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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 57 min

MARION MARÉCHAL, the candid interview

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Est-ce que vous connaissez Marion Maréchal ? Évidemment, vous savez qu'elle est la tête de liste du parti de reconquête pour les élections européennes en juin prochain. Vous connaissez ses idées, ses combats auprès d'Éric Zemmour, vous savez qu'à 33 ans elle est une figure majeure de la droite en France. Mais, la connaissez-vous vraiment ? Vous a-t-elle raconté son enfance, ses études, sa vie de famille, son entrée à l'Assemblée Nationale à seulement 22 ans, ou comment chacune de ses étapes a forgé chez elle une ambition intime pour la France et bientôt pour l'Europe ? Vous croyez la connaître ? On va lui demander. Est-ce que vous pensez que les Français vous connaissent bien ?

0:31
Marion Maréchal

Alors, je pense qu'une partie des Français me connaît, pour ceux qui ont pu suivre la vie politique que j'ai menée, notamment lorsque j'étais députée de 2012 à 2017. Je pense que la nouvelle génération de Français me connaît moins bien, parce que forcément ils étaient jeunes ou adolescents lorsque j'étais députée, donc forcément moins connectés à la politique.

En revanche, ce que je crois, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup de faits, je le constate, ne seraient-ce que dans mon quotidien, n'ont pas encore tout à fait compris que j'étais aujourd'hui avec Éric Zemmour, à Reconquête, que je n'étais plus au Rassemblement National depuis maintenant plusieurs années déjà, ou même que j'étais tête de liste pour l'instant pour les Européennes. Donc c'est aussi l'enjeu de ce lancement de campagne tôt, c'est précisément de pouvoir éclaircir tout ça et faire connaître cette position.

1:18
Présentateur

Est-ce que ça vous arrive au quotidien de vous présenter aux gens ? Parce que je sais que ça paraît un peu difficile à imaginer pour nous, qui sommes la tête dans le journal en permanence, politisés ou non par ailleurs. Mais est-ce que pendant la dernière campagne législative, quand vous alliez tracter au quotidien, il y avait des personnes, vous deviez rappeler qui vous étiez ?

1:36
Marion Maréchal

Alors, assez rarement pour être honnête, de manière générale, les gens comprennent assez vite qui je suis. Maintenant, il m'est arrivé des choses cocasses. Parce que c'est vrai que parfois, les gens vous voient, ils savent qu'ils vous ont vu quelque part, mais ils ne savent plus où. Donc j'ai eu des échanges du type, « Mais si, si, on était ensemble à Mary Bell en 2008, non ? » Je vous assure que ce n'était pas moi. J'ai eu aussi deux choses très drôles. J'ai souvenir une fois d'un aller-retour entre Paris et Avignon, parce que j'ai été élue à l'époque dans le Vaucluse. Et je me rends au bar du TGV. Donc il y avait une longue file.

Et j'arrive devant la barmane, et qui me dit, « Ah non, ce n'est pas vrai, c'est vous. J'adore ce que vous faites, formidable. » Donc là, elle part dans une déclaration adorable, dithyrambique. Et elle conclut par, « J'ai tellement hâte que la prochaine saison de « Plus belle la vie » soit. Je vous assure que c'est vrai. » Et là, je ne connais pas cette série, je ne l'ai jamais regardée, donc je ne sais pas du tout à qui elle fait référence. Et elle me dit, « Est-ce que je peux avoir un autographe ? » Et je me dis, « Mais la pauvre, quand elle va se rendre compte qu'elle est repartie avec un autographe de Marion Maréchal-Le Pen, je pense que ça va être un peu spécial pour elle.

» Et je n'ai pas osé lui dire, en fait. Elle était tellement contente. Là, pour le coup, j'avoue que je l'ai laissée dans sa joie du moment, qui retombera au moment où elle dira, elle dira, son autographe. Et un autre truc qui m'est arrivé, pour le coup, plusieurs fois, et je vous assure que ça n'est pas de la vanité mal placée, mais à plusieurs reprises, des gens, notamment des jeunes filles, m'ont pris pour Élodie Gossoy. Et ça m'est arrivé une fois à l'aéroport, où elles sont venues me voir, « Ah, Élodie, est-ce qu'on peut... » Alors là, je leur ai dit quand même que ce n'était pas moi. Et vous dites qui vous êtes après ? Et là, en l'occurrence, oui, je leur ai dit tout à fait.

Et j'ai trouvé ça assez flatteur. Voilà, ancienne Miss France. Et pour dire... Je tiens à vous dire que je ne délire pas et que ce n'est pas un mensonge. Je tiens à vous dire qu'un jour, j'ai vu Élodie Gossoy interviewée chez Ruquier. Et je ne sais pas pourquoi, le sujet des sosies arrive. Et elle dit, « Eh bien, écoutez, ça m'est déjà arrivé qu'on me prenne pour Marion Maréchal Le Pen dans la rue. » Voilà, donc ce n'est pas un délire personnel, je tiens à le dire. Donc, indépendamment de ces moments un peu cocasses, et j'en ai plein en tête, de manière générale, les gens, quand même, une fois plus, sauf la plus jeune génération, identifient assez vite qui je suis.

3:56
Présentateur

Est-ce que je vous pose cette question, parce que j'ai enquêté sur vous, et j'ai appris, j'ai enquêté sur vous, absolument, et j'ai appris que vous preniez encore les transports en commun, toute seule. Ça vous arrivait encore ?

4:08
Marion Maréchal

Oui, ça m'arrive. J'ai une vie tout à fait... Moi, je n'ai pas de garde du corps, je n'ai pas de chauffeur. Je vais chercher mes filles à l'école.

4:16
Présentateur

Mais on vous imagine mal d'être interpellée en permanence dans les transports en commun ?

4:21
Marion Maréchal

Alors, ça m'arrive. Maintenant, je fais quand même attention, notamment vis-à-vis de mes filles. Vu les circonstances actuelles, ça ne vous étonnera pas que... Mais je ne peux pas m'installer dans une psychose. Et puis, par ailleurs, je me suis toujours dit, si je n'ai plus le courage de vivre au milieu de mes compatriotes, il faut que j'arrête de faire ce que je fais, parce que ça va être compliqué. Donc, évidemment, on fait quand même plus attention. Mais j'ai une vie, on va dire, tout à fait classique. Et surtout, je n'ai pas envie, justement, de m'enfermer dans une bulle. Parce que c'est comme ça, de manière générale, qu'on se déconnecte.

Et puis, je tiens quand même à dire qu'objectivement, je touche du bois, mais jusqu'ici, si, de manière générale, même si ça m'est arrivé d'avoir quelques accrochages, l'immense majorité des gens qui se manifestent à moi viennent le faire avec des réactions de bienveillance et de soutien. Et d'ailleurs, plus les années passent et plus ces manifestations sont nombreuses, c'est donc bien, d'ailleurs, la démonstration que l'état d'esprit de la population évolue, d'ailleurs.

5:16
Présentateur

Alors, on va revenir sur le point de départ de votre carrière politique. Alors, peut-être qu'il y en a d'autres. Je ne parle pas du début du militantisme ou du début de votre culture politique, etc. Pendant votre enfance ou votre adolescence, mais votre élection en 2012 aux législatives. Vous avez 22 ans. Vous quittez vos études pour cette élection-là et vous devenez la députée la plus jeune de l'histoire de la Ve République. Quel souvenir vous en gardez de cette campagne ?

5:47
Marion Maréchal

Alors, déjà, un souvenir un peu vertigineux parce qu'il faut voir d'où je pars à l'époque. Donc, je suis étudiante en droit en Master 1 à Paris. Je suis étudiante en droit en Master 1 à Paris. Je suis engagée en politique, mais en tant que simple militante. Je n'ai pas tenu spécialement à avoir de responsabilité, d'ailleurs, dans le mouvement. Je ne me fais pas remarquer. J'avais eu un bref passage aux élections régionales précédentes, mais sur une place non éligible, qui avait fait un peu parler à l'époque, mais qui m'avait un peu dépassée, d'ailleurs. Et j'en avais été un peu refroidie parce que j'avais été un peu débordée par les événements. J'avais 19 ans à l'époque.

Et il se trouve que les élections législatives approchant, mon grand-père, donc Jean-Marie Le Pen, m'enjoint à me présenter. Et j'ai été un peu dépassée par les événements. Et mon premier réflexe, c'est évidemment de dire non. Enfin, je ne vais pas aller me présenter aux législatives parce que, d'autant plus qu'il me demande d'aller me présenter à Carpentras. Donc, dans le Vaucluse, Carpentras, qui est un... Je n'ai aucune origine vauclusienne. Moi, je suis bretonne d'origine.

6:41
Présentateur

Mais mon parti a une histoire particulière avec Carpentras.

6:43
Marion Maréchal

Voilà, exactement. Mon parti a une histoire... Enfin, mon ex-parti a une histoire particulière puisque, en l'occurrence, dans les années 90, il y a eu la sordide affaire du cimetière juif profané de Carpentras, dont il s'avéra plus tard, d'ailleurs, que ça n'avait évidemment aucun lien de près ou de loin avec le Front National, que le pauvre M. Germont, dont la sépulture avait été profanée à l'époque, lui-même, d'ailleurs, était un adhérent et un soutien du Front National. Mais le gouvernement de l'époque accuse le Front National d'être à l'origine de cette profanation en alimentant, soi-disant, des discours nauséabonds. Bref, j'en passe.

Sauf qu'il y a vraiment un avant et un après dans la diabolisation. Ça entraîne une manifestation monstre à Paris, auquel participe d'ailleurs le président de la République, ce qui est assez inédit. On voit des effigies de Jean-Marie Le Pen qui sont empalées sur des bouts de bois. C'était extrêmement violent. Extrêmement violent. Et donc, c'est vrai que, pour moi, ce mot résonnait comme quelque chose de très négatif, de sordide. Et mon grand-père, à l'époque, me dit « Il faut que tu ailles là-bas, parce qu'il faut que tu ailles laver le nom Le Pen. » Bon. Il me semblait tout à fait, évidemment, inaccessible.

Bon, après plusieurs échanges épistolaires avec mon grand-père, et croyez-moi, c'est pas très facile de dire non à Jean-Marie Le Pen, il finit par m'écrire une lettre que j'ai gardée, et qui... qui a des mots assez forts, et qui me dit « Voilà, Marion, avec l'éducation que tu as reçue, avec la famille que tu as, tu n'as pas le droit de renoncer au combat. Tu te dois de montrer l'exemple. Si même notre famille à nous ne s'engage pas, comment demander aux Français de s'engager ? Et puis, il conclut par une phrase un peu vicieuse, j'ai envie de dire, en disant « Mais de toute façon, si tu es une vraie Le Pen, tu y vas. » Voilà, tout qui se mêle.

Le sens du devoir, et puis en même temps, l'orgueil, quand même, voilà. Et puis... Donc, je me résous à y aller, et je pars vraiment, comme je vous le dis, c'est-à-dire avec un copain comme directeur de campagne, mon sac à dos, et je débarque et je rentre. Enfin, que je ne connais pas. Et puis là, j'ai eu la chance d'avoir...

je ne sais pas, une convergence de choses, une équipe qui s'est constituée très rapidement, une mayonnaise, si je puis dire, qui a pris, un lien particulier qui s'est fait avec les Vauclusiens tout de suite, un contexte politique favorable, et voilà, j'ai vécu cette campagne de manière éclair, intense, je vis d'ailleurs un moment très particulier, je remonte à Paris pour passer mes examens de droit, écrits, donc je fais des allers-retours pendant la campagne, je renonce à mes oraux, parce que je me dis que je ne peux pas faire les écrits et les oraux, et voilà, et donc je suis élue, et je passe les oraux en septembre, donc je suis élue députée, je passe mon été à bachoter mes oraux, et j'arrive donc à Assas, ma faculté de l'époque, pour passer mes oraux, en septembre, avec les professeurs qui n'ont pas manqué de faire quelques réflexions assez drôles, en disant « Ah, la représentation nationale arrive !

Parlez-moi de finances publiques, Madame le député ! » Donc, je peux vous dire que là, je n'en menais pas large, parce que je me dis, si je rate ces examens, je suis ridicule !

Heureusement, j'ai eu ces examens, et ça s'est bien passé, mais voilà, en tout ça, pour résumer, c'est une période extrêmement intense, tellement rapide que je n'ai pas le temps, en fait, de l'analyser, je marche, quoi, j'apprends en marchant, et je suis élue députée, j'arrive à l'Assemblée, c'est un moment aussi très, très particulier, presque éprouvant, un peu psychologiquement, parce que je me souviens de ce moment, je suis secrétaire d'Assemblée, parce que je suis la plus jeune, et donc les 577 députés doivent, enfin 60-76, doivent passer devant moi pour voter pour le président, et à l'époque, je ne sais pas, 80%, voilà, ne me serrent pas devant.

Ils me passent devant, avec mépris ou indifférence, et je me dis, waouh, voilà, ça va être très long pendant 5 ans.

10:36
Présentateur

Et à propos de la campagne, vous parliez de ce lien que vous avez réussi à avoir avec les habitants, est-ce que ça vous a conforté à l'idée que la diabolisation est une affaire parisienne qui ne concerne que l'espace médiatique, et qu'au final, les gens que vous rencontrez dans la rue n'ont pas forcément la même idée que se fait la doxa dominante ? Ce qui est tout à fait

10:54
Marion Maréchal

vrai, c'est que la perception par les Français n'est pas la même que le petit monde politico-médiatique parisien, c'est absolument évident, les gens sont relativement imperméables, d'ailleurs, aux arguments ou aux effets de diabolisation, et puis surtout, on était dans un territoire, rappelons-le, qui cumulait beaucoup de...

Moi, j'étais élue dans une partie du Vaucluse qui était une partie d'un territoire en difficulté, je n'étais pas dans le Luberon avec les résidences secondaires des stars, donc c'est vrai que ça a cumulé problèmes migratoires, problèmes sécuritaires, problèmes de chômage, un territoire qui était très riche il y a encore quelques décennies et qui s'est effondré en même temps que, d'ailleurs, l'agriculture, qui portait notamment ce territoire, et donc, des gens qui, dans leur quotidien, vivaient suffisamment de difficultés pour ne plus supporter de recevoir des leçons et des explications sur leur situation.

Donc, oui, plutôt, et puis on était dans un département avec une histoire particulière, qui était l'un des départements qui a reçu les premiers l'immigration économique au départ pour, justement, le maraîchage. Donc, ils connaissaient cette problématique depuis longtemps. Donc, pour toutes ces raisons-là, oui, ils étaient assez insensibles à ce que Paris pouvait leur dire et puis c'était l'un des départements poujadistes de l'époque, l'un des premiers départements poujadistes à l'époque de Poujade.

Donc, quand même, avec cette mentalité très terrienne que l'État sorte les mains de nos poches, nous laisse bosser, nous laisse tranquille, c'est un territoire de gens qui travaillent, de gens enracinés, voilà. Donc, c'est vrai que du coup, la réception là-bas a été plutôt facile

12:32
Présentateur

par la population. Qu'est-ce que vous vous dites dix ans plus tard ? Est-ce que c'était inconscient de s'engager dans cette bataille avant deux ans ?

12:40
Marion Maréchal

C'était... C'était audacieux. C'était audacieux, mais en fait, il faut comprendre aussi, à l'époque, personne n'imagine que je pourrais gagner. Et pas même moi. Et d'ailleurs, ça fait à l'époque, on a oublié, donc je rentre à l'époque avec Gilbert Collard, nous sommes deux, il n'y avait plus de députés depuis 1986. Donc, ça fait un événement politique majeur. Quand j'arrive à l'Assemblée nationale, il y a une nuée de journalistes. Personne ne s'y attendait. Donc, c'est vrai qu'au départ, probablement j'y vais sans mesurer ce que ça implique. Voilà, et puis après, je suis lancée dans le bain, et puis là, il faut assumer.

13:20
Présentateur

5 ans de mandat, au final, c'est une expérience éprouvante à laquelle vous avez l'impression d'être pointée du doigt en permanence.

13:28
Marion Maréchal

Je ne dirais pas éprouvante, parce que c'était extrêmement enrichissant. Formateur, évidemment. Je ne vais pas vous dire que les moments à l'Assemblée étaient agréables. On était très isolés, on était deux. Ça a participé d'une grande forme de frustration, parce que moi, j'ai passé 5 ans dans l'opposition. Et je me suis dit, l'opposition, c'est très bien, mais ça ne sert à rien. Évidemment, heureusement qu'il faut qu'il y ait une opposition, parce qu'on est les porte-parole de gens qui ne sont pas d'accord avec le gouvernement. Et puis, c'est évidemment la manière de préparer, peut-être demain, une accession au gouvernement.

Mais ça m'a vraiment confortée dans l'idée de dire que je veux me donner les moyens de gagner et que nos idées gagnent. L'opposition confortable, ça n'est pas possible, ça n'est plus possible. Les défaites glorieuses, ça n'est plus possible. Cette frustration, elle est aggravée au moment des élections régionales de 2015. À ce moment-là, je suis candidate pour le Rassemblement national en Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est le meilleur score de l'époque du Rassemblement national. Front national à l'époque. Front national, tout à fait. Et près de 47%. On a une avance considérable au premier tour. Cette élection n'est pas perdable, d'ailleurs, quand on discute avec les sondeurs de l'époque.

C'est quelque chose d'incroyable qui se passe, et on perd. Et on perd à 47%. Alors oui, c'est une très belle victoire, c'est formidable, mais à la fin, qu'on perde à 42 ou à 47 ou à 49, on perd. Et le résultat derrière, il est pareil. Et je me rends compte qu'en fait, au deuxième tour, on n'arrive pas à transformer l'essai. On progresse, mais on est trop isolés. On n'arrive pas à gratter au-delà et puis à contrer la diabolisation qui se met en place à l'époque avec des réseaux dans la société civile puissants.

Et ça, j'en ai tiré plein de leçons politiques qui ne sont pas d'ailleurs totalement décorrélées des choix que j'ai faits après et même de la stratégie que j'ai toujours défendue politiquement, qui est celle notamment de l'alliance des droites, que je défendais déjà d'ailleurs à l'époque au Rassemblement national.

15:18
Présentateur

Et quand vous êtes à l'Assemblée nationale, vous prenez une alliance avec l'UMP que personne ne vous octroie ?

15:24
Marion Maréchal

Oui, je veux à l'époque, enfin je dis, je fais toujours le même discours d'ailleurs, je dis, je constate, on n'arrive pas, on ne peut pas gagner seul. Le parti unique, ça ne marche pas. Ça n'a jamais marché pour personne dans l'histoire de la Ve République. Tous ceux qui arrivent au pouvoir le font dans le cadre de coalitions, alors sous des formats différents. Mais je ne crois pas à cette idée. D'ailleurs, le Front national à l'époque de Jean-Marie Le Pen lui-même en avait conscience. Il y a eu des tentatives d'alliance avec l'UDF, le RPR.

Je ne crois pas du tout à cette mentalité de citadelle qui dit que voilà, il faut absorber tout le monde et que le parti peut lui-même, comment dire, porter la voix de tous les courants qui peuvent exister ne serait-ce qu'au sein de la droite. Et à l'époque, je tente des ouvertures. Je suis par exemple au législatif pour faire non pas des listes noires de gens qu'il faut absolument battre mais des listes blanches d'un certain nombre de députés UMP proches des idées ou en tout cas partageant l'essentiel en disant on ne présente pas de candidats face à eux. Parce que bon voilà, il vaut mieux les avoir avec nous et il vaut mieux que ce soit eux qui soient élus. Bon, ça n'est pas souhaité.

Moi je suis même de celle, alors à l'époque je suis un peu jeune on parle bien d'avant, mais qui regrette qu'il n'y ait pas face à François Hollande l'appel à voter pour Nicolas Sarkozy. Non pas d'ailleurs qu'il n'y ait pas d'immenses choses à reprocher Nicolas Sarkozy. On pourrait en faire le bilan bien sûr. Mais je considère qu'entre la gauche de François Hollande et Nicolas Sarkozy il y a quand même un moindre mal.

Et que si à ce moment-là le choix est fait d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy, au-delà du fait, l'idée ce n'est pas de se rendre comptable de ce qu'il a fait avant, mais c'est la possibilité peut-être du coup d'intégrer une majorité et à partir de là de pouvoir peser sur cette majorité, changer les choses. Parce qu'une fois de plus, être dans l'opposition parfait, mais à la fin des fins, on est toujours

17:06
Présentateur

au même plan. Donc ce mandat conduit à une forme de désillusion même si vous expliquez que c'est une expérience très enrichissante qui fait que vous décidez de vous retirer de la vie politique en 2017. Euh... Je me trompe pas si je dis qu'il y a une forme de désillusion et de rejet de la vie politique ?

17:22
Marion Maréchal

Il y a plusieurs choses cumulées. Déjà, il y a une dimension personnelle. Je suis maman d'une petite fille à l'époque. Je... Je plante mon mariage parce que je ne suis pas assez là, parce que je ne suis pas assez présente, assez dans mon couple, dans ma famille. Parce que la politique, je suis jeune, elle me dévorbe, elle m'absorbe, elle me passionne et je n'ai pas la maturité, je pense, de faire la part des choses à ce moment-là. Et donc je le vis très durement. Je me sépare du père de ma fille et je me rends compte qu'elle est toute petite, je ne lui ai pas consacré assez de temps. Donc ça, c'est une première chose qui vraiment me perturbe. J'ai par ailleurs un...

Je vois de moins en moins mes amis, mes amis historiques. J'ai des amis de lycée, des amis d'enfance et je suis absorbée par la vie politique. C'est souvent la tendance. C'est pour ça qu'on dit que les politiques sont souvent dans des bulles on a tendance à s'entourer de gens qui ne font plus que de la politique et qui ne sont plus que sur le même rythme. Donc on parle tout le temps politique, on mange politique matin, midi et soir et tout le reste disparaît. Et à ce moment-là, j'ai quelqu'un dont j'étais très proche, qui a été l'un des premiers amours de jeunesse avec qui j'ai vécu, qui se suicide. Et je devais le voir et je ne l'ai pas vu parce que je n'ai pas pris le temps.

Et je me dis, ça c'est prise de conscience sur prise de conscience. Donc ça c'est la dimension personnelle. Et puis en parallèle de ça, j'ai l'impression que je m'éloigne de l'essentiel et je me dis qu'on ne peut pas défendre sa grande patrie si on n'est même pas capable d'assumer ses devoirs à l'égard de sa petite patrie qui sont quand même sa famille et des gens qui en doivent des choses, qui sont des amis, qui sont des gens vrais qui ne nous lâcheront pas quand les choses iront mal en politique.

Et puis la deuxième chose, c'est que j'ai la dimension politique, que je vis mal, non pas parce que je suis dans l'opposition et que c'est dur, à l'époque, parce que je me sens isolée, je me sens pas libre de pouvoir défendre ce en quoi je crois à l'époque sur le plan idéologique et sur le plan stratégique. Sur le plan idéologique, je ne suis pas d'accord avec la position européenne de l'époque qui était la sortie de l'euro en six mois. Je suis déjà de celles qui utilisent le mot grand remplacement. Je me fais taper sur les doigts à l'époque.

19:36
Présentateur

Vous n'êtes pas sur la ligne de Florian Philippot.

19:38
Marion Maréchal

Ça voilà, exactement. Je n'ai pas la même position économique. Probablement voilà, moins éstatiste, plus attaché à la discipline budgétaire, aux réductions des dépenses d'État, à vouloir lutter contre la cistana. Et le problème, c'est qu'à la limite, si j'avais eu le droit de défendre ça dans le cadre d'un courant, mais ce n'est pas du tout la mentalité de l'époque. Les courants n'ont pas le droit d'exister, il n'y a pas une tête qui doit dépasser. C'est un sujet de conflit régulier dont les journalistes s'emparent, s'est monté en épingle. Du coup, ça se passe mal avec Marine et l'entourage. Je le vis mal en fait. Par ailleurs, il y a cette divergence stratégique.

Avec la droite, il n'y avait rien à faire. C'était nous contre tous. Quand je vois tout ça, plus la dimension perso, je me dis, je vais faire autre chose de ma vie. Je le vis plutôt bien à ce moment-là, ça me paraît évident. Si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais. Parce que la politique, on sait comment ça marche. Plus on y reste longtemps, plus c'est compliqué. D'ailleurs, ça n'a pas été facile derrière. J'ai envie de voir autre chose. J'ai envie de respirer. J'ai envie d'avoir une aventure entrepreneuriale. J'ai envie d'avoir d'autres compétences. Ça me paraît être une évidence à un moment donné. Ce départ n'est pas compliqué pour moi. J'en suis très heureuse.

Je ne le regrette pas, même maintenant.

20:56
Présentateur

Il est compris par votre entourage, à la fois au sein du Front National, mais vos amis, vos proches, et même l'opinion publique. Vous avez l'impression qu'on vous comprend dans cette démarche ?

21:06
Marion Maréchal

La plupart des gens, non. Certains le vivent mal. Beaucoup m'en veulent même, notamment dans le Vaucluse. Pour ceux qui me connaissent et à qui j'ai le temps d'expliquer, oui, bien sûr, ils le comprennent. Ça ne veut pas dire qu'ils en sont heureux et qu'ils l'acceptent. À l'époque, j'ai la vie politique devant moi. Mon destin est un peu tout tracé, y compris à l'intérieur du mouvement. Je suis la petite fille du fondateur. Il y a plein de choses évidentes. Mais moi, je n'ai pas de doute. Je sais que la politique est quelque chose qui fera partie de ma vie. Mais à ce moment-là, je ne suis pas dans une stratégie. Je ne suis pas dans un calcul. J'ai envie de ça. J'ai besoin de ça.

Et je le fais. Et j'en suis très heureuse.

21:48
Présentateur

À propos de votre vie de famille dont vous avez parlé, l'envie d'être présente pour vos filles, etc. Est-ce que le confinement vous a aidé ?

21:56
Marion Maréchal

Moi, j'ai très mal vécu le confinement. Je ne vais pas vous dire que je l'ai vécu comme un moment de pause joyeuse familiale. Le délire dans lequel on est entré à ce moment-là, les atteintes aux libertés fondamentales sans aucune mesure retenue, rationalité, je ne l'ai pas bien vécu maintenant. Ces cinq ans, oui, je les ai bien sûr vécues à côté de mes filles. D'ailleurs, je me suis remariée. J'ai fait une autre petite fille. Donc j'ai passé du temps et j'ai tiré beaucoup de leçons de cela. C'est-à-dire que même aujourd'hui, je ne referai pas les mêmes erreurs. Je ferai toujours la part des choses entre mes devoirs personnels, mes devoirs politiques.

Et je pense avoir beaucoup plus de recul et de sérénité sur le rouleau compresseur que peut être la politique parfois. Et donc savoir garder la tête froide

22:42
Présentateur

là-dessus. Comment avez-vous réorganisé votre quotidien pour être à la fois à la maison, à la fois sur les plateaux,

22:50
Marion Maréchal

et tête de liste ? De temps en temps, je dis non à des choses. Je sais que la politique ne s'arrêtera pas de vivre si je n'ai pas fait le tweet dans l'heure, si je n'ai pas fait telle émission tel jour. Il y a une espèce de frénésie dans la vie politique. On a le sentiment que si on ne fait pas ça, c'est terrible parce que les autres ont réagi et nous, on n'a pas réagi. Et si on ne fait pas telle émission, tout va s'arrêter. C'est de la constriction pas à pas. Et que parfois, les gens ont du mal à se projeter à moyen long terme. Il faut être capable de sortir un peu la tête de l'eau. C'est une question d'organisation.

Je ne dis pas que tout est parfait, je ne dis pas que je fais tout bien, loin de là. Je pense que c'est plus le canalisé

23:32
Présentateur

qu'à l'époque. A propos de cette pause en politique, pendant 5 ans, vous êtes observé de près. Vous êtes attendu par la droite, vous êtes espéré. Vous faites des enquêtes, des articles en permanence pour savoir ce que prépare Marion Maréchal alors que vraisemblablement, vous ne préparez rien sur le court terme. Comment vous le vivez, cette attente ?

23:52
Marion Maréchal

Je le vis avec un certain détachement parce que je sais que c'est une phrase de De Gaulle, mais que l'éloignement crée le prestige. Les Français adorent les politiques qui ne sont plus en politique. Ils les aiment toujours plus quand ils n'y sont plus que quand ils y sont. Le fait d'avoir une parole rare, les gens projettent sur vous toute forme d'attente, toute disposition. Franchement, je le vis avec un certain détachement. Je fais très peu d'émissions. Je me passe très bien de la vie publique. La notoriété, ce n'est pas du tout quelque chose qui me plaît, qui m'excite. Honnêtement, je le vis d'autant plus sereinement que j'ai grandi avec la vie publique du fait d'une famille exposée.

C'est quelque chose qui a toujours fait partie de ma vie. Ça ne me grise pas. Je m'en passe très bien. C'est quelque chose qui me met au fond de moi une certaine pression. On revient à ces mots qui ont fait tilt de mon grand-père lorsque je me présente. Ce sentiment de dire « Tu as quelque chose entre les mains. Qu'est-ce que tu en fais ? Qu'est-ce que tu fais de cette attente, de ces talents que les gens te prêtent ? » Ça finit par me travailler. Preuve en est, d'ailleurs, je fais ce choix parce qu'à un moment donné, je me dis que je ne peux pas rester à côté. Ce serait une forme d'égoïsme. Mais, je prends le temps durant ces années de m'éloigner de la politique.

Je monte cette école de sciences politiques et de management. Je la fais grandir. Je reprends aussi les études. Je fais un master en formation continue à l'EM Lyon en management. Je ne viens pas du milieu entrepreneurial. Je n'ai pas fait ce genre d'études. J'ai fait du droit. Quand je me dis qu'il faut monter cette école avec une équipe, je me dis qu'il faut que j'aie un peu de compétences dans le fait de monter un projet. Compétences comptables, économiques. Je vais faire ce master en formation continue pendant un an et demi en parallèle. Je regarde ça et à la fin,

26:10
Présentateur

ça finit par me mettre une pression. Est-ce que l'entrepreneuriat dès 2017 vous monte un master sur le management ? Il y a là-dedans une quête de comprendre et savoir ce qu'est l'autorité

26:24
Marion Maréchal

pour être une grande chef plus tard ? Non, je ne le vis pas comme ça. Au départ, je fais partie de la génération Manif pour tous. Je me suis engagée au moment du mariage et de l'adoption homosexuelle de Tobira. Je fais partie de cette génération qui prend conscience à l'époque de l'importance du combat culturel. Notamment par la défaite de fait politique malgré la mobilisation de 2 millions de gens, une ferveur, un enthousiasme. On se rend compte que les combats ne sont pas suffisamment anticipés et menés dans la société civile. Tout est attendu de l'Etat et du combat électoral qui est indispensable.

Les combats d'opinion se font aussi par la société civile et de manière très concrète par des initiatives. À partir de ce moment-là, j'ai toujours en tête une intime conviction qui ne m'a jamais lâchée. Pour moi, les 2 combats qui peuvent changer les choses c'est le combat électoral qui peut changer les choses par le haut mais c'est aussi le combat par le bas par la société et notamment et peut-être même principalement par la question de l'éducation et donc de l'enseignement.

Je ne suis pas capable de faire la politique électorale mais j'ai dans ce cas-là monté des initiatives éducatives d'enseignement parce que c'est là qu'on va créer des sanctuaires de conservation, de transmission, de résistance et c'est là qu'on va pouvoir sauver tout ce capital immatériel qui est en train d'être détruit, d'être abandonné, sali, oublié d'être culpabilisé et qu'on va pouvoir transmettre aux enfants. C'est là qu'on va pouvoir continuer à former une élite. Au relativisme ambiant et à transmettre le vrai le beau, le juste. Pour moi c'est le combat central. Vous croyez en la subsidiarité ?

Oui, je pense que quand tout s'effondre il ne faut pas que le citoyen ou attendre tout d'un homme providentiel ou de l'Etat. Il doit se prendre en charge, en main et lui-même il doit se dire qu'est-ce que je peux faire pour pallier concrètement à ça. Le jour où on est au pouvoir réformer l'éducation nationale c'est très bien de faire en parallèle, en miroir l'effondrement de ça. Bref, j'avais toujours cette idée en tête et donc ça a été assez évident pour moi. J'ai passé quelques mois à chercher un travail dans le privé mais vous savez quand vous êtes maréchal pas quelque chose de très facile même ouvrir un compte en banque c'est pas très facile quand vous êtes

28:58
Présentateur

une personne politique exposée.

29:00
Marion Maréchal

Il y a beaucoup de refus. Oui, je n'arrivais pas à ouvrir un compte en banque c'est des petites choses mais du coup quand je me dis j'avais cette idée d'entrepreneuriat depuis longtemps autour de l'éducation, je me dis on y va. C'est le moment, arrête de te poser des questions ça ne va pas être simple, tu vas t'exposer les journalistes t'attendront tournant pour dire que c'est nul, que c'est raté. Je le fais, j'ai envie et il y a une fois de plus une conjoncture particulière qui fait qu'à ce moment-là j'ai un autre ami qui lui a une idée un peu similaire, en tout cas complémentaire on mixe nos deux idées.

Je pense évidemment à Thibault Meunier qui est aujourd'hui le nouveau directeur général et on crée l'ISEEB. On y va, on lève des fonds et puis cette école crée un enthousiasme on a beaucoup de soutien privé on a des étudiants qui sont au rendez-vous et avec les années une filiale sera montée en Espagne, un projet aujourd'hui est en Italie, on a des partenariats dans différents pays, notamment la Pologne et la Hongrie donc c'est un projet qui vit et qui tient ses promesses parce que les étudiants derrière 1. en sont heureux

30:04
Présentateur

ça vous révolte pas d'être refusé pour ouvrir un compte en banque d'être diabolisé quand vous lancez une école comment vous avez passé ce cap-là ?

30:14
Marion Maréchal

Je vais vous dire ça ne me traumatise pas outre mesure parce que moi j'ai grandi dans une famille depuis l'enfance où l'adversité était quand même omniprésente on a toujours été en ce qui concerne Marine Le Pen fille 2, moi petite fille 2 dès l'école publique, moi je suis en produit de l'école publique j'ai fait que 2 ans en privé dans toute ma scolarité j'ai fait la fac donc même après le bac j'étais dans le public donc en fait on a grandi dans cette opposition on a grandi en devant toujours se justifier et d'ailleurs même à l'époque enfant de choses dont on n'était pas responsable donc je pense que ça a toujours fait partie de nos vies ce qui fait qu'à partir de là il y a quand même un relatif détachement sur le jugement sur la mise au banc ou même sur les difficultés du quotidien et puis surtout à côté de ça parce que là je vous parle des petites difficultés mais à côté de ça ça m'a tellement apporté à côté qui aujourd'hui dans sa vie dans son travail ou sa fonction en l'occurrence son mandat a la chance de pouvoir le matin être avec un chef d'entreprise qui exporte à l'international à midi avec un professeur, le soir avec un agriculteur, toute génération des hommes, des femmes c'est un enrichissement extraordinaire j'ai vu des choses jeunes incroyables j'ai pu visiter la base de Toulon j'ai pu me rendre dans des prisons j'ai voyagé à l'international donc je ne vais pas me plaindre de la situation parce que je trouve que le combat politique apporte beaucoup plus, enrichit beaucoup plus même personnellement, humainement moralement qu'il et oui à côté de ça il y a des difficultés mais en même temps on veut aussi la chandelle parce que derrière si c'est difficile il y a des difficultés en parallèle de ce que demain ça peut avoir comme effet à l'échelle du pays quand je sais que moi je me lève le matin et encore aujourd'hui c'est ce qui m'anime, je le fais pour mes filles je le fais parce que je ne veux pas qu'elles aient à faire ce que je n'aurais pas fait c'est à dire que je ne veux pas qu'elles aient à assumer des choix que je n'aurais pas fait ou qu'elles aient à assumer des renoncements que j'aurais eu ou une lâcheté ou une facilité j'ai pas envie qu'elles qu'elles aient à pallier finalement mes carences et donc c'est ce qui m'anime tous les jours et en parallèle de ça bon c'est pas très grave

32:42
Présentateur

Est-ce que vos filles aussi iront à l'école publique pour vivre ce que vous avez vécu

32:46
Marion Maréchal

ou vous allez les éduquer différemment ?

Alors non, moi j'ai mis mes filles à l'école privée je vais vous le dire pour le coup sans aucun scrupule je regrette beaucoup de ce qui se passe aujourd'hui parce qu'évidemment l'école privée paraît censée payante donc c'est très injuste pour aujourd'hui les français qui n'ont pas les moyens de se payer l'école je vais pas me lancer sur aujourd'hui la vision que j'aurais de l'éducation mais moi je veux pas je veux que mes filles sachent lire, écrire, compter je veux qu'elles connaissent leur histoire je veux pas qu'elles soient victimes de toutes les propagandes LGBT et woke qui sévissent à l'école je veux pas qu'on leur explique qu'elles sont racistes parce que leur mère est contre l'accueil des migrants clandestins enfin non je veux pas ça voilà j'ai eu des profs aussi probablement d'une manière moindre que ma mère ou mes tantes mais enfin quand même j'ai eu des profs qui se sont très mal tenus disons-le je dis pas que ce serait forcément comme ça aujourd'hui et que tous le sont il y a des profs qui se tiennent très bien mais aujourd'hui l'éducation nationale est en faillite et donc moi je vais pas simplement par principe pour mettre mes enfants à l'école publique alors que j'ai toujours combattu tout ce qui aujourd'hui entraîne cette faillite je vais pas faire payer ça à mes enfants et je considère que c'est une école privée et de fait ce sont des écoles exigeantes mais qui sont capables par des choses toutes simples des recettes connues qui étaient celles qui fonctionnaient avant d'avoir un très bon niveau c'était l'une des écoles que j'ai faites quand j'étais jeune la seule école privée que j'ai faite c'est à dire en l'occurrence cette école en effet est tenue par des religieux c'est une école catholique dans laquelle je retrouve finalement des recettes classiques c'est à dire il y a l'uniforme déjà la blouse qui est obsédée par les marques c'est une école mixte aux primaires mais de filles après ce qui évite qu'en effet les jeunes gens se déconcentrent sur des choses et puis ça laisse aussi émerger des camaraderies différentes même si moi je ne suis pas une obsédée de la fin de la mixité mais je constate qu'en l'occurrence il y a des enfants à qui ça convient bien et puis tout simplement c'est beaucoup de dictées beaucoup d'étiquetures beaucoup de par-coeur l'histoire chronologique méthode syllabique de lecture de l'autorité mais aussi de la valorisation croix du mérite quand un enfant a de bons résultats on le valorise, on le montre on n'a pas peur d'être exigeant à l'égard des enfants on n'a pas peur de les noter mais on les note justement pour les faire progresser donc les tirer vers le haut donc voilà tout ça finalement une fois de plus c'est pas révolutionnaire il n'y a pas de politique à l'école pas d'intervention intempestive de je ne sais quelle association subventionnée par l'argent public pour expliquer aux enfants qu'ils peuvent changer de sexe donc les enfants sont concentrés sur l'essentiel et voilà moi j'aimerais que demain par le combat que je mène on puisse offrir par l'éducation nationale gratuite et accessible à tous cette exigence et cette réussite

35:50
Présentateur

je reviens sur la politique puisque dans quelques mois auront lieu les élections européennes qu'est-ce qui est plus difficile pour vous entre être candidate avant 22 ans pour les législatives pour le front national à une époque où le front national est encore diabolisé et être tête de liste aux européennes avec une équipe derrière puisqu'il y a une dimension collective dans ce type d'élections laquelle des échéances est plus compliquée à aborder

36:18
Marion Maréchal

c'est assez différent parce que les défis quand j'ai 22 ans ce sont des défis presque plus personnels parce que je suis pas armée pour affronter tout ça je suis jeune j'ai forcément une forme d'immaturité je suis pas expérimentée aujourd'hui j'arrive à 33 ans j'ai acquis une expérience et des compétences donc je suis probablement mieux armée là-dessus en revanche le défi est plus difficile il faut que je reparte de zéro il faut tout reconstruire j'ai arrêté la politique pendant 5 ans je suis sortie du jeu pour beaucoup de gens qui n'ont pas forcément identifié qui ne me connaissent pas forcément qui ne connaissent pas forcément ce que je pense voire qui ne savent pas aujourd'hui où je me situe il faut tout reconstruire dans une aventure politique nouvelle aujourd'hui avec Eric Zébour c'est un tout jeune parti qui a 2 ans d'existence alors qu'il est un très bel outil aujourd'hui qui est prêt pour ses élections on a eu une année assez ingrate justement parce que c'était une année de coulisses de construction il a fallu mettre en place les fédérations former les cadres et installer tout le fonctionnement classique d'un parti donc il faut tout reconstruire et là pour le coup je ne peux compter que sur moi-même et mes nouvelles équipes il n'y a pas de marque à l'époque forcément je vais pas mentir, je bénéficie d'une marque du Front National qui a plus de 40 ans d'existence et qui du coup dans l'esprit des Français spontanément renvoie à l'immigration à l'insécurité donc des thématiques très bien identifiées d'ailleurs les gens ne perçoivent pas forcément les évolutions il y a des mots instantanément qui viennent sur cette marque et puis je bénéficie d'une autre marque indéniable qui est celle du nom Le Pen je ne veux pas m'enlever tout mérite dans l'élection je reviens dans l'élection quand je suis députée en 2012 mais de fait évidemment que ça joue ce serait mentir de dire le contraire ne serait-ce que par l'attraction médiatique que ça suscite donc l'enjeu national que ça devient et aujourd'hui j'ai choisi une voie différente donc je ne peux compter que sur moi-même d'une certaine manière et pas sur ces marques

38:20
Présentateur

Et à propos de cette élection en 2019 il y avait un taux d'abstention d'à peu près 50% vraisemblablement ça devrait être identique si ce n'est plus dans quelques mois qu'est-ce que vous comptez faire sur les mois qui arrivent ? pour rendre la politique plus attrayante et pas uniquement source de conflit, d'hostilité

38:38
Marion Maréchal

mais il y a un enjeu sur déjà la bonne compréhension de ce qu'est cette élection et de ce qui peut se jouer derrière parce que là beaucoup de gens l'abordent uniquement comme une compétition strictement nationale ou une simple compétition avec Emmanuel Macron et évidemment que ça fait partie de la dimension mais derrière il y a un véritable enjeu qui est quand même celui d'une majorité nouvelle potentielle au parlement européen donc d'une nouvelle présidence de la commission donc d'un changement de ligne politique de l'Union Européenne et quand aujourd'hui on connait le poids de l'Union Européenne pour le meilleur et pour le pire et souvent pour le pire malheureusement avec Ursula von der Leyen sur nos vies quotidiennes dans tous les aspects de notre vie quotidienne c'est un enjeu fondamental, décisif et ce qui doit être entendu c'est qu'on a depuis un certain nombre de mois un certain nombre d'alliances et d'unions des droites qui arrivent au pouvoir en Europe il y a une trajectoire, il y a une tendance et donc il n'est pas du tout exclu qu'on ait l'opportunité de voir le centre de gravité du parlement européen aujourd'hui tenu par un bloc centriste allié aux socialistes et aux verts se déporter vers un centre de gravité plus à droite d'une droite plus authentique plus conservatrice, plus identitaire et donc là évidemment les rapports de force changent et c'est un enjeu fondamental donc j'espère réussir à faire entendre ça à exprimer cela et de ce fait là convaincre les français d'aller voter ce jour-là

40:12
Présentateur

Quelle leçon de l'échec de la présidentielle de 2022 vous allez tirer pour changer quelque chose peut-être dans la méthode faire de la politique différemment pendant cette campagne ?

40:20
Marion Maréchal

Alors déjà c'est vrai que la campagne de 2022 moi je n'y suis pas de manière active parce que j'arrive assez tardivement c'est une décision compliquée et difficile donc j'ai pris le temps de prendre, je suis enceinte à l'époque en plus donc je ne peux pas m'y jeter corps et âme donc c'est vrai que je ne suis pas partie prenante j'arrive d'ailleurs en soutien d'Éric Zemmour au départ je ne rentre pas, je prends la décision de rentrer après parce que je me dis finalement je suis arrivée en soutien mais j'ai envie de participer plus directement à cette aventure politique, à cette construction politique parce que je considère que voilà ça répond à une ligne particulière à laquelle je crois qu'il y a des français qui sont orphelins et qui attendent qu'on réponde à cette ligne et que ça peut être un enjeu ou un outil de la recomposition de la vie politique dans les années à venir bref et donc c'est un exercice différent parce qu'une européenne c'est pas une présidentielle en plus on est passé d'une aventure très personnelle forcément parce que c'est une présidentielle d'Éric Zemmour à une aventure aujourd'hui collective avec un parti donc c'est pas le même exercice mais déjà je pense qu'il va falloir être très au contact des français c'est à dire que évidemment c'est une campagne médiatique mais je pense que ça va aussi beaucoup passer par le terrain on va faire des tournées en région et d'ailleurs c'est ce que je commence déjà à faire aujourd'hui on allait faire une tournée de la presse quotidienne régionale parce que je sais aussi que beaucoup de français aujourd'hui sont dégoutés, désintéressés de la politique, ne suivent plus l'actualité politique donc quand on fait des émissions sur LCI, sur BFM c'est très bien mais en fait on parle à une toute petite catégorie de la population donc en fait c'est à nous de trouver la manière non pas d'attendre que les français viennent à nous mais nous d'y aller de les toucher par différents leviers et ça c'est un défi quotidien parce que c'est vrai que aujourd'hui non seulement il y a un désintérêt de la politique il y a une dépolitisation générale mais en plus il y a une archipélisation de la société je ne vais pas y revenir mais la société se constitue de plus en plus en blocs fragmentés et donc toujours à essayer de créer le lien sans alimenter ces fractures sans surfer électoralement dessus entre eux c'est facile de dire il y a la France des oubliés la France des gagnants de la mondialisation la France des métropoles la France périphérique des campagnes mais notre rôle c'est aussi justement de faire en sorte de limiter ces brèches donc de parler aux uns et aux autres et de faire en sorte de les convaincre de la nécessité d'agir en commun de leur dire qu'ils ont des choses à partager et il y a un destin à construire ensemble et ça dans cette société telle qu'elle existe aujourd'hui extrêmement fracturée ajoutez évidemment à cela la fracture ethnico-religieuse parce qu'aujourd'hui c'est ça qu'on vit c'est évidemment pas simple c'est un défi inédit d'ailleurs

43:04
Présentateur

et c'est ce que vous préférez faire d'ailleurs d'aller sur le terrain

43:08
Marion Maréchal

dans l'exercice de la politique moi j'aime beaucoup j'aime beaucoup être en contact direct avec les gens c'est toujours le plus enrichissant et d'ailleurs c'est ce qui donne aussi un peu de densité même quand on va dans un média parce que quand on prépare un média on a toujours une idée un peu générale par un travail méthodique mais en fait ce qui conforte et ce qui donne de la densité derrière c'est de confronter ce travail à un vécu et à une véritable expertise parce que telle personne qui est dans tel secteur la connait donc je trouve que de toute façon la politique sans ce côté charnel

43:46
Présentateur

c'est robotique, ça marche pas parce qu'il y a des convictions nouvelles qui sont apparues l'évolution de la société a été telle qu'il y a des nouvelles causes qui maintenant sont chères à vos yeux et qui fait que vous avez davantage de choses à proposer aux français que quand vous vous êtes engagé en politique en 2012

44:04
Marion Maréchal

alors j'ai pas changé j'ai pas une idée particulière d'un changement fondamental après évidemment selon l'évolution économique il peut toujours y avoir des ajustements parce que c'est logique mais on va dire que la philosophie générale qui m'anime dont découlent ensuite toutes les propositions comme elle a pas changé j'ai une certaine idée de l'homme de l'homme dans la politique, de l'homme dans la société j'ai une certaine idée du bien commun j'ai une certaine idée de la place de la politique par rapport à l'économie donc tout ça fait qu'ensuite j'espère en tout cas une forme de cohérence dans les propositions qui en découlent maintenant ce qui est vrai c'est qu'en revanche il y a des défis nouveaux qui arrivent il y a des phénomènes de société nouveaux qui arrivent on parle très souvent du wokisme qui est un terme un peu abscons la plupart des français encore ne voient pas très bien ce qu'on met derrière mais qui est un espèce de magma sectaire et idéologique qui nous arrive du monde anglo-saxon et des universités américaines qui est littéralement l'éveil des minorités minorités raciales, minorités religieuses, sexuelles contre, parce qu'il faut bien se réveiller face à quelque chose, donc en l'occurrence face à ce qu'ils considèrent être l'ennemi commun, c'est à dire pour caricaturer le mâle blanc hétérosexuel chrétien et donc derrière il y a une espèce de magma qui va de du racialisme noir au néo-féminisme au transgenrisme voilà et donc à l'islamisme et à tous ces sujets aujourd'hui qui se mêlent et qui contribuent aussi à vouloir culpabiliser l'histoire, réécrire l'histoire effacer l'histoire c'est symboliquement très bien représenté par la volonté de déboulonnage de nos statuts donc ça c'est vrai que c'est une nouvelle forme de défi qui apparaît en politique et qui devient un central parce que l'un par exemple de ses attributs on peut parler tout à l'instant du transgenrisme et de la théorie du genre alors j'ai pas beaucoup d'inquiétude sur le devenir à l'échelle de l'histoire de ce délire parce que je pense que le wokisme ces mots sont pas de moi, c'est un article dans la revue des deux mondes qui disait c'est une idéologie sans cohérence et sans humour donc à partir de là et sans espérance surtout je suis sûr qu'à l'échelle de l'histoire elle sera balayée ne serait-ce que par le réel mais en revanche d'ici là elle peut faire des dégâts considérables c'est-à-dire sur les 10-15 ans qui viennent, voire 20 ans donc c'est-à-dire sur la génération de nos enfants elle peut sacrifier une génération et de manière physique quand on parle de la théorie du genre aujourd'hui ces enfants qu'on baille à qui on met dans la tête qui peuvent changer de sexe comme deux chemises certains pays en ont fait l'expérience douloureuse je pense à la Suède on explique que pour qu'un enfant se sente mieux dans sa peau on va lui mutiler un bout de bras lui construire un sexe artificiel lui couper les seins, lui reprendre des hormones qui peuvent le rendre stérile et à partir de là tout ira mieux madame le marquise c'est monstrueux je pense qu'il n'y a pas d'autre mot c'est monstrueux il faut se dresser face à cela je considère qu'en France l'avenir français il y a des anticorps indéniablement le wokisme même s'il est très avancé dans les universités françaises dans la société au sens large même dans le monde médiatique il y a des anticorps en France qu'il n'y a pas dans le monde anglo-saxon pour différentes raisons je pense que c'est la convergence de deux choses l'héritage qui n'a pas totalement disparu dans le monde médiatique d'un socialisme à la papa d'un socialisme laïque qui n'est pas du tout dans le logiciel racialiste où tout est ramené finalement à ses origines et à sa couleur de peau c'est ce que disent les minorités racisées comme on dit maintenant parce qu'on est noir on est victime par essence et parce qu'on est blanc on est coupable par essence à partir de là le dialogue est impossible c'est horrible d'ailleurs c'est une régression civilisationnelle extraordinaire c'est à dire qu'on ramène les gens à leur couleur de peau en fi de tout le reste c'est à dire la langue, la culture, la civilisation les mœurs et ce qui est terrible c'est que c'est la mort de la politique en ce sens que c'est le conflit assuré puisque si par essence vous considérez que telle personne est coupable parce que vous l'essentialisez et que telle autre est victime parce que vous l'essentialisez il n'y a plus de dialogue possible c'est la fracture inéluctable et je pense que sur une société on l'a vu avec les émeutes de cet été rajouter cette dimension racialiste c'est plus que mettre de l'huile sur le feu c'est souffler dessus à grand vent donc c'est terrifiant et donc je me perds dans ce que je voulais vous dire

49:14
Présentateur

j'aimerais bien ouvrir un autre chapitre avec vous est-ce qu'on peut parler de votre enfance par exemple puisque tout à l'heure vous avez dit quelque chose vous aviez une enfance assez classique même si je crois plutôt qu'elle est singulière puisque vous avez été éduqué par votre mère, Yann et de son conjoint Samuel Maréchal qui s'est marié avec votre mère deux ans après votre naissance votre père biologique est arrivé plus tard dans votre enfance me semble-t-il est-ce que cette particularité vous donne une expérience des questions de société du rôle des parents

49:50
Marion Maréchal

qu'est-ce que vous en tirez ?

l'histoire est très simple je n'ai pas forcément une grossesse non désirée mais je ne dirais même pas ça parce que ma mère ne s'est jamais posé la question de me garder avec un homme qui n'était pas son compagnon de l'époque qui n'a pas souhaité me reconnaître à l'époque et donc je suis élevée trois ans par ma mère je m'appelle donc pendant trois ans Marion Le Pen et je suis reconnue, adoptée par la seule figure paternelle pour moi qui est Samuel Maréchal et donc je deviens à trois ans Marion Maréchal et je suis élevée par Samuel et Yann et cette dimension-là de ma vie a je pense quand même oui des conséquences sur ma vie politique pour une raison simple c'est que quand on est adolescent et qu'on est en crise existentielle on se pose toujours plein de questions alors moi j'ai vécu ça relativement sereinement parce que ma mère a eu l'immense intelligence de ne jamais me cacher ça je n'ai pas découvert un jour que mon père n'était pas mon père donc ça a toujours fait partie de ma vie mais malgré tout c'est-à-dire que on se pose des questions sur oui entre la différence entre la biologie et l'éducation sur la part de l'inné et de l'acquis sur la place de la figure paternelle de cette autorité paternelle ça induit plein de choses et en fait moi quand je vois aujourd'hui après ce cheminement personnel j'expliquais aujourd'hui que finalement le père et la mère est interchangeable que le manque d'un père n'a aucune espèce d'importance mais quel mensonge quelle aberration quelle souffrance c'est faux de dire que la partie biologique laisse totalement indifférent c'est faux c'est pas vrai moi j'y ai pensé, j'y pense ça fait partie de ma vie ça n'existe pas non plus de dire que tout s'arrête à ça évidemment mais moi j'ai quand même eu un père j'ai eu la chance d'avoir un père je vois le paradoxe qui consiste d'un côté à expliquer que il n'y a rien de problématique puisque c'est légalisé aujourd'hui en France une femme célibataire ou un couple de femmes sans aucun problème d'infertilité puisse accéder à la PMA et donc choisir et organiser une absence de père et que dans le même temps on a un gouvernement qui nous explique que s'il y a des émeutes en France c'est parce qu'il y a un manque d'autorité paternelle et que les pères ne sont pas au rendez-vous et sont absents ce grand écart n'est pas tenable et je trouve que il y a une grande différence à dire bien sûr la vie peut nous priver d'un père ça arrive parce qu'un divorce qui se passe mal et un père qui se désintéresse parce qu'un décès parce qu'un accident une grossesse non désirée et un père qui ne peut pas assumer ça c'est la vie, ça fait partie des aléas de la vie mais il y a une grande différence entre ces aléas qui existent qui n'empêchent pas les enfants de vivre et de grandir fort heureusement parce qu'il y a toujours derrière un manque parce qu'on passe notre vie à gérer les névroses vis-à-vis de nos pères et de nos mamans on passe notre vie à essayer de les régler donc c'est bien que ça a quand même une importance et derrière organiser cette privation dès la naissance par l'Etat et moi je n'entends pas quand on dit oui mais ça relève de l'intimité, c'est privé, mais c'est pas vrai à partir du moment où l'Etat s'en mêle où l'Etat accompagne où l'Etat reconnaît où l'Etat finance ça devient un sujet politique, ça devient un sujet de société on parle pas d'une femme qui fait le choix personnel de se dire j'arrive au bout de ma vie je me débrouille pour tomber enceinte et je fais mon affaire je dis pas que c'est le modèle idéal mais c'est pas la même chose que de dire je vais aller organiser ça avec l'Etat qui derrière va financer ma PMA donc c'est un sujet politique et donc c'est un sujet fondamental lié à la filiation et donc moi je pars du principe et je n'en démords pas et ça n'a rien à voir avec une quelconque homophobie l'idée que des couples homosexuels ne puissent pas aimer des enfants c'est pas du tout le sujet bien sûr qu'on peut aimer des enfants, bien sûr qu'ils peuvent les élever c'est absolument pas le sujet mais c'est que vous ne m'enlèverez pas de la tête que un enfant a besoin d'un père et d'une mère et que c'est un mensonge de lui faire croire qu'il n'a pas un père et une mère puisque de fait pour des raisons biologiques ça existe et que à partir de là c'est une souffrance que de priver volontairement cette figure, ces figures complémentaires qui n'apportent pas la même chose dans la construction affective, dans la construction sociale et que dans l'éducation il y a l'amour mais il n'y a pas que de l'amour il y a du mimétisme, il y a de l'identification et il y a il y a une même quand on est une femme on sait à quel point dans sa vie affective notre vie affective se construit aussi à la base relativement à la relation qu'on a avec notre père relativement à la relation que notre père a avec notre mère voilà tout ça est décisif donc oui et tout ça aussi je l'ai construit je l'ai affiné, je l'ai ressenti à travers aussi mon histoire personnelle qui n'emporte pas tout bien sûr derrière j'ai aussi de la rationalité j'ai des échanges mais c'est sûr que c'est des combats qui me tiennent à coeur et je sais qu'ils sont politiquement incorrects certains diront dérisoires, dépassés, perdus mais vous ne me l'enlèverez pas de la tête donc pas plus le rôle de la politique c'est quand même justement d'être capable de s'extraire de la polémique de l'émotion du moment et de voir loin je ne peux pas vous le dire autrement je vois avec un immense mépris aujourd'hui tous ces LR qui étaient les premiers à courir derrière les banderoles de la manif pour tous à se montrer, à se faire mousser tous, voilà c'est simple il n'y avait quasiment pas d'exception et qui aujourd'hui sont tous en train de dire non j'ai fait une erreur, non j'ai fait n'importe quoi pas du tout, j'ai pas dit ça ou j'ai pas pensé ça voir jusqu'à Valérie Pécresse qui est quand même à l'expliquer où j'étais mais je voulais pas soutenir c'est affligeant

55:55
Présentateur

on dirait que ça nécessite plus de courage d'être conservateur que d'être identitaire ce qui était précisément l'inverse il y a 20 ans

56:01
Marion Maréchal

c'est évident et je pense que dans cette vision c'est aussi là où on fait le tri entre ceux qui relèvent pour moi des politiciens et ceux qui relèvent des gouvernants voire des chefs d'Etat enfin je pense que si les français devaient avoir un critère de sélection ce serait celui-ci après c'est évident que oui aujourd'hui l'immigration est un sujet moins tabou mais enfin à quel prix à quel prix il faudra qu'on ait des viols de vieilles femmes par des clandestins il faudra qu'on ait des meurtres de djihadistes tous les mois des attaques au couteau des émeutes monstrueuses qui coûtent des milliards donc on peut pas s'en réjouir non plus mais on va dire que oui la difficulté c'est d'être capable de mener tous les fronts en cohérence en même temps mais j'ai l'espérance que la cohérence que la vérité paye sur le long terme