Cérémonie d’ouverture des JO, mesures pénales, déficit du Gouvernement… Éric Ciotti est l’invité du 9 avril 2024
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes favorable à une limitation des grèves dans les transports pendant les vacances scolaires, les JO, les grands événements ?
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Si vous revenez au pouvoir demain ou dans les années qui viennent, vous durcirez le droit de grève en France ?
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Il paraît que la sécurisation des Jeux Olympiques vous inquiète grandement. Faut-il renoncer à la cérémonie d'ouverture sur la Seine ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Face à ce drame, en quoi doit-il consister ce sursaut d'autorité ? Comment éviter la répétition de ces drames ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une bonne idée, plus de sévérité dès le primaire avec des conseils disciplinaires ?
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Est-ce qu'il faut laisser les portables à l'entrée des collèges ? Interdire les téléphones portables dans les collèges, dans les lycées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Naturellement, c'est une mesure de bon sens qui est notamment portée par le sénateur Philippe Tabarro. »
- 3:07Invité politiqueChiffre
« Augmentation des homicides, des tentatives d'homicide qui ont quasiment doublé depuis l'élection de M. Macron. »
- 3:21Invité politiqueChiffre
« Mille agressions chaque jour. »
- 3:35Invité politiquePromesse
« Il y a la nécessité de supprimer l'excuse de minorité. »
- 6:14Invité politiqueFait
« Le budget de cette année, 2024, est insincère. »
- 6:31Invité politiqueChiffre
« Cet écart, il est de plus de 30 milliards d'euros. »
- 7:07Invité politiqueChiffre
« La France est le pays où on paye le plus d'impôts au monde. »
- 7:28Invité politiqueFait
« On veut désindexer les pensions de retraite. »
- 7:36Invité politiqueFait
« On n'a pas de médicaments anticancéreux de dernière génération. »
- 9:56Invité politiqueFait
« Demain, le maire macroniste de Nice va augmenter les impôts de 20% à Nice. »
Temps de parole
- Éric Ciotti83 %
- Présentateur17 %
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Bonjour et bienvenue dans les 4V, Éric Ciotti. Bonjour. On entendait Claire Sergent qu'il évoquait à l'instant. Est-ce que vous êtes favorable, vous, à une limitation des grèves dans les transports pendant certaines périodes, les vacances scolaires, les JO, les grands événements ?
Naturellement, c'est une mesure de bon sens qui est notamment portée par le sénateur Philippe Tabarro. Les Français attendent de pouvoir se déplacer librement, et notamment dans des périodes de vacances, sans blocage, sans être pris un otage. Je ne comprends pas que le gouvernement s'y oppose. Pourquoi il s'y oppose, à votre avis ? On nous dit en permanence d'un gouvernement avec des personnalités droites. Là, on a un ministre des Transports qui est socialiste, et on a une politique qui, en réalité, est socialiste, ici, au poste, parce que le gouvernement est prisonnier d'une forme d'idéologie, et qui est une idéologie contraire à l'intérêt des Français.
Si vous revenez au pouvoir demain ou dans les années qui viennent, vous durcirez le droit de grève en France ?
En tout cas, cette mesure, cette proposition du Sénat va dans le bon sens, et il faudra qu'elle soit installée durablement.
Il paraît que la sécurisation des Jeux Olympiques vous inquiète grandement, Éric Ciotti. Vous avez demandé que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, soit entendu par la Commission des lois de l'Assemblée. Faut-il, selon vous, pour dire les choses très clairement, renoncer à la cérémonie d'ouverture sur la Seine ?
Il n'y a pas que moi que cela inquiète. Il y a une note révélée par la presse des services de renseignement déconseillant au gouvernement de faire cette cérémonie. Le risque est maximal. C'est pour ça que j'ai demandé l'audition du ministre de l'Intérieur à l'Assemblée nationale. Cette cérémonie, c'est une prise de risque. Donc je pose la question, est-ce qu'il faut prendre un risque ? Je ne le crois pas.
Donc vous dites qu'il faut passer au plan B, il faut renoncer à cette cérémonie sur la Seine ?
Je pense qu'il faut un dispositif beaucoup mieux sécure, qui garantisse une plus grande sécurité.
Vous savez, il y a une mobilisation gigantesque.
On n'est pas obligé d'avoir les dispositifs qui sont les plus dangereux. On sait qu'on a une menace. Les Jeux olympiques ont toujours été des cibles. Les grands événements, il n'y a pas que les Jeux olympiques. Dans la même période, il y a des grands événements sportifs. Toutes les forces vont être concentrées à Paris. Ça veut dire que sur le reste du territoire, il peut y avoir des trous dans la raquette, des cibles potentielles. Il faut mettre le degré de sécurité maximum. C'est irresponsable de maintenir cette cérémonie aujourd'hui ? J'ai l'impression que c'est un peu le souhait narcissique du président de la République. Est-ce que cela en vaut la peine ? Je ne suis pas sûr.
Ça dit ce matin dans Le Parisien, Gérald Darman dit qu'il n'y a pas de menace spécifique visant les JO. Il est plutôt rassurant sur le sujet.
Oui, nous attendons qu'il le dise à l'Assemblée nationale. Il y a une note des services de renseignement qui lui a été manifestement adressée. Est-ce qu'elle est exacte ? En tout cas, la presse en a fait état. On attend des explications.
Eric Ciotti, les obsèques de Shem Cédine, 15 ans, tués à la sortie de son collège à Viry-Châtillon la semaine dernière, seront célébrés tout à l'heure. Face à ce drame, tout le monde ou presque en appelle un sursaut d'autorité. Mais derrière les mots, il y a quoi ? En quoi doit-il consister ce sursaut d'autorité ? Comment éviter la répétition de ces drames ?
En plusieurs choses. D'abord, on voit qu'il y a une explosion de violences dans notre pays. C'est aussi le bilan de M. Darmanin. Augmentation des homicides, des tentatives d'homicide qui ont quasiment doublé depuis l'élection de M. Macron. Augmentation des coups et blessures volontaires chaque jour. Mille agressions chaque jour. Pour les mineurs, il y a la nécessité de mieux responsabiliser les parents, rétablir la loi que j'avais fait voter en 2010 sur la suppression des allocations familiales notamment. Il y a la nécessité de supprimer l'excuse de minorité. Il y a la nécessité de construire des établissements spécialisés pour les mineurs délinquants.
Les centres éducatifs fermés, on en manque beaucoup aujourd'hui dans notre pays. Leur nombre est très faible, trop faible. Donc il y a des mesures concrètes. Il faut arrêter avec cette réponse plus sociale que pénale à la violence des mineurs qui est de plus en plus forte et qui touche tous les territoires.
Hier, la porte-parole du gouvernement Priska Thévenot, qui était assise à votre place, demandait plus de sévérité dès le primaire, avec notamment la possibilité de conseils disciplinaires en école primaire. Est-ce que c'est une bonne idée, ça ?
C'est toute une chaîne qu'il faut réarmer de la responsabilité parentale, redonner de la responsabilité, du soutien aux enseignants, qui sont souvent très seuls. Ils font un métier formidable. Ils sont laissés livrés à eux-mêmes face à la violence. On ne se préoccupe pas aussi de ce qui se passe à l'extérieur des établissements, avec la loi des bandes. On l'a vu dans cette affaire sordide, comme on l'a vu pour Samara. Voilà, donc il faut que l'État assume ses responsabilités et arrête avec cette forme de naïveté que certains décrivaient il y a plusieurs décennies déjà.
Et est-ce qu'il faut laisser les portables à l'entrée des collèges ? Est-ce qu'il faut interdire les téléphones portables dans les collèges, dans les lycées ?
Je crois qu'il faut les interdire. C'est un fléau. C'est une addiction qui touche aujourd'hui beaucoup de jeunes. Il faut réagir. Il faut réagir sur la présence du portable, sur les contenus aussi, avec des sites qui sont extrêmement addictifs. Ça, on sait que c'est très compliqué. Addictifs, je le dis, en tant que père de famille aussi d'une adolescente. Et c'est vrai que c'est extrêmement compliqué. On va parler un peu politique. Est-ce que vous êtes satisfait de votre Premier ministre, Gabriel Attal ? Je ne suis pas satisfait de sa politique. Mais est-ce que c'est lui qui a les manettes ? Je ne le crois pas.
La réalité, on l'a encore vu hier avec le coup de gueule du Président de la République. C'est lui qui décide de tout. Et c'est lui qui a la responsabilité, finalement, de cette dégradation. On parlait du bilan sécuritaire épouvantable. On pourrait y rajouter celui de l'immigration. Et puis là, on parle des finances publiques. On est dans une situation...
Sauf que, pardon, on va y venir aux finances publiques. Mais c'est vous, les 61 députés LR, qui êtes la béquille de ce gouvernement.
On n'est absolument pas la béquille. On ne soutient pas ce gouvernement. Nous sommes dans l'opposition, très clairement. Nous nous sommes opposés à ce budget, très clairement. Et nous en dénonçons, aujourd'hui, l'insincérité. Parce que ce qui est en cause... Le budget de cette année, 2024, est insincère. D'ailleurs, le Conseil constitutionnel, s'il avait joué son rôle, aurait dû le censurer. On n'a jamais vu un écart aussi important entre les chiffres inscrits dans le budget et la réalité. Cet écart, il est de plus de 30 milliards d'euros. Ça veut dire que le gouvernement, plutôt le président de la République, sciemment, ont menti aux Français.
Et aujourd'hui, ils s'apprêtent à nouveau à mentir avec un plan caché que je dénonce d'augmentation des impôts.
Sauf que, quand je parlais de la béquille, je vous ai lu dans les échos, il y a quelques jours, vous avez brandi la menace d'une motion de censure contre le gouvernement. Est-ce que vous allez passer des paroles aux actes ou est-ce que vous faites juste les gros yeux et après vous rentrez dans le rang ?
On a fixé trois lignes rouges, je l'ai dit. C'est-à-dire pas d'augmentation de la fiscalité. La France est le pays où on paye le plus d'impôts au monde. Même sur les super bénéfices ? Au monde, on ne rajoute pas de l'impôt à l'impôt. Les super bénéfices, c'est les entreprises qui créent des emplois. Ce n'est pas l'État qui crée des emplois, c'est des entreprises. Je ne souhaite pas ensuite qu'on touche aux retraites. On voit bien qu'il y a aujourd'hui une cible, ce sont les retraités. On veut désindexer les pensions de retraite. Ce serait un scandale et je ne veux pas qu'on touche à la capacité des Français de se soigner.
Vous savez, aujourd'hui, on n'a pas de médicaments anticancéreux de dernière génération. Il y en a dans d'autres pays d'Europe parce qu'ils coûtent trop cher. Donc on a fixé ces trois lignes rouges. Si elles sont franchies, nous n'hésiterons pas à déposer une motion de censure. Ça pourrait être avant les européennes ? Rien n'est exclu. Ce que je veux dénoncer aujourd'hui, c'est vraiment ce plan caché. Et je dis aux Français, au Président de la République, de dire la vérité avant les élections européennes. On voit bien ce qui commence à se dessiner. On nous annonce une task force sur la rente. C'est quoi la rente ? Ce sont les loyers pour les propriétaires.
Ce sont les produits de l'assurance-vie pour les épargnants qui ont économisé toute leur vie et qu'on va prélever. Il faut le dire, mais non. Si M. Macron, une nouvelle fois, veut augmenter les impôts, et je suis certain... Là, il y aura motion de censure directement ? Mais quand il nous dit hier, c'est ahurissant. Là, il y aura motion de censure directement. Bien sûr, quand il nous dit hier, le problème, ce ne sont pas les dépenses. Alors qu'on est le pays qui dépense le plus d'argent public en Europe. Ce sont les recettes. Donc j'en conclue, j'en conclue de façon logique, qu'il va faire porter, une nouvelle fois, l'effort sur les recettes. C'est-à-dire plus d'impôts, plus de taxes.
C'est totalement ahurissant dans la situation où se trouve notre pays. Est-ce qu'une coalition politique est possible ou pas ? C'est moins de pouvoir d'achat et c'est moins de compétitivité.
Est-ce qu'une coalition est possible ? Par exemple, quand Macronie, certains s'interrogent, peut-être un accord de gouvernement, vous le proposez. Il n'en a jamais été question. La portée fermée, ouverte, entreverte ?
Il n'en a jamais été question de la part du président de la République, contrairement à ce que j'entends. Nous sommes dans l'opposition et je crois que plus les jours passent, plus les faits nous donnent raison. Nous avons alerté quand on nous disait, dans une forme de béatitude généralisée, que M. Macron était le Mozart de la finance, qu'il allait moderniser, révolutionner le pays. Ou en année, sept ans plus tard. Donc, je dis aux Français qui lui font confiance, et c'est quelque part un abus de confiance, de se réveiller, je dis aux retraités qui vont être taxés, qui vont voir leur retraite baisser. Et c'est aux propriétaires qui vont être imposés, comme le sont les Niçois.
Je suis député de Nice. Demain, le maire macroniste de Nice va augmenter les impôts de 20% à Nice. Ça, c'est les petits coups de patte à Christian Estrosi, c'est votre habitude. Quelques exemples, j'en ai.
Juste, sur la réforme des allocations chômage, vous êtes pour ou contre ce que veut faire le gouvernement, c'est-à-dire réduire la durée d'indemnité ?
Nous, nous sommes pour des mesures qui favorisent le travail. Je rappelle que dans notre contre-budget, nous étions favorables à une prise en charge plus longue d'une période travaillée pour bénéficier du chômage. Voilà, il y a des postes qui ne sont pas pourvus. Il faut favoriser le travail. Donc, nous sommes pour une réforme qui favorise le travail. Dernière question, vous avez des nouvelles de Laurent Wauquiez ? On déclenche l'alerte à l'enlèvement ou pas ? Il est passé où ? J'ai échangé hier soir longuement avec lui. Il va très bien, rassurez-vous.
C'est toujours votre candidat naturel pour 2027 ?
Il se prépare à porter un grand projet pour la France.
Merci Eric Ciotti. Bonne journée à vous.
Éric Ciotti