Nicolas Dupont-Aignan invité sur CNews (2 mars 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes rassuré ?
- 2:54RelanceRéponse directe
Vous ne me parlez plus du renforcement des contrôles aux frontières.
- 4:37OuverteRéponse directe
Quand les salariés du Louvre mettent leur droit de retrait, ils ont raison ?
- 5:59OuverteRéponse directe
Deuxième sujet, le 49-3.
- 7:48OuverteRéponse directe
Vous êtes gaulliste, c'est dans la Constitution.
- 8:28FerméeRéponse partielle
Vous allez les voter toutes les deux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23InvitéFait
« Le gouvernement a pris conscience enfin du problème. »
- 0:40InvitéFait
« Il faut absolument arrêter les retours de vols de Chine, ce qui n'a pas été fait. »
- 0:50InvitéPromesse
« Il faut acheter et fabriquer d'urgence les masques qui seront nécessaires pour les personnels soignants. »
- 6:43InvitéChiffre
« Au-dessus d'un certain salaire, les très hauts revenus ne cotiseront plus au régime général, ce qui va faire perdre 4,7 milliards de financement pour le régime général. »
- 8:46InvitéPromesse
« C'est un proposition de loi de référendum, d'initiative partagée. Si on a 168 ou 170 parlementaires, de différents partis qui le votent, on peut obliger le gouvernement, s'il y a 4 500 000 signatures. »
- 10:00InvitéFait
« La Turquie a occupé le territoire syrien, a soutenu implicitement les djihadistes d'Al-Qaïda. »
- 11:23InvitéFait
« On ne gagne jamais à céder au chantage. »
Temps de parole
- Invité76 %
- Nicolas Dupont-Aignan18 %
- ?6 %
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Bonjour
Nicolas Dupont
-Aignan. Bonjour
Gérard Leclerc.
Le coronavirus, on est passé au stade 2 de la maladie, celui où il faut freiner la propagation du virus.
Alors
des annonces fortes ont été faites ce week-end, fermeture des écoles dans l'Oise, interdiction de tout rassemblement de plus de 5000 personnes, des recommandations sanitaires.
Est
-ce que vous êtes rassuré
? À
moitié. Le gouvernement a pris conscience enfin du problème.
Enfin ?
Enfin oui, parce que moi j'avais alerté le 26 janvier, fin janvier, non pas pour polémiquer, tout au contraire pour proposer. Et avec des experts de santé publique de Debout la France, nous avions dit deux choses. Il faut absolument arrêter les retours de vols de Chine, ce qui n'a pas été fait, mais maintenant c'est fini.
Le
virus est en France. Deuxième point, il faut acheter
et
fabriquer d'urgence les masques qui seront nécessaires pour les personnels soignants. Aujourd'hui, il y a des mesures qui ont été prises, que je salue, car encore une fois, il ne faut pas d'affolement, mais je pense qu'on pourrait faire un peu plus, un peu plus vite.
Les
médecins, par exemple, les médecins libéraux sont fondamentaux pour éviter l'engorgement de l'hôpital. Et les médecins attendent leur masque. Le masque, pas le masque simple, le masque FPP2. Si on avait commandé les masques à temps, les médecins auraient leur masque. On nous dit qu'ils vont arriver mardi, c'est-à-dire demain, je l'espère, mais vous savez combien c'est lent, c'est une organisation, donc moi je demande au gouvernement des choses précises qui vont rassurer les Français et éviter l'affolement. C'est-à-dire que tous les personnels soignants aient des masques, rapidement.
Deuxièmement, que tous les personnels de transport, je prends l'exemple SNCF, Air France, aient des masques, et que les Français qui le souhaitent puissent en avoir, notamment ceux qui se déplacent. Il ne
s
'agit pas de sombrer dans un affolement, il s'agit au contraire de pouvoir mener une vie normale, parce qu'il ne
faut
pas que tout s'arrête,
dans
les zones qui ne sont pas contaminées, pour éviter la propagation du virus. Et sur ce point, je ne comprends pas la décision de ce matin, mais j'espère qu'elle va changer, où le gouvernement nous dit, après avoir eu, pour le coup, une mesure rapide, efficace, qui était d'interdire le retour des enfants à l'école, qui provenait de zones à risque,
qui
avaient été en voyage en Italie ou en Chine. C'était une bonne mesure, et là, j'avais applaudi. Et on nous dit ce matin qu'elle est supprimée. Donc, j'avoue ne pas comprendre. Donc, moi, ce que je demande, c'est un,
pas
d'affolement, parce qu'on doit pouvoir le surmonter.
Deux,
les masques absolument essentiels pour le personnel soignant, et pour ceux qui le veulent et qui se déplacent beaucoup. Et puis, trois, il faut dégager des moyens supplémentaires rapidement pour l'hôpital public, qui est à bout. C'est ça, les trois axes, à mon avis, pour affronter cette épidémie.
Vous ne me parlez plus du renforcement des contrôles aux frontières. Vous l'aviez demandé, finalement, vous réalisez que c'est pas... Les autorités sanitaires avaient dit que c'était pas efficace. Non, mais,
excusez-moi, c'était
efficace au début.
Aujourd'hui, ça ne sert plus à rien. Si,
il faudrait... Je prends un exemple. Tout dépend des cas dont on parle. J'avais, fin janvier, demandé l'arrêt des vols de Chine, pour des raisons financières, le tourisme... Oui, mais ça les fait.
Non, non, non, non,
non. Air France a arrêté, parce que le personnel voulait exercer son droit de retrait. Mais les vols de compagnie chinoise ont continué. Et Mme Buzyn, qui, après, a déserté et est partie à la ville de Paris, ce qui est d'ailleurs un vrai problème, parce que le ministre de la Santé... Olivier Véran fait très bien son travail. Non, mais attendez. Alors, ça veut dire que les ministres ne savent rien, qu'ils sont interchangeables
? Il peut y en avoir d'autres qui sont bons, non ?
Oui, enfin,
en
tout cas, je pense que le devoir de Mme Buzyn, c'était de rester en poste. D'accord. Mais c'est fini. Je crois que, maintenant, le virus est en Europe. L'enjeu, c'est de préparer les Français à tout faire pour ne pas le propager. Et l'enjeu, c'est de pouvoir soigner le mieux possible. Les personnes qui sont infectées, car, heureusement, il y a beaucoup de gens qui guérissent. Ils sont traités. Donc, l'enjeu, ce n'est pas de dire tout va mal, ni tout va bien. Je trouve que le gouvernement est toujours un peu, comment dire... En dessous de la main ? Un peu en retard d'un wagon. Et c'est dommage, parce que les Français, je voyais votre sondage, sont inquiets, parce qu'ils ont le sentiment,
parfois,
d'incohérence. Pourquoi interdire le semi-marathon ? Il fallait le faire. Bravo. Mais pourquoi alors avoir autorisé des supporters de foot dans un stade, venant d
'Italie ?
C'était avant, c'était plusieurs jours avant.
Oui, mais on demande au gouvernement l'anticipation. J'espère qu'il va le comprendre. Je souhaite qu
'il
le comprenne. Mais qu'on aille vite dans la distribution des masques.
Quand les salariés du Louvre mettent leur droit de retrait, ce qui oblige à la fermeture du Louvre, ils ont raison ? Mais ils ont raison.
S
'ils n'ont pas, par exemple, le masque...
Mais si le gouvernement avait donné des masques aux salariés du Louvre, peut-être qu
'ils
n'auraient pas effectué leur droit de retrait. Ce que je veux dire par là, il est peut-être excessif, je n'en sais rien. Il n'y
a
pas de vérité, je crois qu'il faut dire aux Français, il n
'y a
pas de vérité parfaite. Mais je préfère un gouvernement
qui
agit par excès de prudence, et je ne lui en voudrais jamais, plutôt que d'attendre que les choses soient là et que les gens s'inquiètent. Il faut tout faire pour éviter l'inquiétude excessive, l'affolement inutile. Et pour éviter l'affolement inutile, il faut donner aux Français les moyens d'agir. Il y
a
un point qui me paraît important aussi,
c
'est de casser la spéculation inacceptable, inacceptable, sur le prix des masques, sur le prix des gels.
C'est la loi de l'offre du gouvernement ? Non,
excusez-moi, quand il y
a
une crise sanitaire, on fixe un prix public,
prix
public, c'est inacceptable que des gens spéculent sur les moyens de la santé des Français. Donc ça veut dire que si on n
'a
pas d'argent, on ne pourra pas s'acheter le gel pour se frotter les mains ? Enfin, ça veut dire quoi ? Il faut des mesures immédiates de gel des prix, pour le coup. Il n'est pas normal qu'il y ait des gens qui spéculent, qui s'affolent, qui stockent. Il faut remettre un peu d'ordre là-dedans.
Deuxième sujet, le 49-3. Donc, Edouard Philippe l'a sorti, si je puis dire, pour, dit-il, mettre fin. Il
faut
remettre un terme à un débat qui s'enlisait, avec une stratégie d'obstruction qui était revendiquée par les insoumis. Et ça donnait une mauvaise image du Parlement.
C
'est si choquant que ça ?
Écoutez, moi,
j'ai été en séance pendant une semaine, tout le temps, sur le projet de loi retraite. Et j'ai vu combien les amendements étaient utiles
pour
savoir...
Vous étiez d'accord
avec la bataille d'amendements, donc
? Oui, j'ai participé. J'ai posé des questions. Vous pouvez reprendre les débats la première semaine. J'ai posé des questions, par exemple, sur le régime spécial des très hauts revenus. Vous savez qu'au-dessus d'un certain salaire, les très hauts revenus ne cotiseront plus au régime général, ce qui va faire perdre 4,7
milliards
de financement pour le régime général. C'est un scandale absolu. J'ai posé,
Gérard
Leclerc, vous pouvez reprendre les vidéos de l'Assemblée, 15 fois la question au ministre, qui n'a jamais voulu me répondre et qui, à la fin, m'a répondu de manière incompétente. Le débat
à
l'Assemblée nationale et tous les Français qui l'ont regardé sur Internet ont vu à quel point
le
gouvernement n'avait pas de réponse sur des sujets fondamentaux. Et c'est pourquoi il veut faire taire le Parlement.
C
'est inacceptable ce
qui se passe.
C
'est une
dérive autoritaire, vous diriez ?
C'est une dérive
autoritaire inacceptable. Et je vais vous dire pourquoi il le fait aussi.
C
'est parce que moi j'ai vu des députés En Marche,
dans
les couloirs, à la buvette, qui nous disaient « mais ce projet est dingue, comment on peut nous faire voter ça ? » Et ça veut dire que sa majorité commençait à paniquer. Parce que les Français ont compris que ce projet était dangereux pour le pouvoir d'achat des futurs retraités. Et maintenant, il faudra voter la motion de censure, mais ça ne suffira pas.
Alors on va y venir, mais simplement sur le 49.3.
Vous
êtes gaulliste, c'est dans la Constitution. Il y a 88 fois que
ça
a été utilisé, y compris par des gouvernements, Georges
Pompidou,
Michel
Dobré, Balladur, etc. Mais jamais, Gérard Leclerc,
jamais,
cela
n'a été utilisé notamment par la droite, jamais, sur un dossier aussi important que les retraites. Vous savez,
vous
ne pouvez pas gouverner par la force contre le peuple éternellement.
Et
moi, je dis au gouvernement que c'est une très grave erreur. Parce que, moi je vais proposer, puisque les motions de censure ne sont pas adoptées, ils ont la majorité.
Il y a deux motions de censure qui ont été déposées,
une
par la droite par la gauche.
Vous allez les voter toutes les deux
? Non, je vais les lire, parce que je lis toujours ce que je vote.
Donc, ce n'est pas encore si vous voulez. Je vais
les voter si elles sont contre ce projet, mais qu'elles ne nous entraînent pas vers un projet alternatif dangereux. Et je les voterai probablement, mais surtout je vais proposer autre chose,
qui
me paraît mieux. C'est un proposition de loi de référendum, d'initiative partagée. Si on a 168 ou 170 parlementaires, de différents partis qui le votent, on peut obliger le gouvernement, s'il y a 4 500 000 signatures, c
'est
la procédure
Aéroport de
Paris, à consulter les Français. Et moi je crois que si la gauche et la droite sont sincères,
il
faut un référendum. C'est aux Français de trancher le conflit qu'il y a entre le Parlement
et
le gouvernement.
– Autre
sujet, 13 000 migrants syriens, afghans, irakiens sont actuellement à la frontière gréco-turque. Et cela après que le président Erdogan se trouve empêtré dans les événements dans la guerre en Syrie et qu'il a annoncé qu'il n'empêcherait plus les immigrants de rentrer en Europe. Les Nations Unies appellent au calme. Le président Macron a exprimé sa solidarité. Vous en pensez quoi ?
– Je pense qu'on paye une faiblesse incroyable à l'égard de la Turquie. J'ai été très scandalisé de voir le ministre des Affaires étrangères français signer une tribune, en gros, voulant, donnant quasiment raison à la Turquie. Mais attendez, on est fous. La Turquie a occupé le territoire syrien, a soutenu implicitement les djihadistes d'Al-Qaïda.
Il
est avec Al-Qaïda, qui a tué sur les trottoirs de Paris. Envoie des armes en Libye, déstabilise la Libye. Nous donnons, attendez, Mme Merkel, allemande, avec la complicité de M. Macron, a donné des milliards d'euros. –
Oui,
mais
c'est grâce
à ça qu'il y a plus de 2 millions
d'immigrants qui, pour l'instant, étaient justement retenus
en France. –
Eh bien,
je vais vous dire, la leçon de l'histoire, Gérard Leclerc, montre que quand on cède au chantage d'un dictateur qui a menacé l'Europe d'un flux de migrants, qui a livré des armes à des djihadistes, et qu'on le défend, alors même que la Syrie récupère son pays, je crois qu'il faut arrêter de donner de l'argent à la Turquie, qu'il faut faire un blocus économique.
– Ils vont ouvrir
les frontières, vous aurez 3
millions de migrants. – Au chantage, on fermera les frontières, non,
parce
que nous avons un levier sur la Turquie qu'on n'utilise pas. Vous savez que la Turquie exporte beaucoup plus en Europe
que
nous exportons en Turquie. Il suffit de bloquer les exportations turques
et
nous mettons à genoux le régime turc. Il y
a
un moment… – Donc fermeté à l'égard de… – Fermeté totale à l'égard de la Turquie, qui a été du côté des tueurs de Paris. Il y a un moment, la faiblesse, on l'a vu dans l'entre-deux-guerres, la faiblesse avec des dictateurs qui sèment le chaos,
doit
s'arrêter. Et je regrette qu'on ait donné 8 milliards et demi de notre argent à la Turquie qui fait du chantage. Vous savez, on ne gagne jamais à céder au chantage. Alors ça veut dire qu'il faut renforcer nos frontières, ça veut dire qu'il faut arrêter de donner de
l
'argent à la Turquie, ça veut dire qu'il faut aider la Syrie à retrouver son territoire et reprendre pied dans cette région et ne pas laisser les Américains qui se sont échappés, vous savez, ils
ont
lâché
les
Kurdes. Et puis essayer de faire la paix là-bas.
Un mot sur un dernier sujet, les Césars mouvementés, une très vive polémique autour de Roman Polanski, qui est le César du meilleur réalisateur. Alors, clairement, pour les très vides, vous êtes du côté des féministes qui ont manifesté contre le cinéaste ou du côté de Roman Polanski et de son œuvre ?
J'ai deux filles. Les œuvres
et
le copinage du milieu du cinéma français ne doivent pas l'emporter sur l'élémentaire moral. C'est tout. Et je trouve que ce petit milieu a manqué vraiment quelque chose lors de cette cérémonie. C'est honteux ce qui s'est passé.
Merci
Nicolas Dupont-Aignan. Bonne journée, bonne semaine. Roman,
c
'est à vous.
Nicolas Dupont-Aignan