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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 25 janvier 2018 25 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéÉconomie & entreprisesJustice

Nadine Morano veut "de la transparence sur la population carcérale", à partir de "la nationalité" et "des origines"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Bonjour Nadine Morano.

  • 0:32OuverteRéponse partielle

    Ça vous fait marrer qui parle anglais, hein ?

  • 1:54RelanceÉludée

    Le problème c'est de le supprimer totalement l'impôt sur la fortune.

  • 2:38RelanceRéponse directe

    Plus personne n'en parle parce que sans doute le budget de l'État aurait du mal à éponger la mesure.

  • 3:06OuverteRéponse partielle

    Les 140 chefs d'entreprise des entreprises mondiales, les plus grandes entreprises réunies à Versailles, ça non plus...

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Vous voulez qu'on en parle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « La balance commerciale française est à moins 61 milliards d'euros alors qu'elle est excédentaire en Allemagne de plus de 250 milliards d'euros. »
  • 1:24Invité politiquePromesse
    « j'aurais aimé qu'il aille plus loin et notamment qu'il monte les seuils pour les PME parce que ce qui fait la croissance et le dynamisme des PME en Allemagne, c'est justement qu'elles n'ont pas cet effet de seuil chez nous et il aurait pu en profiter pour les monter à 200. »
  • 1:48Invité politiqueFait
    « il supprime l'impôt sur la fortune mais à côté de ça il augmente la CSG dès le mois de janvier sur les retraités modestes. »
  • 2:25Invité politiqueChiffre
    « qui avait contribué à ce que 9 millions de personnes en bénéficient en France. »
  • 5:16Invité politiqueChiffre
    « D'ailleurs la preuve c'est que sur l'ensemble des demandes d'asile qui sont faites, 70% sont rejetées. »
  • 6:17Invité politiqueChiffre
    « Quand je regarde dans le budget du gouvernement et de M. Macron, la garantie de l'exercice du droit d'asile explose à pratiquement 1 milliard, 95 millions. Il était avant à 86 millions. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « Sur la lutte contre l'immigration irrégulière, le budget était de 89 millions. Il passe à 82 millions. »
  • 10:10Invité politiqueChiffre
    « sous le gouvernement, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y avait 50 000 places de prison, un peu plus de 50 000 places. On en a construit au cours de ce quinquennat plus de 7 000. Au cours du quinquennat de François Hollande, il y a eu seulement 1 000 places de prison nouvelles. »

Temps de parole

  • Nadine Morano61 %
  • Locuteur 821 %
  • Locuteur 310 %
  • Présentateur3 %

6,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

L'invité politique de ce matin de France Info est Nadine Morano, Jean-Michel Apatissi. Bonjour Nadine Morano.

0:17
Locuteur 8

Bonjour. Emmanuel Macron était l'incontestable vedette hier du forum économique de Davos. On écoute le président de la République.

0:25
Locuteur 2

So, ladies and gentlemen, my first message is that France is back. France is back at the core of Europe.

0:32
Locuteur 8

Ça vous fait marrer qui parle anglais, hein ?

0:34
Nadine Morano

Non, moi je trouve qu'on a un président qui s'exprime bien en anglais. Mais quand il dit la France est de retour, c'est sûr que par rapport à François Hollande, il a pas mal à dire que la France est de retour. Mais à côté de ça, le chômage est toujours au même niveau. La balance commerciale française est à moins 61 milliards d'euros alors qu'elle est excédentaire en Allemagne de plus de 250 milliards d'euros. Que les décisions qu'il a prises et que j'aurais aimé qu'il prenne, rappelez-vous, j'étais chez vous, nous avions parlé des ordonnances.

Et je vous avais dit que sur la loi travail, enfin cette loi qu'il avait présentée, sur les ordonnances, j'étais favorable à cette méthode des ordonnances. J'aurais aimé qu'il aille plus loin et notamment qu'il monte les seuils pour les PME parce que ce qui fait la croissance et le dynamisme des PME en Allemagne, c'est justement qu'elles n'ont pas cet effet de seuil chez nous et il aurait pu en profiter pour les monter à 200. Il y a quelque chose, oui mais il y a un climat quand même. Ah bon mais vous trouvez ? Non vous ne trouvez pas ? Ah non je ne sais pas, je ne sais pas.

S'il y avait justement ce choc de confiance, on le sentirait au niveau économique sauf que les décisions qu'il prend, notamment sur cette politique qu'il fait quand même pour ceux qui sont les plus fortunés, il supprime l'impôt sur la fortune mais à côté de ça il augmente la CSG dès le mois de janvier sur les retraités modestes.

1:54
Locuteur 8

Le problème c'est de le supprimer totalement l'impôt sur la fortune.

1:57
Nadine Morano

Non mais moi...

1:57
Locuteur 8

Votre critique est paradoxale.

2:00
Nadine Morano

Non c'est pas ça. Certaines de vos amis disent il n'en fait pas assez. Non mais moi je pense qu'il faut un équilibre dans une société parce qu'il faut que tout le monde s'y retrouve. Donc moi j'étais favorable à la suppression de l'impôt sur la fortune mais je voulais que nous remettions les heures supplémentaires défiscalisées pour que les classes moyennes, les ouvriers, les agents de maîtrise, les employés puissent gagner en pouvoir d'achat ce que nous avions fait et qui avait contribué à ce que 9 millions de personnes en bénéficient en France.

2:29
Locuteur 8

Pour être tout à fait honnête, les heures supplémentaires c'était dans le programme d'Emmanuel Macron et je...

2:35
Nadine Morano

Oui mais il supprime l'impôt sur la fortune et maintenant pour...

2:38
Locuteur 8

Plus personne n'en parle parce que sans doute le budget de l'État aurait du mal à éponger la mesure.

2:41
Nadine Morano

Sauf que... M. Apathy, je voudrais juste terminer. Juste une phrase, c'est que le prix du baril de pétrole a baissé et que le gouvernement profite pour augmenter les taxes notamment sur le diesel et ceux qui se servent notamment de leurs véhicules dans nos territoires ruraux qui vont bosser avec leurs voitures et qui prennent de plein fouet. Alors entre les retraités et les personnes modestes qui prennent leurs véhicules pour aller travailler, voilà quand même les cibles de M. Macron.

3:06
Locuteur 8

Juste une dernière question. Les 140 chefs d'entreprise des entreprises mondiales, les plus grandes entreprises réunies à Versailles, avant Davos, ça non plus... C'est un signal de quelque chose ou ça ne veut rien dire d'après vous ?

3:16
Nadine Morano

Oui mais enfin là vous me parlez de Davos mais vous savez Nicolas Sarkozy s'était rendu à Davos. Il s'était rendu à Davos en 2010 ou en 2011.

3:23
Locuteur 8

On a l'impression qu'Emmanuel Macron c'est Nicolas Sarkozy qui a réussi quelque chose. Quelquefois on a cette impression. Alors comme vous, vous avez beaucoup soutenu Nicolas Sarkozy, je me disais tiens...

3:33
Nadine Morano

Non, je trouve qu'Emmanuel Macron déploie de l'énergie, qu'il porte beau, c'est sûr que par rapport à François Hollande il n'y a pas de mal. Mais qu'à côté de ça, il présente bien pour la France l'image est mieux que François Hollande qui... Bon, on ne va pas refaire son analyse... On est au critique physique, hein ? Non, son analyse vestimentaire qui des fois c'est un peu à désirer, vous le savez, vous l'avez tous caricaturé sur ce sujet. Mais regardez, quand on regarde ce qu'il fait sur l'immigration... Vous voulez qu'on en parle ? Oui, on va en parler.

4:08
Locuteur 8

Je vais vous parler de Nicolas Sarkozy. Laissez-moi juste faire la transition d'un sujet à un autre parce que sinon vous allez faire l'interview toute seule. Nicolas Sarkozy à Grenoble en 2010.

4:16
Locuteur 7

Je ne reprendrai pas la célèbre phrase de Michel Rocard dans laquelle je me retrouve. La France ne peut accueillir toute la misère du monde. Je dis simplement, c'est un constat lucide.

4:28
Locuteur 8

Emmanuel Macron en 2017 sur l'immigration. Je ne peux pas donner des papiers à tous les gens qui n'en ont pas.

4:33
Locuteur 2

Sinon comment je fais après avec les gens qui sont déjà là et qui n'arrivent pas à avoir un travail ? On prend d'autre part mais on ne peut pas prendre toute la misère du monde comme disait Michel Rocard.

4:41
Locuteur 8

Les références sont les mêmes et beaucoup disent la politique est la même. Voir même dans le cas d'Emmanuel Macron, les associations disent c'est pire.

4:48
Nadine Morano

Moi j'attends de juger sur les actes parce que vous avez vu ce qu'il a dit là. Mais moi je l'ai regardé quand il est allé à Calais et lorsqu'il a discuté avec les réfugiés. Notamment il discutait avec une personne qui était originaire du Soudan. qui lui expliquait devant les caméras de télé sa situation. Donc sa situation après qui normalement au regard de l'OFPRA est vérifiée, contrôlée. Parce qu'on n'obtient pas comme ça une demande d'asile facilement. D'ailleurs la preuve c'est que sur l'ensemble des demandes d'asile qui sont faites, 70% sont rejetées. Il disait, au regard de ce que vous me dites, vous relevez du droit d'asile.

Ok, mais si le président français dit ça à la télé, vous imaginez de l'autre côté de la Méditerranée le message qu'il envoie. Alors qu'il devrait tenir un discours de fermeté de dire, nous allons mener une politique d'immigration minimum avec un vote au Parlement. Non, je ne crois pas en l'immigration zéro. Mais avec un vote annuel au Parlement sur ce dont la France peut accueillir sur son territoire et en fonction aussi de ses besoins. Ce qui n'est pas le cas.

5:54
Locuteur 8

Vous l'entendez quand même, beaucoup de gens disent, c'est une politique, les associations notamment. C'est une politique très restrictive, très dure, vous n'en convenez pas. C'est une politique, comment vous la qualifieriez ? Toujours laxiste en matière d'immigration ?

6:07
Nadine Morano

Mais regardez, M. Abati, vous êtes un excellent journaliste. Et regardez le budget qui a été adopté. Je l'ai là, le budget. J'ai épluché les chiffres. Quand je regarde dans le budget du gouvernement et de M. Macron, la garantie de l'exercice du droit d'asile explose à pratiquement 1 milliard, 95 millions. Il était avant à 86 millions. Donc regardez la différence. Sur la lutte contre l'immigration irrégulière, le budget était de 89 millions. Il passe à 82 millions. C'est-à-dire qu'alors qu'on doit lutter contre l'immigration irrégulière, le budget est en baisse. Donc vous voyez, il y a les paroles de M.

Macron et il y a la réalité budgétaire des moyens qu'il met pour lutter contre l'immigration irrégulière. Il vous dit, je vais au Royaume-Uni pour renégocier les accords du Touquet. Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous avez vu, un chèque, hop, on va vous faire un chèque. On fait un chèque de 50 millions, vous allez pouvoir reconstruire des murs, des barbelés et puis basta. C'est ça, c'est ça ce que fait M. Macron. Donc pour moi c'est une porte d'imposture. Je sais que vous êtes tous hypnotisés, pas moi. C'est ça la différence. Donc moi je regarde, j'essaye d'analyser la réalité.

7:16
Locuteur 8

On n'est pas hypnotisés quelquefois, on se demande si la critique existe pour la critique, si elle est de bonne foi.

7:21
Nadine Morano

Pour moi si vous voulez, je vous ai parlé des ordonnances, je vous ai dit que j'aurais voté les ordonnances. Je vous ai dit que j'aurais aimé qu'il aille plus loin parce que les résultats sont là. La balance commerciale est déficitaire, le chômage est à moins 0,1. Donc vous voyez que s'il y avait eu ce choc de confiance, ça se traduirait dans les chiffres et dans la réalité s'agissant de l'emploi. Bon, pour l'instant ce n'est pas le cas.

7:43
Présentateur

Vous restez avec nous 8h40, l'essentiel de l'info, Edwige Coupez.

7:47
Locuteur 3

L'accès au port de Boulogne bloqué ce matin, une dizaine de pêcheurs mobilisés. Ils veulent empêcher les camions de charger le poisson. Des bateaux aussi en route pour bloquer Calais. Action des pêcheurs pour dénoncer la concurrence des néerlandais. Ils pratiquent la pêche électrique en mer du Nord. Et les pêcheurs français en appellent à l'État pour obtenir des compensations financières. La Seine, la Marne, la Saône, alerte aux inondations encore ce matin dans le nord-est de la France. L'eau continue de monter. À Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, le maire a signé les premiers arrêtés d'évacuation. Une trentaine de maisons concernées.

Au total, ce sont 15 départements qui sont en vigilance orange. Et 4 autres en alerte pour neige et verglas en Auvergne et dans la Loire. Emmanuel Macron qui sera en Auvergne justement sur les terres de Giscard et de Mitterrand. A Chamalières ce soir et au Lac Chauvet demain. Une visite de deux jours pour présenter ses voeux au monde agricole. Et dire comment il veut durablement transformer ce secteur en crise. Une manière aussi de couper court aux critiques de ses opposants qui l'accusent de négliger la France rurale. La Roumaine Simona Alep et l'Allemande Angélique Kerber au coude à coude dans la deuxième demi-finale de l'Open d'Australie.

La gagnante sera opposée à la Danoise Caroline Wozniacki. Qualifiée cette nuit pour la finale pour la première fois de sa carrière à Melbourne.

8:59
Locuteur 6

France Info.

9:02
Présentateur

Nadine Morano députée européenne, ancienne ministre et l'invité de France Info ce matin. Jean-Michel Apathy.

9:07
Locuteur 8

Les gardiens de prison poursuivent leur mouvement de grève ou d'obstruction du fonctionnement en tout cas de la mécanique pénitentiaire et donc judiciaire. Cela commence à avoir beaucoup de conséquences sur le fonctionnement de la justice. On écoute un gardien de prison s'indiquer à force ouvrière qui témoigne de sa volonté de poursuivre le mouvement.

9:26
Locuteur 1

Des annonces gouvernementales on en a eu plein. A l'époque ça a été notre tort, c'est pas de mettre plus la pression que ça et on a encore subi de la réformette depuis des décennies. Maintenant je pense que les choses, il est grand temps que ça change. S'il faut forcer un petit peu la main à Bercy, on est prêt à le faire, il n'y a pas de problème.

9:42
Locuteur 8

Alors il le dit bien aussi, c'est pas d'hier ces problèmes.

9:47
Nadine Morano

Sauf que je constate, regardez de quand datait le dernier conflit avec la pénitentiaire, d'un mouvement d'ampleur tel que celui-là. C'était de mémoire en 1992.

9:57
Locuteur 8

C'est très loin. Voilà. Mais que les gardiens de prison se soient pleins régulièrement de leurs conditions de travail, de la dégradation de leurs conditions de travail, du nombre insuffisant qui est le leur, ça c'est quand même récurrent.

10:08
Nadine Morano

Du nombre de places de prison aussi. Moi je vous rappelle que sous le gouvernement, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y avait 50 000 places de prison, un peu plus de 50 000 places. On en a construit au cours de ce quinquennat plus de 7 000. Au cours du quinquennat de François Hollande, il y a eu seulement 1 000 places de prison nouvelles. Donc là, nous payons quoi ? Nous payons en fait l'arrêt du plan prison qui avait été pris. Et on voit bien que Mme Taubira a tout fait maintenant. On en paye aujourd'hui les conséquences. On sait qu'il y a une surpopulation carcérale. On sait que les gardiens de prison n'en peuvent plus. Et en plus avec la population qui est à l'intérieur.

D'ailleurs, j'aimerais bien qu'on ait la transparence sur la population carcérale. De quelle manière ? Il sache pourquoi il paye ce budget. Qu'est-ce que vous voulez dire ?

10:55
Locuteur 8

Les statistiques selon la nationalité ? Oui, voilà. C'est ça que vous voulez dire ?

10:58
Nadine Morano

Oui, selon les nationalités, selon les origines. Je trouve que ce serait important de savoir un petit peu quel est l'état de la délinquance. Et quel est l'état aussi de la composition de la population carcérale. On ne demande pas les identités, mais de savoir pourquoi les Français payent. Et qu'ils comprennent ce malaise aussi.

11:15
Locuteur 8

Qu'est-ce que ça nous apporterait ? Est-ce que vous pouvez préciser votre pensée ? Parce qu'il y a un non-dit dans ce que vous dites.

11:18
Nadine Morano

Non, ce n'est pas une question de non-dit. C'est de savoir qui est incarcéré sur le territoire français. Si certains ne mériteraient pas d'être incarcérés ailleurs dans un autre pays.

11:26
Locuteur 8

Nationalité, religion ? Non, nationalité, nationalité.

11:30
Nadine Morano

Les Français ?

11:31
Locuteur 8

Français ou étrangers ?

11:32
Nadine Morano

Bien sûr, de savoir quelles sont les origines. Non, non. Votre curiosité s'arrêterait là. Les différentes nationalités, les origines, de quel pays sont-ils ? De quel pays ils viennent ?

11:44
Locuteur 8

Quelqu'un qui est né en France, il est né en France.

11:46
Nadine Morano

Quelqu'un qui est né en France, il est né en France. Si la nationalité française, il est français. On ne remonte pas dans les générations sur les origines. Franchement, n'exagérez pas. Est-ce qu'ils sont berrichants ou perpignanais ? Non, non, mais moi, vous savez, comme on n'a pas beaucoup de temps, je crois que moi, je voudrais cette transparence vis-à-vis des Français. Et je voudrais qu'on soutienne ce personnel qui s'occupe de la pénitentiaire. Comme les pompiers qui n'en peuvent plus, qui sont caillassés en permanence et agressés. Comme les policiers. On a l'impression que vous voyez, tous ceux qui assurent notre sécurité aujourd'hui, il y a un malaise extrêmement profond chez eux.

12:16
Présentateur

Il n'y a pas que la surpopulation. C'est évidemment un sujet central. Mais il y a aussi la condition, les conditions de salaire, par exemple, des surveillants. Et puis il y a aussi la radicalisation. Parce que même si on fait beaucoup plus de places de prison, il y aura toujours le problème de comment gérer ces détenus islamistes. Quelle doit être la réponse selon vous ?

12:35
Nadine Morano

Moi, je pense qu'il faut les incarcérer à part.

12:40
Présentateur

Ce qui est déjà le cas. Voilà.

12:41
Nadine Morano

Vraiment à part de les regrouper. Et avec des moyens extrêmement conséquents. Mais quand je vois, vous savez, la ministre a annoncé qu'il y aurait des créations de postes. Mais aujourd'hui, il y a des postes qui ne sont pas pourvus. Parce que ça n'intéresse plus d'entrer dans ce métier. Pourquoi ? Parce qu'on est mal payé, on est mal traité. Et on risque sa vie. Et le sujet, c'est qu'on nous annonce qu'on va mettre le téléphone dans les cellules pour les détenus. Franchement, vous croyez que c'est la priorité ? Ou est-ce que la priorité, ce serait de dire, on lance un plan prison, on s'occupe du personnel pénitentiaire ?

Tous les Français, aujourd'hui, je vais vous dire, soutiennent le personnel pénitentiaire. Ils comprennent qu'ils n'en peuvent plus. Ils le comprennent.

13:19
Locuteur 8

Un envoyé spécial de France Info, Jérôme Jadot, se trouve actuellement à la frontière syrienne, côté syrien, où se trouvent une vingtaine de Françaises avec leurs enfants. Ce sont des femmes qui ont été en Syrie, qui ont pu y aller avec leurs conjoints, ou qui ont rejoint les bases arrières de Daesh. Et on ne sait plus trop comment gérer le cas de ces Françaises. Et on écoute sur place un humanitaire. Son témoignage a été recueilli par Jérôme Jadot.

13:50
Locuteur 9

Il fait froid, on est en hiver. Il y a eu des cas d'hépatite dans le camp. Une des femmes françaises que j'ai rencontrées, elle est enceinte. Elle est enceinte de neuf mois. Les enfants n'ont rien demandé à personne. On ne peut pas les laisser ici. Donc je pense, aujourd'hui, c'est la responsabilité de la France de s'occuper de ses ressortissants. Et par rapport aux femmes, si elles ont commis des crimes, ce qu'elles m'ont dit, c'est qu'elles sont prêtes à affronter la justice française.

14:12
Locuteur 8

C'est difficile de laisser tomber ces ressortissants.

14:15
Nadine Morano

Trop facile. Je ne peux pas avoir de compassion pour ces gens. Je ne peux pas avoir de compassion pour ces gens. Moi, je pense d'abord aux victimes. Elles sont parties servir une idéologie terroriste, ennemies de la France. Elles ont fait un choix. Et moi, je trouve même un peu scandaleux par rapport à tous ceux qui ont perdu leur vie, tous ceux qui souffrent là-bas. Qu'on vient de nous expliquer, elles ne sont pas parties faire du tourisme. Elles le savaient. Est-ce que nos impôts doivent servir à aller les chercher ? Moi, je dis non. Et les enfants ? Elles ont fait leur choix. Écoutez, les enfants... Ils sont d'un société française.

Alors, à chaque fois qu'il y en a qui va faire des trucs, aux quatre coins du monde, il va falloir envoyer des avions. Moi, je trouve qu'à un moment, il faut faire attention. Évidemment, ces enfants n'y sont pour rien. Mais comme disait M. Mollins hier sur RTL, hier ou avant-hier, lorsqu'il disait que ces enfants qui ont vu des scènes de décapitation, qui sont quasi des bombes à retardement... Voilà. Je veux dire, vous en parlez, vous en parlez. Mais moi, j'aimerais qu'on parle des victimes. J'aimerais qu'on parle de cette femme iranienne, là, qui a pris le risque, au péril de sa vie, d'enlever son voile et de le faire dans la sphère publique. Et aujourd'hui, on ne la trouve plus.

On pense qu'elle est incarcérée. Elle, elle se bat pour la liberté. Elles, elles sont allées servir une idéologie terroriste, ennemie de la France. Ça n'a pas de lien.

15:32
Locuteur 8

Vous êtes une responsable politique.

15:33
Nadine Morano

Mais moi, je vous ai dit ce que je pense. Point.

15:35
Locuteur 8

Donc, on fait rien. Donc, on se débarrasse assez facilement. Mais pourquoi pas ? Mais il n'y a pas besoin de se débarrasser. C'est elles qui sont parties. On ne s'en débarrasse pas. Elles sont parties.

15:42
Nadine Morano

Et pourquoi on traiterait les femmes de manière différente que les hommes ?

15:44
Locuteur 8

Excusez-moi. On dit, débrouillez-vous. Ces gens-là, au fond, c'est une déchéance de nationalité, de fait, qu'il faut assumer. C'est ce que vous proposez. Ils sont là. Ils ne sont pas là. Ils sont partis là-bas. Non. Il faut mettre des mots sur ces situations. C'est une déchéance de nationalité, de fait.

16:01
Nadine Morano

Écoutez, elles sont hors du territoire. Elles ont fait un choix d'aller servir un État terroriste, ennemi de la France.

16:08
Locuteur 8

Mais personne ne le conteste. Mais voilà.

16:09
Nadine Morano

Donc, elles ont fait un choix. Vous voulez que je dise quoi à votre micro ce matin ? Je dis aux Français, à ceux qui nous écoutent, vous êtes dans votre voiture. Allez, on va dépenser tant d'argent pour envoyer les avions, pour aller chercher ces gens qui sont vos ennemis et qui peuvent tenter de vous assassiner.

16:23
Locuteur 8

Je ne veux rien vous faire dire. Alors, je vous dis ce que je pense. Je veux juste savoir si vous êtes d'accord avec ma formule. D'échéance de nationalité, de fait.

16:30
Nadine Morano

On veut le dire comme vous voulez, de toute façon. Mais ils ne sont pas sur le territoire. Donc, en termes juridiques, ça ne veut rien dire.

16:34
Locuteur 8

Ils ne sont plus Français. On ne s'en occupe plus.

16:36
Nadine Morano

En termes juridiques, ils ne sont plus Français. Et y compris les enfants. En termes juridiques, ce que vous dites, c'est qu'ils ne sont plus Français. Non. Ils sont Français. Ils ont leur nationalité. Les ennemis de la France ne sont plus là. Je ne veux pas qu'ils reviennent sur le territoire.

16:48
Locuteur 8

Les enfants, par exemple, qui ne sont responsables de rien. Et puis, là, les enfants, ils n'ont assisté à rien parce qu'ils ont 2-3 ans.

16:53
Nadine Morano

Ils ont des familles.

16:56
Locuteur 8

Mais ceux-là, on les rapatrie ou pas ? Non ? D'accord.

17:00
Nadine Morano

Et les enfants qui ont été tués à Nice, assassinés et tout ? Ça vous importe, ça ?

17:05
Locuteur 8

Vous vous en doutez ?

17:06
Nadine Morano

Est-ce que vous en doutez ? Vous vous en doutez ? Bien sûr que non.

17:09
Locuteur 8

D'accord. Je n'en doute pas. C'est gentil de... Franchement. On va dire que vous n'avez même pas posé la question. On va revenir. Vous avez cité des chiffres sur l'immigration. Ils ont l'air d'avoir troublé les auditeurs. On va y revenir.

17:17
Présentateur

Il est 8h50. Voici l'essentiel de l'info. Edwige Coupez.

17:22
Locuteur 3

Un projet d'accord présenté dans la matinée au syndicat de la pénitentiaire. C'est l'annonce du ministère de la Justice ce matin, au 11e jour du mouvement des syndicats de prison, des surveillants de prison, pardon. Et les syndicats, on le sait, ont claqué la porte des négociations mardi. Ils avaient jugé les dernières propositions de la chancellerie insuffisantes. Pas de répit sur le front des inondations. La Seine et ses afflux en continuent de monter. Il y a 5,40 m à Paris. Trois gymnases ont été ouverts à Villeneuve-Saint-Georges pour accueillir les habitants sinistrés. C'est dans le Val-de-Marne. Et puis, la pluie est annoncée encore aujourd'hui.

Et cela va ralentir la décrue amorcée sur certains cours d'eau. Au total, il y a 15 départements du nord-est en vigilance orange. L'Auvergne et la Loire sont aussi en alerte, mais là pour neige et verglas. C'est l'effet Weinstein en France. Les plaintes pour viol et agression sexuelle sont en nette hausse l'an dernier. Plus 12% et plus 10%. Une augmentation qui monte même à 31% au dernier trimestre. Des chiffres tweetés par le ministère de l'Intérieur ce matin, qui fait clairement le lien avec la libération de la parole des femmes suite donc à cette affaire Weinstein. Cela fait 18 ans qu'un président américain ne s'est pas rendu à Davos. Donald Trump est attendu en fin de matinée en Suisse.

Il va défendre son « America First » devant l'élite mondiale économique. Et puis le déraillement d'un train près de 1000 ans en Italie. Les causes sont encore inconnues pour le moment. Il y a au moins deux morts et dix blessés graves.

18:50
Locuteur 6

France Info.

18:50
Présentateur

Nadine Morano, députée européenne, ancienne ministre et l'invité de France Info, Jean-Michel Apathy.

18:54
Locuteur 8

Vous avez cité deux chiffres sur le budget. Vous avez fait référence... Non, non, pas du tout. D'accord. Non, non, je vous la laisse. Ah non, non, je ne les conteste pas. Je crois que vous avez juste fait peut-être une imprécision, mais je n'en sais rien. Le premier chiffre que vous avez cité, vous avez dit que le budget était de 1 milliard et puis que c'était tombé à 95 millions.

19:09
Nadine Morano

Non, non, non, non, non. Alors, reprenons exactement.

19:13
Locuteur 8

Allez-y.

19:13
Nadine Morano

Garantie du droit d'asile, 868 670 923 euros, qui maintenant est passé à 953 015 461 euros. C'est précis comme ça. C'est dans le tableau. Ça c'est précis. La lutte contre l'immigration irrégulière était de 89 millions 17 850, il est passé à 82 millions 626 mille euros.

19:36
Locuteur 8

Mais oui, alors cette ligne, ça je ne sais pas, ça il faudrait de l'experter.

19:39
Nadine Morano

Ah bah, vous savez, c'est le tableau budgétaire, vous savez, je l'ai demandé.

19:42
Locuteur 8

J'ai essayé de vous dire deux petites choses, il faut une expertise sans doute pour lire la deuxième ligne que moi je n'ai pas. Et la première ligne, je crois que le premier chiffre que vous avez donné tout à l'heure, il y avait... Il y avait une petite confusion, pour moi c'est plus clair.

19:55
Nadine Morano

Ah bah, alors si c'est plus clair, alors excusez-moi si j'ai fait...

19:57
Locuteur 8

Ah mais vous êtes tout à fait excusé, tout est précisé, et puis on essaiera de regarder à quoi correspondent exactement ces dépenses, parce que par ailleurs, il est intéressant de regarder, et il faut toujours s'en reporter aux réalités, et là en l'occurrence aux chiffres. Laurent Wauquiez, l'invité ce soir, de l'émission politique de France 2, il va comment, il trouve ses marques, il a du mal à assurer son autorité ou pas ?

20:17
Nadine Morano

Très bien ces marques, nous avons eu notre premier bureau politique, où il a à la fois fait preuve d'ouverture, de rassemblement, et preuve d'autorité. Je trouve que c'était nécessaire et c'est bien.

20:28
Locuteur 8

Alain Juppé, c'est un seul coup ce qu'il a fait en disant ciao ?

20:30
Nadine Morano

Bon, il est dans... il a perdu la primaire en 2016, du coup il cotise plus, voilà, je pense qu'il est en fin de parcours politique, et que c'est la pyramide des âges qui fait que... Bah écoutez, à un moment, ça sera pareil pour moi comme pour d'autres, bon je trouve que c'est pas très respectueux vis-à-vis de nos adhérents, de ne pas payer sa cotisation quand on a créé, surtout cette famille politique, moi ça m'a choqué, je veux dire, ça m'a un peu choqué, je trouve ça assez regrettable, on l'attend mieux de lui quand même, par regard de son parcours.

21:05
Locuteur 8

Est-ce que ça dit quelque chose de politique ? C'est-à-dire, au fond, Laurent Wauquiez divise...

21:10
Nadine Morano

Bah non, c'était avant Wauquiez, puisqu'il n'a pas payé sa cotisation, on n'était pas encore en période d'élection interne, donc vous voyez bien, c'est je perds la primaire, je perds la primaire, donc maintenant j'en vois tout balader, quoi. Il l'avait dit, d'ailleurs, qu'il prenait un peu de recul, mais alors s'il prend un peu de recul, c'est pas la peine qu'il dise qu'il observe. Il est mieux à travailler avec nous.

21:27
Locuteur 8

On observe peut-être mieux avec du recul. J'ai lu que vous étiez, donc cette semaine, justement, agacée du comportement de Valérie Pécresse, que devant l'instance de direction, le bureau politique, je crois, des Républicains, vous avez eu des mots assez durs contre Valérie Pécresse et son association libre.

21:44
Nadine Morano

C'est-à-dire que, moi j'ai fait trois grandes réunions ces derniers temps, une à Chalons-sur-Saône, une à Colmar, une en Lorraine chez moi, je vais en faire encore deux autres, et ce que les adhérents nous disent, les militants, c'est qu'ils veulent du rassemblement, ils sont tellement contents que nos élections internes se soient bien passées, elles ont été exemplaires, avec plus de 100 000 adhérents, à jour de cotisation, qui sont venus voter, qui ont désigné Laurent Wauquiez à 74% des voix.

Et, si vous voulez, cette recherche d'unité, quand elle nous annonce qu'elle veut faire un mouvement associé qui s'appelle Libre, j'ai juste rappelé à Valérie, qui est une personnalité imminente de notre famille politique, qui est présidente de la région Île-de-France, qui a gagné ses élections sur l'étiquette Les Républicains, qu'elle veut faire un mouvement pour éviter que certains ne partent, et qu'elle veut l'appeler Libre, je suis désolée, mais on est tous libres chez Les Républicains, donc j'en vois pas l'intérêt, donc je l'ai dit, je crois que c'est pas utile d'avoir ce mouvement, et d'ailleurs Laurent lui avait proposé d'être, de présider notre conseil national, bon, elle n'a pas voulu, moi je pense qu'on n'a pas besoin de créer chacun un bidule, c'est vrai, on a nos micro-partis parce qu'il y a des gens qui veulent adhérer pour soutenir une personnalité, mais qui ne prendraient pas une carte dans un parti politique classique, c'est bien et c'est normal parce que ça ne porte pas atteinte à la maison mère, on va dire, donc je ne veux pas de quelque chose qui porte atteinte à ce renouveau que nous vivons, et à cette unité et cette forme de rassemblement que nous avons su construire autour de Laurent.

23:24
Locuteur 8

Vous êtes députée européenne, on va écouter attentivement ce soir Laurent Wauquiez et son discours sur l'Europe, beaucoup disent quand même, il n'est pas très européen, voire quelquefois il a des petits accents nationalistes, est-ce que vous ressentez ça, est-ce que ça vous inquiète ou est-ce que c'est artificiel comme critique ?

23:40
Nadine Morano

Non, d'abord c'est quelqu'un qui aime bien débattre et donc on débat de nos idées, je crois qu'il est profondément attaché à l'Union Européenne, à l'Europe, qu'il veut une Europe qui fonctionne, c'est vrai que l'Union Européenne est une chance pour nous, que l'Union Européenne n'est pas parfaite, on le voit à travers... Rien n'est parfait, mais c'est une chance absolue. Et donc moi je suis évidemment très attaché à l'Union Européenne, j'habite, vous savez, une région à trois frontières en Lorraine, et donc on sait quelle est cette avancée majeure que nous a apporté la construction de l'Union Européenne. Il n'y a pas un euroscepticisme chez Laurent Wauquiez qui vous inquiète ?

Non, mais ce n'est pas un eurobéa non plus, je ne le suis pas non plus. Qu'il veuille apporter des améliorations au fonctionnement de l'Union Européenne, je trouve que c'est judicieux et justifié.

24:23
Locuteur 8

Vous qui êtes députée européenne, comment vous avez vécu cette séquence lundi ? Beaucoup de députés allemands pour accueillir François de Rugy au Bundestag, et très peu de députés français l'après-midi pour accueillir le président de l'Assemblée Allemande, Wolfgang Schauble, peu de députés français lundi dernier, ça ne les intéresse pas.

24:42
Nadine Morano

Je trouve ça très regrettable, ça me choque, parce que la réconciliation franco-allemande, c'est tellement un atout, c'est tellement quelque chose d'essentiel pour nous, c'est le moteur de l'Union Européenne, et c'est vrai que ça aurait dû être un événement sans doute peut-être mieux organisé, je ne sais pas, je ne suis plus députée nationale, mais je pense que c'est marquant, et ça doit être marquant pour notre jeunesse aussi, que cette réconciliation franco-allemande et cet anniversaire.

25:13
Présentateur

Merci beaucoup Nadine Morano, bonne journée.