Daniel Cohn-Bendit: "il m'est impossible de m'extraire de l'histoire juive"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Comment vit-on dans l'écart entre le moi public et le moi intime ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous le malentendu entre votre image publique et votre personnalité ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Un jeune vous a agressé en vous disant "C'est ta faute si la France va mal ?". Comment réagissez-vous ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Pourquoi "Dani le rouge" ? Était-ce lié à l'idéologie ou à autre chose ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Votre père était avocat de gauche, pourquoi a-t-il quitté l'Allemagne en 1933 ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi votre mère voulait-elle aller en Israël après la guerre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00Daniel Cohn-BenditFait
« Le fait que beaucoup de gens m'aiment bien, ça ne m'est pas désagréable. »
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Bonsoir à toutes et à tous. Merci Paul Salmona. Merci au Mage d'associer encore une fois Academ à cette rencontre et merci à Sophie Andrieux et Joseph Hirche de m'avoir proposé de conduire cet entretien avec vous Daniel Conbendit.
Un entretien qui revît une dimension particulière pour moi. Exceptionnellement, je vais en effet commencer par une anecdote issue de mon histoire familiale mais qui vous concerne Daniel Conbandit, même si vous n'en avez aucune connaissance. Mes parents ont quitté la RDA en 1984, l'Allemagne de l'Est.
J'avais alors 1 an et demi. Avant de rejoindre Strasbourg, leur destination finale, ils ont d'abord fait escale par Francfort le temps d'obtenir des papiers. Et bien figurez-vous que le jour de leur arrivée à Francfort, le premier jour de leur vie à l'ouest, donc dans le monde libre, un ami vient les chercher à la gare et à peine monter en voiture, il leur lance.
Et regardez le rouquin là qui se tient à l'arrêt de bus. Vous le reconnaissez ? Mais c'était vous Daniel Conbendit, la première personne que des juifs allemands fui en l'est croisé à l'ouest.
C'était donc un autre juif allemand qui lui se trouvait là en Allemagne après avoir été expulsé de France. C'est une coïncidence absolue, mais cela explique que je suis particulièrement touché de vous interviewer ce soir. Alors, on y va.
Euh on va remonter un peu le fil de votre trajectoire tout de suite, mais je voulais d'abord vous poser une question préliminaire. Si on joue ce soir à guichet fermé, c'est aussi parce que vous êtes littéralement une icône, c'est-à-dire l'incarnation de toute une époque, d'un souffle, d'une promesse avec aussi sa part de désenchantement. On va y revenir.
Or, vous racontez dans ce livre et souvenir d'un apatride l'écart qui a aussi existé entre le personnage que l'histoire a fait de vous et la personne que vous êtes. Alors, je voulais vous demander comment on vit dans cet écart entre le moi public et le moi profond, le moi intime. D'abord, on vit bien, hein.
Donc, je vais pas me lamenter sur moi-même. Le fait que beaucoup de gens m'aiment bien, ça ne m'est pas désagréable. Donc euh et euh le le problème c'est pas euh d'être quelqu'un euh qui est reconnu.
Alors pour les il y a quand même pas mal de cheveux blancs ici euh pour les personnes d'un certain âge quelqu'un qui a été un compagnon ou ils ont été un compagnon des événements et cetera. Non, ce qui est plus dur, ça a été la projection politique de de me faire de me vouloir me donner de me faire un d'être quelqu'un que je n'étais pas. Et dans ce c'est là que j'explique que on voulait te faire moi un révolutionnaire professionnel et c'était quelque chose que je n'étais pas et que je ne voulais pas.
Et donc c'est pour cela que tôt à la fin mai en 68, j'étais assez dérouté par des événements les ce que ma personnalité était devenue objectivement h euh qui dépassait ce que je voulais être. Voilà. Et donc tu comme un malentendu en fait. un malentendu, c'est c'est pas comme j'avais une grande gueule et que j'étais toujours devant que les gens croient que je voulais être plus que comme je voulais être un grand révolutionnaire, c'est on pouvait.
Donc c'est le malentendu, c'est pour moi à partir d'un certain moment je voulais redevenir quelqu'un qui avait la possibilité de se balader normalement dans la rue sans être interpellé. pas méchamment mais sans être interpellé. Et j'avoue c'est c'est ça.
Donc euh ça a marché ça au fil du temps. Ça a marché. Mais c'est c'est je mens un peu parce que quand euh je suis dans la rue avec ma femme à Paris et qu'une dame à l'époque donc assez jeune comme moi, m'embrasse et dit "Heureusement que tu vis.
Euh ma femme me regarde et me dit "Bon, c'est pas désagréable, enfin c'est pas c'est pas des méchancetés. Donc euh il faut il faut que j'accepte que pour beaucoup je suis le symbole de quelque chose et en même temps de me pas me perdre en tant que symbole." Est-ce que ça vous arrive à l'inverse qu'il y a toute une nouvelle génération peut-être où où il y a des jeunes qui vous connaissent pas du tout ?
Ah oui, il y a des tas de jeunes de cet après-midi, il y a un jeune d'une trentaine jeune oui pour moi trentaine d'années euh qui m'a agressé "C'est ta faute si la France va mal ?" Euh a dit "Ah bon d'accord, très bien." Pourquoi ?
Bah toi, c'est toi qui a fait Macron. Euh grâce à toi, Macron est devenu pleur. Je dis "Oh alors du calme, du calme" et mais il a pas voulu discuter quoi.
Vous savez quand même qui vous êtes. Il y a peut-être des gens qui ont même jamais entendu parler de Daniel Conbandit. Oui, oui, mais à l'école quand même, j'ai il y a dans les les les petites il y a des petits bouquins où j'ai deux trois une demi-page.
Donc, on est obligé à l'école d'apprendre qui je suis. Bon, c'est au programme. Voilà.
Alors, on connaît les étiquettes, n'est-ce pas, qui vous collent à la peau. Paul Salmona vient de les les rappeler. Daniel, le rouge, le vert, l'Européen, le juif.
Le rouge, il y a il y a là, il y a déjà une erreur totale. En Allemagne, il y avait Rudi Lkker, le rouge parce qu'il était vraiment un marxiste révolutionnaire rouge. Moi, c'était Dani le rouge pour une raison totalement contraire.
C'est parce que j'avais les cheveux rou. Ouais. Pas pour idéologie politique, parce que politiquement j'étais libertaire.
J'étais à l'époque ce qu'on appelait noir et rouge. H donc ne pensez pas Danil rouge à un trotskiste ou un maoïste ou non, j'étais au le contraire de tout cela mais j'avais les cheveux rou. En revanche juif on va y revenir juif vous vous allez nous raconter.
Bon c'est compliqué mais vous l'êtes franco-allemand aussi. Ce qui nous intéresse ce soir c'est de creuser un peu le soubassement de tout ça dans l'explorer l'antichambre. biographique parce que sous les pavés, il y avait pas que la plage, il y avait aussi toute une histoire en fait qui vous précédait et dont vous étiez issu.
C'est celle du début de la première moitié du 20e siècle et celle de vos parents Erich Con Bendit et Herta David qui quitte l'Allemagne pour la France dès 33. Pourquoi si tôt ? Mon père était avocat, il était un avocat de gauche et en fait il a quitté l'Allemagne pour des raisons politiques.
Il il était un avocat qui défendait du Secours rouge, qui défendait des socio-démocrates, des communistes. Et après l'incendie du RTAG, un une connaissance nazie lui a dit Irich, il vaut mieux que tu partes. Et donc il est parti euh le lendemain avec ma mère et il est parti, il a il est arrivé à Paris donc en 33 pour des raison politiques.
Avant qu'il soit arrêté, il travaillait avec un autre grand avocat, Litton, qui lui a été arrêté et qui a fini euh une dizaine d'années plus tard mort en camp de concentration. Donc il était un peu rouge lui aussi, mais c'était un communiste un peu particulier. ce que il était ce qu' en Allemagne, si vous connaissez un peu l'histoire, USPD, c'est-à-dire c'était c'était un en France, on dirait il était euh euh entre le PS et les communistes, il était anticommuniste et en même temps de gauche quoi.
Voilà. Votre frère Gaby, il avait une formule rigolote sur ça, il disait c'était l'extrême gauche de salon. Oui, parce que effectivement ils c'était une réflexion théorique sur le communisme un peu en France si tu si on veut comparer, c'était un peu le PSU H c'était une tendance disons rardienne.
Je me suis demandé parce que Cone Bendit C bon c'est Cohen, tout le monde le sait mais Bendit, je me suis toujours demandé d'où ça vient. Mais c'est très simple. Mon père était avocat, très jeune avocat à Berlin.
Il devait y avoir environ 250 à 300 côes comme avocat. Et donc sa mère lui a dit, "Tu sais, elle était née bendit et ce nom allait disparaître." Et donc elle lui a dit "Bah prends Bendit, tu t'appelleras con Bendit et comme tu seras comme ça, tu seras le seul." C'est ce qu'a fait mon père.
Et donc chaque fois que si quelqu'un vous dit "Oui, con bendit, je suis un peu de la famille", c'est pas vrai, ça n'existe pas. Il n'y a qu'une famille con Bendit, c'est la nôtre. Il y en a pas d'autres.
Donc Cône, c'est une chose, bendit c'est une chose. Mais con bendit ça euh c'est certifié unique. Alors je me suis un peu renseigné qu'il y a un dictionnaire des nonjuifs chez mes parents.
J'ai regardé sur Bendit, ça vient de Benedict et donc de Barour. Donc il y a doublement la dimension religieuse dans votre nom en fait. Oui, mais oui, je sais que moi je suis un des juifs les plus hauts puisque Cône c'est vous devez tout être admiratif devant moi et c'est moi qui vous impose tout ce que vous devez faire.
Non, non. Oui, mais vraiment ça vous pouvez chercher. Moi tout cela ne me touche pas ne m'a pas du tout touché.
Il y a rien de dans ma pensée, il y a rien de religieux. Votre mère était un petit peu votre père était antireligieux. Il vous a pas fait circoncer.
Vous racontez ça ? religie. Oui, mais ça pas pas pas mon père n'a ni circ n'a fait ni circoncir euh mon frère ni moi h pour une autre raison.
Il a dit vu les temps qui courent, je ne veux pas que qu'on puisse reconnaître que tu es juif si tu ne veux pas l'être. Et c'est pour cela qu'il n'a qu'il s'est opposé et que ma mère l'a accepté. Oui, ma mère elle était plutôt siste que religieuse, mais elle aimait bien les blagues juifs, elle aimait bien les chansons.
Elle a été économé Maonide ici. Elle était très connue et elle se sentait beaucoup plus juive. Et d'ailleurs euh je crois qu'après la guerre, elle aurait bien voulu euh faire son allia et aller en Israël.
Mais mon père, pour mon père, il y avait était pas question. Il disait "Non, vivre qu'avec des juifs." Non, ça c'est pas possible. [rires] Mais au niveau de la de la pratique juive, à la maison, il y avait rien du tout quoi.
Même pas Ranoua rien. Si il y avait faisait Ranuka mais surtout ma pour ma mère, ce qui était horrible, c'est que je ne voulais rien savoir. Donc à un moment, elle me dit "Tu fais ta mitba." Bon, j'ai dit bon d'accord, je vais essayer.
Au bout d'une semaine, je dis non, vraiment ça m'emmerde, ça ne m'intéresse pas. Ouais. Et elle me dit "Mais tu auras des cadeaux. [rires] Et je lui ai dit "Mais de toute façon, je les aurais donc j'ai pas besoin de faire." Bon, j'ai pas après elle me dit "Mais tu voudrais pas aller aux éclaireurs ?" Bon, alors j'étais à la chôé à Saillir.
Ou ouais 15 jours. H et je suis revenu à la maison. Dit mais pourquoi je dois me balader en uniforme ?
Ouais. Tu peux m'expliquer pourquoi ? Et donc au bout de 15 jours, j'ai je suis parti et j'ai dit je ne vais plus et j'ai été au CAP, cercle athlétique de Paris jouer au foot. [rires] Euh justement, vous parlez d'uniforme, il y a quelque chose qui caractérise aussi le communisme particulier de votre père. pas communiste.
Déjà, c'est faux. C'est ça faux. C'est faux.
C'était c'était un socialisme utopique. C'est plus beau joli que communisme. Communisme, c'est déjà repoussant.
Mais socialisme utopique, ça a quelque chose de Oui, mais il est pas de cacher je trouve. Non, vous trouvez pas ? Bon, OK. [rires] Enfin, de poétique, en tout cas.
Oui. Donc, Cacher. En tout cas, il est pas dans sa partie comme ça.
C'est pas des Staliniens orthodoxes. Il y a déjà un peu quelque chose d'antiutoritaire. ce qui va vous accompagner après quoi cette oui ins cette ce refus de l'autoritarisme c'était peut-être déjà chez votre père quelque chose de Oui mais vous savez la relation ma relation avec mon père c'est compliqué il a quitté Paris j'avais 5 ans. il a été en Allemagne, il est retourné en Allemagne parce qu'il était dans son âme un avocat et qu'il voulait être avocat.
Et donc il est rentré non pas à Berlin parce que Berlin était une île au milieu de ton Allemagne de l'Est hein. Et donc il est allé à Francfort. D'ailleurs, c'est très drôle l'histoire, c'est qu'il est arrivé à Francfort.
Il a été au grand hôtel Francfort à qui avait été pendant la guerre, elle avait été dans les années euh dans les années 20, ça avait été le centre de la révolution de la révolution. Et puis après en 35 36 37, je sais plus exactement, c'était les le centre des SS. Et donc il est arrivé à l'hôtel en 50, il est arrivé à l'accueil, il a dit "Voilà, je m'appelle con Bendit, est-ce que maintenant vous acceptez les juifs ?" Donc c'est comme ça qu'il s'est installé à Francfort et et donc moi, on était quand même assez séparé.
Mon père est mort très tôt, il est mort en 59. Il a eu des années compliquées à la fin votre père ? Oui, il était très malade.
Il avait un cancer généralisé et cetera et donc on peut pas dire que il y a eu une influence directe de mon père sur moi. L'influence l'ersat de mon père, c'est mon frère. Mon frère qui a qui avait 9 ans de plus que moi et qui c'est grâce à lui que j'ai évité toutes les bêtises.
Beaucoup de pas toutes, pas toutes. Ça ça n'existe pas. Mais euh beaucoup de bêtises communiquent euh politiques parce que à 17 ans Sartrien, après il était rentré au parti communiste.
Là il est devenu l'opposition italienne, il s'est fait exclure du parti communiste, il est allé chez les Trotskis, il s'est fait exclure des Trotskis et puis voilà et il a fini chez les libertaires. Et donc quand j'étais en âge de faire de la politique à 17 18 ans et bien par son parcours m'a évité toutes les folies communistes trotskistes qu'on ait pu faire à l'époque. C'est une figure un peu de mentor pour vous Gaby ?
Oui, c'est quelqu'un qui a été pour ma formation disons politique très important. Alors il y a une autre personne qui a peut-être eu une influence souterraine sur vous. Enfin je je me suis posé cette question.
En tout cas, c'est quelqu'un qui a joué un rôle très important dans l'entourage de vos parents, c'est Hannah Arent. Oui. D'abord, une personne qui a on oublie parce que c'est ma mère.
Oui. Euh, je veux dire avant de ma mère qui était une c'est si après euh disons on en reparlera sur ma judéité, si quelqu'un quand même a réussi à me donner le sens de ce que pourrait être une identité juive religieuse, c'est ma mère et surtout sa manière de vivre. C'était une femme qui était d'une gentillesse h incroyable.
Une femme qui était aimé de tous les enfants, par exemple de l'école Malmonie d'elle s'appelait on l'appelait tricotie parce qu'elle tricotait des bonnets pour les les jeunes qui effectivement ne venaient pas de bonne famille et cetera. Donc euh euh si on veut le une grande partie de peut-être la meilleure partie de mon caractère vient sûrement de ma mère. Oui.
C'est quelque chose qui vous a imprégné parce que en 68 en fait vous vous étiez pas tellement un idéologue, un théoricien. Ce que vous racontez, c'est que si les journalistes se sont réunis autour de vous, si vous attiriez tellement les journalistes, c'est parce que vous aviez de la chat, vous étiez sympa, vous parliez à tout le monde et euh vous étiez curieux de tout. Et c'est peut-être ce caractère là de de votre mère.
Oui, c'est c'est-à-dire de en fait alors après on pourra discuter sur la politique, mais c'est ça. Ma mère aimait les gens. Hm hm.
Elle est et ça c'est quelque chose qui m'a toujours qui m'a impressionné, qui m'a fait, c'est-à-dire un une empathie une empathie pour l'autre. Et elle vous envoyait en kyiboots d'ailleurs votre mère ? Ouais.
Ouais. Elle m'a envoyé en kyiboots un été 3 mois où j'ai plus dragué que faire autre chose. Ça fait partie du Oui, d'accord.
Non mais je veux dire je j'étais pas un kibutnickin et d'ailleurs je n'avais pas non plus là un uniforme quoi que c'était un un kibuts très yek à Chomyir à Zora parce que c'était de lointain parent de de ma mère. Alors, je voulais revenir à Anna Arent puisque on a reçu ici même au mage il y a quelques mois l'historienne Marina Touz qui a consacré un ouvrage remarquable à Anna Harent et la tribu d'Ana Harent en France durant les années parisiennes d'Ana Rent il y avait Walter Benjamin et il y avait les parents Con Bendit et elle cite une lettre que Arent a écrit à votre père en 1940. Non pas à mon père à moi.
Non ça c'est il y a deux lettres ça. On va y revenir. Il y a deux lettres.
Ah bon ? D'accord. [rires] On confond pas les lettres.
La première lettre, c'est 1940 à votre père et elle dit "Aucun peuple d'Europe ne souffre aussi durement que nous les juifs. Notre seule chance, mais aussi la la seule chance de tous les petits peuples réside dans un nouveau système fédéral européen. Vous n'êtes même pas encore né à ce moment-là, vous êtes né en 45.
Mais on réalise que la fibre européenne et le combat de votre vie aussi peut-être de plus loin que vous. Oui, il y a eu un échange. Il y a un échange.
Malheureusement, on connaît que la partie de Anna Aren parce que Anna Aren quelqu'un à chaque fois qu'elle écrivait, elle envoyait son double à la Library of New York. C'est-à-dire euh ça c'est des intellectuels qui savent que la ça compte. et et on n' pas les réponses de mon père, mais c'était un échange de mes parents sur de de mon père qui était avocat sur les apatrides.
Qu'est-ce que cela veut dire d'être apatride ? Et en fait de de cela, elle s'est servie après euh dans son livre sur le totalitarisme. Mais donc, il y avait déjà cette idée européenne dans le cercle de vos parents quoi.
Et c'était une idée absolument, absolument. Il y avait cette idée qu'il fallait surmonter mais c'était très abstrait. cette idée en partant qu'est-ce que peut faire une minorité comme la minorité juive ou d'autres minorités et que ces minorité seraient toujours refusé dans par disons une idée nationale parce qu'ils ne font pas partie de ce récit national et que donc ce n'est que dans une Europe fédérale où il pourrait s'intégrer parce que cette Europe fédérale, cette Europe qui se fédéralise et justement quelque chose où toutes les nationalismes ne jouent plus les mêmes rôles.
Alors, vous avez évoqué cette deuxième lettre qui vous a envoyé beaucoup plus tard en juin 1968. M Libong, mon cher garçon, j'ai longtemps réfléchi au moyen de te joindre sans que la police puisse venir y mettre son nez. J'aimerais seulement te dire deux choses.
La première est que je suis convaincu que tes parents, surtout ton père, seraient très contents de toi s'ils étaient encore en vie. La seconde, c'est que au cas où tu aurais des ennuis et peut-être besoin d'argent, tu nous trouveras toujours pour t'aider dans la mesure de nos possibilités. Bonne chance et continue de faire aussi bien.
C'est émouvant hein, moi je trouve. Très. Et cette lettre en fait, elle a ilelle elle l'a envoyé à Susan Zontac qui était à Paris en 68 et en lui disant "Si tu vois Danis, donne-lui cette lettre." et Susanne Zontact ne m'a pas vu, ne m'a pas peut-être pas cherché, j'en sais rien.
Et en fait, j'ai découvert cette lettre 30 ans après, 35 ans après dans la biographie de Jong Brul. Young Br écrit une biographie d'Ana Harent et c'est là que je découvre cette lettre que je ne connaissais pas. Et en au début des années 90, je crois que c'est 92, je sais plus exactement, j'ai reçu le prix Anna Aren de la ville de Brem et ce prix était avait une dotation à l'époque de 8000 de marqu.
Et en recevant le prix, j'ai fini mon intervention en disant Hannon argent vient d'arriver. [rires] Alors, il y a une autre figure qui a mais sur le j'ai en fait j'ai moi-même j'ai revu que deux fois. Une fois c'était donc mon père venait de mourir donc on est en 49 euh 59.
Elle était à Francfort, elle est elle a rendu visite à ma mère. Là, je l'ai rencontré, enfin, je l'ai vu 1 heure. Elle a discuté avec ma mère et puis je l'ai revu euh 6 7 ans après au procès d'chwitz à Francfort et c'était très Elle sortait du procès et moi aussi.
Elle me regarde, je la regarde et elle dit, je lui dis Hann et le les les journalistes autour d'elle qu'est-ce que c'est que cette histoire qui est ce petit requin et cetera. Et on a discuté un quart d'heure comme ça et je lui ai dit, je me rappelle très bien, j'étais très troublé par la façon dont les avocats de la défense mais aussi le procureur interroge les témoins. Donc c'était des témoins qui avaient été à Aushwitz et il fallait qu'ils expliquent exactement la la personne qu'ils avaient eu. vraiment cette personne.
Est-ce que à quel jour, à quelle heure et cetera ? Ce qui me paraissait aberrant. Aberrant, c'était vraiment ça m'a ça m'a rendu malade.
Et Anna a dit c'est tout le prix h à payer si on veut qu'il y ait justice. C'est intolérable et en même temps, c'est peut-être nécessaire qu'il y ait une justice pour qu'on ne dise pas on condamne n'importe qui, n'importe comment. Mais ça avait été c'était cette discussion qu'on a eu à cette époque.
Vous avez lu à Arent beaucoup ? J'ai lu beaucoup plus tard Anna et j'étais lu beaucoup plus tard parce qu'il faut savoir que maintenant tout le monde c'est ça doit être la la personne la plus citée en ce moment un peu à toutes les sauces à toutes les sauces et tout le monde trouve une citation de Hann Arent alors sur le conflit israélo-palestinien sur Israël vous avez tas de citations de Hann Aren dans tous les Et et je crois que ce qu'on sous-estime, ce qu'on comprend pas chez elle, c'est que elle développait des positions en partant d'une actualité, d'une réalité. elle n'était pas c'était pas pour faire pour se terminer avec une idéologie toute faite, mais elle commentait en fait l'actualité et et c'est pour cela par exemple aussi bien en France qu'en Allemagne que dans les années 60 Anna Rent était considéré comme quelqu'un de droite.
H pourquoi ? parce qu'elle avait osé comparer le stalinisme et le nazisme dans les origines du totalitarisme. Elle est elle alors comme personne ne l'avait lu, la plupart de qui l'a critiqué ne l'avait lu et il elle il faisait tout le monde disait "Non mais ça c'est pas possible, le pire c'est le nazim.
C'est pas ça qui l'intéressait." Elle essayait de comprendre les structures et les origines du dt totalitarisme. Le mécanisme et le mécanisme.
Exactement. et et donc pour beaucoup de la gauche bienpensante procommuniste d'oser comparer la barbarie stalinienne avec la barbarie nazie, c'était un crime de l'ise majesté et donc des des grands penseurs comme Sartre et tout ça ne pouvaient imaginer qu'on fasse des choses pareilles. Vous avez cité le procès d'Achwitz là à l'instant.
On parlait de la choa, on parlait d'chwitz chez vos parents ? Non. Euh c'est comme dans toutes les familles juives d'ailleurs, pas seulement juif même les familles nazis mais les parents ne revenaient pas là-dessus.
Enfin, mes parents n'étaient pas encamp si on lit le le livre de Marina, j'ai appris des tas de choses comment mon père a été traité. Hm. J'ai appris euh de ce qu'était la France en 39.
Je veux dire, on aujourd'hui euh il y a des juifs qui se disent et bien on peut voter Marine Le Pen. Hm. Ben moi, je vais vous dire l'histoire de de l'extrême droite.
Regardez ce qui s'est passé en 39. mes parents, mon père, des espagnols venant euh de la République, enfin qui avaient qui avait émigré après la défaite contre Franco ont été arrêtés parce que le gouvernement français de l'époque d'Adier se disait que génétiquement si vous êtes allemand, même si vous êtes juif ou que vous êtes opposant, en fin de compte vous pouvez vous lier à la Vermart contre la France. Et donc ce qu'écrit Marina, c'est pas un camp, mais mon père avait la double peine.
Il était juif et il était politique. Et il a été il a fait de camp en camp plusieurs camps d'internement. Si je crois si je me rappelle si je me rappelle bien.
Et il a fini quelque part en côté de Brest. Il est rentré à pied après de Brest à Montauban où était ma mère et et mon frère. Et et et et et pourquoi ce livre est important ? parce qu'elle raconte un peu ce qu'était la France en 39 qui préfigurait exactement ce qu'était la France de PTA.
Vous vous souvenez vous comment vous avez découvert par conséquent la choa les camps ? Est-ce que vos parents n'en parlaient pas ? Oui.
Bon mais ça j'ai pas dit qu'il n'en parlaient pas du tout. J'ai dit mais surtout il ne parlait pas de leur vie. Hm hm.
Euh si on parlait de des camps de la choa exactement, mais leur vie, ce qui avait été leur vie, enfin mon frère tout à l'heure, qui est-ce qui a parlé de Moissac ? C'est toi ? Ouais.
Mon frère était à Moisac. Hm. Mon frère était euh était dans une famille française, il avait changé de nom.
Il avait donc euh 6 ans 7 ans euh et ma mes parents l'avaient mis là et mes parents se cachait dans les alentours et justement aidait Moiss éclaireurs de Moiss à cacher. Et Moissac a été une ville extraordinaire. Il y avait environ 500 jeunes qui ont été cachés à Moissac et dans la et que toute la ville savait, connaissait.
Donc c'était une ville juste. H aujourd'hui, elle est aux mains du Rassemblement national. Ça c'est l'histoire de France.
Euh et donc on il y avait un sentiment de ce qu'était la persécution des juifs, mais il y avait pas mes parents n'avaient pas ne racontaient pas ce qui leur été passé, ce qui ce qui leur était arrivé à eux. Et j'ai des amis euh euh qui dont les parents même avaient été ou le père ou la mère en camp de concentration, c'était la même chose. Les parents ne racontaient pas cela pour ne pas faire peur, pour ne je enfin, il y a plusieurs explications à cela.
En tout cas, vous avez vous aviez suffisamment de connaissance pour avoir comme modèle Marek Edelman. C'est l'un des fondateurs dans le getto de Varsovie de l'organisation juive de combat. avait une identification à lui il représentait quoi pour vous ?
B Marek euh en en tant que si à partir du moment où vous comprenez que vous êtes juif, il y a pour un jeune homme un problème, c'est comment rés comment qui a résisté hm qui n'a pas résisté sans vouloir condamner qui n'a pas résisté mais c'est très difficile enfin non c'est pas difficile c'est une chose de s'identifier aux victimes. vous êtes lié à ces victimes, à ce peuple qui a fini dans les camps de concentration, qui a été dans les progromes et cetera. Mais ce n'est pas une identification positive, c'est une identification du mal dans le malheur où je me dis j'aurais pu né avant faire partie de ces enfants.
Je je dis toujours quand je vois le petit le jeune homme qui sort du ghetto de Varsovie, je crois que c'est le ghetto de Varsovie, on sait pas très bien, entouré de deux soldats de laverne les mains levées, ça aurait pu être moi si j'avais été né en en 32, donc 33 et cetera. C'est ça qui fait mon identité juive à la fin pour raccourcir un peu le tout. C'est c'est cette identification par le fait que je ne peux pas m'extraire de l'histoire.
Mais dans ce j'ai quand même besoin d'avoir une identification positive. Alors il y a théoriquement il y a quelqu'un après plus tard comme Anna Ren et pratiquement Marek Edelman qui était un jeune homme qui dans en tant qu'enfant ne parlait que Idich. H il a appris le polonais dans le ghetto de Varsovie.
Euh il faisait partie disons à 16 17 ans des des groupes de combat de protection contre les antisémites en Pologne. Et donc Marek au camp dans le getto de Varsovie a organisé très tôt à 18 19 ans la résistance et quand ils ont compris que en fait le youen rat se trompait se trompait que d'organiser les départs c'était d'organiser les départs vers les camps de la mort et donc ils ont ils ont dit quit à mourir et bien on va emporter le plus de nazis possible. Et donc Marek Edelman était pour moi un héros positif de la résistance contre l'anéantissement.
Et puis partant de là puisque je l'ai enfin je l'ai connu, j'ai j'ai revu compris son histoire plus tard, Marek Edelman après en 45 après avoir participé, il a pu fuir au dernier moment Ghetto de Varsovie après avoir participé à la libération de Varsovie de la Pologne, il n'a pas quitté la Pologne. Il n'est pas allé en Israël. Il a dit, "Je ne vais pas laisser ma Pologne aux antisémites." Et donc, il est resté avec 2 3000 euh juifs en Pologne.
Il est devenu chirurgien, un chirurgien très reconnu. Puis en 68, quand il y a eu ses progrôes contre les Juifs à la première révolte, il était dans un groupe avec Adame Michnik, Couron Mozalevski et cetera. et il a été un peu dans ces groupes d'intellectuels qui ont aidé et permis disons l'émanation de Solidarnoch et Marek après je vais pas vous faire c'est c'est vraiment l'homme il a toujours été du bon côté.
Vous l'avez rencontré lui ? Je l'ai rencontré à Varsovi ça a dû être un moment Oui, c'était très c'est très impressionnant. Il était très impressionnant.
Il y a d'ailleurs une petite place Marek et Delman à Paris, hein. Ouais. À Belleville.
Oui. Ou et beaucoup plus tard, il y a deux événements qui m'ont marqué de Marek. Un événement, c'est euh à un moment, il y avait c'est c'était une révolte palestinienne en Israël.
Il a fait une lettre ouverte aux Israéliens et aux Palestiniens. Et cette lettre ouverte, elle est publiée au New York Times et après dans le monde. Et dans cette lettre, il dit aux Israéliens, vous devez reconnaître le droit des Palestiniens de se battre pour leur état comme vous vous êtes battu pour votre État.
Ils ont le droit. Et aux Palestiniens, ils ont dit "Nous dans le ghetto de Varsovie, nous n'avons jamais attaqué les femmes ou les enfants des nazis." H donc il s'est exprimé contre le terrorisme et je crois que donc c'est cette force là qui m'a qui m'a ébloui et plus tard il est il est intervenu il a été en Bosnie il a été à Sarayeva il a vu ce qui se passait et il a été voir Clinton et dit les vous devez intervenir pour arrêter la barbarie.
Il a été un une des personnes qui a vraiment essayé et à la fin réussi après Jacques Chirac qui est intervenu qu'il y ait une intervention militaire pour arrêter cette barbarie qui avait lieu en bonnie. Donc je veux dire Marek Edel, c'est pour moi h l'idéal d'une identité politique h euh disons qui cherche toujours à être du côté du bien sans en faire une idéologie barbare contre les autres. justement vous parlez de violence, de terrorisme et vous dites aussi "Vous auriez pu être cet enfant dans le ghetto de Covno".
Euh moi, je me suis dit en préparant cet entretien que vous auriez pu aussi devenir quelqu'un comme Pierre Goldman par exemple. Or ce qui caractérise votre action en 68, c'est le refus de la violence. Et ça transparaît notamment dans la photo mondialement connue où vous griassez là au visage d'un CRS, il y a cette insurrection espiègle, insolente, c'est la Routpa aussi hein, mais non violente.
Ça c'était là depuis le début. Est-ce que c'était pensé ? Il y a il y a il y a un un livre que tout le monde devrait lire qui est très intéressant de d'Alain Figcô, le juif imaginaire Hm. où il essae de de de il raconte.
Donc il y a Pierre, il y a moi, il y a Oui. Alain non, c'est lui, c'est son bref où il expri il essaie de de de d'expliquer en quoi justement quelqu'un comme Pierre s'imaginait, Pierre Goldman s'imaginait dans la continuation de ces de cette révolte. euh disons des juifs contre le nazisme et il en a fait toute une idéologie euh plus il était tier et tout ça.
Donc c'est vrai que nos nos vies et et que c'est vrai, il était fasciné par la violence, il était fasciné par la capacité d'agir Pierre. Et donc euh nous sommes nous avons toujours été très différents. Mais pourquoi vous étiez pas pourquoi vous étiez pas habité par cette fureur ?
Vous vous étiez aussi enfant de survivant. Enfin, est-ce que c'était conscient ça ? Est-ce que c'était un choix de la non violence ?
Ça aurait pu déraper aussi dans le Oh, ça il y a eu Mais c'est pas ça veut rien dire conscient. Moi, j'avais à partir du moment où vous êtes où vous où je suis ludique, j'aime la vie, euh la violence n'est pas quelque chose qui est fascinant parce que ça vous ça oblige à une conception de la lutte et de la vie qui est contraire à mes envies. Donc je peux pas dire que c'est d'abord théorisé, c'était ça ne me plaisait pas, ça ne me faisait pas plaisir, ça ne ça ne à l'époque j'aurais dit ça ne faisait pas bander, hein.
Voilà, c'est et donc c'est pour cela que toutes ces organisations militarisées, communistes, trotquistes et cetera, euh je dis pas qu'elle me faisait peur, mais je trouvais ça toujours ridicule. Je trouvais ça toujours assez ridicule. Donc voilà, euh c'est le hasard des choses.
Alors, évidemment euh c'est quelqu'un m'a dit à Oui, mais c'est un peu facile Danis parce que D'accord. Euh vous connaissez la blague les trotskistes et les maoïstes quand ils se rencontraient clandestinement ensemble, il parlait yidich parce que les directions mais alors il me dit "Ouais mais c'est facile Danis, toi tu as tu as atterri avec les anars où il y avait quand même pas mal d'antisémites ce qui est vrai qu' a toute une tradition anar antisémite proudon et cetera. Je dis oui, c'est vrai.
C'est vrai. Donc j'ai mis du temps à comprendre d'ailleurs toute cette tradition qui existe qui existait chez les Anards et chez les libertaires. La violence, ça vous faisait pas bander comme vous dites, mais l'insolence, oui.
La provocation, oui, oui. Enfin, la provocation, je j'ai l'impression toujours qu'on prend pour provocation quelque chose quand on dit euh une certaine vérité. Hm. une certaine vérité qu'onattend pas à ce moment-là.
Euh alors, c'est vrai que après euh disons dans certaines phases de ma vie, il y avait j'ai eu ce besoin de provoquer le bourgeois. Ce c'était je dis pas que c'était maladif mais comme ça faisait partie absolument de mon identité que j'étais reconnu comme cela, je voulais peut-être démontrer que j'étais vraiment ce provocateur insolent que que l'on cherchait et donc j'ai eu après des écrits absolument débiles et cetera qui étaient dans cette tradition là. Alors, il y a la photo avec le CRS.
Évidemment, il y a le slogan aussi. Nous sommes tous des juifs allemands. On va passer après au signifiant juif.
Avant, je voulais je voulais passer un un moment sur français et allemand puisque vous avez passé votre vie balancée entre les deux pays, entre les deux langues. Vos parents, ils vous parlaient en quelle langue ? Ma mère, bah quand on était en France, en français, ma mère, mon père n'était pas là. et mon frère en français et quand j'étais en Allemagne en allemand.
Donc je suis le plus français des Allemands et le plus allemand des français. Vous diriez que vous habitez dans quelle langue ? Les deux.
Vous vous parlez en quelle langue par exemple ? Les deux ou en italien si c'est nécessaire. Pourquoi en italien ?
Parce que j'allais beaucoup en Italie et que ça me plaisait. Non, je je suis chez moi en tout cas aussi bien en français qu'en allemand. Tu complètement bilingue quoi.
Je suis complètement bilingue et j'écris aussi mal en français qu'en qu'en allemand. Vous avez fait une psychanalyse ? Non.
Non. Si vous faisiez psychanalyse, ça serait [rires] Non. Si je faisais ça serait intéressant pour au niveau de la langue.
Euh oui, ça serait intéressant mais pour l'instant euh je trouve que ça va et que [rires] il y a des gens peut-être qui ont plus besoin de psychanalyse que moi, hein. pas on on n'est pas obligé, je suis pas contre les psychanalyses, mais non, j'ai pas fait de psychanalyse et et c'est vrai que euh quand on demande "C'est Amine Malouf qui écrit euh non, c'est pas Malouf, je sais plus qui écrit un moment mais qu'est-ce que tu es ?" et cetera.
Bref, on dit "Mais on comme on rêve." Mais moi, je rêve. quand je suis en France en français ou peut-être en Allemagne en Allemagne en allemand et quand même je suis aux États-Unis peut-être en anglais enfin je peux pas dire que il y a une sur détermination linguistique chez moi qui structure mon caractère et ma pensée.
Et votre fils, vos petits vos petits enfants, vous leur parlez en en quel langue ? En allemand. Parce que vous habitez là-bas.
Parce que j'habite à Francfort. Alors mon fils qui mon petitfils qui a 5 ans et demi, enfin on en a deux autres. d'un autre fils de ma femme du premier mariage qui est à Berlin et le petitfils à Francfort, il joue au foot, au Makabi.
Et c'est marrant parce que Macabi donc entité sportive juive, sur les 15 meses qui sont dans son équipe, il y a que deux juifs. Donc je veux dire mais voilà, donc ça parle pas yidich au Makabi. Pas du tout, pas du tout.
Euh non. [rires] Euh l'hébreux, vous avez jamais appris ça ? Un hombrit. [rires] Mais alors vous dites que depuis le 7 octobre euh vous n'avez même plus besoin des antisémites pour vous sentir juifs.
Non, ça je le dis avant. Je le dis avant. Ah oui, parce que autant pour moi puisque vous avez commencé Oui.
Vous avez écris ce livre avant. Oui, oui, je le dis avant. La vraie citation, c'est "Depuis un certain temps, je n'ai même plus besoin des antémites pour me sentir".
Euh, en fait, c'est le débat, le dialogue que j'ai dans le film que j'ai fait "Nous sommes tous des juifs allemands" avec mon frère où mon frère me dit "Je ne suis pas juif, h je ne veux pas être assigné à identité." H et que il dit même dans le film, "Quand j'étais trotskiste, c'est moi qui ai choisi d'être trotskist et dire des conneries. Et quand j'ai dit je ne suis plus trotquiste, plus personne me disait si tu es trotskiste.
Et c'est la même chose pour lui. Je ne suis pas juif, je ne veux pas, je suis moi, je suis ce que je suis. Et je lui dis c'est c'est trop simple.
Et et en fait depuis donc quelques années avant ce film, donc disons une dizaine d'années maintenant, j'avais une réflexion une réflexion d'ailleurs provoquée par ma femme ma femme qui n'était pas qui n'est pas juive qui n'était pas qui n'est toujours pas juive qui n'est pas juive et je quand on discutait des non mais je j'ai pas d'identité juive. Elle me dit "Comment tu n'as pas d'identifier ? À partir du moment où tu vois un nazi et un enfant, tu pleures." Hm.
N'importe quel navet de film, je pleure. Elle me dit donc il y a quelque chose quand même. C'est pas c'est pas si simple ton histoire.
Et en fait, c'est vrai et ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est ça. Je je suis juif par identification à ce qui est arrivé aux juifs h et que je trouve impossible de m'extraire de cette histoire, de me désolidariser de cette histoire. Donc c'est c'est ça mon identité juive.
C'est pour ça que dans ce film, quand je fais un voyage, j'ai fait un un voyage en Israël aussi. Euh d'abord, il y a Talila ici. Je discute dans ce film avec Talila qui me raconte que en 67 68 dans le ROR qui nous amenait à Nanterre, on je parlais de ma famille de ma famille juive.
J'avais complètement zappé cela. Ça ça n'existait pas. Et et donc euh en Israël, j'ai été discuté avec tout le monde et ce qui était évident pour moi, c'est que je ne veux pas me je comprends que des gens voulaient aller en Israël en 45.
D'ailleurs, ma mère voulait y aller. Je je comprends que après tout ce qui s'est passé, après le refus du monde entier, conférence desviant 38 où personne ne voulait accueillir les Juifs et cetera, que beaucoup de Juifs ont dit "Si nous voulons nous sauver, nous devons nous défendre nous-mêmes, donc nous avons besoin d'un état." C'est tout à fait euh compréhensible.
Et toutes ces histoires Ouganda, Madagascar, c'est du bidon tout ça. Ce qui ce qui a relié ceux qui voulaient un état, c'est la mystique, j'appelle ça, de la Bible. Pour moi, la Bible c'est un compte de fait mais ça plaît à beaucoup de monde et pourquoi pas hein ?
Mais ça ça a été euh si on veut le le noyau d'explication pourquoi ces juifs qui voulaient un état qui avait déjà commencé après l'hépogrome au début du 20e siècle et bien voulait aller en Israël. Donc ça je le comprenais. Et en même temps, de tous mes voyages en Israël, j'étais absolument effaré h de ce qui se passait avec les Palestiniens.
Hm. C'est-à-dire que autant je comprends je comprends pourquoi des les juifs veulent un état, je ne comprends pas comment de plus en plus il y ait ce comment dire cet aveuglement de ne pas vouloir voir les Palestiniens. Et c'était pour moi, je peux vous raconter des histoires.
Je sais pas si vous avez été à Rebron, si vous avez vu ce qu'est Rebron Rebron, la vieille ville, il y a une yeshiva et des colons, disons 200 300. et je voulais aller les voir discuter dans un des voyages avec d'ailleurs quelqu'un que vous avez connu que vous connaissez, c'est Ofert Bronstein qui est avec Macron qui a été qui a poussé Macron. Alors, on est pour, on est contre, moi je suis pour, je suis d'accord, mais sur la reconnaissance de l'État palestinien.
Et on a été voir donc ces colons et j'ai demandé est-ce que je peux discuter avec quelqu'un ? Et arrive vers moi un John Wayne, un type se balançant avec un un revolver comme ça comme John Wayne et on disc d'abord, il nous a montré la Torah de Rebron et cetera très touchant. Et après on discute et je lui dis "Mais et les Palestiniens ?" Il dit "ça m'est égal." Je lui dis "Comment ça ?" "Mais ils habitent Oui, mais à un moment Israël va pas vous allez pas pouvoir continuer à être là.
Il me dit si. C'est très simple. À chaque fois qu'on nous remet en question que nous sommes à Rébron, nous disons à la société israélienne, si demain on est chassé de Rébron, vous serez chassé de Raifa, vous serez chassé de Rérusalem ou vous serez chassé de Tel Aviv.
Et je dis mais les Palestiniens et ben c'est très simple, donnez-leur Madagascar ou l'Oganda. Et je n'ai rarement vu ce manque d'y envers l'autre. Il y a un certain nombre de de juifs aujourd'hui qui vous diraient que vous êtes un gauchiste, angélique, que vous ignorez que ces gens-là, ils veulent ils veulent chasser les juifs de la terre.
From the river to the sea. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Je réponds from the reva dans l'accord gouvernemental entre Netaniaou le liud et Brir et Smallnit ligne 3 de l'accord from the sea to the river is Jewish h donc c'est un miroir c'est un miroir c'est un miroir et c'est vrai c'est vrai que des Palestiniens que le Hamas veut chasser les Juifs c'est vrai que le secteur octobre a été un pogrome non seulement inimaginable mais terrible.
C'était la volonté de détruire, c'était la volonté d'assassiner, de persécuter, de de violer et cetera. Donc à tous ceux qui le 8 octobre, le 9 octobre disaient euh oui mais ça c'est le plus terrible ce mais comme si il y avait un une petite explication à ce qui s'est fait le secte octobre. Et donc je dis à chaque fois que quelqu'un dit oui mais je sors mon revolver dans ma tête et je tire.
Mais qu'est-ce qu'il aurait été possible de faire alors ? parce que vous vous Non, attendez moi le vous désapprouvez Non non après on arrive la même on on y arrive on y arrive on y arrive donc je pour moi le alors je vous raconte ça parce que j'étais à Rébron pour vous pour vous comprendre ma les contradictions et puis après avoir visité les colons j'ai été voir des militants du Fartard qui avaient un centre culturel des gens sympas qui défendaient les deux état l'idée des deux états. Alors, on discutait, faire discutait, on était plusieurs et moi comme je suis curieux, je regardais la bibliothèque puis je sors un livre scolaire et de ce livre scolaire, il y a une carte de la Palestine, il y a pas Israël.
H Et donc je je lui dis "Non mais qu'est-ce que c'est que ça ?" "Oui, tu dois comprendre." "Non, je comprends pas.
Je comprends, tu peux pas dire tu es pour deux états et l'autre état n'existe pas. C'est et puis après j'ai vu que d'ailleurs ce livre était en partie payé par l'Union européenne. Donc oui, on est dans un dans ces pleines contradictions.
Mais donc je ne pas que il y ait les Palestiniens des Palestiniens que la majorité pense ceci ou cela. Oui, c'est comme ça. Mais s'ils n'ont pas de perspective, il y a pas de perspective de paix pour Israël.
Il y a pas parce que c'est pas moi simplement qu'il dit. Dans mon film, il y a Ami Ayalon. Ami Ayalon était chef du Chine bête.
Donc moi, je suis un crétin, un idiot militairement. Lui, il a une balle à 1 mm du cœur. Il a risqué mais des dizaines de fois sa vie pour Israël.
Et il me dit "Mais Dani, dans ce film, si on continue comme ça avec les Palestiniens, nous n'aurons pas la paix, nous n'y arriverons pas." Donc il a fait des tas de tentatives et cetera. Et ce qui ce qui est, si on veut terrible, c'est que des deux côtés, on a l'impression des fois d'un monde de fou.
Bengir et Smolnic ministre aujourd'hui. Faites chaque année l'assassinat de rabine. Faites chaque année l'assassinat de rabine.
Ça va être les 30 ans là d'ailleurs. Oui. Donc moi je veux bien qu'on me dise oui mais il faut comprendre il faut comprendre quoi ?
La perspective de paix n'a pas été assassinée par les Palestiniens. On peut penser ce qu'on veut. d'Arafat, c'est un menteur.
Sûrement que c'est un menteur, c'est ceci ou cela, mais ça a évolué. La perspective de paix a été assassiné par l'extrême droite fasciste israélienne. Et cette ex droite fasciste israélienne est au pouvoir aujourd'hui en Israël.
Les choses sont comme ça. Les choses sont comme ça. Je voulais je voulais pas transformer cette conversion en meeting.
Mais ça ce qui est intéressant en tout cas du point de vue personnel, c'est que le 7 octobre chez vous, ça vous a renforcé dans cette conviction. Il y a beaucoup de gens qui après le 7 octobre ont dit "Bon, moi j'arrête avec les idées de la paix, les deux états et tout, c'est trop violent. Renforcé dans le désespoir d'abord.
Ça m'a renforcé dans le désespoir parce qu'il est évident que si qu'Israël, l'État israélien ne peut ne peut pas accepter que l'État palestinien soit l'Iran à 50 cm de ses frontières, c'est évident. C'est-à-dire que si la perspective palestinienne c'est l'Iran et le modèle d'État d'ailleurs du Hamas, c'est l'Iran. Et d'ailleurs, le Hamas, c'est quelqu'un qui m'a raconté, c'est offert qui me l'a raconté.
Le Hamas le 7 octobre est entré en Israël non pas avec le drapeau palestinien mais avec le drapeau vert de l'islamisme. Donc pour eux c'est l'État palestinien ne les intéresse pas c'est autre chose. Ils sont messianiques et d'un autre côté il y a en Israël aussi une vison messianique du grand Israël.
Mais alors euh et c'est ça le la grande le grand problème. Alors que faire ? Que faire ?
D'abord comprendre. Comprendre d'abord comprendre exactement euh ce que disent les uns et les autres, ce que font les uns et les autres. Et donc tout le monde me dit Dani, deux états, c'est irréaliste.
Très bien. Un état est tout autant irréselle. Pourquoi ?
Les juifs en Israël, les Israéliens veulent un état où ils sont ils ont la majorité. C'est la leçon de l'histoire. Donc ils ne veulent pas partager, être en minorité.
Si c'est pour être en minorité, ils peuvent revenir en Europe. Donc et les Palestiniens veulent un état où ils ont la majorité. Donc à partir de là, qu'on le veuille ou non, la perspective ces deux états, c'est irréaliste peut-être, mais la paix dans ces conditions est tout aussi irréaliste.
H parce que c'est pas possible. Ce n'est pas possible. Alors moi je crois que dans il y a des moments historique comme ça où les choses bougent et il y a moi je vous deux exemples.
Je le plus le plus simple c'est franchement le plan de Trump. Qui aurait cru que ce débile mental, non mais vraiment hein, quand quand vous l'entendez parler, tout d'un coup réussit, malheureusement il le fait pas pour l'Ukraine, on peut l'expliquer aussi, mais réussit quelque chose qui a arrêté le massacre. Au moins, il a arrêté les les derniers otages ont été libérés.
Euh ça pour l'instant les bombardements s'arrêtent plus ou moins. Donc on a un petit espoir. Je sais pas comment ça va continuer mais dans ces moments terribles où dit "Il y a pas de solution, il y a pas de solution." H h et bien je reviens à moi.
Hm hm. Je suis né en 45. H J'ai été conçu par mes parents après le débarquement en Normandie.
C'est pour ça que quand les pacifistes disent les pacifistes allemands, il y a jamais eu quelque chose de positif à faire une intervention militaire, je dis objection voilà hein. Donc et je dis c'est comme ça que je fonctionne. Je m'imagine donc le 4 avril 45, je suis né, que tout de suite je parle à mes parents et je dis dans 30 ans, il y aura plus de frontière entre la France et l'Allemagne.
H il y aura plus de soldats. Et mes parents disent on a un problème, il parle trop tôt et dit n'importe quoi. C'est-à-dire que pour moi l'exemple avec toutes les difficultés de ce qui s'est passé entre la France et l'Allemagne est un exemple qu'on peut surmonter toutes les haines.
H et franchement la haine des Français après oradour après tout ce qu'on fait les nazis la Vermart en France était incommensurable. Elle était et puis il y a eu il y a eu des de Gaulle Adenuer Mit Giscar Mitteran Mitéran école et cetera le main dans la main un verdin. Et bien ce sont des images qui montrent que l'impossible est possible et que si donc pour moi je dis Rabi n'a existé, il a été assassiné mais je sais pas qui demain.
J'avais dans mon bureau, donc dans mon bureau au Parlement européen, c'était on était 88 89, un homme, un palestinien qui est venu avec un groupe de Palestiniens. On avait organisé une rencontre de Palestiniens et d'Israéliens au Parlement au Parlement européen. Et dans mon bureau, il y avait un homme, il s'appelle Marwan Bargouti.
Hm. Marwan Bargouti qui est en tôle, Marwan Bargout croyait là, il était il brûlait pour la solution de deux états. Il a été déçu, il a versé dans le terrorisme.
Je dis pas du tout que c'est un enfant de cœur, mais je me suis dit Mandela non plus n'était pas un enfant de cœur. Mandzela quand il est quand il a été condamné à 30 ans a été condamné pour terrorisme. Justifié ou pas l'aparta vous pouvez on peut le discuter c'est pas ça.
Et il a évolué. Je ne sais pas je ne sais pas quelle est la pensée de Marwan aujourd'hui en prison depuis 20 ou 30 ans qu'il est en prison. Mais je dis et partout c'est et quand on voit ce qu'a fait le ministre de la justice qui a été l'offensé, l'humilié dans sa prison il y a quelques semaines, je dis Marwan Barcouti est peut-être celui qui peut donner une autre perspective, être une autre perspective au Palestinien qui n'est pas celle du Hamas.
Il faudrait essayer, il faudrait tenter. Je dis pas, j'en suis sûr, je n'en sais rien. J'ai voulu le rencontrer, j'ai été, j'ai fait des demandes, je voulais aller le voir en prison, j'ai vu sa femme, j'ai pas eu le droit.
Mais je dis que il doit y avoir, il y a des Palestiniens qui pensent autrement. Il y avait le le recteur de l'université palestinienne. Il y avait il y avait il y a eu plusieurs tentatives.
Donc je dis la solution, elle passe par des femmes et des hommes dont je peux pas vous dire les noms aujourd'hui à part Marwan Bargouti. Mais je crois et la même chose en Israël. La même chose en Israël.
Il y a des gens fantastiques en Israël. Vous connaissez la chanteuse Noah ? Hm.
Noah, elle est elle est elle est toutes les semaines, elle va à la frontière de Gaza, elle essaie de prendre contact, ils essayent et je veux dire tant qu'il y a cet espoir, même s'il est petit, même s'il est minoritaire dans la dans la société israélienne et qu'il y ait aussi qu'on les retrouve ceux qui pensent comme cela dans la société palestinienne, et bien on peut y arriver. Donc je dis pas on va y arriver, je n'en suis pas sûr mais c'est la pour moi la seule solution qui donnera et aux Israéliens et aux Palestiniens une perspective de vie qu'ils n'ont pas en ce moment de vie tranquille. Voilà, c'est tout.
Maintenant, vous pouvez dire je suis angélique. Ouais. Et alors vaut mieux être angélique que con.
Non, je sais pas moi. Ou terroriste ou d'extrême droite. Non.
Ben voilà. En ce qui concerne pour revenir à vous justement euh parce que vous dites vous êtes plus travaillé par le fait juif depuis quelques années en ce qui en ce qui concerne la haine envers les juifs. Quelle compréhension vous avez de Mais de ça ?
Il y a Rent écrit à un moment, on sera, il n'y a peut-être que sur la Lune qu'on sera protégé de l'antisémitisme. Depuis masque, même plus sur la Lune. Donc euh oui, il y a l'antisémitisme est là, il y a une haine des juifs.
Oui, mais pourquoi les gens détestent tellement les juifs ? Pourquoi les gens sont racistes ? Moi, je vous pose la question.
Mais pourquoi les toutes les histoires des peuples, les histoires des nation, c'est de privilégier son identité contre les autres. C'est c'est ça et c'est pour cela que Anna Arent déjà quand elle parle à Patrielle dit voilà il faut sortir de ce cercle vicieux qui est moi contre les autres et donc et puis c'est vrai que c'est allez il y a 14 millions de juifs au monde dont la moitié en Israël mais un seul con bandit oui ça de toute façon de toute façon [rires] et c'est vrai que ce ces ces juifs qui qui ne se sont pas pliés euh à la religion dominante. des juifs qui c'est c'est c'est qui ont par leur vécu par exemple aux États-Unis en 68 les quand les jeunes blancs ont été dans le sud des États-Unis pour essayer d'aider les blacks à s'inscrire sur les listes électorales au core mouvement pour l'égalité raciale et cetera, 30 à 40 % de ces jeunes étaient des jeunes juifs alors qu'il y a pas 30 à 40 % de juifs aux États-Unis.
Donc il y a il y a c'est un peuple, ce sont des gens qui parce qu'ils sont toujours été en minorité peuvent avoir peuvent avoir une autre empathie pour d'autres minorités. Mais pourquoi je dis peuvent ? Parce que pour moi le vraiment l'horreur le plus terrible c'est quoi ?
Qu'aujourd'hui de voir en Israël que des juifs peuvent être des fascistes comme des fascistes partout dans le monde. C'est pour moi insupportable. Toute notre histoire, l'histoire des juifs, là je dis notre histoire était une histoire justement qui devait se protéger contre ça.
H et le messianisme d'une partie de la société ou de l'extrême droite israélienne, ce messianisme c'est de cherche de vider les Palestiniens et donc d'une épuration ethnique. Tout à l'heure, vous disiez euh euh pour vous la Bible c'est un compte de fait. Effectivement, le messianisme se nourrit aussi des textes bibliques.
On trouve toujours, c'est comme avec Anarent, on trouve toujours dans les textes bibliques ce qu'on ce qu'on pense. Euh je voulais vous demander parce que vous vous décrivez comme un juif à l'envers ou un juif un peu en creux quoi, par identification, peuple juif persécuté. Est-ce que à un moment donné ça vous a pas traversé l'esprit de donner un contenu aussi positif à cette judéité de se plonger dans ces textes qui sont apparemment pas que des fables puis c'est aussi des textes qui s'étudient.
Je pense à quelqu'un comme Benny Lévi qui ou Ouais mais alors là la Benny Lévi, moi j'aime bien hein. Lui ou d'autres mais Ouais ouais d'accord. Pour qui après nous avoir fait chier en 68 avec son maoïsme de merde hein et cetera, après aller dans une yeshiva faire h gosses tout ça non ça m'a pas donné envie.
Non, ça m'a pas donné envie vraiment. C'est c'est Alors moi je euh euh écoutez écoutez peu importe Benny Lévi, c'estàd que non mais c'est toi qui l'a cité, c'est pas moi. Oui parce que c'est parce que c'est aussi 68 qui a donné lieu à il y avait cette ferveur messianique et ils ont ils ont sublimé ça dans une ferveur talmudique, peu importe.
Oui, mais comme j'avais pas cette ferveur Maoïs, je n'ai pas cette verveur Talmomique. Tu vois, c'est simple, hein. C'est [rires] euh Il a il a échangé le petit livre rouge contre le Talmud.
Il a le droit mais que Dieu me préserve, pas moi, hein. Voilà, c'est tout. Donc, il y a pas des moments où vous dites voilà, j'ai 80 ans et finalement je connais rien au judaïsme, est-ce que j'irais pas aussi consulter ces textes et tradition ?
Non. Non, mais c'est peut-être une erreur, hein. Peut-être que je vois quelqu'un ici qui le fait maintenant.
Peut-être que ça me ferait du bien, mais j'ai pas envie. Ça ne m'intéresse pas. Il y a des tas de choses qui m'intéressent aujourd'hui, qui m'intéressent sur lire et relire et comprendre pourquoi nos sociétés sont racistes, pourquoi l'antisémitisme renaît aujourd'hui de comprendre cela.
Je crois pas que ça soit dans le Talmud ou la Bible que je comprendrai cela hein. Je crois pas. Mais euh je [rires] je je mais je je veux dire je ce qui a changé, je n'ai pas euh euh d'arrogance euh contre ceux qui qui euh sont talmudiques.
D'ailleurs dans le film, j'ai visité une yeshiva. Ils étaient sympas les jeunes. Ils essayent de me convaincre.
C'était bien, c'était marrant. Mais je veux dire, ma définition du juif, c'est la mienne. Hm hm.
Je ne prétends pas que les juifs sont comme moi. Je simplement dis voilà comment je comprends ma judéité. Et ma judéité, elle est aussi euh disons anticléricale ou non cléricale que ceux qui ne sont pas catholiques et cetera.
Bon, mais ça, je veux dire, il faut de tout pour faire un monde. Donc maintenant, euh, il y a il y a quelque chose qui qui est qui revient toujours, c'est si on est juif, on devrait je dis si tu veux do it. H mais je ne dois rien.
Simplement, je n'ai pas le droit de me désolidariser de l'histoire de ce peuple. C'est la seule chose où je n'ai pas le droit. Avec tout ça, on a même pas eu le temps de parler du sujet qui je crois vous intéresse le plus, c'est le foot.
On va on va passer la parole à la salle. Merci beaucoup Daniel Con Bendit. [applaudissements]
Daniel Cohn-Bendit