François Ruffin - On n'est pas couché 14 avril 2018 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 27 %Attaque 52 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:28OuverteRéponse directe
Vous avez regardé Emmanuel Macron à l'école ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Vous faites toujours partie de la France insoumise, comment qualifier votre posture ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Comment vous vous sentez à l'Assemblée nationale ? Vous avez envie de continuer ?
- 4:39OuverteRéponse partielle
Comment ont réagi les députés et est-ce que les choses ont changé pour les femmes de ménage à l'Assemblée ?
- 6:18OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est suffisamment efficace pour que les choses changent ?
- 9:09OuverteRéponse directe
Vous aviez promis de passer une journée à l'hôpital psychiatrique, vous l'avez fait ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:20InvitéFait
« Je ne sais même pas si je suis de la gauche radicale. »
- 2:23InvitéFait
« Le centre de la gravité de la gauche, depuis 30 ans, il a glissé, glissé, glissé, de plus en plus à droite et de plus en plus au centre. »
- 3:37InvitéFait
« C'est une chambre d'enregistrement des désirs du président. »
- 3:51InvitéFait
« Pour moi, c'est une monarchie absolue renouvelable tous les 5 ans. »
- 5:35InvitéChiffre
« Sous le même toit, dans la même maison, elles sont payées dix fois moins que nous. »
- 5:35InvitéFait
« Avec toutes des temps partiels contraints, toutes le salaire minimum, toutes sous le seuil de pauvreté. »
- 15:51InvitéChiffre
« Depuis 2000, quasiment moins 40% pour être plus exact. »
- 23:13InvitéFait
« Quand vous voyez la chute vertigineuse de Macron dans les sondages, dans les catégories populaires ouvriers et employés, il y a un décrochage qui est immense. »
- 24:07InvitéPromesse
« Envoyez des signes de flexibilité, vous aussi. »
- 26:59Locuteur 6Fait
« le responsable de la CGT, Philippe Martinez, n'en peut plus de Jean-Luc Mélenchon. »
- 28:07InvitéFait
« Jean-Luc Mélenchon est l'homme qui a remis notre gauche debout. »
- 31:21InvitéPromesse
« 1000 kilomètres de train gratuit pour tout le monde. Chaque Français a le droit à... En gros, ça fait un aller-retour à la mer. »
- 35:17InvitéFait
« il y a un cinéaste qui n'est pas activiste comme ça, mais qui est très politique, qui est Ken Loach, qui a fait un film comme Daniel Blake. »
- 38:36InvitéFait
« le désir de faire péter un peu ce carcan où on demande que l'humain s'adapte en permanence à la technologie et à l'économie plutôt que l'inverse. »
- 40:14InvitéFait
« Je peux gagner 5 800 euros à l'Assemblée nationale et je choisis de me mettre au SMIC. »
- 42:30InvitéChiffre
« En comptant tous les avantages qu'il a, il a 1 800 euros par mois net. »
- 42:40InvitéChiffre
« il sait d'ores et déjà qu'il partira à la retraite à 64 ans et non pas avant. Et il sait qu'il touchera entre 1 100 et 1 200 euros. »
- 44:05Locuteur 1Chiffre
« effectivement, 1800 euros net parce que je suis agent de réserve. »
- 48:51InvitéChiffre
« le prix moyen en France des billets est de 7,8 euros pour 100 kilomètres contre 29 euros au Danemark, 28,6, 24 en Autriche. »
- 51:03Locuteur 7Chiffre
« le salaire des caissières en temps plein vous gagnez à peu près net entre 1200 et 1300 euros »
- 52:00Locuteur 7Chiffre
« 356 millions reversés aux actionnaires sur la participation »
- 52:11Locuteur 7Chiffre
« aujourd'hui on leur a donné 57 euros »
Temps de parole
- Invité50 %
- Invité 214 %
- Présentateur12 %
- Locuteur 68 %
- Locuteur 77 %
- ?4 %
- Locuteur 13 %
≈ 23,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mais il est temps d'accueillir notre invité politique de la semaine, d'abord journaliste, réalisateur, même fondateur du journal Fakir. Il fut récompensé en 2017 pour son film Merci Patron par un César du documentaire. Son engagement en faveur de la gauche radicale, il l'a ensuite concrétisé politiquement en se faisant élire député de la Somme. Depuis près d'un an, donc, il siège à l'Assemblée nationale sous les couleurs de la France insoumise. On va revenir avec lui sur la politique du gouvernement, les mouvements sociaux du moment. Voici François Ruffin dans On n'est pas couché. Bienvenue. Bienvenue, monsieur le député.
Je crois que c'est la première fois que j'ai l'occasion de dire monsieur le député, parce que je ne
crois
pas qu
'on
soit revus depuis que vous avez été élu. On vous avait reçu à l'occasion de la sortie du film Merci Patron. C'est
vrai
que c'est un parcours assez étonnant que le vôtre. Il est temps de dresser un bilan.
Vous
le dressez d'ailleurs, ce bilan, ne serait-ce que dans votre journal. Après un an, premier bilan, toujours debout et avec vous. Vous êtes donc député depuis un an et c'est bien qu
'on
parle un peu de ce qui se passe à l'Assemblée nationale et dans notre pays. Première question quand même, parce que c'est ce qui s'est passé cette semaine. Vous avez regardé Emmanuel Macron à l'école ?
J'ai regardé cinq minutes comme ça en passant et puis j'ai vu les dépêches, j'ai vu la formule. Les riches n
'ont
pas besoin de président. Ils se débrouillent tout seuls. Ils se débrouillent très bien tout seuls, mais enfin, ils ont quand même de l'aide aussi. Donc voilà.
C'est
la formule que j'ai retenue.
Ça n'a
rien changé à ce que vous pensiez de toute façon de
la politique
du président et de, on va dire, des députés en marche qui sont majoritaires à l'Assemblée. Vous faites toujours partie de la France insoumise, on va évidemment en parler, même si vous êtes un peu à part parmi les 17 députés de Jean-Luc Mélenchon. Comment on peut qualifier votre posture, car ça n'en est pas une, je vous crois et je vous imagine, et je vous fais sincère, j'ai envie de dire, mais par rapport aux autres députés de la France insoumise
? La fracture n
'est
pas là. Je reviens sur, vous avez dit tout à
l
'heure, de la gauche radicale. Je ne sais même pas si je suis de la gauche radicale. Je veux dire que le problème, c'est que le centre de la gravité de la gauche, depuis 30 ans, il a glissé, glissé, glissé, de plus en plus à droite et de plus en plus au centre. Et finalement, Macron en est une illustration. Je veux dire que moi, je me reconnais dans la figure de Jaurès, je me reconnais éventuellement dans la figure de Léon Blum, je me reconnais dans l'héritage du Front populaire, je me reconnais dans tout cet héritage-là, dont je me considère comme l'un des continuateurs parmi tant d'autres.
Mais
je me suis... Gauche, de gauche... La
vraie gauche, en fait. Oui,
moi,
je
pense que finalement, quand on lit le programme de François Mitterrand en 1980, ou le programme commun, quand on a cette joie-là, eh bien, on voit que il y a... Moi, je me considère comme un héritier de ce programme-là aussi, je ne
me
sens pas comme un ultra-radical, voilà. Mais simplement, il
y
a eu un glissement vers la droite qui est continuel. Vous n
'êtes
pas d'extrême-gauche. Non, je ne me considère pas comme d'extrême-gauche, en tout cas.
Alors, parlons de ce bilan en tant que député. Comment vous vous sentez d'abord à l'Assemblée nationale
?
Vous avez envie de continuer. Vous avez fait un poisson d'avril l'autre jour à notre consort, à Pauline de Malherbe, en lui disant « j'arrête, j'en ai marre ». Bon, puis très vite, vous avez dit poisson d'avril, c'était le 1er avril, ça tombait bien. Mais est-ce qu'au fond, il n'y avait pas quelque chose de vrai là-dedans ?
Est
-ce que vous n'avez pas marre
? Non, je veux dire, je sais pourquoi je suis arrivé à l'Assemblée. Je n'avais pas d'illusion sur le fait que ce n'était pas là que se faisait la loi. C'est de la blague, ça. Ce n
'est
vraiment pas là que se
faisait la loi.
Vous
pensez toujours ça. Oui,
absolument. Je veux
dire,
c'est une chambre d'enregistrement des désirs du président. D'ailleurs, quand j'entendais Philippe Solaire se parler tout à l'heure de « Emmanuel Macron est allé caresser les enfants à l'hôpital ». Guil-guil-guil !
Oui, voilà.
On était… Il y avait le pouvoir d'en bosser. Pour moi, c'est une monarchie absolue renouvelable tous les 5 ans. Ce n
'est
pas du fait de Macron. C'est les structures de la Ve République qui sont comme ça. Donc, je sais que dans le cas de cadre,
on
évolue. Donc, qu'est-ce qu'il reste à ce Parlement qui est une chambre d'enregistrement ? Il reste une tribune. Eh bien, je suis là pour utiliser la tribune, c'est-à-dire pour rendre visibles les gens qui ne le sont pas, pour me bagarrer pour des causes, et ainsi de suite. Et de ce point de vue-là, vous savez, tout dépend de bon part. Moi,
je
n
'ai
pas été ministre. J'imagine que quelqu'un qui a été ministre dans le précédent gouvernement et qui se retrouve sur les bancs de cette Assemblée fantoche, il
se
dit « Qu
'est
-ce que je fais là ? » Moi, avant, j'avais mon journal qui tirait à 30 000 exemplaires et quand j'interpellais sur les femmes de ménage, par exemple, ça ne peut pas dire que ça faisait le buzz derrière. Maintenant, quand j'ai une tribune à l'Assemblée nationale pour faire la même chose, eh bien, derrière, c'est un problème qui a un petit peu pris en considération. Donc, voilà. Ça
a changé
les choses ou pas, justement ? On a cet extrait. On pourrait le revoir parmi d'autres. On a fait un cours magnéto de quelques interventions que vous avez faites à l'Assemblée. Et parmi ces interventions, il
y a
ce moment, effectivement, où vous parlez des femmes de ménage à l'Assemblée. On regarde et après, j'aimerais que vous me disiez comment ont réagi les députés et est-ce que les choses ont changé pour les femmes de ménage à l'Assemblée ?
Madame la ministre, vous êtes la ministre des Sports, mais vous ne nous avez parlé que de compétitivité, de part de marché, d'attractivité, avec un raisonnement de traders.
Je
voudrais vous en parler autrement, humainement.
Ce
pupitre ciré ici, c'est elle. Les cuivres listrés, c'est tant qu'en elle. Les marbres luisants, c'est toujours elle. Elles sont partout et pourtant, elles sont absentes.
C
'est le propre de la propreté. Elles ne laissent pas de traces. Leur travail est invisible. Sous le même toit, dans la même maison, elles sont payées dix fois moins que nous. Avec toutes des temps partiels contraints, toutes le salaire minimum, toutes sous le seuil de pauvreté. Notre Parlement, plein de raisonnements et de bons sentiments, s'accommode fort bien de cette injustice de proximité.
Pour
les pauvres,
pour
les pauvres, c'est toujours en Miel-Lyon. Pour les riches, c'est en milliards. Alors, madame Buzyn, nous vous le demandons, délaissez un instant les belles paroles. Ne me répondez même pas, pas un mot, pas une phrase. Je n'en serai pas outré. Faites ça. Merci,
monsieur le député. Aux patients de ce pays.
La parole est à madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
Vous
lui en faites voir au président de l'Assemblée nationale, monsieur de Rugy. Mais c'est votre rôle. Et on le voit, vous le faites de façon efficace. Alors, est-ce que c'est suffisamment efficace pour que les choses changent
?
Moi, je crois que
les
gens, ils ont un problème qui est d'abord un problème de se sentir représenté. Moi, j'en parle pour moi d'abord. Quand j'étais jeune, j'étais ado, j'avais le sentiment qu'il
n'y avait
personne qui portait la parole pour moi. Il n
'y a
personne qui, dans les médias, sur le terrain politique, disait ce que j'avais envie d'entendre. Et les quelques fois où quelqu'un disait ce que je souhaitais, ça me faisait comme un bol d'air. Et je pense que, dans les faits, on ne change rien. Je n'ai rien changé. Maintenant, il y a des gens pour qui ça change quelque chose. Les
gens disent
quoi ? Vous nous apportez un bol d'air. Grâce à vous, on respire un peu mieux. Je ne
vais
pas vous
la
raconter. Je ne suis pas un sauveur. Mais voilà. Je pense que c'est plutôt... Je pense que c'est quasiment un rôle spirituel de réenthousiasmer. Je disais pendant ma campagne, mon adversaire, ce n
'est
pas seulement la finance,
c
'est surtout l'indifférence. Et donc de réussir à combattre ça et que les gens se sentent représentés. Et je pense que déjà, en soi, les gens peuvent se sentir mieux parce qu'il y
a
quelqu'un qui porte leur parole. C'est la seule fonction porte-parole que je m'attribue.
Dans
votre propre journal, Fakir, vous expliquez même que si vous avez votre voix qui chevrote, parfois, et d'ailleurs, on l'a entendu dans les interventions, vous dites ma voix chevrote à cause de mon illégitimité encore, toujours être là, petit, face au grand, pas à ma place.
Oui, ben, je pense que ce
n'était
pas une place naturelle pour moi. D'ailleurs, quand je me suis lancé dans la bataille, je ne pensais pas gagner. Donc bon, voilà. On y arrive. Vous
pensez
pas être député ? Non, non, j'aime bien mener des combats. Donc j'aime bien avoir des aventures. Et il y avait une aventure là qui était belle, qui était à mener. En plus, dans un coin que moi, je connais très bien et où j'ai vu le Front National gagner du terrain, gagner du terrain, gagner du terrain. Et je me disais qu'il y avait un coup à faire pour offrir un autre réceptacle à la colère. C
'était une
députée socialiste, la députée sortante.
C'était une
députée socialiste.
Elle a été battue. Elle a appelé à voter pour vous au deuxième tour.
Oui, tout
à fait. Il y
a
eu une union de la gauche sur votre nom au deuxième tour. Au premier, j'avais déjà rassemblé assez largement des étiquettes.
Et
puis, bon, voilà. Donc, je disais dans mon coin, le fond, il est rouge, mais dessus, il s'est mis une couche de brun. Brun, chez nous, ça veut dire de la merde. Et puis, ça veut dire la couleur du Front National, évidemment. Et donc, mon objectif, c'était de nettoyer la couche de brun. Mais je savais que pour ça, il fallait que les gens, ils se sentent... Je reviens là-dessus, mais ils se sentent représentés. Voilà. Mais aujourd'hui, vous vous sentez légitime tout de
même.
J'y travaille. Je pense que, vous savez, on est toujours dans un rapport de force qui est fragile. Parce que
Macron, il
a... Je suis désolé de parler comme ça, mais il a derrière lui les puissances de l'argent. Il a un certain nombre de médias qui lui sont acquis d'avance. Il a tout ça qui va de soi. Nous, notre base, elle est
friable.
C'est les gens. Vous savez, rien qu
'on
sent que... Je vois sur les EHPAD. On a bossé sur les EHPAD.
Les
maisons de retraite. Les maisons de retraite, oui. Sur les maisons de retraite ou sur l'hôpital psychiatrique.
J
'ai beaucoup travaillé là-dessus. Quand on évoquait le... Mais fait d
'ailleurs...
Un député à
l
'hôpital psychiatrique. Vous aviez promis de passer une journée là-bas quand vous étiez en campagne. Vous l'avez fait depuis. Vous l'avez même raconté.
C
'est un peu le député reporter. Oui, c'est
ça.
Et donc, la première fois que j'évoque la situation dans les hôpitaux psychiatriques ou par exemple dans des chambres qui sont pour deux personnes, on va avoir quatre personnes pendant plus d'un an. Donc, une promiscuité qui fait que si jamais vous n
'êtes
pas fou en est entrant, vous êtes fou en en sortant. Vous n
'avez
même pas de la place pour ranger vos affaires et tout ça. La première fois que je raconte ça, avec circulaire, il n
'y a
rien à voir. Mais après, donc le rapport de force, il est complètement en notre défaveur sur le point de départ. Mais après, quand les gens bougent, quand il y a des manifs, quand il
y
a des grèves sur les EHPAD et ainsi de suite, quand il y a des grosses mobilisations, on sent bien que la réponse des puissants des ministres dans l'hémicycle, elle n'est plus du tout la même.
Elle
n
'est
plus du tout aussi solide. Et nous, notre voix, elle devient forte de ces milliers de voix et on s'en autorisé à poser des questions avec beaucoup plus de vigueur. Donc voilà. Ça, c'est pour dire aux gens, surtout ne croyez pas que quand vous bougez, il n
'y a
rien qui se passe. Quand vous bougez, on sent qu'en face, ça change quelque chose. Et nous,
on
est là pour essayer, comme un bélier dans les combats du Moyen-Âge, qui cherchent à défoncer une porte, on essaye d'être le bélier des gens qui nous poussent.
Alors justement, je vais faire évidemment réagir Yann et Christine dans un instant, mais c'est ma dernière question. Justement, et vous êtes là aussi, j'imagine, pour en parler, vous appelez à une grande manifestation anti-Macron le 5 mai prochain, la fête à Macron, en quelque sorte, le 5 mai, quelques jours après le 1er mai, ça n
'a
pas l'air de plaire d'ailleurs à M. Martinez, le patron de la CGT, qui dit, ben non, il
y a
le 1er mai, pour ça, il
n
'y
a
pas besoin d'attendre le 5 mai, ça part mal, parce que si déjà les syndicats ne sont pas avec vous, il
n
'y aura pas autant de monde que vous voulez.
Non, mais vous savez, je pense qu'on propose une nouvelle manière de faire, qui n'est pas évidente.
Je
veux dire, c'est les citoyens. Alors, je suis un citoyen un peu particulier, je l'admets, maintenant que je suis député. Mais grosso modo, j'aurais fait la même chose et j'aurais fait sans doute avant si je n'avais pas été député. On fait valider une date lors d'une assemblée générale où il y a 800 personnes dans une salle et 1 000 à 2 000 personnes qui n'ont pas pu rentrer à l'extérieur. On dit, qu'est-ce que c'est le mot d'ordre ? Je dis, il n
'y a
pas de mot d'ordre, c'est une manif pote au feu où chacun vient, il amène qui ? C'est carotte, qui ?
C
'est chou-fleur, qui ? C'est betterave, qui ? Tout ça. Et qu'est-ce qu'il va y avoir que la manière de faire ne soit pas traditionnelle pour les organisations syndicales et que ça puisse être perturbant ? Moi, je fais le pari et pour les organisations politiques aussi. Donc, on va voir. Moi, je fais le pari qu'on va tenter ce machin-là. Vous
appelez
les mécontents, en fait.
Oui, mais les mécontents, mais même, il faut aller au-delà des mécontents. Je suis venu avec un certain nombre d'amis. On va en parler. Mais donc, il y a des cœurs différents. Il y
a
une personne de Carrefour, on en parlera. Il y a la SNCF, évidemment. Il y a les EHPAD, il y
a
tout ça. Mais ça, la convergence des luttes, pour moi, ça ne suffit pas. Je pense qu'il y a en dessous, chez plein de gens, au-delà de la colère, il y a un désir d'autre chose. Je ne sais pas ce que c'est exactement. Mais il
y
a un désir de, je dirais, soulever ce ciel basé lourd de la finance qui pèse sur nous comme un couvercle. Et je pense qu'on a envie d'autre chose. Eh bien, voilà. Là, je propose une marmite dans laquelle chacun vient avec non seulement ses colères, son mécontentement, mais aussi une espérance, mais aussi une tentative d'autre chose. Après, qu'est-ce que ça deviendra le 5 mois de soir ? Mais moi, je fais le pari que, par la suite,
M.
Martinez, les organisations...
Ils vont venir ?
Je ne dis pas pour celle-là. Mais ils se diront, punaise, peut-être qu'il y
a
un truc. Ils sont en train d'inventer un truc. Bon, je ne dis pas moi. Le 1er mai, j'en suis. Je suis au bout des manifs de tous les cortèges, les fumigènes, les banderoles et tout ça. Je respecte. Voilà, je respecte ça à fond. Mais peut-être qu'il
y a
autre chose à inventer. Peut-être qu
'ils
vont se dire la prochaine fois, tiens, on va monter dans le train aussi. Et puis,
après
tout.
Puisque vous venez le 1er mai,
il
pourrait venir le 5. En tout cas, il y en a quand même qui vous soutiennent pour cette fête à Macron du 5 mai. Quelqu'un que les téléspectateurs connaissent bien. Je ne
sais
pas si vous avez vu ça. C'est dans l'émission C'est à vous. Celle qu'on appelle le capitaine Marleau sur France 3. Corinne Maziero, regardez-la.
D
'ailleurs, le 5 mai, allez faire la fête à Neneux.
Le poteau-feu de François Ruffin que vous soutenez.
Voilà,
absolument. François Ruffin.
Le message,
c'est le 5 mai, la fête à Macron. Et puis, on verra bien ce qui marche à l'intérieur aussi.
Donc,
on a compris. Vous y serez le 5 mai.
Un message
à Emmanuel Macron
?
Écoutez, si vous pourriez arrêter de faire vos conneries et puis d'écouter un peu plus les gens dans ce qu'ils vivent, ce dont ils ont besoin. Alors, venez aussi le 5 mai. On va vous faire votre fête, cher ami. Voilà.
Voilà pour le message qui
est passé. Le message
est clair, il me semble. Et François, je t'adore. Voilà. Alors, ce n
'est
pas François Ruffin.
C'est
un nouveau rôle pour le capitaine Marleau, là.
Elle était venue me soutenir pendant ma campagne sur Amiens. J'avais fait le choix de faire un meeting commun entre le capitaine Marleau et les Pinsons-Charlots, donc le couple de sociologues qui étudient les riches. Et je pense qu'en effet, c
'est
un mélange intello-populaire que j'essaye d'avoir régulièrement. Et c'était un meeting assez chouette et réussi.
Sauf qu'en plus, elle était à côté de M. Pépi. Oui,
c'est ça, avec
son t-shirt La bataille du rail.
Le patron de la SNCF. Un mot sur les cheminots, alors ? J'espère qu
'on
va avoir un peu plus d'un mot. Sur le projet de loi ? Oui. Oui, mais sur le projet de loi. Moi, j'ai lu, donc... M. Macron a voulu être rassurant, là, jeudi dernier. Oui, je veux dire,
je vais pas le prendre... Il a
parlé
de son grand-père cheminot. Oui, mais bon, OK. Mais je vais même le prendre sous un autre angle, moi. Je veux prendre l'écologie au sérieux. Je pense que quand on nous annonce qu'il y a une disparition de 30% des oiseaux en 20 ans... Moi, j'ai envie que mes gamins ils voient des hirondelles. Et déjà, quand j'étais gamin, il y avait des hirondelles qui volaient au ras du sol et on savait qu
'il
y avait de
l
'overage parce que les insectes, ils étaient au ras du sol, ils étaient en hauteur, ils volaient en hauteur, on savait que ça allait mieux. Bon,
et
maintenant,
il
n'y
a
plus d'hirondelles, quasiment, pour mes gamins. Je veux prendre ce problème au sérieux. Évidemment, la question du transport est une question importante puisque c'est là-dessus qu'il y a une augmentation massive des gaz à effet de serre. Or, je lis ce rapport pour un nouveau pacte ferroviaire. J'ai 85 fois le mot concurrence.
J
'ai zéro fois
le
mot écologie. J'ai zéro fois le mot climat. J'ai zéro fois le mot réchauffement. J'ai zéro fois le mot biodiversité. C'est-à-dire qu'on nous demande de faire de la concurrence, de la concurrence, de la concurrence.
C
'est un moyen. Mais quelles sont les finalités qui sont poursuivies ? Quelles sont les finalités humaines ? Quelles sont les finalités sociales ? Quelles sont les finalités environnementales qui sont poursuivies ? Rien n'est indiqué à l'intérieur de ça. Donc, c'est la concurrence pour la concurrence parce que Bruxelles nous a demandé de le faire. Mais quel est le but poursuivi ? On ne nous le dit pas. Et je pense qu'on a besoin de se dire quel est le but. D'autant qu'on a déjà un précédent. Il y
a
eu l'ouverture du fret à la concurrence, donc du trafic ferroviaire. Le trafic ferroviaire de marchandises a diminué par deux. Depuis 2000, quasiment moins 40% pour être plus exact. Donc, c'est une chute libre. Pourquoi ? Parce qu'il y avait des petites lignes qui n'étaient pas rentables. Donc, on les a éliminées du point de vue du fret de marchandises. Mais ça veut dire qu'aujourd'hui, on a 95% d'émissions des gaz à effet de serre dans le transport. C'est le transport routier. Or, on sait que le rail, ça pollue nettement moins que la route. Donc, je pense que ça devrait être la première question qui est à se poser. Là, la finalité environnementale n'est pas du tout posée à
l
'intérieur de ce rapport. Donc, c'est la première question. Et ensuite, est-ce que ça sort la SNCF de la PANAD
? Si
on veut être sérieux, quelle est la cause de la dette de la SNCF ? Parce qu'on nous dit que
c'est
la cause de la dette, la dette, la dette. Qu'est-ce qui se passe dans le rail ? C'est que ce sont les trains qui circulent sur les voies qui financent le rail.
Et
donc, c'est toutes les lignes SNCF de TGV qu'on a mises en œuvre qui sont payées par les trains qui circulent dessus. Mais si vous regardez ce qui se passe sur la route, les camions, ils ne payent pas du tout les infrastructures routières ou autoroutières ou vraiment très marginalement. Mais dans ma région,
on
va construire le canal Seine-Nord. Vraisemblablement, peut-être, on n
'en
sait rien. Ça va être des milliards d'investissements. Mais ces milliards d'investissements-là, c'est l'État, les régions, l'Europe qui vont le prendre en charge. Ce ne
sont
pas les péniches qui circulent dessus. Et évidemment, si c'était les péniches qui circulent dessus, elles auraient des milliards de dettes. Vous comprenez ? Donc là, il y
a
une injustice, une défaveur contre le rail qui fait qu'on demande au rail de payer pour les infrastructures ce qu'on ne demande pas pour les autres modes de transport. Et évidemment, si on voulait maintenir ce but écologique dans la société, on devrait faire l'inverse. On devrait se dire « Finançons le rail au maximum, accordons-nous à le subventionner et allons récupérer ce que fait la Suisse, par exemple. La Suisse a des très fortes taxes sur les poids lourds pour éviter que les poids lourds ne traversent la Suisse. Taxons les poids lourds de manière à ce qu'on puisse financer ainsi les infrastructures SNCF.
»
Sauf qu'entre, on va dire, des grèves de routiers et des grèves de cheminots, pour l'instant, le gouvernement a plutôt choisi les grèves de cheminots. C'est-à-dire ? C'est
-à
-dire que si on annonce des taxes sur les transports routiers, il va y avoir des
grèves de routiers partout et qui vont bloquer les routes. Vous savez,
je pense que les gens sont à même d'évoluer dans la société si on leur explique quelles sont les finalités qui sont poursuivies et si on leur garantit une sécurité. Je vais vous prendre un exemple. Moi, j'ai vu des tas de boîtes fermées dans mon coin. J'ai vu... J'ai vu même Faudor, les chips, je me dis quand même les chips se barrent de Picardie, vous pouvez imaginer. Mais par exemple, Goudieur. Je veux dire, la fermeture de Goudieur, on pouvait considérer qu'il y avait quelque part une bonne nouvelle, moins de consommation de pneus. Il y avait une deuxième bonne nouvelle, c'était qu'il y avait du recyclage dans les pneus. Donc, sur le plan écologique,
c
'était plutôt une bonne nouvelle. Et puis,
il
y avait la mécanisation qui faisait qu'on pouvait produire plus vite à l'intérieur des trucs. Mais la question,
c
'était pourquoi aller en Pologne pour produire ça ? Juste pour baisser les coûts de production. Est-ce qu'on n'aurait pas pu sécuriser les emplois et dire, bon, il y aura moins d'emplois chez Goudieur, mais vous n'aurez plus à travailler la nuit pour aller produire des pneus ? Je veux dire, j'espère que dans 30, 40, 50 ans, on se dira, mais bon sang, c'est délirant ce truc. Comment ça se fait qu'on fait bosser des gens la nuit ? Ça veut dire que le taux de cancer, il explose parce qu
'on
sait que le travail de nuit, c'est du cancer en plus. Comment ça se fait qu'on fait bosser des gens la nuit pour produire des pneus, produire des sèches-linges, produire... Enfin, vous voyez ? Et donc, je pense que même les routiers, c'est pas même les routiers, les routiers, si on leur dit, bon, bah, écoutez, on va aller vers une diminution du transport routier dans 15, 20, 25 ans, ils sont à même de l'intégrer, de faire qu'on forme davantage de cheminots. Enfin, c'est les choix de société qui peuvent être réorientés, quoi.
On
va en reparler peut-être. Yann Wax, Christine Angot, on commence par Christine.
En fait, tout ce que vous dites, c'est légitime et on peut le comprendre et je pense que là, en ce moment, il y a plein de gens
qui
vous entendent et qui disent mais oui, mais évidemment, mais il a raison, moi, j'ai quelqu'un qui est à l'hôpital, etc. Je sais comment ça se passe, je sais très bien qu'on ne s'en occupe pas, je sais qu'il n
'y a
pas assez de gens
sur
énormément de choses.
On
ne peut que vous suivre et vous entendre.
Je
voudrais revenir en arrière parce qu'il y a quelque chose que je n'arrive pas à oublier, que je garde en mémoire, c'est que tout ce qu'on peut reprocher là,
ce
gouvernement de Macron.
Enfin,
moi, je me souviens qu
'on
n'avait pas envie de voter pour Marine Le Pen, qu'elle était quand même très bien placée et qu'il a
fait
barrage et que c'est lui derrière qui les gens ont pu se ranger
par
le jeu des nombres de voix, etc. pour faire barrage.
Je m
'entraîne plus. Vous avez écrit le soir du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron une lettre ouverte qui s'appelait à Emmanuel Macron qui s'appelait « Lettre ouverte à un futur président déjà haï
dans
le monde ».
C
'était juste avant le second tour et au soir de ce débat
qui
avait eu lieu.
Et
donc, vous disiez « Ça se respire dans l'air. Vous êtes haïs.
»
Vous adressez à lui
«
Vous êtes haïs tant ils ressentent en vous et à raison
l
'élite arrogante. Vous êtes haïs. Vous êtes haïs. Vous êtes haïs. »
14 fois.
«
Je
vous le martèle parce qu'avec votre cours, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale.
Oui,
j'en
connais.
» Et vous disiez « Mais les plus progressistes
vont
faire l'effort de s'abstenir et ce sera un effort tant l'envie les taraudent de saisir l'autre bulletin juste pour ne plus vous voir. » Bon. Donc moi, la question que je vais vous poser c'est la suivante.
Vous
avez relevé à ce moment-là, juste après le débat entre Marine Le Pen et Macron, la haine
contre
Macron. Vous avez noté ça
très
clairement
plutôt
que la haine qui existe aussi contre Marine Le Pen.
Pourquoi
votre crainte contre Macron était plus forte que celle
contre
Marine Le Pen ?
Pourquoi
exhorter à la haine contre Macron à ce moment-là ? Et en quoi, d'après vous, Macron est-il plus dangereux que Marine Le Pen
?
Non. Alors d'abord,
ce
n
'est
pas du tout... Je ne
suis
pas d'accord sur le fait de dire que Macron est plus dangereux que Marine Le Pen. Non, mais parce
que comme c'est au
soir de ce débat, avant le second tour, vous avez... Non.
Vous avez exhorté à la haine contre Macron en disant que vous êtes un président... Qu'importe, c'est pas grave.
En tout cas, dans votre texte,
vous
dites « Je viens de regarder le débat ». Non. Oui, bon, peut-être que j'ai rajouté cette dernière phrase comme ça. Bon, c'est pas grave. Je veux dire, d'abord, je ne suis pas un héros mais il ne
faut
pas me coller à la peau. La chanson de Balavoine, elle prévaut pour moi aussi, c'est-à-dire que si je ne prétends pas que tout ce que je fasse soit parfait, maintenant je ne... Enfin,
voilà.
Donc, cette lettre-là, stylistique... Vous la regrettez. Non, je regrette le style que je trouve un peu répétitif. Donc, voilà, ça c'est clair.
Ce n'est pas
ça du tout ma question.
Non, non, mais
maintenant sur l'intuition
qui
était celle dans des grands moments de tension politique et je n'ai pas du tout invité à voter Marine Le Pen ni à quoi que ce soit. Mais
loin de là. C'est pas ça ma question. Je vous demande
pourquoi lui suscite la haine plus d'après vous qu'elle ? Dans les milieux populaires, je pense, parce qu'il a... Je veux dire, en tout cas, il y a une traduction. On est un an après, grosso modo, et on a une traduction de ce que je pressentais. Quand vous voyez la chute vertigineuse de Macron dans les sondages, dans les catégories populaires ouvriers et employés, il y a un décrochage qui est immense.
Mais vous, là, vous
exhortez
? Non, je n'exhorte pas. Vous justifiez cette haine vers
lui plutôt que vers elle au moment où elle risque
d'être élue
? Moi, je m'adresse au monde. Ça veut dire que je ne m'adresse pas aux gens quand je parle au monde et je dis, voilà, vous adressez au monde, au journal Le Monde ? Oui,
mais
Le Monde, écoutez, excusez-moi, mais Le Monde, ce n
'est
pas lu par grand monde.
Au
journal Le Monde, vous voulez dire ? Oui, au lecteur du
journal Le Monde. Non, parce
que quand on dit je m'adresse au monde,
on peut comprendre autre chose. Au lecteur du journal Le Monde. Surtout
dans la part
d'un homme politique.
Mais, donc, moi, je dis juste, M. Macron, entendez la colère d'ores et déjà des milieux populaires. Et à ce moment-là, vous devez envoyer des signes. Il veut dire, on sait très bien qu'il est là, il va être élu parce qu'il fait barrage à Marine Le Pen et non pas en tant que candidat à Macron. Je dis, envoyez des signes de flexibilité, vous aussi.
Il
y avait un point et demi de différence, même pas. Il y avait un
point. Non, mais
attendez, on est à 66% à l'arrivée, c'est bon, quoi. Donc, voilà. Moi, je vous dis juste... Vous avez voté Macron au deuxième tour
?
C'est juste pour avoir une confirmation. Il y a un rideau dans l'isoloir, c'est comme pour les toilettes, des fois, quoi. Donc, voilà. J'ai fait ce que j'avais le moins pire à faire, c'est tout. Bon. Mais... Mais...
Voilà.
Je dis juste... Mais
j'ai
ma réponse. Hein ? Mais j'ai ma réponse.
Yann Watz. Il se passe quelque chose de très étrange, du moins dans mon cerveau depuis quelques temps, c'est que votre discours,
je
pense qu'il y
a
quelques années, je m'en serais moqué. Je me dis, encore des illuminés, ils sont dans leur caricature, dans leur personnage, car même si vous refusez le personnage de l'encravaté, vous admettez quand même que vous avez un certain personnage. Je ne sais plus où je l'ai lu, mais vous dites...
C'est vrai qu'à mon oeil, il parle de son personnage. Oui,
son personnage. Donc très bien. Simplement, ce discours-là, et c'est la deuxième fois que ça me le fait, on a eu Olivier Besancenot sur le plateau, et vous aujourd'hui, je trouve quand même qu'il
y a
une forme de vérité qui s'exprime, et moi je vous prends plutôt au sérieux. Il y a quelque chose qui se dit là, qui n'est pas de l'ordre simplement de l'hôpital psychiatrique, même si vous avez écrit un charmant petit... Ah oui, avant, j'allais oublier, quand même un truc un peu à vous reprocher avant de vous poser ma question.
Il
y avait un communiste très célèbre quand j'étais petit qui lui aussi avait des versions de ses aventures en poche, en journal et tout, c'était pif, le chien. Et donc vous, un peu comme quand on va en Corée du Nord, les aventures de Kim Jong-un sont à chaque page, c'est vraiment... Mais alors, il y a un truc qui se passe autour de votre personne, je ne dirais pas que c'est un culte de la personnalité, mais enfin, vous vous aimez quand même plutôt bien, malgré le fait que vous soyez mal à l'aise dans l'hémicycle. C'est un
peu
comme dans tous les journaux municipaux, en quelque sorte. Il y a quand même des endroits où vous sortez plutôt à l'aise avec vous-même, je ne
vous
le reproche pas, mais parfois, ça vire un petit peu à l'obsession de soi, mais ça, c'était juste une parenthèse. Sur les questions de fond, donc votre discours n'est plus simplement pour moi un discours, j'ai l'impression même qu'il se détache d'une espèce de masse verbale qui est toujours la même depuis des années et des années, et à titre personnel, j'avoue que c
'est
la première fois que je vous entends, Olivier Besant-Snowu. Ma première question que j'ai posée, et je m'en excuse auprès de Laurent, j'ai trouvé ça redondant et je suis obligé de vous le reposer à vous-même, est-ce que tu
n'as
pas l'impression que la marmite dont vous parliez tout à l'heure, elle est recouverte par un couvercle qui n
'est
plus véritablement légitime aujourd'hui,
qui
est celui de Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que Jean-Luc Mélenchon ne vous empêche pas d'être un peu plus vous-même que vous le mériteriez ? – Mon souci aujourd'hui, c'est Macron, ce n
'est
pas Mélenchon.
– Non, mais je vous dis ça parce qu
'attendez, je vous donne un exemple concret. Les cheminots, il a essayé de se mêler aux cheminots, les cheminots, en tout cas certains syndicats de cheminots l'ont sifflé, le responsable de la CGT, Philippe Martinez, n'en peut plus de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'il n
'y
a pas
une
sorte de vice de forme maintenant
à
la gauche de la gauche qui est qu'elle n'est plus entendue à cause de cette caricature-là, on ne sait plus vraiment ce qu'il incarne, tantôt il veut y aller, tantôt il ne
veut
plus, tantôt il est calme, tantôt il pique des colères, tantôt il est trop présent, tantôt il est trop absent, il n
'est
plus lisible. Quoi qu'il fasse, il a tort.
Oui, en fait c'est ça.
Mais je ne dis pas que quoi que vous fassiez, vous ayez raison, mais
est-ce que le
fait qu
'il
s'en aille définitivement ne
vous
permettrait pas d'avoir une sorte de page blanche ? Non, mais vous
savez, je vais vous dire pourquoi je suis avec Jean-Luc Mélenchon quand même, parce que je veux bien qu
'on
joue au jeu des sept différences, et je veux dire, entre quelqu'un qui a
été
au Parti Socialiste pendant 30 ans, qui a été trotskiste, et moi qui n
'ai
jamais été dans aucun parti, qui a peut
-être
des habitudes un peu libertaires comme ça, il est évident que les différences, vous allez en trouver, vous allez en trouver un paquet, que même armée de potes au feu, je ne sais pas trop ce qu'il en pense. Vous voyez, c'est bon. Donc bon, maintenant... Par exemple, vous n'en parlez pas avec lui ? Bah si, enfin on échange, voilà, mais j'espère qu'il appellera à soutenir ça. Mais ce qui nous rapproche, quand même, c'est quand même, il
y
a une base, c'est que Jean-Luc Mélenchon est l'homme qui a remis notre gauche debout. Oui, une fois que c'est dit, vous pouvez passer à autre chose. Non, mais attendez, ce n
'est
pas rien comme bilan aujourd'hui. D'avoir, on pourrait être entre l'atomisation de l'extrême gauche et l'atomisation du Parti Socialiste, ce
n'est
rien à voir. Et aujourd'hui, on a ça qui est debout. Et on peut... Et ce n'est pas rien. Et la deuxième chose, c'est sur quelle jambe il a remis cette gauche debout ? Il a remis cette gauche debout sur deux jambes, qui est la première jambe, c
'est
l'écologie, et la deuxième jambe, c'est le social. Et aucune de ces deux jambes ne met étrangère. Et par ailleurs, avec un fort contenu protectionnisme, moi,
je
suis
partisan... Oui, mais une forme d'outrance chez lui, qui fait que... D'ailleurs, vous savez, vous n'êtes pas si original que ça. Il y
a
un moment de l'histoire de France qui était tout à fait similaire, entre février et juin 1848, où il y avait, comme ça, la gauche et la gauche qui étaient représentés. Il y avait Louis Blanc, il y avait Blanqui, il y avait Barbès. Et Blanqui a empêché, en fait, que les choses se fassent par son outrance et par son illisibilité. Et j'ai l'impression qu'il est un peu votre Blanqui aujourd'hui. La révolution à laquelle vous aspirez, il vous empêche de la faire parce qu'il est tout le temps dedans, mais qu'elle n'aboutit à rien. Moi, je ne
sais
pas. En
tout cas, je vais vous dire, moi, d'abord, je redoutais d'appartenir à un groupe. Simplement parce que je suis un individualiste incurable, quelque part, et ce n
'est
pas bien.
Un
insoumis chez les insoumis.
Oui, non, mais c'est bien. C'est très bien.
Je ne dis pas ça pour... Mais je suis... Voilà, j'ai fait mon journal pendant 18 ans. Ça, c'est mon journal de député. Ce n
'est
pas mon vrai journal.
Ce
n'est pas Fakir. Donc, j'ai fait mon journal pendant 18 ans. J'ai fait mon film. Oui, mon, mon, mon, certes. Voilà, il y a... Je pense... Vous savez que, y compris les choses politiques, on ne les fait pas sans une part d'égo. Et il vaut mieux être lucide sur cette part d'égo que la nier, la mettre de côté et faire comme si elle n'existait pas et puis ça pourrit dans un coin. Je suis prêt à admettre que dans toutes les aventures que je lance, il y a une part sans doute d'égo. Il y
a
une part de désir d'expression de soi. Il y a tout ça. Vous suivez une psychanalyse
? Non, pas du tout.
Il
y a un problème
avec ça. Non,
mais en tout cas, c'est vrai que c'est rare d
'entendre
ça. C
'est pour ça que je lui posais la question. Non, mais je pense qu'il faut être lucide sur ce qu'on est parce que ça permet d'avancer plus tranquillement et plus... Voilà. Bon. Mais moi, je m'attendais à être bridé dans un groupe. Je m'attendais à ne pas être bien, franchement.
Et on
ne m'a jamais emmerdé. J'ai déposé des amendements qui sont des amendements aussi tordus. J'ai déposé un amendement comme quoi je demandais à ce que les ministres fassent un stage en vente de meilleurs ministres. Par exemple, le ministre de la Justice, elle ferait un stage en prison. J'ai déposé des amendements qui ne sont pas si tordus que ça, mais sur la demande de parité sociale dans l'hémicycle, à savoir qu'aujourd'hui, on a un ouvrier et encore sur 577 députés, la parité de genre, c'est bien, mais peut-être qu'on peut aller plus loin et proposer d'aller vers de la parité sociale. J
'en
ai d'autres exemples qui sont intéressants dans votre journal de députés sur les radars. Les recettes issues des amendes payées, en plus d'autant que la vitesse va peut-être être limitée à 80 km heure au lieu de 90. Donc les radars vont encore normalement gagner plus d'argent. Pas les radars eux-mêmes, mais l'État en tout cas. Et vous dites que les recettes issues des amendes payées par les automobilistes doivent servir à développer les transports en commun. Ça paraît tellement évident et voilà, d'amendements qui devraient être adoptés et votés par tous.
Oui, mais bon, voilà, j'en ai déposé un paquet. Ça,
je
ne
crois
pas qu
'il
soit du groupe celui-là. Mais j'en ai déposé un paquet. Là, sur la SNCF,
j
'ai déposé par exemple qu'il fallait qu'il
y
ait 1000 kilomètres. C'est une promesse de campagne que j'avais faite. 1000 kilomètres de train gratuit pour tout le monde. Chaque Français a le droit à... En gros, ça fait un aller-retour à la mer. C'était un truc du Fonds populaire. Donc, on reprend
ça.
Et quand vous les déposez, vous savez que ça ne sert à rien ou pas ? Oui, je sais que ça n
'a
aucune chance d'être... Donc
vous vous avez musé à les
déposer.
Mais c'est bien
dommage.
Je m'amuse. Je vais vous dire, c'est toujours la même chose. C'est la fonction de tribune. D'abord, on s'entraîne. Là, j
'ai
l'impression de taper contre un mur. Mais il
y
a un internaute qui, sur Facebook, m
'a
dit, c'est comme ça qu'on s'entraîne au tennis en tapant contre le mur. Moi, j
'ai
le mur d'En Marche. Je tape dessus. Je m'entraîne. Je ne
sais
pas ce qu'il y
a.
Un jour, peut-être qu'on aura le pouvoir, mais je me serai entraîné avant de
l'avoir sur le mur d'En
Marche.
On
revient à Christine. Et donc, voilà.
Et
sur aucun amendement, sur aucun choix que j'ai fait et puis tout ça, il y
a
Mélenchon qui est venu me tirer par l'oreille et on peut dire, bon ben, je veux dire, c'est une liberté qui est immense. Qui est immense aussi, peut-être parce qu'on a tellement de boulot qu'on n
'a
pas le temps de regarder ce que les autres y font à côté des fois. Mais voilà. Donc, j'apprécie au contraire la marge de liberté. Ma frustration à l'Assemblée nationale n'est pas celle-là. Elle est qu'il n
'y
ait pas, par exemple, de vraie discussion sur un amendement. Non seulement l'amendement ne passe pas, mais en plus, le débat, il y a plus de débats ce soir. Ici, on n'est pas couché. C'est
pour ça que vous avez dit qu'après votre
film,
vous
auriez préféré avoir une émission de grande écoute ou d'être député. Mais c'est vrai. Mais je constate que finalement, il y a une censure médiatique qui existe. C'est un espèce de plafond de verre.
C
'est
-à
-dire que je pense que finalement, après mon film, il y a des gens de la télé...
Tous ceux qui
sont dans ce fauteuil et qui ont vos idées nous disent à chaque fois qu'ils sont censurés à la télé.
Non, mais
je ne dis pas que je suis censuré de cette manière. Je dis que le mec, il fait 600 000 entrées avec trois rouleaux de scotch et un bout de ficelle. Un fonctionnement médiatique normal, c'est peut-être qu'il y a quelqu'un dans une chaîne de télé qui dit, bon, ce gars-là, on peut peut-être essayer de lui donner une émission puis voir un peu ce que ça donne. C'est ce qui est arrivé à Michael Moore aux États-Unis quand il a fait TV Nation et The Offer Truth qui étaient deux formidables émissions. Voilà. Bon, la proposition ne m'a pas été faite. On m'a proposé de faire des tas de bouquins. Et je disais aux éditeurs, mais attendez, vous savez que
j
'ai fait un film, je n
'ai
pas fait des bouquins. Donc vous voyez. Et là, je pense qu'il
y a
un effet de plafond de verre. Et peut-être que si j'avais eu... Vous notez, Laurent, il veut faire de la télé.
Oui, oui. Parce que la place
est bientôt libre ici.
Ça vous
intéresse ?
La place est bientôt libre
ici. Bon, là, maintenant, j'y suis, j'y reste. Pour 5 ans... On
verra dans 5 ans.
J'ai assez embêté le monde dans mon coin pour qu'il me porte et puis qu'on fasse une campagne de fou pour gagner le siège que je ne
vais
pas le lâcher maintenant. Christine Angot. En tout cas, et là, vous venez de le dire clairement, le fondement de ce qui vous intéresse, c'est le reportage, c'est écrire, c'est décrire,
c
'est donc une sorte de chose de journalisme
que
vous pourriez faire à la télévision que vous avez fait par écrit
et
que vous faites à l'Assemblée nationale. Et là, vous nous avez demandé par une lettre, moi, j'ai reçu une petite lettre, Madame Angot, je serai reçue ce jeudi soir, etc., en nous demandant de nous intéresser à certaines choses que vous aviez publiées. Et notamment, j'ai lu... Vous parlez du burn-out beaucoup et aussi de la société de service.
On
peut citer ce rapport sur le burn-out visant à faire reconnaître comme maladie professionnelle les pathologies psychiques résultant de l'épuisement professionnel.
Mais c'est de ça que je voudrais parler parce que là,
il
y a quelque chose, ce n'est pas directement le burn-out,
c
'est autre chose. Vous parlez de société de service, tout le monde dit oui, société de service. Et puis vous dites, méfions-nous que cette société de service ne soit pas une société de servitude avec le retour des serfs et des servantes, des bonniches, dites-vous. Je ne
suis
pas sûre que le terme, quand même, ça accroche, mais sous un nouveau visage, sous un autre nom, plus moderne, plus acceptable, etc. Et donc, forcément, ça,
c
'est quand même très intéressant ce que vous pointez là parce que, évidemment, que
ça
nous concerne. Alors, vous parlez de Michael Moore, mais enfin, il y a un cinéaste qui n'est pas activiste comme ça, mais qui est très politique, qui est Ken Loach, qui a fait un film comme Daniel Blake, mais qui a aussi, donc sur l'exploitation dans l'entreprise, etc., en Angleterre, mais qui a fait aussi depuis 30 ans des films comme Family Life où
il
est bien clair que la domination et l'exploitation n'est pas le lieu privilégié de l'entreprise, mais que ça se joue aussi dans la vie privée, dans la famille et dans toutes sortes de rapports. Donc,
ce
que je voudrais vous dire, c'est que la convergence des luttes
que
vous êtes plusieurs à appeler de vos voeux et qui a fonctionné en 68, est-ce qu'elle n'a pas fonctionné parce qu'en 68 précisément, on n'a pas isolé d'un côté la souffrance au travail, la domination dans l'entreprise, on n'a pas mis ça d'un côté et de l'autre côté, les structures familiales et tout ça, ça c'est autre chose, ça ne nous intéresse pas.
Et est-ce que ce n'est pas pourquoi les bourgeois et les non-bourgeois ont pu ensemble se retrouver et très bien comprendre tous ce que c'était que d'être dominé parce qu'un bourgeois peut aussi le savoir, figurez-vous, alors que là, d'une certaine façon, on est dans les riches contre les pauvres et dans un truc social assez classique qui fera que ça sera un peu difficile peut-être d'arriver à une convergence des luttes
ou
alors que c'est très certainement qu'il faudrait arriver à trouver le point commun par lequel nous sommes tous en difficulté dans cette histoire de domination par l'argent en effet, mais aussi dans la structure familiale et pas seulement dans l'entreprise. J'entends bien qu'il
y a
des formes de domination différentes. Maintenant, je me demande si ce qui n'est pas à sauver, c'est l'humanisme. C'est-à-dire qu'on en soit réduit à une forme de fonctionnalisme, à occuper les fonctions dans la société et qu'à la place que ce soit l'humain qui décide, ce sont des logiques économiques et technologiques qui prennent le dessus sur vous. Et je le dis, je parlais tout à l'heure du projet sur la SNCF où il n
'y a
pas de finalité humaine qui sont poursuivies derrière et c'est une pure finalité de concurrence. Mais si on regarde ce qui se passe chez les étudiants, la sélection à l'université, c'est quoi ? C'est le désir de rendre les gens le plus adaptés, le plus rapidement productifs possible, les mettre dans une case. Alors que, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, quand j'ai été étudiant,
j
'ai été autorisé à avoir un droit à l'errance, une tentative des échecs, pouvoir lancer Fakir, ainsi de suite. Et je me demande si, plutôt que de demander aux jeunes de rentrer le plus vite possible dans une case, par exemple, il ne faudrait pas se dire, ben voilà, jusqu'à 25 ans, en effet, tu as le droit d'essayer des trucs et tu
as
le droit de te planter.
Que
jusqu'à 25 ans ? Non, mais je ne
sais
pas, moi, tu vois, l'amendement, ça sera jusqu'à 26, 27 ans, vous viendrez le rédiger avec moi si vous voulez. Et de la même manière, je pense que dans les entreprises, c'est quelque chose qui est vécu de manière constante par les salariés, c'est que ce n
'est
pas l'entreprise qui doit s'adapter aux besoins des salariés, mais c'est en permanence l'adaptation, l'adaptation, l'adaptation, c'est l'adaptation des salariés aux besoins de
l
'entreprise en termes d'horaire, en termes de à peu près tout, de fonctions à l'intérieur de
l
'entreprise. Et donc je me demande si le point commun à tout ça, ça ne serait pas le désir de faire péter un peu ce carcan où on demande que l'humain s'adapte en permanence à la technologie et à l'économie plutôt que l'inverse. Oui, mais alors pour ça,
il
faudrait une chose qui ne se passe pas du tout maintenant et pas non plus à la France insoumise. Moi, je pensais, parce que j'ai revu l'autre jour,
je
ne
sais
pas si vous avez ça en mémoire quand Gainsbourg a brûlé un billet de 500
francs
sur le plateau 7 sur 7 Anne Sinclair. Vous l'avez vu cette séquence ? Oui, je l
'ai
en mémoire. Bon, alors voilà. Donc on a tous vu
cette
séquence. Et donc vous voulez que je brûle des billets à
l'Assemblée nationale ?
Non, mais
pourquoi
pas ? Mais ce qui se passe dans cette séquence est extraordinaire. C'est-à-dire qu'il est dans deux choses à la fois. Il arrive à être dans deux choses à la fois. À savoir, dans une espèce d'illustration comme ça de son billet une fois qu'il a payé ses impôts. Voilà ce qu'il en reste. Donc il prend son briquet, il allume. Et donc pour parler d'un tout petit truc de technique fiscale, il brûle son billet et en même temps, donc il fait un truc de riche. Voyez, moi je paye tout ça d'impôts et tout ça. Regardez, on me brûle tout ça. Mais en même temps, il n'en prend quand même pas moins un billet. Et c'est ça évidemment qui a choqué tout le monde. Et il brûle l'argent.
Et
c'est ça qui a choqué. Alors que finalement, quand on est dans, oui, les cases, etc. Et au fond, l'entreprise, etc. On respecte quand même l'argent. On conteste ceux qui en ont mais on continue de le respecter. Oui,
mais
vous savez, moi je veux bien ne pas respecter l'argent. Mais ça c'est une possibilité qui est donnée à ceux qui en ont. Moi je peux dire que je l'ai fait, le côté Gainsbourg. Je peux gagner 5 800 euros à l'Assemblée nationale et je choisis de me mettre au SMIC. Donc c'est bon. Mais c'est pas le problème. Ce n
'est
pas une mise en cause de vous ? Mais c'est pas le problème. Vous ne
pouvez
pas demander à des gens qui ont des difficultés financières d'en plus se mettre à brûler des
billets. Mais je ne
demande pas aux gens. C'est une question de respect.
C
'est vrai que vous
pouvez revenir sur cette histoire.
Non, parce que ça ne m'intéresse pas plus que ça. Moi je sais pourquoi je l'ai fait. Je l
'ai
fait parce que je ne voulais pas qu
'on
dise que je faisais ça pour le pognon. Mais c'est un luxe que j'ai parce que j'ai gagné de
l
'argent avec mon film, moi. Donc je ne vais pas mettre ça en disant que les autres doivent faire comme moi. Donc voilà. C
'est un
luxe que
j
'ai.
Ce luxe de ne pas avoir besoin du salaire de député. Philippe Seigneur, ça a besoin d'un briquet. Non, vous n'allez pas le faire
ce soir. Pas forcément.
Non, ça a été fait une fois pour
toutes.
Voilà.
Parfait. Très
bien.
Il range son billet.
Vous
baladez avec des billets de 500 euros vous.
50.
C'est 50. Ah bon, parce que j'ai eu peur.
Je
ne
sais
même pas si ça existe. Il a vu
500 et il a vu que j'étais en montée financière.
Bravo. Peut-être après
la vente de vos livres. Parlons de
ceux justement qui ont besoin d'argent et qui sont ce soir sur ce plateau et qui ont besoin de défendre leur position sociale. Je sais que vous êtes venu avec différents...
C
'est très vrai ce qu'il dit quand même. Pardon ? C'est très vrai ce qu
'il
dit. Personne ne dit le contraire. Ruffin, c'est très vrai tout ce qu'il dit. Mais c'est plutôt ce qu'on dit aussi. On l'écoute d'ailleurs. Mais vous aviez envie si ce n'est de donner la parole en tout cas de parler de ceux qui vous ont accompagné ce soir.
Moi, mon objectif,
c
'est de
parler
pour et des fois laisser la parole mais aussi de donner des visages à des...
On
peut le faire sur une ou deux personnes si vous voulez. Donner des visages et des combats. Donc c'est vrai que moi, j'ai choisi de venir avec des gens sur ce plateau. On a un salarié de la SNCF, Alexandre, qui est salarié...
Venez ici, monsieur.
Venez derrière François Ruffin.
Donc, Alexandre est cheminot et il est à la CGT. Il est à Melun. Pour dire, parce qu'il y a des fantasmes sur comment vivent les cheminots et tout ça. J'ai discuté deux minutes. Enfin, on se connaît un petit peu. Il est guiché à la gare de Melun. En comptant tous les avantages qu'il a, il a 1 800 euros par mois net. Voilà ce qui touche après des années d'ancienneté. Il sait d'ores et déjà qu'il partira à la retraite à 64 ans et non pas avant. et il sait qu'il touchera entre 1 100 et 1 200 euros. Voilà. À la
retraite.
À la retraite. À la retraite qu'il touchera entre 1 100 et 1 200 euros. Voilà ce qu'on veut nous vendre comme étant le statut à abattre. Moi, on verra avec les personnes après. Je
résume.
Ce que vous voulez dire, c'est
que
ce monsieur n'est pas un
privilégié.
Mais mon objectif,
c
'est pas... Pourquoi il se bagarre ? Il se bagarre. Je vais le laisser après, mais il se bagarre pour deux raisons. C'est 1. Il a déjà été licencié de boîte avant. Il ne
s
'agit pas lui-même. Vas-y, vas-y, vas-y.
Moi, ça fait 5 ans que je suis à la SNCF.
Je
suis rentré après 30 ans, donc je ne suis pas au statut. Donc, quand on rentre au-delà du statut,
on
rentre avec un salaire qui est calculé par rapport à l'âge qu'on a, par rapport à l'ancienneté si on était embauché à 18 ans. Donc, aujourd'hui, un collègue qui aurait la même ancienneté, qui aurait eu la chance d'évoluer
tous
les 3 ans, aurait le même salaire que moi. Sauf qu'aujourd'hui, à la SNCF, ce n'est plus vrai. Le statut, aujourd'hui, je défie n'importe qui de me dire quels sont nos avantages. Parce que même l'emploi à vie, ça n'existe pas à la SNCF. Je suis représentant du personnel, comme disait François, et je peux vous dire que des conseils de discipline avec licenciement pour des gens qui sont au statut, ça existe. Alors, effectivement, la seule chose pour une personne qui est au statut, il est protégé du licenciement économique. Maintenant, moi, pour ma part, pour expliquer mon salaire, effectivement, 1800 euros
net parce
que je suis agent de réserve. Ça veut dire que je n
'ai
pas d'horaire fixe. Tu n
'as
pas à t'expliquer sur un salaire de 1800 euros. Non, non, mais vraiment. Non,
mais
aujourd'hui, on a l'impression qu'à la SNCF, on gagne des mille et des cents pour faire, excusez-moi du terme, pour rien foutre.
C
'est ce qu'on essaye de nous vendre à la télé. On essaye de nous dire que le cheminot est un feignant. Le cheminot n'est pas un feignant. Le cheminot, il se lève à 3 heures du matin comme la plupart des Français
Personne ne le croit, vous savez, que
les cheminots On n'a jamais entendu nulle part que le
cheminot était feignant.
Personne ne le
croit
que ce sont des qui sont des
postulats pour raisonner, mais comme le postulat est fou, le raisonnement est bizarre parce que je n
'ai
jamais entendu à la télévision
qui compte dire que les cheminots sont feignants.
Ce sont des politiques qui disent ça. Mais les gens savent
très bien que ce n'est pas le
cas. Excusez-moi, mais ces politiques passent où aujourd'hui ? Ils passent dans les médias pour nous défoncer. Le Beijing cheminot, on en a eu le droit pendant plus de trois mois.
Sur
les privilégiés, oui, c'est vrai. D'accord.
Oui, mais ça ne passe pas, vous avez bien vu.
Aujourd'hui, l'opinion publique commence à comprendre que si aujourd'hui je fais grève
et
que je me permets de perdre 70 euros par jour de grève, c'est pour quoi ? Ce n
'est
pas pour mes droits.
C
'est pour aujourd'hui offrir aux usagers un service public de qualité et ce ne sera pas la privatisation qui va l'emmener. Pour une seule chose, c'est qu'on a vu ce que c'était la privatisation, excusez-moi,
je
n'ai pas l'habitude. Il n
'y
a pas de souci, il n
'y a
pas de souci. La privatisation, la privatisation, merci, ce n'est pas l'avenir du ferroviaire. Le
président de
la
République dit qu'il n
'y aura
pas de privatisation à la SNCF. On ouvre sur la concurrence sans privatisation.
Il compare
avec la Poste, d'ailleurs.
Il dit qu
'il n'y a
aucune privatisation à la SNCF, aucune.
Sauf qu'on peut se lancer dans les débats, mais quand on veut leur demander qu'ils nous mettent « incessible », que les parts de la SNCF soient incessibles, ils ne veulent pas rajouter « incessible
». Pourquoi
? Et qu
'est
-ce qu'on a vu ? On nous a dit la même chose sur le gaz,
on
nous a dit la même chose sur l'électricité, on nous a dit la même chose sur toutes les entreprises publiques. Alors, ce ne serait peut-être pas lui qui le fera directement, mais on sait quel est l'avenir de ça. Et moi, je dis, le deuxième truc, la deuxième cause sur laquelle, quand je t'ai interrogé, tu as dit « ben voilà, moi, j'ai déjà vécu un licenciement économique ». Je travaillais dans une boîte qui vendait des produits de nettoyage pour les professionnels. J'ai vécu un licenciement économique et je ne
veux
pas vivre ça une deuxième fois.
Et
ce que je veux dire,
c
'est que, vers quoi on veut aller ? On veut aller vers un truc où tout le monde doit avoir peur tout le temps, doit être dans une zone d'insécurité permanente en se demandant « mais qu'est-ce que je vais devenir demain ? Comment je vais nourrir ma famille ? Comment je vais nourrir mes gamins ? » On doit vivre sur cette peur-là.
J'ai bien compris ce qu'a dit Emmanuel Macron dans l'interview avec Jean-Pierre Pernod.
Il
disait que pour le statut des cheminots déjà embauchés, ça ne changerait strictement rien. C'est pour les nouveaux qui arrivent et les règles seront claires dès l'embauche. Non,
mais c'est sur le fond,
c
'est cette précarité dont vous parlez. La question, c'est quelle société on veut ? Est-ce qu'on veut une société
où il
n'y
a
plus de statut pour personne ? Là, vous avez des auxiliaires de vie sociale qui viennent de la Somme. Elles s'occupent des personnes âgées à leur domicile. Elles touchent 800 à 900 euros par mois, à peu près. On est dans ces eaux-là. Alors qu'elles ont des horaires coupés, pareil que les femmes de ménage, tôt le matin, tard le soir. Des horaires immenses. Et en plus, c'est le métier le plus mal payé de France. Et c'est néanmoins sur elles qu'on va aller gratter des économies parce que le département n
'a
plus de ronds et donc ils décident qu'on ne va plus leur rembourser les prêts de déplacement et ainsi de suite. Est-ce que c'est vers ça qu'on doit aller pour tout ? Est-ce que c'est vers ça qu'on doit aller pour tous les métiers populaires ? Il y a Zora. Zora, elle travaille chez Carrefour.
Tu
peux peut-être venir.
Elle travaille chez Carrefour.
On va faire déplacer Madame et puis ce sera le dernier exemple qu'on donnera.
Madame, elle travaille chez Carrefour. Demain, 2400 suppressions de postes. Alors que c
'est
Bernard Arnault l'actionnaire majoritaire, enfin principal en tout cas. Sa fortune a augmenté de 30 milliards d'euros les dernières. Je ne
vous
fais pas le sketch sur Bernard Arnault parce que je peux faire long là-dessus. Mais est-ce que l'objectif qu'on a... Je les ai mis cote à cote parce que mon objectif c
'est
qu
'ils
soient cote à cote dans les manifs. Il y a aussi des gens qui viennent pour défendre une école dans la Somme à Vignacourt parce qu'on a défendu des écoles dans tous les coins des campagnes et tout ça. Mon objectif c'est de se demander est-ce que l'objectif c
'est d
'être divisé et de dire ah bah monsieur il a de la chance parce qu'il a la SNCF par rapport à madame et donc il faut ramener le statut de la SNCF au statut de chez Carrefour où il faut se demander si toutes ces personnes-là elles vont se mettre cote à cote pas seulement dans le public mais de manière active dans la rue et ainsi de suite pour se dire bon on va arrêter de regarder vers le bas. On
va regarder vers l'eau. Et quand la
République donne pour la SNCF l'exemple de l'Allemagne où il dit qu'en fait l'ouverture à la concurrence a fait en sorte que les usagers étaient plus satisfaits et que ça a déclenché une croissance supérieure à celle de la France ne serait-ce que pour ce facteur-là qu'est-ce que vous voulez le rétorquer ? Rapport Spinetta
qui
inspire réforme ferroviaire
le
prix moyen en France des billets est de 7,8 euros pour 100 kilomètres contre 29 euros au Danemark 28,6 24 en Autriche l'Italie et l'Allemagne ont également des tarifs plus élevés est-ce que c'est ça qu'on veut
?
C
'est-à-dire là oui mais s'il
y a
un déficit de la SNCF que le contribuable remplit Mais non je reprends les
arguments que j'ai entendu dans l'histoire de...
Moi je veux sortir là je vous apporte des arguments sur la SNCF je vous dis est-ce que les usagers veulent un triplement du prix du billet parce que c'est ce qu
'il
y
a
dans le rapport Spinetta sur certaines lignes c'est ce vers quoi on risque d'aller mais je veux sortir de ce débat-là moi je dis aujourd'hui qu'est-ce qu'on veut pour notamment les classes populaires de ce pays qu'est-ce qu'on veut pour les ouvriers et les employés on veut une concurrence permanente des individus les uns contre les autres on veut une guerre de chacun contre soi ou bien on se dit bon
on
a le droit de respirer dans la vie on a le droit de ne
pas
se demander comment on va nourrir sa famille qu'est-ce qu'on va devenir l'année prochaine et ainsi de suite est-ce qu'on veut qu'il n
'y
ait plus de statut pour personne ou au contraire est-ce qu'on veut qu'il y ait un statut pour tout le monde moi je me bagarre pour qu'il y
ait
un statut pour tout le monde je me bagarre pour que madame elle ne soit pas sous une menace d'un licenciement parce que le groupe de Bernard Arnault a décidé qu'il fallait aller tirer des dividendes pour que les auxiliaires de vie sociale elles puissent vivre correctement en s'interrogeant sur si elles vont devenir le lendemain je crois que
c
'est
faites
quoi chez Carrefour madame on va la laisser parler peut-être un peu madame alors
moi je suis déléguée syndicale chez Carrefour donc aujourd'hui je pense que vous avez tous entendu parler de la grève nationale des magasins et du groupe Hyper, Proxy et Market pourquoi ? parce qu'aujourd'hui les salariés effectivement ils en ont marre parce qu'on a des conditions de travail qui deviennent de pire en pire dans la grande distribution dans sa généralité c'est pas uniquement chez Carrefour mais c'est dans la grande distribution aussi
vous
avez tous vu les reportages de Lidl et autres Carrefour n'est pas non plus la boîte à rêve qu'on peut penser on a des salaires de misère vous avez une caissière en temps plein quand il y en a parce que les 35 heures sont de plus en plus rares dans l'enseigne chez Carrefour c'est de plus en plus rare qui est quand même Carrefour qui est comme le premier employeur privé de France qui est quand même un gros groupe et aujourd'hui le salaire des caissières en temps plein vous gagnez à peu près net entre 1200 et 1300 euros je ne
sais
plus exactement les salaires voilà donc quand vous avez effectivement une caissière qui doit payer un loyer de 600 euros qui doit payer derrière peut-être la garde de ses enfants parce que il faut savoir qu'on commence le matin à 8h30 pour les caissières ou pour les gens des rayons peu importe les gens des rayons peuvent commencer à 3h du matin parce qu'on a du travail de nuit aussi chez Carrefour pour remplir les rayons donc on peut commencer à 3h du matin il faut garder l'enfant il va falloir l'emmener à la crèche il va falloir tout ça éventuellement à l'école ou autre donc aujourd'hui il faut payer aussi le nounou et aujourd'hui rien que pour vivre c'est très compliqué avec les salaires que les salariés peuvent avoir dans cet enseigne-là
mais
au-delà de ça les conditions de travail sont de pire en pire
et
à cela c'est ajouté et dont aujourd'hui on a été en grève sur le 31 mars c'est que on voit les dividendes qui ont été reversés aujourd'hui aux actionnaires 356 millions reversés aux actionnaires sur la participation que normalement touchaient avant les salariés ils touchaient environ à peu près 800-900 euros aujourd'hui on leur a donné 57 euros vous imaginez le mépris
que
ça a laissé aux salariés ça a été la goutte qui a fait déborder le vase
on
a déjà des salaires très bas
et
c'est d'abord là la première effectivement la première lutte parce qu'aujourd'hui le problème qu'on a c'est
effectivement
c'est de se dire qu'avant on devait travailler pour vivre d'accord mais aujourd'hui on vit pour travailler on passe notre journée au boulot du matin au soir avec effectivement des coupures des voilà et effectivement ça impacte sur la vie privée parce qu'aujourd'hui on passe notre journée au travail et bientôt c'est les dimanches parce qu'effectivement les dimanches maintenant on veut ouvrir les dimanches dans notre enseigne on a déjà commencé il
y a
21 magasins qui ouvrent les dimanches mais on va vivre quand nous les salariés déjà on n
'a
pas beaucoup d'argent mais on va vivre quand c'est ça la question on vit quand on passe notre vie pour donner de l'argent à des actionnaires qui ne respectent même plus qui n'a même pas le respect de nous reverser au moins ce que nous produisons parce que ce sont nous les salariés les créateurs de richesses c'est nous qui faisons en sorte que Carrefour il y
a
de l'argent et aujourd'hui on ne peut pas nous le reverser ou au moins avoir une équité dans le reversement des richesses c'est pas possible les salariés ils en ont ras le bol parce qu
'ils
subissent tous les jours dans les magasins éventuellement sur les conditions de travail sur le temps de travail et en plus des salaires qui sont minables parce que si on était vraiment bien payé on n'attendrait pas d'avoir 57 euros c'est ça le problème aujourd'hui donc dans cette société là il y en a marre de ça que les gens s'en mettent plein les poches et que nous avec notre travail et c'est ce qu'on fait gagner de l'argent à ces gens là qui vont peut-être faire de je ne sais pas prendre des vacances dans les yos dans les machins dans ce que vous voulez mais aujourd'hui il y en a ras le bol de ça et c'est pour ça qu'on est là pour dénoncer tout ça on en a marre que les riches en profitent sur notre dos parce que c'est ça le problème aujourd'hui
le discours est passé
on
va conclure François Ruffin
à
moins que
Yann et Christine et une dernière question alors très très rapidement qu'est-ce qui reste de mai 68 pour vous en deux mots
parce
que c'est les 50 ans d'abord moi c'est pas dans c'est pas ma date fétiche dans l'histoire de
France
je vous dis ça parce que ça ne vous a pas échappé que dans les universités françaises en ce moment il y a un petit rival
bon
moi j'espère que ce qui va se passer dans le mouvement étudiant j'espère qu'on va mettre tout le monde côte à côte pour aller vous savez ce qu'il y
a
de pire c'est pas forcément le chômage c'est pas forcément les salaires évidemment c'est terrible mais c'est un vaste sentiment d'impuissance qu'on a aujourd'hui et comme s'il y avait l'impossibilité de reprendre en main
notre destin commun c
'est
pas un hasard si le président Macron avait pensé à un moment commémorer officiellement mai 68 c
'était pour l'enterrer on
va le commémorer le plus officieusement et le plus grandement possible c
'est plus dans l'esprit
Christine
? non
mais moi je veux rien dire de plus après la parole de la dame qui a parlé d'une part et d'autre part je ne veux surtout rien dire de plus après ce que vous venez de dire là sur ce sentiment d'impuissance parce que je pense qu'après tout ce que vous avez dit et ce qu'on a dit là tous ensemble je pense que c'est ça la parole
qui
au moins je pense que cette parole là pourrait être entendue par Emmanuel Macron c'est à dire ce sentiment d'impuissance qui est largement partagé
et
qui est le contraire de la puissance justement dont il est heureux de jouir et par les décisions qui sont prises actuellement et je trouve que de dire ça sentiment d'impuissance je comprends très bien et tout le monde peut comprendre ça
je
peux faire un dernier un
dernier mot
je fais un dernier truc que je fais partout y compris quand je suis entouré de conseillers régionaux de conseillers départementaux et ça surprend un peu un seul mettre guitare électrique je vais l'essayer je vais l
'essayer je vais l
'essayer le soir pour les cheminots pour les carcours pour les AVS pour les écoles debout et pour les étudiants à tic à tic à tic
et
bien voilà c'est fait merci d'être venu non on n
'est
pas touché François Routin
on
est bien dans les vues merci à vous n'oubliez pas vos affaires ne prenez pas les miennes
par
là