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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 29 septembre 2016 4 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Les Gaulois et toi et toi !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 1Fait
    « nos ancêtres sont des Gaulois, je ne trouve pas ça très raisonnable »
  • 0:30Locuteur 1Fait
    « Des Gaulois, il y en avait de toutes les variétés possibles. Je suis sûr que vous savez comment vous appelez votre tribu de Gaulois, là, de qui vous êtes les « descendants ». Vous le savez ? »
  • 0:45Locuteur 1Chiffre
    « Les Morins, il paraît. Il paraît que vous en avez envoyé 5 000 prendre une pilée à Alésia. »
  • 1:00Locuteur 1Fait
    « ils ne s’appelaient pas eux-mêmes Gaulois, c'est une invention des Romains. »
  • 1:30Locuteur 1Fait
    « Mes ancêtres, ils n’y étaient pas, hein. Mes ancêtres, c’étaient des Ibères et des Romains et je sais pas quoi… »
  • 2:00Locuteur 1Fait
    « Nous sommes les descendants des « Gallo-Romains ». »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Dans l'Histoire de France, ce qui fait sens c'est la rupture. Pas la continuité. »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « Ce qui fait sens c'est la rupture. Et la grande rupture qui a déchiré le monde entier, ce moment dont Goethe dit : « C’est le début de l’ère moderne », c’est la Grande Révolution de 1789. »
  • 4:30Locuteur 1Fait
    « Si nous avons un passé commun, qui que nous soyons, quels que soient nos ancêtres, c’est la grande Révolution qui nous rend égaux. »
  • 5:00Locuteur 1Fait
    « Nous sommes les enfants des Lumières. Nous sommes les enfants de la grande Révolution de 1789. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Alors l’autre, il dit que quand on devient Français nos ancêtres sont Gaulois. Et alors moi, je n’ai pas fait comme tout le monde. Parce que tout le monde s’est mis à aboyer : « Ah, nos ancêtres les Gaulois… ».

Ah Bon ? C’est comme vous voulez. Vous pensez que nos ancêtres sont des Gaulois, je ne trouve pas ça très raisonnable, mais je suis d’accord pour qu’on discute de l’identité.

Allez ! Vous voulez parler de ça ? Venez !

Parlons-en ! Parce que nous avons quelque chose à dire. Nous avons quelque chose à dire sur l’identité de la France.

Oui oui. Certainement pas Gaulois. Bon, c’est marrant quand même parce qu’on aime tous Asterix et Obelix.

Moi je veux bien faire… je veux bien faire Panoramix. Vous choisissez votre rôle… Bon, ça nous va, mais enfin ça tient pas debout. Des Gaulois, il y en avait de toutes les variétés possibles.

Je suis sûr que vous savez comment vous appelez votre tribu de Gaulois, là, de qui vous êtes les « descendants ». Vous le savez ? Qu’est-ce qu’ils sont instruits ici !

Les Morins, il paraît. Il paraît que vous en avez envoyé 5 000 prendre une pilée à Alésia. C'et pas malin, hein !

Bon, des Gaulois, vous le savez, il y en avait de toutes sortes, toutes sortes de de tribus. D’abord, ils ne s’appelaient pas eux-mêmes Gaulois, c'est une invention des Romains. Et nous autres, les Français, parce qu’on est à part, quand on a fabriqué le récit national… C’est bien qu’on en ait fabriqué un.

Et évidemment, qu’on en hérite : moi, mes ancêtres, ils n’y étaient pas, hein. Mes ancêtres, c’étaient des Ibères et des Romains et je sais pas quoi… Les gens qui tournent en rond, là, autour de la Méditerranée, depuis 3000 ans ; c’est tous les mêmes : un coup là, un coup là, un coup là, un coup là… et on recommence. Bon.

Donc on a inventé un truc qu’on est le seul peuple d’Europe à avoir fait. Nous sommes les descendants des « Gallo-Romains ». Bah voilà, on s’est inventé encore une qualité.

Les Espagnols auraient pu s’appeler les « Ibéro-Romains » parce que eux ont donné trois empereurs à Rome. Nous, rien du tout : un, et encore il était de passage. Julien L’Apostat, un brave type. 389 de notre ère, bon, c’était il y a un moment, c’est pour dire : c’est pas ça.

Mais si vous voulez chercher une identité, et bien moi je suis d’accord pour avoir cette discussion. Dans l’Histoire de France, ce qui fait sens c’est la rupture. Pas la continuité.

La France n’a jamais eu ce territoire-ci dans son Histoire. Si vous parlez de l'Ancien Régime, toutes sortes de provinces actuellement République française n’étaient pas inclues dans notre territoire national. Les gens ne parlaient pas la même langue.

Les gens n’avaient pas la même religion. Ils n’avaient pas les mêmes instruments de mesure. C'était le royaume.

C’est un autre monde. Ce qui fait sens c’est la rupture. Et la grande rupture qui a déchiré le monde entier, ce moment dont Goethe dit : « C’est le début de l’ère moderne », c’est la Grande Révolution de 1789.

Si nous avons un passé commun, qui que nous soyons, quels que soient nos ancêtres, c’est la grande Révolution qui nous rend égaux. C’est ce que dit la Révolution : nous sommes tous semblables, nous sommes égaux en droits et il y a des droits universels. Ce sont les droits de tout être humain.

Voilà notre identité ! Vous ne devez pas avoir peur de ce débat, même si nous sommes nombreux à dire qu’il y aurait d’autres sujets aujourd’hui. Mais nous n’en avons pas peur.

Il n’y a pas ceux qui auraient une idée de la France et ceux qui n’en auraient aucune. Nous en avons une. Et c’est cet héritage-là que nous transmettons d’une génération à l’autre.

Et si nous sommes les enfants de quelque chose, c’est de cette extraordinaire illumination de l’Histoire des êtres humains. Nous n’avons pas d’autres maîtres que nous-mêmes. Nous n’avons aucun autre recours que notre intelligence pour décider de ce qui est bon et de ce qui est mauvais.

Et nous pouvons changer d’avis en route. Et nous pouvons croire ou ne pas croire. La liberté de conscience est le fondement de toutes les libertés.

Chacun d’entre nous sait qu'il est lui-même parce qu’il est libre de penser différemment sur des sujets et différemment au cours de sa vie. Nous sommes les enfants des Lumières. Nous sommes les enfants de la grande Révolution de 1789.

Nous sommes les héritiers de cet effort permanent du peuple pour se hisser sur la scène de l’Histoire et prendre en main son destin et organiser sa vie.