Le discours en intégralité de Bruno Retailleau après sa victoire à la présidence des Républicains
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Amis Michel Barnier, Bruno Retailleau, qu'on écoute. Je voudrais ce soir vous remercier du fond de mon cœur, ceux qui m'entourent tout près. Je voudrais aussi m'adresser à tous les amis de Métropole, mais aussi de l'Outre-mer que je n'oublie pas et qui est cher à mon cœur. Dans cette campagne, je crois que nous avons fait se lever un vrai espoir. Et ce soir, cet espoir, nous l'avons transformé en victoire, en une belle victoire, je crois. Mais cette victoire, c'est la vôtre. Je veux la dédier vraiment à tous ces militants qui m'ont beaucoup soutenu, qui m'ont porté depuis le départ. Et cette victoire, je voudrais en faire le serment, en prendre l'engagement ce soir.
Elle sera suivie évidemment de bien d'autres victoires. Je veux d'abord saluer, remercier les premiers artisans de cette première victoire. Vous me permettrez d'abord de me tourner vers tous les fidèles qui m'ont encouragé, qui m'ont soutenu. Ils sont nombreux. Je voudrais avoir un mot pour Hotman, mon directeur de campagne, qui a été un formidable directeur de campagne. Je voudrais avoir aussi un mot particulier pour tous les militants, bien sûr, mais aussi nos élus, nos parlementaires, les premiers d'entre eux, Gérard, mais aussi Michel, qui ne l'est pas, mais qui m'avait choisi comme ministre de l'Intérieur.
J'ai eu la chance et j'ai eu l'honneur de servir à ses côtés quand il était Premier ministre. Et je voudrais aussi avoir un mot et une mention spéciale à cette jeune génération, à tous ces jeunes qui m'ont accompagné, qui se sont mobilisés, que j'ai beaucoup vu dans les meetings. Ils se faisaient ces dernières années de plus en plus rares. Et vraiment, je voudrais leur dire que c'est aussi à eux que je dois cette victoire, à tous les élus, à tous les parlementaires, à tous nos militants. Et je sais vraiment ce que je leur dois. Mais je veux plus largement remercier tous les militants. Et je dis bien tous les militants, tous, quels qu'aient été leur choix hier et aujourd'hui.
Pour moi, c'est important parce qu'à chacun, je veux dire ceci. Vous pouvez être fiers. Vous pouvez être fiers parce que vous avez déjoué les pronostics. Vous avez fait mentir les prévisions de celles et de ceux qui prédisaient pour notre famille politique, pour la droite, en réalité, une sorte de mort prématurée. Vous les avez fait mentir puisque aujourd'hui, nous avons eu des adhésions par milliers, une participation extraordinaire, 80% de participation. Et vous avez fait, en réalité, vous avez apporté concrètement la preuve que la droite est bien vivante et qu'elle est ce soir debout. Vraiment, vous pouvez en être fiers. Je veux évidemment aussi saluer Laurent.
Saluer aussi ses soutiens qui ont fait à ses côtés campagne. Et je sais pour avoir conduit cette campagne, pour en avoir conduit bien d'autres, ce qu'une campagne peut avoir d'exigeant. Et je sais qu'il s'est beaucoup donné dans cette campagne. Il pourra donner, je le pense, encore beaucoup pour notre mouvement. Je le souhaite sincèrement parce que je veux rassembler largement toute notre famille politique. Et je le redis, je n'ai cessé de le répéter pendant tous ces jours de campagne, ces jours et même ces semaines, elle était longue, la campagne. Dans cette campagne, je n'avais pas d'adversaire. Nos seuls adversaires, c'est la gauche mélenchonnisée.
Cette gauche mélenchonnisée qui veut finalement communautariser la République, qui veut toujours plus diviser, qui veut toujours plus archipéliser la France. Et c'est à eux que nous devons réserver nos coups. C'est eux qu'il nous faudra désormais combattre. Pour tout le reste, pour tout le reste, pour tout ce qui nous a fait tant de mal, toutes ces divisions, toutes ces dichirures, toutes ces querelles aussi, tout cela, ce soir, c'est terminé. Une page se tourne et ce soir, la droite doit commencer à écrire une nouvelle histoire. Oui, mes amis, quelque chose de nouveau va ce soir se lever et va commencer.
Je voudrais justement prendre vis-à-vis de ma famille politique, mais bien au-delà, trois engagements. Le premier, c'est que je veux qu'il y ait une place pour chacun et pour tout le monde. Une place pour tous les militants d'abord. Je l'ai dit tout au long de ces semaines, je veux rendre le parti à nos militants. On ne peut pas composer, construire, bâtir demain un grand parti populaire si on ne donne pas la parole, la décision aux militants par des référendums internes. Je veux leur donner un bulletin pour décider et une voix aussi pour pèser au sein de notre parti. C'est vous, les militants, vous, les militants de toujours, qui êtes les sociétaires du parti.
Mais je veux aussi avoir un mot parce que c'est ma fierté dans cette campagne pour ces militants qui nous avaient quittés et qui sont revenus. C'est ce que j'avais souhaité et pour moi, c'est fondamental parce que ça veut dire quelque chose. Ce que nous avons dans cette campagne réussi, faire revenir à nous des militants qui s'étaient écartés de LR, de notre famille politique, eh bien demain, si ça a été possible avec des militants, ça le sera. J'en suis certain avec des électeurs pourvu qu'on tienne une ligne, une ligne qui soit une ligne claire. C'est ce que je veux construire dans les mois et les années à venir. Je veux aussi qu'on réserve une place pour les talents.
Et croyez-moi, quand on regarde autour de nous et même au-delà de cette pièce, les talents, la droite n'en manque pas. Ce sera à nous de les valoriser. Ils sont élus. J'ai rencontré d'ailleurs en sillonnant la France beaucoup de jeunes maires, cette nouvelle génération que je veux aussi faire monter vers de nouvelles responsabilités. Mais je pense qu'ils devront, nous devrons valoriser chacun. Ma conception de la politique, c'est que la politique, ce n'est pas un chemin solitaire. La politique, au contraire, c'est une très belle aventure collective que nous avons commencée il y a déjà quelques jours.
Pour moi, c'est un chemin qui sera sans doute rude, mais c'est un chemin d'espoir, comme cet espoir qui s'est levé il y a plusieurs mois. Le deuxième engagement que je veux prendre, c'est remettre le parti au travail. Vous savez que pour moi, la politique, et l'honneur même de la politique, ce sont les idées, ce sont les convictions. Je pense que le combat politique est aussi un combat culturel. Seul compte ce combat pour les idées. J'ai toujours pensé que si on veut gagner demain dans les urnes, il faut aussi qu'on gagne les cœurs et les esprits, et que les victoires idéologiques précèdent toujours les victoires politiques. Alors il va falloir se mettre au travail.
Se mettre au travail très vite pour que nous puissions imaginer de nouvelles idées, que nous puissions proposer de nouvelles propositions, de nouvelles solutions aux Français qui les attendent. Et je pense qu'il va falloir que nous parlions de tout. Il y a des sujets sur lesquels nous sommes à l'aise, sur lesquels nous avons parfois rebâché. Mais aussi il y a des nouveaux chantiers, des nouveaux sujets à défriger. Nous ne devons en écarter aucun. Donc parler de tout et surtout parler à tous.
Ce que je veux porter dans les mois, dans les années qui viennent, c'est les préoccupations d'une France qui est la France de la majorité silencieuse, la France souvent des oubliés, la France surtout des honnêtes gens. Cette France, elle ne fait pas de bruit. Les hommes et les femmes politiques ne l'écoutent plus parce que c'est la France silencieuse. C'est une France qui travaille dur, qui élève bien ses enfants. C'est une France qui croit, qui croit au mérite, qui croit à l'effort. Eh bien, je veux que nous portions la voix de tous ces Français.
Je veux que nous puissions incarner ces choix, les choix de ces millions de Français qui eux aussi croient profondément, comme nous-mêmes, à la France, à notre patrie avant le parti. Et pour moi, c'est fondamental. Le troisième engagement, ce sera de construire, là encore, un parti qui souhaite à même de gagner des élections. Un parti, ça doit réfléchir. Ça doit proposer aux Français des idées nouvelles, bien sûr. Décider un espoir, dessiner une perspective. Mais un parti, c'est fait aussi, pas seulement pour réfléchir, mais pour gagner des élections. Et les élections, il y en aura dans quelques mois, notamment les municipales.
Et je veux faire se lever, bien sûr, une belle vague bleue pour tous les territoires, pour toutes nos communes, les villages, mais aussi les villes. Je pense que c'est possible et nous allons nous y attaquer très, très rapidement. Et puis, il y aura, bien entendu, d'autres batailles électorales. Nous aurons le temps d'en parler. Il y aura, bien entendu, les présidentielles. Mais si nous voulons avoir la moindre chance de gagner demain les présidentielles, alors consacrons-nous d'abord à la définition de ce projet. Portons ces idées nouvelles et gagnons aussi les élections municipales. C'est ce qu'attendent de nous beaucoup de Français. Je pense que ces victoires, nous pouvons les obtenir.
Je dirais même beaucoup plus. Nous devons les obtenir. Nous devons les obtenir parce que, mes amis, la France ne penche pas à gauche. La France penche à droite. Et nous sommes la droite. La droite que je veux reconstruire, c'est une droite fière. Et cette droite, ne le soyons pas à moitié. Je ne veux pas d'une droite à mi-temps. Je veux d'une droite donc fière, courageuse. Une droite aussi audacieuse, solide, crédible et sérieuse. Je pense que c'est fondamental. C'est là qu'on nous attend. C'est cette droite-là qui, ce soir, est de retour pour les Français que nous servons et pour la France que nous aimons tant, notre patrie, cette belle France.
Alors, mes amis, oui, vive la République et vive la France. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Bruno Retailleau