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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 2 juillet 2022 25 min

Plainte contre Damien Abad, remaniement, place de LFI à l'Assemblée... le "8h30 franceinfo" de Prisca Thevenot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Myriam Ancawa, bonjour.

0:06
Invité

Bonjour Hercine, bonjour à tous.

0:07
Présentateur

Notre invitée ce matin est une nouvelle députée Renaissance, le nouveau nom de La République En Marche, députée des Hauts-de-Seine, porte-parole du parti présidentiel Priska Thévenot. Bonjour.

0:17
Prisca Thevenot

Bonjour à tous.

0:18
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Alors, dans la constitution du gouvernement qui est en cours, l'idée au départ à l'Assemblée nationale était de trouver une coalition qui permette d'avoir une majorité absolue. Manifestement, ça ne sera pas le cas. Elisabeth Borne a passé la semaine à consulter les chefs de parti, les groupes parlementaires. Personne ne veut travailler avec elle. C'est une semaine de perdu ?

0:45
Prisca Thevenot

Non, il n'y a aucune semaine de perdu quand il s'agit de travailler et d'essayer de travailler ensemble. Je me permettrais de revenir sur votre phrase, s'il ne s'agissait pas de l'idée du gouvernement ou de l'idée d'une personne ou d'une autre personne, mais d'une demande, celle de l'ensemble des Français qui nous ont adressés au cours des élections législatives. Les Français ont permis de mettre la proportionnelle à l'Assemblée nationale de fait, et nous devons nous en satisfaire, nous devons respecter ce choix.

Et donc cette volonté de proportionnelle appelle à une demande de débat, de débat sur la base de socles communs qui sont nos valeurs républicaines, mais avec des nuances, les nuances politiques, que l'ensemble des groupes représentent. Et donc cette coalition, ce n'est pas simplement une idée en l'air, c'est une idée de concret, une idée d'action, une volonté de faire.

1:29
Invité

En tout cas, sur un pacte de gouvernement, c'est non pour toutes les formations. Eh bien, nous pouvons avancer... Sur un contrat de gouvernement global, aucune formation n'a dit oui.

1:37
Prisca Thevenot

Alors, aucune formation globale ne s'est prononcée de manière explicitement favorable. Maintenant, les individualités que nous sommes à l'Assemblée nationale, et quand je dis nous, c'est 577 députés, il y a des volontés de faire. Il y a des volontés de faire, peut-être projet par projet, sujet par sujet.

1:53
Invité

Alors, il y a un remaniement très attendu dans les tout prochains jours. Elisabeth Borne doit l'annoncer avec, évidemment, le premier secrétaire, le secrétaire général de l'Élysée, probablement lundi ou mardi. Est-ce que vous souhaitez, sans contrat de coalition, mais voir rentrer des personnalités qui ne soient pas de votre famille politique dans la nouvelle équipe ?

2:15
Prisca Thevenot

Ce que je souhaite surtout, c'est que nous ne soyons pas simplement dans un casting de tes réalités pour faire beau. Il ne s'agit plus de ça. Il s'agit d'avoir une équipe unie et soudée, bien évidemment avec des différences, et je le souhaite, qu'il y ait peut-être un peu plus d'élargissement, toujours plus d'élargissement.

2:29
Invité

À droite ou à gauche ? Élargir à droite ou à gauche ?

2:32
Prisca Thevenot

À voir. Encore une fois, je ne suis pas sûre qu'il s'agisse de dire qu'on va faire à droite par ici, il ne s'agit pas de faire des mathématiques, mais de la politique. Donc oui, élargissons, élargissons encore une fois sur le principe d'un socle commun, restons dans la droite ligne de nos valeurs républicaines, mais mettons de la nuance.

2:48
Présentateur

Sur quelle base ? Quel projet ? Quelles idées ?

2:51
Prisca Thevenot

Alors le projet qui a été élu, et ça on va le redire, effectivement c'est important, c'est celui du président de la République. Le président de la République, Emmanuel Macron, a été élu aux élections présidentielles. Maintenant, ce sont les modalités de mise en œuvre de ce projet, les nuances qui pourront être apportées pour enrichir ce projet, et non pas le déshabiller. Et donc c'est pour ça que j'insiste sur mettre en place, non pas simplement un casting, mais une équipe.

3:14
Invité

Oui, alors il y a des noms qui circulent, on verra les majorités sur le pouvoir d'achat, que vous pourrez trouver mesure par mesure, texte par texte. On va en parler tout à l'heure. Il y a des noms qui circulent, l'urgentiste Philippe Juvin par exemple, député Les Républicains qui vient d'être élu comme vous. Bonne idée ?

3:30
Prisca Thevenot

Alors oui, effectivement, il est élu comme moi, il est dans le même département que moi. Nous avons d'ailleurs pu échanger au cours de ces premières semaines à l'Assemblée nationale. Je ne sais pas si c'est à moi de dire si c'est une bonne idée ou pas. Vous pouvez avoir un avis. Je pense qu'il faut regarder les compétences des uns et des autres, plus que l'étiquette politique en l'occurrence ici. Effectivement, Philippe Juvin est un médecin, est un médecin reconnu. Maintenant, l'enjeu aussi est de s'inscrire dans une équipe. Ça tombe bien puisqu'il faut remplacer le ministre de la Santé.

3:56
Invité

Oui, c'est pour ça que je dis encore une fois. Il y a Elie Jadot par exemple, son nom revient également. Là, on est sur la gauche.

4:02
Prisca Thevenot

De la même façon, il y a les compétences individuelles. Maintenant, ces compétences individuelles doivent s'inscrire dans une logique collective. Nous ne sommes pas dans un casting. Il ne s'agit pas de faire beau, il s'agit de faire. En revanche, le prochain gouvernement, avec ou sans Damien Abad ? Avec ou sans Damien Abad ? Vous voulez parler de façon très concrète des accusations et effectivement... Le parquet a ouvert une enquête après une nouvelle tentative de viol. Parlons-en franchement. Je pense qu'aujourd'hui, effectivement, la justice doit pouvoir se faire. Elle doit pouvoir se faire dans des tribunaux, pas sur des tribunaux médiatiques, mais des tribunaux tout court.

Je pense que Damien Abad doit avoir le temps de pouvoir assurer sa défense. Maintenant, la décision ne m'appartient pas. Ça, c'est mon avis.

4:44
Invité

Ça veut dire quoi, avoir le temps ? Ça veut dire que vous préférez qu'il se retire ?

4:47
Prisca Thevenot

Peut-être qu'il se consacre, mais ça ne veut pas dire que je...

4:50
Invité

Qu'il se consacre à sa défense et donc pas au gouvernement.

4:53
Prisca Thevenot

La question, là, nous rentrons dans une nouvelle phase. Effectivement, la justice a été saisie et ça, il faut l'entendre. Donc, pour que la justice puisse se faire, pour que toute la vérité puisse avoir lieu, d'une part comme de l'autre, ce n'est pas à moi de prononcer cela, eh bien, je pense qu'effectivement, chaque homme et chaque femme doit pouvoir avoir le temps de se consacrer pleinement à cela. quand nous savons que les urgences sur la santé pour nos professionnels, pour nos soignants, sont déjà présentées. D'ailleurs, la première ministre, Elisabeth Borne, s'est prononcée cette semaine sur ces sujets.

5:22
Présentateur

Politiquement, ce sont des profils quand même assez précis qui sont visiblement recherchés, des profils de négociateurs, de gens qui seront discutés, qui seront convaincres, puisqu'il va falloir le faire à chaque projet de loi. Ça va être un sacré changement.

5:35
Prisca Thevenot

Je ne suis pas sûre que sur les précédents quinquennats et de manière générale, les hommes, les femmes politiques, les responsables politiques qui étaient nommés, appelés à gouverner, n'avaient pas ce genre de profil.

5:49
Présentateur

Quand vous avez une majorité absolue, vous savez que les choses seront votées, ça nécessite moins.

5:55
Prisca Thevenot

Par exemple, sur le précédent quinquennat, je ne suis pas sûre que Gérald Darmanin, que Bruno Le Maire, que Sébastien Lecornu avaient fait à 100% campagne pour le président de la République à l'époque.

6:06
Invité

C'est drôle parce que vous citez au fond des personnalités politiques, des poids lourds politiques, et pas des technos. Il faut plus de politique dans la prochaine équipe, moins de technos.

6:16
Prisca Thevenot

Je pense que les deux ne sont pas opposés. Je pense qu'au contraire, il y a de temps en temps effectivement certains aspects d'une personnalité qui sont plus importants que l'autre. Mais parlons par exemple de Gérald Darmanin. Il est aujourd'hui ministre de l'Intérieur. Il a aussi été ministre à Bercy. Il a mis en place le prélèvement à la source. C'est quand même extrêmement techno, comme vous dites. Et pourtant, il l'a réussi. Et vous convenez, comme moi, que c'est aussi un homme politique de poids, comme vous voulez le dire.

6:41
Présentateur

Prisca Thévenot, invité du 830 France Info ce matin, député des Hauts-de-Seine, porte-parole du parti présidentiel. On se retrouve juste après le fil-info avec Yann Ferschit, 9h moins 20.

6:51
Invité

Des dizaines de vols à nouveau annulés à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, 1 sur 5 selon l'aviation civile. La grève des personnels d'aéroports de Paris se poursuit à la députée jeudi. Ils réclament des hausses de salaire. L'autre grand aéroport de la région parisienne, Orly, n'est lui pas affecté. Les 41 propositions de la mission flash sur les services des urgences, toutes retenues par la première ministre Elisabeth Borne, notamment les compléments de rémunération pour le travail de nuit et les majorations doublées pour les personnels soignants. Objectif parvenir à désengorger les hôpitaux au cours de l'été depuis fin mai.

120 services d'urgence ont été contraints de limiter leur activité faute de soignants partout en France. L'avocat d'André Santini dénonce une campagne de vengeance. Le maire UDI dissit les Moulineaux dans les Hauts-de-Seine et est visé par deux plaintes de deux employés de la mairie pour agression sexuelle et harcèlement sexuel et moral. Des plaintes actuellement à l'étude selon le parquet de Nanterre. Après la victoire du Belge, Yves Lampard sur la première étape du Tour de France. Hier, 202 kilomètres attendent les cyclistes samedi, dont 18 sur l'un des plus grands ponts d'Europe. Le départ sera donné à 12h35 de Roskilde, toujours au Danemark, direction Neuborg. France Info

8:02
Présentateur

Le 830 France Info, nous sommes avec Priska Thévenot qui est porte-parole du parti présidentiel Renaissance et toute nouvelle députée des Hauts-de-Seine. On évoquait le cas de Damien Abad. Cette enquête qui est maintenant ouverte par le parquet suite à une nouvelle plainte pour tentative de viol. Il y a par ailleurs des rumeurs de comportements suspects envers les femmes à propos d'Éric Coquerel, député insoumis, nouveau président de la commission des finances. Rumeurs relayées par la féministe Rocaïa Diallo. On va l'écouter ensemble. C'était chez nos confrères de RTL.

8:36
Invité

J'ai plusieurs sources au sein de LFI et j'ai entendu plusieurs fois des femmes parler du comportement qu'il aurait avec les femmes. Ce sont des choses qui reviennent de manière récurrente depuis plusieurs années. J'ai conscience du fait que ce soit des accusations mais je pense que pour un parti comme LFI qui quand même a dans ses statuts, dans ses positions politiques, l'idée que les femmes doivent être protégées. Je suis très étonnée de ce choix.

9:01
Présentateur

Prisca Thévenot, que pensez-vous de ce qu'on vient d'entendre là ? La France Insoumise dit qu'il n'y a pour le coup pas de plainte, pas de signalement, qu'on est plus dans un tribunal médiatique que dans le domaine de la justice.

9:14
Prisca Thevenot

Déjà je suis ravie que ces prises de parole de la part des responsables de la France Insoumise a évolué parce qu'il y a quelques semaines, quelques mois, même quelques années, nous n'avions pas du tout ce même genre de prise de parole. Il s'agissait tout de suite de tout mettre sur le tribunal médiatique.

Et donc moi je vais être très claire, que ce soit pour Éric Coquerel, mais comme toute autre personne d'ailleurs, femme ou homme, quand il y a effectivement des accusations, des rumeurs de violence sexuelle, de violence tout court, nous devons permettre que cette parole se libère, mais qu'elle se libère non pas dans les médias, mais qu'elle se libère dans des tribunaux, auprès de la justice. Et c'est là seulement que toute la vérité

9:54
Invité

pour être faite est reconnue. Mais si on doit entendre la parole des femmes, certaines féministes parlent de présomption de sincérité pour ces femmes-là. Est-ce qu'en attendant l'enquête judiciaire, quand il y a plainte, quand il y a une ouverture d'enquête, la personne soupçonnée doit se retirer au moins le temps de l'enquête ? Là, il s'agit de la présidence de la commission des finances. On peut parler du gouvernement. Est-ce que ce type de jurisprudence vous semble approprié ? Un retrait, le temps de la justice ?

10:25
Prisca Thevenot

Justement, vous le dites très justement, le temps de la justice. Or, sur cette affaire-là, je le dis encore une fois, je ne suis pas là pour défendre Éric Cocal, mais défendre la parole des femmes en globalité. En l'occurrence, pour Écoute, il n'y a pas de justice, pour le moment. Voilà. En l'occurrence, là, il n'y a pas le temps de la justice. Donc moi, plutôt, je pense que, plutôt que d'être en effet, par défaut, les gens sont coupables, et si on veut dire, par défaut, la voix des femmes doit être entendue. Elle doit être entendue là où c'est le plus sain et le plus protecteur pour elles, c'est-à-dire auprès de la justice. Ne nous trompons pas.

Il ne s'agit pas simplement de dénoncer, bien évidemment, l'objet reste là, mais il s'agit de protéger et de faire en sorte que ça ne se reproduise plus, que ça ne se produise plus. Donc, plutôt que de regarder les coupables, regardons les victimes, écoutons-les, mais écoutons-les. Là, il faut les écouter. Donc les insoumis, pour vous, ont des indignations à géométrie variable ? Là, je ne me permettrai pas de lancer une polémique sur ça parce que le sujet est trop grave. Donc, je pourrais revenir sur les propos de Sandrine Rousseau, je pourrais revenir sur les propos d'un tel ou une telle.

Je pense que nous méritons mieux, et quand je dis nous, c'est les femmes, nous méritons que ce sujet soit pris au sérieux, qu'ils ne fassent pas l'objet de polémiques incessantes et vaines. Faisons en sorte, toutes ensemble, et là vraiment, toutes ensemble, de faire que la parole des femmes se libère là où elle doit se libérer pour être protégée, entendue, et si besoin, effectivement, qu'il y ait des sanctions

11:46
Invité

à l'encontre de certaines personnes. À moi, à propos des femmes, ce sont quatre femmes qu'il va falloir remplacer dans la nouvelle équipe puisque trois ont été battues aux législatives et puis Yael Brunpivet a été élue au perchoir. La parité, c'est non négociable dans la prochaine équipe. Il faut qu'elle soit là. J'espère qu'elle le sera.

12:03
Prisca Thevenot

J'espère qu'elle le sera. Et les premières semaines à l'Assemblée nationale ont montré que nous avions des femmes de talent au sein de la majorité présidentielle. Nous avons une présidente de groupe. C'est la première fois qu'un groupe majoritaire a une présidente de groupe en la personne d'Aurore Berger. Nous avons aujourd'hui une présidente au perchoir, une présidente à l'Assemblée nationale, Yael Brunpivet, et nous avons une première ministre, Elisabeth Borne. Donc, nous savons mettre en avant les femmes, des femmes de talent.

12:28
Invité

Nous allons continuer. Le grand oral d'Elisabeth Borne, c'est mercredi, discours de politique générale à l'Assemblée nationale. Doit-elle engager la confiance, selon vous ? Un vote de confiance.

12:38
Prisca Thevenot

Merci. Effectivement. Il s'agit beaucoup de parler du vote de confiance qui est demandé par les uns et les autres de façon tout à fait légitime. Mais en réalité, je pense qu'on va juste se poser deux secondes et écouter ce qui s'est passé. Ce vote de confiance, il a déjà eu lieu. Ah oui ? C'est le vote de confiance que les Français nous ont adressé à nous, les 577 députés qui sommes rentrés à l'Assemblée nationale. Il a permis de voir, et je le disais en début d'émission, que nous avons besoin de débattre. Ça ne fait pas une majorité absolue, justement. De débattre.

13:05
Présentateur

Et le vote de confiance, ça n'est pas ça, vous le savez très bien.

13:08
Prisca Thevenot

Oui, mais je pense qu'un moment, on est en permanence en train de courir, en train de se dire on va refaire le vote précédent sur le vote d'après. Que nous ont dit les Français ? Ils ont besoin qu'il y ait du débat, du débat sur nuance, d'où la proportionnelle imposée de fait à l'Assemblée nationale, débattre pour faire et faire pour eux.

13:27
Invité

Donc on comprend que vous souhaitez plutôt qu'elle reste prudente puisqu'elle n'est pas obligée d'engager sa responsabilité, à quoi bon le faire ? Edouard Philippe n'est pas sur cette ligne. Il considère que c'est justement parce que c'est difficile qu'il faut le faire.

13:39
Prisca Thevenot

Je ne suis pas sûre que quand je pense à Elisabeth Borne, je pense timidité et prudence. C'est une femme engagée, c'est une femme de compétence, c'est une femme qui a le travail chevillé au corps. Elle a été, par rapport à celui, en l'occurrence Jean-Luc Mélenchon, qui lui targue de faire un vote de confiance, elle a été au front pendant les législatives. Elle n'a pas simplement mis sa tête sur une affiche, elle a été mettre son nom sur un bulletin de vote. Et ce vote qui a été adressé à elle aux législatives est aussi un vote de confiance. Elle a été élue aux législatives. Donc je pense que si effectivement il y a un vote de confiance, ce n'est pas une finalité en soi.

Que nous demandent les Français ? Ils nous demandent d'agir, de débattre. Franchement, pour une fois, peut-être écoutons-les. Est-ce que ça n'est pas un moyen

14:18
Présentateur

d'agir ensuite justement sur une base qui soit la plus solide possible ?

14:22
Prisca Thevenot

Écoutez, il y a chaque jour sa polémique, chaque jour son petit buzz médiatique de la part d'un banc de l'Assemblée nationale qui est surtout du côté de la gauche, de l'extrême gauche, du côté de la France insoumise. Je pense que les politiques, il y a le devoir de faire qui doit l'emporter sur l'art de dire... Jean-Luc Mélenchon et la Népèce

14:42
Invité

menacent d'une motion de défiance, enfin d'une motion de censure. Eh bien voilà, nous venons de tout résumer. Justement, Elisabeth Borne dit que le Rassemblement national et la France insoumise ne font pas partie de l'arc républicain. Elle a eu cette expression sur LCI il y a quelques jours. Vous êtes d'accord avec elle ? Ce ne sont pas des partis républicains, ces deux partis-là ? Est-ce qu'on considère

15:05
Prisca Thevenot

que dire que la police tue, c'est républicain ? Est-ce qu'on considère que défiler avec le CCIF et dont on connaît aujourd'hui les intentions, c'est républicain ? Et donc, aujourd'hui, j'ai envie aussi d'interroger les choses sur dire, on pourra dire tout et son contraire sur qui et quoi,

15:24
Invité

qui fait quoi. Mais vous pouvez ne pas vouloir gouverner avec ces deux formations, mais pour autant, elles ont des millions d'électeurs, elles ne sont pas

15:32
Prisca Thevenot

dans le champ républicain. Et donc, c'est pour ça... Non, non, attention. Encore une fois, on ne combat pas les gens, on combat les idées. Oui, mais donc, les électeurs sont républicains mais pas les partis. Non, ce n'est pas ce que je suis en train de dire. Je suis en train de dire qu'il y a des idées qui sont charriées dans ces mouvements politiques qui ne sont absolument pas républicaines. Maintenant, on peut débattre 125 fois sur est-ce que le Front National est d'extrême droite et la France Insoumise d'extrême gauche ? Est-ce que ça va faire avancer ? Mais vous l'avez envoyé sur le bout du bout.

16:01
Présentateur

Est-ce qu'il faut travailler avec eux après le résultat de ces élections compte tenu de ce que leur accord des Français ?

16:07
Prisca Thevenot

Mais je vais être très claire dans les faits. Nous allons travailler tous ensemble. Est-ce que ça veut dire que travailler avec des gens de la France Insoumise ou le Rassemblement National ou les LR ou le Modem ou l'UDI vont faire que demain nous allons nous soumettre à toutes leurs idées ? Absolument pas. Au sein de l'Assemblée Nationale, je le redis, nous sommes 577 élus par les Français. Tous nous sommes élus, tous nous avons notre voix au chapitre et tous nous allons travailler ensemble en commission. Et ça, ça vous réjouit ou ça vous décourage quand on est une jeune élu comme vous qui arrive ? C'est pas une question de me réjouir ou de me décourager. Ça m'engage. Ça m'engage résolument.

Je le redis, les Français nous ont adressé une confiance. Nous sommes en train d'écrire tous ensemble et j'insiste sur le tous ensemble une nouvelle culture politique. Cette ère politique dans laquelle nous entrons, je pense qu'elle va marquer sur les années à venir. Au-delà de ce propre quinquennat, nous devons saisir cette chance parce que peut-être que pour une fois, nous allons réintéresser à la chose politique mais politique avec un grand P.

17:02
Présentateur

Prisca Thévenot, invité du 830 France Info. On se reparle après le fil info à 9h moins 10. Diane Ferschit.

17:07
Invité

Le plan pour les services d'urgence présenté par Elisabeth Borne est un premier pas. Réagit sur France Info le député Horizon et président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valtoux. La première ministre a annoncé que toutes les propositions de la mission Flash étaient retenues. 41 mesures au total. Des réponses de court terme à un complément de rémunération pour le travail de nuit, le doublement des majorations pour le personnel soignant ou encore une hausse de 50% pour les gardes des médecins. La première ministre concentrée ce week-end sur la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. Le remaniement doit être annoncé en tout début de semaine prochaine.

Il faudra notamment remplacer les ministres battus lors des législatives. Les organisateurs l'assurent. Les euro-kéennes de Belfort vont pouvoir se tenir aujourd'hui et demain. Ils attendent le feu vert de la commission de sécurité. Le festival est interrompu depuis jeudi et le passage de violents orages qui ont fait sept blessés. La poursuite du mouvement des personnels d'aéroport de Paris. Troisième jour de grève. Ce matin, un vol sur cinq est annulé. Les salariés réclament de meilleurs salaires. Un nouveau préavis de grève est d'or et déjà déposé pour le week-end prochain alors que débuteront les vacances d'été et sur les routes ce samedi.

C'est orange dans le sens des départs pour l'ensemble de la France. France Info.

18:20
Présentateur

On est avec la porte-parole du parti présidentiel Renaissance et député des Hauts-de-Seine, Priska Thévenot, ce matin. Mérimankawa.

18:28
Invité

Oui, vous dites à l'instant que vous devez tous travailler ensemble et que ça vous engage. Alors on va essayer de voir très concrètement comment, sur le premier texte d'urgence qui arrive dans quelques jours à l'Assemblée nationale, il va être présenté au Conseil des ministres, vous pouvez le faire sur le pouvoir d'achat. On connaît les grandes lignes des mesures que le gouvernement propose, mais quelles mesures concrètement vous pourriez reprendre de l'opposition ? Je vais vous en soumettre quelques-unes. Sur les carburants, le Rassemblement national et les Républicains réclament une baisse des taxes sur l'essence. C'est possible ou pas ?

18:59
Prisca Thevenot

Mais voilà, typiquement. Et c'est comme ça que je pense qu'on va pouvoir travailler en commission, parce qu'il faut rappeler que tout ne se passe pas dans l'hémicycle mais aussi en commission. Il ne s'agit pas d'additionner ou de mettre l'une après l'autre les mesures des uns et des autres et de se dire super, alors la CLR, la CLLFI, la CPS, la CPCF. Il s'agit de voir une cohérence parce que vous le savez très bien, les mesures, notamment sur le pouvoir d'achat, ça a des implications aussi sur le budget.

Et nous devons aussi avoir cette règle qui est très claire, c'est d'avoir des mesures extrêmement ciblées, proportionnées aux besoins des uns et des autres qui du coup vont sur une démarche d'égalité pour ne pas venir engager ou condamner les générations à venir. Vous dites qu'il ne faut pas que vous avez des mesures qui sont très coûteuses. Je n'ai pas du tout dit ça, justement. Oui, je vous pose la question. Justement, je rappelle que toutes les mesures doivent s'inscrire dans une cohérence globale. Quand je dis toutes, je nous inclue aussi. Je vous prends un autre exemple.

19:58
Invité

Le blocage des prix à la pompe, puisqu'on reste sur l'essence, les carburants, comme le veut la NUP, c'est oui ou c'est non ? Mais de fait,

20:05
Prisca Thevenot

le blocage des prix à la pompe, on peut se le dire 25 fois, on en a beaucoup parlé, mais il faut voir les implications du blocage des prix à la pompe. Ça veut dire quoi ? Au final, au bout d'un moment, quelqu'un va finir par payer. Donc soit c'est l'État qui se finit par subventionner pour qu'on puisse toujours être approvisionné, soit l'État ne le fait pas et à ce moment-là, nos fournisseurs vont nous dire « Écoutez, vous êtes gentils, on passe notre chemin, on va aller ailleurs ». Donc c'est pour ça que je continue à dire « Pourquoi pas ? » Mais voyons les incidences. Voyons les implications. Nous devons mener ce débat de façon sain, serein et posé, là où cela doit être en commission.

20:40
Invité

Est-ce que ça doit venir du gouvernement ? Est-ce que vous devez au fond montrer un peu votre jeu ? Parce que là, on voit la doute pourquoi pas, mais on ne voit pas. Je vous donne un autre exemple puisque là, il faut trouver un moyen de donner plus de pouvoir d'achat de façon un peu durable, ce sont les salaires. Vous avez les socialistes au sein de la coalition de gauche qui insistent sur le SMIC à 1 500 euros. Qu'est-ce que vous pouvez faire là-dessus ? Au moins, le SMIC, est-ce que vous envisagez de l'augmenter ?

21:08
Prisca Thevenot

Est-ce qu'il faut que les Français puissent mieux vivre de leur travail ? Je pense que, alors là, on est tous d'accord. Vous voyez ? Déjà, c'est un premier point. Maintenant, c'est comment on fait ? Comment on fait pour que ce soit pas simplement une mesure ponctuelle et que ce soit une mesure durable ? Donc, la première des choses, c'est de faire en sorte qu'effectivement, l'ensemble des profits au sein d'une entreprise soient le plus sereinement, sainement redistribués. C'est notamment pour ça que le président de la République, pendant la campagne dernière, a rappelé qu'en dividendes, il y aurait, il devrait y avoir une obligation de reversement.

Enfin, quand il y a un super profit lié, il y a une obligation

21:39
Invité

de dire sur le programme du président, et c'est totalement légitime, mais là, vous allez devoir composer. Mais oui,

21:45
Présentateur

le SMIC à 1 500 euros. Vous en dites quoi ?

21:48
Prisca Thevenot

Et le plein emploi. Je pourrais vous répondre de la même façon.

21:50
Présentateur

Non, mais la nupe pousse clairement. Le rose du SMIC à 1 500 euros.

21:53
Prisca Thevenot

Et nous poussons le plein emploi. Encore une fois, je le redis, juste, vraiment, le pouvoir de faire doit l'emporter sur l'art de dire. Et encore une fois, moi j'entends très facilement toutes les super phrases alléchantes brandies à droite comme à gauche. Maintenant, ce que j'ai envie de faire, c'est de plutôt dire allons jusqu'au bout de la démarche et regardons les implications, les impacts de telle et telle mesure au global. Pas simplement sur le principe de dire c'est super alléchant ce que je fais, c'est super simpliste, tout le monde a compris. Vous venez de parler à l'instant

22:24
Invité

de la répartition de la richesse au sein des entreprises. Il y a une petite phrase au G7 cette semaine qui a pu laisser penser qu'Emmanuel Macron était peut-être prêt à bouger. Écoutez. Nous avons aujourd'hui certains producteurs et beaucoup de spéculateurs qui font beaucoup d'argent sur le contexte géopolitique. Est-ce que ça peut durer ? Non. Et donc on doit aussi avoir un marché mondial qui accepte que nous avons des systèmes et des marchés qui se sont déréglés à cause de la guerre. Nous avons des gens qui ont spéculé sur la guerre. Et aujourd'hui, vous avez des gens qui font beaucoup d'argent sur la guerre. On appelle ça des profiteurs de guerre.

Alors qu'est-ce qu'on fait contre les profiteurs de guerre, Prisia Thévenot ? Est-ce que là encore, on pense à une proposition de la gauche, taxer les super profits totales, par exemple, pour financer une baisse des impôts sur l'essence ?

23:20
Prisca Thevenot

Vous voyez, là encore, même sujet. Et merci pour ces questions parce que vraiment, on est d'accord sur le constat. Maintenant, le sujet, c'est les modalités. Je pense qu'aujourd'hui, il faut regarder comment notre droit est fait, comment notre fiscalité est montée. Oui, il y a des super profits. Oui, il y a des entreprises, vous venez de citer Total, qui font aujourd'hui plus de bénéfices qu'elles n'en faisaient l'année dernière du simple fait du choc inflationniste. Est-ce que c'est normal ? Non. Parce que ça revient à une espèce d'impôt indirect qui pèse sur l'ensemble des Français.

Maintenant, le droit est fait de telle façon, la constitution est faite de telle façon qu'on ne peut pas venir imposer une fiscalité sur une entreprise en particulier au détriment d'une autre de la même façon qu'on ne peut pas le faire sur un Français au détriment d'un autre Français. Des seuils de chiffre d'affaires. Exactement. On peut le faire, par exemple, à l'échelle d'un secteur. Maintenant, il faut voir est-ce que le secteur a réagi à ce choc inflationniste de la même façon.

24:11
Invité

Tous les pétroliers, tous les gaziers se sont enrichis.

24:14
Prisca Thevenot

Non, je parle de secteur. Dans le secteur, il n'y a pas que les gros. De l'énergie. Voilà, mais il n'y a pas que les gros. Il y a aussi des petits, il y a aussi des entrepreneurs qui, eux, ont peut-être subi également. Donc, l'enjeu, c'est de poser tout cela à plat. Ça peut prendre du temps. Donc, ça ne veut pas dire que ça doit être à mettre en parallèle ou en opposition avec ce qu'on doit mettre tout de suite en place pour les Français. Parce que pendant qu'on réfléchit sur ces sujets-là qui sont importants, les Français, eux, ont des problématiques en fin de mois. Donc, nous devons avoir des mesures ciblées très rapidement sur le pouvoir d'achat.

24:42
Présentateur

Merci beaucoup. Priska Thévenot, invité du 8.30 France Info ce matin, porte-parole du parti Renaissance, le parti présidentiel et député des Hauts-de-Seine.