Quelle place pour Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 2:52OuverteRéponse directe
Mathieu Soukher, la séquence qu'on vient d'entendre, elle vous dit quoi ?
- 4:04RelanceRéponse partielle
Sauf que ce discours à l'ONU, s'il avait été fait il y a un an ou deux, tout le monde aurait salué des paroles courageuses. Là, c'est un président qui ne peut rien faire dans la foulée.
- 4:40OuverteRéponse partielle
Isabelle de Gaulman.
- 5:30OuverteRéponse partielle
Et au niveau des bandes passantes, qu'est-ce qu'il peut faire pour qu'on ne parle plus trop de la dette ?
- 6:34RelanceRéponse directe
Vous voulez dire sur leur relation avec la Russie de Poutine ?
- 7:46OuverteRéponse partielle
Jean-François Colosimo ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11Locuteur non identifiéFait
« rôle de garant n'appelle pas de moi d'être un commentateur de notre vie publique »
- 0:20Locuteur non identifiéFait
« Je suis à la fois le garant, j'accompagne les travaux que le gouvernement conduit chaque jour et monsieur le Premier ministre sur tous ces sujets. »
- 0:28Locuteur non identifiéFait
« j'agis dans la compétence qui est la mienne au niveau international, européen et international pour protéger les Français et nous aider à faire face à cette situation. »
- 2:19PrésentateurFait
« C'est 2008, la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy qui empêche ce troisième mandat consécutif. »
- 3:27InvitéFait
« elle ne serait pas là, ou en tout cas pas avec la même intensité, si il y a cinq ans, Poutine n'avait pas eu l'idée d'envahir l'Ukraine, et si Trump, il y a quelques mois, n'avait pas eu la bonne idée d'attaquer l'Iran. »
- 4:44InvitéChiffre
« aujourd'hui, le bilan d'Emmanuel Macron, pour tout le monde, c'est 3 500 milliards d'euros de dette. »
- 10:14InvitéFait
« au départ, sur l'affaire d'Ukraine, aujourd'hui, le défenseur de l'Ukraine en Europe, c'est lui, n'est-ce pas ? »
- 13:37InvitéFait
« il y a aussi le fait d'avoir été le premier président réélu hors période de cohabitation. »
Temps de parole
- Invité23 %
- Invité 220 %
- Présentateur19 %
- Invité 315 %
- Présentateur 213 %
- Locuteur non identifié4 %
- ?4 %
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Ce
rôle de garant n'appelle pas de moi d'être un commentateur de notre vie publique
et
donc je ne
vais
pas vous dire si je pense que ceci ou cela est au niveau. Ce n
'est
absolument pas ce que doit faire le président.
Je
suis à la fois le garant, j'accompagne les travaux que le gouvernement conduit chaque jour et monsieur le Premier ministre sur tous ces sujets.
Et
puis j'agis dans la compétence qui est la mienne au niveau international, européen et international pour protéger les Français et nous aider à faire face à cette situation.
Je
dirais que je me tiendrai à ce rôle et qu'il est déjà bien rempli.
On
est tous très conscients autour de cette table de ce que vivent nos compatriotes,
c
'est-à-dire de
la
montée des prix à la pompe, dans le carburant. Et donc c'est terrible pour beaucoup de familles, terrible pour beaucoup de nos compatriotes qui sont obligés d'utiliser leur voiture pour aller travailler, pour aller voir des proches. Je vois que certains sont obligés de renoncer à des choses de la vie les plus intimes. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous
?
Jamais
!
Regardez ce qui se passe
en
Cisjordanie,
où
chaque jour des violations sont faites
au
nom de quoi ?
Le
Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie.
Une
semaine dans la vie d'un président sortant, avant bien sûr l'accueil du pape. Pas candidat donc ce président à sa succession, mais très présent. Le 18 septembre, après avoir réuni les chefs de parti, il assure, on l'a entendu, qu'il se tiendra à son rôle de garant. Quelques jours plus tard, il s'invite au JT de TF1 et de France 2 pendant 40 minutes, avec beaucoup d'empathie pour les ménages écrasés par le prix de l'essence. Et deux jours plus tôt, ce discours
très
offensif, on va dire, à l'ONU, vis-à-vis d'Israël notamment. Et on va en parler parce que la question qu'on se pose ce matin, c'est quelle place pour Emmanuel Macron durant les sept mois qui lui restent. Lui qui accumule depuis toujours les premières fois plus jeune président, premier réélu avec un mandat accompli sans cohabitation. Voici qu'il est aussi le premier empêché d'en refaire un autre. François Mitterrand et Jacques Chirac ont été empêchés par la fatigue, par la maladie, mais constitutionnellement, ils avaient le droit de se représenter. C'est 2008, la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy qui empêche ce troisième mandat consécutif.
Alors question ce matin, quelle place pour ce président sortant qui aurait voulu faire campagne mais qui n'en a pas le droit ? Qui va peut-être se débrouiller pour la faire un peu, vous nous direz ? Président jusqu'au dernier jour, pour quoi faire ? Pour compliquer ou pour faciliter l'adoption du budget construit par son camp ?
Et
avec 2027, prépare-t-il déjà 2032 ? On est toujours avec l'historien Marc Lazard, l'essayiste Mathieu Soukher, la journaliste Isabelle de Golemin, le théologien Jean-François Colosimo.
Mathieu
Soukher, la séquence qu'on vient d'entendre, la grosse semaine très active, elle vous dit quoi
?
Que les affaires du monde, quand même, s'invitent de plus en plus dans nos affaires nationales. Le retour d'Emmanuel Macron au cœur de l'actualité médiatique a peut-être une petite connotation politique, mais fondamentalement, c'est quand même ça le sujet. On voit bien que de plus en plus, les affaires du monde s'invitent dans les affaires nationales.
Et même quand Emmanuel Macron a parlé du carburant, la crise du carburant qui pèse effectivement sur le quotidien de tous nos concitoyens, elle ne serait pas là, ou en tout cas pas avec la même intensité, si il y a cinq ans, Poutine n'avait pas eu l'idée d'envahir l'Ukraine, et si Trump, il y a quelques mois, n'avait pas eu la bonne idée d'attaquer l'Iran. On voit bien que ces choses-là sont aujourd'hui totalement imbriquées. Je ne dis pas qu'encore une fois, il n'y
a
pas quelque arrière pensée chez Emmanuel Macron. Le fait de s'inviter à la télé le soir où Édouard Philippe devait au contraire faire sa première grande émission politique, peut-être que ça l'a un peu amusé, mais fondamentalement, je pense que c'est anecdotique. Il me semble qu'il joue son rôle de chef de l'État quand même, quand dans une situation de crise internationale d'une telle ampleur, en réalité, l'inquiétude de nos concitoyens est majeure, et qu'il y a incontestablement des messages à faire passer.
Sauf que ce discours à l'ONU, s'il avait été fait, pas en fin de mandat, il y a un an ou il y a deux ans, tout le monde aurait salué des paroles courageuses. La France va aider l'Ukraine, abattre la Russie, les opérations israéliennes contre les Palestiniens nous font honte à tous. Là, c'est un président qui ne peut rien faire dans
la foulée. Alors malheureusement, et je termine juste là-dessus, son discours à l'ONU est torpillé par sa boulette. Et en plus, on ne retiendra malheureusement
pour
lui que
cette erreur. Benjamin Netanyahou, bien sûr,
sur le Hamas,
dont il
dit qu'il n'a jamais sévi en Cisjordanie. Isabelle de Gaulman.
Oui, moi j'ai le sentiment qu'il y a quelque chose qui gêne beaucoup Emmanuel Macron, c'est son bilan. Et qu'aujourd'hui, quand on voit que la campagne entre les candidats tourne essentiellement autour de la dette, aujourd'hui, le bilan d'Emmanuel Macron, pour tout le monde, c'est 3 500 milliards d'euros de dette. Et c'est ça qu'il voudrait un peu faire oublier. Donc, il va se déporter sur l'actualité internationale, ce qui lui permet... Alors, de fait, l'actualité internationale est importante, mais enfin, la mise en scène qu'il en fait
a
quelque chose d'un peu... En tout cas, on ne peut pas ne pas se dire qu'il n
'y a
pas une volonté derrière de vouloir apparaître comme celui qui, aujourd'hui, peut protéger la France, le Garant. Et qu'il veut, en tout cas, laisser aussi cette trace de quelqu'un qui a été quand même très actif, et de fait, légitimement, sur l'Europe, il n'a jamais changé, etc., au niveau international. Donc, je pense que c'est ça. Et au niveau des bandes passantes, qu'est-ce qu
'il
peut faire pour qu
'on
ne parle plus trop de la dette ? Eh bien, il parle de l'actualité internationale, il se pose comme Garant. Et puis, il y
a
aussi cette espèce de volonté d'être celui qui va contrôler, parce que Macron, il
faut
qu
'il
soit partout, il va contrôler le débat présidentiel. Donc, il invite les candidats, leur disant, écoutez, la situation est grave, il
y
a la Russie qui va tenter de peser sur les élections, etc. Ce qui est sans doute vrai, mais il y a quand même un côté, voilà, moi, je suis encore là, je contrôle, et je ne veux pas rester uniquement comme celui qui a mis la dette à ce niveau.
Oui, je crois que les deux interventions sont complémentaires. D'une certaine façon, j'ajouterai un point, c'est qu'effectivement, cette campagne de 2027 va être détermine en grande partie par les questions internationales. Et en insistant là-dessus cette semaine, enfin, la semaine écoulée, je pense aussi qu'il met les différents prétendants à l'élection présidentielle face à leur responsabilité, en pensant en plus que ça met en difficulté en particulier deux candidats, c'est-à-dire Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Vous voulez dire sur leur relation avec la
Russie de
Poutine ? Oui,
bien évidemment, la Russie... Et
vous pensez
que ça peut avoir un impact, un électeur de Marine Le Pen ? Marine
Le Pen a déjà reculé, quand même, sur la réaction.
Marine Le Pen a reculé sur la Russie, Jean-Luc Mélenchon, alors elle est beaucoup plus, encore une fois, dans l'ambiguïté, mais il cherche à mettre ces questions internationales au cœur de la campagne électorale, de dire aux différents candidats, attention, vous devez prendre en considération. Par ailleurs, effectivement, il y a l'idée, comme ça on ne parle pas trop de mon bilan, mais on va retenir, parce qu'il pense, on le sait, qu'il veut rentrer dans l'histoire, comme tous les anciens présidents, tous les présidents sortants, pardon, en disant, voilà, moi j'étais à la hauteur des enjeux. Puis il y
a
un autre élément, je pense, important, c'est qu'il illustre ce qu'est la fonction présidentielle. C'est-à
-dire,
voilà, un président de la République, c'est quelqu'un qui s'occupe aussi de ces grandes questions internationales qui deviennent de plus en plus déterminantes, y compris sur les questions de priorité que les Français ont. Est-ce qu'il est écouté ? Sans doute pas beaucoup, parce qu'on sait qu'il bat des records d'impopularité, mais je crois qu'il fait cela, encore une fois, par rapport à ce qu'il pense laisser derrière lui. Donc voilà, c'est ça, je crois, à quoi Emmanuel Macron s'emploie actuellement.
Jean-François Colosimo ? Oui, moi je crois que, qu'est-ce qui se passe ? C'est assez simple. Le général de Gaulle a voulu une constitution dans laquelle le chef de l'État est aussi le chef de la diplomatie, le chef des armées. C'est en ça que la Constitution est monarco-républicaine, et non pas parce qu'il y
a
des petits fours à l'Élysée. C'est une bêtise de ne pas comprendre cette nature
réunie,
monothéiste, en quelque sorte, du pouvoir qui permet d'assurer un cap pour un pays qui a à la fois l'arme nucléaire et un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
Et
pour un pays dont on sait, le général de Gaulle le disait, que son peuple tourne facilement à l'état de veau dès lors qu'il n'a pas d'enjeu international, quand la France ne se projette pas dans le monde, elle devient très vite étriquée, n'est-ce pas ? Si elle n
'a
rien à dire au monde. Donc finalement, Macron s'est habitué à tout ça, et comme avant lui Hollande, même Sarkozy, comme tous les présidents, petit à petit, mais lui il y
a
eu dix ans, il est rentré dans cet habit où il y a un témoignage français qui est porté par l'Ottawa de la République sur les affaires du monde et qui participe de valeurs universelles. Le problème qu'il a, c'est quoi ? C'est qu'il y a deux hérésies, n'est
-ce
pas, dans cette affaire. C'est celle de la réduction du mandat à cinq ans. Pourquoi ? Parce que le président devient un chef de parti, puisqu'une élection est couplée avec celle de son parti. Quand il n'a plus de parti, on voit les difficultés qu'il y a
au
pouvoir. Et la deuxième, évidemment, c'est cette histoire de pas plus de deux mandats consécutifs. Mais ce n
'est
pas même à la fin que le président devient impotent. C'est dès son élection, le jour même de son deuxième mandat, tous les couteaux s'aiguisent et tout le monde pense à l'élection qui va suivre. Il a dit que
c'était une des plus grandes conneries, si je me souviens. Mais excusez-moi l'expression, mais c'était celle du président. Macron avait dit que c'était une des plus grandes conneries. Bien sûr,
parce que le
gars, quand il est élu la deuxième fois, Macron, qu'est-ce qu'il se passe ? Mais tous les gars qui sont autour de lui, tous ses adversaires, mais même ses amis, pensent au coup d'après, puisqu'on sait qu'il ne pourra pas de toute façon
être
là une troisième fois et régenter et punir et sévir contre ceux qui lui auront mis des pots de banane. Alors, juste pour finir, oui, et lui, il a eu dix ans, et sur ces dix ans, en fait, on voit que par rapport à un exercice qui n'est pas un exercice libre, la diplomatie de la France, ce n
'est
pas un exercice libre, ça correspond à mille ans d'histoire avec véritablement des grands marqueurs. On voit qu'en fait, il s'est véritablement amélioré. Regardez comme, au départ, sur l'affaire d'Ukraine, aujourd'hui, le défenseur de l'Ukraine en Europe, c'est lui, n'est-ce pas ? C'est la France, c'est nous.
C
'est vital
de
bien comprendre ça et que finalement, effectivement, Isabelle a parlé de son bilan économique, monétaire et financier qui est là, mais sur le reste, finalement, sur cette dimension de politique étrangère, peut-être que demain, on le regrettera parce que cette politique étrangère, elle porte nos valeurs essentielles de liberté, tout de même, et de volonté de justice. Voilà.
Vous ne pensez pas que cette réforme constitutionnelle de 2008, qui interdit le troisième mandat, le sauve un peu ? Vu son niveau d'impopularité que quelqu'un a souligné, est-ce qu'il serait... Même s'il le pouvait, constitutionnellement parlant, est-ce qu'il serait candidat, franchement
?
En fait, je
ne
suis
pas
sûre que ça le
sauve. Moi, ce qui me frappe plutôt, c'est qu'on est à la fin d'un cycle. Alors, de fait, la réduction du mandat à 5 ans, l'inversion des élections, etc., il est pour quelque chose, mais c'est quand même une évolution vers une espèce de présidentialisme à outrance qu'on a connu avec Sarkozy déjà, etc. François Hollande n
'est
pas arrivé à être un président normal. Et donc, on a toutes les institutions, aujourd'hui, qui font du président, finalement, la seule personne qui incarne en France le pouvoir. Et alors, le problème de M. Macron, je pense, c
'est
qu'il n
'est
pas allé au bout des institutions telles que de Gaulle les avait prévues. S'il était allé au bout, il aurait démissionné, après avoir
été
mis à mal, après
les élusions.
Il n'a pas tiré, finalement... Ça se discute. En tout
cas, moi, je
pense...
Et je
pense qu'on est aujourd'hui, quand même, sur quelque chose qu'il va falloir réformer. On ne peut pas rester avec une présidence aussi forte qui, en plus, du fait, effectivement, d'une mandat de 5 ans, ne s'appuie sur plus rien. Là, on a un Macron qui
a
tous les pouvoirs, mais en dessous, qui est-ce qu'il légitime ? En fait, il n'est légitimé que par lui-même, aujourd'hui, dans les institutions. Il n
'y a
pas d'autres institutions qui légitiment. Ce n
'est
pas le Sénat, ce n
'est
pas l'Assemblée nationale. En plus, il a un peu, quand même, passé par-dessus tous les corps intermédiaires. Donc, on a quand même le sentiment d'un président tout seul, un régime présidentiel, qui continue à être un régime trop présidentiel, mais avec rien en dessous. Donc là, il y a un déséquilibre institutionnel, à mon avis, qu'il faut réformer. Alors, Jean-François
Colletineau voulait réagir, et après, Mathieu Soukierre.
Le général part, parce qu'il propose aux Français une transformation radicale de la France, la décentralisation et la participation. Ça touche même l'économie. Non, mais je veux dire, voilà. Donc, ils se sont désavoués. Les autres, François Mitterrand et Jacques Chirac, leur parti d'origine perd les élections, ils restent présidents. Et d'ailleurs, des deux fois,
ils
sont réélus.
Ce
qui veut dire qu'en plus, il n
'y a
pas de dommage à vivre la cohabitation.
Le monsieur lui
qui avait fait la distribution. Comme Chirac, d'ailleurs, c'est vrai. Chirac l'a fait. Et le problème qu'il y a, en fait, il est plutôt dans les partis.
Il
est le problème de la représentation, aujourd'hui, des partis, puisque ces partis n'arrivent pas à dégager une majorité qui puisse être bénéfique dans un moment compliqué internationalement
pour
la France. C'est le régime des partis qui est condamnable. Ce n
'est
pas la constitution de la cinquième.
François
Sokir, vous vouliez réagir
?
Le quinquennat a effectivement pour effet de déprésidentialiser le président. Et par ailleurs, un quinquennat, c'est par définition plus court qu'un septennat. Donc, il y
a
une espèce de course politique comme ça. Mais parmi les premières fois qui valent à Emmanuel Macron, il y a aussi le fait d'avoir été le premier président réélu hors période de cohabitation. Donc, Emmanuel Macron, il a eu le pouvoir et à peu près tous les pouvoirs pendant une décennie. Où il aura eu tous les pouvoirs pendant une décennie.
Alors,
à nuancer depuis les dernières législatives, puisque on voit bien que le Parlement est impuissanté, que la classe politique est globalement impuissanté. Mais à l'aune de la décennie où il aura occupé le pouvoir intégralement, effectivement, il n'échappera pas à la question de son bilan. Et ça, c'est terrible parce qu'au plan intérieur, on peut se dire qu'au plan politique, l'extrême droite, son adversaire numéro un, aura explosé, que la défiance aura explosé, qu'au plan économique, effectivement, ce qui a explosé,
c
'est la dette et qu'au plan social, le chômage aura très faiblement reculé, mais dans le même temps, les inégalités et la pauvreté se seront aggravées. Donc, ce sera très lourd, évidemment, dans la campagne présidentielle, dès lors que Gabriel Attal et où Édouard Philippe sont ses successeurs, ses héritiers, auront à porter cette part de bilan.
Le résultat de 2027 va évidemment déterminer beaucoup de choses sur la suite, mais est-ce que tout ça est une façon, dans un coin de sa tête et dans ses prises de parole, de préparer un éventuel 2032 ?
Je
termine juste là-dessus, ce serait un manque de lucidité totale. Aucun ex-président n'est parvenu à revenir.
Oui, mais
tous sont tentés de revenir. Tous
sont tentés, mais tous se sont cassés les dents.
VGE n'y est pas parvenu, Nicolas Sarkozy qui est mal barré. François
Hollande espère
encore, mais personne n'y croit tellement à part lui.
Mais c'est le président des premières. Il n'était pas
président de la République, il a fait une tentative quelques années après et ça n'a pas marché.
Juste vraiment d'un mot,
Marc Lazard ?
Simplement, le gros problème, ce ne sera pas simplement le bilan. Quel héritage il laisse ? Parce que les deux, Édouard Philippe et Gabriel Attal, ne font
pas
leur temps à dire qu'ils prennent leur distance avec le président de la République qu'ils ont servi et que lui-même avait nommé. On y reviendra forcément. C'est l'heure des coups
de
cœur.
Allez,
Marc Lazard, puisque vous aviez la main, je vous la laisse. Moi, je recommande la lecture du numéro mensuel de la revue L'Histoire qui va sortir dans quelques jours et qui est consacré ce mois-ci à l'Allemagne de Weimar. C'est un remarquable dossier qui est proposé et vraiment, c'est tout à fait intéressant à la fois sur l'arrivée au pouvoir de Hitler, sur l'Allemagne de Weimar, sur ce qu'était Berlin. Vraiment un numéro que je recommande, surtout dans un moment où on fait souvent des comparaisons entre la situation actuelle et justement celle des années 30 avant l'arrivée de Hitler au pouvoir.
Isabelle de Gollemain. Oui, alors moi, je vais rester dans le côté un peu religieux, mais alors religieux, soit loufoque, soit assez drôle. C'est une petite pièce qui est au tel de la Bastille « Je meurs de ne pas mourir » qui est une phrase de Sainte Thérèse d'Avila et c'est une pièce écrite par un auteur espagnol moderne, Paco Bezera, complètement déjanté, et une Thérèse d'Avila complètement déjantée mais qui n'arrête pas quand même de citer ses propres poèmes.
Et alors le spectacle est autant sur la scène parce que c'est Estelle Meyer qui est une formidable comédienne et qui l'interprète que dans le public où ce ne sont que des jeunes et alors des jeunes mais tout à fait branchés, parisiens, etc. Je pense qu
'il
n
'y en a
pas un seul qui va à la messe et qui applaudissent toutes les phrases de Thérèse d'Avila. Alors voilà, c'est assez curieux.
On
voit une Thérèse d'Avila qui va voir les prostituées, enfin qui est une espèce de féministe pétroleuse, etc. Mais quand même avec les phrases vraies de Thérèse d'Avila. Donc j'ai trouvé que c'était marrant parce
que
c
'est
un peu la religion d'aujourd'hui. Vous en avez dit que le titre du spectacle ? Elle
a eu peur
de ne pas mourir parce
qu
'elle voulait mourir pour Dieu. Donc c'est quand même assez fort. Mathieu Soukierre. Un capitalisme devenu fou. Le dernier livre d'Alain Minc avec votre collègue de France Culture Guillaume Erner, celui qui a été quand même le conseiller de tous les grands patrons du CAC 40 depuis plusieurs décennies qui est un apôtre du capitalisme, questionne quand même l'avenir du système face à l'explosion des inégalités et un risque d'inacceptabilité sociale de plus en plus poussé quand même. C'est assez savoureux et c'est assez intéressant.
savouré
comme vous dites effectivement les auteurs
mais intéressant. Jean-François Colossimo. On permettra de saluer un confrère Olivier Nora dont on sait le départ tumultueux de la maison qu'il servait depuis un quart de siècle à Grasset et qui démarre Olivier Nora édition très rapidement avec des auteurs Bernard-Henri Lévy, Delphine Orvilleur et d'autres suivants
qui
ont décidé de l'accompagner en restant fidèles à leur éditeur. Voilà, c'est dans un monde parfois
qui
n'est pas toujours beau, c'est une forme de beauté que cette volonté de fidélité à un métier
et
des auteurs fidèles à leur éditeur, tout ça, il y a quelque chose là-dedans qui se passe qu'il faut saluer.
sans
vouloir l'accabler, le même Olivier Nora est au cœur même si on ne cite pas son nom de ce grand scandale ou ce grand débat en tout cas autour de l'IA et d'Aurélien.
qui
ont lancé effectivement cet auteur haïtien désormais québécois, cette maison québécoise l'a lancé, il a été acheté dans le monde entier, ce n'est pas une production grassée immédiatement.
C'est lui
qui signe
?
C'est lui qui signe mais vous voyez que ça va
être Et il n'est pas
le seul à s
'y abuser.
ça va être un des problèmes de l'édition et peut-être qu'on verra de la même façon qu'il
y a
des magasins bio qui vous disent sans OGM, on verra peut-être qu'on va mettre des pastilles mais comment s'assurer de ça ? C'est difficile.
Ça sera un sujet dans le club assurément dans les prochaines semaines. Moi, mon coup de cœur c'est une expo photo qui date déjà de quelques temps mais que j'ai vue cette semaine tardivement au musée de la Libération c'est l'expo Robert Capa expo photo qui met très bien en lumière le style Capa la façon l'approche immersive la façon dont Capa était au cœur du danger et notamment il y
a
une archive incroyable une caméra à filmer Robert Capa en train en pleine action pendant le jour de la Libération c'est assez fascinant c'est donc au musée de la Libération c'est jusqu'au 20 décembre 2026 Merci à tous les quatre Isabelle de Gollemar Marc Lazard Jean-François Colosimo Mathieu Souquier et merci de nous avoir écoutés sur France Culture
Vous êtes bien sur France Culture