Stratégie vaccinale, candidature de Xavier Bertrand à la présidentielle, propos polémiques d'Audrey Pulvar... Le "8h30 franceinfo" de Christian Jacob
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Bonjour Christian Jacob, nous sommes donc revenus 4 mois en arrière dans les services de réanimation, le nombre de patients vient de dépasser le pic qui avait été observé lors du mois de novembre. Le mois dernier, vous disiez qu'Emmanuel Macron avait eu raison de ne pas reconfiner le pays, diriez-vous la même chose aujourd'hui ?
Oui, je pense que le confinement, si on n'a pas la capacité de tester, or là on n'a pas sous-généralisé les tests de manière suffisamment importante, d'isoler et de vacciner. L'intérêt du confinement, c'est si effectivement on est en capacité d'isoler immédiatement, or confiner pour réouvrir ensuite, on voit bien qu'on stoppe la diffusion du virus et elle redémarre de manière très accélérée.
En revanche, le reproche que l'on a fait depuis le début, c'est comment on a pu avoir autant de retard sur la vaccination, sur la généralisation des tests, et on le voit notamment dans les écoles, pourquoi ne pas tester à grande échelle, pourquoi sur les lits de réanimation, alors que le constat a été fait il y a plus d'un an par le ministre de la Santé qui lui-même avait expliqué qu'il fallait passer à 14 000, alors il y a eu 14 000, 12 000 lits, la réalité c'est que depuis plus d'un an maintenant, rien n'a été fait dans ce domaine. Et le confinement, c'était le constat d'échec sur tout cela.
Alors on pouvait imaginer qu'on aurait été capable de monter beaucoup plus en puissance sur la vaccination, sur les tests, sur la capacité à isoler les personnes affectées. Est-ce que ce serait encore un constat d'échec aujourd'hui si le pays tout entier était reconfiné ? Oui, je pense qu'il faut absolument qu'on arrive à trouver les solutions hautes, c'est le dernier recours, on le sait bien, parce qu'on va remettre tout le pays sous cloche. Si on ne répond pas encore une fois sur les autres éléments, malheureusement ça ne changera pas grand chose.
La priorité, ça doit être celle du vaccin, il semble que les choses soient en train d'évoluer, puisqu'on nous annonce des arrivées massives de vaccins, mais j'entendais encore une information hier, on nous disait qu'il y avait 3 millions de doses en stock, on se demande mais pourquoi on a 3 millions de doses en stock ? Si effectivement on est capable de se démultiplier très rapidement sur la vaccination, sur les tests également, je ne vois pas pourquoi on ne passe pas à grande échelle aux tests salivaires. Alors on peut contester...
On teste beaucoup déjà en France, Christian Jacob, on est l'un des pays qui teste le plus.
On a notamment sur les tests, d'abord on l'a fait avec énormément de retard par rapport à nos pays voisins, et je pense que sur les écoles par exemple, on pourrait très bien imaginer de tester tous les 48 heures par des tests salivaires.
Alors pour qu'on comprenne bien, vous aujourd'hui vous dites quoi ? Vous êtes donc à la tête des Républicains, vous dites qu'il faut reconfiner le pays ou pas aujourd'hui ? La décision doit être prise cette semaine.
Oui bien sûr, non je pense que ça n'est pas la bonne solution. En revanche, ce que je vous dis c'est que je ne comprends pas toujours le retard, même si je pense que les choses sont en train, encore une fois, de s'améliorer sur le taux de vaccination, ça n'est pas le cas encore aujourd'hui, ça n'est pas le cas. La France est dans la moyenne européenne en vaccination, sachant qu'on a tous le même nombre de doses en proportion. Un retard énorme, c'est-à-dire au mois de décembre, le Premier ministre nous annonçait d'ici le printemps, donc l'arrivée du printemps c'était la semaine dernière, 15 millions de vaccinés. On est très loin de ces chiffres-là.
Les contrôles aux frontières, il y a un an que nous les avons demandés, au mois de février, il y a plus d'un an, au mois de février 2020, on demandait un contrôle strict aux frontières de façon à s'assurer qu'il y ait les tests PCR ou la vaccination, mais il y a un an on ne parlait pas de vaccination, mais qu'il y ait des tests qui soient faits systématiquement. Tout cela n'a pas été fait.
Vous parlez de quelles frontières Christian Jacob ? Parce qu'au niveau européen, les frontières de Schengen, elles sont fermées. Il faut un motif impérium ou un test PCR ?
Il y a un an, on nous l'a demandé, le président de la République nous avait répondu de manière ironique en expliquant que le virus n'avait pas besoin de passeport. Ce n'est pas moi qui l'ai dit, c'est lui. Mais là aujourd'hui c'est le cas. Oui, d'accord, mais simplement un an après. On peut toujours nous demander ce qu'on l'enferait aujourd'hui, mais moi je veux rappeler aussi que quand la droite quitte le pouvoir, il y a 1,4 milliard de tests en stock, de masques en stock, les masques ont disparu, donc effectivement les choses n'auraient pas été de même nature. La généralisation des tests, il y a plus d'un an que nous la demandions.
La généralisation des contrôles aux frontières, il y a plus d'un an que nous le demandions. Tout cela n'a pas été fait, a été fait avec 6 mois, 8 mois, 1 an de retard.
Vous regardez dans le passé, Christian, mais l'urgence cette semaine, c'est les écoles. Est-ce qu'on les ferme ou pas les écoles ?
Les écoles, moi je suis favorable à ce qu'on les maintienne ouvertes le plus possible, que l'on puisse notamment sur les lycées peut-être faire des cours par distanciation. En tout cas, ils sont à moitié à distance aujourd'hui. Voilà, qui puissent être faites s'il y a des voies de communication. Alors pourquoi je dis sur les lycées ? Parce que je mesure bien ce que cela représente comme conséquence pour les lycéens en matière d'isolement. D'un autre côté, il n'y a pas besoin des parents pour le garder, pour garder les enfants. Donc c'est plus facile de le faire sur les lycées que de le faire sur les écoles primaires.
La vaccination des personnels enseignants, pourquoi a-t-on autant de retard ? Et n'avons-nous pas considéré comme prioritaire l'ensemble de la chaîne des personnels ? Parce qu'on a suivi les recommandations de la Haute Autorité de Santé qui ont été présentées. Et fin décembre, devant vous, à l'Assemblée nationale, et qui disaient qu'on commence par les plus âgés et par les comorbidités. C'est le politique qui décide. Vous m'interrogez, je suis un responsable politique. Moi, je prends mes responsabilités. Donc on change la stratégie vaccinale aujourd'hui et on passe à une stratégie par métier. Je considère qu'aujourd'hui, il y a des personnels qui sont beaucoup plus en contact.
Quand je dis le personnel enseignant, mais c'est les ADSEM, etc. C'est tous ceux qui travaillent dans les écoles. De la même façon que sur le personnel soignant. Moi, je ne comprends pas qu'on ait encore un personnel soignant qui refuse d'être vacciné. Ça me choque. Vous auriez souhaité que ce soit obligatoire ? Je pense que ça fait partie des responsabilités. Enfin, en tout cas, moi, j'y suis favorable. Vacciner obligatoirement ceux qui ne l'ont pas fait jusqu'à présent. Une proportion assez élevée encore. Quand on est personnel soignant, moi, je suis choqué qu'on refuse d'être vacciné.
La vaccination des enseignants, vous voulez qu'elle soit effective dès maintenant ? Dans les 19 départements ou sur tout le territoire ?
Bien entendu, là, on fait des priorités sur les 19 départements. Mais il faut le faire sur l'ensemble des territoires. Parce qu'on sait bien que ça va se propager.
A partir de quand, la vaccination des enseignants ?
Dès que possible. Aujourd'hui, demain. Dès que c'est possible. Si on a les arrivées de vaccins dans les... Mais on nous a tellement menti. Ce gouvernement a menti à chacune de ses déclarations sur les arrivées de vaccins. Si, effectivement, les dernières paroles qui sont tenues sont réelles, et que les vaccins arrivent en masse, il faut faire ses priorités, effectivement. C'est le gouvernement qui a menti sur les vaccins ou sur les laboratoires, et notamment AstraZeneca ? Écoutez, je pense que le gouvernement est en situation d'avoir des informations. À chaque fois, on nous a dit que c'était anticipé.
Vous me dites qu'il ne faut pas revenir sur le passé, mais accepter quand même que quand on a alerté, et qu'on nous repousse nos propositions d'un revers de main, comme ça a été le cas, souvenez-vous de ces ministres qui défilaient sur vos plateaux en disant que les masques ne servaient à rien. Ce n'est pas moi qui le disais, c'est les ministres. Que de tester à grande échelle, ça ne servait à rien. Du président de la République, il se moquait de nous en disant « Est-ce que le virus a besoin d'un passeport ? » Ce n'est pas moi qui le dis. C'est, encore une fois, les membres du gouvernement et le président de la République. Et à chaque fois, on a mis en alerte.
Il y a plus d'un an que nous avons fait ces propositions. D'un mot, Christophe Jacob, souhaitez-vous comme les socialistes ? La question est importante, une commission d'enquête sur ce que vous dites. Bien sûr, je vais vous répondre. Mais simplement, depuis un an, nous faisons ces propositions. Jamais, à aucun moment, aucune proposition venant de l'opposition n'est acceptée ou n'est entendue. Moi, je n'ai jamais eu un contact direct avec... Je suis le président du premier parti d'opposition. Jamais, je n'ai eu un contact direct avec le Premier ministre ou avec le président de la République sur ces sujets. Parce qu'on est de l'opposition, donc ça n'a pas d'intérêt.
C'est-à-dire que vous êtes reçus, c'est en visioconférence ? Non, on n'est plus reçus. D'ailleurs, les présidents de partis ne sont plus reçus depuis très longtemps.
Il vous a consulté à chaque fois qu'il y a eu des grandes décisions à prendre. Non, non, non. Après qu'ils ne suivent pas vos propositions ?
Non, non, les présidents de partis ont été écartés. Mais les présidents de groupes ont été reçus ? Oui, voilà. Et il y a 50 ou 60 personnes avec des partis politiques dont je ne soupçonnais pas l'existence qui sont là. Vous savez que... Bon, on est accessoirement, nous, un parti qui représente 150 sénateurs, 100 députés... Et les présidents de groupes ont été reçus par Jean Castex. Qui, aux élections municipales, gagnent 50% des villes. Donc, peut-être que ça méritait un petit peu d'intérêt et de considération.
8h41, pardon. Christian Jacob, vous restez avec nous. On s'interrompt un instant pour le Filinfo avec Mélanie Delaunay. Des élus visés par des insultes, des menaces, parfois des coups. 1 300 agressions ont été recensées l'an dernier. C'est une info France Info. Elles ont été multipliées par 3 par rapport à l'année précédente. Face à la hausse des contaminations par le Covid, faut-il refermer les écoles ? Contrairement à la semaine dernière, la question sera bien abordée demain matin au Conseil de défense sanitaire à l'Elysée. 8 millions de personnes ont déjà reçu une première injection en France. Le quatrième vaccin contre le Covid autorisé va arriver dans 3 semaines.
Les livraisons des premières doses de Janssen débuteront le 19 avril en Europe. Le secteur de la petite enfance en grève aujourd'hui. Mouvement national et manifestation dans une trentaine de villes contre la réforme taquette des modes d'accueil. Avec elle, les professionnels auront plus de bébés sous leur surveillance. France Info
Le 8.30 France Info
Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec le président des Républicains, Christian Jacob. Les socialistes ont donc demandé la création d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur la gestion de la campagne vaccinale que vous venez de dénoncer il y a quelques instants. Est-ce que vous allez vous associer à leur demande ?
D'abord à les deux droits. Vous savez que chaque groupe parlementaire a la possibilité de demander ce type de commission d'enquête. Oui, moi je pense que c'est une décision qui relève du groupe. Donc nous avons une réunion de groupe dans deux heures. Mais bien évidemment, ceci étant, il faut savoir que les résultats de la commission d'enquête, nous les aurons dans six mois. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas le faire. Je pense qu'il peut être tout à fait intéressant de regarder comment s'est déroulé. On voit qu'il y a aujourd'hui des loupés, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc il est toujours intéressant de voir d'où ils viennent et comment on peut les corriger.
Mais loupés à l'échelle nationale ou à l'échelle européenne ?
Le taux de vaccination, on le rappelait tout à l'heure, il est le même aujourd'hui en France que chez nos voisins,
à l'exception du Royaume-Uni, on sait pourquoi. Oui, enfin bon, quand même. Ou de la même façon, vous avez la Hongrie qui a accepté d'utiliser le vaccin russe, qu'on a repoussé d'un revers de main et qui aujourd'hui a un meilleur taux de protection.
On n'a pas repoussé, Christian Jacob, on fait confiance à l'Union européenne pour d'abord l'homologuer et ensuite on agit dans le cadre de l'Union européenne.
Oui, mais je pense qu'il n'était pas utile de dire qu'on n'en avait pas besoin. Aujourd'hui, tout le monde reconnaît le vaccin à un certain nombre de qualités, comme le vaccin chinois. Donc à partir du moment où on n'a pas été capable d'avoir un vaccin français, utilisons tout ce qui peut exister comme vaccination, achetons des licences, produisons. Alors je sais que la difficulté qui est la nôtre aujourd'hui, c'est la chaîne de production. C'est-à-dire que c'est relativement long de mettre en place une chaîne de production, mais tout ce qui peut être fait doit être fait.
Donc il faut acheter le vaccin russe ou le vaccin chinois nous-mêmes seuls, sans l'Union européenne ?
Non, mais bien sûr avec l'Union européenne, ce n'est pas ce que je vous dis. Simplement, on ne peut pas écarter une solution d'emblée. Quand on n'a pas été capable de produire le vaccin, tournons-nous vers ceux qui ont été capables de le trouver, achetons des licences, fabriquons sur le territoire français et européen. Mais force est de constater aujourd'hui qu'il y a eu un retard. On ne peut pas dire que la vaccination, tout se passe formidablement bien. En France, c'est génial. En Europe aussi, ce n'est pas vrai. Donc il faut en tirer les enseignements pour éviter d'être confronté à nouveau à une situation comparable.
Pour inciter les Français qui ont mis de l'épargne de côté depuis un an, Christian Jacob, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, qui était à votre place hier a une proposition à faire. Il souhaite que ce soit mis sur la table dans les jours qui viennent.
Vous avez un enfant de 20 à 22 ans. Il n'a pas pu faire son stage. Il n'a pas eu son contrat. Il n'a pas eu la rémunération sur laquelle il comptait. Est-ce que vous ne trouvez pas que ce serait juste de permettre à sa grand-mère, à son grand-père, peut-être à ses parents, de lui donner quelques milliers d'euros sans aucune taxe, sans aucun impôt, de façon à lui permettre de passer les mois qui viennent sans trop de difficultés ?
C'est des donations sans impôts pour les enfants ou les petits-enfants. Est-ce que c'est une bonne idée ?
Oui. Il faut remettre de l'argent dans l'économie. Et il faut faciliter, effectivement, le fait que cet argent qui, aujourd'hui, est épargné, qu'il puisse retourner dans l'économie et dépenser, et donc, à partir de ce moment-là, créer de l'activité, créer de la richesse. Oui, c'est une bonne mesure.
C'est déjà le cas aujourd'hui. On peut donner 15 000 euros à ses petits-enfants tous les 15 ans sans payer un euro d'impôt, 100 000 euros à ses enfants. Est-ce que vous ne pensez pas que c'est une mesure qui va accroître les inégalités ? Tous les grands-parents ou tous les parents n'ont pas forcément cet argent à donner aujourd'hui.
D'accord, mais ceux qui l'ont, elle ne va pas accroître les inégalités si, aujourd'hui, elle est stockée dans un bas de laine et qu'elle ne sert à rien. L'intérêt, l'argent, à partir du moment où cet argent est dépensé, il crée de la richesse, il crée de l'activité, donc il crée des emplois. Et donc, il fait fonctionner notre économie. C'est un principe de base et c'est une bonne mesure, effectivement. Je pense, d'ailleurs, qu'on pourrait la rendre plus lisible, c'est-à-dire qu'en inversant les choses, aujourd'hui, c'est 100 000 euros tous les 15 ans. On va faire 150 000 euros tous les 10 ans. C'est d'où la proposition que nous faisions.
Christian Jacob, question rapide sur le passeport sanitaire. Est-ce que vous êtes pour ou contre cette mise en place qui devrait intervenir le 15 juin, le passeport sanitaire au niveau européen ? Est-ce qu'il faut en instaurer un en France pour la réouverture des lieux culturels et les restaurants ?
Moi, je pense qu'on devra y venir. La difficulté que nous avons aujourd'hui, c'est que tant qu'il n'y a pas de vaccination, c'est compliqué de mettre le passeport sanitaire. Alors, à cette différence, c'est que sur les informations que j'ai pu avoir, je crois qu'on peut aussi faire figurer un test PCR, c'est-à-dire d'avoir un document. Parce que, soyons réalistes, vous avez un certain nombre de pays dans le monde, ou si vous n'êtes pas à jour des vaccinations qui sont obligatoires, vous ne rentrez pas dans les pays.
Mais pour les restaurants et les lieux de culture en France ?
Après, ça risque d'être effectivement compliqué. Ceci étant, moi, je ne comprends pas la fermeture des lieux de culture. Je ne me suis pas expliqué depuis le début, parce que vous êtes dans un endroit, alors, ce n'est pas vrai pour tous, mais je pense à des salles de cinéma, à des salles de spectacle. Il n'est pas compliqué de faire un siège sur deux, un siège sur trois, d'obliger à conserver le masque, à étaler les entrées dans le temps. C'est-à-dire que, si la salle ouvre à 20h, on demande d'être présent à partir de 18h30, ou de 19h, ou même avant. Mais, je ne m'explique pas pourquoi on a bloqué les salles de culture de cette manière.
Le Conseil scientifique a rendu son rapport sur la tenue, ou non, des élections régionales. Il refuse finalement de se prononcer. Il laisse la responsabilité de ce choix à l'exécutif. Souhaitez-vous que les régionales soient maintenues, quoi qu'il en coûte, au mois de juin ?
Quoi qu'il en coûte n'a aucun intérêt, ne correspond à rien. Quelle que soit la situation à ce moment, quelle que soit la situation de l'épidémie,
dont personne ne sait aujourd'hui, ni vous, ni moi, ni personne, sans doute, où sera le virus dans trois mois.
D'accord, mais quand on est politique, on décide. Et moi, le Conseil scientifique, je lui reconnais cela. C'est-à-dire qu'il a posé le cadre sanitaire, il est resté dans la mission qui est la sienne, et ensuite, il demande aux politiques de décider. Ce qui est aujourd'hui, j'ai lu et relu l'avis du Conseil scientifique, rien n'empêche de tenir les élections au mois de juin. Ils invitent simplement à prendre et à respecter des règles et un protocole sanitaire strict pour limiter au maximum les risques.
Avec pourquoi pas le fait de réserver les bureaux de vote à des personnes vaccinées, ceux qui vont tenir les bureaux de vote, pas ceux qui y votent, évidemment.
Je pense que ça, ça fait partie des bonnes mesures. C'est une bonne idée de protection pour tous les assesseurs, que les assesseurs puissent être vaccinés ou avoir des anticorps s'ils ont déjà eu le virus. Donc, à partir de ces conditions-là, on peut tout à fait tenir les élections au mois de juin. Et moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse se rapprocher des préconisations faites par le Conseil scientifique de façon à limiter, comme le Conseil scientifique le dit dans son avis, le maximum de risques, ce qui est tout à fait possible, et tenir les élections en juin.
Parce que, qu'est-ce qui dit que les choses seront différentes en septembre, d'ailleurs, ou octobre, ou après, le Conseil scientifique évoque l'idée d'un côté, il pourrait y avoir plus de vaccinés, mais par ailleurs, il n'exclut pas qu'il y ait un rebond ou de nouveaux variants qui arrivent. Donc, je pense qu'il faut respecter les règles démocratiques avec la limitation des risques maximums. Donc, je suis clairement, pour le maintien des élections au mois de juin, en respectant un protocole sanitaire strict et en s'appuyant sur les conseils du Conseil scientifique.
Christian Jacob, président du parti Les Républicains, vous restez avec nous. Le fil info à 8h50, Mélodie Delonnet, et on poursuit juste après. Près de 5 000 malades du Covid en réanimation, plus que lors du pic de novembre. Comment faire face à cette hausse des contaminations ? L'hypothèse d'une fermeture des écoles sera abordée en Conseil de défense sanitaire demain matin. Cela aurait un effet délétère sur la santé mentale des enfants, s'inquiète la présidente de la Société française de pédiatrie sur France Info. En pleine crise sanitaire, la générosité ne faiblit pas. Les restos du cœur ont récolté près de 8 000 tonnes de nourriture au début du mois lors du week-end de collecte.
C'est davantage que l'année dernière. Députés et sénateurs ont réussi à se mettre d'accord sur la réécriture de la loi Sécurité globale. Plus de mention de la loi sur la liberté de la presse dans l'article 24. Nous renforçons la protection des forces de l'ordre en créant un nouveau délit de provocation à l'identification d'un agent en intervention. Se félicite le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner. Plus de 500 personnes tuées en Birmanie depuis le coup d'état militaire il y a deux mois, selon une ONG dont une centaine rien que le week-end dernier. Une violence aveugle et meurtrière, dénonce la France. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec Christian Jacob, le président du parti Les Républicains. Ce n'était pas une surprise, mais ça y est, Xavier Bertrand est officiellement candidat à l'élection présidentielle. La droite a trouvé son candidat ?
Écoutez, ça on vous le dira le moment venu. J'ai toujours dit que les élections, c'est à la fois un calendrier et un contexte. Le calendrier, depuis plus de 20 ans, 25 ans, fait qu'en règle générale, les candidats annoncent leur candidature à l'automne, souvent au mois de novembre. Et puis, je dirais, l'électorat, les intentions de vote se cristallisent. Moi, j'ai l'habitude de dire la semaine du salon de l'agriculture, c'est-à-dire fin février, début mars. En revanche, que ceux qui ambitionnent de l'être y pensent avant et puis fassent ce qui leur semble nécessaire avant, ça ne me choque pas. Voilà, chacun est dans les responsabilités qui sont ici.
Moi, en tant que président des Républicains, nous avons pris une position d'ailleurs unanime de dire, nous laissions passer les élections départementales et régionales. Et à l'issue de l'été, on regardera si un candidat s'impose naturellement et si c'est le cas, il conviendra de prendre toutes les mesures pour se rassembler derrière ce candidat.
Donc, ça peut être Xavier Bertrand, même s'il refuse de participer à une primaire organisée par votre parti.
Oui, mais ce n'est pas un scoop, il l'a dit depuis le début, ça fait plus d'un an.
Oui, donc, votre candidat, ça peut être quand même Xavier Bertrand, même s'il ne participe pas à cette primaire.
On verra à ce moment-là. Il fait partie des candidats de droite et du centre. Et d'ailleurs, pour les élections régionales... Mais naturel, ce n'est pas le moment, je vous le dirais à ce moment-là. Attendez, je ne vais pas vous le dire. Aujourd'hui, les Français ne sont pas dans ce calendrier. La préoccupation des Français, c'est les questions sanitaires, c'est tout ce qu'on a pu évoquer avant. Mais en revanche, il est légitime que celui qui ambitionne d'être candidat le fasse savoir. C'est de sa responsabilité. Mais moi, je ne suis absolument pas engagé, et les Républicains ne se sont pas engagés, sur la candidature de Xavier Bertrand aujourd'hui. Nous verrons le moment venu.
Vous n'êtes pas engagé, ça veut dire qu'en fait, il fait son chemin de son côté. Et vous, à un moment, vers le mois de septembre, octobre, vous allez dire, bon, il est bien placé dans les sondages, on va se ranger derrière lui ?
Les enquêtes d'opinion peuvent être un élément, mais ce n'est pas le seul. C'est aussi celui de la capacité à rassembler. C'est aussi le projet qui sera présenté aux Français, parce qu'on sera à un moment où les Français vont commencer à devenir attentifs aux propositions qui sont faites. C'est aussi la raison pour laquelle, aux Républicains, depuis plus d'un an maintenant, depuis 18 mois, nous avons engagé ce travail de fond, et convention par convention, sur tous les sujets, que ce soit sur le travail, sur la sécurité, sur l'immigration, sur la lutte contre le réchauffement climatique, nous sortons régulièrement des propositions.
Il est dans son rôle, mais nous, ça n'est pas notre calendrier.
Est-ce qu'il y a la tentation, Christian Jacob, d'un tout sauf Xavier Bertrand, aujourd'hui, chez les Républicains, n'importe qui, mais pas lui ?
Au nom de quoi, il reste là. Nous apportons un soutien total et sans faille à Xavier Bertrand sur la candidature au régional dans les Hauts-de-France, comme nous le faisons pour Valérie Pécresse, qui, je vous le rappelle, elle aussi quittait les Républicains. Moi, j'ai regretté l'un et l'autre qu'il quitte les Républicains, je l'aurais dit. Pardon ? Comme vous le faites pour Laurent Wauquiez aussi, je suppose ? Sur le régional, vous savez, il est candidat à la Cité. Oui, enfin, c'est quand même une évidence. Je vous rappelle que Laurent Wauquiez est Républicain, il a été président de notre famille politique.
Il l'a quitté, j'ai eu l'occasion de le dire, à de nombreuses reprises dans des conditions qui n'étaient pas faciles, c'est-à-dire qu'il a assumé seul une défaite qui était collective.
Donc, ça veut dire que si Laurent Wauquiez décide de revenir sur la scène nationale, vous le préférez à Xavier Bertrand ?
Non. Moi, ce que je veux, c'est que la droite et le centre gagnent les élections. Je ne supporte plus d'être dans l'opposition. Je pense qu'il faut absolument avoir une alternance à Emmanuel Macron. Je pense qu'Emmanuel Macron est le plus mauvais des candidats pour affronter le Front National si Marine Le Pen était au deuxième tour. Et donc, la responsabilité de la droite et du centre est d'avoir un projet alternatif avec un candidat alternatif capable d'aller au deuxième tour. Donc, à partir de ce moment-là, moi, je n'écarte aucune hypothèse sur les candidats.
Et encore une fois, nous serons aux côtés de Xavier Bertrand comme aux côtés de Valérie Pécresse, bien qu'il nous ait l'un et l'autre quittés, pour les soutenir pour les régionales, parce que ce sont nos deux meilleurs candidats en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France. Mais par ailleurs, on n'oublie pas, bien évidemment, ceux qui, dans notre famille politique, y pensent aussi. Mais on n'est pas dans le bon calendrier. Donc, on verra lorsque le calendrier arrive.
Un mot sur les propos de la candidate socialiste au régional en Ile-de-France, Audrey Pulvar, qui était interrogée le week-end dernier sur les réunions en non-mixité, réunions de prise de parole organisées par le syndicat étudiant UNEF. Je préfère les réunions réservées à que les réunions interdites à, a dit Audrey Pulvar. Mais s'il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche ou un homme blanc, bien j'aurais tendance à dire qu'il n'est pas question de le jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire. Est-ce que c'est un choix de compromis que vous saluez ?
Ça me choque au plus haut point qu'un responsable politique puisse tenir de tels propos. J'ai eu l'occasion de le dire. En France, il y a une seule communauté, c'est la communauté nationale. Et je ne peux pas accepter qu'au titre d'une couleur de peau, d'une origine, les uns ou les autres soient enjoints de parler ou de se taire. Ça n'est pas acceptable.
C'est-à-dire qu'on peut accepter en fonction du sexe. On pense notamment aux réunions du MLF, qui existent depuis 40 ans. On ne peut pas l'accepter en fonction de la couleur de la peau.
Moi, ça me choque au plus haut point.
Les deux vous choquent ? Les deux me choquent parfaitement.
Donc l'Autonomie Club de France qui réunit des hommes uniquement. Nous avons eu aussi des hommes qui se sont engagés à cause des femmes. Je pense à notre secrétaire général, Aurélien Pradié, qui sur les femmes battues a porté courageusement un texte. Et où il a réussi à ne pas avoir l'unanimité, mais à avoir un très large soutien. Donc la seule communauté qui vaille en France, c'est la communauté nationale.
Il y a des réunions de femmes battues aujourd'hui où les hommes ne sont pas les bienvenus.
Celle-là aussi, on arrête ? Moi, je suis opposé à cela. Et les propos d'Audrey Pulvar portent sur la couleur de peau. C'est choquant au plus haut point. Christian Jacobin. C'est choquant parce que quand elle le dit, c'est pertinemment ce qu'elle dit. Et c'est pertinemment qu'elle est sur un objectif politicien qui est choquant. De la même façon que j'avais réagi très durement et j'avais été choqué par les propos du président de la République à Marseille. Je ne sais pas si vous vous souvenez, lorsqu'il disait dans sa campagne, je vois ici des Comoriens, des Marocains, etc. Non, monsieur le président de la République. Vous voyez, à l'époque il était candidat, vous voyez ici des Français.
Marine Le Pen demande des poursuites pénales pour provocation à la discrimination raciale à l'encontre d'Audrey Pulvar. Vous demandez la même chose ?
Pour l'habitude de suivre les propositions des uns et des autres. Moi, je dis que ces propos sont choquants et sont lourds de conséquences. Et surtout de la part d'une personnalité comme Audrey Pulvar, qui au-delà d'être une personnalité politique aujourd'hui, est quelqu'un qui a une notoriété, qui est suivie. Elle a été journaliste de premier plan très longtemps. Et je trouve ça grave. Parce qu'encore une fois, je pense qu'elle mesure parfaitement ce qu'elle dit et qu'elle le dit à dessein.
Merci à vous, Christian Jacob. Merci à vous. Merci de m'inviter.
Christian Jacob