Marion MARÉCHAL : CAP, 2022 et avenir de la DROITE | BV - L'entretien
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Marion Maréchal, bonjour.
Bonjour.
Vous avez fondé le Centre d'analyse prospective, un think tank comme on dit dans la belle langue anglo-saxonne. Concrètement, c'est quoi le but de ce think tank ?
Oui, un laboratoire d'idées comme on dirait en français. L'idée c'est de développer le pôle recherche finalement de l'ICEF, qui a déjà un pôle formation avec la formation continue et le magistère, et donc de contribuer au débat d'idées, public bien évidemment, politique bien sûr, en s'emparant de sujets qui, selon moi, de manière très discrétionnaire, sont peu ou mal exploités. Donc l'originalité finalement de ce laboratoire d'idées, elle viendra moins sur le modèle.
On peut retrouver des grands think tanks aujourd'hui, que ce soit l'Institut Montaigne, l'IFRAP, Fondapol ou autre, mais elle viendra, cette originalité, plutôt des sujets dont on s'emparera et des contributeurs bien sûr qui seront associés.
Alors, ce think tank a été lancé notamment parce que vous avez fait le constat finalement que les partis politiques sont un modèle sans doute dépassé. On l'a vu récemment avec La République En Marche, qui a perdu ses différents cadres, qui a perdu Pierre Persson, le numéro 2, mais que personne ne connaissait en fait, en réalité, qui est député de Paris. Ils ont perdu également Aurore Berger. Enfin bref, un nombre de cadres de La République En Marche s'en est allé, comme si finalement ce parti était en fait une espèce de quitte jetable, donné Emmanuel Macron le temps de se faire élire, et finalement maintenant qu'il ne sert plus à rien.
– Je fais un constat, je pense que tout le monde voit, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on assiste au dépassement, d'une certaine manière, des partis politiques, dont Emmanuel Macron était l'un des symptômes, et non pas, je pense, le catalyseur en tant que tel. D'ailleurs, je le déplore, je tiens à le dire, parce que je pense malheureusement, en tout cas, qu'une démocratie représentative ne peut pas fonctionner sans des partis politiques structurés.
D'une certaine manière, on peut reconnaître aux partis politiques des défauts, des vices, des limites, mais ils sont aussi indispensables au bon jeu démocratique, parce qu'évidemment, ils coordonnent, ils organisent, ils permettent le débat intellectuel, l'organisation de ce débat intellectuel, et puis la clarification de ce débat intellectuel en les incarnant. Donc je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne nouvelle, mais c'est un état de fait.
Aujourd'hui, les partis politiques sont en perte de vitesse, ça tient aussi à la génération, je pense que l'esprit militant s'en est allé dans la société aujourd'hui, on voit auprès de la jeunesse, on passe d'une jeunesse des années 60, 70, 80, qui était souvent une jeunesse très idéologisée, dans le bon ou dans le mauvais sens du terme, on rêvait de communisme, on rêvait de libéralisme, on rêvait d'Europe, on rêvait de Gaulle, qu'importe. Aujourd'hui, on voit bien que les grandes idéologies sont mortes, les rêves sont difficiles à trouver, et donc du coup, les structures intellectuelles aussi sont difficiles à voir émerger.
Et donc, sur toutes ces difficultés, je trouve qu'il est intéressant d'avoir des structures libres, apartisanes, telles que le centre d'analyse et le prospectif de l'ICEP, qui émergent, et qui donc compensent d'une certaine manière ce manque, avec l'avantage de pouvoir associer des personnes, des intellectuels, des spécialistes, des professeurs, qu'importe, des praticiens, qui viennent d'horizons très variés, et qui du coup, ne sont pas enfermés dans une posture doctrinale.
Comment réintéresser les gens, justement, à la vie politique, au fait d'aller voter, au fait, finalement, tout simplement, de croire en un bien commun, en un bien supérieur, qui soit autre que l'expression des désirs de ces minorités ?
Alors, je ne vais pas, malheureusement, avoir la réponse à moi toute seule, avec le cap de l'ICEP ou avec l'ICEP, même si on essaye d'y contribuer à, parce que je pense que là, derrière, il y a d'autres questions qui se posent, sur des questions d'incarnation, la question aussi que des partis politiques vieillissants qui ont du mal à se renouveler, notamment, je pense, à LR et aux partis socialistes. Enfin, voilà. Donc, il y a plein de questions dans votre question, si je puis dire. Mais ce qu'on peut aussi poser, à travers le think tank, la question des institutions, qui est aussi, en fait, au cœur du débat. On parle beaucoup de proportionnel aujourd'hui.
C'est vrai que moi, je suis plutôt attachée à l'idée d'un mode de scrutin majoritaire à un tour, qui m'apparaîtrait plus intéressant que la proportionnelle, qui, évidemment, réinstalle la prédominance des partis dans le jeu électoral. Mais se pose la question des institutions. Je veux dire, on peut être provocateur et dire aujourd'hui, est-ce que, par exemple, la Vème est encore un système adapté ? La Vème République, c'est un système qui n'existe en Europe qu'en France. On voit bien qu'aujourd'hui, il n'y a plus de pouvoir tampon entre le président et le peuple. Le Sénat n'existe pas, l'Assemblée n'existe pas, le gouvernement existe très peu, le Premier ministre existe encore moins.
Et tout ça fait que le président de la République porte la charge politique, positive ou négative, seule face au peuple. Alors, c'est très séduisant symboliquement, c'est l'héritage de la monarchie, c'est l'héritage de De Gaulle. Évidemment, je n'y pas tout ça. Mais quand vous avez deux chaînes de télévision que vous contrôlez à moitié, ça peut fonctionner. Alors, des réseaux sociaux, si vous voulez, nécessairement, au bout de six mois d'exercice de pouvoir, cette charge politique est peut-être trop lourde à porter, d'une certaine manière. Et est-ce qu'elle contribue, en plus, à la bonne représentation des corps intermédiaires, des territoires ? Je n'en suis pas tout à fait convaincue.
Donc, on arrive aujourd'hui au constat, malheureux, qu'après, en plus, les différents bidouillages constitutionnels, on a à la fois un pouvoir exécutif extrêmement fort, peut-être le plus fort qui existe, d'ailleurs, dans les démocraties, et en même temps, terriblement impuissant, quand on voit l'incapacité à faire se mouvoir ce pays et à engager des réformes structurelles.
Vous avez fait le tour des médias, Marion Maréchal, cette semaine. Parmi tout ce que vous avez dit, il y a une chose qui revenait assez régulièrement. Quand même, on a l'impression, dès que vous revenez dans les médias, vous actez, si on peut dire, le décès des Républicains, du Parti des Républicains. Est-ce que c'est une réalité ? Est-ce que cette droite, justement, qui s'est fait un petit peu avaler par Emmanuel Macron, n'a plus d'avenir, en fait, dans ce pays ? Et à ce moment-là, où est-ce que la droite aurait de l'avenir ?
Je ne sais pas si je viens acter le décès des Républicains, mais je fais un constat, qui est qu'aujourd'hui, Christian Estrosi donne un coup de pied dans la fourmilière, d'une certaine manière, et accélère un processus, qui est un processus de décomposition, que tout le monde peut voir depuis des années.
Et c'est vrai que ce qui va manifestement se profiler, après, en politique, vous savez, les choses peuvent évoluer très vite, mais c'est qu'entre la perspective pour les LR, si les sondages se maintiennent telles qu'elles sont aujourd'hui, cette perspective de faire 12 ou 13% et la perspective de pouvoir rallier le pouvoir en place et éventuellement sauver des circonscriptions, voire obtenir des sous-secrétariats d'État, je ne sais où, évidemment que vous avez, malheureusement, une partie probablement non négligeable des élus nationaux, sénateurs ou députés qui rejoindront Emmanuel Macron. On l'a déjà vu des phénomènes municipales, on l'a vu au niveau des régionales.
Reste à savoir comment va s'organiser cette partie restante de LR, qui, à mon avis, est non négligeable au niveau local et qui existe aussi en partie au niveau national, comment elle va s'organiser face à ce phénomène. Voilà, c'est ce qui m'intéresse. Et peut-être, du coup, contribuer à un déblocage de ce cordon sanitaire ou en tout cas faire un peu bouger les lignes. Là, je n'ai pas la réponse et je ne suis pas LR. Après, vous connaissez ma position depuis longtemps là-dessus.
Moi, j'aurais aimé, mais depuis longtemps déjà, que la droite sorte de cette espèce de posture morale du cordon sanitaire pour créer des coalitions au cas par cas intelligentes et donc ne plus retrouver la victime collatérale des majorités d'Union de la Gauche qu'on voit s'exercer à tous les niveaux.
Débloquer le cordon sanitaire, oui, notamment vis-à-vis du Rassemblement national. En tout cas, c'est toujours ce blocage, ce plafond de verre qui existe entre le Rassemblement national et les Républicains. Mais comment faire exploser ce cordon sanitaire dans la mesure où le Rassemblement national, en tout cas Marine Le Pen et son entourage, ne jugent pas nécessaire justement de faire, pourquoi pas, des coalitions et sortir finalement le Rassemblement national de ce cordon sanitaire ?
Alors, je ne vous cache pas que je marche sur des oeufs parce que dès que je dis un mot sur le Rassemblement national, immédiatement, j'ai le droit à 10 articles expliquant que j'étrie, que je fais la guerre, que je règle des comptes, que voilà. Donc, je préfère le dire en amont. Je ne suis pas là pour faire la guerre au Rassemblement national. Ça ne m'intéresse pas du tout et je suis encore moins là pour faire des attaques personnelles ou répondre à des attaques personnelles. Mon propos, il est uniquement d'ordre politique et stratégique et ça surprendra d'autant moins que c'est des propos que je tenais déjà quand j'étais députée à l'intérieur du Rassemblement national.
Donc, j'espère faire preuve de cohérence là-dessus. Et une fois de plus, je le dis et je le répète, je considère que le Rassemblement national est indispensable dans le dispositif. Rien ne peut être fait contre lui. Je dis juste qu'il n'est pas suffisant à l'état actuel pour espérer ou s'assurer d'un basculement politique majeur. Alors, vous allez dire, je pleure sur les peaux cassées. Je considère qu'il y a eu un moment politique intéressant qui était le moment où, je ne sais pas si vous vous souvenez, de cette guerre des chefs chez les Républicains où on avait assisté à une fracturation entre Copé et François Fillon.
C'est vrai qu'à ce moment-là, on voyait bien qu'il y avait un problème de leadership dans cette droite dite parlementaire et qu'il y avait probablement une opportunité de pouvoir incarner un recours, notamment dans cette famille politique-là, pour cette famille politique-là.
Un problème de leadership surtout lié au départ de Nicolas Sarkozy, en fait, plus que pour des questions idéologiques, a priori.
Oui, oui, je suis d'accord. Mais ce que je veux dire, c'est qu'en tout cas, il y a eu un moment politique, un peu comme en Italie quand Berlusconi a perdu la main, c'est le créneau qui a pris la Lega, de dire finalement, on devient un recours, on remplace, c'est-à-dire cette droite défaillante qui a tout lâché, qui a tout abandonné sur l'identité, sur la souveraineté, sur la défense de notre histoire.
Et c'est vrai qu'à ce moment-là, il y a eu des divergences de stratégie, avec notamment à l'époque Florian Philippot, qui n'est pas dénué de talent par ailleurs, mais qui lui considérait qu'il fallait plutôt s'adresser à cet électorat mélenchoniste pour caricaturer un peu, mais disons que lui qualifiait de gauche souverainiste, au moment où Mélenchon avait un peu mis le haut là, c'est vrai, sur les questions identitaires et communautaires.
Bon, je n'étais pas tout à fait dans cette idée-là, je considère évidemment qu'un parti doit s'adresser à tous les Français, mais que mécaniquement, il y avait plus de passerelles évidentes avec une partie de ces électorats de droite orphelins sur des sujets tout à fait fondamentaux. Et aujourd'hui, on voit bien qu'en réalité, l'électorat de Mélenchon se cristallise autour d'une forme d'électorat à la fois communautaire, bobo, comme on dit aujourd'hui dans les centres-villes, et que donc le chemin est plus long.
Voilà, après, c'est vrai que du coup, aujourd'hui, il est parfaitement inenvisageable de penser qu'on puisse faire une alliance LR-RN dans l'état actuel des choses, mais c'est vrai que de manière ponctuelle, de manière locale, ça aurait été intéressant, à mon avis, de travailler à cela. Est-ce que c'est encore possible aujourd'hui ? Je ne le sais pas, je ne suis pas sûre, vous avez raison, que le RN considère qu'il faille plus parler à certains élus de LR qu'à d'autres, donc après, c'est leur choix, mais là-dessus, une fois de plus, je ne suis pas dans l'arène, donc on peut dire que c'est facile pour moi de donner des leçons, mais ce n'est pas faux d'une certaine manière.
Ça s'appelle la métapolitique. Il y a un créneau, pour les différents créneaux de 2022, il y aura a priori un gros centre orléaniste avec Emmanuel Macron ou en tout cas quelqu'un de la Macronie, il y aura peut-être une coalition de gauche, peut-être pas, en tout cas c'est en cours, à droite, le RN, c'est quoi le principal danger finalement ? Le pire danger, ce serait de réélire Emmanuel Macron ou de faire élire une sorte d'ayatola vert comme on a pu le voir dans les différentes polémiques juste après les municipales ?
Alors c'est toujours un peu compliqué de se projeter 18 mois avant une élection sur le résultat. Moi je me méfie toujours des gens qui ont beaucoup de certitudes dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs parce que rien n'est jamais écrit et toutes les élections présidentielles ont démontré que les scénarios pré-écrits à l'avance avaient tous été démentis. On peut voir beaucoup de choses qui viennent perturber le jeu en cours tel qu'il se profile. On peut y imaginer en effet une union de la gauche, pourquoi pas autour d'Anne Hidalgo. Mélenchon lui-même n'a pas affirmé qu'il irait pour l'instant à la présidentielle.
Chez les LR c'est très confiant aussi parce que certains plaident pour une primaire et donc on peut espérer dans ce cadre-là que Bruno Retailleau par exemple puisse émerger mais dans le même temps que Xavier Bertrand a déjà annoncé qu'il manifestement ne passerait pas par la primaire et irait en tout état de cause.
Vous espérez que Retailleau soit candidat ?
En tout cas je trouve que Bruno Retailleau était le gain d'intéressant. Reste à savoir quelle est sa liberté aujourd'hui à l'intérieur du parti eu égard aux responsabilités qu'il a en tant que président de groupe au Sénat. Donc bon, c'est toujours un peu compliqué. Voilà, mais en tout cas on voit bien que ça va être la confusion que Nicolas Sarkozy est un peu en embuscade malgré tout. On peut toujours spéculer mais en tout cas on voit la scénarisation de la sortie de ses livres. Voilà, le jeu qu'il continue à jouer à l'intérieur de LR dont il ne s'est pas totalement écarté manifestement. Il faut rappeler aussi que le premier tour se joue dans un mouchoir de poche.
Souvenons-nous qu'aux dernières élections présidentielles finalement l'écart il était relativement restreint entre un François Fillon qui s'était fait pourtant étrier pendant la campagne Marine Le Pen qui accède au deuxième tour et puis Mélenchon qui n'est pas si loin derrière donc aujourd'hui avec les jeux tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui et puis les abstentions fortes. Voilà, donc rien n'est écrit rien n'est acquis et donc en effet on n'est pas totalement à l'abri de voir émerger une forme d'union de la gauche comprenant les écolos qui finalement double Macron par sa gauche.
Donc voilà, c'est vrai que moi le seul propos que je veux tenir c'est de dire qu'on ne peut pas affirmer que les choses se passeront telles qu'elles doivent s'affirmer et qu'il y aura peut-être et puis d'ailleurs Bigard en est une démonstration aussi alors à la marge mais qui peut remettre les équilibres en jeu.
Alors Marion Maréchal on a évoqué Nicolas Sarkozy est-ce que c'est pas ça le problème justement à gauche ça fonctionne par coalition et par alliance à droite on est marqué par la culture l'image du chef est-ce que le problème finalement des républicains c'est pas que finalement son chef historique et naturel soit toujours et malgré tout Nicolas Sarkozy et que son incapacité en tout cas ou son absence de volonté on ne sait pas revenir sur le devant de la scène c'est pas ça en fait qui bloque aussi le jeu politique à droite.
Ah bah probablement que notre héritage culturel notre inconscient dans la famille de droite au sens large contribue c'est vrai à vouloir incarner à tout prix dans une personnalité qui serait celle du chef de l'homme providentiel c'est certain que ça joue après c'est vrai que je pense qu'il faut peut-être se défaire un peu de cette idée là surtout par les temps qui courent le plus intéressant est d'abord d'élire une équipe peut-être avant même d'élire un chef qui aurait toutes les vertus donc la première à mon avis la première étape c'est déjà de construire cette équipe d'incarner cette équipe que les français puissent se projeter dans cette équipe et dans cette coalition de talents et de compétences et aussi d'être capable d'aller au-delà de son propre parti de son mouvement pour la construire cette équipe parce qu'il est indéniable qu'on ne peut pas créer des coalitions et faire 50 plus 1 sans associer des gens avec qui on n'a pas partagé toujours tous les combats ou combattu toujours dans exactement les mêmes tranchées c'est le jeu du pouvoir ça ne veut pas dire compromission du tout mais ça veut dire être capable de rassembler autour d'une vision sur les sujets essentiels c'est un vrai défi et la droite étant systématiquement dans la course à courir derrière la gauche à s'excuser des injonctions morales de la gauche on le voit d'ailleurs sur l'affaire Obono une fois de plus la démonstration incroyable de ces cadres de droite qui systématiquement se laissent embarquer dans cette polémique et tapent avec la gauche sur ce média de droite bon on voit qu'il y a encore du chemin à faire même si petit à petit le réarmement psychologique opère quand même malgré tout chez une partie d'entre eux heureusement
alors oui la polémique valeurs actuelles au Bono finalement c'est encore la preuve par deux en fait que la droite est encore soumise culturellement à la gauche
oui bah c'est une des démonstrations en effet qu'il réagit systématiquement dans l'émotion c'est la force aujourd'hui de la gauche de manière générale c'est qu'ils sont dans l'émotion quand la droite aime bien être dans la raison donc c'est vrai que c'est compliqué de se battre sur le terrain de l'émotion et de réagir sur le terrain de l'émotion mais Dieu sait qu'il y avait là des choses à dire sur les indignations à géométrie variable entre d'un côté comment dire la défense sans limite de la liberté de la presse en ce qui concerne Charlie Hebdo et puis des préventions qui existent lorsqu'il s'agit d'un média de droite le fait que le parcours même de Madame Mobono ne plaide pas en sa faveur enfin je veux dire ce n'est pas non plus un concentré de tolérance de républicanisme voilà donc c'est vrai que le fait qu'on puisse être heurté par une image ne veut pas dire qu'il ne faut pas tolérer dans une démocratie la caricature l'humour l'ironie le sarcasme et puis si vous voulez moi je suis toujours un peu gênée par ces postures parce que alors peut-être parce que moi-même j'ai été grimée 500 000 fois en fasciste et en nazi pour le coup sans ironie aucune mais si vous voulez quand vous rentrez dans le jeu politique vous êtes sur un ring de boxe donc par principe vous acceptez de prendre des coups et d'en donner c'est le jeu moi je suis toujours très mal à l'aise avec ceux qui montent sur le ring qui donnent des coups sans problème parce que quand Madame Mobono dit que déplore que Monsieur Castex soit un blanc quand il est nommé Premier ministre elle donne un coup indéniablement coup bien raciste d'ailleurs mais puis dès qu'elle risque de prendre un coup elle dit ah bah non moi vous pouvez pas me donner un coup parce que d'un coup moi je suis une femme un coup je suis une minorité racisée comme disent les indigénistes ou un coup moi je suis une minorité sexuelle vous voyez non seulement c'est déloyal mais par ailleurs c'est totalement stérilisant pour le débat public et la droite au lieu de pointer ses contradictions et bien elle retient ses coups et alors qu'elle en prend évidemment toute la journée dans la tête voilà donc c'est vrai que je trouve que le réel devrait appeler un peu plus de vigueur et de courage dans les réactions c'est certain
Marion Maréchal