La « taxe sodas » peut-elle réellement nous inciter à consommer moins de sucre ?
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Peut-elle nous inciter à consommer moins de sucre ?
- 0:43OuverteRéponse partielle
À l'avenir, quel pourrait être le prix de ce produit sucré ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Est-ce que ça valait le coup cette mesure d'après vous ?
- 2:48RelanceRéponse directe
Mais vous me parlez du Royaume-Uni, est-ce qu'on a les mêmes résultats en France ?
- 3:15OuverteRéponse directe
L'argent récupéré par cette taxe a-t-il une importance pour vous ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Si on ne respecte pas cette baisse de sucre, cette taxe va être de combien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54PrésentateurChiffre
« 80% de nos enfants dépassent la dose maximale de sucre journalier »
- 1:02PrésentateurFait
« Diabète, maladie cardiovasculaire, voire même des cancers »
- 1:10PrésentateurFait
« L'objectif de cette taxe, elle est de dire aux industriels, diminuer la quantité de sucre pour qu'on puisse continuer à manger ces gâteaux »
- 1:27PrésentateurFait
« En dessous de 10 grammes pour 100 grammes de produits de sucre, il n'y a pas de taxe »
- 1:58PrésentateurChiffre
« La baisse des ventes, elle, elle était de l'ordre de 2 à 4% »
- 2:10PrésentateurFait
« La taxe Soda, elle a été très bien évaluée au Royaume-Uni »
- 2:22PrésentateurChiffre
« Au Royaume-Uni, la composition de la quantité de sucre a diminué de presque 50%, 46% exactement, dans les produits »
- 2:29PrésentateurChiffre
« On a baissé de 8% le nombre de filles obèses à l'âge de 10-11 ans »
- 2:40PrésentateurChiffre
« Un Français sur deux est en surpoids ou en obésité »
- 2:43PrésentateurChiffre
« 80%, presque l'ensemble de nos enfants, consomment trop de sucre par jour »
- 2:54PrésentateurFait
« La première année de la taxe en France a montré une diminution de la composition de sucre »
- 2:59PrésentateurChiffre
« Nous avons certaines boissons qui ont diminué, je vous le redis encore, de la moitié de quantité de sucre »
- 4:42PrésentateurChiffre
« Pour une barre chocolatée, on estime à 1 centime la barre chocolatée de taxe »
- 6:22PrésentateurChiffre
« Dans le budget de la sécurité sociale, on a un pack arrêt maladie d'économie de 2 milliards d'euros »
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Et à 6h20, une question se pose, une taxe sur les produits sucrés. Peut-elle nous inciter à consommer moins de sucre
?
Étendre la taxe soda, c'est l'une des propositions avancées par Sébastien Lecornu hier lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027, projet présenté en parallèle du projet de loi de finances. Et pour en parler, nous sommes avec la ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour Eva Roque. Nous allons revenir sur plusieurs points de ce projet de loi. J'ai devant moi, vous voyez, je ne triche pas, un paquet de biscuits au chocolat dont je tairais la marque et que j'ai acheté dans un supermarché. Il m'a coûté 2,79
euros.
À l'avenir, quel pourrait être le prix de ce produit sucré, même très sucré ? Mais le sujet n'est pas là. Le sujet est combien y a-t-il de sucre dans ces gâteaux. Le sujet est que 80% de nos enfants dépassent la dose maximale de sucre journalier, ce qui entraîne des conséquences pour leur santé. Diabète, maladie cardiovasculaire, voire même des cancers. Nous avons à diminuer le taux de sucre dans ces gâteaux. L'objectif de cette taxe, elle est de dire aux industriels, diminuer la quantité de sucre pour qu'on puisse continuer à manger ces gâteaux. En diminuant un peu la quantité de sucre, ils ne paieront pas cette taxe, les industriels. D'accord, il n
'y
aura pas de taxe pour ceux qui feront l'effort de baisser le taux de sucre dans ces produits. Oui, en dessous de 10 grammes pour 100 grammes de produits de sucre, il n'y a pas de taxe. D'accord. L'objectif, et c'est vraiment une taxe sur le fait de fermer les yeux face à ce sujet de santé publique majeur, l'objectif est de dire aux industriels, diminuez la quantité de sucre et vous ne serez pas taxés. Modifiez vos recettes. Alors, on a eu un précédent en 2012 avec la taxe Soda qui s'était traduit par une hausse des prix en rayon d'ailleurs. On a évalué entre 12, de 12 à 22% pour certaines marques d'augmentation de prix. La baisse des ventes, elle, elle était de l'ordre de 2 à 4%.
Est-ce que d'abord sur le côté, sur le volet santé, est-ce que ça valait le coup cette mesure d'après vous ? Et combien, après en termes d'économie, le gouvernement a récupéré ? La taxe Soda, elle a été très bien évaluée au Royaume-Uni. Au Royaume-Uni, la composition de la quantité de sucre a diminué de presque 50%, 46% exactement, dans les produits. Il a été montré qu'on a baissé de 8% le nombre de filles obèses à l'âge de 10-11 ans. C'est des études qui ont montré cela. Donc, cette taxe, encore une fois, elle est de dire aux industriels, diminuer la quantité de sucre par vos produits, parce que ça entraîne des maladies à l'âge adulte. Un Français sur deux est en surpoids ou en obésité.
Encore une fois, 80%, presque l'ensemble de nos enfants, consomment trop de sucre par jour. Mais vous me parlez du Royaume-Uni, est-ce qu'on a les mêmes résultats en France ? Ou il n
'y
a pas encore d'études précises sur les résultats de la taxe
Soda
? La première année de la taxe en France a montré une diminution de la composition de sucre. Nous avons certaines boissons qui ont diminué, je vous le redis encore, de la moitié de quantité de sucre. Donc, c'est faisable. Nous ne devons pas, nous ne pouvons pas fermer les yeux devant les conséquences de cette consommation de sucre trop importante dans notre pays. Et donc, ça veut dire que l'argent qui pourrait être récupéré par cette taxe et qui reviendrait dans le gouvernement n'a aucune espèce d'importance pour vous ? Le montant de cette somme n'a pas d'importance ? L'objectif n'est pas d'en faire des économies.
Encore une fois, si les industriels mettent moins de 10 grammes pour 100 grammes de produits de sucre, il n'y aura pas de taxe. Et donc, aucune incidence pour le consommateur dans les rayons de son supermarché. L'industriel a le choix de pouvoir modifier ses recettes. Et alors, si on ne respecte pas cette baisse de sucre, cette taxe va être de combien va augmenter mon paquet de gâteaux, finalement ? C'est une taxe
progressive
en fonction de la quantité de sucre. Et je le rappelle, cette taxe, elle est élargie aux produits qui sont sucrés, qui ont des additifs et qui sont emballés. Voilà, c'est industrialisé, ce n
'est
pas du tout pour les produits artisanaux.
C'est les produits
transformés. D'accord. Et est-ce qu'on sait, par exemple, le nombre de centimes, on le sait pour les taxes pour le soda. C'est de 4 à 36 centimes par litre. Est-ce que pour ces produits sucrés, on sait à peu près déjà combien
vous estimez ? Oui, alors on a une
taxe qui est encore une fois progressive. Alors, c'est vraiment évalué. Et ce qui incite les industriels à baisser leur taux de sucre. Même s'ils ont encore une taxe, en baissant leur taux de sucre, ils pourront diminuer leur taxe. Donc, on leur donne les manettes pour pouvoir agir sur la composition des recettes des produits. Et vous connaissez le montant ou pas ? Alors, il
y
a plusieurs niveaux et la taxe peut augmenter. En gros, pour une barre chocolatée, on estime à 1 centime la barre chocolatée de taxe. D'accord. Autre mesure budgétaire, Stéphanie Risse, qui concerne votre ministère, ce sont les déremboursements de médicaments. Il y avait déjà eu un décret, mais vous souhaitez aller plus loin. Ça veut dire quoi d'aller plus loin dans les remboursements de médicaments ? On a diminué la part prise en charge par l'assurance maladie sur le remboursement des médicaments en passant ce remboursement au complémentaire. C'est des décrets que j'ai pris cet été face à des mesures nécessaires de freinage des dépenses de santé.
C'est-à-dire que les médicaments restent remboursés pour les 97% de Français qui ont des complémentaires. C'est important de le dire parce que j'ai entendu aussi beaucoup d'inquiétude de la part des Français. Donc tous les médicaments dont la science nous dit qu'ils ont une activité modérée ou faible, une efficacité modérée ou faible, on les a diminués leur part de remboursement de l'assurance maladie, mais ils sont pris en charge par les complémentaires. Les inquiétudes des Français viennent peut-être aussi par le fait que les complémentaires ont tendance à monter. On voit le montant des mutuelles augmenter. Je comprends.
Toutes ces dernières années, les complémentaires augmentent leur prix. C'est pour ça que nous travaillons beaucoup avec les complémentaires. Il y
a
un rapport qui a été remis récemment pour que nous puissions continuer à se poser la question de la place des financeurs dans la santé dans notre pays. Mais je voudrais le redire ici. On a le modèle social qui protège le plus et le modèle social qui a un reste à charge pour les Français. Le reste à payer qui est un des plus faibles au monde. Autre sujet sensible, Stéphanie Ries, ce sont les arrêts de travail et ce qu'on appelle le nomadisme médical.
C
'est-à
-dire
quand un patient va voir plusieurs médecins sur une période courte, vous envisagez des pénalités, des sanctions dans ces cas-là. Quel genre de pénalités ? Vous le savez déjà ? Dans le budget de la sécurité sociale, on a un pack arrêt maladie d'économie de 2 milliards d'euros. Les arrêts maladie, vous avez les arrêts courts qui sont très ennuyeux pour les entreprises, pour les gens qui travaillent et dont le collègue ne vient pas. Et nous voulons lutter contre les abus. Pour lutter contre les abus, j'ai pu sortir un décret qui va sanctionner plus fortement les personnes qui abusent de ces arrêts maladie qui sont courts. On a aussi des mesures sur les arrêts maladie de longue
durée
pour que les gens aillent mieux et soient mieux pris en charge dès le début de maladies dont on sait qu'elles peuvent être chroniques comme la dépression modérée ou comme les troubles musculo-squelettiques pour qui on propose des parcours de santé pour aller mieux, pour avoir des arrêts maladie moins longs. Alors je l'entends bien, aujourd'hui on peut bénéficier de 3 ans d'arrêt de maladie. Comment, dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, vous évoquez de réduire ce temps à un an, comment, pour des personnes qui souffrent trop et qui ne peuvent pas reprendre leur travail après un an d'arrêt de travail, comment on fait ?
Alors, il y a plusieurs mesures à mettre en place. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que dès le début, pour ces personnes, moi je suis rhumatologue, je les connais bien ces patients-là, dès le début, il faut les prendre en charge et c'est ce que nous faisons en finançant des parcours de prise en charge, de rééducation, de réadaptation pour que les gens puissent aller mieux et donc pouvoir reprendre le travail. Vous savez,
c
'est des gens qui avaient 3 ans d'arrêt maladie, mais aucune consultation chez le kinésithérapeute, par exemple. Aucune consultation chez le psychologue ou le psychiatre alors qu'ils étaient en dépression. Ce qu'on veut, et ce que je veux en tant que ministre de la Santé... Travailler sur le parcours de soins, c'est ça ? Mais c'est que les gens aillent mieux. Évidemment, la conséquence,
c
'est de diminuer les arrêts maladie. Mais ce qu'on doit faire, et c'est ce qu'on fait avec mon collègue Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, c'est qu'on veut que la santé soit mieux prise en charge et notamment la santé au travail, plus de prévention pour qu'il y ait moins d'arrêts maladie. C'est ça qu'on met en place. Merci beaucoup Stéphanie. Il risque d'être venu au micro de France Inter pour évoquer ses propositions budgétaires.
Il
y en a beaucoup, on reviendra évidemment dessus. Je rappelle que vous êtes ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.