Nicolas Dupont-Aignan invité sur CNews (21 octobre 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04FerméeRéponse partielle
Dans le conflit SNCF qui continue, vous êtes du côté des grévistes ou des clients qui galèrent ?
- 2:07RelanceRéponse directe
Mais ça, ça fait des années que c'est comme ça.
- 2:15OuverteRéponse directe
Il y a l'inspection du travail d'Alsace aujourd'hui qui a donné raison aux cheminots en demandant que la conduite des trains ne se fasse pas avec un agent seul.
- 4:13OuverteRéponse directe
Et la réaction du gouvernement ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Ce énième camouflet infligé par le Parlement au Premier ministre britannique, puisque il y a eu de nouveau un refus de vote.
- 5:03OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire, ce feuilleton interminable, assez ridicule, franchement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueFait
« Est-ce que vous trouvez normal d'avoir supprimé tous les contrôleurs sur les trains ? »
- 2:41Invité politiqueFait
« Guillaume Pépy, vivement qu'il parte, d'ailleurs j'avais appelé à son départ depuis longtemps »
- 3:40Invité politiqueFait
« dans la rémunération des cadres et des dirigeants de la SNCF »
- 5:15Invité politiqueFait
« Les Français avaient voté en 2005, non, à la Constitution européenne. Et les parlementaires, je n'étais pas de ceux-là. J'étais justement pour appliquer la volonté du peuple. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Et on a un homme d'exception, Boris Johnson, qui veut tout simplement faire respecter la parole du peuple. »
- 7:19Invité politiqueFait
« Est-ce qu'on ne peut pas remettre du bon sens ? »
- 9:36Invité politiqueFait
« Il a raison. »
- 10:56Invité politiquePromesse
« moi je préfère qu'on reprenne la proposition de loi de Mme Kosciusko-Morizet, qui n'était pas de mon parti, sur l'interdiction du salafisme en France »
- 11:30Invité politiquePromesse
« j'avais proposé que tous les imams de France signent une charte de la laïcité avec le gouvernement français »
- 32:56Invité politiqueFait
« la Sécurité sociale, grâce à l'effort des Français, a été redressée, est désormais équilibrée. Et cette année, le gouvernement fait des dépenses sur le dos de la Sécurité sociale. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan48 %
- Locuteur 316 %
- Présentateur13 %
- Locuteur 411 %
- ?10 %
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Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes député de l'Essonne, président de Debout la France. Dans le conflit SNCF qui continue, vous êtes du côté des grévistes ou des clients qui galèrent ? Ni l'un ni l'autre.
Je trouve ahurissant
que dans notre pays,
pour
résoudre un problème grave de sécurité des trains, et dans les trains,
on
soit obligé de prendre en otage des dizaines de milliers d'usagers, de les faire souffrir inutilement. Et sur la forme, je condamne bien sûr la forme de ce mouvement,
mais
sur le fond, je trouve désastreux
qu
'il n
'y ait
pas eu les signaux d'alerte
à
l'intérieur de l'entreprise pour éviter cela. Et c'est un peu facile,
un
peu facile, de tirer uniquement sur les cheminots. Je veux dire par là que je demande aux cheminots d'avoir une autre façon de faire grève, et je propose, parce qu'il faut être dans la proposition, et je crois qu'il faudra une proposition de loi pour ça, qu'ils puissent faire grève en rendant gratuits les transports. Comme ça, ça rendrait service aux usagers, mais ils ne le peuvent pas,
parce qu'ils seraient astreints de
vraies
pénalités. Ça ne mettrait pas plus de
trains
sur
le rail ? Non, mais ça éviterait
le bazar. C'est-à-dire que le meilleur moyen de faire grève, ce serait le grand gratuit les transports, c'est-à-dire qu'on pourrait voyager gratuitement. Ce serait bien pour les usagers, et ça pénaliserait beaucoup la SNCF, qui, à ce moment-là, ne prendrait pas en otage les usagers. Bref. Donc c'est la culture de la grève dans cette entreprise qui vous dérange le
plus
? Ce qui me choque, ce
qui me choque,
écoutez, est-ce que vous trouvez normal d'avoir supprimé tous les contrôleurs sur les trains
?
Est-ce que vous trouvez normal qu'un train circule avec seulement le conducteur ? Moi, je suis riverain de la ligne D du RER. Là, ce n
'est
pas un problème de sécurité du train en lui-même, c'est un problème de sécurité dans le train. Une femme seule ne prend plus le train le soir. Est-ce qu'on peut laisser des trains circuler sans qu
'il
y ait un contrôleur en plus ? Il y a deux régions
qui
essayent, Haute-France et Aquitaine. Bravo. Car on ne peut pas déshumaniser tout à ce point. Et on arrive à des crispations insupportables pour notre pays qui donnent une image désastreuse.
Mais ça, ça fait des années que c'est comme ça.
On ne le découvre pas
avec ce conflit particulier. Non, ça
fait des
années que
M. Pépy... Pardon,
je vais vous interromper. Il y a l'inspection du travail d'Alsace aujourd'hui qui, d'une certaine façon, a donné raison aux cheminots en demandant que la conduite des trains ne se fasse pas avec un agent seul. Mais c'est une évidence. Et dans ce courrier, cette demande qu'elle envoie à la direction de
la
SNCV, elle dit que ça fait des années. Ça fait depuis 2016 que cette question est sur le tapis et n'a pas été entendue. C'est pourquoi je vous dis que c'est
la faute de la direction du patron Guillaume Pépy.
Je dis que sur la forme, je condamne la forme de la
grève,
mais sur le fond, Guillaume Pépy, vivement qu'il parte, d'ailleurs j'avais appelé à son départ depuis longtemps, car il a mené une politique profondément irresponsable, la course à la rentabilité permanente, à oublier l'homme, l'être humain, la sécurité. Et on pourrait faire autrement. Et la réaction d'ailleurs de Guillaume Pépy est scandaleuse à l'égard des agents qui demandent simplement de transporter en sécurité les Français. Et je pense que c'est quand même triste qu'ils soient obligés d'en arriver là
et
de faire souffrir de nombreux usagers pour cela. Donc il faut
sortir de cela. Et la réaction du gouvernement, on termine sur ce thème, parce
qu
'il y a beaucoup d'autres thèmes d'actu.
Excusez-moi, de la démagogie. Il
a
raison d'aller voir moi aussi, j'étais de côté des usagers. Mais en même temps, le rôle d'un gouvernement, c'est de prévenir, c'est de suivre ce qui se passe à la SNCF. En fait, vous savez... Mais c'est déjà une entreprise très déficitaire, donc on laisse
filer le déficit, c'est
pas grave.
Mais on peut peut-être gouverner autrement. Il y
a
peut-être d'autres emplois à supprimer dans les sièges administratifs, dans les dépenses de prestige de la SNCF, dans la rémunération des cadres et des dirigeants de la SNCF. Moi, j'ai vu évoluer la SNCF en 10 ans. Ce
culte
de l'autonomie absolue. Regardez les prix très chers pour les familles qui veulent voyager en France pendant les vacances scolaires. On a laissé à M. Pépi toutes les rênes.
On
a laissé tout faire et souvent n'importe quoi. Et on aboutit à une entreprise qui est cassée. Donc il faut recoller les morceaux.
Et
c'est urgent, j'espère que le nouveau président, et qu'on aura un gouvernement qui aidera le président à recoller les morceaux. Alors
l'autre actualité du jour, c'est le Brexit. Enfin, le Brexit s'il arrive un jour. Ce énième camouflet infligé par le Parlement au Premier ministre britannique, puisqu'il y a eu de nouveau un refus de vote, comme samedi dernier. Côté français, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, pour l'instant, rejette l'idée d'un nouveau report. On l'écoute.
Cet accord qui a été négocié, je vous le dis, c'est désormais au Parlement britannique de dire ce qu'il en pense. Ça n'est plus à l'Union européenne qui, elle, de son côté, a déjà dit les choses. Il faut donc un vote qui soit sur le fond, et non pas des manœuvres dilatoires pour gagner du temps. Et je crois que le président de la République a en la matière été relativement clair. Un délai supplémentaire n'est dans l'intérêt de personne.
Qu
'est-ce que ça vous inspire, ce feuilleton interminable, assez ridicule, franchement
?
Moi, cela m'inspire le fait que les parlementaires
ne
respectent pas la volonté du peuple britannique. Et ce n
'est
pas qu'en Grande-Bretagne. On a eu le cas en France. Les Français avaient voté en 2005, non, à la Constitution européenne. Et les parlementaires, je n'étais pas de ceux-là. J'étais justement pour appliquer la volonté du peuple. On votait le traité de Lisbonne, qui était l'identique de ce qui avait été refusé par le peuple français. Eh bien, les parlementaires britanniques sont dans le même esprit. C'est-à-dire qu'ils ont cru qu'ils allaient pouvoir, avec au départ la complicité des dirigeants de
l
'Union européenne, remettre en cause le vote des Anglais. Et on a un homme d'exception, Boris Johnson, qui veut tout simplement faire respecter la parole du peuple. Et il va y arriver, parce que je vais vous dire ce qui va se passer. Soit ils vont voter avant la date limite, soit il y aura de nouvelles élections législatives. Et Boris Johnson aura une très large majorité, parce que les Anglais en ont ras-le-bol.
C'est ce que disent les sondages pour l'instant,
on verra
bien.
Oui, les sondages sont très bons pour Boris Johnson, parce qu'enfin un homme
qui
a dit « on va respecter le peuple ». C'est
tellement rare en Europe. Mais l'Europe, Michel Barnier
en tête, il fait son travail, Michel Barnier. Il défend les intérêts.
Est-ce qu'il défend les intérêts des citoyens
européens, d'après vous ? Je ne sais pas. En tout cas, je crois que l'Union européenne, pendant deux ans, au lieu d'arriver à un compromis,
a
d'abord essayé de faire changer d'avis les Britanniques.
Et
le peuple britannique est un peuple très attaché à sa démocratie. Et ce qui est intéressant d'ailleurs, si vous regardez, c'est qu'il
y
a même des gens qui ont voté contre le Brexit, qui disent qu'il faut respecter la parole du peuple. C
'est-à-dire que le peuple
britannique, on ne
va
pas
décider de la sortie d'un pays aussi important que la Grande-Bretagne d'un claquement de doigts. Donc il
y avait beaucoup d'éléments à négocier.
Non, parce qu'en fait, ce qui est paradoxal, c'est
que
c'est devant l'événement que soudain, les dirigeants européens se sont dit « Boris Johnson ne va pas céder, on va trouver un arrangement ». Et les Allemands veulent vendre leur BMW et leur Mercedes, les Français veulent vendre leur vin et on va arriver à un compromis. Et la Terre ne
va
pas s'arrêter de tourner parce que je remarque que la Suisse et la Norvège ne sont pas dans l'Union européenne. Est-ce que ce sont des pays avec lesquels nous ne travaillons pas ? Donc de grâce, est-ce qu'on ne
peut
pas remettre du bon sens ?
On
va travailler avec la Grande-Bretagne sur les aspects de défense. C'est un partenaire de notre défense nationale.
Il
faut trouver des accords sur la pêche parce que nos pêcheurs pêchent beaucoup dans les eaux britanniques. Il faut trouver un accord avec la Grande-Bretagne. Mais si on est intelligent, on devrait le trouver, cet accord, quand même.
Les élections municipales, il y a de plus en plus de maires, de maires sortants ou de candidats qui refusent une étiquette politique. Ce n
'est
pas bon signe pour la santé de nos partis politiques et peut-être de notre démocratie ?
Je ne
suis
pas d'accord avec vous là-dessus. Je vais vous dire quelque chose. J'ai été maire pendant 22 ans. De
hier.
Tout le monde savait que j'étais debout la France. Et pourtant, je faisais une liste où jamais je ne mentionnais l'étiquette parce qu'elle était plurielle.
Et
je crois au contraire
qu
'au niveau local, le trottoir n'est pas de gauche ou pas de droite. Il n
'est
pas patriote, il n
'est
pas mondialiste. Je crois qu'on vote sur un homme, une femme, un projet, une équipe. Et que c'est assez sain, justement, et je crois qu'il
y
a du bon sens chez les Français, qu'au niveau municipal, on mette les étiquettes politiques un peu de côté. Il y a assez d'élections très politisées. C'est normal. C'est une vision de la société. Mais au municipal, tout le monde s'excite sur l'étiquette. Vous présenterez combien de candidats pour debout la France
?
On aura alors de listes, je dirais quasiment apolitiques, non inscrites.
On
aura à peu près dans
1
000 communes une présence. Mais pas avec marqué debout la France, en gros. Simplement parce que ce sont des hommes et des femmes qui font une bonne action au niveau local et qui soutiennent notre mouvement. Et puis dans des grandes villes, nous aurons, je ne sais pas, une vingtaine, une trentaine de listes. Mais moi, je ne vais pas vous dire, on va mettre des listes partout parce qu'il faut mettre l'étiquette.
Ça
dépend des projets. Et puis on va soutenir d'autres candidats parfois.
Quand
il y a
un bon maire. Justement, la question des alliances. Parce
que vous dites les municipales, c'est le
temps des
alliances. Au cas
par cas. Si vous avez un bon maire, s'il est républicain...
Mais jusqu'où
il va au cas par cas pour vous ? Jusqu'à LREM d'un côté, le Rassemblement national de l'autre
?
Non, on n'y va
pas vers LREM. Mais s'il y a un bon maire sortant
et
qui fait bien son boulot, pourquoi on dirait, ah, il n
'a
pas la bonne étiquette exactement ? Non, au cas par cas. Intérêt local.
Dans
le cadre de ces élections municipales, il y a le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, qui demande l'interdiction des listes communautaires. Il va interdire les signes religieux sur les affiches électorales, sur les professions de foi, sur tous les documents, etc. Est-ce que vous êtes, vous aussi, sur cette ligne ?
Il a raison.
Parce
qu'une chose est de respecter la foi des Français,
leur
religion,
qui
relève du domaine privé, individuel. Et nous sommes un pays qui respecte les religions, la croyance de chacun.
Une
autre chose est de transformer la religion en un acte politique
qui
veut s'imposer aux lois de la République. Et c'est
une menace de séparatisme.
Oui, mais Nicolas, est-ce qu'on ne donne pas trop d'importance ? Il y a eu une liste aux Européennes, Union des démocrates musulmans français. Alors, on nous dit toujours 6% à Maubeuge, certes, mais sinon 0,13% au niveau national.
Vous avez raison sur un point. Il ne faut pas leur
faire trop d'honneur que de vouloir interdire l'hélice
communautaire.
Je crois que dans l'esprit de Bruno Rotaillot, mais moi je lirai sa proposition, il y
a
l'idée d'empêcher le passage vers, il
faut
être clair, un islam politique. Mais au-delà de ça,
c
'est un symptôme. Moi, j'aimerais qu
'on
s'interroge sur les causes de cette fièvre. Pourquoi des femmes et des hommes
ont
besoin de s'abriter derrière la religion parce qu'ils ne croient plus dans la France, dans la citoyenneté française ? Et j'aimerais qu'on ne s'attache pas simplement à combattre une fièvre, mais qu'on s'attache à combattre la cause de la fièvre. Et quand vous avez, dans un pays comme le nôtre, et j'aurais aimé que M. Rotaillot et les Républicains soient un peu plus vigilants avant,
sur
les mosquées salafistes, moi je préfère qu'on reprenne la proposition de loi de Mme Kosciusko-Morizet, qui n'était pas de mon parti, sur l'interdiction du salafisme en France, qui est interdite parfois dans des pays musulmans. Parce que
cela
ne sert à rien d'interdire les listes communautaires
si
au même moment vous laissez dans notre pays 100 ou à 120 mosquées salafistes
qui
propagent une idéologie de haine et qui forment des petites filles voilées de 2 ans, 3 ans à une idéologie contraire à la République. Là, c'est beaucoup plus grave.
Et
j'aimerais qu'on s'attache à cela. C'est pourquoi j'avais proposé que tous les imams de France signent une charte
de
la laïcité avec le gouvernement français
et
qu
'on
les expulse s'ils ne l'appliquent pas.
– Merci
Nicolas Dupont-Aignan, merci. Restez avec nous. Le second temps de cette interview, c'est dans quelques courtes minutes. Face à vous, Olivier D'Artigol, chroniqueur politique, et Gilles-William Goldnagel, qui est avocat et essayiste. A tout de suite sur CNews. –
L
'invité de Soir Info, seconde partie, toujours avec Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. Face à vous, Olivier D'Artigol, chroniqueur politique, Gilles-William Goldnagel, avocat et essayiste.
Je
me suis amélioré sur la prononciation de votre
nom. – C'est
très bien.
–
Pardon pour la petite erreur de
tout à l'heure. –
Avec
le temps, je l'oublierai.
– Oui, j'espère bien. Et comme c'est votre premier
lundi dans Soir
Info, à vous la parole pour aborder. Alors, le principe, c'est les thèmes d'actualité que vous souhaitez. et éventuellement, ceux qu'on a déjà abordés pour y revenir.
– Écoutez, je vais rebondir quand même sur ce qu'a dit M. Dupont-Aignan, aussi bien en ce qui concerne le Brexit qu'en ce qui concerne les grèves.
J
'abonde complètement dans ce qu'il a dit sur la partie britannique. Par contre, je le trouve beaucoup trop tendre envers les syndicats et envers la CGT en particulier. Parce qu'on doit choisir, Nicolas, entre les gens qu'on a laissés sur le carreau et les gens qui ont délibérément, mais délibérément, dévoyé le droit de retrait. –
Le
droit de retrait, c'est quand c'est imminent, quand le danger est imminent et quand il est localisé. Là, c'est une parodie de droit de retrait.
– J'ai
condamné la forme.
– Non, mais c'est plus
que la forme.
–
Non, mais
quand on a… – Quand je dis j'ai condamné la forme, je condamne l'utile et le dévoiement du droit de
retrait, comme tout le monde. –
Non,
mais
c'est quoi la conséquence de ce dévoiement ? C'est que des centaines de
milliers
de Français ont été traînés plus bactères. – Mais vous m'avez mal compris alors. – En principe, je vous écoute. Et en principe,
je vous écoute même… – J'ai peut-être pas été assez clair, mais quand je propose une autre façon de faire la grève, je trouve insensé, par exemple, qu'un contrôleur qui fait grève,
en ne faisant pas… – Non, mais on est d'accord. –
Donc
j'ai proposé une solution qui éviterait la prise d
'otages. –
Je
suis d'accord avec
vous. –
Vous prenez-moi, je ne défends… – Prise d'otages, c'est le Bataclan.
– Je ne défends… – C'est quelque chose de très particulier. – Oui, non, c'est… – La prise d'otages, les mots ont toujours un sens. – Non,
mais on est dans ce sens-là. – Ce que je veux dire, je ne suis l'avocat ni de la SNCF…
– J'ai
compris. – …ni de ce gouvernement. Et d'ailleurs, je vais vous dire quelque chose, s'il y a vraiment des gens qui peuvent dormir sur leurs deux oreilles, ce sont les grévistes illégaux de la CGT. Il ne leur arrivera strictement rien. Je vais vous raconter rapidement une très triste anecdote, parce qu'on parle de la sécurité. Il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, il y
a
eu un très grave accident à la gare de Lyon. Il y
a
eu des dizaines de morts. La faute était d'un conducteur qui est rentré dans la gare de Lyon. Il avait bu. On l'a mis à pied. Immédiatement, ordre de grève des syndicats, il n'était pas question de mettre à grève. On l'a ensuite traîné devant les tribunaux, d'accord ? Il a été condamné, c'était normal, après une expertise, elle a été condamnée pour son geste qui avait été criminel.
– Je
ne suis pas à la
CGT. – Écoutez-moi, la
CGT était outrée de ce qu'on avait, de la condamnation qui a été faite à ce membre du personnel. Et la SNCF, le patron de la SNCF, a dit « je comprends l'émotion du personnel ». C'est-à-dire que les usagers du train…
– Écoutez, juin 88, je
viens de retrouver, juin 88, 56 morts, 57…
– 56 morts,
vous entendez ?
– Mais
attendez,
attendez, soyons clairs. – Est-ce que je peux vous répondre ? – Mais j'ai compris. – Allez, Nicolas Dupoignan et ensuite Olivier Arpigol va pouvoir passer. – Les riverains de la
ligne D du RER, mes concitoyens vivent un enfer, matin, midi et soir, et encore plus quand il y a des grèves. Donc je ne suis pas suspect d'être favorable à ce type de
grèves, je l'ai dit.
Mais simplement, je pense que le rôle d'un responsable politique, c'est d'aller au-delà, parce qu'on peut tous condamner tout. Et je trouve insensé qu'on en soit arrivé là, alors même…
–
Vous
avez
quand même chargé d'abord le président de la SNCF,
Guillaume Pépi. –
Oui, parce que je
dis que Guillaume Pépi… – Mais la CGT,
je n
'ai
pas besoin de le répéter tous les jours, tout le monde sait les abus de la CGT. Simplement, je trouve insensé cette déshumanisation qu'on a fait du fonctionnement des trains qui pose un problème de sécurité. Et j'ai dit que, hors la forme que je condamne, il faut traiter le fond du problème,
c'est tout. – Mais qu'est-ce que Olivier D'Artigol, ancien
porte-parole du Parti communiste, je vais le rappeler, défend la CGT dans cette affaire ? –
En tout cas, je n'ai pas senti dans les premières minutes de l'émission son entretien que Nicolas Dupoignan allait prendre sa carte à la CGT dans les heures qui suivent. – Je ne crois pas.
J'ai eu très peur.
– On est bien d'accord.
Et
si, au final, les cheminots avaient raison
? Dans
le sens où, sur la question de la sécurité, qui, je crois, Nicolas Dupoignan, ne peut pas être réduit à un coup, il parle des problèmes
qui
se sont révélés exacts avec cet accident de TER depuis des années.
À
savoir que le système d'alerte, si la locomotive est percutée comme elle l'est, ne fonctionne plus.
À
savoir qu'un seul agent de la SNCF pour faire rouler un train, c'est une totale aberration. – Mais on est d'accord. – À quand aurons-nous des avions avec un pilote
? Et
donc, j'aurais aimé, moi, que la direction de la SNCF, d'abord, rende hommage au courage exemplaire de ce cheminot seul
qui
a sécurisé son train alors qu'il était blessé.
À
partir du 15 décembre,
ces
agents de la SNCF qui sont sur les quais, vous circulez en train pour aller voir vos fédérations, vous savez qu'il
y a
un agent SNCF qui est chargé du départ du train, qui sécurise le quai, qui regarde sur les TER qu'on connaît, s
'il
n
'y a
pas, par exemple, des exagés qui vont monter trop tardivement. Et il leur dit, non, ne faites pas ça pour la sécurité, ce n
'est
pas bon. Ces agents vont disparaître le 15 décembre. C'est une aberration. Ce qui fait que le chauffeur, le conducteur, va être responsable à la fois de la conduite,
de
l'ensemble de la sécurité de ses passagers, mais aussi du départ en gare. Donc, vous avez dit une chose qui me paraît très juste, la déshumanisation. Le fait qu'il y a moins de personnel en gare pour, par exemple, se commander un billet de train. Je tombe régulièrement sur des personnes, des personnes âgées ou des personnes qui n'en peuvent plus, la fatigue psychique, qui, devant ces bornes, ne savent plus comment faire.
Chacun a son
expérience SNCF.
Ce que je veux simplement dire,
c'est que vous êtes dans un déni de réalité, et je peux vous le dire, les témoignages des cheminots disent que ça va mal. Et partout où la concurrence est arrivée, ça s'est traduit par une hausse des prix et par une chute de la sécurité. Et une hausse des accidents. Oui,
une partie du faire contre. La raison de tout ça. Non, mais comme on est
parti un peu sur un meeting, un début d'émission, alors qu'à l'habitude, on questionne l'invité, je me permets
de... Non, non,
non, vous pouvez porter vos opinions et les
porter au effort. Je voudrais qu'on
entend... Je ne sais pas si j'étais en meeting... Je vais vous redonner
la parole.
...comprendre que le sujet portait sur les malheureux qui sont restés
sur le tête. Excusez-moi, l'enjeu, moi, ce
que je voudrais,
soyons clairs, c'est qu'on ne retrouve pas des grèves comme cela. Et ma proposition de changer le mode de grève
dans
le service public ferroviaire est une bonne proposition. Car je propose quoi ? Je propose que quand les agents font grève, ils ne contrôlent plus les billets. Je peux vous dire que
ça va embêter la SNCF. Les trains
? Mais non, ils feront rouler les trains. Mais ils ne
contrôlent pas. Ils étaient
sur les sites.
Ils sont
en droit
de ressembler. Ah
si, je peux
répondre.
Aujourd'hui,
souvent je dis aux cheminots, parce que j'en ai dans ma ville, et je leur dis, mais pourquoi vous embêtez les Français alors qu'il suffirait pour embêter la SNCF que le train roule et que les contrôleurs laissent rentrer les trains gratuitement, laissent monter les passagers gratuitement. Et ils me disent, on ne peut pas faire ça parce qu'on serait attaqué et on risque moins, on serait attaqué par la direction pour perdre de recettes et
on risque beaucoup moins à
paralyser les trains qu
'à
faire la grève du contrôle. Je reprends la main deux secondes parce que ça pose aussi la question des sanctions et on va peut-être débattre quelques minutes de l'attitude du gouvernement dans ce dossier SNCF. Je vous propose d'écouter d'abord Elisabeth Borne qui est la ministre des Transports et était ce matin sur Europe 1, si je ne me
trompe.
Effectivement, les procédures qui existent pour permettre
aux
salariés, aux cheminots d'exercer leurs droits dans le respect des usagers avec notamment des préavis, où on peut prévenir à l'avance les gens que les trains ne vont pas circuler, n'ont pas été respectés. Il y a clairement un détournement du droit de retrait et donc en effet, ça appelle des sanctions individuelles pour les agents qui n'ont pas respecté les procédures.
Allez, tour de table. Est-ce que vous souhaitez des sanctions ? Nicolas Dupont-Édouard. Écoutez, je souhaite
qu'on ne reproduise plus cette grève surprise sans préavis. Et donc, s'il doit y avoir des sanctions, c'est sur ceux qui ont conduit à cette grève.
Et
là, il faudra qu'on ait des explications du leader de la CGT. C'est l'évidence. Pour autant, ce n
'est
pas ça qui va régler le problème maintenant. Donc je
demande qu'on aille au-delà.
Nicolas Dupont-Édouard, que le gouvernement se rapproche de l'inspection du travail.
Parce
que l'inspection du travail dit deux choses. Oui, suite à un droit de retrait, il ne peut pas y avoir de sanctions.
C
'est un droit légal. Je vais terminer. Et il peut y avoir droit de retrait
si
le cheminot juge que les conditions de sécurité des
usagers
ne sont pas garanties. Reconnaissez quand même que
le droit
de retrait a été dévoyé
dans cette affaire. Mais donc, ce que vous aimeriez, vous,
c'est un droit de retrait ou une grève indolore qui n'ait aucune conséquence.
Mais
j'aimerais...
Mais non, ça, ça n'existe pas. Non, alors excusez
-moi, je
ne suis pas d'accord avec vous. Si je peux me
permettre de vous répondre. Ça n'existe pas. Non, je suis désolé. Il y a d'autres façons de faire grève qui gêneraient la grève du contrôle, qui gêneraient profondément la SNCF, comme les grèves du zèle que font les douaniers,
qui gêneraient profondément la SNCF. Mais est-ce que vous êtes d'accord ?
Excusez
-moi, laissez-moi vous
répondre, sans pour autant paralyser tout le pays et gêner les gens qui partent en vacances. Parce que je pense que les cheminots
dans cette affaire... Ils n'ont pas choisi le fait que l'accident
est arrivé
trois jours. Excusez-moi, les cheminots dans cette affaire... Mais quand même dans la
perspective de la journée d'accueil...
Si je peux finir, les cheminots dans cette affaire...
Excusez-moi, les cheminots dans
cette affaire ne se
sont pas rendus populaires. Et c'est dommage
pour leur cause. Mais ça, c'est pas la première fois.
C'est
pas la première fois. Non, mais pardon. Mais
est-ce qu'on peut avoir une position de bon sens
? Est-ce que le bon sens... Est-ce que je peux parler... Oui, allez, on y va.
Un, les cheminots de la CGT se moquent comme d'une guigne d'être populaire. Mais
c'est bien dommage. Ils
veulent gagner un bras de fer.
Ils veulent la sécurité des usagers.
Ça,
c
'est du pipeau. Ils veulent gagner un bras de fer contre la CNCF. Ils veulent préparer la future journée de la grande grève en question. Tout le reste, ils s'en moquent. Et de manière générale, la grève,
c
'est pour qu'une grève soit bonne et dissuasive. Il faut embêter le public. Et rien que le public. Ensuite,
il
ne
faut
pas mélanger le droit de grève. Et M. Sarkozy nous avait dit que c'était fini de la grève dans le service public. Mais de toute manière, on n'est pas dans le cadre de la grève. On est dans le cadre d'un droit de retrait qui est complètement foulé au pied. M. Dardigol, faites
-nous grâce...
Merci. Faites-nous grâce de l'opinion de l'inspection du travail. J'ai plein de dossiers où l'inspection du travail, par un hasard cosmique, était du côté des syndicats. Et les tribunaux, Dieu merci, n'ont pas validé l'opinion de l'inspection du travail.
Mais en vérité... Donc on enlève le droit
de grève, le droit de retrait, l'inspection du travail... Je
vous le dis, je n'ai aucune confiance. C'est open bar. Je n'ai aucune confiance dans la position martiale du gouvernement. Malheureusement, on ne se souviendra pas de ce que je dis ce soir. Il n'y a aucun danger pour les grévistes illégaux de la SNCF, de la CGT. Il ne leur arrivera à rien parce que nous ne vivons pas véritablement dans un état de droit.
Et ça mettrait de
l
'huile sur le feu dans la
perspective de la journée
du 5 décembre. Autre thème d'actualité, parce qu'on a largement évoqué la question de la SNCF, Olivier Dardigol. Sur le Brexit ou... C'est comme vous voulez, ou les
municipales ? Il y a trois courriers qui sont partis. Vous les avez vus. Un courrier non signé, un courrier signé, un troisième. Où au final, ça a donné le sentiment que Boris Johnson
renvoyait
la patate chaude vers les autorités européennes en leur disant, bon ben, il y a trois scénarios possibles à vous de décider. Alors qu'il est quand même arrivé aux affaires sur une détermination et sur la volonté de maîtriser le destin de son peuple. Est-ce que vous n'avez pas trouvé dans cette stratégie, dans ce jeu de bonnes taux, qui avait de la part de Boris Johnson un manque de courage politique ? C'est moins votre héros que celui de Diplôme
? Non, c'est pas... Ah ben non, Diplôme ! Ce
n'est pas la question que ce soit mon héros. Vous étiez
prêt à l'auditeur tout à l'heure. Oui,
par rapport à Theresa May, je dis que Theresa May a essayé de financer pendant deux ans et demi. Boris Johnson a rappelé comme un leader le fait que le peuple avait voté,
qu
'il était chargé d'appliquer le Brexit, et les parlementaires britanniques sont complètement inconséquents. Mais pourquoi ces
trois courriers ? Parce
que,
vous
le savez, il est obligé
d
'envoyer un courrier de forme. Mais au-delà de ça, il
y
a une inconséquence des parlementaires britanniques. Il refuse le no deal. Il refuse l'accord qui est proposé.
Et
il refuse
d
'aller aux élections, notamment les travaillistes. Parce que les travaillistes, le leader travailliste, ne sait pas ce qu'il veut. Ni Brexit, Brexit, pas de Brexit. Et donc,
le
Parlement britannique se ridiculise, là, il
faut
être honnête, vis-à-vis du peuple britannique, puisqu'il n'accepte aucune des solutions. Et la seule solution à la fin,
si
d'ici la date du 31 octobre, le Parlement n'accepte pas l'accord qui a été signé par Boris Johnson et par les Européens, ce sera une démission des conservateurs pour forcer à de nouvelles élections. Et je suis certain qu'à ce moment-là, le peuple britannique, lassé du ridicule de la situation, votera une majorité pour Boris Johnson, qui appliquera l'accord qui a été signé. Mais peut-être, d'après ce que j'entends, peut-être que d'ici quelques jours, les parlementaires voteront l'accord. Parce que sinon, le choix,
c
'est de retourner devant les électeurs. Et là, je pense que ceux qui ne l'auront pas signé auront du souci à se faire pour leur réélection. Notamment les travaillistes qui perdent chaque jour du terrain face aux conservateurs.
– Gilles William ?
–
Je suis tout à fait d'accord avec Dupont-Aignan. En ce qui concerne... D'abord, je pense que Boris Johnson
est
un type d'une trempe exceptionnelle.
Je
pense que le parlementarisme britannique donne du grain à moudre aux populistes, parce qu'il est en train de se déconsidérer complètement. Je pense qu'effectivement, on essaye de voler le peuple britannique de son vote sur le Brexit comme on a volé le peuple français à propos de Maastricht. Et que c'est à peu près les mêmes pouvoirs médiatiques ou d'affaires qui sont à la manœuvre. Il n
'y a
qu'une seule chose que je ne comprends pas dans la stratégie de Boris Johnson. Plutôt que d'avoir envoyé plusieurs lettres à la fois, moi, si j'avais été lui, j'aurais envoyé une seule lettre aux Européens dans laquelle je leur aurais demandé dans la forme un délai, mais avec des arguments, leur expliquant, mais si vous voulez, ne vous forcez surtout pas, je n'y tiens pas tant que ça. Je pense qu'il aurait dû davantage fulminer un seul courrier à la Johnson.
– Mais je crois que ce que ça pose comme problème quand même, c'est le divorce entre les peuples
et
leurs représentants.
–
Bien sûr. – Et ce divorce entre les peuples et leurs représentants, vous l'avez en Italie. En Italie, quand même, ce qui était fascinant, c'est qu'ils ont viré Salvini, mais ils n'ont pas voulu d'élection. C'est-à-dire que quand des députés de la nation ont peur de l'élection, cela veut dire qu'ils n'ont plus confiance dans leur peuple. Et c'est pourquoi d'ailleurs, heureusement que sous la Vème République, nous avons le droit de dissolution. Parce que cela veut dire quoi ? Cela veut dire que des élus de la nation ne font plus confiance dans les peuples.
Mais nous sommes, moi je suis député, et je ne suis là que temporairement, par la volonté des électeurs, c'est incroyable ce qui se passe dans le pays. Et regardez ce qui se passe aux États-Unis. Vous avez les démocrates qui veulent destituer le président élu à la veille d'une élection. Donc partout dans le monde, dans des démocraties, vous avez une tension entre les peuples, et puis des oligarchies qui veulent imposer au peuple, quoi qu'il arrive, le même destin. Et
ça va
mal finir à force.
– On peut
aussi contrôler l'activité d'un président. – Si vous lancez le débat sur ce qui se passe aux États-Unis,
c'est
aussi le rôle des parlementaires de contrôler…
– Convenez quand même qu'il semblerait qu'à
chaque
fois
qu'il y
ait
un leader, on va dire entre guillemets, populiste, qui soit porté par le suffrage universel, le pouvoir médiatique et le pouvoir parlementaire tentent de le dégommer. –
Mais
ça finit par indisposer les peuples quand
même.
–
Et
d'ailleurs, regardez que tous les référendums, tous les référendums qu'il y
a
eu en Europe, à l'exception de celui-là, à chaque fois, les dirigeants européens, l'Union européenne a fait re-voter
les
peuples dans l'espérance qu'ils puissent voter en accord.
C
'est-à-dire, soit vous votez non, soit vous votez oui, mais si vous votez non, vous voterez oui
la prochaine fois. – Il n'y a rien qui vous gêne
l'un et l'autre dans
l
'intervention de Donald Trump avec le Préministe.
– Si,
mais
il peut y avoir. – Mais faites attention quand même. – Attendez,
dans la défense des intérêts américains, il n
'y a
pas quelque chose qui
vous dérange. –
Attendez, je ne
défends pas Donald Trump du tout. Je dis simplement
qu
'il y a une tentative aussi d'instrumentaliser les mécanismes d'institution. Souvenez-vous ce qui est arrivé dans l'autre sens au Président Lula. Je n'étais pas un défenseur de Lula, mais il y a eu un coup d'État au
Brésil. – Il y a eu un coup
d'État au Brésil contre Lula qui
a été mis en prison.
–
Le juge
est toujours une ministre à la justice. – À partir du moment où les démocraties s'attaquent juridiquement à un chef d'État,
la
veille d'élection, ça commence à sentir le souffle.
–
Quel est le regard du souverainiste que vous êtes sur la situation en Catalogne
? – Difficile,
je vais être très franc avec vous. Difficile parce que c'est l'unité de l'Espagne et en même temps, pour paraphraser un autre connu, en même temps, on voit bien qu'il y a une maladresse de l'État espagnol et une vraie identité catalane. Donc comment concilier les deux
?
–
Mais
l'Espagne joue sa survie comme État,
comme
nation. Donc on peut considérer…
–
En quoi le pouvoir espagnol
est
-il maladroit ? – Je pense qu'il a été assez maladroit, là, les choses s'apaisaient, il avait fait preuve de la fermeté nécessaire, et là, peut-être qu'il a été un
peu…
– C
'est la
justice. – La
justice, c
'est la justice. – Oui, c'est la justice, mais je pense que parfois, il faut savoir tendre la main après avoir été ferme.
Et
je crains que l'affaire redémarre alors même qu'il avait fait preuve de la fermeté nécessaire.
–
Et puis on peut être… – La tâche est délicate, mais derrière ça…
–
Vous avez d'excellents Catalans qui se sentent espagnols.
–
Oui, heureusement. Mais derrière cela, ça va plus loin.
L
'Union européenne a détruit les nations, le sentiment national. Il ne
faut
pas s'étonner que ça pète de partout. La vraie question,
c
'est pourquoi on est espagnol ? Et je renvoie au communautarisme français.
S
'il y a autant de communautaristes français, musulmans pour ne
pas
dire islamiques, c'est parce que, qu'est-ce que veut dire être français
?
Qu'est-ce que veut dire la nation ? Est-ce qu'on parle progrès social ? Est-ce qu'on parle indépendance nationale ? On ne parle plus d'indépendance nationale, on ne parle plus de progrès social. Qu'est-ce que ça veut dire être ensemble ? Et moi, je crois qu'il faut traiter la cause de ces phénomènes séparatistes. Ils
ne sont pas pour la séparation. –
Mais
sont
-ils aussi nombreux, ces communautaristes, 28 469 bulletins aux européennes pour cette liste dont on parlait, l'union des démocrates musulmans français ? Est-ce qu'on ne leur donne pas une importance
exagérée
? C'est le début d'une fièvre. Moi, je constate, regardez les études de la fondation Jean Jaurès, pourtant de gauche, ce n
'est
pas ma tasse de thé, qui dit quand même qu'il
y a
27% de Français musulmans
qui
souhaitent que la charia s'applique au-dessus des lois de la République.
Il
y a beaucoup de Français musulmans qui se sont intégrés, assimilés.
Mais
on leur doit aussi de lutter contre ceux qui ne veulent pas s'assimiler.
Et
à force d'avoir été laxiste
sur
ces mosquées salafistes, sur ce développement d'une pensée salafiste, en fait, dans notre pays, qui veut que la loi musulmane l'emporte sur la loi de la République, à force d'être faible, eh bien, on a créé l'embryon d'un chaos. Et c'est là où il faut agir vite avant qu'il ne soit trop tard.
C'est dangereux ce qui se passe. – Dernier
mot, une question d'actualité pour demain. On commence dans l'hémicycle le budget de la Sécurité sociale. Pour la première fois, l'État ne va pas compenser. – C'est extrêmement grave. – C'est
-à
-dire que pour résumer les annonces faites,
après les jeunes,
l'État ne
va
pas compenser le coût. Qu'est-ce que vous en pensez ? –
Je
pense que la Sécurité sociale, grâce à l'effort des Français, a été redressée, est désormais équilibrée.
Et
cette année, le gouvernement fait des dépenses sur le dos de la Sécurité sociale. c'est totalement contraire à tous les principes.
Tous
les principes.
–
Merci Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.
Nicolas Dupont-Aignan