Futur Premier ministre doit renoncer à la désindexation des retraites ! - Jean-Philippe Tanguy (RTL)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous du président de la République ? Que lui demandez-vous ce matin ?
- 0:37OuverteRéponse directe
Est-ce que ce futur Premier ministre aura lui aussi les lignes rouges du RN non négociables dans son périmètre ?
- 0:43RelanceRéponse directe
Est-ce que s'il ne vous obéit pas à ces lignes rouges, il connaîtra le même sort que Michel Barnier ?
- 1:03FerméeRéponse directe
Donc si le futur Premier ministre ne renonce pas à l'indexation des retraites, comme vous le demandez, il tombera ?
- 1:49OuverteÉludée
Est-ce que vous, vous pourrez passer un pacte de non-sensue ?
- 2:38FerméeRéponse directe
Donc vous ne bougerez pas, c'est ce qu'on vous dit ce matin, quoi qu'il arrive ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11Invité politiqueFait
« Car l'indexation des retraites est un contrat moral entre les Françaises et les Français qui ont cotisé, qui ont travaillé dur, et la nation. C'est dans la loi. »
- 1:26Invité politiqueFait
« Et je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas respecter la loi. »
- 1:26Invité politiqueFait
« J'ajoute, faut-il le rappeler, que le maintien de l'indexation des retraites était la promesse de tous les partis politiques aux dernières élections. »
- 2:18Invité politiquePromesse
« Nous n'avions pas demandé la baisse de TVA, qui est notre mesure principale. On n'avait pas demandé la retraite, l'abrogation de la réforme des retraites. »
- 5:54InvitéChiffre
« c'est, puisque ça fait partie des lignes rouges, la demande de diminuer d'un milliard d'euros, mais ça n'est pas la somme qui est importante, c'est l'acte, la contribution française au Parlement européen. »
- 7:35Invité politiqueChiffre
« effectivement, on a demandé 1 milliard d'économies. C'est 25 milliards d'euros, la contribution européenne. »
Temps de parole
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame. Et bienvenue sur RTL, député Rassemblement National, vice-président d'ailleurs du groupe RN à l'Assemblée, je ne dis pas de bêtises.
Président délégué, si vous voulez vraiment tout savoir.
Emmanuel Macron, on l'entendait, prendra la parole donc ce soir à 20h. Qu'attendez-vous du président de la République ? Que lui demandez-vous ce matin ?
Écoutez, on ne lui demande rien, mais l'urgence de la situation, on voudrait qu'il nomme très rapidement un Premier ministre, capable de reproposer au Parlement un budget qui consolide les finances publiques avec la justice sociale, soit les objectifs qui avaient été annoncés par M. Barnier, que malheureusement il n'a pas su respecter.
Est-ce que ce futur Premier ministre aura lui aussi les lignes rouges du RN non négociables dans son périmètre ? Est-ce que s'il ne vous obéit pas à ces lignes rouges, il connaîtra le même sort que Michel Barnier ?
Absolument, nos lignes n'ont pas bougé, elles ne bougeront pas. Oui, ce sont les mêmes. D'ailleurs, ça nous permettra de montrer qu'elles n'ont jamais bougé, qui était aussi un motif d'exaspération de notre part. C'est vrai que les mensonges de Matignon qui ont entouré ces négociations n'ont pas aidé à la confiance envers M. Barnier.
Donc si le futur Premier ministre ne renonce pas à l'indexation des retraites, comme vous le demandez, il tombera ?
Ah oui, oui, ces lignes ne bougeront pas. Car l'indexation des retraites est un contrat moral entre les Françaises et les Français qui ont cotisé, qui ont travaillé dur, et la nation. C'est dans la loi. Et je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas respecter la loi. J'ajoute, faut-il le rappeler, que le maintien de l'indexation des retraites était la promesse de tous les partis politiques aux dernières élections. Effectivement, le Rassemblement National, on respecte nos promesses électorales et on ne les réduit pas à néant seulement en trois mois. Ou alors ça veut dire que ceux qui les ont faites n'y croyaient pas. Mais il faut qu'ils le disent aux Français.
Il faut faire des compromis, disait Sébastien Lecornu à Amandine. Sébastien Lecornu qui est un Premier ministre, le parmi d'autres fait partie des noms qui circulent. Laurent Wauquiez, LR dit ce matin, nous ne ferons pas tomber le prochain Premier ministre parce qu'en gros, nous sommes responsables. Est-ce que vous, vous pourrez passer un pacte de non-sensue ? Est-ce que vous dites, la situation est trop grave, même si on n'est pas d'accord, même si on n'obtient pas tout ce qu'on veut, pour ne pas refaire tomber le prochain gouvernement, quel qu'il soit ?
Non, mais on n'a pas de pacte à faire. Ce qu'il faut, c'est que les choses soient claires. Nos lignes rouges, elles étaient claires, elles ont été claires. On avait fait de gros efforts. Nous avions retiré, temporairement, jusqu'au moment où, si possible, nous accéderons au pouvoir, les principales mesures électorales du Rassemblement National. Nous n'avions pas demandé la baisse de TVA, qui est notre mesure principale. On n'avait pas demandé la retraite, l'abrogation de la réforme des retraites. Mais pardon Jean-Philippe, Michel Barret a fait des efforts, vous en convenez ou pas ? Non, c'est exactement ce que disait Coluche, passe-moi ta montre, je te donnerai l'heure.
Donc en fait, il met des horreurs dans le budget, et après il retire ses propres horreurs et dit j'ai fait des promesses.
Donc vous ne bougerez pas, c'est ce qu'on vous dit ce matin, quoi qu'il arrive ? Vous ne bougerez pas, quoi qu'il arrive ?
Nous ne bougerons pas, et nous n'avons jamais bougé depuis que Marine Le Pen a enfin pu rencontrer M. Barnier à Matignon. Très tardivement d'ailleurs, peut-être que ça ne l'a pas aidé. Sache qu'on soit que le temps qu'il est mis à rencontrer Mme Le Pen, alors qu'on était disponible depuis trois mois, le fait de la recevoir une semaine... Non, c'est un temps de négociation, mais ce n'est pas de la susceptibilité.
Une semaine, visiblement, ça n'a pas suffi. Tu ne m'as pas calculé, donc je te fais tomber. Moi, ce que j'entends dans ce que vous dites, c'est que vous dites la même chose que Manuel Bompard qui était là ce matin. C'est-à-dire que, en fait, même motif, même punition, Manuel Bompard disait en gros, si nos mesures ne sont pas reprises, on déposera une motion de censure. Vous, c'est pareil. En fait, on a sorti Michel Barnier, mais la situation n'a pas évolué d'un point depuis hier.
Non, mais excusez-moi, M. Soto, ça n'a rien à voir. Bon, M. Bompard, il allait censurer M. Barnier dès le premier jour. Il n'a jamais voulu négocier. Et nous, on a laissé M. Barnier, avec nos alliés d'Éric Ciotti, pouvoir gouverner la France. En bas, là, j'ai différent, mais la réalité était... Non, non, nous montrer ce qu'il avait dans le ventre et se prévoyer pour la France.
Puis parti comme c'est parti, on va assister à ça tous les 15 jours, toutes les 3 semaines, non ?
Non, excusez-moi, ce n'est pas juste ce que vous dites. Et les mesures des lignes rouges, juste au sens justice, pas au sens vrai, et les lignes rouges que nous avons, ce sont des mesures qui sont liées à ce que proposait M. Barnier. Ce ne sont pas des mesures du Rassemblement National. Dans les lignes rouges, il n'y a pas de mesures du programme électoral du Rassemblement National. Nous avons juste défendu le moins pire possible pour les Français. M. Bompard, ce qu'il veut, ce sont des mesures qui viennent du programme du NFP. Donc, il ne faut pas quand même comparer ce qui n'est pas comparable. Et d'ailleurs, M.
Bompard, il a encore dit que s'il n'avait pas un Premier ministre du NFP qui correspondait purement et simplement à l'essentiel du programme de M. Mélenchon, il censurait d'emblée. Ce n'est pas du tout la démarche qu'a eue Marine Le Pen. Et si M. Lecornu ne voit pas la différence, effectivement, la France va être dans de graves difficultés.
Alors justement, Sébastien Lecornu, il est assis à votre place ici même il y a une heure. Si c'est lui le nouveau Premier ministre, ça vous va ?
La question du casting n'est pas très intéressante. Là, on a besoin de quelqu'un qui est capable de présenter un budget.
Il y a un certain nombre de noms pour qui vous avez dit non. Je pense à Xavier Bertrand, vous aviez dit que vous n'en vouliez pas.
Parce que ce n'était pas possible de travailler avec ces gens. C'est l'honnête.
C'est possible de travailler avec Sébastien Lecornu ?
M. Lecornu, on a déjà travaillé avec lui, il est ministre depuis 7 ans. Il est ministre de la Défense depuis 2 ans. On a fait la loi de programmation militaire avec ça. Mais ce faisant, je tiens aussi à dire pourquoi à ceux qui nous écoutent, nous sommes prudents. C'est qu'on ne veut pas non plus entretenir ces rumeurs parisiennes, ces espèces de jeux de rôle. Et le fait que le Rassemblement National s'exprime avec nos 11 millions de voix, ça peut favoriser des clics sur les autres. Nous, on n'est pas pour rentrer dans les clics de la Macronie. Ça ne nous intéresse pas.
Jean-Michel Apathy et Robert Ménard sont avec nous. Jean-Michel, je crois que vous avez une question. Je ne vois pas pourquoi le Rassemblement National changerait quoi que ce soit. Pourquoi est-ce que Michel Barnier étant parti, il modifierait ce qui lui semble important ? Il n'y a pas de raison. La situation est bloquée parce qu'elle est telle qu'elle est. Par ailleurs, on n'a pas de Premier ministre, mais on a un ministre du budget, il s'appelle Marine Le Pen. Il n'y a pas de budget sans Marine Le Pen. Le vrai ministre du budget, il faut un budget, c'est Marine Le Pen.
Et puis encore, le plus important dans toutes les revendications du Rassemblement National, ça n'est sûrement pas l'indexation des retraites. Ce qui nous engage beaucoup plus, qui est beaucoup plus souterrain, voire chafouin, c'est, puisque ça fait partie des lignes rouges, la demande de diminuer d'un milliard d'euros, mais ça n'est pas la somme qui est importante, c'est l'acte, la contribution française au Parlement européen. C'est un premier pas vers un Frexit qui ne dit pas son nom. Je vois que M. Tanguy a sur le revers de sa reveste la croix de Lorraine, le gaullisme.
J'ai noté qu'hier, Mme Le Pen parle des gens du Rassemblement National en les nommant compagnons, ce qui est assez ironique quand on sait que le Rassemblement National est issu du Front National anti-gaulliste. Mais enfin, c'est le nationalisme qui est en train de gagner. Emmanuel Macron, en dissolvant l'Assemblée Nationale, a mis en route une mécanique infernale dont on commence à peine à voir les effets. Jean-Philippe Tanguy, est-ce que c'est le premier pas vers le Frexit ?
Non, ce n'était pas une ligne rouge. On l'a dit, j'étais au rendez-vous avec Michel Barnier de Marine Le Pen, c'est une proposition de financement. Nous n'avons jamais discuté. C'est quand même une palette de couleurs qui est parfois difficile à suivre. C'est des négociations, maintenant. Mais écoutez, des négociations, oui, c'est une palette de couleurs, c'est des nuances.
Donc sur ça, vous n'êtes pas lâchée ?
Vous ne pouvez pas nous dire qu'on a des lignes rouges infranchissables et nous dire qu'on veut bien les nuancer. Il faut choisir la critique. Après, ce que dit M. Apathy, sur le fond, n'est pas faux. Oui, nous avons une vision différente de la souveraineté qu'est Emmanuel Macron. Quand M. Barnier, hier, c'est le seul mot qu'il a eu pour Marine Le Pen, je vois que M. Apathy est très perspicace, effectivement. Il dit, nous avons une notion différente de la souveraineté. Oui, nous, on a une notion très différente de la souveraineté de M. Barnier. Il faudra l'exposer clairement aux électeurs. Je crois qu'ils ont compris qu'on était... Non, non, non, ça c'est assez chafaud.
Je crois qu'ils ont bien compris qu'on était pour une Europe des peuples et pas pour l'Europe fédérale. Je crois que s'il y a bien un clivage qui est clair, c'est celui-là.
Avec 300 milliards de demandes d'emprunt sur les marchés financiers, votre Europe des nations et pas de l'euro, vous allez voir qu'elle n'a pas tenu longtemps.
C'est la zone euro, ça, monsieur. Juste, Marine Le Pen, c'est la construction européenne. Mais juste fini, pour avoir l'ordre de grandeur, effectivement, on a demandé 1 milliard d'économies. C'est 25 milliards d'euros, la contribution européenne.
Marine Le Pen est le ministre du budget, comme le dit Jean-Michel Apathy ?
Non, mais bien sûr que non. La formule est maligne. Donc moi, j'apprécie le talent et je ne vais pas critiquer pour critiquer. Mais Marine Le Pen n'a pas de responsabilité dans ce gouvernement et on ne peut pas en avoir car nous sommes fondamentalement opposés à sa ligne politique. Mais effectivement, on peut travailler avec des gens alors qu'on est fondamentalement opposés. Ça, c'est l'intérêt national. Et nos lignes rouges étaient très raisonnables. Et vous verrez, avec le prochain Premier ministre, s'il les respecte, que nous n'en rajouterons pas. Et ça permettra de montrer que nous étions sincères. Encore une question, Robert Ménard.
Jean-Philippe Tanguy, on se connaît depuis des années. Moi, je pense qu'il y a dans votre attitude, vous l'avez dit un petit peu, quand même une espèce d'agacement à ne pas être connu pour ce que vous êtes et donc pour les 11 millions de gens qui votent pour vous. Mais quand même, honnêtement, signer, voter pour un texte de gens qui sont vos pires ennemis, qui vous méprisent royalement, qui disent dans le texte lui-même des saloperies sur votre compte que moi, je ne prendrai pas. À mon compte, je trouve ça ignoble. Vous étiez pas mal à l'aise un peu ?
Honnêtement, non, mais en dehors comme ça, je veux dire, à un moment donné, tu te dis, je suis en train de voter pour le type qui me crache à la figure à longueur de temps, qui explique la police-tue, qui explique la police-tue, qui fait un éloge d'une immigration sans aucun contrôle. Enfin, quand même, moi, je ne sais pas, je vous connais pendant des années, moi, j'ai appelé à voter pour Marine Le Pen, mais comment tu vis ça ? Tu n'as pas l'impression que quand même, la politique, elle t'amène à faire des choses qui sont un peu dégueulasses, quand même, moralement.
Parce que, si vous voulez, le texte de la motion de censure, c'est un artifice, il n'est même pas obligé de déposer un texte avec la motion de censure. Nous, on a voté la censure. Et on n'a pas voté avec M. Bompard et ses amis, on a voté avec les Françaises et les Français qui voulaient la censure, qui sont majoritaires, qui ne comprennent pas ce texte. Et si vous voulez, si vous tombez dans tous les pièges de vos adversaires, et vous avez raison de les qualifier d'adversaires de notre point de vue, vous ne pouvez plus avancer.
Et donc, ce n'est pas parce que les Insoumis font des provocations qu'on tombe dans le panneau, parce que sinon, on est bien loin de l'intérêt national et de l'intérêt des Français, en tout cas, de notre point de vue. Donc, on a fait fi des insultes des Insoumis, comme d'habitude, d'ailleurs. Et on a avancé. Mais ça fait deux ans qu'on le fait, plusieurs fois, on a voté. Les gens ne nous l'ont jamais reproché. Au contraire, je pense que ce qui les intéresse, c'est la ligne politique qu'on suit. Ce n'est pas les relations entre hommes politiques qui sont effectivement, en l'occurrence, très mauvaises. C'est la ligne politique, c'est la ligne politique.
Jean-Philippe Tanguy