Doliprane : "Il faudrait étudier" la nationalisation de Sanofi, estime Clémence Guetté
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse partielle
Qu'en pensez-vous ?
- 2:17OuverteRéponse partielle
Ça vous paraît une piste ? Parce que Bercy s'y est dit pas tout à fait opposé.
- 3:55OuverteRéponse directe
La France insoumise va-t-elle maintenir sa motion de rejet ?
- 5:07RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'était une bonne idée d'y aller aussi fort sur le choc fiscal ?
- 7:38OuverteRéponse directe
Ça va se finir par un 49,3, à votre avis, Clémence Guettet ?
- 8:38OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous vous seriez prête à voter un texte du RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Ce fonds américain d'ailleurs qui va reprendre cette filiale, c'est un spécialiste des plans sociaux. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Je rappelle qu'il a repris Butte, Conforama et qu'il y a eu des milliers d'emplois supprimés. »
- 0:59Invité politiqueFait
« On s'est quand même retrouvés démunis pour faire des vaccins, pour faire des traitements. »
- 1:21PrésentateurChiffre
« La capitalisation boursière aujourd'hui de Sanofi, c'est autour de 130 milliards d'euros. »
- 2:20Invité politiqueFait
« Ah mais j'ai aucune surprise là-dessus que la droite ne soit pas opposée au fait que l'État brade absolument tout. »
- 2:55Invité politiqueFait
« nos propres solutions, c'est-à-dire un autre système de partage des richesses, des nationalisations, comme des solutions aberrantes. »
- 3:31Invité politiqueChiffre
« Tavares, 36 millions d'euros par an. »
- 4:19Invité politiqueFait
« le fait que M. Barnier ait pour la retraite à 65 ans. »
- 4:34Invité politiqueFait
« qui va de la Macronie en passant par la droite jusqu'à l'extrême droite pour faire les poches de toujours les mêmes personnes, c'est-à-dire le grand nombre. »
- 5:29Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, avec les Macronistes, il y a eu 1000 milliards de dettes supplémentaires. »
- 5:33Invité politiqueChiffre
« Il y a 200 milliards d'aides aux entreprises qui profitent largement aux grands groupes, sans contrepartie sociale, sans contrepartie écologique. »
- 6:01Invité politiqueChiffre
« C'est 4000 profs de moins dans le pays. »
- 6:16Invité politiqueFait
« C'est le budget de la sécurité sociale. »
- 6:48Invité politiqueFait
« Il ment. »
- 6:58Invité politiqueFait
« Par exemple, la taxe sur l'énergie qu'ils avaient prévue initialement. Ça agissait indifféremment sur tous les Français. »
- 7:29Invité politiqueFait
« Oui, mais principalement sur les plus riches, une nouvelle fois, les super profits, les super dividendes des entreprises, les bénéfices des très grandes entreprises qui sont effectivement réalisés en France. »
- 7:53Invité politiqueFait
« Je rappelle quand même que le nouveau Front populaire, notre programme, celui qu'on a défendu en commission, et celui sur lequel on a gagné au fur et à mesure de ce budget, jusqu'à ce que le RN sauve la peau de la Macronie à la fin, je rappelle que c'est ce programme-là qui est arrivé en tête. »
Temps de parole
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Il est 7h49, Sonia De Villers, votre invitée et députée LFI-NFP du Val-de-Marne et vice-présidente de l'Assemblée Nationale. Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. Ce soir débute l'examen du projet de loi de finances à l'Assemblée Nationale, après un week-end déjà très musclé sur le sujet. Vous venez d'entendre Dominique Seux, nous allons en parler ensemble évidemment. D'abord, un accord a été trouvé hier soir. L'État va entrer au capital d'Opela, la filiale de Sanofi qui commercialise le Doliprane afin de s'assurer qu'il n'y aura ni casse sociale ni rupture du stock. Qu'en pensez-vous ?
Je suis très sceptique et j'attends de voir. On va voir les détails de l'accord dans la journée. Mais comme les syndicats, on craint que ça soit accompagné d'un plan social énorme. Ce fonds américain d'ailleurs qui va reprendre cette filiale, c'est un spécialiste des plans sociaux. Je rappelle qu'il a repris Butte, Conforama et qu'il y a eu des milliers d'emplois supprimés. Mais en matière de souveraineté sanitaire, je pense qu'on n'a vraiment pas tiré les leçons du Covid. On s'est quand même retrouvés démunis pour faire des vaccins, pour faire des traitements. On voit que depuis des mois, il y a des pénuries de médicaments sur des médicaments absolument essentiels pour les Français.
Donc on est extrêmement inquiets. Il y aurait autre chose à faire en cette matière. C'est-à-dire la nationalisation par exemple. La capitalisation intégrale de Sanofi ? Il faudrait l'étudier parce que ça coûte évidemment extrêmement cher. C'est un gros groupe. Mais je pense que...
La capitalisation boursière aujourd'hui de Sanofi, c'est autour de 130 milliards d'euros. Oui, très bien. Mais je pense que...
Dans les caisses de l'État, est-ce qu'il y a 130 milliards d'euros pour une... On peut aller en chercher une grande partie. Mais je sais qu'on va en discuter juste après dans cette matinale. Il n'empêche qu'on sait aussi qu'avec le changement climatique, les pandémies vont se multiplier. Et qu'on doit s'armer pour pouvoir faire face à ça. Et notamment la recherche médicale est absolument fondamentale pour les années à venir. Donc il y a autre chose à faire en matière de souveraineté industrielle.
Et dans un texte publié hier dans la tribune dimanche, trois députés Renaissance, dont Gérald Darmanin, suggèrent de céder des participations dans des entreprises cotées. L'État en détiendrait autour de 180 milliards. Et ses députés disent qu'il suffit d'en vendre 10% et plus la peine de hausse d'impôt, plus la peine d'augmenter les charges qu'ils estiment contre-productives. Ça vous paraît une piste ? Parce que Bercy s'y est dit pas tout à fait opposé.
Ah mais j'ai aucune surprise là-dessus que la droite ne soit pas opposée au fait que l'État brade absolument tout. puisque c'est ce qu'on fait depuis 40 ans en France. On a bradé des services publics essentiels, on a privatisé des entreprises sur lesquelles on avait la main, les aéroports, bref. Ce sont des vieilles recettes. Et en fait je suis atterrée qu'on continue de nous présenter cette pensée dominante qui nous a mené dans le mur budgétaire qu'on voit aujourd'hui comme la solution. Et nos propres solutions, c'est-à-dire un autre système de partage des richesses, des nationalisations, comme des solutions aberrantes.
Je pense que les grands génies de la finance qui sont en manette depuis 40 ans, en appliquant les recettes néolibérales, devraient faire preuve d'un tout petit peu d'humilité. Darmanin en premier lieu, je rappelle quand même... Sauf que ça me paraît un tout petit peu contradictoire. Non mais ils veulent céder des participations de l'État. C'est-à-dire qu'ils veulent affaiblir l'État dans un moment où il faudrait faire absolument l'inverse. Que l'État reprenne des marges de manœuvre. Parce qu'on a devant nous l'urgence sociale, on connaît la situation de pauvreté des Français aujourd'hui, après ces temps de macronisme.
Et on a devant nous le changement climatique et la nécessité de faire la bifurcation écologique. Et je veux dire une autre chose. Tavares, 36 millions d'euros par an. Il y a un moment, l'État devrait faire quelque chose en matière de souveraineté industrielle. Il en a les moyens et les macronistes veulent faire la base. Vous voulez aussi privatiser l'industrie automobile.
Venons-en au budget. On l'a dit, examen de la première partie de la loi de finances pour 2025. Celle qui concerne les recettes, c'est-à-dire les impôts, les taxes, les prélèvements. La France insoumise va-t-elle maintenir sa motion de rejet ?
En tout cas, on va la présenter et on va dire ce qu'on a à dire sur ce budget. Même si le Rassemblement National a déjà dit qu'il ne la voterait pas ? Mais le Rassemblement National fait ce qu'il veut. Ça fait quelques mois qu'il a décidé de sauver M. Macron, qu'il a décidé de valider le gouvernement de M. Barnier de droite, qu'il a décidé de valider le budget austéritaire, le fait que M. Barnier ait pour la retraite à 65 ans.
Je veux dire, il y a une chose de l'enseignement qu'on peut tirer de cette commission des finances qui s'est passée la semaine dernière, c'est qu'il y a maintenant une alliance qui est très claire, que les Français doivent absolument comprendre, qui va de la Macronie en passant par la droite jusqu'à l'extrême droite pour faire les poches de toujours les mêmes personnes, c'est-à-dire le grand nombre. C'était ça le budget initial qui nous était présenté et qu'on a amendé. Vous l'avez dit à la fin, il y a eu un vote contre, ce que vous avez appelé un sursaut sans doute de bonne conscience en dernière minute. C'est les mythos de Dominique auxquels vous faites référence.
Exactement, ce qui veut dire que le RN a validé le budget austéritaire, permet au gouvernement Barnier de continuer de faire les poches des Français.
C'est quand même une question, c'est-à-dire 60 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires, qui ont été rejetés finalement samedi. Est-ce que c'était une bonne idée d'y aller aussi fort sur le choc fiscal ? Puisque finalement, ça ne conduit qu'à une chose, au rejet. Michel Barnier a dénoncé un concours lépine fiscal. Le ministre des Comptes publics a parlé d'un enfer fiscal en France. Le député Ensemble, David Amiel, a parlé lui de boucherie fiscale, de budget Frankenstein.
Voilà. Non mais là encore un petit peu d'humilité. Aujourd'hui, avec les Macronistes, il y a eu 1000 milliards de dettes supplémentaires. Il y a 200 milliards d'aides aux entreprises qui profitent largement aux grands groupes, sans contrepartie sociale, sans contrepartie écologique. Ça, c'est les recettes magiques de la Macronie qui nous mettent dans cette situation aujourd'hui. En plus, ça fait des semaines que le gouvernement dit « Nous, on va présenter un budget, mais très simplement, et puis les parlementaires pourront amender. » Parce qu'en fait, c'est notre rôle. Pourquoi 60 milliards ? Parce qu'en fait, c'est le chiffre miroir de ce que Barnier veut faire comme coupe dans les budgets.
Les budgets, ce n'est pas n'importe quoi. C'est les ministères, donc l'État. C'est quasiment 2 milliards de moins pour l'écologie. C'est 4000 profs de moins dans le pays. C'est les budgets des collectivités, alors qu'elles sont déjà à l'os et qu'elles n'arrivent plus à faire face à tout ce qu'il leur est demandé. C'est le budget de la sécurité sociale. Donc nous, on est allé chercher 60 milliards de recettes supplémentaires. Et pas n'importe où. En fait, je veux vraiment faire entendre qu'il y a eu une suraccumulation des richesses dans ce pays.
Laurent Saint-Martin, le ministre des Comptes publics, répond justement à ces amendements nés en commission de finances et dit que c'est un matraquage fiscal qui toucherait tous les Français, les économies de toute une vie. Des PME familiales, des successions, des transmissions, des assurances vie, des épargnes, des résidences principales. Lui, il dit que ces hauts s'impacteraient tous les Français de la classe moyenne comme les petites entreprises.
Il ment. C'est leur budget initial qui avait cet effet-là. Et c'est justement ce qu'on lui reprochait. C'est-à-dire de taper tous azimuts sur tous les Français, y compris sur ceux qui n'ont plus les moyens aujourd'hui de payer. Par exemple, la taxe sur l'énergie qu'ils avaient prévue initialement. Ça agissait indifféremment sur tous les Français. D'accord, les gros consommateurs d'énergie, mais aussi n'importe qui, les petits ménages, pour leur consommation quotidienne. Nous, on a voté au contraire le fait que la TVA puisse être amoindrie pour les premiers kWh, c'est-à-dire ceux qui sont indispensables à la vie.
Donc, c'était leur budget qui créait cet effet-là, indistinct, on tape sur tout le monde, etc. Nous, ce qu'on a fait...
Ils proposez 19 milliards de prélèvements. Vous, vous en proposez 60 de plus.
Oui, mais principalement sur les plus riches, une nouvelle fois, les super profits, les super dividendes des entreprises, les bénéfices des très grandes entreprises qui sont effectivement réalisés en France. Ça va se finir par un 49,3, à votre avis, Clémence Guettet ? Je pense que c'est possible, en tout cas, la Macronie installe déjà la petite musique de la violence démocratique qui va s'abattre sur nous, parce qu'ils racontent à la fois qu'on peut amender, et en fait, ils refusent absolument le fait démocratique en France. Ils ont refusé le résultat des élections.
Je rappelle quand même que le nouveau Front populaire, notre programme, celui qu'on a défendu en commission, et celui sur lequel on a gagné au fur et à mesure de ce budget, jusqu'à ce que le RN sauve la peau de la Macronie à la fin, je rappelle que c'est ce programme-là qui est arrivé en tête. Ce n'est pas à l'autérité de M. Barnier. Donc il va y avoir un 49,3, à votre avis, cette semaine ? Moi, je ne suis pas macroniste, mais visiblement, ils n'ont pas l'intention de laisser le Parlement être souverain des décisions pour la France.
Alors, dans dix jours, le RN va proposer son texte abrogeant la réforme des retraites. Aymeric Caron, affiliée insoumis, se dit qu'après tout, il faudrait peut-être voter à leur côté. Il faudrait peut-être voter aux côtés du RN, parce qu'il n'y a pas de raison de laisser la bataille sur les retraites au RN. Est-ce que vous vous seriez prête à voter un texte du RN ?
Bon, la première chose que je veux redire, je l'ai dit très rapidement, mais quand le RN valide le gouvernement Barnier, il valide la retraite à 65 ans. C'est ça leur projet, le projet de la Macronie. Deuxième chose, ils ne sont pas allés dans la rue quand 93% des Français étaient opposés à cette réforme.
Mais est-ce que les insoumis vont voter un texte du RN ? Ce serait un virage, un vrai virage. Clémence Guettet, est-ce que les insoumis vont voter un texte du RN ? Je vais vous répondre, ne vous inquiétez pas.
Nous l'avons déjà dit, nous allons prendre notre décision en réunion de groupe. Je ne vais pas vous cacher que nous en débattons. Parce qu'en fait, l'objectif, l'objectif, non, ça ne se fissure pas, il y a du débat. En fait, ça se passe comme ça souvent à gauche et donc on discute. Mais ce que je veux dire aussi, c'est que nous, la proposition de loi du RN, elle n'a pas d'avenir dans la navette parlementaire. Un mois plus tard, c'est la niche de la France insoumise, la niche parlementaire. Le jour où on choisit les textes, il y aura en premier texte l'abrogation de la réforme à 64 ans et ensuite la navette. Clémence Guettet, merci.
De Villers.
Clémence Guetté