Sabrina SEBAIHI | L'islamophobie n'est pas un débat d'opinion, c'est une oppression
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« antame la ministre, chers collègues, dans notre pays, les musulmans sont responsables de tous les mots, dit-on dans les médias, même de la pénurie d'eux pendant le Ramadan. »
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« lorsqu'il affirme que certains de nos compatriotes régressent vers leurs origines ethniques. »
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« que la grande partie des personnes concernées s'empart du mot islamophobie car il représente un racisme antireligieux à l'égard des musulmans. »
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« En France, les Maghrébains sont ainsi perçus comme musulmans, voire potentiellement intégristes. »
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« sur C News en 2023, plus de 335 jours sur 365, les bandeaux parlaient d'islam ou d'immigration. »
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« En Europe, 50 % des musulmans se disent victimes de discrimination au quotidien. »
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antame la ministre, chers collègues, dans notre pays, les musulmans sont responsables de tous les mots, dit-on dans les médias, même de la pénurie d'eux pendant le Ramadan. C'était l'huile l'année dernière, ce sera peut-être le beurre l'année prochaine. Ces polémiques contre nos concitoyens musulmans durent depuis des années et pourtant, pour la première fois dans notre histoire, nous allons débattre de l'islamophobie dans notre hémicycle.
C'est une victoire qui laisse un goût amer, celui d'une absence totale de volonté politique ou plutôt celui d'une volonté assumée de masquer cette réalité qui touche pourtant plus de 5 millions de nos concitoyens, des Français de papier comme diraient certains. On peut d'ailleurs supposer que c'est la pensée profonde du ministre de l'intérieur lorsqu'il affirme que certains de nos compatriotes régressent vers leurs origines ethniques. Je vous laisse méditer sur le terme régresser. Avec mes collègues corrapporteurs que je salue, nous avons mené un travail de front qui ne saurait souffrir d'aucune caricature.
Nous avons auditionné une trentaine de personnes et organisations dont la plateforme X et les médias à l'exception de Ces News qui n'a pas souhaité répondre. De ces heures d'audition émerge un fait implacable. L'islamophobie est largement sous-estimée et souffre d'une invisibilisation structurelle. Cela est en partie lié au terme même d'islamophobie qui suscite le débat et nous ne l'avons pas éludé dans nos travaux. Si nous comprenons que les institutions utilisent le terme haine antimusulman, nous ne pouvons ignorer que la grande partie des personnes concernées s'empart du mot islamophobie car il représente un racisme antireligieux à l'égard des musulmans.
Ce terme ne vise pas interdire la critique légitime d'une religion comme certains aiment le dire. C'est un acquis de notre pays. Cette polémique qui revient constamment n'a qu'un but. détourner le regard du vrai problème, la discrimination et l'hostilité envers les personnes musulmanes dans notre pays. D'ailleurs, les chercheurs sont formells. Le terme islamophobie n'a pas été inventé par les molats iraniens, mais est apparu en France au début du 20e siècle. Cette islamophobie découle en partie du racisme antimagrébin d'il y a plus de 40 ans lui-même conséquence de la politique coloniale de la France au siècle dernier. Cette polémique est donc dérisoire à cet égard.
En France, les Maghrébains sont ainsi perçus comme musulmans, voire potentiellement intégristes. Et s'ils ont le malheur de porter un voile ou une barbe, ils peuvent être perçu comme de potentiel terroristes. Ce continuum qui vient tout brouiller est précisément le récit qui progresse depuis des décennies. Une prétendue incompatibilité civilisationnelle permise par une essentialisation à outrance et des amalgames dangereux.
Les premiers responsables de cette situation sont à l'extrême droite de cet hémicycle et ils peuvent compter sur le silence, voir la complicité de ceux qui participent au climat de soupçon permanent qui pèse sur les musulmans de ce pays et qui au plus haut sommet de l'État assène que les premiers responsables de l'antisémitisme, c'est le monde arabo-musulman. Je pense aussi au ministre de l'intérieur et des cultes qui n'a pas déigné se rendre à l'ftard de la grande mosquée de Paris sous couvert de laïcité. Mais aucun problème à la messe, flagrante discrimination et détestation même plus dissimulé de l'islam.
collègues du centre et de et de la droite jadice républicaine, je vous le dis, les Français préféreront toujours l'original à la copie. Les propos islamophob des politiques sont des et des éditorialistes sont relayés jour et nuit par des médias détenus par une poignée de milliardaires. Ainsi, sur C News en 2023, plus de 335 jours sur 365, les bandeaux parlaient d'islam ou d'immigration. Ces propos sont repris en boucle sur les réseaux sociaux qui échappent à toute règle de modération des contenus aineux. L'islamophobie est d'ailleurs devenue l'objet d'une obsession législative en témoin le dernier texte en date visant à interdire le port du voile dans le sport.
Une certaine forme de laïcité est désormais utilisée à des fins islamophobes. Une laïcité qui n'émancipe plus, qui étrique les citoyens dans un rapport paternaliste par particulièrement envers les femmes musulmanes. Une laïcité qui n'est plus un grand principe mais un ensemble de valeurs dont les contours évoluent au gré des polémiques initiées par l'extrême droite. Enfin, une laïcité qui a été instrumentalisée dans le cadre de la loi séparatisme et qui aujourd'hui renforce la suspicion à l'endroit d'association, les empêchant même de trouver banqu et assureur. Cette nouvelle laïcité, elle renforce l'islamophobie. Ce n'est pas l'islam qui menace la liberté individuelle, c'est l'islamophobie.
On ne peut plus être arabe et porter une barbe à la télévision, ni porter un voile sur un terrain de basket et bientôt même dans la rue. Demain, on ne pourra même plus scolariser ses enfants dans un établissement privé musulman. Le cas de l'école Alkindi est à ce titre emblématique quand on voit les Betaram et Stanislas qui continuent à broyer les élèves en toute impunité. Infiné, ce sont les musulmans que l'on souhaite faire disparaître de l'espace public au nom du principe de laïcité. Ces injonctions à l'invisibilité ne peuvent mener fatalement qu'un repli sur soi. Et c'est précisément là que peut se trouver l'antrisme dont vous parlez.
En fracturant notre société, c'est vous qui êtes le terrofer fertile du séparatisme. En Europe, 50 % des musulmans se disent victimes de discrimination au quotidien. Un sur de un chiffre qui ne trouve pas écho dans le recensement des actes antimusulmans dans notre pays par manque de confiance envers les institutions. Nos concitoyens musulmans ont normalisé le racisme ambiant. Les psychologues parlent même de traumas médien et si nous voulons libérer la parole, nous devons être en capacité de l'écouter. Les musulmans sont devenus les bouqu émissaires de notre société. Beaucoup d'entre eux veulent quitter notre pays quand ils ne l'ont pas déjà fait.
N'y voyons pas de perspectives sereines pour leurs enfants. Comprenons que le projet républicain qui se façonne s'accommode chaque jour un peu plus de leur exclusion. L'islamophobie n'est pas un débat d'opinion, c'est une mécanique d'oppression. et en tant qu'elle gangraine notre République, notre devise liberté, égalité, fraternité et trahi. Je vous remercie.
Sabrina Sebaihi