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InterviewLigne Droite • La matinale de Radio Courtoisie· 27 août 2025 27 minComplaisantFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleCulture, médias & sport

Décentralisation : les Français veulent reprendre le pouvoir local ! - Alexandre Avril

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous que la France, historiquement centralisatrice, soit aujourd'hui favorable à la décentralisation ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Quand vous dites que les maires ont plus de moyens, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

  • 7:28OuverteRéponse directe

    Comment expliquez ce paradoxe : les Français veulent plus de pouvoir pour les communes mais leur sentiment d'appartenance baisse ?

  • 10:57OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous ne créez pas une forme d'identité factice avec le festival Saléra ?

  • 13:47OuverteRéponse directe

    Comment expliquez ce sentiment de déconnexion entre les Français et les élus nationaux ?

  • 17:23OuverteRéponse directe

    Quelles réformes proposez-vous pour appliquer concrètement les adaptations locales ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Chiffre
    « 68 % des Français estiment que les collectivités locales n'ont pas assez de pouvoir par rapport à l'État. »
  • 0:44Chiffre
    « 71 % des Français sont favorables à ce que la France renforce considérablement le pouvoir des régions. »
  • 4:51Alexandre AvrilFait
    « sous Emmanuel Macron, on a vécu une véritable recentralisation jacobine par la question de la tutelle budgétaire »
  • 8:10Alexandre AvrilFait
    « le sentiment d'appartenance en réalité ne se décrète pas ni par décret, ni par la loi, ni par une décision politique. Il se vit »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Bonjour euh Alexandre Avril, merci d'être avec nous aujourd'hui. Je rappelle que vous êtes maire de la ville de Salbri, que vous êtes également membre euh du parti euh UDR d'Éric Siotti. Alors euh aujourd'hui euh ce qu'on souhaitait avec vous, c'était parler euh de décentralisation. Il y a un sondage de l'OP particulièrement intéressant qui est sorti euh il y a euh justement hier matin. Alors, je vais en rappeler euh deux ou trois chiffres en préambule. 68 % des Français estiment que les collectivités locales n'ont pas assez de pouvoir par rapport à l'État. Donc c'est 18 points de plus qu'il y a qu'en qu'en 2012. À côté de ça, 71 % des Français sont favorables à ce que la France renforce considérablement le

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pouvoir des régions, notamment dans les régions bien sûr comme l'Alsace, la Catalogne, la Bretagne, la Corse et euh voilà, il y a plein d'autres chiffres assez intéressants dans ce sont à 90 % des Français, voilà, considèrent que l'État central est trop déconnecté des réalités locales et donc ça transcende un petit peu tous les clivages. On voit une vraie union des Français là-dessus. La première question que je voulais vous poser Alexandra Aville, c'est comment est-ce que vous expliquez finalement que la France pays historiquement assez centralisateur soit aujourd'hui aussi favorable à la décentralisation ? Et bien bonjour à tous, bonjour Alexandre et à toute l'équipe. Ravie d'être avec vous ce matin pour cette matinale que vous avez choisi de décentraliser pour quelques minutes en

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Sologne à Salbri et vous dire effectivement que comme vous l'avez très justement rappelé, la décentralisation est une composante de l'histoire politique de notre pays puisque il s'est constitué par cette dialectique de la centralisation et la décentralisation au fur et à mesure des régimes. Et la la 5e République dans laquelle nous sommes a fait un effort dans les années 80 pour tenter de décentraliser ces institutions. Or, moi je pense que les Français ont bien perçu que cette décentralisation a été gâchée, a été ratée, a été mal faite. On a transféré de plus en plus de compétences aux autorités locales comme les maires, les présidents de région ou de département sans forcément leur transférer les moyens de leur action, ce qui a perturbé la lisibilité de l'action publique. Et

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le résultat c'est que les Français voi bien que aujourd'hui qui peut résoudre leurs problèmes au quotidien ? Le maire essentiellement les autorités locales qui sont capables de régler en quelques heures, en quelques jours des problèmes très concrets alors que l'État s'enfonce dans une inertie bureaucratique qui fait désespérer parfois de l'action publique en général. Donc moi quand j'ai vu le sondage de l'hob, j'ai surtout vu une vraie fatigue des Français qui perdent perdent de leur confiance dans le centre, dans la notion même de centralité. Et il voit bien que les décisions qui sont prises à Paris, que les lois qui sont votées par le Parlement s'appliquent mal sur le terrain. Et vous avez vu comme moi que ce qui est particulièrement intéressant dans ce sondage, c'est la forte demande

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d'adaptation des lois aux réalités locales. Euh parce que quand on est euh au plus près du terrain, on voit bien que les lois qui s'appliquent uniformément sur le territoire ne correspondent pas aux besoins locaux en matière de santé, en matière d'aménagement du territoire. Et donc il est nécessaire de permettre l'adaptation aux réalités locales. Et moi, je vois surtout dans cette demande de décentralisation une demande de confiance. Les Français veulent que l'on fasse confiance aux élus de terrain, qu'on arrête de les corseter par des normes, par une pesanteur administrative qui empêche très concrètement l'action publique. Et et d'ailleurs vous vous le savez, dans quelques mois, il y aura les élections municipales, il y a un grand nombre de communes dans lesquelles il

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est possible donc qu'il n'y ait pas de candidat aux élections municipales car il y a une très grande fatigue des maires. Jamais il n'y a eu autant de démission de maire que sur ce mandat. précisément parce que nous avons le sentiment que notre action publique est empêchée. Et il y a même un autre élément sur ce point précis qui est euh la loi qui est passée juste avant les les vacances sur la parité dans les listes euh municipales qui va désormais être euh être exigée. On a l'impression que effectivement le euh Allons-y tout de suite mais la question du le travail du maire est rendu de plus en plus difficile. On a aussi la question de la taxe d'habitation qui a été supprimée par Emmanuel Macron pour être remplacé finalement par d'autres taxes mais géré directement par l'État central et non

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plus par les communes. Quand vous dites que les maires ont plus de moyens, très concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? C'estàd que est-ce que vous avez pas assez de compéten euh et vous avez vous avez pas assez de droits quelque part pour pouvoir appliquer des des décisions fortes ? Est-ce que ça signifie que vous êtes mélangé dans d'autres administrations territoriales ? Est-ce que ça signifie que vous avez pas assez d'argent par un budget de commune assez fort ? Très concrètement, qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Alors, très concrètement, vous avez raison de parler de la taxe d'habitation parce que on a dans notre constitution une décentralisation de formes, mais en réalité le pouvoir est de plus en plus centralisé par la question budgétaire.

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Et sous Emmanuel Macron, on a vécu une véritable recentralisation jacobine par la question de la tutelle budgétaire. Les collectivités se finance par les impôts qu'elles lèvent. C'est vieux comme le monde, c'est même antérieur à l'État. C'est comme ça que les communes se financent. Or aujourd'hui, nous n'avons plus de souveraineté fiscale puisque la dernière impôt qui finançait directement les services publics et qui était payé par ceux qui les consomment, la taxe d'habitation, a été supprimée dans une proposition assez démagogique me semble-t-il que le candidat Macron a fait en 2017 et bien sûr compensé par l'État. Donc dans la dans le principe de la suppression avec la compensation, on avait expliqué aux communes qu'elles ne perdraient rien. Ce qu'elles perdent,

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c'est leur souveraineté. Aujourd'hui, si vous souhaitez rénover votre salle des fêtes, si vous souhaitez mettre en place une navette médicale dans votre commune, si vous souhaitez euh installer un city stade ou refaire le les buts de votre stade de foot, vous êtes obligé vous êtes obligé de demander des subventions à l'État. Alors, il existe tout un tas de mécanismes, les plus compliqués les uns que les autres qui permettent d'obtenir des subventions. La DETR, la DS, le fond vert, le fed d'air, le machin, mais vous n'êtes plus capable de financer par vous-même vos projets. Donc aujourd'hui, le une bonne partie du travail du maire consiste à aller chercher les subventions, à monter des dossiers pour faire en sorte d'avoir 20, 30, 40, 60 % de subventions pour

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financer ces projets car nous sommes incapables par nous-mêmes de financer nos projets d'investissement. On a en plus une dotation qui nous est donnée par l'État pour notre fonctionnement annuel. Cette dotation ne fait que de baisser d'année en année, ce qui conduit un très grand nombre de communes à augmenter euh les impôts locaux, ce qui vient s'ajouter à l'augmentation des bases qui est décidé par l'État. Donc tout ça pour vous décrire un mécanisme de verrouillage budgétaire qui fait qu'aujourd'hui nous n'avons plus la souveraineté pour agir très concrètement sans parler du transfert de compétences qui nous est imposé vers les communautés de commune. Moi, je préside ma communauté de commune en Sologne et je vois bien que c'est plutôt en tant que président que je commence à avoir de

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plus en plus de compétences qui sont prises au détriment de ma fonction de maire. Euh par exemple au 1er janvier prochain, on va passer la compétence de l'eau et de l'assaignissement, donc la gestion des réseaux qui ne sera plus directement euh gérée par le maire. Or, c'est toujours vers le maire que on se tournera. Oui, parce que j'ai envie de dire les les habitants de de Sologne, les les Français vont pas aller parler au président de la communauté de commune. Enfin, déjà, il faudrait qu'il connaissent l'existence de la communauté de commune et de qui la gère. On en est euh effectivement très loin. Mais alors justement, il y a quelque chose d'assez paradoxal euh qui est aussi révélé dans ce dans ce sondage, c'est que d'un côté euh les Français, on l'a dit, en grande

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majorité euh souhaitent que les communes aient plus de moyens, plus de compétences, que les maires soient plus présents et d'un autre côté en fait le sentiment d'appartenance à la commune baisse. C'estàd que quand on demande aux Français, "Est-ce que vous rattachez plus à votre pays, votre région, à votre commune ou alors à l'Europe et ben en fait les communes sont perdent quelque chose comme 10 points en 10 ans sur ce qui est du sentiment d'appartenance. Donc d'un côté les Français se sentent moins membres de leur commune, de leur territoire, de leur environnement direct et de l'autre ils veulent leur donner plus de pouvoir. Comment vous expliquez ça ? Ça c'est un point passionnant parce que le sentiment d'appartenance en réalité ne se décrète pas ni par décret,

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ni par la loi, ni par une décision politique. Il se vit et il se vit à mon avis à travers deux choses. L'action concrète et les symboles. Quand une mairie gère une école, une crèche, une fête, une place du marché, un stade, les habitants sentent bien que leur vie quotidienne est façonnée localement et c'est ça qui d'abord nourrit l'appartenance. Donc si on retire d'abord aux communes des moyens financiers, si on les noit dans des intercommunalités qui sont trop grandes ou si on fusionne des villages, ce qui arrive beaucoup aussi, détruisant même le nom euh de village très ancien, on produit exactement l'effet inverse. Les habitants sont dépossédés. Mais pour moi, le vrai enjeu, c'est moins celui de l'action euh locale qui est réalisée par tous les maires que celui du symbole. Et

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là-dessus, si les Français euh perdent leur appartenance à leur commune, c'est aussi de la responsabilité de certains mères qui n'ont pas voulu euh travailler et nourrir euh leur identité locale. En plus de la compétence, le symbole permet de donner de la lisibilité, me semble-t-il. Vous voyez, aujourd'hui, quand vous traversez les quand vous traversez les communes, vous avez le sentiment qu'on a remplacé euh le nom des communes par des logos de marque de céréales et on a pu retrouver cette dimension un peu historique, identitaire. Donc on avait jadis avant que les maires commencent à faire du marketing territorial. Moi par exemple la Salbis ça a été ma première action quand je suis arrivé ma c'est que j'ai supprimé l'horrible logo de supermarché qui nous servait de référence pour

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remettre la vieille Raldicque le blason de Sabri. On en a mis 200 dans l'espace public. On en met sur le flocage de nos véhicules sur les lampadaires un peu partout. Et aujourd'hui les Sabrisiens se sont réappropriés leur blason l'histoire de ce blason parce qu'il est fondamental de redonner du sens. C'est ça qui crée la l'appartenance en réalité à la aux communautés locales que nous formons parce qu'au-delà de l'attachement à la mairie qui est une petite institution, c'est surtout le sentiment d'appartenir à une communauté, à une communauté solidaire, de pouvoir dire avec fierté "Je suis d'ici, je suis de telle ville, de pouvoir se reconnaître entre habitants de cette ville, de pouvoir se rendre des services et de noer ensemble une véritable vie collective et une chaleur humaine qu'on

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trouve plus dans les grandes villes où on a perdu vu ce sentiment d'appartenance par l'éloignement et l'anonymisation globale. Oui. Et puis même par une forme de verticalisation, on va dire, des rapports sociaux qui sont voilà de de moins en moins, on va dire, entre voisins, entre membres du quartier, mais qui on se rapporte de plus en plus à l'État ou structure supérieur pour même régler les problèmes, trouver des des solutions ou autres. par exemple, mais sur justement vous disiez que le sentiment d'appartenance ne se crée pas, il se il se vit. Vous dans votre commune, il y a quand même alors j'ai simplement retrouver le nom, voilà, le festival salérain que vous organisez. Donc si alors j'ai

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malheureusement pas eu l'occasion d'y aller pour le moment, mais peut-être pour les éditions prochaines exactement. euh qui est euh un festival donc euh arrêtez-moi si je me trompe, mais euh sur l'Antiquité et sur donc euh l'histoire euh antique de la ville de Salbri. Euh concrètement euh est-ce que vous vous êtes pas en train de créer une forme de euh d'identité euh euh factice et de d'inventer quelque part des traditions ? C'està-dire que forcément en fait, est-ce que c'est réellement enraciné ou est-ce que vous créez une forme d'enracinement justement ? Alors moi je pense que l'identité locale on ne la crée pas ex Nnilo. Elle existe toujours, mais elle peut être endormie à les fêes d'histoire de de paysage de mémoire, de culture populaire, de

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gastronomie. Et il me semble que le rôle des élus, des associations, des artistes, c'est de la réveiller et de tenter de la transmettre. Et c'est exactement le le sens de ce que nous avons fait avec le festival Saléra dont je vous remercie de parler. Nous sommes allés chercher nos racines galoromaines qui correspondent à l'histoire de la fondation de notre petite cité, l'histoire des carnutes et des bituriges qui se sont affrontés enogne. L'histoire de la guerre des gaules racontée par Jules César qui passa par Salbri avec ses troupes pour affronter Versetorix et nous avons tenté d'en faire une fête populaire et joyeuse qui réunit toutes les générations dans un concept d'histoire vivante où pendant 2 jours nous activons la grande machine à remonter dans le temps pour revenir 2000

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ans en arrière avec la création d'un village romain, d'un village gaulois. et l'immersion dans des batailles, dans des jeux du cirque, dans une gastronomie d'époque, dans des costumes d'époque qui est un émerveillement et un enchantement pendant 2 jours. Et c'est dont je suis assez fier, c'est que l'identité locale est un travail de résurrection ou de reconstruction mais créé à partir de rien. Et c'est ce qui fait que aujourd'hui les Salbrisiens se sentent appartenir à la tribu de Saléa comme leurs ancêtres il y a 2000 ans ou ceux qui d'ailleurs sont arrivés de plus fraîche date qu'il y a 2000 ans. Moi ma famille vient de Salb depuis 5 ou six générations mais je suis pas certain que elle soit là depuis 2000 ans. Donc on

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retrouve ensemble une forme de cohérence et de vitalité collective. Et c'est comme cela, me semble-t-il, qu'on peut combattre efficacement la désertification rurale, pas seulement avec des infrastructures dont on adore se doter dans notre pays, mais aussi avec de l'âme pour retrouver l'âme française et l'âme de nos provinces. Et alors euh maintenant euh partons sur enfin revenons un petit peu sur la question plus générale de la décentralisation et justement du rapport entre les Français disons non parisiens et la représentation nationale. Théoriquement, la France n'est pas un système proportionnel ce qui signifie que les députés sont quand même élus dans des circonscriptions, même s'il ont pas de pouvoir théoriquement associé à

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cette circonscription. euh et les sénateurs sont élus eux-mêmes par des élus locaux. Donc théoriquement, le pouvoir qui certes euh est euh concentré à à Paris euh ne devrait pas euh être euh considéré comme un pouvoir parisien. Et pourtant, c'est le reproche que font énormément de Français à la politique qui est menée, à même leur relation avec les élus, d'une certaine façon, les élus nationaux. Donc où on a l'impression parfois que voilà ce qui ce qui embête vraiment les Français, c'est de pas du tout se sentir appartenir au même au même territoire, avoir les mêmes problématiques que ces élus nationaux censés représenter des élus locaux. Comment vous expliquez cette sentiment de déconnexion un peu étrange ? Alors,

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pour moi, c'est un paradoxe apparent parce que c'est la logique institutionnelle qui euh qui l'explique. Certes, nos parlementaires sont élus localement par le mécanisme que vous avez décrit, mais dès qu'ils montent à Paris, ils sont happés. appelé par euh la bulle médiatique, par la bulle culturelle, par la bulle technique qui est elle est forcément centralisée dans notre pays. La 5e République concentre le pouvoir à Paris dans une technure et nos députés euh souvent euh votent dans la discipline de groupe et euh bien qu'ils aient toujours chevillé au au cœur leur territoire, ne rendent pas des comptes directement aux habitants. Et les meilleurs députés d'ailleurs sont ceux qui, me semble-t-il, arrivent à être suffisamment sur le terrain pour se faire attraper. et euh entendre euh les

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revendications euh de leur de leurs électeurs. Ça a été un des grands problèmes en 2017 des des députés en marche qui étaient complètement déconnectés, qui venaient d'une pseudo sociociété civile et qui ne rendait pas des comptes. Pour moi, l'un un des basculements de ce phénomène, c'est 2016 avec l'interdiction du cumul des mandats qui a été effectif à partir de 2017 puisque dès lors que vous aviez encore des députés maires qui étaient dans leur mairie sur le marché capable de se faire en guirlander par les habitants et surtout de régler pour eux des problèmes très concrets, vous aviez alors une connexion directe entre le pouvoir local et le pouvoir central. Aujourd'hui, nous vivons dans deux mondes séparés. Euh les députés n'exercent plus de fonction

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exécutives locale. Donc ils n'ont plus de responsabilité face à leurs électeurs, de responsabilité dans la décision mais uniquement dans la représentation. Et d'autre part euh la la grande armée euh des maires est euh impuissante ou peut représenter au parlement. Bien que ce soit le rôle des sénateurs, moi je n'ai pas l'impression que les sénateurs soient vraiment au contact des réalités locales puisque ce sont un c'est un filtre qui est un peu lointain par rapport aux décisions que nous nous prenons. Donc c'est un paradoxe institutionnel qui doit à mon avis se résoudre par la décentralisation. La décentralisation culturelle et intellectuelle. se dire que c'est dans les territoires, dans nos

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petites communes, dans nos régions que doivent se penser les décisions qui sont appliquées à Paris. Et ça, c'est un très très grand défi qui nous attend dans les années à venir. Et je pense que là-dessus, les différentes réformes territoriales des dernières années ont été des échecs monumentaux. Mais alors justement, comment est-ce qu'on pourrait faire en sorte que euh les euh les idées comme vous dites qui viennent euh des euh de toutes les provinces de de France, malheureusement plus de Navar, mais ça ne saurait tardé. Euh comment vous expliquez que toutes ces comment vous voudriez faire en sorte que toutes ces idées, toutes ces euh nouvelles pratiques, toutes ces adaptation même au aux particularités locales en fait puisse vraiment s'appliquer concrètement

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en fait comment on pourrait euh faire ? Est-ce que quelque part il faudrait une réforme comme avait tenté de la faire peut-être Charles de Gaulle en 1969 ? Est-ce que ce qu'il faut c'est une 6e République ? Est-ce que ce qu'il faut c'est en fait nommer des supermaires ? Est-ce qu'il faut rétablir le cumul des mandats ? Enfin, est-ce que vous avez justement des propositions en fait dans ce dans ce sens-là ? Alors 1, oui, rétablir le cumul des mandats, 2 euh changer le le mode de scrutin des députés, mais surtout euh nous autres à l'Union des droites pour la République, à l'UDR, nous sommes plutôt de cette droite républicaine, gauliste qui est plutôt de tendance jacobine et bonapartiste. Et pourtant, nous avons réfléchi à une réforme de l'organisation territoriale qui permet

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de réconcilier d'une part les nécessités d'avoir un état fort avec une nation cohérente et d'autre part d'entendre les revendications des provinces. C'est pour ça nous sommes revenus à l'archéologie du gaulisme si je puis dire à un une réflexion très importante de Michel Debré et date de 1947 dans un livre formidable qui est la mort de l'État républicain dans laquelle Michel Debré se disait que les départements hérités de 1790 étaient trop nombreux et trop petits pour assurer une action publique efficace mais que d'un autre côté les régions étaient trop grandes et que l'État avait besoin d'une échelle intermédiaire qui correspond aussi à l'histoire profonde de notre pays qui n'a pas commencé en 1790. Et pour cela,

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il avait imaginé de créer en France 50 provinces, enfin 50 départements, mais nous nous les avons renommés provinces et nous avons retravaillé sur cette carte considérant qu'il était par exemple pertinent de réunir ben le le le Haut rein et le barin, la haute Savoie et la Savoie, de réunir le doux et le Jura, de réunir chez moi l'Indre et le cher pour reformer la vieille province du Berry qui est une des plus vieilles de France et cetera et cetera en retrouvant une échelle où vous avez 5 provinces et non pas une ah Alexandre Avril son c'est province collectivité territoriale une réelle déconcentration de l'État avec un préfet par province on arriverait à une

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structure beaucoup plus cohérente et beaucoup plus puissante où dans chaque province vous auriez un président de la province un préfet de la province qui marcherait sur leur de jambes pour faire en sorte que l'action publique soit réellement efficace parce qu'au plus près mais suffisamment importante et surtout correspondant à des réalités locales et à cette âme dont nous parlions tout à l'heure, cette âme qui est éternelle en France. Alexandre Avril, bonjour. Déjà pour commencer, j'arrive en fin de course. Est-ce que je je vais me faire l'avocat du diable ? et certains auditeurs fidèles me diront que le diable n'a pas besoin d'avocat, mais bon quand même. Est-ce que mettre en place cette organisation ça ne risquerait pas justement d'accentuer un certain déséquilibre

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entre ce que donc on appellerait des provinces avec en fonction de la personne nommée mais aussi des réalités de chaque territoire ? un pays qui se mettrait avancer non pas à deux vitesses mais à 50 vitesses. Oui. Alors c'est effectivement une excellente question qui est pas du tout diabolique. Comp parce que moi je crois deux choses. D'abord que l'adaptation législative par des décrets pris par le préfet de province par exemple permettrait que dans chaque province la loi qui serait la même pour tout le territoire soit appliquée en fonction des rééalités locales. Donc déjà, ça répondrait à cette demande du sondage dont on est parti ce matin qui est l'adaptation des lois aux réalités locales. Première chose. Deuxième chose, un petit peu de compétition ne ferait

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pas de mal et dès lors que les provinces auraient plus de responsabilité, alors ce serait à ell de faire en sorte d'être les plus attractives, d'être les meilleurs pour la santé, pour donner envie d'y habiter. Ce que certains départements à ces pionniers ont fait comme la Véle sous la la houlette de Philippe Deviller, c'est d'imaginer des outils pour attirer les entreprises, pour rendre beaucoup plus efficace l'action locale qui permettent de se démarquer par rapport aux autres départements. Donc un peu de compétition ne ferait pas de mal et d'autre part ça permettrait l'adaptation aux réalités locales. Mais vous avez raison, il faut qu'on se méfie du séparatisme. Vous avez vu qui a commandé le sondage de l'iOP dont nous parlons ce matin. C'est un parti politique régionaliste

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qui prône une décentralisation qui se fait un peu contre l'État. C'est un parti régionaliste et européiste. Donc attention à pas avoir une lecture biaisée de ce sondage. Je pense qu'on doit en retenir une grande défiance des Français vis-à-vis du centre. Une fatigue de cette déconnexion technocratique qui nous accable. 95 % des ruraux dans ce sondage euh sont favorables à la décentralisation simplement parce qu'ils veulent que le pouvoir revienne un peu plus à leur échelle. Mais pour autant, moi je ne vois pas du tout dans ce sondage euh la volonté des Français de disloquer euh l'État français, de disloquer la nation française. On doit continuer tous ensemble à faire nation. Le séparatisme ne viendra pas des régions dans les

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années à venir. Il viendra d'ailleurs. Et à nous de construire cette organisation qui fera en sorte de rester une nation cohérente et en même temps de pouvoir faire revivre nos identités et nos réalités locales à travers des décisions très concrètes pour les Français. Je suis certain serait plus efficace. Alors justement sur l'origine du euh c'est il nous reste 5 minutes euh Alexandra euh euh sur l'origine du séparatisme, il y a une question qui forcément se pose, c'est que imaginons qu'on décentralise, qu'on donne plus de euh compétences effectivement euh alors à ces provinces, à ces euh départements, aux communes. Concrètement, on sait qu'il y a des zones en France qu'on appelle communement des zones de nonfance où en fait il y a des

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populations d'origine étrangère extraeuropéenne et de culture extraeuréne qui sont dominantes dans certains territoires. Est-ce que justement on risquerait pas sur ces territoires précis d'accentuer le séparatisme en laissant quelque part ses plus de pouvoirs à tous ces tous ces endroits ? Je pense pas parce que il s'agirait pas de de démanteler l'État et l'État doit continuer d'assurer ses fonctions régaliennes. Sécurité, justice, cohérence nationale. Ce dont on parle là, me semble-t-il, sont plutôt les services du quotidien. La santé, l'aménagement du territoire, les transports, le tourisme qui eux n'ont pas euh d'impact sur le séparatisme dont

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vous parlez. Donc je pense qu'il faut qu'on ait un état extrêmement ferme sur les questions régaliennes mais en même temps qu'il soit très souple. sur les questions d'organisation de la vie quotidienne et elles n'ont pas spécialement d'impact en terme en terme de de séparatisme culturel de certains territoires. C'est pas parce que dans une province on décidera de mettre davantage de de train ou de de maison de santé, on changera quoi que ce soit à la problématique de l'unité de la nation française qui doit être garantie par l'État d'une manière très ferme. C'est précisément parce que l'État aurait moins à s'occuper de tout comme il le fait aujourd'hui qu'il pourrait se concentrer sur cette mission fondamentale de rendre la justice, de garantir l'ordre et de préserver l'identité française.

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En de il nous reste 2 minutes. Question très simple et rapide. Euh on sent une vraie atmosphère de manière générale poujadiste euh dans le pays. Euh comment vous expliquer que les partis qui semblent le mieux y répondre, en tout cas qui sont plus publicités euh par ce peuple poujadiste sont des partis euh bonapartistes euh centralisateurs comme justement l'UDR et le Rassemblant national ? Ouais, parce que la colère euh poujadiste, c'est euh précisément le rejet de la technocratie, de ce sentiment qu'une élite a pris possession de tous les pouvoirs et pas uniquement des pouvoirs institutionnels, mais essentiellement aussi des pouvoirs médiatiques et des pouvoirs culturels qui partout nous viennent de Paris. Moi je pense que ni l'UDR ni le RN sont sourd à ces signaux. Bien au contraire,

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nous nous les ressensons dans une logique qui est plutôt constructive. Euh nous sommes certains que la France n'a rien à craindre de ses identités locales, mais qu'au contraire, elles sont ses racines, elles sont ses forces vives. Et être bonapartiste ce n'est pas écraser la diversité locale. C'est unir la nation autour d'un projet, d'un projet commun. C'est le sens de ce que nous portons dans notre dans notre programme, mais de croire aussi que la République est sociale et qu'elle est provinciale et donc elle doit s'affirmer aussi par euh cette organisation que je vous décrivais tout à l'heure qui est le contraire du séparatisme. C'est précisément parce que nos identités sont bien définies que nous pouvons travailler ensemble et combattre le vrai séparatisme qui est aujourd'hui le

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séparatisme islamique qui lui n'est pas hérité de notre vieille tradition, de notre vieille histoire française et qu'il nous sera d'autant plus facile de rejeter que nous ne serons pas devenus une nation abstraite déconstruite et déconnectée de nos identités profondes comme l'identité galoromaine que j'essaie de faire revivre à Salbri précisément pour nous rappeler ce que nous sommes et vers où nous allons. Je pense que c'est là notre objectif politique à tous, qu'on soit maire, qu'on soit député ou président de la République. On finit sur ces belles paroles. Merci Alexandre de Galzin d'avoir mené cet entretien. Merci à vous Alexandre Avril de nous avoir donné un peu de votre temps. On vous souhaite beaucoup de courage et de réussite pour la suite de votre mandat à Salb qui est déjà une

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réussite et on espère pouvoir vous retrouver bientôt pour aborder le sujet de la décentralisation ou bien d'ailleurs ce ce magnifique chantier que vous avez entrepris à Salbri. À très bientôt.