Le taux du Livret A "va baisser légèrement", annonce Roland Lescure
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- 0:33OuverteRéponse directe
Le nouveau taux du livret A sera connu aujourd'hui, il pourrait passer au 1er février de 1,7% à 1,4%. Est-ce que vous nous confirmez qu'il y aura une baisse du taux du livret A ?
- 1:14RelanceRéponse directe
Le chiffre de 1,4%, c'est l'hypothèse plausible ou ça pourrait être un peu plus ?
- 1:30OuverteRéponse directe
C'est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut avoir des relations normales avec une administration qui veut annexer le Groenland ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Vous lui avez demandé de revenir sur cette interdiction de territoire pour Thierry Breton ?
- 4:40RelanceRéponse partielle
L'Europe ne courbera pas les Chines, mais vous n'êtes pas revenu avec des États-Unis qui seraient revenus sur cette interdiction de territoire pour Thierry Breton ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Le nouveau taux du livret A sera connu aujourd'hui, il pourrait passer au 1er février de 1,7% à 1,4%. »
- 0:52PrésentateurFait
« Ce qui est vrai, c'est qu'il était, il est encore à 1,7% et que ça va baisser légèrement au 1er février, légèrement. »
- 1:05PrésentateurChiffre
« L'inflation, elle était à 5% il y a trois ans, elle était à 2,5%, elle est à 1, peut-être même un peu en dessous. »
- 1:43PrésentateurChiffre
« Il y a un livret qui s'appelle le livret d'épargne populaire. Il y a 11 millions de Français qui en ont, il y a plus de 30 millions de Français qui ont droit. Et lui, il est 1% au-dessus du livret A, 2,7%. »
- 2:53PrésentateurChiffre
« suite à l'amende de plus de 120 millions d'euros dont a fait l'objet X, ex-Twitter par la Commission Européenne »
- 4:02PrésentateurFait
« Les mineurs sur les réseaux sociaux, en dessous de 15 ans, ça va bientôt être interdit, en tout cas en France. »
- 7:33PrésentateurFait
« Il ne parle pas de note, Eric Lombard, il dit « la direction générale des finances publiques a établi… » »
- 7:43PrésentateurFait
« on a mis ce qu'on appelle la tax holding dans le budget »
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7h49 sur Inter, Benjamin Duhamel, c'est l'heure de recevoir le ministre de l'économie et des finances.
Bonjour Roland Lescure, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Alors que vous rentrez de Washington, vous avez participé au G7 des ministres des finances, vous nous direz dans un instant ce que vous a dit votre homologue américain alors que Donald Trump a des vues sur le Groenland, veut prendre la main sur la banque centrale américaine. Mais d'abord une question très concrète qui concerne des millions de Français. Le nouveau taux du livret A sera connu aujourd'hui, il pourrait passer au 1er février de 1,7% à 1,4%, c'est ce qui est dans la presse ce matin. Est-ce que vous nous confirmez qu'il y aura une baisse du taux du livret A ?
Oui, alors ça fait partie des prérogatives du ministre des finances, deux fois par an, il fixe sur la base d'un calcul effectué par le gouverneur de la Banque de France, lui-même sur la base d'un chiffre de l'INSEE qu'on connaîtra d'ici une heure. Donc le chiffre précis, je vous l'annoncerai dans la journée. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il était, il est encore à 1,7% et que ça va baisser légèrement au 1er février, légèrement. Ce qui est vrai aussi, c'est que le taux du livret A va rester significativement supérieur à l'inflation. L'inflation, elle était à 5% il y a trois ans, elle était à 2,5%, elle est à 1, peut-être même un peu en dessous.
Vous l'avez dit, on est à 1,7%, on sera un peu en dessous de ça au 1er février.
Mais juste, le chiffre de 1,4%, c'est l'hypothèse plausible ou ça pourrait être un peu plus ?
Ça fait partie des hypothèses plausibles, mais je vais attendre d'avoir le droit et la capacité à vous l'annoncer. Pour vous l'annoncer, vous serez parmi les premiers renseignés, je m'y engage.
J'espère bien, donc vous nous confirmez cette baisse. C'est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français. Il y a je crois 58 millions de Français qui ont un livret A, qui attendent tous les ans d'avoir les intérêts permis par ce livret A. C'est une mauvaise nouvelle pour eux ?
Alors, ça baisse moins que l'inflation, donc ça veut dire qu'on reste supérieur à l'inflation. Et surtout, moi j'insiste là-dessus, il y a un livret qui s'appelle le livret d'épargne populaire. Il y a 11 millions de Français qui en ont, il y a plus de 30 millions de Français qui ont droit. Et lui, il est 1% au-dessus du livret A, 2,7%. Et moi je souhaite que cet écart, il perdure. Donc je fixerai aussi le taux du livret d'épargne populaire et je souhaite qu'il reste 1% au-dessus du livret A.
Roland Lescure, je le disais, vous rentrez à peine de Washington, où vous avez rencontré vos homologues ministres des Finances du G7, dont le secrétaire au Trésor, Scott Besant. Est-ce qu'on peut avoir des relations normales avec une administration qui veut annexer le Groenland, un territoire de l'Union Européenne, et qui interdit de territoire un ancien commissaire européen, Thierry Breton ?
Non. On se connaît depuis 250 ans. Je peux vous dire que les relations aujourd'hui sont particulièrement difficiles. Mais pour autant, il faut garder les canaux ouverts. Moi j'hésitais à me rendre à Washington, parce que c'était quelques jours après les premières déclarations, un peu à l'emporte-pièce du président des Etats-Unis. J'aurais pu ne pas y aller, évidemment. J'ai décidé d'y aller parce que je souhaitais avoir une discussion franche avec Scott Besant. On a évoqué le Groenland, même si ce n'est pas ni dans son portefeuille ni dans le mien. On a évoqué un sujet qui est difficile, qui lui est dans son portefeuille et dans le mien, c'est la régulation du numérique.
Vous savez, vous l'avez mentionné d'ailleurs, que suite à l'amende de plus de 120 millions d'euros, dont a fait l'objet X, ex-Twitter par la Commission Européenne, Thierry Breton a été interdit de séjour. D'abord, un, ça prouve qu'on touche juste, parce que c'est une réaction à une régulation européenne qui les ennuie. Ensuite, je pense que vous recevez Giuliano Diampoli.
Mais juste sur Thierry Breton, vous lui avez demandé de revenir sur cette interdiction de territoire ?
Oui, alors j'en ai parlé en privé, mais je lui ai dit effectivement ce que j'en pensais. La raison pour laquelle je n'ai pas fait de réaction officielle, c'est que Thierry Breton, il est interdit en tant que commissaire européen. C'est à la Commission Européenne. Donc, on s'est en commissaire, oui. Il était commissaire européen à l'époque, et c'est pour ces raisons-là qu'il est interdit. Donc, c'est à la Commission Européenne, je dirais, de formellement intervenir auprès des États-Unis. Mais j'ai dit à Scott Bessen que j'en pensais. Vous avez tapé un peu du pont sur la tête ? Oui, je pense que... Mais attention, un, je trouve ça évidemment, certes symbolique, mais dommage.
Mais deux, ça montre qu'on a touché juste. Pourquoi ? Parce que la régulation du numérique, et ça je vous l'ai dit, franchement, sincèrement et assez clairement, la régulation du numérique européenne, c'est juste non négociable. En Europe, le racisme, l'antisémitisme sur les réseaux sociaux, c'est interdit. La pédocriminalité sur les réseaux sociaux, c'est interdit. Le narcotrafic sur les réseaux sociaux, c'est interdit. Les mineurs sur les réseaux sociaux, en dessous de 15 ans, ça va bientôt être interdit, en tout cas en France. Les ingérences étrangères, c'est non également. Donc il m'a dit, ils n'aiment pas les amendes.
Je lui ai dit, s'ils n'aiment pas les amendes, ils ont qu'à soit quitter l'Europe, soit respecter le droit. Donc on a eu une discussion assez franche là-dessus. C'est un vrai désaccord fondamental, autour de ce que Giuliano Napoli appelle les grands prédateurs. Les grands prédateurs, nous, soit ils respectent la loi. Et ce que je voulais dire, c'est très simple, c'est que l'Europe ne courbera pas les Chines.
Peut-être que l'Europe ne courbera pas les Chines, mais vous n'êtes pas revenu avec des Etats-Unis qui seraient revenus sur cette interdiction de territoire pour tirer breton.
Non, en revanche, j'apprends aujourd'hui, et j'allais dire, je m'en félicite, même si c'est un peu trop tard, que Grock va arrêter de vous déshabiller ou de me déshabiller sur les plateformes. Oui, je sais, ça serait sans doute plus sexy si c'était vous que si c'était moi. Mais jusqu'à hier, Grock pouvait prendre une photo de Benjamin Duhamel et le mettre littéralement à poil sur les réseaux sociaux. C'est terminé. Et c'est terminé parce qu'on a réagi de manière extrêmement ferme. Moi, ce qui me gêne, c'est qu'on réagit de manière ferme. En général, ils se mettent au niveau. Ça a été le cas de Chine aussi sur les poupées pédopernographiques. C'est trop lent. Il faut qu'on réagisse plus vite.
Il faut que nous, on soit plus ferme et qu'on soit plus rapide.
Revenons en France, Roland Lescure, où quand on parle du budget, même l'utilisation de l'expression « un jour sans fin » est en train de devenir un poncif. On ne sait toujours pas si et quand le gouvernement décidera enfin d'utiliser le 49-3 ou les ordonnances pour que l'État soit enfin doté d'un budget. Il est temps d'en finir, là, non ?
Oui, j'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il était temps de passer à autre chose. Je vais vous dire trois choses. Un, il nous faut un budget. La différence, un allié de 250 ans qui envisage d'un excès à un territoire souverain de l'Union Européenne, mais aussi des associations qui risquent de monter de budget, des entreprises qu'on souhaite décarboner et maintenir la compétitivité. Il nous faut un budget. Deux, on peut avoir un budget. Ça fait des mois, des semaines, des jours et des heures jusqu'à ces dernières heures que j'échange avec des groupes parlementaires
qui souhaitent avoir un budget.
Les socialistes l'ont dit « ils ne voteront pas de budget, le reste de l'année votera contre ».
Est-ce que c'est 49-3 ? Est-ce que ce sont des ordonnances ?
Ce que je vais vous dire, Benjamin Nuhamel, c'est qu'il faut un budget. On peut avoir un budget et je pense qu'on va avoir un budget. Une fois qu'on aura un accord sur le fond, on trouvera ma question. Est-ce que tout est sur la table ? Est-ce que toutes les hypothèses sont sur la table ? Mais bien sûr, on ne va pas se priver d'un outil qui nous permettrait d'avoir un budget, mais il faut d'abord qu'on ait un accord sur le fond. Donc on travaille le fond, on est dans les dernières heures. Et une fois qu'on aura un accord sur le fond, on trouvera le moyen de le faire adopter.
Est-ce qu'entre le 49-3, ça veut dire « engager la responsabilité du gouvernement » ou « les ordonnances », qui est un procédé jamais utilisé sous la Vème République pour mettre en œuvre un budget, est-ce que vous avez une préférence ? Est-ce qu'il y a des avantages et des inconvénients des deux procédés ?
Non, je ne commande pas l'outil qui pourrait être utilisé. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on ne s'interdit rien pour que la France ait un budget parce qu'on en a besoin et qu'on peut l'avoir.
Un dernier mot, Roland Lescure, votre prédécesseur Eric Lombard a jeté un pavé dans la marde. Dans les colonnes de Libération, en disant la chose suivante, la direction des finances publiques a regardé, parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Il ne paie aucun impôt sur le revenu, le tout en se rémunérant à travers des holdings. Eric Lombard, ce n'est pas exactement un gauchiste, un insoumis. Donc vous êtes à la tête d'une administration fiscale qui a acté qu'il y avait des gens très fortunés qui payaient zéro euro d'impôt sur le revenu.
Écoutez, j'ai échangé avec ma collègue Amélie Monchalin parce qu'elle était là il y a un an. Elle m'a dit « il y a un an, cette note n'existait pas ». Ce que je peux vous dire, c'est que cette note n'existe pas non plus aujourd'hui. Il ne parle pas de note, Eric Lombard, il dit « la direction générale des finances publiques a établi… » Il n'y a pas de papier qui explique qu'il y a des milliers de Français qui ne payent pas d'impôt. Ce qui est vrai, en revanche, Benjamin Lueur…
Donc il le ment, Eric Lombard ?
Vous lui demanderez. En tout cas, moi je ne connais pas ce papier. Ce qui est vrai, en revanche, c'est important. Et on l'a dit, et c'est pour ça qu'on a mis ce qu'on appelle la tax holding dans le budget. C'est qu'il y a des contribuables aujourd'hui qui font ce qu'on appelle de l'optimisation fiscale et qui payent moins d'impôts que ce qu'ils devraient au vu de leur revenu. Est-ce qu'il y a, Roland Lescure, des Français fortunés qui payent zéro euro d'impôt sur le revenu ? Il n'y a pas de document à Bercy ou ailleurs qui dit qu'il y a des milliers de Français, comme je l'ai entendu dans la bouche de mon prédécesseur, qui payent zéro impôt.
Mais vous ne savez pas s'il y en a peut-être certains qui payent zéro euro d'impôt ? Aujourd'hui, c'est qu'il y a des ménages très fortunés, c'est important, qui payent moins d'impôts en pourcentage que sans doute vous et moi. Et ça, on a voulu que ça change, on a mis dans le budget une tax holding. Elle a été refusée hier par l'Assemblée, elle a été refusée, elle avait été dévitalisée par le Sénat. Le gouvernement a fait une proposition, on va voir si, in fine, elle est retenue dans le budget final. En tout cas, nous, on a proposé quelque chose pour corriger ça.
Merci beaucoup Roland Lescure, ministre de l'économie et des finances, qui nous confirme donc que le taux du livret A va baisser.
Mais tout à fait. Merci Benjamin Duhamel, on se retrouve tout à l'heure. Pour le grand entretien, il est 7h58 sur Inter.
Roland Lescure