité

Qui a fait une concession sur l'âge de départ à Tauplein, 66 et demi, ou l'autre 67 ?

16:29
Présentateur

Oui, pour le coup, c'est largement insuffisant. C'est largement insuffisant. Donc on a un vrai sujet, notamment de la façon dont les entreprises, elles se sentent concernées, et la façon dont elles sont prêtes à participer à l'effort. Je pense que c'est aussi ça la justice sociale. C'est avoir le sentiment que les efforts sont partagés.

16:46
Invité

La CFDT n'accepte toujours pas le report de l'âge à 64 ? Est-ce que ce n'est pas leurrer les salariés que vous défendez que d'affirmer qu'on pourrait revenir en arrière ?

16:56
Présentateur

Non, parce que c'est une mesure injuste, elle n'est pas plus juste aujourd'hui parce qu'il y a deux ans qui se sont écoulés. Et de toute façon, pour la CFDT, le meilleur des régimes de retraite, c'est le régime qui n'a pas d'âge légal. Donc c'est ça qu'il faut qu'on réussisse à travailler et à porter, parce qu'en fait, l'avenir du régime de retraite, c'est un régime à point, un régime à la carte, où chacun décide de l'âge auquel il peut partir en fonction de sa pension. Et je pense que c'est ça, ce dont ont besoin et ce qu'attendent véritablement les travailleurs.

17:29
Invité

Nous parlions tout à l'heure avec l'ancien commissaire européen Thierry Breton dans ce studio des menaces de Donald Trump. C'est une guerre commerciale avec l'Europe. Menace de droit de douane à 30% au 1er août. Ça inquiète particulièrement les salariés, les entreprises que vous disent vos adhérents ?

17:46
Présentateur

Oui, ça inquiète. Après, il y a des inquiétudes plus larges sur la question de l'emploi. Il n'y a pas que les différentes annonces intempestives d'un président des Etats-Unis qui inquiètent. Ça inquiète évidemment les secteurs qui sont directement concernés par les exportations et qui ont des relations avec les Etats-Unis. Dans la filière cognac, par exemple, c'est vrai que ça fait partie des inquiétudes. Mais de façon plus globale, il y a une inquiétude qui monte, notamment à la rentrée. Je pense qu'on sera beaucoup sollicité sur des annonces de fermeture d'entreprises ou des suppressions d'emplois.

18:18
Invité

La CGT dénombre 381 plans sociaux, donc plans de sauvegarde de l'emploi entre mai 2024 et mai 2025.

18:24
Présentateur

C'est en dessous de la réalité. En dessous de la réalité. Je pense que c'est en dessous de la réalité. Sachant qu'il y a plus de plans sociaux et il y a aussi des suppressions d'emplois sous les radars, parce qu'en fait, on n'est pas dans des mesures collectives. Et donc, c'est des suppressions d'emplois par 2, 3, 4 qui déstabilisent beaucoup de territoires. Donc, nous, on est extrêmement inquiets, notamment pour la filière auto. Et puis, j'étais la semaine dernière encore avec des collègues d'une verrerie, ça s'appelle Saveur Glace en Haute-France, qui sont extrêmement inquiets, parce qu'en fait, ils n'ont pas d'informations. Ils sont directement concernés par la filière cognac.

Et ça, ça fait partie de notre travail aussi de syndicalisme.

18:58
Invité

La filière cognac, particulièrement menacée par ses droits de douane.

19:01
Présentateur

Particulièrement menacée par les droits de douane, exactement.

19:03
Invité

L'INSEE anticipe une remontée du taux de chômage à 7,7 à la fin de l'année. Ce serait le plus haut niveau depuis 4 ans. Vous craignez qu'on reparte à la hausse après quelques années de baisse et de stabilisation ces derniers temps ?

19:15
Présentateur

Je le crains. Je crains qu'on soit sur une nouvelle hausse du chômage et ça rend d'autant plus impératif que le gouvernement change sa façon de raisonner et qu'il arrête de nous ressortir ces vieilles recettes de 2017 en nous expliquant que le chômage est rendu et est expliqué par une assurance chômage par exemple qui serait trop généreuse. Je pense que là, la réalité est bien plus grave et qu'ils ne peuvent pas continuer de nous expliquer qu'il faut libéraliser encore plus les droits du travail et encore faire une réforme de l'assurance chômage.

19:50
Invité

Et je reviens à ces discussions qui commencent ou vont commencer dans les semaines à venir avec le gouvernement jusqu'à l'examen du budget à l'automne. Qu'est-ce que vous dites aux partis politiques qui menacent déjà de censurer ? Est-ce qu'il y a un risque ?

20:06
Présentateur

Oui, il y a un risque. Après, moi, ce n'est pas mon domaine de savoir s'il faut censurer ou pas censurer. Ce qui est sûr, c'est qu'on est sur... La CFDC,

20:14
Invité

c'est le syndicat du compromis.

20:15
Présentateur

Oui, pour le coup, ça c'est sûr, mais dans le champ social, donc je me garderais bien d'aller sur le champ politique. Moi, je pense que ce qui est important, c'est de se dire qu'il y a la présentation des différents axes, c'est une mise de jeu qui est inacceptable et qu'il faut tout faire pour pouvoir faire bouger les lignes. En tout cas, nous, à notre échelle, c'est ce qu'on fera.

20:35
Invité

Merci beaucoup.

20:36
Présentateur

Merci à vous.

20:36
Invité

Marie-Lise Léon, secrétaire générale de la CFDT, invitée du Grand Entretien de France Inter ce matin.