La grande interview de Thomas Bonnet avec Philippe Tabarot
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La grande interview en direct sur CNews et sur Europe 1, mon invité ce matin, c'est Philippe Tabarro, ministre des Transports. Bonjour Philippe Tabarro. Bonjour Thomas Bonnet. Beaucoup de questions à aborder avec vous, à commencer par le prix des carburants. C'est un week-end où les Français vont peut-être partir en week-end justement avec ce jour férié et les prix à la pompe continuent de flamber. Quel message vous adressez ce matin aux Français qui ont de plus en plus de difficultés à faire le plein ?
Que nous avons conscience de ces difficultés, que le Premier ministre et son gouvernement sont à la tâche sur ces sujets, que malheureusement nous vivons les répercussions d'un conflit que nous n'avons pas souhaité, où nous ne sommes pas belligérants, mais simplement en attitude de défense et de solidarité vis-à-vis de nos alliés sur la zone et que nous mettons tout en œuvre dans la mesure du possible pour aider les Français qui travaillent, qui ont besoin d'utiliser leurs véhicules par des aides qui sont ciblées, qu'on essaie de rendre le plus effectifs possible. Et ce n'est pas simple, mais les choses avancent, je dirais, enfin maintenant et seront opérationnelles dans quelques jours.
Et puis nous avons un dialogue permanent avec les distributeurs et puis une transparence que le Premier ministre a souhaité, de dire très régulièrement, tous les dix jours, où en est la situation et surtout éviter qu'une fausse idée se propage, de dire qu'il pourrait y avoir des profiteurs de guerre et que les profiteurs de guerre, en l'occurrence, pourraient être l'État. Je rappelle que dans cette crise, l'État, par des surplus fiscaux, a pu faire rentrer 190 millions d'euros supplémentaires dans les caisses de notre pays, mais que 380 vont repartir dans les aides ciblées.
Et puis que quelques experts ont montré que la guerre ne profite pas à un pays, bien au contraire, un coût déjà de 6 milliards, une croissance qui est pour l'instant très à tonne, une inflation qui remonte, donc une situation qui est difficile, bien sûr pour tous les Français, mais également pour l'État.
Sur les aides, le Premier ministre a dit qu'il fallait changer d'échelle. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement, Monsieur le ministre ? Est-ce que ça veut dire que demain, dans les jours qui viennent, il y aura de nouvelles aides plus fortes, plus grandes, pour davantage de nos concitoyens ?
Nous travaillons tous les jours sur l'accompagnement des Français. C'était le cas encore hier, ce sera le cas ce week-end, et c'est le Premier ministre qui fera probablement, dans le courant de la semaine prochaine, un certain nombre d'annonces, pour pas qu'il y ait de personnes, et notamment de travailleurs, qui soient oubliés de ce soutien ciblé qui est apporté. Moi, dans mon secteur, en l'occurrence, vous savez qu'il y a des aides qui sont prévues pour les transporteurs routiers, et le Premier ministre m'a fixé également comme objectif de pouvoir aider et accompagner les taxis, les conducteurs VTC dans cette période. Je les verrai de nouveau mercredi.
Je mettrai un certain nombre de propositions sur la table. Nous aurons l'occasion d'échanger, de les rendre le plus effectifs possible, et le plus rapidement possible.
Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui réclament une baisse des taxes ? On rappelle que sur un litre de carburant, c'est entre 55 et 60% de taxes. Est-ce que ça ne passerait pas par là pour réduire très concrètement le prix à la pompe pour nos concitoyens ?
Moi, je pense que ce n'est pas une bonne mesure, parce qu'elle n'est pas effective, elle n'est pas efficiente. Je pense que, par exemple, ce que fait une compagnie pétrolière, pour ne pas la citer, la compagnie totale, est plus efficace, faire des bénéfices à l'étranger et les répercuter en France à la pompe par cette politique de plafonnement dans les 3000 stations concernées. Ça, ce sont des aides effectives.
Pour le reste, objectivement, quand je compare aux autres pays, et vous le faites aussi assez régulièrement en étranger, j'étais la semaine dernière à Chyp pour le Conseil informel des ministres des Transports européens, je m'aperçois que tous les pays qui ont mis en place justement ces baisses de fiscalité qui leur a coûté pour tous 1 à 2 milliards, aujourd'hui, un mois plus tard ou deux mois plus tard, ils sont dans la même situation, avec la même difficulté pour leurs concitoyens, avec une grogne sociale qui existe, et pourtant, dans les caisses de leur pays, ils ont 1 à 2 milliards en moins.
Donc, ce n'est pas la solution et je pense que l'aide ciblée est vraiment ce que nous devons continuer à faire comme nous le faisons depuis le début.
Philippe Tabarro, vous avez parlé de la compagnie totale qui procède à un plafonnement des prix et pourtant, on assiste à un total bashing. C'est l'expression que vous avez employée vous-même cette semaine. Comment vous expliquez qu'il y ait autant de voix dans la classe politique qui vise directement le pétrolier total en parlant de ces fameux super-profits ?
Parce qu'il y a des raccourcis qui sont faits régulièrement, de se dire que, comme les compagnies sont amenées à donner, par mesure de transparence, c'est la loi qui le prévoit, leurs chiffres, on imagine que, bien sûr, ils font des profits extraordinaires, ce qui n'est pas faux sur certaines périodes, mais je l'ai bien dit tout à l'heure, ce sont très peu de profits, finalement, en France. Vous avez eu un reportage ce matin sur votre antenne concernant le raffinage aussi, qui était très intéressant et qui montrait que le raffinage était compliqué dans notre pays.
Total est sur toute la chaîne, je dirais, et c'est clairement une chance d'avoir une entreprise comme ça pour notre pays, et j'en veux pour preuve la mesure de plafonnement dont je viens de parler et qui est particulièrement utile. Donc, bien sûr que Total doit payer un certain nombre de prélèvements obligatoires dans notre pays, à hauteur de 2 milliards.
Le Premier ministre l'a rappelé l'autre jour aux questions au gouvernement, il faut arrêter avec ces fake news de dire que Total ne paye pas un euro de prélèvements obligatoires en France, mais arrêtons de taper sur des grandes compagnies françaises qui font notre fierté à l'international et sont utiles dans des moments si difficiles, et notamment en question, et pour les questions d'approvisionnement. Si nous n'avons pas de problème majeur d'approvisionnement aujourd'hui en France, c'est aussi grâce à cette compagnie.
Philippe Tavaro, ministre des Transports, est l'invité de la grande interview sur CNews et sur Europe 1. Les carburants, c'est aussi le kérosène, ce qui aide à faire voler les avions, ce qui permet de faire voler les avions. Vous avez reçu les compagnies aériennes cette semaine à votre ministère. Est-ce qu'il y a des raisons d'être inquiets avec la période estivale qui s'ouvre sur la possibilité pour les compagnies aériennes de maintenir les vols tels qu'ils existent les autres années ?
Alors il y a plusieurs sujets. On a échangé mercredi dans un climat vraiment apaisé, constructif, et on a mis les problèmes sur la table. Quels sont ces problèmes ? Le problème pour ces compagnies, c'est quelque part, pour certaines d'entre elles, problème de survie aussi. C'est-à-dire qu'elles ont un coût d'exploitation par rapport au kérosène qui était avant la crise de 20-25%. Aujourd'hui, et ça a également été dit dans un de vos reportages, le coût d'exploitation est passé à plus de 45%. Donc vous imaginez, le prix du kérosène pour eux et les répercussions sont pratiquement multipliées par deux. Donc des compagnies peuvent se retrouver en difficulté.
Et d'un autre côté, il y a quelque chose qui préoccupe le ministre des Transports que je suis et qui se dit aussi le ministre des Usagers, c'est que les passagers en payent les conséquences à la fois par des hausses excessives des prix, une répercussion qui pourrait être totale à la répercussion et partagée entre les compagnies et les passagers. Et puis, que le droit des passagers soit respecté. Je pense en matière d'informations pour les annulations, pour être replacé sur d'autres vols s'il y a des annulations, pour avoir un remboursement bien sûr intégral. Les passagers ont des droits, il faut les faire entendre.
Et les compagnies par contre ont été plutôt rassurantes sur les plans de vol et sur les annulations potentielles.
Il y a l'exemple de cette compagnie, Volotea, qui a déjà répercuté la hausse des prix des carburants sur le prix des billets qui avait déjà été acheté. Certains peuvent craindre que ça fasse jurisprudence. Comment vous rassurez les Français ?
La question de Volotea, ce n'est pas tant qu'elle est répercutée les 14 euros concernés sur les billets, c'est qu'elle le fasse après l'achat du billet, après que la transaction entre la compagnie et le client... Le client a déjà acheté le billet et après ça augmente. Et c'est une pratique qui a même été dénoncée par les autres compagnies qui étaient présentes, pas sur le fait qu'une partie de l'augmentation du kérosène et donc de l'augmentation du coût d'exploitation puisse faire que les choses évoluent au niveau de la tarification, mais là c'est que cette compagnie le fait après.
Donc il y a des discussions avec cette compagnie sur un plan juridique, nous avançons un certain nombre d'arguments, notamment concernant le droit à la concurrence. Elle prétexte qu'elle mette lors du contrat de vente un alinéa qui permet lors de conditions exceptionnelles de pouvoir faire évoluer le prix après la vente. Condition exceptionnelle, il faut définir exactement ça. Donc voilà, c'est une pratique qui est isolée aujourd'hui.
Et puis le plus important, c'est de dire aux Français, aujourd'hui qu'à quelques exceptions près, 1% pour la compagnie Volotea, 2% pour la compagnie Transavia, sur les compagnies notamment principalement françaises et je pense aussi Air France, il n'y aura pas d'annulation massive cet été. Au contraire, les plans de vol seront respectés et les Français pourront partir où ils le souhaitent. Et surtout, à l'inverse, des touristes du monde entier pourront venir en France parce qu'on n'y pense peut-être pas suffisamment. Je rappelle qu'on est la première destination au monde et qu'environ cette activité touristique représente 8% de notre produit intérieur brut.
Et si vous le permettez, un dernier point, ce sont des mois qui sont cruciaux pour ces compagnies parce que les compagnies aériennes font 70% de leurs chiffres entre les mois de juillet et les mois d'août. Donc elles n'ont aucun intérêt à annuler les vols et il faut que cette période se passe particulièrement bien pour elles sinon la rentrée pourrait être plus compliquée.
Philippe Tabarro, ministre des Transports en direct sur CNews et sur Europe 1. L'actualité de la semaine a également été marquée par ces images dans le quartier des Champs-Elysées, sur la place de la Concorde. Après la victoire et la qualification du Paris Saint-Germain pour la finale de la Ligue des Champions, on a vu des images de jeunes, de dizaines, voire de centaines de jeunes sans prendre aux forces de l'ordre. Qu'est-ce qu'elles vous évoquent, ces images ? Monsieur le ministre.
Elle choque, elle révolte à chaque fois. Je crois que mon collègue Laurent Nunez était avec vous hier matin. Il a dénoncé bien sûr au nom du gouvernement ce qui a pu se passer. La qualification du Paris Saint-Germain est une bonne nouvelle pour ceux qui aiment le sport. Pour tout vous dire, j'ai un fils de 9 ans qui adore le sport, qui adore le football, qui était fou de joie de la qualification du Paris Saint-Germain, qui a regardé le match. Le lendemain matin, il voit ses images à la télé, il se met à pleurer. C'est ça, c'est gâcher une fête, c'est gâcher un espoir.
Concrètement, par les interpellations qui ont eu lieu, parce que j'entends ici ou là qu'il avait été donné ordre aux policiers de ne pas intervenir. Il y a eu 127 interpellations. Et puis maintenant, la chaîne pénale doit prendre sa part.
Mais est-ce qu'elle le fait, M. le ministre ? Parce que quand on a vu les images l'année dernière, des images similaires après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions, sur la totalité des personnes qui avaient été interpellées, puis placées en garde à vue, on s'est rendu compte que les peines prononcées étaient très faibles. Est-ce qu'il n'y a pas un problème à ce niveau-là ?
Il faut de l'élucidation. C'est pour ça que la présence de caméras, quand on voit encore que dans certaines villes, on a la question, est-ce qu'il faut des caméras, pas des caméras, est-ce qu'il faut des caméras algorithmiques, notamment ce que certains n'ont pas souhaité dans les transports ou autres ? Bien sûr qu'on a besoin d'élucider. Et puis après, quand les faits sont prouvés, que la sanction pénale tombe et tombe très fortement, parce qu'elle doit être dissuasive pour éviter qu'à chaque match ou à chaque qualification du Paris Saint-Germain ou d'un autre club, on revive ça.
Et puis aussi, il faut prévenir ce genre d'événements, je pense au niveau des municipalités, dans les événements qu'on organise. Il faut que la ville de Paris, en l'occurrence, puisse prendre la tâche de la préfecture de police, du ministère de l'Intérieur, pour l'organisation des événements qui sont prévus, notamment pour la finale, notamment de ces fanzones, qui ne peuvent pas être laissées sans surveillance particulière, parce que malheureusement, si le Paris Saint-Germain venait à l'emporter, ou même à perdre la finale, on risque de revoir ces mêmes images.
La finale qui va se dérouler le 30 mai, et évidemment, les regards sont tournés vers cette journée. Est-ce qu'il faut renforcer la sécurité, renforcer les contrôles en amont, pourquoi pas dans les transports, par exemple, qui est de votre ressort ?
Écoutez, oui, dans les transports, c'est un sujet, vous savez, que je suis particulièrement, puisque je suis l'auteur d'une loi sur la sûreté dans les transports, que j'ai portée comme sénateur, que j'ai pu faire voter comme ministre, avec des décrets d'application qui sortent enfin maintenant, et je m'en réjouis. Cette loi, maintenant, les forces de l'ordre, et notamment les agents de la SNCF et de la RATP, de la SUGE et du GPSR, qui sont en gros 4 000 agents, qui sont là pour la protection des passagers, des usagers, qui n'avaient peut-être pas suffisamment de pouvoir, maintenant, on sait pouvoir pour intervenir.
Je pense notamment depuis hier, et ça va être applicable dès demain, je vous l'annonce, l'utilisation des tasers, des pistolets à impulsion électrique, que ce soit dans certaines gares parisiennes, que ce soit à Marseille, que ce soit à Lyon, que ce soit à Rennes, ça rend...
Les agents de sécurité dans les transports auront déjà remets dans leur arsenal... Auront ces possibilités,
ont la possibilité d'opérer des fouilles également régulières, de saisir des objets, d'interdire l'entrée en gare de certains indésirables, donc on leur donne les moyens, à travers cette loi, de pouvoir agir concrètement, bien sûr, en plus des forces de l'ordre, parce que la sûreté dans les transports, c'est la base du développement du transport en commun. Je ne rappelle pas les chiffres que vous connaissez, un sentiment d'insécurité pour certaines femmes, et puis des faits délictueux concrets chaque année dans nos transports.
Donc, il y a maintenant la possibilité pour ces agents de rassurer nos concitoyens, et un petit mot également pour les agents eux-mêmes, et dans l'ensemble du territoire national, pour ceux qui veillent à la protection ou au développement des transports en commun. Je pense au système de caméras piétons que la loi, dite Tabarro, maintenant autorise de pouvoir immédiatement, en cas de difficulté, déclencher sa caméra piétons pour faire redescendre les choses et pour ramener de la quiétude dans le transport en commun.
Philippe Tabarro, ministre des Transports, vous étiez hier avec le Premier ministre à Toulouse pour annoncer le projet de ligne à grande vitesse jusqu'à Toulouse, justement, qui est désormais irréversible. C'est le mot qu'a employé Sébastien Lecornu. En quoi est-ce une bonne nouvelle pour les usagers de cette région ?
Plus que pour les usagers de cette région, je pense que c'est important pour la France, pour notre pays. C'est montrer qu'on est encore aujourd'hui en capacité de faire de grands projets, de grands projets d'investissement dans nos infrastructures de transport. Je me bats aussi, et j'ai réussi à faire voter cette loi au Sénat, et j'espère bientôt à l'Assemblée nationale, que notre pays doit investir dans ses infrastructures de transport.
Il doit investir dans ce qu'on appelle la régénération et la modernisation du réseau pour éviter d'avoir des accidents ferroviaires, des retards, des défaillances, et aussi continuer certains projets qui ont fait la force, la fierté de la France, qui ont permis de désenclaver des territoires, que ce soit dans le Sud-Est, dans le Sud-Ouest, dans le Nord, et il y a des compléments à faire encore sur le maillage de notre carte, et notamment de celle qui est pratiquement aujourd'hui la troisième ville de France, je pense à la ville de Toulouse, qui connaît un développement économique, notamment à travers l'activité d'Airbus et bien d'autres activités.
C'est un oubli, et nous allons, avec le Premier ministre, pouvoir réussir enfin à rattraper les choses des grands projets d'investissement encore dans notre pays, sans oublier le train du quotidien. Il y a une appétence de train en France. Les trains express régionaux ont augmenté de 40% dans leur fréquentation. Les TGV ont augmenté de 18% dans leur fréquentation. Les Français veulent prendre le train, il faut les y aider.
Philippe Tabarro, il nous reste un peu moins de 5 minutes, je vais vous poser des questions courtes, qui appellent, si possible, des réponses courtes, sur un plan un peu plus politique. Vous faites partie de ceux qui plaident pour une candidature commune du centre et de la droite. On voit, à l'inverse, plutôt une multiplication des candidatures en ce moment. Est-ce que ça veut dire que vous allez, sans doute, vous risquer de ne pas être présent au second tour de l'élection présidentielle ?
C'est un risque, c'est un risque majeur. Je souhaite, voilà, de tout cœur que la raison l'emporte, que chacun puisse exprimer ses spécificités, que chacun puisse apporter au débat ses idées. Ça me paraît être une bonne chose. Ensuite, il faudra trouver le candidat qui soit en mesure de le porter. Comment on le trouve, ce candidat ? Alors, écoutez, si j'avais la réponse...
Non, mais par une primaire, par exemple, ça peut faire partie des solutions ?
Écoutez, j'ai été plutôt favorable d'une primaire et d'une primaire ouverte. Il semble que les choses ne se mettent pas en place. Je n'ai pas d'autre mode de désignation qui soit totalement parfait. Pour moi, la primaire ouverte n'était pas forcément une bonne solution, mais c'était la moins mauvaise par rapport aux autres. Il faut que les choses soient claires. Il faut vraiment qu'on puisse se mettre en ordre de bataille.
On a montré lors des différentes échéances, et j'ai été un farouche soutien, que ce soit de Valérie Pécresse pour les élections présidentielles dans ma famille politique et avant François Fillon, que ce soit par deux fois François-Xavier Bellamy, que notamment l'espace politique de ma famille politique ne lui permet pas, aujourd'hui semble-t-il, d'être au rendez-vous du deuxième tour.
Donc vous dites à Bruno Retailleau de ne pas s'enfermer dans une candidature uniquement au sein des LR,
d'élargir ? Si Bruno ne devient pas le candidat incontestable du socle commun, dans quelques mois, si c'est le cas, je serais ravi de le soutenir et que ce soit un candidat de ma famille politique le soit. Si un candidat peut nous amener à la victoire et puisse reprendre les idées de ma famille politique et les idées en partie que porte Bruno Retailleau, je pense que c'est la priorité, en tout cas.
On porte tous les deux un bleuet aujourd'hui, c'est le 8 mai. On a parfois l'impression que cette date a un peu perdu sa signification auprès des jeunes générations. Comment on peut s'assurer de transmettre à nouveau le flambeau mémoriel de notre passé commun ? Aujourd'hui, il y aura des commémorations auxquelles vous allez assister aux Champs-Elysées. C'est précisément le quartier où il y a eu ces images de violence il y a quelques heures. On voit bien l'évolution de notre société auprès d'une partie de la jeunesse. Quel message vous pouvez adresser, vous, en tant que responsable politique ?
Vous l'avez très bien dit dans votre édito ce matin, cette date n'est pas une date comme une autre. Et moi, quand j'entends dire « Ah ben, c'est un pont, c'est un jour férié », mais pourquoi ? Pourquoi on commémore aujourd'hui des gens, l'action de personnes qui, à un moment donné, se sont levées et ont dit « On va protéger notre pays, on va se battre pour notre pays, on va se battre contre le nazisme et plein d'autres choses ? » Donc ça, il ne faut pas l'oublier, il faut le rappeler dans nos écoles, dans nos programmes scolaires en permanence.
Moi, ce qui me donne espoir par rapport à ce que vous avez pu dire, c'est qu'aujourd'hui déjà, dans toutes les communes de France, dans les 36 000 communes françaises, il y aura des gerbes qui seront déposées sur les monuments au Morsat, ça a du sens. Ce n'est pas que sur les Champs-Elysées, c'est partout sur notre territoire national. Et, par exemple, dans mon département des Alpes-Maritimes, mais je sais que ce sera le cas dans beaucoup d'autres départements, il y a des élèves qui viennent avec leurs enseignants, qui sont autour du monument au Mors et qui comprennent mieux ce qui s'est passé pendant cette période si douloureuse de l'histoire de France.
Et c'est ça, c'est transmettre à ces générations et c'est qu'ils nous accompagnent dans ces cérémonies parce que faire des cérémonies uniquement avec les anciens combattants, c'est extraordinaire parce que c'est un devoir de mémoire, mais ils sont de moins en moins nombreux et il faut qu'ils puissent passer ce relais. Donc, il faut que nos jeunes à travers nos écoles et leurs enseignants puissent venir commémorer et se dire que c'est un jour férié mais c'est aussi un jour de mémoire.
Et le message est passé. Merci Philippe Tabarro, ministre des Transports, d'avoir accepté de répondre aux questions de la grande interview sur CNUS et sur Europe.
Merci Philippe Tabarro, merci Thomas Bonnet. Restez avec nous sur Europe 1 dans un instant, vos signatures du vendredi.
Philippe Tabarot