🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Marion Maréchal, vice-présidente de Reconquête sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Après les ignobles attaques du 7 octobre en Israël, il avait annoncé un blocus militaire, une coalition militaire sur le modèle de ce qui avait été fait face à Daesh pour que la France, si on comprend bien ce qu'il a voulu dire, s'engage militairement sur la question palestinienne et de Gaza et de lutte contre le Hamas. Alors que la plupart des pays, évidemment, ça n'a pas été suivi, mais c'est la démonstration, si vous voulez, que le président de la République, me semble-t-il dans cette affaire, semble vouloir instrumentaliser la question ukrainienne et la question russe dans le débat et dans la campagne européenne. Il veut, je ne sais pas, manifestement apparaître comme un chef de guerre.
Il veut mettre ce sujet au cœur de la table pour peut-être diaboliser les uns et les autres, pour créer des clivages, pour créer des polémiques.
Mais il y a un clivage, on est bien d'accord.
Non, mais il y a un clivage. Quoique, non, je crois qu'il y a quand même une relative unanimité dans la classe politique pour condamner, pour l'occurrence, condamner la Russie. Cet après-midi, vous voteriez oui, non ? Moi, je considère qu'en l'occurrence, on ne peut pas s'engager sur 10 ans. Je crois que c'est excessif, me semble-t-il. Et une fois de plus, je crois qu'il faut qu'il y ait des lignes rouges. Parce que dans cet accord, il y a aussi la volonté manifeste d'Emmanuel Macron de vouloir intégrer l'Ukraine à l'Union européenne. Et ça, je pense que ça n'est pas possible. Marion Maréchal, vous voteriez non ? Vous vous atteindrez ? Je voterai.
Ça dépend exactement quel est le contenu du texte. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que moi, je ne participerai pas à l'idée qu'il puisse y avoir une intégration de l'Ukraine. Je crois qu'aujourd'hui, on ne peut pas engager la France sur 10 ans. Ça me semble excessif. Il peut y avoir des crédits, en effet. Mais il faut voir exactement ce que contient également cette participation militaire. Moi, je veux avoir exactement le détail de ce que contient cette participation militaire. Parce que là, pour l'instant, on a des grands engagements, mais qui sont relativement flous.
Je veux dire, entre ce qui est dit aujourd'hui dans ce texte et ce qu'affirme Emmanuel Macron dans le cadre diplomatique et militaire, les choses ne sont pas parfaitement claires. Donc on verra exactement dans le détail. Mais moi, je vous ai dit mes lignes rouges, elles sont très claires. Ce qui ne veut pas dire, une fois de plus, que je ne souhaite pas la victoire de l'Ukraine.
Le président ukrainien, qui d'ailleurs a répondu hier aux questions de BFM TV, il nous le dit, pour l'instant en tout cas, pas question que l'on aille mourir en Ukraine. Écoutez.
Tant que l'Ukraine est là, tant que l'Ukraine tient, l'armée française peut rester sur le territoire français. Vos enfants ne vont pas mourir en Ukraine. Mais si Poutine parvient à aller et attaquer un autre pays de l'OTAN, eh bien ce sont des pays de l'OTAN qui seraient amenés à décider comment va-t-il envoyer ou pas leur armée pour la guerre sur le territoire de ce pays membre de l'OTAN.
Poutine est-il aujourd'hui l'ennemi de la France ? Ce qui est sûr et que c'est terrible, c'est qu'il est aujourd'hui de fait devenu un ennemi de l'OTAN au sens large. Voilà, on ne va pas refaire l'histoire, mais indéniablement, les propos que vous avez relevés démontrent qu'il y a une extrême opposition et adversité.
Pour autant, me semble-t-il, à l'heure où on parle, l'intégrité territoriale de la France n'est pas menacée par ce conflit, même si une fois de plus, on peut avoir de la compassion tout à fait et du soutien vis-à-vis de l'Ukraine, ne serait-ce que pour le respect du droit international, puisqu'en fait c'est ça quand même l'objet de départ, c'est-à-dire qu'il y a une violation du droit international et une violation des frontières. Donc rien que sur ce principe, quel que soit ce qui a pu se passer avant, c'est normal que la France soit du côté de la défense, du respect de ce droit international.
Marion Maréchal, vous êtes donc tête de liste pour les élections européennes, pour le parti Reconquête. J'ai écouté votre discours dimanche soir. Il n'y a quasiment rien sur l'énergie, sur l'écologie, sur la crise agricole. Vous dénoncez majoritairement la question du péril de l'islamisation, qui vous apparaît aujourd'hui comme la menace principale. Sur les questions d'énergie, d'écologie, de crise agricole, vous estimez que...
Alors non, ça n'est pas vrai. En réalité, j'ai toute une partie sur la vision européenne qui sera la mienne, mais évidemment, dans sa philosophie, dans ses grands ensembles, il y aura un moment posé et détaillé sur le projet en tant que tel, thème par thème. Mais évidemment, on ne se précipite pas. On sait qu'une élection européenne, ça se joue évidemment toujours dans la dernière ligne droite. Que dites-vous aux agriculteurs, par exemple ? Moi, je dis des choses très claires.
Je dis que, par exemple, je suis pour la défense de la priorité locale dans l'accès à la restauration collective, qui est aujourd'hui une priorité qui n'est pas permise par le droit européen et qui serait un marché, on va dire, naturel et évident pour nos agriculteurs qui leur permettraient de sortir la tête de l'eau. Je leur dis que je suis pour le refus de cette fuite en avant de votes de traités de libre-échange dans lequel est mise systématiquement la question agricole. Je pense que la question agricole doit être sortie de ces négociations de traités de libre-échange et être traité à part parce qu'évidemment, il s'agit là... Mais est-ce que ça veut dire aussi qu'on n'exporte plus ?
Il s'agit là de souveraineté ? Non, il ne s'agit pas cela. Vous savez, on peut avoir des accords bilatéraux sans que ce soit nécessairement systématiquement porté par des accords de libre-échange. Et une fois de plus, l'agriculture peut être mise, me semble-t-il, à part. Je leur dis qu'il faut évidemment faire un moratoire sur ce qui existe déjà puisqu'aujourd'hui, l'Union européenne n'assure pas le respect de la réciprocité du respect des normes et des réglementations dans les produits qui arrivent. Donc peut-être faut-il se poser la question déjà du respect des traités actuels.
Je leur dis également que je souhaite revoir les objectifs de la politique agricole commune qui sont aujourd'hui des objectifs avant tout écologiques, là où il me faudrait, semble-t-il, d'abord mettre la question de la souveraineté alimentaire. Donc on va dire le fait de correspondre les besoins alimentaires de l'Europe avec ce qu'elle produit aujourd'hui, ce qui n'est malheureusement pas le cas. Et donc je leur dis tout ça. Mais en revanche, je dis également dans ce discours, et vous avez raison de le rappeler, qu'il y a selon moi, malgré tout, un enjeu particulier à l'occasion de ces élections européennes.
C'est le fait de savoir si on veut que l'Europe reste un continent de culture européenne ou est-ce qu'on veut que demain, l'Europe soit totalement à la fois submergée par une immigration extra-européenne et avec cela, qu'on bascule vers un changement culturel et notamment une islamisation du continent de plus en plus accélérée. On le voit en France et j'espère qu'on en parlera. Et qui, pour moi, est l'enjeu vital, voilà, qui doit conduire les Européens à faire un grand choix de civilisation aujourd'hui. Et c'est un enjeu ici, mais aussi ailleurs.
C'est un enjeu dans l'ensemble de l'Europe, alors à des degrés plus ou moins importants, selon d'ailleurs la situation migratoire qui est la l'heure.
Non, mais c'est un enjeu qui nous empêchait de maîtriser nos propres frontières, qui en veut, qui reste ou non sur le territoire. Quand on regarde les deux exemples récents des deux imams, l'imam Iqusen, l'imam Majou Majoubi, qui ont tous les deux été expulsés, qui ont tous les deux saisi la justice, mais la justice a confirmé leur expulsion. Je vais y revenir. Donc au fond, ce que je veux dire, c'est que ce que vous dénonciez à une époque comme nous empêchant d'avoir les outils, en tout cas de maîtrise,
il semble aujourd'hui que ce soit derrière nous. Je vous dis simplement que c'est un enjeu brûlant. Et vous allez voir, nous allons, à partir de lundi, depuis lundi, nous allons vivre à l'heure islamique, puisque c'est le lancement du Ramadan. Donc le Ramadan maintenant est partout. Nous avons des publicités dans l'intégralité de l'espace public. Nous allons avoir des élus qui vont souhaiter un bon Ramadan. Nous allons avoir des élus qui vont aller rompre le jeûne dans les mosquées. Nous avons même des élus, c'est le cas à Lyon, à la Guillotière, qui arrêtent des travaux pour ne pas gêner les commerces qui fêteraient le grand marché du Ramadan.
Dans la rue dans laquelle se trouvent en effet les marchés.
Et moi, ce que je veux vous dire, c'est que ça va au-delà de ça. Parce que nous sommes quand même dans un pays où il y a à peine quelques années de cela, une marque, une grande marque, Evian, pour ne pas la citer, c'était quand même excusé d'avoir incité à boire de l'eau au moment du Ramadan.
On est quand même dans un pays, et j'aimerais que le maire de Lyon se soucie peut-être davantage de cela que du marché du Ramadan, où un jeune de 13 ans, à Lyon d'ailleurs toujours, a été lynché parce qu'il avait mangé une sucette pendant le Ramadan, où un homme de 45 ans avait été lui également lynché parce qu'il avait bu un café en terrasse, où une jeune fille à Nice a été giflée pour avoir simplement servi de l'alcool.
Donc si vous voulez, moi ce qui m'inquiète, et c'est pour ça que j'ai envie que les Français prennent conscience de cet enjeu, c'est qu'à travers l'immigration, à travers la faiblesse de notre État, face à ce phénomène d'islamisation, parfois la soumission de certains élus, et parfois même le prosélytisme d'organisations, comme les frères musulmans extrêmement puissants en France, les salafistes, qui eux sont dans une logique de domination revendiquée, et d'islamisation revendiquée, et bien petit à petit, c'est un peu comme la grenouille dans l'eau chaude avec l'eau de plus en plus chaude, on se rend compte que l'islamisation s'installe dans notre pays avec des conséquences d'application de la charia qui ne vont pas dans le sens, me semble-t-il, de la liberté de conscience, de la liberté de conscience.
Les exemples que vous donnez pour vous, c'est une application de la charia ?
Pour moi, c'est une explication de la charia de fait. Et d'ailleurs, ce qui est en train de se passer, c'est que comme beaucoup dans ces territoires français, de gens, y compris d'origine immigrée, voire de culture musulmane, ont peur, ont peur du rejet, ont peur de la violence, elles se calent sur l'heure islamique. Et donc ce que je veux dire, et c'était l'enjeu en effet de mon discours, c'est de dire que c'est le grand enjeu de ces européennes, parce qu'évidemment, il y a une réponse nationale à avoir, mais il y a aussi une réponse européenne qui est absolument déterminante.
Mais quand vous dites, par exemple, vous avez cité tout de suite les publicités, en disant que ça s'était mis à l'heure du ramadan, est-ce que vous, au pouvoir, vous interdiriez des publicités ? Enfin, je veux dire, les publicités ont toute une vocation, tout simplement, de vendre ces produits. Je veux dire que pendant la période du ramadan, et en effet, en moyenne, quand j'étais chez Franprix, et c'est vrai que ça, j'entendais les publicités pour la viande halal en... Moi, je vais vous le dire,
je suis...
Ça vous l'aurait interdit ? Je vais vous dire, je pense qu'il faut pouvoir... C'est une question d'économie, c'est une question de marketing,
c'est leur fait la demande, quoi. Moi, je pense qu'il faut pouvoir se poser la question de toute interdiction de manifestation de la charia islamique dans notre pays. Je vous le dis, t'es franchement, j'ai pas la réponse juridique, mais je vous le réponds très précisément, y compris d'ailleurs sur les publicités... Non, mais quand un magasin,
quand un épicier fait une... Quand les publicités du ramadan,
c'est pas de la charia. Je vous le dis, pardon madame, moi, je suis contre le changement de culture de notre pays. Je refuse que la France devienne un pays de culture islamique. Je refuse que les manifestations de la charia islamique soient mises au même niveau que d'autres traditions culturelles chrétiennes, qu'il s'agisse de Noël ou de Pâques, qui, elles, font partie de l'identité de la France. Je refuse cela. Une fois de plus, ça ne veut pas dire que je me positionne contre des personnes.
Quand il s'agit, bien évidemment, de personnes, y compris de confessions musulmanes, de nationalités françaises qui se plient intégralement à la culture européenne et chrétienne de la France, il n'y a évidemment aucun sujet. Moi, j'en ai contre ceux aujourd'hui qui veulent opérer un changement de culture française et donc imposer des cultures étrangères et islamiques sur le sol français. Et donc, je pense qu'il faut bloquer cela. Marie-Marchal, on le bloque comment ?
Je vous repose la question extrêmement concrète. Tous les gens qui nous écoutent et qui nous regardent font leur course en ce moment. Ils voient bien qu'effectivement, il y a des promos en ce moment. Et c'est l'offre et la demande, c'est très concret. Sur la viande halal, est-ce que vous empêchez ces promos ? Est-ce que vous interdisez ces pubs ? Est-ce que vous empêchez même que cette viande halal se retrouve sur les rayons ?
Je vous ai répondu. Ça veut dire que je pense que oui. Je pense qu'il faut pouvoir se poser la question de l'interdiction de cette pression permanente des publicités du Ramadan dans l'espace public. Je pense qu'on ne doit pas s'arrêter là. Il faut regarder toutes les manifestations aujourd'hui de la charia islamique. On en parle régulièrement dans l'école avec l'explosion. Je ne veux pas dire que c'est de la charia de faire une pub chez Franprix pour la viande halal. Mais si, bien sûr que si. C'est la charia alimentaire. C'est la charia alimentaire.
Et la conclusion d'ailleurs de cela, c'est que dans cette pression permanente, on a aujourd'hui, au sein même d'ailleurs de nos écoles, des enfants qui ne sont pas d'ailleurs spécialement musulmans. Il y a régulièrement des polémiques tous les ans sur le sujet. Et qui n'osent pas consommer ou qui se font rejeter ou malmener parce qu'ils consomment justement une alimentation au moment du Ramadan. Ils ont peur d'être... Et donc je pense que... Quoi ? Vili Pandé, mis de côté. Voilà, on voit bien aujourd'hui qu'il y a une radicalisation d'ailleurs de la jeunesse musulmane, malheureusement, qui est subvertie par des courants radicaux. On pense aux frères musulmans, on pense aux salafistes.
C'est pas... Si vous voulez, il y a des chiffres qui sont...
Est-ce que les pubs pour les œufs de Pâques... Pardon, mais dans le même temps, et je vais reprendre mon exemple tout bête, hier en faisant mes courses, j'entends ça, mais aussi des pubs pour les œufs de Pâques.
Est-ce que les pubs pour les œufs de Pâques, on les laisse ? Vous faites une comparaison qui n'est pas justifiée, c'est-à-dire que...
C'est juste le fait au moment même où je fais mes courses,
j'essaie de deux... Je vous le dis, je considère qu'aujourd'hui, la France est un pays de racines chrétiennes et qu'à ce titre...
Donc les œufs de Pâques, oui, la viande à l'al, non ?
Mais oui, la culture chrétienne fait partie intégrante de l'identité française et qu'à ce titre, elle a un droit de prééminence. Voilà, sur le route, nous ne sommes pas un pays musulman, nous n'avons pas vocation à le devenir. Le rayon cachère ? Nous ne sommes pas le devenir. Au point que certaines personnes, aujourd'hui, se fassent mâmener ou rejeter parce qu'elles ne consomment pas du cachère. Donc, me semble-t-il, la problématique n'est pas du tout la même. Donc, à un moment donné, j'aimerais qu'on arrête de mettre toutes les religions aussi dans le même sac et qu'on regarde aujourd'hui quel est le problème en particulier.
Maintenant, en ce qui concerne le gouvernement, vous nous dites, c'est formidable, il travaille bien, il a expulsé un imam. Je note quand même qu'il a fallu... Non, mais vous n'avez pas dit formidable, mais je raccourcie. Ce que j'ai précisé,
et c'est important de le dire, c'est que les obstacles juridiques à l'expulsion de ces imams n'ont pas fonctionné comme vous aviez pu dire à un moment que vous aviez.
Pas tous, mais sur ce sujet, sur ce cas en particulier, vous avez raison, c'est le cas. Maintenant, je note quand même sur l'imam qui a été expulsé qu'il a fallu attendre qu'il y ait une polémique médiatique pour qu'une action de l'État soit prise. C'est-à-dire que, manifestement, les services de renseignement savaient que cet imam était islamiste. Ils savaient qu'il faisait des prêches islamiques à plusieurs reprises. Le préfet lui-même, semble-t-il, s'était vanté de dire identifié, mais donc s'il n'y avait pas eu de polémique, que serait-il arrivé ? On se pose la question.
Maintenant, je vois que Gérald Darmanin va dans le sens de la fin du salariat par des États étrangers, des imams étrangers. Ce qu'on appelle les imams détachés. Très bien. Il aura fallu attendre longtemps pour avoir cette mesure de bon sens, mais j'aimerais quand même dire que nous sommes très loin de ce qu'il faudrait faire. Parce qu'il y a aujourd'hui des imams nés en France qui sont de nationalité française, qui sont formés à l'étranger, près de 1900 par an. Nous avons des imams, y compris formés, notamment dans des écoles coraniques, comme l'Institut européen des sciences humaines, qui est proche des frères musulmans et qui donc évidemment participe d'une lecture radicale de l'islam.
Nous avons des États étrangers qui peuvent toujours financer des mosquées, donc ça ne règle pas le problème. Nous avons des fichiers S étrangers toujours pas expulsés. Nous avons des djihadistes qui sont encore rapatriés de Syrie. Nous avons 119 mosquées salafistes qui sont toujours ouvertes selon les renseignements généraux. Donc moi, je veux juste que les Français ne soient pas totalement dupes. Cette mesure est totalement insuffisante pour lutter contre l'islamisme dans notre pays.
Marion Maréchal, Ayana Kamoura qui chanterait Edith Piaf à la cérémonie d'ouverture des JO. C'est quoi le problème ? Pourquoi pas ?
Pourquoi pas ? Parce que c'est un choix politique et revendiqué comme tel. C'est toujours un choix politique.
C'est-à-dire quand Mireille Mathieu chante avec Nicolas Sarkozy, c'est un choix politique.
Quel est le choix politique ? Le choix politique, c'est de dire on veut représenter la France multiculturelle, on veut représenter la France qui ne chante pas français, parce que cette chanteuse, on aime ou on n'aime pas, mais elle ne chante pas en français. Et vous voyez, pour moi, cette polémique, elle recoupe la polémique de l'effacement de la croix sur le dôme des Invalides. C'est-à-dire que chaque fois que le monde regarde la France, donc en l'occurrence à l'occasion des JO, on fait tout. Vous savez très bien, c'est une règle. Quel rapport avec la laïcité ?
On ne peut pas faire une affiche pour les Jeux Olympiques avec des signes religieux. Je vais au bout de mon raisonnement. Par contre, il faut quand même se mettre d'accord sur les règles. Je veux bien que vous changiez les règles des JO.
Non, non, je vais au bout de mon raisonnement. D'ailleurs, même des étrangers s'en sont offusqués, même des Italiens, d'ailleurs, se sont offusqués du fait qu'on ait effacé cette croix sur le dôme des Invalides. C'est toujours la même chose. Ça veut dire qu'en fait, chaque fois que le monde nous regarde, on donne l'impression qu'on n'assume pas ce qu'on est, qu'on n'assume pas d'être un pays de ration chrétienne, qu'on n'assume pas d'être un pays de culture européenne. C'est parce qu'elle est noire ? Non, pardon, madame, ça n'a rien à voir. Mais quand Joséphine Baker, par exemple, elle représente la culture française et pardon, c'est une femme noire, moi, je n'ai aucun problème.
Mais là, en l'occurrence, cette femme ne chante pas en français, ne chante pas en français, elle ne représente pas la langue française. Donc à un moment donné, et une fois de plus,
à un moment donné, est-ce qu'on est obligé ? Ce n'est pas un argument pour vous, ça ?
Non, ce n'est pas un argument, excusez-moi. Et d'ailleurs, ce n'est pas un argument pour les Français, manifestement, parce que le seul sondage qui a été fait démontre qu'ils sont une très large majorité à ne pas vouloir 3%, exactement, être représenté. Elle ne doit pas être celle qui les représente à la série.
Mais simplement, cet acharnement, c'est-à-dire quand j'ai écouté Éric Zemmour, qui explique qu'en gros, les Français seraient sensibles à la musique de Mozart, mais pas à celle d'Aiana Kamoura ?
Ce qui est sûr, c'est que la culture musicale française, c'est d'abord une culture, oui, symphonique. C'est aussi un style particulier. D'ailleurs, je vois bien que les Français, dans ce sondage, révèlent qu'ils préféraient avoir Jean-Jacques Goldman, Florent Pagny. Et d'ailleurs, vous voyez bien que ce n'est pas du racisme parce qu'ils citent même d'ailleurs Sofiane. Sofiane, en l'occurrence, chante en français. Donc, vous voyez bien que ce n'est pas ce sujet-là. Le sujet, c'est est-ce que ça représente la culture française ? Est-ce que ça représente la langue française ? Est-ce que ça représente l'élégance française ? Et les Français ne se retrouvent pas là-dedans.
Et ils se retrouvent de tout moins qu'une fois de plus. Ce n'est pas un choix anodin, c'est un choix politique de dire, ah voilà, on ne veut pas représenter la France, on va dire, éternelle, qui a plein d'apports extérieurs. Mais ça n'est pas apprécié par les Français. Et je le comprends.
Marion Maréchal, vice-présidente de Reconquête, tête de liste aux européennes. Merci d'avoir répondu à mes questions. 8h53 sur CBFM TV.
Marion Maréchal