Daniel Cohn-Bendit : "Emmanuel Macron doit trouver une forme de dialogue avec le pays"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous ressenti dimanche soir ? Soulagement ? Espoir ? Fierté ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Vous pensez qu'Emmanuel Macron doit faire l'équilibre en choisissant un Premier ministre plutôt de centre droit ?
- 2:10RelanceRéponse directe
N'est-ce pas le risque qui pèse sur lui aujourd'hui, d'être empêché, faute de majorité à l'Assemblée ou faute d'adhésion du pays à ses projets de réforme ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Y compris pour la réforme du droit du travail qui serait modifiée par ordonnance dès cet été ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Le cœur du projet peut faire en sorte que des accords d'entreprise majoritaires puissent déroger à des accords de branche ?
- 5:39OuverteRéponse directe
On pourrait garder le contenu du projet mais simplement respecter une procédure parlementaire classique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« Tout le monde savait que je soutenais la candidature d'Emmanuel Macron. »
- 0:34Invité politiqueFait
« Ils ont bien voté, ça a été clair, net, même si évidemment on peut toujours se poser la question sur les 11 millions qui ont voté et qui ont déposé leur bulletin pour Marine Le Pen. »
- 2:24Invité politiqueChiffre
« François Hollande avait une majorité qu'aucun président n'a jamais eue. Il avait l'Assemblée, majorité absolue, il avait le Sénat, il avait 14 régions sur 15. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Ces majorités, c'était des fake news. »
- 5:11Invité politiqueFait
« au Danemark, ça a boosté l'emploi et la protection. »
- 5:21Invité politiqueChiffre
« Vous prenez les pays scandinaves, où il y a 3%, je crois, de chômeurs ou 4 au Danemark. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Lui, par exemple, les lois Macron, il était contre le 49-3. »
- 8:19Invité politiqueFait
« Il a dit que sa conception de la présidence était jupitérienne. »
- 8:54Invité politiqueFait
« s'il va parler non seulement aux autres pays, non seulement à l'Allemagne, mais aux opinions publiques pour bouger l'Europe. »
Temps de parole
- Daniel Cohn-Bendit76 %
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Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.
Bonjour Daniel Kohn-Mendit. Bonjour Patrick Cohen. Comme vous êtes un jeune français ou un français récent, c'était votre première présidentielle en tant qu'électeur. Qu'avez-vous ressenti dimanche soir ? Soulagement ? Espoir ? Fierté ?
J'étais content. J'étais content. Tout le monde savait que je soutenais la candidature d'Emmanuel Macron. Et je trouve qu'en fin de compte, les gens, comme disent l'autre, ont bien voté. Ils ont bien voté, ça a été clair, net, même si évidemment on peut toujours se poser la question sur les 11 millions qui ont voté et qui ont déposé leur bulletin pour Marine Le Pen.
Il y a beaucoup d'interrogations qui traversent le pays, y compris pour ceux qui ont mis un bulletin Macron dans l'urne. Et beaucoup de français qui s'interrogent sur l'identité politique du nouveau président. On aura sans doute une indication à la fin de la semaine avec le choix du Premier ministre. Vous pensez, Daniel Cohn-Mendit, qu'il doit Emmanuel Macron, qu'il bourrait compenser, faire l'équilibre en choisissant un Premier ministre plutôt de centre droit ?
L'incertitude est liée au fait qu'il bouscule complètement le paysage politique en France. Et il bouscule les codes qu'on a de dire Patrick Cohen et je ne sais pas quoi, Bernard Greta est donc autre chose pour faire l'équilibre à France-Terre ou le contraire. Et que lui, il ne raisonne pas comme ça. Il ne raisonne pas comme ça. Et la tentative de dire, c'est pas, il n'est ni de gauche ni de droite et de gauche. Il est, il essaye de dépasser des clivages qui, pour lui et pour le mouvement maintenant qui s'est mis en marche, eh bien ne correspondent plus à la réalité politique d'aujourd'hui.
Voilà, donc le Premier ministre ne sera pas l'incarnation de ce qu'il est, mais l'incarnation, justement, devrait être du dépassement politique des vieilles structures.
Il y a dix jours sur France 2, on demandait à Emmanuel Macron de qualifier d'un mot François Hollande. Il avait répondu, empêcher, président empêcher. N'est-ce pas le risque qui pèse sur lui aujourd'hui, empêcher, faute de majorité à l'Assemblée ou faute d'adhésion du pays à ses projets de réforme ?
Oui, je crois que c'est vrai pour tout pays. Vous savez, l'histoire d'adhésion, François Hollande avait une majorité qu'aucun président n'a jamais eue. Il avait l'Assemblée, majorité absolue, il avait le Sénat, il avait 14 régions sur 15, je ne sais pas combien. Donc, vous ne pouvez pas faire mieux. Et il était empêché, pourquoi ? Parce que c'était fake. Ces majorités, c'était des fake news. Ce n'est pas vrai, il ne l'avait pas, puisqu'ils étaient tellement divisés à l'intérieur que ça ne voulait rien dire. Donc, il ne sera pas empêché si à l'Assemblée, il arrive sur ses conceptions de la politique et sur ses propositions à organiser une vraie majorité.
Il peut la gagner aux législatives et après on verra. Et le pays, c'est vrai qu'il doit trouver une forme de dialogue avec le pays pour expliquer, toujours réexpliquer, un peu sa méthode. Et je trouve que ceux qui veulent le comprendre et le connaître, qu'ils regardent l'heure qu'il a passée vendredi soir à Mediapart. C'était culturellement... C'est plus qu'une heure.
C'était plus qu'une heure. C'était presque deux heures.
Presque deux heures. Parce que là, on le voit. Ce n'est pas Mediapart, ce n'est pas des « ouais, on est tous en marche, yo-yo-yo-yo ». Ce n'est pas du tout ça. Eh bien, on voit comment il explique, il revient en arrière, etc. Et je trouve que c'est exactement cela qu'il doit faire maintenant, avec trouver une forme de communication. Ce n'est pas de la pédagogie, c'est de l'explication de ce qu'il veut faire, de ce qu'il fait.
Y compris pour le point qui provoque déjà le plus de mécontentement par avance, c'est-à-dire cette réforme du droit du travail qui serait modifiée par ordonnance dès cet été. Il y a deux choses.
La réforme du droit du travail, c'est évident, c'est le cœur de son projet. C'est comme si... Et c'est peut-être le cœur du problème de la France. De la France, pas seulement de son problème. Je reviens tout de suite là-dessus. Je veux dire simplement que c'est comme quand on lui a demandé « retire ça ». Mélenchon lui a demandé. C'est comme si Mélenchon était au deuxième tour et qu'En Marche et Macron demandaient à Mélenchon de retirer la sixième république. C'est le cœur de son projet. Donc, ça n'a aucun sens de lui demander ça.
Maintenant... Le cœur du projet, vraiment, peut faire en sorte que des accords d'entreprise majoritaires puissent déroger à des accords de branche ?
Non, le cœur du projet, pour lui, c'est comment, d'un côté, et ça il l'a dit, assurer une nouvelle flexibilité sur le marché du travail, avec, en contrepartie, en contrepartie, en contrepartie, une plus grande sécurité de protection sociale. C'est ça le cœur de son projet, de son idée. Alors, maintenant, on verra, mais c'est vrai que si vous prenez un pays comme le Danemark, et surtout ne vite pas que c'est un petit pays, donc ça n'a aucune valeur, eh bien, au Danemark, ça a boosté l'emploi et la protection. C'est vrai que ça a marché. Vous prenez les pays scandinaves, où il y a 3%, je crois, de chômeurs ou 4 au Danemark, et une production, une formation, etc.
Donc, c'est ça le cœur de son projet. Maintenant, sur la méthode, puisqu'il y a une incertitude, c'est vrai qu'il doit s'appliquer ce qu'il a toujours dit. Lui, par exemple, les lois Macron, il était contre le 49-3. Il voulait continuer à négocier. Il avait négocié une centaine d'heures et il voulait continuer. Donc, je crois que là, il va l'avoir, pour son gouvernement, une nécessaire réflexion, c'est comment, peut-être, le contenu, on défend une idée et sur la forme, on est prêt à s'adapter aux difficultés d'une société. Donc, je ne suis pas sûr, moi, qu'à la fin, ça se terminera par des ordonnances.
En même temps, il faut que le Parlement ait une réflexion sur la rapidité dans laquelle les débats se font. C'est-à-dire, si un Parlement veut enliser la chose, ça n'a pas de sens, mais passer outre le Parlement, ça n'a encore moins de sens.
Donc, on pourrait garder le contenu, le fond du projet, mais simplement respecter, être dans une procédure parlementaire classique.
Classique, mais modernisé. C'est-à-dire que tout le monde se prend une responsabilité. Tout le monde connaît. Vous pouvez faire des procédures qui enterrent quelque chose parce qu'elles sont infinies. Donc, c'est ça. La réflexion doit être aussi sur le fonctionnement de la démocratie. Par exemple, si moi, je crois qu'il faut arrêter l'ordre du jour du Parlement, ne doit plus être fait par, par exemple, le gouvernement. C'est une hérésie. Vous allez dans des démocraties et vous dites, c'est le gouvernement qui fait l'ordre du jour d'un Parlement. Il dit, ça ne va pas la tête, non.
Donc, il faut redonner son autonomie au Parlement et il faut que le Parlement se responsabilise dans sa manière de légiférer.
Encore un mot avant la revue de presse d'Hélène Jouan. Je vous entends vanter les qualités d'Emmanuel Macron, ses qualités de pédagogue encore à l'instant. Enfin, je demande qu'il les ait. Et je vous entends aussi depuis toujours vous insurger contre le mythe de l'homme providentiel. La classe politique a intégré cette névrose. Chaque présidentiable en est convaincu. La solution au problème du pays, c'est lui, parce qu'il aurait les couilles, parce qu'elle aurait les épaules. Tous les cinq ans, la présidentielle est devenue une sorte de championnat de France. De la politique, c'est extrait de « Et si on arrêtait les conneries ? » Signé Daniel Kohn-Main.
Juste, c'est pour ça que je défends la parlementarisation et je crois que dans son projet, quand il dit « Un président préside et le gouvernement gouverne », c'est vrai qu'il veut laisser son... Il parle beaucoup de l'autonomie. Il en parle pour les écoles, les établissements et aussi sa conception, c'est ce que j'ai compris, disons comme ça, de sa démocratie. Il a dit que sa conception de la présidence était jupitérienne. De la présidence, mais pas du fonctionnement de la démocratie. Encore, je vous renvoie, je vous renvoie. C'est ça, les Français veulent plus d'horizontalité et en même temps, déifier la verticalité. C'est la grande contradiction française.
Donc, il doit donner un sens à la politique étrangère. Ce qui est très important, c'est-à-dire le sujet, c'est le cœur de son projet, c'est aussi l'Europe. L'Europe, c'est le président qui doit aujourd'hui, s'il va parler non seulement aux autres pays, non seulement à l'Allemagne, mais aux opinions publiques pour bouger l'Europe. Ça, ça va être un travail jupitérien, herculien, de changer l'Europe. Donc, il doit laisser au gouvernement et donc au Parlement, le soin de faire la cambouille quotidienne importante des réformes sociales et politiques en France.
Manuel Valls qui annonce qu'il rejoint la majorité présidentielle et qui demande l'investiture majorité présidentielle La République En Marche pour les législatives. C'est important, Daniel Komnendit ?
Je ne sais pas comment ils s'arrangent tous les deux. C'est un peu compliqué, cette histoire. J'y comprends rien, j'avoue. Parce que je vais vous dire, s'il veut être candidat En Marche, voilà, il a juge jusqu'à jeudi pour poser sa candidature. Oui, c'est ce qu'on vient de lui rappeler. Mais non, mais c'est compliqué de dire tout le monde est à la même enseigne, sauf Manuel Valls, sauf machin, sauf machin. Donc, c'est compliqué, c'est compliqué. Mais dans ces cas-là, je trouve qu'un coup de téléphone, que ce soit iPhone ou un vieux, ça peut régler quand même des problèmes. Il faut arrêter de commencer comme ça les choses par un ridicule qui tue. Les deux côtés.
Le ridicule, c'est-à-dire d'annoncer les choses par radio interposée.
Oui, par radio interposée. Alors machin, Benjamin Griveaux est obligé sur Europe 1 de répondre. Il apprend ça. Il dit, écoutez, non, tout le monde doit faire ça, demander sa candidature. Bon, enfin, allez les enfants, téléphonez-vous les jeunes, les deux petits, les deux jeunes, et puis réglez le problème.
Il y en a un qui est un peu moins jeune que l'autre. Oui, mais ils sont tous plus jeunes que moi. Oui, et que nous. Daniel Codemen dit invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs d'Inter au 0145 24 7000. Et dans un instant, la revue de presse. Merci.
Daniel Cohn-Bendit