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InterviewRFI — Le grand invité international (sur Site radio)· 25 août 2026 9 minContradictoireFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & international

Barbara Pompili: à la COP17, «les États-Unis font des blocages sur beaucoup de sujets»

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Où en sont les discussions Barbara Pompili ?

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en attendez ?

  • 3:10RelanceRéponse directe

    Les États-Unis se sont opposés à lier les COP climat, biodiversité et désertification. Avec un interlocuteur pareil, est-ce qu'on peut aboutir à quelque chose ?

  • 3:56RelanceRéponse directe

    Pour en revenir aux États-Unis, est-ce qu'on peut avancer avec eux tels qu'ils sont aujourd'hui ?

  • 4:58RelanceRéponse directe

    Au nom de la France, vous comptez leur dire : soyez raisonnable, vous êtes concerné, il faut qu'on avance sur ces sujets ?

  • 5:50OuverteRéponse directe

    Arriver à quelque chose de concret, qu'est-ce que ça veut dire du point de vue de la France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:20Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, on sait que la moitié de la population mondiale est déjà affectée par la désertification, dont la France. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « Comment on fait pour relier ça avec les autres COP qui s'occupent de climat, qui s'occupent de biodiversité, avec le sujet de l'eau, par exemple ? »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « On voit bien que les États-Unis, mais pas seulement, les États-Unis font des blocages sur beaucoup de sujets. »
  • 4:35Invité politiqueFait
    « Les États-Unis aussi font face à la désertification. »
  • 5:05Invité politiqueFait
    « On est sur des enjeux de souveraineté. »
  • 6:02Invité politiqueFait
    « On a d'abord le sujet de la sécheresse, qui est un sujet qui touche en priorité, mais pas seulement, on l'a vu cet été, les pays africains. »
  • 6:48Invité politiqueChiffre
    « La France a été le premier pays à annoncer un hub français de Business for Land. »
  • 7:45Invité politiqueFait
    « Il faut surtout se dire qu'on n'a pas les moyens de ne pas les mettre en place. »

Temps de parole

  • Barbara Pompili80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Barbara Pompili. Bonjour. Merci d'être avec nous en ligne d'Oulan Bator. La COP 17 sur la désertification est entrée dans sa deuxième semaine et les nouvelles qui nous sont parvenues jusque-là de Mongolie ne sont pas très encourageantes. Où en sont les discussions Barbara Pompili ?

0:15
Barbara Pompili

Écoutez, nous sommes donc au début de la deuxième semaine de cette COP qui est donc, comme dans toutes les COP, traditionnellement la semaine où les politiques entrent dans le jeu et dans la danse. Donc c'est le moment où justement les politiques viennent pour dénouer les problèmes qui sont apparus pendant les discussions. Mais je crois qu'il faut peut-être aussi expliquer ce que c'est que cette COP parce que, de ce que j'ai pu voir, il y a une grande méconnaissance sur les enjeux de cette COP désertification.

0:50
Présentateur

Si je peux vous rassurer, Barbara Pompili, depuis une semaine sur RFI, on en parle tous les jours, on analyse et on écoute des reportages qui nous permettent de bien comprendre quels sont les enjeux. Mais je comprends que vous vouliez commencer par les enjeux de cette COP. Qu'est-ce que vous en attendez ?

1:04
Barbara Pompili

Ce qu'on en attend, c'est que cette COP soit le moment où on prend un certain nombre de décisions utiles pour l'avenir et qu'on montre d'ailleurs par ce biais que le multilatéralisme peut apporter des solutions concrètes pour des pays qui sont en train de faire face à la désertification. Et donc, comme vous l'avez dit à vos auditeurs, la désertification, c'est un phénomène de dégradation des sols qui sont dus pour la plupart à l'intensification de l'agriculture et de l'élevage ou encore l'expansion urbaine ou l'extraction minière. Et donc, quand je vous cite ça, je vous cite des sujets qui touchent tous les pays du monde.

Tous les pays du monde, y compris les pays tempérés, traditionnellement tempérés, comme la France. Et malheureusement, on a pu constater les dégâts que pouvait faire le changement climatique, la perte de biodiversité sur les sols et comment la dégradation des sols pouvaient avoir des conséquences gravissimes, y compris dans nos pays. Un sol degradé, c'est un sol qui devient moins fertile, c'est un sol qui retient moins l'eau, c'est un sol qui produit moins de nourriture, qui stocke moins de carbone et donc qui peut affecter énormément de gens. Aujourd'hui, on sait que la moitié de la population mondiale est déjà affectée par la désertification, dont la France.

Donc, je crois que sur ce sujet qui est assez méconnu, les discussions actuelles portent surtout sur le fait de bien faire interagir ce sujet avec les autres. Le but que nous avons, nous, la France, c'est de montrer que s'occuper des sols, c'est s'occuper de tout, s'occuper de notre économie, s'occuper de notre nourriture, s'occuper de notre énergie. Et donc, comment on fait pour relier ça avec les autres COP qui s'occupent de climat, qui s'occupent de biodiversité, avec le sujet de l'eau, par exemple ? On a besoin que tous ces sujets soient liés et c'est un des points de blocage des discussions aujourd'hui.

3:06
Présentateur

Alors justement, effectivement, les États-Unis se sont opposés d'entrée de jeu, dès l'adoption de l'ordre du jour, au fait de lier et de faire des synergies entre les trois COP, climat, biodiversité, désertification. Ils se sont aussi opposés à l'égalité hommes-femmes, à la participation des peuples autochtones. Avec un interlocuteur pareil, avec un négociateur pareil, les États-Unis, est-ce qu'on peut aboutir à quelque chose ?

3:30
Barbara Pompili

Écoutez, on voit bien que les États-Unis, mais pas seulement, les États-Unis font des blocages sur beaucoup de sujets, mais on a aussi des blocages qui viennent d'autres pays, notamment comme la Russie, par exemple, qui empêchent l'organe scientifique de travailler.

3:48
Présentateur

Damo, la Russie a contesté la présence des Ukrainiens au sein d'un des comités scientifiques de la Convention. C'est ce qui explique aussi l'un des blocages. Pour en revenir aux États-Unis, Barbara Pompili, est-ce qu'on peut avancer avec les États-Unis tels qu'ils sont aujourd'hui ?

4:03
Barbara Pompili

Vous savez qu'aujourd'hui, dans cette COP, on travaille au consensus. Et on voit qu'on importe, dans cette COP, des sujets qui n'y sont pas directement liés. Et c'est tout le problème qu'ont aujourd'hui les instances environnementales et climatiques, c'est que viennent s'y greffer des sujets qui, auparavant, n'étaient pas des sujets qui étaient prioritaires dans l'ordre du jour. Donc oui, aujourd'hui, les États-Unis essayent de bloquer l'ordre du jour pour empêcher qu'on puisse parler de tel ou tel sujet. Mais les États-Unis aussi font face à la désertification. Les États-Unis aussi font face aux conséquences visibles de l'altération des sols.

Et donc, ils ont aussi un intérêt stratégique à ne pas être ceux qui, à la fin, auront tout bloqué.

4:53
Présentateur

Donc les Américains sont là. Les Américains sont bien à la table de négociation, Barbara Pompili. Au nom de la France, vous comptez leur dire, mais enfin, soyez raisonnable. Vous êtes concerné. Il faut qu'on avance sur ces sujets ?

5:03
Barbara Pompili

Exactement. Exactement. On est sur des enjeux de souveraineté. Les sécheresses, quand on fait face à des récoltes détruites, à des infrastructures endommagées, à des troupes décimées qui touchent tous les pays à différents degrés, on est sur des enjeux de souveraineté. Et donc, tous les pays ont intérêt à se montrer un peu constructifs, y compris les États-Unis. Les États-Unis, ils sont aussi... Là, ils jouent un peu la négociation. C'est-à-dire qu'on fait toujours monter des enchères avant de pouvoir faire bouger les choses. Donc, nous, notre objectif, c'est effectivement, non seulement les États-Unis, mais aussi d'autres pays, de ramener tout le monde à quelque chose de raisonnable.

On a aussi d'autres pays qui veulent utiliser cette COP pour rajouter plein de sujets. Essayons-là d'être raisonnables et d'arriver à quelque chose de concret.

5:50
Présentateur

Barbara Pompili, arriver à quelque chose de concret, qu'est-ce que ça veut dire du point de vue de la France ?

5:54
Barbara Pompili

On a plusieurs sujets qui nous intéressent beaucoup. On a d'abord le sujet de la sécheresse, qui est un sujet qui touche en priorité, mais pas seulement, on l'a vu cet été, les pays africains, et qui demande à ce qu'on mette en place un cadre plus précis sur le sujet. On a besoin aussi, là c'est un peu plus technique, mais d'avoir un cadre stratégique pour la Convention, tout simplement, c'est un peu le mode d'emploi du fonctionnement après 2030. Et puis, on a des projets sur la gestion foncière ou la préservation de la santé des sols. Tout ça, ce sont des sujets très concrets sur lesquels des initiatives sont déjà prises. Nous, ce qu'on veut, c'est entraîner le secteur privé.

Il y a une initiative qui s'appelle Business for Land, qui a été lancée à la dernière COP, pour laquelle il y a une forte demande de faire des Business for Land locaux. La France a été le premier pays à annoncer un hub français de Business for Land. Et donc concrètement, on a des entreprises qui viennent aider à mettre en place des politiques pour préserver les sols sur lesquels ils travaillent et les sols aussi dont ils se servent pour soit leur politique agricole, soit pour leur industrie. Donc, on a des sujets là qui sont extrêmement concrets et il faut surtout qu'on ait bien en tête que la France, elle est également touchée par la désertification.

7:20
Présentateur

Barbara Pompili, pour préserver la santé des sols, il faudra peut-être promouvoir et certainement de nouveaux modèles agricoles et économiques. Est-ce que les gouvernements sont prêts à remettre en cause les modèles actuels ?

7:31
Barbara Pompili

De toute façon, et c'est ce que Amina Mohamed a dit dans la secrétaire générale adjointe de l'ONU, elle a dit que beaucoup se demandent est-ce qu'on a les moyens de mettre en place toutes les politiques nécessaires ? Et elle disait, en fait, il faut surtout se dire qu'on n'a pas les moyens de ne pas les mettre en place. Donc, il faut absolument qu'on revoie notre mode de gestion des sols, que ce soit sur l'agriculture, mais aussi l'artificialisation des sols, qui est un fléau.

8:01
Présentateur

Oui, vous nous dites qu'il n'y a pas le choix, en fait, qu'il faut aboutir parce qu'il n'y a pas le choix.

8:04
Barbara Pompili

Exactement, il n'y a pas le choix. Et si on le fait tous ensemble, si on se donne les moyens de le faire tous ensemble, parce que tout ça nécessite aussi des financements, on y arrivera. Si on arrête d'avoir des politiques séparées, c'est-à-dire s'occuper des sols d'un côté, s'occuper de notre industrie de l'autre, s'occuper de notre agriculture de l'autre, s'occuper de l'eau de l'autre, etc.

Mais si on essaye d'avoir une approche où on se tient compte de tous ces projets en même temps, un, on fera des économies, deux, on sera beaucoup plus cohérent, et trois, on donnera des perspectives de développement économique pour nos pays, que ce soit les pays en développement, qui seront plus soutenables et qui permettront d'envisager l'avenir un peu plus sereinement que maintenant.

8:46
Présentateur

Barbara Pompili, la France a de grandes ambitions, elle a compris, de grandes attentes. Pourquoi est-ce que la ministre de la Transition écologique n'est pas venue alors ?

8:53
Barbara Pompili

Écoutez, tout simplement parce qu'à un moment, il y a des arbitrages à faire, qu'il y a eu de grosses crises cet été, comme vous l'avez noté, en France.

9:04
Présentateur

Donc elle était plus utile à Paris qu'à Oulain-de-Bâtor ?

9:07
Barbara Pompili

Elle considérait que la priorité pour elle était de se tenir aux côtés des Français pour gérer la situation en France, et puis je crois qu'elle me fait confiance pour faire avancer les négociations ici à Oulain-de-Bâtor.

9:20
Présentateur

Merci à vous, Barbara Pompili, d'avoir été en ligne avec nous ce matin. Et bonne journée à vous.

9:25
Barbara Pompili

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9:29
Présentateur

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