Macron : la République des apprentis #cdanslair 29.07.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 17 %Attaque 53 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:13OuverteRéponse partielle
Est-ce que oui, il y a un problème d'amateurisme chez les élus de La République en marche ?
- 2:52RelanceRéponse directe
Jérôme Sainte-Marie, vous parliez de 75% de nouveaux députés, est-ce que cela explique l'amateurisme ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Rémi Godot, est-ce que l'image d'amateurisme est un problème pour la majorité ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Isabelle Véramasson, est-ce que les couacs sont dus à l'amateurisme ou à des choix politiques ?
- 6:55OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il n'y a pas un peu de misogynie dans les critiques envers les nouvelles députées ?
- 8:36RelanceRéponse directe
Pourquoi ces députés sont-ils si souvent pris en flagrant délit de couacs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:26PrésentateurChiffre
« Il y a 431 nouveaux députés sur 577, c'est un record absolu, 75% de l'Assemblée. »
- 3:00InvitéFait
« Députés de la République en marche qui n'ont jamais exercé aucun mandat. »
- 9:36PrésentateurFait
« Un amendement sur la moralisation de la vie publique vient d'être voté dans la douleur. »
- 16:11InvitéFait
« Richard Ferrand est englué dans un scandale qui est celui de la mutuelle de Bretagne. »
- 24:56PrésentateurFait
« Le groupe En Marche vote contre un article de sa propre loi. »
- 28:31InvitéFait
« On va plus pouvoir recruter sa femme et son mari. »
- 31:01InvitéChiffre
« 277 emplois en jeu. »
- 34:36InvitéFait
« C'est Bruno Le Maire et c'est le gouvernement qui pilote. »
- 35:12PrésentateurFait
« Le député n'est pas un élu local, il ne représente pas la Creuse. »
- 36:40PrésentateurChiffre
« Il y a une baisse assez importante d'Emmanuel Macron dans les sondages. »
- 44:35PrésentateurChiffre
« C'est 24% au premier tour de la présidentielle. »
- 49:05InvitéFait
« D'abord accusé de favoritisme pour l'organisation d'un voyage du candidat Macron à Las Vegas. »
- 49:15InvitéFait
« La ministre du travail est aujourd'hui attaquée sur des stock options empochées chez Danone après un plan de licenciement. »
- 52:52InvitéChiffre
« En deux ans, Madame Pénicaud a gagné 4 millions d'euros. »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Invité17 %
- Invité 210 %
- ?5 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
- Invité 53 %
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Bonsoir à tous. Emmanuel Macron serait-il mal entouré avec des équipes novices en politique ? Les députés de sa majorité ont multiplié les bourdes et les couacs cette semaine à l'Assemblée nationale avec des scènes parfois un peu ridicules, au point de s'attirer les foudres et les moqueries de ceux qu'on appelle désormais les anciens. Mais on note surtout l'absence de poids lourd dans la majorité présidentielle capable de répondre aux attaques de l'opposition, laissant un Emmanuel Macron en première ligne et qui du coup commence à chuter dans les sondages. C'est le sujet de cette émission de ce «
C
'est dans l'air » que nous avons décidé d'intituler ce soir « La République des apprentis ». Alors pour répondre à vos questions, SMS et Internet, nous accueillons sur ce plateau Jérôme Sainte-Marie. Vous êtes politologue et directeur de l'Institut Pauling Vox. Rappelons votre dernier ouvrage, le nouvel ordre démocratique aux éditions du moment. Nous accueillons Isabelle Véramasson. Vous êtes directrice de recherche au CNRS
et
vous dirigez le laboratoire communication et politique à l'Université Paris-Dauphine. Nous accueillons Rémi Godot, vous êtes rédacteur en chef à l'Opinion et enfin Éric Ackman. Vous êtes reporter politique à Paris-Match. Première question, est-ce que oui, il y a un problème d'amateurisme chez les élus de La République en marche
? Alors
ça dépend de quoi on parle en fait,
puisque
effectivement il y
a
eu un très fort renouvellement pour cette Assemblée nationale. Je crois qu'il
y
a 431 nouveaux députés sur 577. C'est un record absolu, 75% de l'Assemblée. La fois précédente c'était uniquement 40% de l'Assemblée qui avait été renouvelée et la législature encore précédente c'était uniquement 25%. Donc là effectivement 75% de nouveaux députés, c'est impressionnant. Et ça amène parfois cette impression d'amateurisme, d'autant plus que ces nouveaux députés souvent sont des nouveaux élus tout court. C'est des gens qui n'ont pas d'expérience politique. Mais ça ne tient pas uniquement à cela. Parce qu'on voit par exemple que certains groupes, je ne parle pas du groupe socialiste,
ce
qui reste du groupe socialiste, la Nouvelle-Gauche et du groupe LR qui eux sont souvent d'anciens députés, expérimentés, mais même un groupe assez neuf comme le groupe de la France Insoumise ne donne pas cette même impression. Parce qu'on a affaire à des gens qui ont fait de la politique depuis des décennies, qui sont intervenus dans des congrès de l'UNEF, dans des groupuscules, etc. et qui donc sont allés, en quelque sorte, ont été testés au combat, si vous voulez, au combat politique. Et donc savent se tenir et savent également faire face à la bronca, par exemple. Tandis qu'inversement...
Prendre
la parole. Absolument. Tandis qu'on sent bien qu'il
y a
beaucoup de députés en marche qui sont un petit peu comme intimidés. Dernier facteur, il y a aussi le fait que comme ce groupe est ultra majoritaire, au fond il n'est pas tenu par une espèce de risque, en quelque sorte, que le texte ne tienne pas. Et donc il y
a
probablement une forme de laisser-aller qui s'est installée pour cette raison-là. Donc ce n
'est
pas uniquement de
l
'amateurisme, c'est aussi un problème politique plus profond. Eric Ackman. Alors j'abonde au sens de Jérôme Sainte-Marie, 169
députés de la République en marche qui n'ont jamais exercé aucun mandat.
Il
faut aussi rappeler que c'est la première assemblée issue du non-cumul
et de l'application de la loi de 2014
qui
veut qu'on ne se présentait pas si on était maire en même temps ou si on dirigeait
un
exécutif.
Et souvent
les députés ont gardé leur mandat de maire et donc ça a laissé des places libres pour être député.
Voilà. J'ajouterais quelque chose qui est constitutif un peu aussi de la République en marche. Moi je suis assez frappé quand je discute avec eux,
c
'est que déjà ils ne se connaissent pas. Entre eux, ils ne se connaissent pas toujours. Ils ne savent pas quel est le député en marche de tel territoire.
Ils
sont tellement nombreux qu'ils n'ont pas eu encore le temps de créer entre eux une affinité qui peut servir quand même quand on est dans le combat politique. Et j'ajouterais une chose, c'est que contrairement par exemple à la grande vague de renouvellement de 1981,
c
'est des gens qui n'ont pas de culture politique commune, qui n'ont pas de passé politique commun. On se souvient en 1981 que nombre de députés ont déjà suivi François Mitterrand depuis de longues années, pour certains, ont déjà l'expérience de la campagne de 1977, de 1978. Ils sont déjà patinés, je dirais, au combat idéologique de l'époque. Et donc ils ont des repères communs, ce que n'a pas aujourd'hui la
République
en marche. Rémi Godot. Alors c'est vrai que si on parle en termes d'images renvoyées, il y a un problème d'amateurisme. Est-ce que c'est un problème ? Il y a une image d'amateurisme, est-ce que c'est un problème ? Il y a une chose qui va dans le sens du gouvernement, c'est que je pense qu'on est avec des gens en antisystème, qui se proposent de renouveler la vie politique, donc qu'il y
a
une sorte d'indulgence. On l'a vu dans d'autres pays européens, où les antisystèmes vraiment se plantent sur certains sujets, et il n'empêche qu'il y
a
une sorte d'indulgence, parce qu'ils sont novices, on l'accepte. Mais ensuite, il y
a
quand même un gros problème, parce qu'une des promesses d'Emmanuel Macron, c'était le renouvellement, et même mieux, c'était l'idée que le renouvellement allait entraîner une meilleure efficacité, l'idée que le renouvellement, ça serait des gens plus vertueux. Or là, on se pose la question. On se dit, oui, il y a une sorte de renouvellement, mais pour l'efficacité, tous les couacs qu'on a vus au Parlement commencent à faire douter de l'efficacité de cette majorité. Si c'est vrai, comme elle est très large, les lois vont être votées, donc en termes de résultats, on obtiendra quelque chose.
Mais en termes de communication, déjà l'image autour de la loi sur la moralisation de la vie politique était censée redonner du crédit, de la confiance envers la classe politique. On a eu des images, qui ne sont pas à mettre qu'à décharge de la République en marche, mais on a eu quand même des images qui n'allaient pas forcément dans le sens d'une meilleure image de la classe politique. Isabelle Véramasson, et ensuite, on va voir justement ces couacs et ces images dont on parle.
Oui, je crois que beaucoup de choses auront été dites, et on voit bien qu'à la fin, on glisse de la question des couacs au niveau parlementaire à la question plus lourde de la politique, c'est-à-dire des lois qui ont été présentées. Vous-même, vous avez parlé de la baisse de la popularité d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est dû aux couacs de l'Assemblée nationale ? Je ne crois pas. Je crois qu'on est allé assez vite sur les questions de fonds, sur les questions d'impôts, sur les questions d'austérité. de retour sur un certain nombre d'avantages.
Et
que c'est cela, sans doute, qui coûte très cher. Maintenant, la question de la nouveauté, il faut en parler, nous allons en parler ce soir. Et elle est à la fois dangereuse. On a parlé d'Emmanuel Macron comme le président des 40 couacs.
Du
couac 40. Du
couac 40.
Voilà.
Donc, on voit bien qu'on mélange la politique avec la communication. On peut à la fois, on ne peut pas blâmer des nouveaux d'être nouveaux. On ne peut pas...
Ils ont les défauts de leur qualité.
Ils ont les défauts de leur qualité. Ils sont plus jeunes. Ils sont plus féminins. Ils sont...
Est-ce qu'il n'y a pas
un peu... Alors, pour rebondir là-dessus, Christophe Castaner dit qu'on est face à des vieux briscards, parlant des anciens qui se moquent, un peu misogynes. Autrefois, c'était très masculin, l'Assemblée nationale. Maintenant, les femmes, on est quasiment à la parité. Oui,
avec une parité qui est un peu... Comme toutes les parités, un peu imposées. Les femmes ne se sentent pas suffisamment légitimes pour apparaître dans l'espace public. Et on le sait, dans les propositions d'En marche, il n'y avait que 20% de femmes qui ont demandé à être... qui se sont présentées...
Spontanément.
Spontanément. Or, il a fallu en prendre 40%. C'est-à-dire que ça a été plus difficile de trouver des femmes, comment dirais-je, peut-être plus aguerries. Mais encore une fois, je pense que c'est important de le faire quand même et que les femmes vont apprendre comme les hommes exactement. Mais c'est vrai qu'il y a plus de difficultés quand on prend des gens plus jeunes, moins habitués et surtout, qui ne sont pas des vieux briscards de la politique.
Oui,
oui, je vous en prie. Je vois
que Jérôme
a envie de...
Juste un mot là-dessus. On ne peut pas dire ça. Enfin, ça me paraît très difficile de dire cela par rapport à la question des femmes puisque, d'une part, c
'est
un peu dévalorisant pour elles. Et puis je rappelle que des interventions très dures et très techniques ont été faites, notamment, je me pense à Delphine Bateau. Delphine Bateau a fait des
rappels au règlement. C'est une ancienne.
Donc c'est bien un problème de compétence, ce n
'est
pas un problème d'être femme ou
de... Non, ça veut dire que... Ça veut dire que vous avez... Il n'y a pas de
misogynie qui
se soit exprimée Non, ça veut dire que quand vous avez
moins de propositions de gens, moins de gens qui considèrent qu'ils peuvent tous être députés, c'est plus difficile ensuite de choisir des gens qui sont plus capés. C'est évident, c'est un problème statistique. Ça n'est pas du tout... Ça ne dit rien de la qualité des femmes et je pense qu'au contraire, elles vont apprendre comme l'a appris Delphine Bateau.
Alors, justement, cette semaine, on aura assisté à de nombreuses bourdes et autres scènes assez cocasses à l'Assemblée nationale. Des premiers pas hésitants, hasardeux, des députés de la République En Marche qui, évidemment, sont repris en boucle par les médias et sur les réseaux sociaux. Morceau choisi avec Sébastien Pouquet et Guillaume Biraud. Semaine houleuse à l'Assemblée nationale. Alors que les députés ont discuté la loi de la confiance pour la vie politique, les injonctions ont fusé de tous bords. Franchement, j'ai l'impression qu
'on
se fout de notre tronche, quoi. Vous avez le droit d'être hésitant, vous avez le droit d'avoir du doute aussi,
vous n'avez pas la science infuse. Il y a un mode de fonctionnement dans cette Assemblée que je ne comprends pas. On passe un temps fou à prendre des décisions incroyables. Tout ce qu'on vous demande, simplement, Madame la Présidente, qu'on puisse avoir le vote dans les conditions normales, ce qui ne s'est pas produit.
Entre couac et hésitation, l'Assemblée s'est donnée en spectacle ces derniers jours.
Et
tout a commencé en commission des lois le 19 juillet dernier. Un amendement sur la moralisation de la vie publique vient d'être voté dans la douleur. La Présidente de la Commission, Yael Brompivet, se lâche, croyant son micro fermé.
On a une responsable de texte inexistante, c'est comme si elle était à Nouméa sur un chaisement. Naïma, elle fait ce qu'elle peut et on a un groupe qui dort.
Des propos durs que ce nouveau visage de l'Assemblée, avocate de formation, regrette bien sûr, mais l'intéressée avoue tout de même à demi-mot son manque d'expérience dans son nouveau statut.
C
'est vrai que c'était un moment qui était compliqué pour moi parce que c'est vrai que je me suis sentie très isolée. Et c'est pour ça que j'ai eu des propos malheureux mais qui reflétaient mon état d'esprit du moment. mais c'était très émotionnel en fait.
Après la commission,
c
'est dans l'hémicycle que les débats se tendent. Mardi, le député Bourlange quitte la séance après une altercation avec la vice-présidente. Merci madame la présidente. Et mercredi, séance bisutage pour une autre vice-présidente.
On en est là au rappel au règlement.
C
'est à
moi
qu'il appartient à monsieur Gossin de juger.
Un administrateur lui souffle les consignes à l'oreille.
Je donne la parole à madame Avia qui veut faire un rappel au règlement.
Des hésitations et des rappels au règlement ont rythmé la semaine. Entre autres, Delphine Bateau y a eu recours.
Nous souhaiterions que la suite de la discussion sur les articles et la suite des débats sur le projet de loi respectent les règles habituelles de l'Assemblée nationale. Il y a des règles dans la façon dont le débat est organisé, dont l'auteur de l'amendement a le droit de répondre à la commission et au gouvernement avant que l'amendement soit mis au vote. C'est des choses très très simples. Et ce qui est étonnant, c'est d'envoyer au casse-pipe des collègues qui sont nouveaux députés sans le... voyer leur donner le minimum d'informations sur la façon dont les choses doivent se dérouler.
Mais jeudi fut sans doute la journée la plus animée. La contestation des résultats d'un vote constitue une remise en cause de la présidente... Les
députés présents se plaignent d'un comptage trop rapide des votes à main levée.
Jean
-Luc Mélenchon est
vent debout. Infiniment.
Écoutez,
franchement, c'est saoulant, quoi. Oui, c'est saoulant. On demandait juste un geste de bonne volonté. Vous ne le voulez pas. Que faut-il faire ? Moi, je n'essaye pas de faire céder. J'essaye simplement de faire respecter un minimum de droits des uns aux autres. Qu
'est
-ce que vous voulez ? Maintenant, vous vous dites que c'est trop cher ? On vous dérange ? Eh bien, débrouillez-vous entre vous. Nous, on s'en va.
Avant
de passer au vote sur l'article 10...
Deuxième événement de la journée de jeudi. Un article sur la transparence fiscale des ministres est mis au vote.
Je
mets donc au vote cet article 7R qui vote pour,
qui
vote contre. Il est censé recueillir une majorité. Alors, l'article est rejeté. Rejeté contre toute attente. Chers collègues, quand je mets au vote un amendement, c'est un amendement. Quand je mets au vote un article, c'est un article.
On
a une immense majorité de députés qui découvrent non seulement la fonction de député, mais qui découvrent simplement la politique. Parce qu'ils n'ont jamais eu d'expérience politique. Je pense qu'ils n'ont eu aucun engagement politique. Donc, ils ne savent pas comment fonctionne la démocratie.
Entre manque d'expérience et une volonté de créer la cacophonie des partis d'opposition, Richard Ferrand a brillé par son absence.
La
dernière présence dans l'hémicycle du président de la majorité remonte au 4 juillet. Le scrutin est clos. Et la nuit dernière à 4 heures du matin, c'est sans lui que le projet de loi pour la confiance dans la vie politique a été adopté en première lecture après 50 heures de débat. Merci, Madame la
ministre.
Alors, question Internet. L'apprentissage n'est-il pas le prix à payer pour tout renouvellement
?
On
n'est pas un peu
durs ?
C'est ce que l'on a dit. Effectivement, on ne peut pas voir le beurre et l'argent du beurre. Et il faut des nouvelles têtes. Il était important qu'il y ait de nouvelles personnalités. Elles vont devoir apprendre. Ce n
'est
pas si facile.
Mais il y
a
une formation, il y
a
un guide. Comment
ça se passe ? La question,
c'est ça. La question, c'est qu'on a le sentiment que chacun est un peu isolé. On voit bien l'administrateur derrière donner quelques indications. Peut-être qu'il aurait fallu faire une formation accélérée.
Il y a une
formation.
Il y a une formation. Mais elle n'était pas suffisante.
Et surtout, il ne travaille pas assez collectivement.
C'est là où il y a un problème avant tout de travail. Parce qu'encore une fois, regardez attentivement les nouveaux députés. Beaucoup de nouveaux députés ont un comportement tout à fait conforme
aux
règles de l'Assemblée nationale. Pourquoi ? Tout simplement parce que la première chose que l'on remet à un nouveau député, outre son écharpe, bien entendu,
c'est
le règlement que par ailleurs les services de l'Assemblée nationale qui sont composés de fonctionnaires, c'est un concours très difficile. Les administrateurs de l'Assemblée nationale sont des fonctionnaires extrêmement compétents et qui dispensent une formation aux députés.
Et
que par ailleurs, il y a aussi des efforts qui sont faits
au
niveau du groupe, du groupe en tout cas En Marche, pour aider aussi les députés à fonctionner. Donc il faut simplement prendre au sérieux.
On
a l'impression, si vous voulez, que les députés d'En Marche ont souvent été un peu pris à leur promesse.
avec leur
propre slogan et en disant on va faire la nouvelle politique, la politique autrement, sauf que quand vous êtes dans une institution,
que
ce soit une entreprise, une administration ou l'Assemblée nationale, vous avez des règles à respecter et on ne
peut
pas faire réellement autrement. Mais il n'y a pas que ça que révèle ce reportage. Ok, des questions d'amateurisme, peut-être. Ils ont quand même voté contre un amendement
qui était... Oui, peut-être
des phénomènes d'endormissement soudain, peut-être aussi, bon, très bien. Mais ce que révèle votre reportage, c'est le problème de l'encadrement
du
groupe et
des débats.
Alors
c'est le boulot de qui ça ? De Richard Ferrand ? Vous
avez, dans un dispositif
parlementaire, quand vous avez une majorité, vous avez le président du groupe qui quand même a un devoir de présence
et
d'encadrement quand même. En
l'occurrence, Richard
Ferrand. En l'occurrence, Richard Ferrand. Y a-t-il un problème avec Richard Ferrand sur la question spécifique de ce texte de
loi ?
Je pose la question. Parce que, là, vous êtes subtil. En fait, on l'accuse, on l'a vu, je crois, deux fois deux heures. Or, pourquoi ne l'a-t-on vu ? Pourquoi est-il si peu présent lors des débats
?
Il
y a une
piste qui est évoquée. Richard Ferrand est englué dans un scandale qui est celui de la mutuelle de Bretagne. Il n'est pas forcément le plus à même de monter en première ligne sur un texte de loi qui veut réguler et restaurer la confiance dans
la vie politique. Bon, disons les choses. C'est une piste qui faut étudier. parce qu'il ne
veut
pas se montrer quand il s'agit
de voter la moralisation
de la vie politique.
Il n'y a
pas que Richard Ferrand. Quand vous avez des apprentis, des jeunes députés qui dirigent,
qui
sont vice-présidents de l'Assemblée nationale, ça pose la question de la présidence aussi de l
'Assemblée nationale. Pourquoi
a-t-on confié à des personnes inexpérimentées le soin de diriger les débats à
l
'Assemblée nationale, de présider l'Assemblée nationale ? Il n
'y
a pas d'anciens parmi les députés de la République en marche qui auraient pu assumer cette fonction ? Je pense qu'il
y a au sein
du groupe parce que soit par laxisme,
soit
par choix, Richard Ferrand a décidé de faire monter des nouveaux
et
les rares vieux briscards comme vous disiez tout à l'heure qui sont au sein du groupe estiment qu'ils ont été marginalisés parce que ce n'était pas leur moment, parce qu'il fallait à tout prix imposer le renouvellement. Donc c'est vrai que là, Richard Ferrand a manqué de leadership, clairement, tout comme l'histoire de la question où il est de tradition que la question soit laissée à l'opposition. Richard Ferrand n'a rien expliqué à son groupe, a laissé voter son groupe et c'est Thierry Solaire qui a été élu contre toutes les traditions et ça a été un des couacs. Alors est-ce que les anciens n'en rajoutent pas un peu parce que justement ils s'estimaient, on les traitait de vieux, je ne
vais
pas dire le mot, mais un peu de ringards. Et bien ils disent, vous voyez finalement les ringards, nous on faisait le job. Est-ce qu'il
n'y a
pas un côté bizutage, revanche là-dedans ? Je ne crois pas, vous avez quand même, vous comprenez, les interventions, ce
n
'est pas des interventions violentes, j'ai regardé ça attentivement pendant des heures, c'est des rappels aux règlements tout à fait loyaux. Ce qui crée une impression de malaise et ce qui a été dit,
c
'est que
la présidente des séances est
confiée à des débutants. Donc là effectivement, du coup il y
a
un laxisme généralisé, on voit des députés qui se lèvent pour faire des selfies, pour prendre des photos, on voit des problèmes, ce n
'est
pas des problèmes très importants, mais c'est vrai que se laisser aller vestimentaire de certains députés pose un petit problème. C'est la France insoumise. En l'occurrence, bien sûr. Là vous avez, c'est une espèce de cafarnaum si vous voulez, où effectivement il n'y
a
plus des règles qui s'appliquent très clairement et donc là il y a un vrai problème de respect de l'institution pour elle-même. Par ailleurs, je ne vois pas si vous voulez de désir de revanche particulier sinon le fait qu'effectivement il faut que les choses fonctionnent. Alors que ce soit un angle d'attaque possible pour des groupes qui sont de fait très minoritaires certainement, mais ça tient aussi au fait que le groupe très majoritaire semble se dispenser en quelque sorte des exigences de l'Assemblée. Rémi Godot.
Il ne s'agit pas d'accabler les députés, mais il faut se rendre compte que ça commence à être contre-productif entre autres parce que ça ouvre une voie royale à Jean-Luc Mélenchon par exemple. La semaine dernière c'était un phénomène permanent. Un jour, contre les APL, il est arrivé avec son paquet de pâtes. Le lendemain... Ce qui est
interdit.
On n'a pas le droit d'introduire des objets ? L'article 9. Voilà. On n'a pas le droit de
même
de consommer.
Pourquoi la
présidence celui qui a assuré la présidence de l'Assemblée nationale n'a pas... Je ne
sais
pas moi... Si, il y
a
eu un rappel au règlement. Mais il aurait pu suspendre la séance.
Concernant suspendre
la séance, déjà que les débats traînent en longueur.
La
situation
serait difficile.
Mais quelque part, c'est un recul que d'accepter qu'on apporte un panier au sein de
l
'Assemblée nationale.
En
tout cas, apparemment, Jean-Luc Mélenchon fait un peu ce qu'il veut. Il a mis en scène sa sortie. Il n
'a
pas été le seul le jeudi. Un autre jour, il a signé, il a dédicacé son livre de la vertu pendant la discussion sur la loi de moralisation de la vie politique si ce n'était pas innocent. Et on voit bien qu'il est en train d'utiliser l'Assemblée nationale comme une vitrine. C'est important parce que Jean-Luc Mélenchon à la rentrée, il aura un rôle important à jouer. Il a une stratégie. L'Assemblée nationale où il fait tout son barnum qui est une vitrine. Les réseaux sociaux, on sait qu'il est très efficace. Et puis la rue. Il veut mobiliser dans la rue. Il veut mobiliser au même titre que les syndicats. Et ça sera une force d'opposition à la rentrée.
Or, le chaos actuel à l'Assemblée nationale donne une tribune ouverte où Jean-Luc Mélenchon peut se moquer, peut interpeller. Jean-Luc Mélenchon on va le rappeler, ça n'est que 17 députés à son groupe. Alors, pourquoi les autres partis n'en profitent-ils pas
?
Isabelle Véran-Masson.
Alors d'abord, il y
a
un problème de groupe.
C
'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise a obtenu un groupe alors que le Front National ne l'a pas à cause de son nombre. Moi, je voudrais quand même me demander avec vous si le fait qu'il y ait une vie à l'Assemblée nationale n'est pas forcément quelque chose de négatif. C'est-à-dire qu'on a beaucoup dit que l'Assemblée nationale ne servait à rien. Ce serait une chambre d'enregistrement, ce qui est particulièrement vrai avec une majorité aussi importante. Or là, tout d'un coup, on a un peu le sentiment quand même que le fameux débat, le débat démocratique dont on est plaint pendant des années de ne pas le voir exister, il existe.
Le vocabulaire, la première fois que j'ai entendu Soulan ou j'ai entendu des phrases comme ça devient ministre du Travail et après ça vient dire que c'est ce français un peu plus laxiste, un peu différent. Est-ce que ce n
'est
pas le français du français ? Des Français qui peut-être se sentent plus représentés par ce Parlement-là, cette Assemblée nationale-là. Donc, on va voir, le règlement c'est important, je sais bien qu'il faut qu'il y ait un règlement pour que la démocratie aussi vive, mais si on casse quelques codes, si on laisse parler des gens qui ne sont pas tous d'accord, si demain on entend le Front national, là c'est presque bizarre de ne pas l'entendre aussi peu, si on l'entend un peu, est-ce que c'est si grave, même si ce n
'est
pas poli, même si ça manque de cravate, même si le français est un peu oublié ou sur la porte des pâtes. Moi, j'ai trouvé intéressant de voir qu'effectivement pour 5 euros, vous aviez un repas, que c'était tangible et que tout d'un coup, la petite socle, tout le monde a trouvé ça un peu ridicule, c'est deux cafés 5 euros, mais c'est aussi un paquet de pâtes, une sauce tomate,
Jean-Luc
Mélenchon voulait montrer tout ce qu
'on pouvait acheter avec 5 euros. Et ce n
'était pas que de la provoque, c'était une manière de communiquer, de dire des choses d'une manière assez réelle. Donc, voilà, ne soyons pas trop vieux, machin, ici, et voyons l'intérêt aussi de casser quelques règles. Il y a toujours eu des députés qui ont adopté des comportements parfois un peu exubérants, toujours, mais la caractéristique de la France insoumise, c'est qu
'il
le systématise.
C
'est-à-dire que c'est devenu la politique du coup d'éclat permanent, c'est quelque
chose C'est bien, ça c'est une avancée,
la politique spectacle.
On
va vous dire qu'on est dans l'écume des choses, dans le chaud et non pas dans le fond des problèmes. Bon, alors, si on reste sur une lecture strictement sondagière, on ne
peut
pas dire que Jean-Luc Mélenchon perd des plumes en ce moment.
Il en gagne. Il en gagne. Il en gagne. Ça lui profite.
D'après le sondage Aris Interactif paru hier, il a gagné 4 points, ce qui est assez rare, et donc maintenant, il apparaît comme le principal leader de l'opposition face
à
Macron. C'est d'ailleurs l'objectif numéro 1 de Jean-Luc Mélenchon, apparaître comme l'opposant numéro 1 au monarque, qu'il appelle comme ça, Emmanuel Macron, l'histoire du Congrès de Versailles qu
'il a boycotté. Donc oui, sur le plan médiatique, sur le plan sondagier, ça lui porte. Sur le plan politique, je dirais qu'aucun des amendements de la France insoumise évidemment ont été retenus. Donc en termes d'efficacité, c'est pilote, pour dire les choses. Et après, sur l'image du Parlement,
moi
je suis assez partagé. Alors,
est-ce
que ces cafouillages et ces couacs ralentissent les procédures parlementaires ? Je veux dire, cette loi, elle a été votée cette nuit sur la moralisation de la vie politique. Et finalement, est-ce qu'Emmanuel Macron ne demande pas à l'Assemblée nationale de voter rapidement les lois pour que ça ne traîne pas en longueur et qu'elles puissent rapidement être exécutées ? Et de ce point de vue, il y a des couacs, mais ça avance,
au moins.
Il y
a
un paradoxe, il faut quand même bien voir que cette loi sur la moralisation de la vie politique est une loi, a priori, très facile à faire adopter. Les Français, bien sûr, c'est très difficile, vous savez, même pour un opposant à Macron, de se dire contre une loi de moralisation à la vie politique. Dans le scrutin, d'ailleurs, qui a eu lieu cette nuit, je crois qu'il n'y
a
eu quasiment aucune loi...
Il y a eu de l'abstention sur la France
Insoumise. Une abstention sur
la
France Insoumise, peut-être du Parti
communiste, je crois,
du groupe communiste également, mais sinon, il n
'y
avait pas eu d'opposition en réalité. Et puis même, l'incident que vous avez montré, le fait que le groupe En Marche vote
contre
un article de sa propre loi, c'est en fait parce que c'est un amendement... Non, il prend ça pour un amendement parce qu'Éric Coquerel de France Insoumise vient de déclarer qu'il était favorable à cet article de loi. Ah, c'est pour ça qu'ils ont voté contre. Et comme ils viennent juste d'entendre Éric Coquerel de France Insoumise dire « je suis favorable à ce
texte... » C'est pas blomien quoi, quasiment. C'est les ennemis de
mes
ennemis... Donc c
'est pas très bienveillant.
On
leur part d'ailleurs parce que du coup, ils se disent « Éric Coquerel est pour, nous votons contre. » Et c'est là où ils ne
se
rendent pas compte qu'en fait, Éric Coquerel vient d'appuyer un article qu'eux-mêmes avaient approuvé. C'est pour là que je dis « bon, c'est vrai que c'est vivant mais ça devient un peu bizarre. » Non, ce qui est très intéressant c'est qu'effectivement cette loi, encore une fois, est une loi facile sur laquelle à peu près tout le monde est d'accord sauf sur des points très particuliers mais qui n
'ont
pas fait véritablement de débats comme vous savez sur de l'inéligibilité pour certains délits liés à... Est-ce que ces nouveaux députés qui viennent pour beaucoup du monde de l'entreprise ne peuvent pas changer la culture de l'Assemblée Nationale et on va avoir un groupe très soudé ou est-ce que vous croyez au contraire que finalement ces députés vont faire comme les autres ils auront l'art de la petite phrase ?
Je
crois pas. Alors là,
pour les avoir rencontrés
et avoir fait quelques portraits d'eux c'est des gens qui sont extrêmement marqués par la politique politicienne des dernières années par le jeu des petites phrases Et ils n'en veulent plus ? Par le jeu de la fronde notamment chez les socialistes Nombre de marcheurs sont
d
'anciens socialistes quand même il faut bien le dire ils sont d'extraction de gauche on va dire et ils ont vécu l'histoire de la fronde sous François Hollande de manière...
Comme un traumatique Donc
ce sont des
gens disciplinés Voilà et donc ils ne veulent plus revivre ça Rémi Godot Là j'attends de voir je suis moins sûr c'est un groupe très large il y a déjà il y a déjà des petites fractures sur la manière dont le groupe est dirigé entre les nouveaux et ceux qui ont déjà de
l
'expérience donc peut-être que vous avez peut-être raison je ne sais pas Ce qui est important c'est qu
'il
n
'y a
pas que le résultat ce n'est pas juste que la loi soit votée c'est la manière dont elle a été parce que c'est vrai que la loi va être votée dans l'agenda mais en termes de communication et d'image quand même ce qui ressort n'est pas terrible à tel point qu'il
y a
une petite musique qu'on en finisse quand vous arrivez au bout d'un débat et dire vite pourvu qu'on vote qu'on en finisse qu'on passe à autre chose c'est que ça ne donne pas une image terrible pour l'exécutif ça
ne donne pas une image
très moderne non plus alors des smartphones voter à main levée
ah oui c'est d
'accord je revenais sur votre question sur l'agenda le fait que finalement la loi va être votée Emmanuel Macron apprend très vite de ses erreurs et c'est très intéressant de voir qu'une autre loi emblématique qui est le fameux projet de loi sur le droit à l'erreur qui devait être présenté en Conseil des ministres là a été ajourné et reporté pourquoi ? parce qu'il s'est rendu compte que cette loi n'était ni fait ni à faire pas du tout préparée pas faite en concertation et plutôt que d'aller vite sur une loi qui pour là aussi c'est une loi de simplification ne devrait pas poser de problème politique
il
a pris conscience que ça pourrait générer de nouveaux couacs il a préféré la reporter à la rentrée donc on voit quand même que dans la gestion de la loi de moralisation l'exécutif s'est rendu compte que tout n'était pas idéal il
y a un côté occasion manqué un peu il y a un côté occasion manqué sur cette loi c'est
à
dire que
c'était quand même le marqueur d'Emmanuel Macron pendant la campagne donc c'était quand même le point fort et là à la fin de cette séquence
là
vu les cafouillages on n'a pas l'impression qu'il en tire le bénéfice politique qu'il aurait dû en tirer Isabelle Verma oui moi je ne crois pas je crois que ce qui sort dans l'opinion c'est le fait que la loi a été votée c'est qu'on va plus pouvoir
recruter sa femme et
son mari on va voir que la réserve parlementaire a été éliminée tout ce qui est important pour les gens c'est à dire ce qui est visible à la fois beaucoup d'argent et puis aussi les affaires qu'ils ont connues ont été réglées donc tout le monde a trouvé normal qu'il y ait eu des couacs parce que ces gens commencent parce qu'ils sont jeunes parce qu'ils sont sympathiques et même peut-être que ça va se retourner en leur faveur parce que finalement chacun se dit que s'il avait été élu il aurait bien eu du mal à faire ce boulot-là à 3h du matin on a appris aussi qu'il faut travailler jusqu'à 3h du matin que c'est du boulot que les gens sont présents que les jeunes sont driveés par des gens plus âgés derrière il y
a
eu là une leçon démocratique de vie démocratique et la loi a été votée je crois que c'est ça qui va sortir bien évidemment il ne faudrait pas que ça se passe à chaque fois je veux dire les français auront une patience qui est limitée comme tout le monde
alors qui sont ces nouveaux députés et bien justement il fait partie de l'un de ces nouveaux députés de la République en marche Jean-Baptiste Moreau qui est agriculteur dans la Creuse et qui a eu l'honneur de poser la toute première question au gouvernement c'était au début du mois de juillet un député qui entend conserver son métier d'agriculteur pour dit-il garder les pieds sur terre reportage de Laure Herpeux et Clément Voyer
toujours impressionné lorsqu'il arpente les couloirs de l'Assemblée
le
jeune député
n
'est pas encore tout à fait à l'aise
plus
d'un mois après son élection Jean-Baptiste Moreau s'initie à ses nouvelles fonctions
un
mandat débuté sous les feux de la rampe
c
'est le premier à avoir interpellé le gouvernement
la
parole est maintenant à monsieur Jean-Baptiste Moreau
merci
monsieur le président
un
exercice déstabilisant
monsieur le ministre nous savons nous savons que vous avez mobilisé les services de l'Etat les collectivités territoriales et la région Nouvelle-Aquitaine mais aussi renouer le dialogue avec d'une part les organisations syndicales
le
novice en politique assume
il
a encore tout à apprendre
il
y a
parfois des approximations parfois des prises de positions qui sont compliquées des choses qu'on ne sait pas forcément le seul moyen de ne pas
faire de bêtises c'est de travailler
tout simplement travailler
et
vite
à
peine arrivé le député de la Creuse doit affronter un dossier particulièrement brûlant les licenciements de GM et S 277 emplois en jeu
évidemment qu'il y
a
de l'empathie avec les salariés mais d'un autre côté l'empathie elle ne
va
pas être utile à débloquer la situation il faut rester la tête froide et analyser la situation de la façon la plus claire et la plus nette possible
c
'est à Bercy que Jean-Baptiste Moreau monte au front pour défendre le dossier
ce
jour-là il sort de réunion avec le ministre
le ministre
de l'économie Bruno Le Maire et le secrétaire d'état Benjamin Griveaux
quand
on regarde avec le recul depuis deux mois il y a ne serait-ce que six mois je ne pensais pas être ici je ne pensais pas rencontrer le premier ministre tous les jours pratiquement de la semaine d'avoir des textos du président de la république de temps en temps voilà c'est quelque chose qui est
franchement
oui franchement inattendu mais maintenant qu'on est là il faut assumer il faut faire face
une
nouvelle vie très éloignée de sa campagne creusoise qu'il retrouve chaque fin de semaine
c
'est assez intense quand même la vie à Paris
et à l'Assemblée
Nationale donc c'est vrai que ça fait du bien de redescendre un peu sur le plancher des vaches
à
l'origine Jean-Baptiste Moreau est éleveur de Génis
ah
les filles
une
double casquette qu'il souhaite conserver façon pour lui de garder les pieds sur terre
pour
prendre des décisions et pour voter des lois il faut quand même continuer à avoir une connexion avec la vie du citoyen lambda on va dire c'est d'ailleurs ce qui fait notre force à la république en marche donc c'est important qu'on garde cette connexion là et qu'on ne déconnecte pas complètement
un
peu de calme avant d'enfiler à nouveau sa chemise direction la fête locale du dimanche
être
sur le terrain
une
autre fonction du député
merci d'être venu très content
très
très content bravo
merci beaucoup
maintenant
il reste à bosser merci beaucoup
mais un agriculteur ça prend peur du travail
non non non ni des heures non
depuis
son élection Jean-Baptiste Moreau ne passe plus vraiment inaperçu son nouveau statut s'accompagne d'une notoriété
à
laquelle il va devoir s'habituer
chaque
fois que je sors finalement c'est une exposition même si je suis avec ma fille sur des manèges voilà je suis encore député donc c'est ça c'est peut-être le compliqué mais enfin c'est pas horrible non plus d'être reconnu pour le moment je ne me fais pas insulter donc tout va bien
quand
on prend des responsabilités et qu'on veut faire des choses il n
'y a
forcément pas une perception à 100% positive de ce qu'on fait forcément donc forcément à un moment je décevrai obligatoirement mais voilà après je vais essayer de décevoir le moins possible un député qui devra trouver ses marques dans toutes les situations même les plus inattendues
question internet Jean-Baptiste Moreau aura-t-il fait ses preuves de député avec le dossier GMES ou s'est-il montré Trottimoré puisqu'il est de la Creuse et GMES est à la souterraine qui est dans la Creuse Eric Ackman
bon
il se trouve que monsieur Moreau moi je l'ai rencontré juste avant
le deuxième tour des élections législatives et il était parfaitement conscient un qu'il allait être élu et deux que le premier dossier dont il allait hériter c'était celui de cette entreprise de la souterraine alors
c
'est pas monsieur Moreau qui va trouver un repreneur crédible et sérieux à cette entreprise il a parfaitement conscience qu'il faut un repreneur qu'il faut garder un maximum de monde mais c'est pas lui qui véritablement tient les rênes s'il sort de Bercy c'est pas pour rien c'est Bruno Le Maire et c'est le gouvernement qui pilote donc on peut pas mesurer uniquement son action sur sa capacité à sauver cette entreprise il va devoir jouer le rôle d'intermédiaire d'appui de soutien c'est d'ailleurs outre ce qu'on a vu dans vos reportages précédents aussi une des facettes du rôle du parlementaire c'est pas simplement de lever la main dans l'hémicycle c'est aussi de porter un certain nombre de dossiers locaux mais franchement c'est pas là-dessus que va se jouer l'avenir
de
monsieur Moreau oui il
faut bien voir par
ailleurs qu'il est député et que l'Assemblée nationale en France c'est pas l'Assemblée fédérale de 577 circonscriptions c'est-à-dire le député n'est pas un élu local il
ne représente pas la
creuse il ne représente pas la creuse et d'ailleurs c'est pour ça que vous savez pour l'instant il faut au moins deux députés par département justement pour ne pas qu'il
y ait
deux députés qui soient identifiés à un département c'est la règle républicaine et encore une fois il est élu localement mais il représente l'ensemble de la nation de ce point de vue-là on s'est habitué à certains Jean Lassalle pour ne pas le nommer par exemple qui s
'était
beaucoup investi dans la défense d'emploi dans sa circonscription lui avait alors c'est toujours sympathique pour l'opinion mais en réalité il franchit un peu la ligne rouge par rapport à la conception républicaine de son rôle ce n'est pas un maire ce n'est pas un président de conseil départemental c'est un député il peut rendre des services il peut informer le gouvernement des réalités par exemple de l'entreprise mais encore une fois il n'a pas pour mission il a mission de voter si vous voulez les lois etc mais il n
'a
pas pour mission de défendre son territoire Jérôme Sattemarie vous disiez tout à l'heure que Jean-Luc Mélenchon montait dans les sondages parce qu'il était très bien identifié et il savait faire des coups médiatiques avec son panier de 5 euros est-ce que à l'inverse l'absence de poids lourd l'absence de personnalité forte l'absence d'éclat de cette majorité à l'Assemblée Nationale de cette absence de personnalité peut porter préjudice politiquement à Emmanuel Macron qui de fait d'ailleurs peut-être est lié baisse dans les sondages alors oui effectivement il y
a
une baisse assez importante d'Emmanuel Macron dans les sondages dans les sondages les plus récents alors il y a des causes qui sont tout à fait divers à mon avis pour l'instant le spectacle donné jeudi par exemple à l'Assemblée Nationale ne contribue pas fortement à cette baisse c'est trop tôt moi je ne pense pas que ce soit contrairement à Isabelle mais que ce soit effectivement très positif mais enfin bon pour l'instant en tout cas ça n'apparaît pas est-ce que c'est un handicap politique en tous les cas le fait qu'il n
'y ait
pas de personnalité lourde dans l'entourage dans le camp de la République en marche bien sûr alors la vraie question est de savoir si c'est délibéré ou pas mais en fait de fait on a un peu écrété si vous voulez la représentation nationale en marche on a beaucoup monté tous ces nouveaux ces gens qui ne
se
connaissent pas c'est un avantage politique pour l'exécutif c'est que c
'est
des gens qui effectivement ne vont pas pouvoir s'organiser entre eux pour fronder si j'ose dire donc c'est très facile a priori de les diriger pour des raisons politiques mais en même temps ce sont des gens qui effectivement peuvent avoir des comportements individuels un peu erratiques et surtout mais ça c'est vrai pour l'ensemble de la politique menée actuellement entre le chef de l'Etat qui a une communication hyper personnalisée et l'opinion il n'y
a
pas grand chose ce qui effectivement peut provoquer c'est un peu l'idée une direction par comment dirais-je très émotionnelle une forme de leadership personnel d'Emmanuel Macron pour entraîner la France mais qui en cas de crise et bien effectivement expose terriblement le président de
la
République dernière chose évidemment c'est un terme très mauvais pour eux pour le gouvernement pour le président de la République de voir apparaître comme principal opposant Emmanuel Macron Jean
-Luc Mélenchon
pardon pourquoi c'est gênant pour eux parce que Jean-Luc Mélenchon peut faire le lien entre la politique et le Parlement par exemple et les conflits sociaux et la protestation sociale ce qu
'il
ne
peut
pas
faire
avec la perspective de la loi travail à la rentrée voilà donc là effectivement c'est bon c'est à mon avis un vrai handicap
Isabelle
Véramasson sur
les
poids
lourds
cette
question avait été très prise en compte d'une certaine manière au moment où En Marche avait accepté d'accueillir Emmanuel Valls parce qu'il s'était aperçu je me souviens du débat à l'époque on s'était dit il n'y
a
pas de snipers En Marche il n'y
a
pas de grande gueule il n
'y
a pas de personnalité qui effectivement vont prendre comme on le voit comme il y a Mélenchon ou Marine Le Pen ou bien Christian Jacob à l'Assemblée nationale c
'est
des gens qui peuvent porter la parole est très importante en politique Emmanuel Macron le sait s'il a gagné c'est parce qu'il a le verbe il a cette capacité à s'adresser aux gens et à les convaincre et s'il n'y a pas ça pour le soutenir il va être tout seul or il a choisi
on
peut dire bizarrement de sortir sa parole de l'espace public en ce moment donc il est non seulement En Marche c'est un peu orpheline de paroles de verbes de ces mots qui font la politique mais elle l'est parce que de la décision même de celui donc il n'y a personne pour faire face aux
attaques
donc
il n'y a
personne il n'y a même pas Emmanuel Macron et ce choix je crois qu
'il
ne va pas pouvoir le tenir longtemps parce que soit il met Manuel Valls ou Richard Ferrand on voit bien qu'il est out Christophe Castaner est finalement seul à parler et du coup on lui reproche et finalement Emmanuel Macron ne prend pas la parole donc il y a un manque de grandes gueules de paroles de snipers et il va falloir qu'il s'en crée
Il
y
a
un problème très clair de portage politique
de
la politique du gouvernement
c
'est très clair aujourd'hui le Premier ministre
au
terme
de
cette semaine
apparaît complètement effacé Vous avez même oublié de
le mentionner C
'est révélateur parce que c'est lui aussi qui devrait porter les grands ministres qui peuvent porter la parole de la politique on
le voit Et dans la composition du gouvernement Emmanuel Macron a pris
soin de privilégier la société civile et des ministres
je
dirais apolitiques c'est-à-dire cantonnés dans leur couloir ce qui fait que quand vous avez un dossier politique qui apparaît et qui peut déboucher sur une crise une mini-crise je pense par exemple cette semaine à ce qui s'est passé sur la réduction des APL
vous
n'avez personne vous n'avez quasiment quasiment personne de poids de poids pour
à la fois s'opposer aux critiques d'un Jean-Luc Mélenchon et d'autres et surtout pour porter
pour
porter la
vision Donc on ne peut pas faire de politique autrement
il faut des snipers Je
ne parle
pas moi de snipers
je
parle de de poids lourds
de gens qui
font de la politique au sens noble du terme je ne parle pas forcément de de
petites phrases Et alors à quoi ça tient
Isabelle Véramasson ?
Nous n
'estimons pas le poids
des mots des phrases Je dis l'inverse
Oui c'est à la fois les gens disent c'est pas bien les petites phrases
Cette hyperprésidentialisation en fait
on est avec une
hyperprésidentielle Et pourquoi alors ? Et c'est
rare ça ? Ah non les français adorent les hommes providentiels donc ça c'est pas rare c'est une tradition ancienne mais depuis quelque temps les hommes providentiels depuis le général boulanger il y a quand même le général de Gaulle et là c'est quand même ce qui est arrivé autour d'Emmanuel Macron on a eu le sentiment qu'il allait porter parce qu'il était jeune parce qu'il était brillant parce qu'il avait une vie personnelle particulière parce qu'il s'était mis en rupture au moment où il avait quitté le gouvernement les français ont eu envie d'y croire donc il y
a
eu un petit peu même s'il n'était pas porté par un mouvement historique comme souvent les hommes providentiels il y
a
eu l'envie de croire on
a
vraiment élu un homme seul et non pas du tout
un parti et on a lu un
homme enfin seul le mot seul est excessif on a lu on a élu une personnalité ça je le crois et il a cru sûrement lui que cela suffirait il n'a pas eu le soin suffisamment je crois le soin de s'entourer de personnalités fortes et il a eu peur que cela le desserve il a accepté Bayrou rappelez-vous mais toutes les autres personnalités il n'en voulait pas Ségolène Royal par exemple qui aurait bien voulu rester et qui est une personnalité qui aurait pu prendre la parole qui aurait pu défendre
alors il va falloir que ça
change si on veut tenir 5
ans il est
un peu seul me semble-t-il et il va soit chercher dans son camp des personnalités qui peuvent avoir ce rôle-là soit faire venir d'autres personnes
il peut changer mais il ne
faut
pas se tromper c'est la conception qu'Emmanuel Macron a du pouvoir une conception très verticale il a été marqué par l'expérience de Hollande aussi donc l'expérience des frondeurs des députés qui tirent dans tous les sens il n'en veut pas il a été marqué par la relation entre l'Elysée et les journalistes donc la confrontation directe avec les journalistes il veut pouvoir la maîtriser c'est une conception très particulière du pouvoir il est persuadé mais après tout toute sa conquête du pouvoir lui a donné raison qu'avec un petit nombre de personnes autour de lui lui puis quelques conseillers il peut faire énormément il continue tout comme il a conquis le pouvoir il continue à exercer le pouvoir de la même manière c'est pas évident que ça suffise c'est pas évident que ça marche il peut ça
ne l'expose
pas il n
'est
pas en première ligne ça l'expose on a dit de Nicolas Sarkozy qu'il était hyper président c'est même à la puissance 2 l'astuce d'Emmanuel Macron c'est de parler de Jupiter mais il est hyper président à la puissance 2 et c'est sûr que c'est très difficile à gérer parce qu'il va être il va être exposé et puisqu'il va se rendre compte que les contre-pouvoirs les relais ce sont des choses nécessaires surtout quand les choses vont commencer à tourner au vinaigre car une fois de plus une loi de moralisation de la vie publique c'est quelque chose d'assez consensuel on n'est pas encore dans les réformes sur le droit du travail par exemple et là ça sera beaucoup plus délicat à gérer Jérôme Saint-Marie
oui
je crois alors je ne suis pas persuadé qu'on ait élu Emmanuel Macron uniquement pour sa personnalité sinon on n'aurait pas eu de tels clivages sociaux sur le vote au premier tour on sait bien que c'est pas n'importe qui qui a choisi Emmanuel Macron c'est effectivement des gens qui adhéraient essentiellement à son projet de transformation libérale du pays le seul problème que ça présente c'est que c'est 24% au premier tour de la présidentielle que derrière il
y a
un second tour qui est faussé dans son sens politique par le fait qu'on est face à Marine Le Pen et que donc là c'est la peur plus ou moins fantasmée etc.
de l'extrême droite et puis ensuite il y a des élections législatives qui puisqu'on parle de l'Assemblée qui sont marquées quand même par une abstention historique et que donc on a 1 500 000 à peu près de voix de moins pour les députés en marche au premier tour des législatives par rapport à ce qu'avait obtenu Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle donc on a une concentration extraordinaire de pouvoir pour un projet qui a reçu l'assentiment d'un quart des français tout ce que fait Emmanuel Macron me semble-t-il par sa communication hyper personnalisée c'est d'essayer de créer après l'élection une forme d'adhésion collective et il n
'y
arrive pas si mal puisqu'au fond même si les sondages baissent qu'il est
à
peu près autour de 50% de popularité avec une espèce d'adhésion à son énergie une adhésion émotionnelle autour de lui mais ça succède à l'élection ça ne la précède pas
alors
il n
'y a
pas que les députés qui connaissent quelques ratés au démarrage la garde rapprochée d'Emmanuel Macron connaît également quelques turbulences avec des problèmes de communication de cadrage voire des affaires au point que par deux fois cette semaine le chef de l'état a dû procéder à un recadrage comme on dit c'est un sujet de Marie-Charlotte Duluc et Thomas Buyer
pas
un commentaire à la sortie du conseil des ministres
les
membres du gouvernement ont compris la leçon prière d'éviter les couacs agacé par une semaine de cafouillage en tout genre Emmanuel Macron a recadré ses troupes
si
on sait donner du sens on évite les petites polémiques
les
polémiques justement se multiplient dans l'entourage du chef de l'état à commencer par le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner qui semble les collectionner
il
y a 15 jours par exemple avec la démission du général de Villiers il ravive une controverse presque éteinte en déclarant
il
s'est comporté en poète revendicatif
on
aurait aimé entendre sa vision stratégique et capacitaire plutôt que ses commentaires budgétaires
autre
bourg de cette semaine à propos de la société STX
le
matin Christophe Castaner écarte tout projet de nationalisation
l
'objectif n
'est
pas de nationaliser STX notamment parce que les partenaires italiens sont des partenaires majeurs déclaration démentie l'après-midi même par le ministre de l'économie Bruno Le Maire qui annonce la nationalisation des chantiers
il
y aurait-il des problèmes de communication entre les membres du gouvernement
à
l'assemblée en tout cas il y en a un qui ne communique pas c'est Richard Ferrand toute première épine dans le pied d'Emmanuel Macron un mois seulement après sa nomination au gouvernement il est prié de démissionner rattrapé par un imbroglio financier lié à son ancien poste de directeur des mutuelles de Bretagne nommé chef de file des députés en marche Richard Ferrand est aux abonnés absents
monsieur de Rugy qui est assez souvent je trouve absent dans des moments importants et puis on a également monsieur Ferrand qui est président du groupe république en marche qui lui aussi est assez absent et quand il est présent il donne parfois un
peu
l'impression d'être
absent il a peut-être la tête ailleurs monsieur
Ferrand est trop absent pour vous il y a besoin ça
vous savez il faut le demander aux députés aux députés en marche c'est pas à moi de juger monsieur Ferrand c'est aux députés de son groupe
on
n'a pas les mêmes fonctionnements et c'est compliqué de nous comparer une absence qui s'explique en partie par la nature du texte examiné à l'assemblée alors que Richard Ferrand est lui-même visé par une enquête
oui il manque sauf que pourquoi il n
'est
pas là c'est parce qu'il a aussi été une épine dans le pied à un moment et qu'il a dû se faire discret notamment sur le texte qui est examiné en ce moment parce qu'il est le texte sur la moralisation donc il ne pouvait pas porter ce texte ou être omniprésent dans les couloirs dans les débats en ce moment donc c'est il manque et en même temps il aurait été embêtant qu'il soit là ou qu'il soit un peu plus présent
et
d'autres révélations en tâchent un peu plus les débuts du quinquennat Macron nouveau boulet au pied du président
le
cas Muriel Pénicaud d'abord accusé de favoritisme pour l'organisation d'un voyage du candidat Macron à Las Vegas la ministre du travail est aujourd'hui attaquée sur des stock options empochées chez Danone après un plan de licenciement
une
affaire encombrante en plein examen de la loi travail au Sénat la ministre est sommée de s'expliquer
nous
sommes ici pour fabriquer la loi
et
que
nous
ne sommes pas ici
pour
des approximations
voire
de la démagogie concernant des faits concernant une deux personnes aujourd'hui moi quelqu'un d'autre ici
par
démagogie commencer à laisser interpréter autre chose que les faits me semble hors du champ qui est la discussion sereine qui doit avoir lieu au Sénat sur les faits
Macron il avait très bien préparé son équipe de campagne il avait une équipe soudée qui était au taquet 24 heures sur 24 qui partageait les mêmes objectifs voilà on sentait qu'il y avait une équipe autour de lui et c'est grâce à cette équipe qu'il a transformé le paysage politique la question aujourd'hui c'est qu'on n
'a
pas le sentiment que ces liens qui existaient au sein de l'équipe d'En Marche existent au sein de la Macronie que ce soit au gouvernement à l'Assemblée ou au parti ou entre ces trois entités qui vont normalement l'aider à réformer la France
donc
ce ciment là il n'existe pas et
sans ciment l'édifice risque de se fissurer dans les derniers sondages Emmanuel Macron chute de 8 points avec désormais 51% d'opinions favorables
alors
question internet qu'est-ce qui est le plus gênant pour Macron les couacs des députés novices de son parti ou ceux des membres du gouvernement
l
'affaire Pénicaud je ne sais pas c'était quel les deux mon capitaine voilà mais c'est vrai que
le
flottement en tout cas le malaise qu'il y
a
autour de certains ministres et le dernier en date Madame Pénicaud est quand même un obstacle je dirais pour la bonne marche et la bonne conduite des réformes
Madame
Pénicaud
encore une fois
moi
je ne connais pas le fonds du dossier je vous le dis alors donc c'est un million d'euros gagnés voilà
non mais je ne sais pas si
c'est légal ou pas légal
visiblement c'est légal et voilà et on
lui reproche d'avoir exercé ce plan deux mois après l'annonce de 900 suppressions
voilà
c'est légal simplement d'un point de vue politique je veux dire aller devant les parlementaires ou devant l'opinion
en
ayant réalisé cette opération et en demandant aux français
d
'accepter la barémisation des indemnités le plafonnement pardon des indemnités prud'homales dire aux français que le modèle social est dépassé ça pose un petit un petit problème de crédibilité en tout cas et d'ailleurs j'en vous pourpre ça offre d'ailleurs un angle politique parfait
à
l'opposition vous avez vu les sénateurs communistes brandissant la une de l'humanité et monsieur
Mélenchon va en faire son miel Isabelle Veramasson vous pensez aussi que ça va être compliqué de défendre cette loi pour la ministre Pénicaud à la rentrée
encore
une fois je crois que c'est un problème de culture c'est à dire que les français découvrent qu'avec Emmanuel Macron pourtant ça avait été dit assez tôt l'histoire du banquier banquier d'affaires les histoires d'argent qu'on rentre dans un monde qui est un peu différent du monde d'avant les hommes politiques avaient des politiques politiciens ceux qui partaient des jeunes socialistes ou des jeunes républicains pour devenir des ministres qui avaient une trajectoire comme ça strictement politique avaient des défauts il y avait le problème de financement des partis il y avait les problèmes de corruption mais là ils découvrent un monde où l'argent dégouline on apprend qu'en deux ans Madame Pénicaud a gagné 4 millions d'euros qu'elle a gagné en un coup de bourse 1 million d'euros après restructuration après plan social après plan social et ça
on l'accepte pas des politiques on va avoir du mal je ne sais pas si on l
'accepte pas mais c'est ça plus ça plus ça et Richard Ferrand a gagné beaucoup d'argent lui également en tout cas sa compagne donc le fait qu'on rentre quand même tout d'un coup dans un monde le monde de l'argent le monde de la grosse finance les français n'avaient pas eu envie de le voir en ce qui concernait Emmanuel Macron on balayait ça d'une main parce que finalement ce jeune homme qui avait travaillé 3 ans à la banque on ne pouvait pas lui mettre ça trop sur le dos là s'écrit une histoire un peu différente de celle auxquelles les français avaient cru croire donc moi je ne crois pas que ce soit une affaire qui pose un problème je crois que c'est de l'accumulation de couacs dans ce domaine financier qui va à un moment donné entacher
le couac 40
le couac 40 j'ai trouvé que cette
promesse était
terrible
Rémi Godot on redécouvre ce qu'on savait déjà un peu avant la société civile c'est pas la panacée c'est compliqué d'être un ministre technicien ce qui est intéressant avec Muriel Pinico c'est que d'un point de vue technique elle mène très bien la négociation imaginez elle joue chaque jour avec une bombe dégoupillée dans les mains et jusqu'à présent elle a très bien
elle a marabouté
les syndicats comme on dit exactement mais voilà vous êtes de la société civile vous avez quand même un passé alors pas un passé politique mais un passé entrepreneuriat et donc vous pouvez avoir gagné beaucoup d'argent vous êtes de la société civile vous pouvez être dans le vent des affaires et donc supportez aussi quand même une fois de plus en pleine discussion de la loi sur la moralisation politique vous pouvez avoir une affaire qui
sans
présager de ce que ça donnera trouble quand même beaucoup votre image donc on revient finalement un peu à là aussi c'est un peu une part du rêve d'Emmanuel Macron qui se dissipe la société civile c'est pourquoi pas mais c'est pas quelque chose qui
partit ses inconvénients
et on verra que la société civile qui est réussie ce sont les personnalités qui arrivent à être politiques voilà qui arrivent à lier et leur expérience technique parce qu'ils viennent du secteur privé mais parce que ce sont en plus de vraies politiques qui savent manœuvrer qui savent qui savent manœuvrer dans un environnement plutôt hostile oui Jérôme Sainte-Marie oui sur la question de Mme Pénicaud c'est vraiment passionnant c'est très différent d'ailleurs ce n'est pas une affaire en réalité puisque je crois je ne
suis pas
un grand expert mais je crois que
c
'est parfaitement légal et c'est ça qui est intéressant
alors
qu'il y
a
d'autres questions je ne
vais
pas citer de noms effectivement on se demande si ça là c'est une affaire François Fillon aussi c'était légal est-ce que ça et monsieur ou madame si elle ne
travaillait pas vraiment c'était pas légal ça c'était son argument
et les affaires comme on dit en réalité politiquement ça n
'a
pratiquement aucun intérêt c'est une question juridique
est-ce qu'on les coupe pas là elle a travaillé
on lui avait donné un plan de 5 options elle a exercé là c'est la révélation enfin l'illustration nouvelle de ce qu'est réellement le capitalisme en période néolibérale le capitalisme financiarisé et effectivement ça met complètement à bas l'idée rassurante que l'on peut avoir en disant au fond il y
a
certains qui s'enrichissent mais ils créent des emplois puisque là malheureusement cette personne c'est bien grâce au fait qu'il y a 900 emplois qui ont été supprimés dans des bonnes conditions pour les actionnaires donc pas trop bonnes conditions pour les salariés probablement que justement la
valeur
en bourse de
Danone je ne veux pas défendre madame
Pénicaud mais l'action Danone monte régulièrement elle
a la forte volonté si vous voulez
et par ailleurs c'était un plan de départ volontaire pour la défendre excusez-moi mais je ne remets absolument pas en cause madame Pénicaud elle est effectivement un rouage bien rémunéré d'un système qui existe sans elle et qui a ses propres règles la question et c
'est
là où ça devient intéressant la question politique c'est que généralement le politique mettait en scène le fait qu'il compensait qu'il rattrapait
les
dégâts du capitalisme mondialisé et que quelque part il y avait cette promesse qui était plus ou moins tenue mais qu'en fait il faisait barrage en quelque sorte à la violence propre à la société économique et qu'il était là pour garantir des règles mais évidemment avec ce qui a été vendu et avec l'idée que plus on pourra licencier facilement et plus on pourra embaucher et que donc il ne faut pas s'opposer au fonctionnement du capitalisme mondialisé mais l'accompagner évidemment là cette question de madame Pénicaud cette histoire de madame Pénicaud qui n
'est
pas une affaire encore une fois et bien donne une illustration qui n'est pas forcément confortable pour la pédagogie ou la communication du gouvernement Allez tout de suite on passe aux questions internet et sms
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