Discours de politique générale : intervention de François Patriat
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
qui s'est indépendant. Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames, Messieurs les ministres, Mes chers collègues, Nous avons écouté dans le calme vos contestations sans appel. Permettez à ceux qui ont aussi des convictions et qui les placent bien au-dessus de leur ambition de pouvoir s'exprimer aussi pour dire que nous n'avons pas la même vision, bien évidemment.
La politique est l'art d'imaginer et de construire un projet collectif. Ce projet, le Président de la République, en a posé les jalons depuis 2017 et les Français lui ont renouvelé leur confiance en 2022 afin de le poursuivre. Lors des législatives de 2022, les Français ont adressé un message aux élus de la nation.
Ils appelaient à un dialogue et à un travail concerté avec la majorité présidentielle. Malheureusement, nous nous sommes trop souvent heurtés au refus du compromis politique, à la différence du Sénat, attachés à la culture du dialogue républicain. L'Assemblée nationale n'a pas su cultiver cet état d'esprit.
La majorité plurielle s'est affirmée avant tout comme une majorité d'empêchement. La minorité plurielle comme une majorité d'empêchement. Et en refusant tout m'attendu, marquant ainsi son devoir vis-à-vis des Français.
Notre devoir, M. le Premier ministre, c'est de poursuivre le projet de réforme en profondeur de notre pays, qui ne peut rester statique alors que les crises se multiplient sur l'ensemble de la planète. Face à ces crises, vous nous avez appelés, M. le Premier ministre, à construire ensemble et abandonner des postures politiciennes.
Vous nous avez appelés à agir plutôt qu'à réagir dans l'intérêt des Français. Ce partage de votre analyse, je partage aussi la fierté du chemin parcouru depuis sept ans. Votre nomination est une nouvelle étape.
Nous en conservons le même cap, libérer, protéger, transformer, unir. M. le Premier ministre, vous avez la lourde tâche de veiller à la traduction en actes concrets, la volonté réformatrice formulée par le Président.
Vous nous avez rappelé que la France n'est pas une nation qui subit. Elle ne l'a pas été. Elle ne l'est pas aujourd'hui.
Elle ne l'aura pas demain grâce à notre travail. Vous souhaitez agir vite en faisant preuve de lucidité, de pragmatisme, d'efficacité et d'audace. Votre méthode est simple et efficace.
Prendre rapidement des décisions compréhensibles pour les Français et vous l'avez démontré vendredi lors de votre visite dans le Sud-Ouest. En effet, cette méthode est déjà à l'épreuve. La crise que traverse le monde agricole est symptomatique des mots français.
Des mots français parce que la bureaucratisation et l'empilement des normes particulièrement denses ont entretenu le mal-être d'une profession qui a souvent été mal présentée, mal comprise et qui en souffre. Des mots qui dépassent nos frontières aussi parce que les mêmes causes ont les mêmes effets chez nos voisins européens. Cette crise agricole a d'autres racines.
Je pense aux concurrences déloyales. Vous l'avez évoqué. A la nécessité d'instaurer des clauses miroirs dans les traités internationaux.
Je pense aussi à la complexification. Notre objectif est de garder notre souveraineté alimentaire. Et vos annonces depuis vendredi vont dans ce sens.
Aller à la transition écologique, à la souveraineté alimentaire et agricole. Allier la transition écologique et la souveraineté alimentaire agricole. C'est ça l'exception agricole française que nous devons défendre.
Mais cette transition doit être supportable tant par les producteurs que par les consommateurs. Reconquérir une souveraineté perdue est notre devoir assumé depuis 2017. Il faut poursuivre dans la souveraineté industrielle.
Car vous l'avez rappelé, nous créons aujourd'hui plus d'emplois que nous en détruisons dans le secteur industriel. Et nous réouvrons des usines. Dans la souveraineté énergétique.
Car nous avons entrepris de relancer la filière nucléaire. Alors que nous avions perdu l'habitude de mettre en service des centrales. Dans la souveraineté militaire.
Puisque nous avons voté la dernière LPM ici. Une des plus importantes hausses du budget des armées que notre pays ait connu. Afin de faire face aux multiples fronts et de formes de confrontations aujourd'hui.
Dans la souveraineté à nos frontières. Avec le renforcement de notre arsenal législatif. Mais aussi notre capacité d'intégration.
J'ai aussi une pensée pour le territoire de Mayotte. Qui fait face à une crise migratoire sans précédent. A laquelle la fermeté doit répondre.
En effet, mes chers collègues. Nos Outre-mer font le rayonnement de la France à travers le monde. Mais sont trop souvent les parents pauvres de nos politiques publiques.
Leurs difficultés sont décuplées par leur situation géographique. Leurs problématiques sont à la fois les mêmes que dans l'Hexagone. Mais leur intensité est parfois plus aiguë.
En Guyane. Où la protection du territoire de sa biodiversité de nos frontières. coûte encore la vie à nos militaires à qui nous pensons aujourd'hui.
Aux Antilles. Où la crise des sargasses et de la chlordécone handicapent les territoires qui doivent faire face à la vie chère. A Wallis et Futuna.
Territoire si lintain. Où l'Etat doit faire pour préserver le contrat social. En Polynésie.
Qui devra dans les années à venir faire face à la montée des océans. A l'extension de l'influence chinoise dans le Pacifique. A la Réunion.
Qui a subi récemment le cyclone Bellal. Un des plus puissants que ce territoire ait été affronté. Et qui malheureusement pourrait se répéter à l'avenir avec le dérèglement climatique.
Face à l'urgence climatique. On ne fera pas d'écologie contre le peuple. C'est au contraire une écologie populaire.
Avec les français. Qui réconcilie le climat et la croissance. Qui permettra de construire la France du 21ème siècle.
L'écologie punitive ne fait qu'entretenir la division. Là où nous avons besoin d'union. Monsieur le Premier ministre.
Vous avez porté un message force pour le mérite. Notre majorité a toujours œuvré pour que le travail paie. En 2017 déjà.
Nous avons baissé les cotisations salariales. Pour que les actifs gagnent rapidement au pouvoir d'achat. C'était une mesure de bon sens.
Sans tracas pour les français. Il nous faut prolonger. Une politique qui mette en valeur le travail.
Les annonces que vous avez formulées hier. Vont dans ce sens. Et nous les saluons.
Travail. Souveraineté. Autorité.
Voilà la laine tracée dans vos propos. Devant nous cet après-midi. Rappelez celle d'hier.
Voilà. Ce qu'il nous faut collectivement construire. Avec des élus locaux.
Pour que tous nos concitoyens gardent la confiance et l'espoir. Monsieur le Premier ministre. Vous avez voulu tracer une feuille de route.
Qui vous ressemble. Pragmatique. Concise.
Et structurée. Mais vous n'avez pas oublié de faire prendre racine dans le travail mené par vos prédécesseurs. Ceux qui nous ont accompagnés avant.
Je pense à Édouard Philippe. A Jean Castex. Vous les avez cités hier.
A Elisabeth Borne. Dont je veux souligner ici l'action déterminée. Au service de notre pays.
Nous avons porté ensemble des textes majeurs ces derniers mois. Prendre racine dans le travail mené par vos prédécesseurs. C'est aussi rappeler que tous les territoires ont été concernés par nos réformes.
Qu'ils soient métropolitains, urbains ou ruraux. Contrairement à ce que j'entends. La ruralité n'a pas été oubliée.
Et j'y vis chaque jour. Notre amour. En ce qui concerne le renforcement des services publics de proximité.
Nous avons également investi fortement dans l'école, dans la santé, dans la sécurité et dans la justice. Aujourd'hui, nous le savons, il faut accélérer. Je sais bien que le mot « réarmé » vous fait sourire.
Mais il souligne notre détermination à renforcer notre pays en matière académique, sociale, économique, technologique et innovante. Agir dans cette direction, c'est le choix de notre indépendance et de notre souveraineté. Mais c'est aussi faire le choix de la solidarité et de l'attention aux autres.
Car une France plus forte, c'est une France plus juste, notamment auprès des classes moyennes, dont vous avez fait votre priorité. Cet objectif d'une France plus forte et plus juste, je sais qu'il est largement partagé par les élus de tous bords. Nous avons un partage, chers collègues, l'amour de ce pays.
Et nous savons que l'une des clés du succès pour notre nation, c'est de travailler avec le gouvernement, avec les élus, les partenaires sociaux, les forces vives, pour assumer ensemble les grandes ambitions nationales, c'est ça aussi le dépassement. La crise suppose audace, action, efficacité. Ces qualités, mes chers collègues, aucune formation politique n'en a le monopole.
C'est pourquoi j'en appelle avec les sénateurs RDPI, de la métropole et d'outre-mer, à l'esprit de responsabilité qui nous anime dans cet hémicycle, et grâce auquel nous savons conduire des débats nourris, mais constructifs, et trouver ensemble des voies d'accord. Alors, monsieur le Premier ministre, vous nous avez appelé, vous nous avez rappelé le cap, vous nous avez dit la méthode, nous savons votre détermination, vous connaissez notre fidélité, notre loyauté au projet présidentiel, vous souhaitez être un Premier ministre de terrain, nous serons à vos côtés. Je vous remercie.
Merci.
François Patriat