Macron décolle, Valls piétine ! Les questions SMS #cdanslair 06-01-2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse partielle
Plutôt que de tuer le PS, Macron ne veut-il pas reconstruire autre chose à partir des ruines de ce parti ?
- 0:09RelanceRéponse partielle
On peut comprendre, mais c'est ce que disait Yves, c'est-à-dire qu'on peut très bien imaginer que Macron veut tuer le PS
- 0:39OuverteRéponse directe
Sans le soutien d'un parti, comment Macron peut-il avoir une majorité à l'Assemblée nationale ?
- 2:37OuverteRéponse partielle
Quelles seraient les premières mesures prises par Emmanuel Macron s'il était élu président ?
- 3:42OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron est-il un vrai centriste qui ne veut pas se l'avouer ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Un accord avec Bayrou, c'est de la science-fiction ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:57InvitéChiffre
« 18% ! »
- 1:59InvitéChiffre
« 18% ! »
- 7:11InvitéPromesse
« on va créer des postes de fonctionnaires, etc. »
- 7:47InvitéFait
« Ils se trouvent dans le Front National, notamment. »
Temps de parole
- Invité26 %
- Invité 226 %
- Invité 317 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 215 %
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Plutôt que de tuer le PS, Macron ne veut-il pas reconstruire autre chose à partir des ruines de ce parti ?
Oui, on peut comprendre, mais c'est ce que disait Yves, c'est-à-dire qu'on peut très bien imaginer que Macron veut tuer le PS, si ce PS c'est Gérard Filoche, enfin en clair pour faire résumer, où c'est une espèce de parti qui adore l'opposition, qui trouve que c'est génial de promettre un tas de choses et de refuser la culture du gouvernement, on va penser que Macron, on va voir après ce qu'il propose, parce qu'effectivement on n'a qu'un morceau de son programme, mais si c'est une espèce de forme de parti social-démocrate moderne et tout, effectivement il leur a contribué à le tuer, mais pour le recréer, c'est ce que Valls veut faire aussi, ils ne sont pas si éloignés idéologiquement tous les deux.
Sans le soutien d'un parti, comment Macron peut-il avoir une majorité à l'Assemblée nationale, Eric Fautorino ?
Alors d'abord je crois que bien sûr il n'a pas de parti au sens formel, au sens classique du terme, mais enfin ces marcheurs ça commence à devenir assez dynamique et je pense que dans le moment présent, on n'est pas en 1915 ou en 1981, en 2017, c'est peut-être mieux d'avoir des marcheurs En Marche qu'un parti socialiste qui est un peu encalminé. Après, moi je pense, vous savez, il y a un réalisme terrible des politiques, c'est qu'il aura des soutiens parce qu'il aura gagné. Et donc franchement je pense qu'il y aura ça. Je suis plus sceptique.
Je suis plus sceptique, excusez-moi, parce que je pense, tout dépendant, s'il gagne, ça serait d'abord un tremblement de terre politique, imaginons qu'il gagne la présidentielle. C'est un tremblement de terre politique, enfin c'est un effondrement, tout bascule, tout change. Et dans ce cas-là, oui, il peut obtenir une majorité parlementaire parce qu'il y aura tout simplement plein de gens de droite ou de gauche qui se rallieront et il donnera ses investitures. Mais s'il perd, et là ça devient beaucoup plus compliqué dès les prochaines législatives et encore plus dans la durée ensuite pour son mouvement, c'est vraiment quelque chose de beaucoup plus difficile.
C'est là où on revient à, on peut faire une comparaison, et j'aime pas trop, mais là j'en fais une quand même. Je me souviens qu'en 2007, François Bayrou avait cristallisé autour de lui un certain engouement de gens... 18% ! 18% ! C'est considérable ! Et je me souviens des gens habillés en t-shirt orange, qui lissaient et tout. Mais c'est parce qu'il n'a pas su l'entretenir, François Bayrou, parce que tout ça est parti à volo.
Ce qui est intéressant aujourd'hui, moi j'ai regardé de près, j'ai assisté comme observateur à tout ça, tous les comités de quartier de gens qui soutiennent Macron, qui n'ont jamais fait de politique, qui sont salariés dans un supermarché, qui d'autres attachés de banque, enfin de tous les milieux, vraiment de tous les milieux, de tous les âges.
Parce que ce n'est pas parce qu'il est jeune que les personnes plus âgées ne...
Et ça c'est étonnant, mais alors ça il faut pouvoir le faire vivre tout ça.
Et le faire fructifier. Question, quelles seraient les premières mesures prises par Emmanuel Macron s'il était élu président ? C'est difficile de répondre à cette question. Est-ce qu'il soit à sa place, oui ? Est-ce qu'il le sait ?
Oui, lui-même n'est peut-être pas... Écoutez, la première des choses qu'il devra faire, c'est déjà de se constituer une majorité. Vous ne pouvez pas être président... Nommé en Premier ministre ? Nommé en Premier ministre, se constituer une majorité. Et je vous rappellerai que, alors encore une comparaison, mais Valéry Giscard d'Estaing a beaucoup souffert quand il est arrivé, ce n'était pas prévu. Enfin si, après, mais... On sortait du gaullisme et il s'est retrouvé avec une chambre, enfin une assemblée gaulliste, et c'était compliqué. Donc là il faut déjà avoir une majorité assez stable. Et puis après, il est obligé de s'attaquer à ces gros sujets.
Ces gros sujets, c'est l'assurance chômage, c'est ces sujets économiques principalement, je crois.
Il est en Allemagne, ils vont tous en Allemagne. Ils répondent tous que la première chose à faire, c'est d'aller en Allemagne.
Oui, ce qu'il a dit notamment sur faire se rapprocher le salaire brut du salaire... Voilà, oui. Ça aussi, c'était une image qui a quand même beaucoup parlé, parce que ça joue sur à peu près 500 euros de plus de pouvoir d'achat. Je pense qu'il fera des choses très concrètes, très simples d'une certaine manière.
Emmanuel Macron est-il un vrai centriste qui ne veut pas se l'avouer, Marc Lazard ?
Je crois que... Alors là, je pense que ça serait réducteur de le mettre dans cette catégorie du centrisme. Je crois que sa grande idée, c'est qu'effectivement, une certaine phase historique, d'ailleurs pas simplement pour la France, mais de l'ensemble des démocraties, est en train d'être tournée. Une page est en train de se tourner. Et qu'il incarne quelque chose de nouveau, qui justement, c'est ni gauche, ni droite, ou est gauche et droite. Et même au-delà du centre, parce qu'au centre, on pense justement à Le Canué, Beyrou et tant d'autres figures. Lui, il pense à une nouvelle forme d'organisation de la politique.
Et l'importance du numérique, la manière dont effectivement ces comités sont structurés. Moi aussi, j'ai beaucoup de témoignages en province en particulier, c'est très très fort, de comités qui s'organisent, de gens qui font du porte-à-porte et en même temps de l'outil numérique. Il pense qu'il peut inventer une nouvelle forme de politique. C'est peut-être une illusion. Ça s'écroulera peut-être. Mais en tout cas, c'est une expérience. Et regardez les gens qui travaillent autour de lui. Moi, je vois des jeunes étudiants même qui sont impliqués là-dedans. C'est presque une autre génération. Il y a un changement générationnel.
Et en particulier, on a fait allusion tout à l'heure à Ségolène Royal, parce qu'avec désir d'avenir, elle avait compris déjà la première, l'importance du numérique. Lui, il est à fond là-dedans. Je crois qu'il est le premier qui a compris l'impact du numérique sur la politique.
On parlait des centristes et de Beyrou à l'instant. Un accord avec Beyrou, c'est de la science-fiction ? François Beyrou considère que c'est Emmanuel Macron de venir le voir. Ils se sont vus, ça s'est très mal passé. Parce que c'est Emmanuel Macron qui a dit à François Beyrou, si tu veux me soutenir. Vu la façon dont François Beyrou l'a, en traitant de tous les noms, en l'appelant le banquier Macron avec des phrases qu'on imagine... Oui, il est en train de changer de thon. Ils sont sur la même niche en gros, et François Beyrou l'a parfaitement compris. Comment Emmanuel Macron finance-t-il une campagne commencée très tôt et sans le soutien d'un parti ?
Oui, il est élevé des fonds, c'est des dons. Alors effectivement, on l'a vu à New York, on l'a vu à Londres. Il y a effectivement des dons individuels. 7500 euros, voilà, mais il le fait comme ça, par personne, oui.
En quoi Emmanuel Macron se différencie-t-il de la droite ?
Ah si, alors je pense qu'il y a quand même quelques différences. Sur le plan économique, il y a aussi des différences indéniables. C'est-à-dire que ce n'est pas tout à fait le même libéralisme que celui de François Fillon. Je dirais que d'une certaine façon, mais c'est compliqué, mais l'État est quand même moins impliqué, peut-être avec Macron, qu'avec Fillon. Mais c'est sur les questions de société, où là, il est loin de François Fillon, par exemple, sur tout ce qui est probablement éducation, on n'en sait pas encore beaucoup. Très important pour lui.
Oui, mais c'est très important effectivement, pour tout ce qui est, on parlait du cannabis, même si je ne sais pas si c'est central, mais enfin, ça agitera nécessairement l'orderneau. Toutes ces questions-là, il est le côté libertaire, si vous voulez. Qui le différencie de Manuel Valls aussi. Qui le différencie de Manuel Valls.
Et sur la laïcité, si les questions d'identité, de laïcité, arrivaient à devenir prégnantes dans la campagne, sur la laïcité, il a une vision très économiste des choses. Et sur les valeurs sociétales, c'est plus complexe. Pourquoi les fonctionnaires se détournent-ils de plus en plus de la gauche, Eric Fautorino ?
Je pense que, bon, ça a été évidemment pour eux une soupe à la grimace depuis assez longtemps maintenant. C'est-à-dire qu'effectivement, ils étaient ceux qui étaient choyés par la gauche depuis toujours. Et puis, on commence à rivaliser, même si j'ai vu que Manuel Valls commence maintenant quand même à reculer un peu, en disant non, on va créer des postes de fonctionnaires, etc. Mais je pense, c'est l'écho de la question que vous posez tout à l'heure, c'est pourquoi le PS est mort. C'est que je pense que les socialistes n'ont pas pensé l'État, n'ont pas pensé la mondialisation, n'ont pas pensé aujourd'hui le rôle de l'État et donc de la fonction publique dans une société moderne.
Attention, l'enquête de Luc Rouban, à laquelle vous faites allusion, du Cevipov, de ma maison, montre, attention, c'est pas la catégorie globale des fonctionnaires, excusez-moi de faire ce petit exercice de professeur, mais c'est les catégories surtout C et D de la fonction publique, c'est-à-dire les catégories les plus faibles, qui sont les plus modestes, qui se sentent effectivement dans des situations extraordinairement difficiles. Ils se trouvent dans le Front National, notamment.
Oui, et notamment, alors, police et armée, largement, c'est une partie de la fonction publique aussi, et notamment la fonction publique hospitalière, qui se retrouve dans des situations au contact de populations extraordinairement difficiles, et notamment dans les quartiers les plus défavorisés, et là, il y a un processus de radicalisation. Excusez-moi, mais c'est... Encore une ou deux questions.
Les battus de la primaire socialiste vont-ils se ranger derrière Macron ?
Ça, ça paraît... Pas tous, je ne pense pas. Certains, certains, d'entre eux, ben oui. Oui, bien sûr. Si Macron qualifie et est en position de se qualifier, ils iront, ça paraît.
Hollande est-il le véritable faussoyeur du PS ? Est Macron le récupérateur de ses électeurs ?
Non, je crois que, pour être honnête, parce que Hollande, il s'en prend évidemment plein la figure, c'est qu'Hollande a essayé, justement, de faire évoluer ce PS, mais il ne l'a pas dit ouvertement. Il n'a pas dit. Et son erreur, c'est de ne pas avoir joué franc jeu.
Voilà. La dernière question. Manuel Valls fait-il la même erreur que Juppé en voulant rassembler trop tôt ? Non, il ne fait pas la même erreur que Juppé. Il fait la stratégie inverse de celle de Juppé. Juppé parlait à la terre entière, il ne parlait pas à la droite, Manuel Valls parlait à la gauche, alors avec les dangers qu'on a évoqués sur le brouillage d'images. Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air. Dans un instant, Anne-Sophie Lapix pour C'est à vous. Ce soir, la Rodif est à 22h40. On se retrouve demain en direct à 17h45 pour le C dans l'air du samedi. Très bonne soirée sur France 5.