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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 24 octobre 2025 88 min

L'intégrale du vendredi 24 octobre

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver. On est ensemble pour faire le tour de l'actualité politique et de l'information dans vos régions, au sommaire de cette émission. Le débat sur le budget 2026 commence aujourd'hui dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Quel compromis politique est possible tout en améliorant les finances de la nation ? On interrogera sur ce sujet l'économiste Christian Saint-Etienne.

Et puis au Sénat, est-ce qu'il y aura une majorité pour voter la suspension de la réforme des retraites, intégrée hier par le gouvernement au budget de la Sécurité sociale ? On posera la question dans quelques instants au sénateur du jour, Vincent Capocanelas, sénateur centriste de Seine-Saint-Denis. On reviendra également sur la crise au sein du parti Les Républicains depuis son refus de participer au gouvernement. Les six ministres LR qui sont restés dans ce gouvernement le cœur nu ont été suspendus par Bruno Rotaillot. Une stratégie du président des LR qui est très critiquée en interne. On en parlera dans une heure avec nos journalistes Tam Tranui et Louis Morin.

À la une de nos régions, le parcours du Tour de France 2026 dévoilé hier avec un départ de Barcelone et une part belle donnée aux Alpes l'année prochaine. On sera en duplex avec nos partenaires du journal Le Dauphiné Libéré. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Audrey Viettaz. Bonjour. À la une de ce vendredi 24 octobre, le débat sur le budget 2026 qui commence aujourd'hui dans l'hémicycle de l'Assemblée. La bataille budgétaire débute réellement après le rejet du texte en commission. Les députés s'affronteront sur la partie recette. C'est donc l'heure de vérité pour la taxe Zuckmann notamment.

Sébastien Lecornu prendra la parole cet après-midi. Les explications et les enjeux avec Jérôme Rabier.

2:05
Invité

Il a été rejeté en commission des finances à l'Assemblée mais c'est dans l'hémicycle que tout va maintenant se jouer pour le budget. Un exercice à haut risque et contrairement à d'habitude, le Premier ministre sera présent tout au long des débats pour bien marquer sa volonté d'aboutir avec un mot d'ordre du côté du gouvernement.

2:24
Présentateur

C'est que oui à la justice fiscale, non à la surenchère fiscale. Donc il faut rester évidemment, j'allais dire, raisonnable dans un pays qui taxe déjà le plus au monde.

2:34
Invité

Une réponse aux menaces de censure qui viennent de toutes parts ou presque. Du côté des socialistes, après avoir obtenu que la réforme des retraites soit suspendue, d'autres gestes sont attendus. Ce n'est pas négociable. Si le Bloc central n'est pas capable de voter la taxe Zuckmann, s'il n'est pas capable de voter l'ISF sur les milliardaires, s'il n'est pas capable de justice fiscale, le débat budgétaire s'arrêtera très vite. Le RN de son côté promet la censure au gouvernement Lecornu, ce qui ne l'empêche pas de proposer un contre-budget, avec 36 milliards d'euros de réduction de déficit d'après leurs calculs et un changement de logique.

Remettre l'État à la bonne place, arrêter les dépenses inutiles, inefficaces, voire toxiques et surtout répondre aux préoccupations des Français, voilà le contre-budget du groupe Rassemblement National. Les discussions sur le budget doivent durer un mois à l'Assemblée avant que la copie soit transmise au Sénat, sauf si une censure est votée d'ici là et provoque la chute du gouvernement.

3:37
Présentateur

Dans le reste de l'actualité parlementaire, l'inscription du non-consentement dans la définition du viol. Une nouvelle étape a été franchie hier. L'Assemblée nationale a adopté à une large majorité, à l'exception du Rassemblement National et des députés siotistes, un texte issu d'un compromis avec le Sénat qui prévoit de définir les agressions sexuelles et le viol dans le code pénal comme tout acte sexuel non consenti, un changement de doctrine un an après le procès des viols de Mazan. Le texte devrait définitivement être adopté après un ultime vote au Sénat la semaine prochaine. En revanche, un autre texte qui était étudié, lui, hier au Sénat a été rejeté.

Il visait à libérer les enfants victimes de parents violents, des obligations alimentaires que la loi leur impose. Il était porté par le sénateur macroniste Xavier Yacovelli. La Chambre haute l'a retoqué pour ne pas créer d'effet d'aubaine pour ceux qui auraient voulu se dédouaner des frais d'EHPAD, notamment. La guerre en Ukraine est Donald Trump qui décide de prendre de nouvelles sanctions contre la Russie. Le président américain espère que cela permettra, je cite, de mettre un terme à la guerre. Les États-Unis sanctionnent deux compagnies pétrolières russes, une première depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Pour Emmanuel Macron, il s'agit d'un moment charnière dans la guerre en Ukraine. On écoute.

4:58
Invité

À ce titre, les annonces récentes du président Trump, on voit nos yeux dans la bonne direction, qui ont permis de dire très clairement la réalité de la situation, c'est-à-dire une Russie qui ne souhaite pas de manière véritable la paix, et ont permis de resynchroniser l'agenda européen et américain sur la question ukrainienne.

5:20
Présentateur

Le groupe Total Energy, condamné par la justice pour pratiques commerciales trompeuses. Et c'est une première mondiale. Le groupe pétrolier accusé de greenwashing est donc sanctionné par la justice pour avoir fait croire aux consommateurs qu'ils pouvaient atteindre la neutralité carbone en 2050, en augmentant sa production de pétrole et de gaz. Total Energy doit retirer ses publicités et réparer le préjudice moral subi par les associations de défense de l'environnement à l'origine de la plainte, Alexandre. Merci beaucoup, Audrey. On accueille le sénateur du jour dans cette émission. Bonjour, Vincent Capocanelas. Bonjour. Vous êtes sénateur centriste de Seine-Saint-Denis.

Alors, on va revenir sur ces différentes actualités avec vous, mais vous connaissez le principe de cette émission. On commence avec trois unes de la presse quotidienne régionale. Alors, aujourd'hui, on a choisi la une de la Voix du Nord, consacrée à la tempête Benjamin, qui a soufflé fort dans la journée d'hier. Il y a également la une de Presse Océan, qui est consacrée au petit commerce avec le blues d'un centre-bourg face aux zones commerciales périphériques. Et puis, la une de Ouest aux France, qui titre sur le budget à l'Assemblée nationale, le marathon commence. Quelle une de la presse régionale vous choisissez ? Alors, j'ai choisi la Voix du Nord et la tempête Benjamin.

Et alors, qu'est-ce que ça vous inspire ? Peut-être en termes de moyens pour prévoir ces événements climatiques ? Alors, il se trouve que je suis rapporteur à la Commission des finances, notamment des crédits du CEREMA, qui est un organisme qui travaille pour les collectivités locales et l'État sur l'adaptation au changement climatique. Et puis, Météo France, bien sûr, qui, dans ces matières-là, est là pour tirer la sonnette d'alarme et enclencher un certain nombre de mesures que l'État prend après de prévention, mais aussi de l'Institut géographique national, qui travaille notamment sur le trait de côte, sur tous les effets du changement climatique sur les territoires.

Et donc, voilà, on a un vrai sujet avec l'ensemble des collectivités, avec les services de l'État, pour nous adapter à des changements climatiques qui interviennent et à des désordres météo qui viennent impacter les populations comme ça. Et donc, évidemment, on pense à tous ceux qui sont à pied d'œuvre et puis à ceux qui sont victimes des effets. Il y a eu, il y a quelques jours de ça, dans le Val d'Oise aussi, une tornade. Voilà, donc on voit bien qu'il faut qu'on s'adapte. Il y a un vrai enjeu pour l'État, pour les collectivités et pour chacun de nos concitoyens aussi, à intégrer le fait que malheureusement tout ça peut arriver, y compris dans des zones qui étaient jusque-là préservées.

Voilà, donc il y a un travail à faire. Et on a un sujet, nous, qui est que l'État régalien doit garder un certain nombre de moyens pour ces organismes-là qui permettent aussi de donner des outils à nos collectivités, à nos territoires pour s'adapter et pour faire face. Voilà. Alors, on va ouvrir la page budgétaire de cette interview puisque aujourd'hui, cet après-midi, commence à l'Assemblée nationale le débat dans l'hémicycle sur le projet de loi de finances, sur le budget de l'État, notamment la partie des recettes de l'État, donc tous les débats sur la question des impôts.

Alors, il y a eu un échec des débats en commission des finances à l'Assemblée nationale, le budget a été rejeté par les députés. Est-ce que c'est un signe qu'une adoption d'un budget à l'Assemblée, dans la configuration actuelle, c'est impossible ? Alors, on a un peu l'impression de revivre ce qu'on a vécu l'année dernière. On est enrichi de cette expérience-là. L'année dernière, on a fini, mais c'était en début de l'année 2025, par trouver un consensus au moins pour qu'il y ait un budget. On a besoin d'un budget, on a besoin de stabilité. Les débats ne paraissent pas très bien engagés à l'Assemblée. Le Premier ministre intervient cet après-midi.

Moi, j'ai envie de dire qu'il faut lancer peut-être un appel à la raison. Il y a des différences, il y a des divergences, il y a des difficultés. Le monde est instable, chacun nous regarde. Les marchés financiers nous rappellent aussi que le taux d'intérêt auquel nous empruntons vont quand même assez haut. On emprunte plus cher que l'Espagne, que le Portugal, que l'Italie. On risque d'être à nouveau déclassé ce soir par une agence. Donc, on vit ce qu'on appellerait un peu le nœud coulant. C'est-à-dire qu'au fur et à mesure, les taux se resserrent sur nous et on risque une asphyxie financière et économique. Et ça, c'est l'emploi qui est en cause derrière.

Donc voilà, je pense qu'il faut de la stabilité. Il y a un coût à cette instabilité. Après, il faut qu'on regarde en face les compromis qui peuvent être noués. Et puis, le Sénat aura une vraie responsabilité derrière pour jouer son rôle de stabilisateur institutionnel, mais pas à n'importe quel prix. Et oui, la mission du Sénat, ça va être de faire adopter ce budget par la majorité de droite et du centre. Mais du côté des centristes, est-ce qu'on propose un compromis, notamment à la gauche, sur la justice fiscale, avec certaines mesures ? Alors, la mission du Sénat, ça sera de faire preuve de responsabilité, comme toujours, d'essayer de montrer un chemin.

Mais ça ne pourra pas être à n'importe quel prix. Et il y a un certain nombre de propositions qui sont parfois votées à l'Assemblée, en matière fiscale, notamment, qui posent question. Il ne faut pas tuer l'emploi, il ne faut pas tuer l'économie. On a besoin de retrouver de la croissance, d'améliorer le taux d'emploi. Et on voit bien qu'il faut trouver un compromis, avec le Parti Socialiste notamment, qui a priori s'engagerait à ne pas censurer. Mais ça ne peut pas être à n'importe quel prix. Quelle mesure de justice fiscale proposent notamment les sénateurs centristes ?

Écoutez, sur la partie qui concerne les entreprises, je crois qu'il y a un certain nombre de propositions qui paraissent excessives à l'Assemblée nationale, parce que ça va, encore une fois, affecter l'emploi, affecter la croissance. Et sur la taxe sur les holdings, il y a un certain nombre de choses. Il y a, en fait, un certain nombre de contribuables ou d'entreprises qui, parfois, échappent un peu à un certain niveau d'imposition. Ça, il faut essayer de le régler. Mais ça ne peut pas être en faisant fuir tous les investisseurs et en accablant ceux qui font preuve de créativité.

En fait, en deux mots, sur les holdings, il y a parfois des gens qui ont réussi, qui ont créé une start-up, qui l'ont vendu, et qui investissent dans d'autres entreprises. Et aujourd'hui, si on regarde la définition de ce qui est proposé à l'Assemblée nationale, on pourrait considérer que les investissements qu'ils font dans d'autres entreprises ne sont pas leur outil de travail, donc devraient être surtaxés. Par exemple, ça, c'est un certain nombre de phénomènes contre lesquels il faut savoir lutter. Appel à la raison. Oui, il y a des phénomènes d'optimisation fiscale sur lesquels il faut savoir lutter, mais pas au prix de la destruction de l'emploi.

Donc, la taxe sur les holdings proposée par le gouvernement, elle sera revue au Sénat ? Il faudra revenir au travail. Très bien. Alors, on va parler du budget et de la sécurité sociale, puisque les sénateurs, actuellement, travaillent sur ce sujet en commission. Hier, ils ont auditionné Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, et Audrey, la ministre, a évoqué plusieurs précisions concernant ce budget. Un budget qui n'est qu'une proposition du gouvernement, d'après elle. La copie peut évidemment être corrigée par le Parlement, tant qu'il restreint le déficit de la sécurité sociale.

Et ce projet, il prévoit notamment le doublement des franchises médicales et la baisse de certains remboursements. Concrètement, le reste à charge, par exemple, pour une consultation médicale, passera de 2 euros à 4 euros. Et puis, pour une boîte de médicaments, on passe là de 1 euro à 2 euros. Combien est-ce que ça coûtera en tout par an ? Pour les patients en infection longue durée, mais aussi pour les Français moyens, le gouvernement a fait ces calculs. En moyenne, pour les personnes qui sont en ALD, on est plutôt autour de 70 euros dans l'année. C'est ça, la hausse que ça voudrait représenter.

Pour un Français patient, comme on dit, moyen, or, enfant, femme enceinte et bénéficiaire de la C2S, la moyenne, c'est 42 euros. Une réforme qui pourrait rapporter 2,3 milliards d'euros à l'assurance maladie, Alexandre. Et puis, il a aussi été question de la très décriée réforme des retraites. Oui, puisque le gouvernement a présenté hier en Conseil des ministres sa lettre rectificative pour inscrire la fameuse suspension de la réforme annoncée par Sébastien Lecornu. Comment ça va se passer concrètement ? Il y aura une suspension pendant un an qui concernera la génération née en 1964, ce qui va entraîner un décalage de calendrier pour les générations suivantes. Écoutez.

Ce qui veut dire que la génération 64, pourra activer sa retraite à partir de 62 ans et 9 mois. Cet effet de décalage de ce trimestre va toucher toutes les générations jusqu'à la génération 1968 incluse. Donc, c'est pour ça qu'on a 3,5 millions de bénéficiaires. Alors, pour bien comprendre les choses, on va continuer le raisonnement de la ministre. La génération qui est née en 1965 pourra donc partir à 63 ans au lieu de 63 ans et 3 mois. La génération qui est née en 1966 pourra partir à 63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans et 6 mois. C'est ce que vous voyez en bleu. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que le gagnant de l'élection présidentielle s'empare de cette réforme.

Est-ce qu'on sait combien ça va coûter ? C'est ce qui a été demandé à la ministre. Même si, pour le détail, il faudra surtout attendre de voir comment vont se comporter les jeunes retraités. Écoutez. Les éléments de chiffrage. Pour la branche retraite, c'est 100 millions de coûts pour 2026 et 1,4 milliard pour 2027. Je signale juste qu'il y a des éléments, évidemment, d'incertitude sur ce chiffrage. Il y a un des éléments d'incertitude qui s'appelle les choix comportementaux, comme on dit, que les Français feront. Je le signale. Pour certains Français, ils pourront se dire que je peux partir un trimestre plus tôt que ce que j'avais envisagé.

Pour d'autres, ils pourront travailler le trimestre en question et avoir une petite bonification, du coup, de leur niveau de pension. Voilà, il risque d'y avoir une différence entre les Français qui peuvent partir à un certain âge et qui décident, finalement, de partir à cet âge-là. Et pour financer tout cela, le gouvernement propose de passer par une sous-indexation des pensions sur l'inflation en 2027, notamment, soit 0,4% au lieu d'1,3%. Monsieur Capocanella, les mots sont très politiques, mais là, on a l'impression qu'on parle de décalage plus que de suspension. Suspension pendant un an, puis décalage pour les autres.

On voit qu'il y a un décalage de trois mois, finalement, pour les retraités. On voit aussi quand même que ça a un coût. En fait, il n'y a pas d'argent magique. Comme disent les anglo-saxons, il n'y a pas de repas gratuits en matière de finances publiques. Et on voit aussi l'impact que ça peut avoir sur le niveau des retraites demain. Donc, voilà, c'est une concession qui a été faite. Sans doute, il y avait-il dans la réforme des retraites une forme de brutalité. Et la question de l'âge légal a, au départ, été toujours un élément urtiquant, si je puis dire.

Donc, moi, je suis favorable, à titre personnel, à ce qu'il y ait de la souplesse, à ce qu'on dote de la liberté à nos compatriotes pour choisir le moment auquel ils peuvent partir. Ce qui m'inquiète, c'est qu'on a décalé ce qu'on appelle la réforme touraine et son accélération, c'est-à-dire le fait qu'il faut quand même un certain nombre de trimestres qui augmenter pour avoir... Il n'y a pas que l'âge qui compte. Le taux plein, voilà. Donc, le Premier ministre a rendu un arbitrage. Il faut voir comment ça vit. Alors, le projet de loi de financement et la Sécurité sociale sera sans doute plus compliqué encore à voter que le projet de loi de finances. Ici, ça sera tout, sans doute.

Et il ne faut pas que le gouvernement oublie là-dessus... Les sénateurs centristes vont voter cette suspension de la réforme des retraites ? Il ne faut pas que le gouvernement oublie là-dessus qu'il a une majorité au Sénat, qui est une majorité forte, avec laquelle il faut quand même négocier. Ils regardent beaucoup l'Assemblée nationale, c'est normal, c'est la priorité du moment, c'est la priorité calendaire, dirais-je, c'est ce qui vient tout de suite. Mais il faut se mettre en posture de discussion avec la majorité du Sénat. Et aujourd'hui, les conditions ne sont pas remplies. Pour les sénateurs centristes, pour l'instant, ils ne votent pas cette suspension ?

Pour le moment, ce sujet est sur la table. Et on regardera dans quelles conditions on peut l'examiner. Mais telle que la proposition est faite aujourd'hui, ça ne nous paraît pas responsable. Voilà. Et il ne faut pas que le Parti socialiste, veuille gager toutes les promesses du moment au prix des générations futures. Voilà. Donc ça, c'est notre souci. Il y a un équilibre à trouver, même si je suis le premier à admettre que, telle qu'elle avait été votée, cette réforme paraissait brutale. Il y a sans doute un élément à détendre. Mais là, la proportion paraît quand même assez forte financièrement. Audrey, on va parler de la lutte contre la fraude.

Oui, en effet, monsieur le sénateur, vous étiez aux côtés du Premier ministre Sébastien Lecornu en déplacement à Romainville, en Seine-Saint-Denis, à la Direction générale des finances publiques, pour défendre son projet de lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Un enjeu pour la justice, mais aussi pour les caisses de l'État. On l'écoute. Là, on parle de 20 milliards d'euros qu'on doit être en capacité de recouvrer, c'est-à-dire de faire rentrer réellement dans les recettes et dans les caisses de l'État. Chaque année, le ministère et les équipes qui sont ici progressent.

Si on additionne le fiscal et le social, on est quelque part autour d'un peu plus de 13 milliards d'euros sur les sommes qui sont retrouvées. Mais enfin, il en reste encore 7 à aller chercher par an. Donc, on le voit bien, là, on est sur quelque chose qui est un enjeu de justice, qui est un enjeu d'efficacité et sur lesquels, évidemment, on doit avancer. Vincent Capocanelas, finalement, la lutte contre la fraude, la fraude fiscale, la fraude sociale, c'est un vieux refrain qui est proposé par les responsables politiques. En quoi ce texte changerait la donne ?

Alors, c'est un sujet important et le groupe centriste a toujours été à la pointe là-dessus, notamment avec ma collègue Nathalie Goulet, qui était d'ailleurs avec moi lors du déplacement du Premier ministre hier à Romainville. Et donc, il y a, le Premier ministre l'a rappelé, c'est un nombre de sommes qu'on peut quand même recouvrer. Aujourd'hui, sur la fraude fiscale, à peu près 11 milliards d'euros sont recouvrés tous les ans. C'est important. Il y a 2 milliards à peu près sur la fraude sociale. Et ce nouveau texte doit permettre de donner aux services qu'on a rencontrés ensemble hier, à toutes les directions qui s'occupent de ces vérifications fiscales et qui font les enquêtes.

Ça touche beaucoup d'entreprises. Il ne faut pas jeter l'opprobre sur toutes, mais un certain nombre ont des pratiques de suroptimisation et finalement, vont nicher des bénéfices dans des pays, dans des filiales étrangères pour échapper à un certain nombre de taxes et d'impôts en France. Donc ça, il y a des mesures nouvelles qui sont dans ce texte. On veillera à enrichir le texte, mais ça va dans la bonne direction. Ça ne va pas tout régler, mais quand même, les sommes en jeu sont conséquentes. C'est aussi une question de moyens de donner aux agents de Bercy pour mieux contrôler et détecter ces fraudes. C'est une priorité de l'État.

Je crois que là-dessus, le gouvernement est très clair et on soutiendra cette démarche. Et on l'incitera d'ailleurs à muscler ce projet de loi. Et quand on muscle la lutte contre les fraudes aux prestations sociales, est-ce qu'il n'y a pas un risque de stigmatiser les plus démunis de notre pays ? Je crois que ce n'est pas le sujet. Le Premier ministre l'a rappelé d'ailleurs hier, il y a un droit à l'erreur, mais il n'y a pas de droit à la fraude. Et on remarque que parfois, ceux qui fraudent en matière sociale sont les mêmes qui fraudent en matière fiscale, etc. Il y a parfois aussi des gens qui conseillent un certain nombre de mécanismes.

Donc ça, il faut le regarder, il faut voir comment ça peut être qualifié, y compris pénalement. Mais au moment où on fait des efforts budgétaires, parce que quand même, on voit bien qu'on est obligé d'en faire, il y a cinq ans devant nous qui vont être relativement difficiles à vivre, ça ne peut se faire que s'il y a une forme d'équité. Alors l'équité, c'est aussi le fait que ceux qui doivent payer, ceux qui fraudent, seront combattus et ceux qui doivent payer, payent. Alors on continue à parler de nos finances publiques, puisque nous allons être en duplex avec un élu local, Bertrand Auchcorn, qui est maire de Marot-Aupré, dans le département du Loiret. Bertrand Auchcorn, bonjour. Bonjour.

On va parler avec vous du budget des collectivités pour l'année prochaine et le gouvernement qui demande également un effort aux élus locaux pour un petit peu se serrer la ceinture. Tout à fait. J'étais voici dix jours au comité des finances locales où Mme de Montchalin nous a présenté diverses mesures qui allaient impacter les budgets de nos communes et les finances de nos communes pour un montant qu'elle estimait à 4,6 milliards. Alors en fait, je viens de voir avec le bureau de l'AMF, je fais partie du bureau de l'Assemblée des mères de France et je suis responsable de la commission des finances et de l'Assemblée des mères de l'Assemblée des mères de France.

On a estimé le total à 7,2 milliards d'euros finalement avec d'autres mesures qui étaient déjà actées. Je pense par exemple à l'augmentation de notre cotisation de retraite pour nos agents qui fait une facture d'environ 1,4 milliard et la baisse aussi de dotation. Je pense à la dotation d'équipements des territoires ruraux qui doit être fusionnée. Là, on est plutôt défavorable à cette mesure. Mais en plus, de fusionner avec d'autres dotations et avec un total qui est inférieur au total qu'on avait au départ. Donc, c'est vraiment une très grosse fonction.

Je voudrais ajouter que parallèlement, la réforme de taxes d'aménagement qui était il y a deux ou trois ans s'avère déplorable pour les recettes de nos collectivités cette année puisqu'elle est en baisse quasiment, enfin, sur le Loiret, sans doute de 60% ou 70%, compte tenu de la nouvelle manière de l'apercevoir, d'apercevoir bien plus en retard, sans parler des droits de mutation au titre onéreux, qui servent les frais de notaire, c'est comme ça qu'on appelle, qui sont en baisse assez nette depuis un moment. Et puis, il y a aussi une nouvelle taxe, la taxe générale des...

la TGAP, la taxe générale des activités polluantes, qui va augmenter pendant quatre ans d'affilée et qui risque d'augmenter encore la facture et donc qui sera inévitablement reportée sur la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Alors, quand on décisionne tout ça, c'est évident que nos collectivités vont en souffrir, en souffrir de manière assez importante. Les élus auront des décisions douloureuses à prendre, soit augmenter les impôts, ce qu'on n'aime vraiment pas faire parce qu'on sait qu'on a beaucoup de concitoyens qui sont en difficulté financière, donc c'est quand même pas la bonne méthode, soit restreindre les services publics.

Là encore, on est très soucieux des services publics en particulier, moi je suis dans une commune rurale, c'est vraiment important de pouvoir et nos services publics c'est avant tout j'oserais dire le péris scolaire, le restaurant scolaire qui est indispensable pour nos habitants, soit réduire les investissements. Monsieur le maire, est-ce que vous aviez une question pour le sénateur Vincent Capocanelas ?

Une question, je ne sais pas, mais certainement on compte évidemment sur le Sénat puisqu'il y aura un débat budgétaire pour adoucir la pilule, monsieur le sénateur, on compte sur les sénateurs, on sait qu'ils sont toujours plus justes, à l'écoute de nos revendications et de nos difficultés et donc vraiment on compte sur vous et puis ce qui m'inquiète beaucoup c'est la transition écologique qui a trois ans nous a dit allez-y, investissez dans la transition écologique, c'est fondamental, n'hésitez pas à vous endetter pour cela et là d'un coup quand je vois le fonds vert qui était de 3 milliards puis 2 milliards et demi puis 2 milliards et qui cette année doit être à 650 millions Donc le fonds vert qui est une aide de l'État pour aider la transition écologique de nos collectivités Tout à fait, voilà, c'est…

Vincent Capocanelas, je vous donne la parole, est-ce que l'effort demandé par le gouvernement à nos élus locaux, à nos maires, à nos conseils départementaux, est-ce que cet effort est trop important ?

L'année dernière, déjà nous avons engagé, et monsieur le maire le sait, je crois que c'est un bon spécialiste de ces sujets-là, des sujets financiers, on a engagé un bras de fer avec le gouvernement là-dessus et le gouvernement nous demandait plus de 5 milliards, 5,5 milliards de réduction de crédit pour faire vite les dotations et on s'est limité à 2 milliards d'eux donc il y a une part que les collectivités locales doivent prendre comme tout le monde mais cette part ne peut pas être excessive et cette année on aura le même débat et je sais que le président du Sénat est à la pointe un certain nombre de mes collègues, Bernard Delcroix notamment qui est à la tête de la délégation aux collectivités et ici au Sénat on va tous plaider sur le fait que la France vit un centre de crise on a des problèmes de cohésion sociale et territoriale et les collectivités notamment les villes sont à la base de la démocratie locale mais aussi à la base de la cohésion territoriale et d'emplois parce qu'en fait 70% d'investissement public vient des collectivités locales donc il faut trouver un compromis là-dessus avec le gouvernement on sera extrêmement exigeant et à l'écoute des élus locaux qui font l'armature sociale et territoriale du pays donc c'est essentiel pour nous et là-dessus on sera vraiment au rendez-vous bien évidemment à l'écoute des élus locaux et sur les sujets que M.

le maire a pointé la DETR notamment le fonds vert il y aura un vrai débat ici au Sénat on sera très exigeant je sais que la ministre nouvelle ministre qui est en charge des collectivités Mme Gattel il sera sensible qui est une sénatrice alors donc ce sera un autre point de négociation le budget des collectivités entre le Sénat et le gouvernement merci beaucoup Bertrand Auchcorn pour votre intervention je rappelle que vous êtes maire de la commune de Marot-Aupré dans le département du Loiret et d'ailleurs on reste dans ce beau département du Loiret on va aller à Gien retrouver Alexis Marie qui est journaliste à la République du Centre pour parler d'intelligence artificielle puisque bonjour Alexis l'intelligence artificielle fait irruption dans la campagne des élections municipales

26:55
Locuteur non identifié

disons qu'on a un petit peu poussé le curseur en s'immergeant dans la vie de la campagne pour les municipales à Orléans puisqu'un certain nombre de candidats sont sortis du bois si j'ose dire le RN LFI la gauche même si c'est difficile de trouver un assemblage qui va bien de ce côté-là de l'échiquier politique Serge Groir le maire pour l'instant lui prend un peu plus de recul et attend de voir venir mais nous à l'échelle de la REP on s'est dit mais pourquoi on ne demanderait pas à l'IA tout simplement en lui posant cette question ma foi assez cynique aide-moi à devenir maire d'Orléans en mars 2026 donc du coup on a posé un certain nombre de questions qui ont été donc passées à la moulinette de l'IA et donc il en ressort un certain nombre de plans une stratégie pour devenir maire et effectivement gagner des élections et donc du coup je voulais demander à Vincent Capocanelas qu'est-ce que lui il ressent de l'implication de l'IA dans la vie politique qu'elle soit locale ou nationale ça vous fait sourire ça vous fait peur qu'est-ce que vous en pensez ?

28:05
Présentateur

Je pense qu'il y a un vrai champ la France doit veiller à ne pas décrocher parce que les Etats-Unis la Chine l'Inde investissent beaucoup dans ces domaines-là on a un vrai sujet d'appropriation il y a des choses qu'on évoquait tout à l'heure notamment quand on parle des tempêtes il y a des données prédictives qui peuvent nous aider dans les collectivités locales à mieux travailler il y a des champs de rationalisation aussi ça je reconnais que parfois ça fait un peu peur on peut avoir peur de certaines destructions d'emplois mais ça peut aussi créer un certain nombre de choses alors après dans la vie politique ce qu'on peut craindre c'est une forme de banalisation parce que vous savez moi j'ai rentré l'application Mistral AI qui est l'application française et ça m'est arrivé des fois dans des colloques de dire tiens qu'est-ce que l'intelligence artificielle me dirait de dire en disant voilà je suis citateur je suis notamment spécialiste par exemple des sujets du transport aérien j'interviens dans un colloque dans tel cas quand vous expliquez ça qu'est-ce qui sort ?

Il sort des banalités finalement des éléments très consensuels avec parfois des approximations et des erreurs bon voilà donc ça ne remplacera jamais je pense la valeur de l'engagement notamment l'engagement local quand vous parlez des élections municipales la sincérité le fait de savoir construire une équipe de rendre des arbitrages d'aimer son territoire voilà et construire des politiques publiques on en parlait avec monsieur le maire tout à l'heure c'est penser aux cantines scolaires

29:20
Locuteur non identifié

Donc vous vous n'êtes jamais passé à l'acte vous n'avez jamais utilisé lire j'ai regardé deux fois

29:25
Présentateur

et franchement j'ai été séduit par l'application ministrale mais plutôt déçu par le contenu la politique ce sont des convictions voilà et si c'est de l'eau tiède ça ne marchera pas et donc j'ai envie de dire il faut qu'on sache utiliser l'IA mais pas pour trouver des idées certainement pas Merci beaucoup Alexis-Marie pour votre intervention je rappelle la une de la République du Centre aujourd'hui qui est consacrée à Anna élue Miss Centre Val-de-Loire et qui forcément rêve d'être élue Miss France 2026 Merci beaucoup Alexis-Marie Merci Vincent Capocanelas Merci à vous d'avoir été notre sénateur du jour Merci Audrey on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse des territoires Tout à fait le nouveau parcours du Tour de France 2026 a été dévoilé ça fait des heureux on verra ça Et notamment dans les Alpes à les places à l'entretien aujourd'hui nous recevons l'économiste Christian Saint-Etienne Et on accueille donc aujourd'hui l'économiste Christian Saint-Etienne Bonjour Merci d'avoir accepté notre invitation Je rappelle que vous êtes l'auteur d'un livre intitulé Trump et nous comment sauver la France et l'Europe qui est publié aux éditions Odile Jacobs et donc économiste je précise aussi que vous avez été membre du parti Les Républicains dans le passé alors on est ensemble pendant 20 minutes on va beaucoup parler budget économie française puisque aujourd'hui commence vraiment la bataille dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale sur le projet de loi de finances il y a ce projet de loi il a été rejeté déjà en commission des finances par les députés est-ce que c'est le signe qu'un accord politique est impossible sur ce budget ?

31:14
Vincent Capo-canellas

Non, il y aura un accord politique sinon on retournera directement aux urnes il y aura une dissolution la question centrale c'est où se fera le point d'équilibre parce que le parti socialiste a déjà obtenu le gel de la réforme des retraites mais vraisemblablement ça ne suffira pas dans la mesure où Olivier Faure est en compétition avec les filles en préparation de la présidentielle donc il veut marquer autant de points que possible donc ça va être une discussion pendant un peu plus d'un mois qui va être complexe à la fois sur les recettes et sur les dépenses

31:57
Présentateur

Sur le budget sur le fond alors on va évoquer ces différents aspects mais d'une manière générale par exemple le prix Nobel d'économie Philippe Aguillon dit que le budget qui est présenté par le gouvernement la version du gouvernement c'est un bon budget raisonnable vous êtes d'accord ?

32:11
Vincent Capo-canellas

Alors il y a quand même la question centrale de la réforme des retraites l'année prochaine le gouvernement a annoncé que pour 2026 on allait emprunter 310 milliards d'euros au moins la moitié de ces sommes empruntées sont empruntées à l'étranger dans des pays par l'intermédiaire de leurs fonds de pension qui vont acheter la dette française dans des pays dans lesquels l'âge de départ à la retraite est à 67 ans on est en train de discuter en Allemagne même en Italie sur un recul jusqu'à 70 ans donc la question centrale c'est jusqu'à quel point on va pouvoir indéfiniment emprunter à des pays qui ont un âge de départ à la retraite 3-4 ans de plus que nous tout en continuant à ne pas vouloir réformer suffisamment le système des retraites en fait c'est la fontaine c'est les cigales qui veulent travailler encore moins et qui disent aux fourmis prêtez-nous encore plus pour qu'on puisse travailler encore moins là je ne sais pas jusqu'où ça peut aller je pense qu'il y aura des réveils douloureux

33:19
Présentateur

mais en tout cas cette suspension de la réforme des retraites elle a apporté un tout petit peu plus de stabilité politique au pays on a l'impression que ça a quand même rassuré les marchés financiers qui étaient très inquiets au moment de la défiance contre François Bayrou donc il y a peut-être aussi des bienfaits financiers

33:31
Vincent Capo-canellas

Oui mais c'est un bienfait extrêmement temporaire à terme la situation n'est pas bonne puisque le déficit tendanciel du régime des retraites perdure on devrait avoir enfin on sait que si on doit régler définitivement la question des retraites à l'horizon de 2040 et même 2060 on va devoir faire comme les autres alors on n'aura pas besoin d'aller à 67 ans ou à 70 ans parce que la France joue sur deux instruments non seulement l'âge de départ mais la durée de cotisation des évaluations et des analyses à la fois l'INSEE le conseil d'orientation des retraites d'autres organismes conduisent à penser que l'équilibre se trouverait si on avait un âge de départ entre 64 et 65 et une durée de cotisation de 44 ans la question c'est est-ce qu'on y va naturellement en reculant doucement comme c'était inscrit dans la loi de 2023 ou est-ce qu'on y va brutalement parce qu'on aura un coup de tonnerre un peu comme pas avec nécessairement l'ampleur de ce que la Grèce a connu en 2010 2012 mais néanmoins un choc très significatif alors là je vais juste dire sur les retraites je pense que le débat est mal posé il se trouve que ça fait plusieurs ça fait au moins 20 ans que j'utilise ce sujet c'est pas c'est pas sur l'âge de départ et la durée de cotisation qu'on devrait se battre il y a en fait deux sujets majeurs le premier c'est la pénibilité et le deuxième c'est la maternité donc sur la maternité on pourrait avoir une réduction à la fois sur le critère de l'âge de départ et sur celui de la durée de cotisation on pourrait par exemple avoir une réduction de 6 mois par enfant plafonné à 2 ans mais c'est surtout la pénibilité il y a d'ailleurs

35:29
Présentateur

une hausse des pensions qui est prévue dans le budget de la sécurité sociale pour les mères de famille

35:33
Vincent Capo-canellas

pour améliorer leur situation mais ça permettrait ce que j'évoque ça permettrait d'avoir un système stabilisé et les femmes sauraient à l'avance quel serait le traitement qui serait donné à leur situation alors ce qui est le plus intéressant encore c'est peut-être la pénibilité on peut considérer selon les critères il y a 5-7 critères de pénibilité mais selon le nombre de critères de pénibilité qu'on prend on peut considérer qu'il y a 11 à 14% de la population active qui est dans des travaux pénibles et là aussi selon les degrés de pénibilité nombre d'années dans des emplois pénibles on pourrait avoir une réduction à la fois de la durée de cotisation et de l'âge de départ et là aussi ça permettrait de traiter les problèmes qui hystérisent ce débat

36:19
Présentateur

donc c'est peut-être ça l'erreur de la réforme des retraites 2023 de ne pas avoir assez pris en compte cette question de la pénibilité

36:25
Vincent Capo-canellas

tout en demandant aux français de travailler plus oui je pense que si on avait demandé de travailler plus mais en prenant en compte de façon très claire la pénibilité ça aurait été plus acceptable vous savez c'est comme dans l'agriculture vous avez deux agricultures on a à peu près 300 000 fermes il y a 100 000 fermes qui font 80% de la valeur ajoutée et 200 000 fermes où on survit à peine mais quand vous avez des manifestations on pousse toujours les petits paysans devant donc quand on a un débat sur les retraites on pousse les gens qui ont fait des travaux pénibles et on dit vous voyez on ne pourra pas aller jusqu'à 64 ans 65 ans il faut traiter le sujet de même qu'il faut traiter le sujet des fermes pas compétitives en les aidant de même il faut aider ceux qui ont des travaux pénibles

37:11
Présentateur

donc revenons au budget pour vous cette suspension de la réforme des retraites c'est vraiment le point noir de ce budget alors que ça ne coûte pas vraiment très cher à l'échelle de toutes les dépenses publiques ce sera 1,4 milliard de coûts en 2027

37:22
Vincent Capo-canellas

oui c'est le coût direct le coût indirect est plus élevé puisque les gens qui ne travailleront pas seront c'est une perte en termes de création de richesse c'est surtout un message qui est envoyé qui n'est pas clair mais si on revient au budget lui-même tout va dépendre de ce qui va être décidé sur la fiscalité il y a des choses par exemple où on fait complexe quand on pourrait faire simple prenons l'exemple des holdings à juste titre donc il y a dans ce budget proposé par le gouvernement une taxe sur les holdings familiales voilà donc à juste titre on s'offusque de ce que certaines holdings contiennent des chalets à Mégève ou des voiliers et ainsi de suite là on va taxer c'est stupide parce que c'est extrêmement complexe on va introduire une complexité majeure moi je propose quelque chose de très simple c'est l'interdiction de la détention de biens d'usage par les holdings c'est à dire que les holdings ne pourraient pas avoir être propriétaire de bateaux et notamment on va essayer de revenir en arrière sur les mécanismes qui permettent de transférer les entreprises en ayant des abattements sur les droits de succession et là aussi c'est parce que dans certaines entreprises où on veut bénéficier de ces mécanismes on a mis aussi des biens d'usage donc là aussi il faudrait être clair on garde les mécanismes actuels voire on les améliore encore mais on dit que la transmission des biens de production ne concerneront pas ces biens d'usage voilà il faut il faut clarifier de manière extrêmement claire et on pourrait même imaginer il se trouve que je travaille sur les questions fiscales donc on a toujours des propositions mais on pourrait même imaginer des sociétés de biens d'usage et à ce moment-là elle elle serait totalement fiscalisée

39:31
Présentateur

donc la question vis-à-vis des français les plus aisés notamment des milliardaires c'est de séparer en termes de fiscalité les biens d'usage et les biens productifs exactement

39:41
Vincent Capo-canellas

c'est absolument fondamental si on veut protéger notre système productif parce que quel est le problème en réalité nous subissons un appauvrissement relatif depuis 20 ans en lien avec la désindustrialisation la croissance française en moyenne est de 1% par an depuis une vingtaine d'années alors que la croissance mondiale est à 3% la croissance américaine à 2% alors nous partageons en partie ce problème avec l'ensemble de l'Union européenne qui croit à peine plus que nous même s'il y a des pays comme l'Espagne qui croissent deux fois plus vite que la France mais si on essaye de comprendre le problème français c'est que nous avons une protection sociale de pays riches et une production de pays pauvres donc soit on coupe sur la protection sociale de pays riches en rognant sur les retraites et toutes les allocations soit on se met au boulot et on produit davantage et sur ce plan-là il y a peu de choses dans le budget

40:41
Présentateur

Alors dans ce débat à l'Assemblée nationale il y aura forcément un débat sur la taxe Zuckmann qui je le rappelle prévoit un impôt planché de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros pourquoi ne pas demander quand même un effort global aux très très riches de notre pays

40:55
Vincent Capo-canellas

Alors je suis favorable évidemment à ce qu'il y ait un effort des plus riches il faut quand même rappeler que les 10% de ménages ayant les revenus les plus élevés payent 75% d'impôt sur le revenu donc on n'est pas dans un pays dans lequel il n'y a pas de fiscalité sur les plus riches Oui mais les très très très riches

41:13
Présentateur

les milliardaires ils font de l'optimisation et parfois ils arrivent à seulement 25% d'impôt

41:17
Vincent Capo-canellas

Alors justement de ce point de vue je suis très favorable à la continuation à la pérennisation de la contribution différenciée sur les hauts revenus la fameuse CDHR qui stipule qui stipule que même si on bénéficie de toutes les niches fiscales possibles et imaginables on doit in fine payer au moins 20% de son revenu global en impôts ça je trouve non seulement en tant qu'économiste mais en tant que citoyen qui lui-même paye des impôts sans niche fiscale je trouve quand même que quand vous êtes au-dessus de 250 000 euros de revenus par ménage c'est quand même normal de payer au moins 20% d'impôts sur le revenu donc c'est plutôt par des mécanismes comme ça qu'on peut jouer mais si on revient sur ce que je proposais tout à l'heure si vous séparez les biens d'usage voilier, bateau en général ou maison si vous séparez les biens d'usage des biens de production à ce moment-là vous résolvez le problème pourquoi ?

parce que les biens d'usage seront fiscalisés au taux marginal de l'impôt sur le revenu quasiment à plus de 50% et vous aurez donc un rétablissement de l'égalité fiscale la question alors sur ce point la taxe Zuckman a suivi une étude qui avait été faite par l'Institut des politiques publiques qui a été publiée en juin 2023 et qui stipulait qu'il était censé démontrer que les 1800 plus grands milliardaires ne payaient moins d'impôts que ce qu'ils devraient mais en fait c'est une étude hypothétique dans laquelle on considérait que ces riches entre guillemets puisque c'est le terme consacré étaient en position de contrôle d'entreprises et que les entreprises qu'ils contrôlaient avaient des bénéfices non distribués qui d'ailleurs sont ceux c'est les mêmes dont on parle qui sont dans les holdings et que si l'on les avait distribués ils auraient été fiscalisés alors il faut quand même dire que les bénéfices non distribués parce que ça sonne comme des bénéfices qui n'ont pas été imposés en fait ils ont payé l'impôt sur les sociétés bien sûr et si on regarde il faut regarder l'ensemble en fait les bénéfices non distribués pour tous ceux qui nous écoutent et qui connaissent la comptabilité c'est en fait ce qui alimente les fonds propres des entreprises ce qui leur permet de se développer donc cette étude avait été présentée sans réflexion et sans analyse contradictoire et elle a créé ce sentiment que le top 1 pour 1000 puisque c'est de ça dont on parle que le top 1 pour 1000 des ménages on a à peu près 40 millions de ménages donc le top 1 pour 1000 c'est 40 000 ménages

44:19
Présentateur

alors plaçons-nous du point de vue des français car ce budget proposé par le gouvernement il propose aussi un gel des prestations sociales un gel du barème de l'impôt sur le revenu ça veut dire que des centaines de milliers de français vont se voir rentrer et payer un impôt sur le revenu est-ce que justement ça peut paraître injuste si en face l'effort des plus riches n'est pas assez important

44:38
Vincent Capo-canellas

oui alors l'effort des plus riches dans le projet du gouvernement qui augmente la fiscalité de 14 milliards d'euros plus de la moitié va porter sur les revenus les plus élevés sachant que je le rappelle on a déjà les 10% les plus riches qui payent les trois quarts de l'impôt il faut redire aussi qu'en réalité les 20% de ménages qui ont les revenus les plus faibles ne payent rien puisqu'ils reçoivent en prestations sociales davantage que ce qu'ils versent en fiscalité donc en net les 20% de ménages ayant les revenus les plus faibles perçoivent et ne payent pas contrairement aux 10% de ménages ayant les revenus les plus élevés qui payent sans recevoir puisqu'ils sont au-dessus des plafonds pour recevoir les prestations sociales

45:29
Présentateur

après ces personnes ont besoin de ces aides sociales oui

45:31
Vincent Capo-canellas

non non mais d'accord mais c'est simplement pour dire que le niveau de redistribution en France est très élevé une fois qu'on a opéré la redistribution avant redistribution l'écart de revenus entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres c'est de l'ordre de 1 à 11 mais après redistribution c'est de l'ordre de 1 à 3,5 et la France est un des trois pays au monde ayant les inégalités les plus faibles de ce point de vue là

45:58
Présentateur

donc pour vous on redistribue assez socialement en France alors quand même si on demande trop d'efforts aux français sur les aides sociales sur une hausse de l'impôt sur le revenu est-ce que ça va pas avoir un effet négatif sur notre croissance un effet récessif

46:10
Vincent Capo-canellas

dans notre situation actuelle alors on revient en fait à ce qui pour moi est central je disais tout à l'heure on a une protection sociale de pays riches et une production de pays pauvres donc on peut continuer de gratter sur la protection sociale mais on pourrait peut-être aussi s'interroger sur la production pour la relancer en fait le problème français on est à 1% de croissance depuis 20 ans on n'aurait plus les problèmes que nous évoquons aujourd'hui si on était à 2 or il n'y a rien qui interdise que la France soit à 2 la France est un pays extraordinairement doté de richesse de richesse naturelle de beauté de qualité de vie on est ouvert sur plusieurs mers et océans on a un potentiel un capital humain un potentiel humain très élevé nous avons en mathématiques en intelligence artificielle des gens de très haut niveau alors pourquoi on n'est pas

47:04
Présentateur

à 2% de croissance ?

47:04
Vincent Capo-canellas

la question c'est pourquoi on n'est pas à 2% c'est parce que il y a un ensemble de réglementations qui bloquent justement le développement économique c'est pour ça que quand on met en place de la fiscalité il faut faire très attention c'est pour ça que je disais tout à l'heure séparons les biens d'usage et les biens de production mais il ne faut pas non plus massacrer en termes de fiscalité quand on prend la taxe Zuckman vous avez par exemple Mistral qui est une société de haute technologie dans l'intelligence artificielle si on applique la taxe Zuckman les actionnaires les jeunes ingénieurs qui ont créé cette société qui ont 35 ans si on crée cette taxe Zuckman ils auront à payer plus d'impôts que ce qu'ils gagnent donc d'ailleurs c'est pour ça qu'on a envisagé qu'ils payent en action de leur société enfin on rentre dans un délire parce que tout le problème français depuis 30 ans et je le dis ici à Public Sénat le Sénat est au-dessus de nous le problème français ça ne concerne pas seulement les parlementaires mais ça concerne aussi les médias les économistes on est tous dans le même pot c'est que nous raisonnons en économie fermée comme si le reste du monde n'existait pas donc on ne peut pas avoir une fiscalité sur les producteurs de richesses qui est supérieure aux autres mais néanmoins allons plus en avant si on voulait relancer l'économie française mais c'était la promesse

48:28
Présentateur

d'Emmanuel Macron ?

48:29
Vincent Capo-canellas

oui qui a raté pourquoi ? pourquoi ?

parce qu'il a pensé que c'était simplement en faisant des réformes fiscales qu'on allait relancer l'économie or toute la réflexion sur l'économie industrielle depuis 40 ans montre que si on veut relancer la production il faut mener une politique de filière les deux derniers domaines où nous sommes encore bons en France et où nous exportons massivement c'est l'aéronautique et c'est le luxe et dans les deux cas les donneurs d'ordre se sont intéressés aux sous-traitants de différents niveaux pour s'assurer qu'il y a des filières complètes vous ne pouvez pas avoir de compétitivité dans une chaîne de valeur d'une entreprise et si vous avez une chaîne de valeur avec un donneur d'ordre et plusieurs éléments si le donneur d'ordre ne peut pas s'appuyer sur des sous-traitants qui sont en Europe au minimum et en France idéalement si vous n'avez pas une chaîne complète de compétitivité vous ne pouvez pas assurer la compétitivité globale et Emmanuel Macron n'a pas fait ce travail on a évoqué il y a trois ans la réindustrialisation elle n'a pas eu lieu pourquoi ?

parce que si vous voulez réindustrialiser il faut avoir une politique nationale pour préparer les terrains qui vont accueillir la réindustrialisation juste sur ce point la France est tombée à un poids de l'industrie manufacturière dans le PIB de 9,5 la moyenne de l'Europe c'est 14,5 on a 5 points de retard grâce à des travaux du Sénat d'ailleurs qui ont été menés il y a deux ans on sait maintenant qu'il faut 10 000 hectares par point qu'on veut retrouver bon ben il faut une politique nationale en travaillant avec les logisticiens et les industriels pour avoir les 50 000 hectares nécessaires pour donner du foncier à l'industrie voilà et Macron n'a pas fait ce travail

50:13
Présentateur

merci beaucoup merci beaucoup à Christian Saint-Etienne d'avoir été notre invité aujourd'hui je rappelle le titre de votre livre Trump et nous comment sauver la France et l'Europe publié aux éditions Odile Jacob merci d'avoir été notre invité on va tout de suite voir ce qu'il y a à la une de nos régions et c'est l'heure et c'est l'heure de notre reportage en région direction aujourd'hui les monts du forêt à Chalmazel-Gensagnère où la nature offre des alcools d'exception depuis 2017 la distillerie de la source sublime la gentiane les baies de Genevrier et la Mertille pour créer des liqueurs et des spiritueux 100% ligériens un reportage de Thibaut Rivière pour TL7

51:05
Invité

Voici un concentré du forêt en bouteille pour cette liqueur on retrouve près d'une vingtaine de plantes digestives et avant de macérer il faut les récolter et il n'y a pas besoin d'aller bien loin

51:19
Présentateur

On monte à peu près 100 à 150 mètres et puis après on arrive sur des coins où on peut trouver le Genevrier la Myrtille et les choses comme ça Souvent on va être en équipe de deux maximum et après on est vraiment concentré sur quelque chose

51:32
Invité

de spécifique Chaque plante a son outil peigne pour les baies sécateurs pour les branches et en automne début novembre c'est la gentiane qui règne récoltée selon des règles très strictes

51:43
Présentateur

Il faut qu'on fasse un arrêté préfectoral sur chaque parcelle où on va récolter donc sur la parcelle on va pouvoir récolter 80% de la parcelle et ensuite il faudra attendre 20 ans pour revenir récolter parce qu'il faut savoir par exemple rien que cette gentiane pour fleurir elle a mis 15 ans en gros

52:01
Invité

Un concentré de 15 ans en goût qui a donné envie à Florent de se lancer dans cette aventure en 2017 Il manque maintenant une dernière étape la macération et la transformation

52:11
Présentateur

On a tous nos concentrés et puis après petit à petit on va refaire nos recettes sur des plus gros volumes comme la cuve qui est ici On va mettre peut-être par exemple 600 litres d'alcool 600 litres d'eau et ensuite on met tous nos concentrés de goût le sucre on laisse mélanger pendant des fois deux jours quand c'est des grosses cuvées pour vraiment bien que ça soit mélangé et là c'est vraiment quand on est sur des choses très subtiles qu'on utilise l'alambic Les vapeurs d'alcool vont pénétrer et vont prendre le goût de la plante verte

52:39
Invité

La distillerie a déjà obtenu plusieurs prix au concours Paris International Trophy et il n'y a pas qu'à Marseille qu'on est primé pour du pastis son cousin forésien a fini médaille d'argent

52:50
Présentateur

Direction Grenoble on va retrouver nos partenaires du journal Le Dauphiné libéré puisqu'on va parler du parcours du Tour de France 2026 qui a été dévoilé hier on va retrouver Philippe Cour pour le journal Le Dauphiné Philippe Cour qui est chef des sports au Dauphiné libéré bonjour Philippe bonjour alors ça y est le parcours du Tour de France 2026 a été dévoilé et une part belle a été donnée aux Alpes avec 6 étapes alpines

53:17
Invité

C'est effectivement assez extraordinaire on s'y attendait un peu parce que maintenant vous savez que le parcours du Tour fait toujours office de beaucoup de spéculation et forcément on avait eu pas mal de bruit on ne savait pas tout on imaginait des choses aussi et finalement les Alpes sont magnifiquement servies au gré des années ce n'est pas toujours le cas des fois on a une étape deux étapes là on en a six c'est quasiment une semaine sur le territoire de la Haute-Savoie aux Alpes en terminant par l'Isère et notamment l'Alpe d'Huez donc effectivement c'est déjà pour nous comme annoncé une grande cuvée sachant que la tradition veut quand même que le Tour se joue régulièrement dans les Alpes et elle n'y dérogera pas en 2026 et on est très heureux pour ça

54:02
Présentateur

Alors avant de parler des retombées économiques peut-être une question sportive puisque vous êtes le chef des sports au Dauphiné est-ce que ce parcours est taillé enfin en tout cas pour quel coureur est-il taillé ? Toujours pour Taddei Pogacar ?

54:14
Invité

Forcément Taddei Pogacar est l'absolu numéro un mondial il domine le cyclisme de la tête et des épaules comme pouvait le faire peut-être Eddy Merckx à son époque donc forcément le favori objectif c'est lui c'est un parcours qui a été taillé pour faire durer le suspense pour que tout se joue sur le dernier week-end notamment sur ces deux ascensions de l'Alpe d'Huez par chaque versant par les 21 virages que tout le monde connaît par le col de Sarène un peu moins mais maintenant le suspense c'est bien beau de l'espérer ou parfois de tracer un parcours avec une idée mais comme on dit communément les coureurs font la course et il y a aussi d'autres endroits où la course pourra jouer le départ à Barcelone est déjà assez piégeux les Pyrénées forcément sont un petit peu escamotés cette année mais il y a une ascension inédite qui ouvrira la semaine des Alpes pour Plateau de Solaison qui peut déjà servir de terrain d'envoi à Tadej Pogacar donc forcément on a du mal à imaginer un autre favori que lui surtout que ses rivaux aujourd'hui ont l'air plutôt de baisser la tête mais nous on attend aussi côté français évidemment l'avènement d'un Paul Sexas dont on ne sait pas encore il n'a que 19 ans s'il fera le Tour de France l'année prochaine mais on se dit que c'est le genre de parcours qui lui plairait sans doute beaucoup

55:27
Présentateur

et en tout cas ce long passage du Tour de France 2026 dans les Alpes c'est une bonne nouvelle pour la région en termes de retombées économiques

55:34
Invité

c'est une excellente nouvelle pour le territoire les élus aujourd'hui se battent tous pour avoir le Tour 300 candidats chaque année c'est pas rien on sait qu'aujourd'hui aussi c'est au-delà des villes que les élus se mobilisent c'est au niveau des départements des régions des communautés de communes ils portent un projet sur des fois plusieurs jours là on le voit par exemple avec une ville comme Voiron qui n'avait jamais accueilli une arrivée du Tour de France juste un départ en 1977 c'est forcément un événement très important au plan économique aussi on sait que et c'est les enquêtes qui le disent un euro investi dans le Tour de France c'est entre 5 et 8 euros de retombées directes et indirectes puisque c'est à la fois de la communication mais c'est aussi des nuits d'hôtel et quand le Tour arrive c'est 3500 nuits d'hôtel pré-réservés donc vous imaginez ce que ça peut représenter à l'échelle d'un territoire c'est des restaurants qui travaillent c'est un influx public et puis c'est vraiment un clip de promotion aussi pour le tourisme pour les années qui viennent et ça c'est plutôt les retombées indirectes mais l'opération Tour de France je ne connais pas beaucoup d'élus ou de gens responsables un peu d'économie sur leur territoire qui en sont déçus c'est à chaque fois une immense fête qui draine un public très important et forcément les retombées sont au niveau et c'est vraiment un événement qui a la chance en plus c'est le troisième événement mondial mais c'est le seul qui se déroule chaque année et forcément les retombées sont vraiment importantes pour tout un territoire et pour quasiment l'ensemble du pays

57:07
Présentateur

Merci beaucoup Philippe Cour chef des sports au Dauphiné Libéré on va d'ailleurs regarder la une du Dauphiné Libéré qui est consacrée à ce Tour de France les Alpes gâtées par le parcours du Tour de France 2026 merci beaucoup Philippe c'est l'heure de la revue de presse des territoires avec vous Audrey Vuettaz et on va justement parler de ce parcours complet du Tour de France 2026 En effet Alexandre puisque les régions heureuses se félicitent pour ce Tour qui sera de retour dans la Nièvre c'est ce que vous pouvez voir en une du Berry républicain Nevers accueillera une étape et puis on l'a évoqué ce sont les Alpes qui décrochent le bouquet final comme le montre le Dauphiné Libéré avec vous l'avez dit 6 étapes pour les hommes en fin de Tour dont l'Alpe d'Uès deux fois l'occasion de voir les coureurs d'un peu plus près peut-être parce que ça va un petit peu moins vite dans les virages de l'Alpe d'Uès et je ne vous dis pas ça parce que c'est ma région et puis je vais vous montrer le parcours le parcours qu'on peut retrouver en page intérieure du Dauphiné Libéré vous le voyez le Tour partira de Barcelone le 4 juillet pour arriver comme le veut la tradition sur les Champs-Elysées le 26 juillet et puis un petit mot tout de même du Tour féminin qui s'appiche lui en une du bien public les favorites vous le voyez feront étape à Dijon pour un contre-la-montre individuel de 21 km un premier rendez-vous d'importance souligne le journal pour celles qui visent le sommet au classement final la tempête Benjamin a soufflé très fort hier sur l'Hexagone et un touriste allemand est mort en Corse c'est ce que rapporte Corse Matin regardez un vacancier allemand de 45 ans a été emporté par une brutale montée des eaux dans la commune de Galeria c'est dans la partie nord de l'île il n'a malheureusement pas survécu sa femme et sa fille en revanche ont-elles pu être secourus dans le nord ce sont surtout des dégâts matériels qu'on peut voir en une de la voie du nord avec cette image impressionnante deux maisons ont été touchées aussi par la foudre notamment mais les autorités avaient anticipé le département était placé en vigilance jaune submersion sur cette image impressionnante aussi à Vim Vimereux la police avait interdit l'accès à la digue donc vous le voyez des vagues submersives mais personne heureusement sur la digue et les tempêtes comme la tempête Benjamin qui ont des conséquences étonnantes sur les frelons asiatiques dans l'Aisne le nombre de nids atteint les sommets c'est ce que nous explique l'Union le problème c'est que ces tempêtes elles décrochent les nids dans lesquels l'activité de frelons est toujours très intense en cette période de l'année le danger est évidemment réel si une personne se trouve à proximité alors les interventions se multiplient nous explique le quotidien 200 nids détruits en 2019 on en est cette année à 2250 et c'est à souligner le département de l'Aisne propose des interventions gratuites des sapeurs-pompiers c'est pas souvent mais ça montre l'ampleur du phénomène et on termine quand même sur une note positive Audrey la dentelle de Calais s'invite chez la marque de prêt-à-porter féminin cache-cache pour une collection capsule nous explique Nord Littoral c'est l'entreprise bicentenaire d'Arc-à-Rémerie héritière de ce savoir-faire local qui participe à cette collaboration avec la marque française une manière de montrer que le textile français n'est pas mort que les savoir-faire existent malgré la délocalisation c'est très positif parce que le tribunal de commerce doit justement trancher en décembre prochain sur l'avenir de la marque d'Arc-à-Rémerie qui signe donc cette collaboration avec la marque cache-cache Merci beaucoup Audrey pour cette revue de presse des territoires dans un instant on va accueillir sur ce plateau nos éditorialistes politiques pour parler du budget puisque la bataille budgétaire va commencer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale cet après-midi un compromis politique s'annonce très compliqué à trouver les explications de Jérôme Rabier

1:00:52
Invité

Il a été rejeté en commission des finances à l'Assemblée mais c'est dans l'hémicycle que tout va maintenant se jouer pour le budget un exercice à haut risque et contrairement à d'habitude le Premier ministre sera présent tout au long des débats pour bien marquer sa volonté d'aboutir avec un mot d'ordre du côté du gouvernement

1:01:12
Présentateur

C'est que oui à la justice fiscale non à la surenchère fiscale donc il faut rester évidemment j'allais dire raisonnable dans un pays qui taxe déjà le plus au monde

1:01:22
Invité

une réponse aux menaces de censure qui viennent de toutes parts ou presque du côté des socialistes après avoir obtenu que la réforme des retraites soit suspendue d'autres gestes sont attendus Ce n'est pas négociable si le bloc central n'est pas capable de voter la taxe Zuckman s'il n'est pas capable de voter l'ISF sur les milliardaires s'il n'est pas capable de justice fiscale le débat budgétaire s'arrêtera très vite Le RN de son côté promet la censure au gouvernement Lecornu ce qui ne l'empêche pas de proposer un contre-budget avec 36 milliards d'euros de réduction de déficit d'après leurs calculs et un changement de logique Remettre l'Etat à la bonne place arrêter les dépenses inutiles inefficaces voire toxiques et surtout répondre aux préoccupations des français voilà le contre-budget du groupe Rassemblement National Les discussions sur le budget doivent durer un mois à l'Assemblée avant que la copie soit transmise au Sénat sauf si une censure est votée d'ici là et provoque la chute du gouvernement

1:02:23
Présentateur

Et pour parler de cette bataille budgétaire qui va commencer à l'Assemblée Nationale j'accueille sur ce plateau Tam Tranuy bonjour Bonjour Alexandre Vous êtes directrice adjointe de la rédaction de Public Sénat et j'accueille également Louis Morin Bonjour Louis Bonjour Alexandre Vous êtes journaliste politique et réalisateur et auteur du documentaire intitulé Bruno Rotaillot L'homme de Beauvau un documentaire qui est diffusé samedi à 20h55 sur l'antenne de Public Sénat Alors ce budget il a l'air quand même très compliqué politiquement à adopter par l'Assemblée Nationale c'est quasiment mission impossible Tam Oui c'est très mal parti c'est ce qu'on a compris après le rejet déjà en commission du budget dans la nuit de mercredi à jeudi on a vu seulement finalement les députés Renaissance voter pour il faut dire que c'est un budget qui avait perdu toute cohérence on a beaucoup parlé du budget Frankenstein et bien effectivement on y est et tout ça ça donne effectivement une idée de la façon dont ça va se passer aujourd'hui dans l'hémicycle les débats commencent aujourd'hui dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale on peut penser que ça va être effectivement très compliqué on a vu notamment une gauche celle qui a une certaine mensuétude vis-à-vis de Sébastien Lecornu notamment les socialistes qui ont décidé de ne pas censurer en raison de la suspension de la réforme des retraites on reparlera et de retraite et du terme de suspension mais qui sont vraiment restés sur leur fin lors de l'examen en commission avec notamment les débats qui ont tourné court sur la taxe Zuckman bref tout ça est très très mal parti et pour l'instant la gauche est mécontente sur le domaine de la justice fiscale dans ce budget Louis Morin est-ce qu'il y a un chemin même très étroit pour avoir un compromis politique entre le bloc central et puis peut-être la gauche ou le Rassemblement National on a du mal où pourrait se trouver ce chemin entre une droite qui propose des mesures toujours plus libérales qui ont été annoncées en début de semaine par le groupe et puis une gauche qui veut là toujours plus pour les classes défavorisées et surtout plus d'impôts et surtout plus d'impôts ce qui là est hors de question pour la droite on a parlé de la taxe Zuckman bien évidemment mais il y a aussi la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus il y a au milieu de tout ça la réforme des retraites là aussi qui enfin là aussi qui ne satisfait absolument personne avec des coûts qui sont tout de même assez faramineux puisqu'on parle de 3,5 milliards dans l'immédiat et 16,5 milliards à horizon 2035 on imagine mal des députés LR pouvoir se dire finalement ce n'est rien c'est ok on laisse passer alors même que la note de la France dans le même temps est abaissée c'est inextricable si vous voulez dans l'immédiat de se dire qu'une solution peut être trouvée sur ce budget dans les prochaines semaines sans casser les oeufs des socialistes et la gauche d'une manière générale qui demande plus de mesures de justice fiscale au gouvernement notamment la fameuse taxe Zuckman écoutez la ministre des comptes publics alors on va écouter dans cette émission la ministre des comptes publics mais on ne l'a pas encore en machine en tout cas quand on lit les dernières déclarations des socialistes on a l'impression qu'ils sont en train de monter les enchères car ils n'ont pas censuré Sébastien Lecornu en obtenant cette suspension de la réforme des retraites mais maintenant quand on entend Boris Vallaud il faut plus il faut des mesures de justice fiscale dans le budget Effectivement il laisse planer tout simplement le spectre de la censure certes vous l'avez évité avec votre concession sur le 49.3 et sur les retraites mais le gouvernement n'est pas du tout à l'abri et notamment c'est ce qu'a estimé Boris Vallaud en s'appuyant sur tout ce qui s'était passé en commission avec pas de taxes Zuckman pas de rétablissement de l'ISF pas de hausse du prélèvement forfaitaire unique pas de modification du crédit d'impôt sur les services à la personne bref tout ça ça fait des mesures qui ne vont pas dans le sens de la justice fiscale qui était escomptée par les socialistes et puis on a vu même Philippe Brun qui est allé un petit peu plus loin encore que Boris Vallaud il a donné 48 heures au Macroniste pour dire ce qu'ils vont faire sur la taxe Zuckman ou encore sur le rétablissement de l'USF donc on voit quand même la pression qui est montée d'un cran tout ça à la veille aujourd'hui de la motion de rejet qui va être présentée par la France insoumise sur le budget je le disais le 49-3 l'absence de 49-3 en plus ça va permettre d'aller sur des débats qui ne peuvent pas vraiment se terminer donc on imagine vraiment l'intensité des discussions qui va y avoir dans l'hémicycle Oui la bataille s'annonce rugueuse alors on va ça y est écouter la réponse de la ministre des Comptes Publics à la demande de la gauche d'avoir d'adopter une taxe Zuckman Il y a ceux qui veulent des symboles et puis nous on dit voilà nous on veut la justice on veut l'efficacité on veut évidemment lutter contre la sur-optimisation mais on veut s'attaquer à cette sur-optimisation on ne veut pas s'attaquer à l'entreprise on ne veut pas s'attaquer à nos entrepreneurs on ne veut pas s'attaquer à la réussite et donc au fond est-ce qu'on veut de la justice ou est-ce qu'on veut des symboles ?

Alors Louis la taxe Zuckman c'est un symbole pour la gauche mais c'est aussi un symbole pour la droite qui n'en veut surtout pas Bien sûr parce que la droite le voit comme un frein comme une obstruction à l'entrepreneuriat et une obstruction surtout au rêve d'entreprendre pour tous les jeunes qui le désirent quand dans le même temps on a de plus en plus de jeunes très diplômés qui justement veulent entreprendre qui s'expatrient à l'étranger en premier lieu aux Etats-Unis et donc pour la droite c'est hors de question et par ailleurs la droite elle fait d'autres propositions qui sont là extrêmement libérales par exemple la mise en place d'une allocation sociale unique plafonnée à 70% du SMIC Donc là c'est une proposition des LR ?

C'est une proposition des LR qui a été effectivement faite en début de semaine ou encore le retour aux heures supplémentaires des fiscalisés de Nicolas Sarkozy évidemment tout cela ne conviendra jamais à la gauche et donc là encore ça aggrave un peu le fossé qui sépare tous ces partis qui sont censés se retrouver sur ce budget Oui un mot sur le fait qu'il y a bien sûr on est dans un moment aussi où tout le monde montre les muscles montre le moment des accords on a aussi compris qu'il y avait en ce moment en sous-main des négociations qui pouvaient avoir lieu en direct avec le cabinet de Sébastien Lecornu c'est ce que disent notamment les socialistes donc il faut aussi se méfier entre la parole publique et peut-être ce qui peut se jouer en sous-main en tout cas tout cela ça peut donner ainsi un peu l'idée que tout le monde montre la position la plus dure et que l'éventuel dépassement des délais sur le budget un recours aux ordonnances par le gouvernement pourrait en arranger certains Ça pourrait être une solution des ordonnances pour passer le budget alors qu'on ne l'a jamais connu dans l'histoire de la Ve République Le plus petit dénominateur commun finalement entre tous les partis qui de la gauche à la droite c'est le fait de ne pas vouloir de dissolution et c'est le seul en réalité il n'y a pas de sujet de fond en réalité qui unit tout le monde aujourd'hui autour de ce budget donc à partir de ce moment-là si on part de ce principe on peut se dire que tout ce qui peut aller et tout ce qui peut ramener à cet intérêt à cet intérêt collectif et bien il ira dans le bon sens et en l'occurrence ces discussions avec Sébastien Lecornu dont vous venez d'évoquer la teneur et la possibilité de passer par ordonnance c'est-à-dire de passer finalement un peu en force mais sans la violence du 49-3 c'est un peu ça finalement ça pourrait peut-être effectivement être le tout petit chemin qui pourrait nous mener vers l'éventualité d'éviter une censure et ça pourrait être un moyen pour les socialistes d'être sûrs qu'au final dans ce budget même en cas d'échec des débats à l'Assemblée nationale au final il y aura une suspension de la réforme des retraites oui effectivement c'est ce sur quoi est mise avec la lettre rectificative qu'ils ont réclamée depuis la semaine dernière et qui est passée hier en conseil des ministres et qui prévoit donc que la suspension décalage de la réforme des retraites figure dans le budget de la sécurité sociale comme si c'était dans le texte initial on en a eu la teneur hier à l'issue du conseil des ministres ce que cela nous explique c'est qu'en gros il y aurait une suspension jusqu'à la présidentielle à 62 ans et 9 mois où plusieurs générations enfin deux générations pourraient partir au même âge de départ à la retraite mais attention ce qu'on a compris aussi c'est qu'ensuite la réforme s'applique tout repart plus 3 mois par génération et d'ailleurs on en revient à ce qu'avait dit cette semaine Emmanuel Macron depuis la Slovénie lorsqu'il avait dit ce n'est ni une abrogation ni une suspension mais bien un décalage sur les termes le président de la République était tout à fait exact Emmanuel Macron qui a plutôt raison sur ce terme décalage il y a peut-être du coup une forme de déception de la part des socialistes qui voit que en fait elle va repartir cette réforme des retraites les socialistes devaient le savoir déception le mot est faible le mot est faible quand dans le même temps en plus ils ont quand même la pression de LFI il ne faut pas l'oublier ils ont la pression de LFI qui ne cesse de dire que finalement ce sont des traîtres qu'ils ont trahi leurs convictions qu'ils ont trahi leurs électeurs sur ce sujet et pas que de LFI d'ailleurs des Verts aussi donc effectivement ils ont une pression assez forte à gauche à quelques mois des prochaines échéances où finalement les municipales où finalement ils ont intérêt à se montrer aussi fort sur leurs convictions et puis en ligne de mire quand même avec 2027 qui suit par ailleurs sur la réforme des retraites la question c'est aussi du coût de ce décalage je l'ai évoqué tout à l'heure 3,5 milliards il faut le financer et aujourd'hui quelle est la piste qui est mise sur la table c'est de moins revaloriser les pensions et là aussi ça ne convient à strictement personne ça ne convient en premier lieu pas aux retraités et ça ne convient pas non plus aux différents partis politiques ni à la gauche ni à la droite rappelons que dans les études d'opinion les retraités votent davantage pour la droite et donc finalement on a là des propositions qui font l'unanimité contre elles voilà c'est ça aussi qui rend la situation d'autant plus compliquée Tam ?

Faut-il le rappeler le Rassemblement National avait censuré Michel Barnier sur la désindexation des pensions de retraite donc bien sûr que le sujet des retraites ça peut être le sujet des retraités peut-être effectivement extrêmement compliqué et l'autre moyen de financer ça serait une taxation sur les complémentaires santé on sait très bien que du coup ça veut dire que c'est l'ensemble des français bien sûr qui au final paierait l'addition bon on est quand même tous grands sur ce plateau on sait qu'il n'y a pas d'argent magique il fallait bien que quelqu'un paye dans cette histoire en plus de cela sur le financement ça pourrait être même plus que ce qui est anticipé hier lorsqu'elle a été auditionnée sur le budget de la sécurité sociale au Sénat Améline Monchalin a dit il y a des choses des comportements qu'on ne peut pas encore anticiper par exemple elle parlait de la bonification c'est à dire s'il y a des personnes qui décident de partir quand même plus tard que ce qui est prévu par la réforme des retraites et bien ça veut dire qu'elles auront une bonification de la retraite donc ça coûtera encore un petit peu plus cher donc ça c'est un exemple mais il peut y en avoir d'autres qui montrent que même les coûts peuvent être dépassés par rapport à ce qui est actuellement prévu donc il y a encore une incertitude sur le coût de cette suspension de la réforme des retraites peut-être un dernier mot sur cette page budgétaire sur le rôle du rassemblement national à l'Assemblée qui mathématiquement avec ses alliés on le rappelle le RN c'est environ 140 députés il peut faire basculer les choses dans ce budget et dessiner certaines majorités et qui propose d'ailleurs un contre-budget un contre-budget dont on ne voit pas bien la construction si ce n'est évidemment les thèmes de prédilection du rassemblement national c'est-à-dire sur l'AME sur les aides aux étrangers mais effectivement on a le sentiment que de toute façon le rassemblement national fera tout puisque d'ailleurs il ne s'en cache pas pour faire tomber ce gouvernement et donc quelles que soient les propositions on a le sentiment qu'ils seront contre sur ce projet de budget qui est présenté par le gouvernement et qu'ils feront tout pour arriver à leur objectif c'est-à-dire à la censure suivie d'une dissolution Oui Tam d'ailleurs une parure de respectabilité avec un contre-budget qui est présenté aux Français finalement l'intérêt du rassemblement national là aujourd'hui dans cet examen budgétaire c'est que ça échoue Oui bien sûr c'est de faire échouer le budget c'est l'un des seuls partis qui réclament vraiment la dissolution après sur ce contre-budget on peut quand même souligner sa radicalité aussi sa fragilité fragilité au niveau constitutionnel au niveau communautaire puisque notamment il prévoit quand même un chiffrage énorme sur les baisses de dépenses publiques qui reposeraient sur l'immigration autour de 12 milliards d'euros économisés par l'État dès 2026 l'année dernière sur le même budget sur l'immigration il prévoyait autour de 4 milliards d'euros donc voilà il y a quand même des chiffrages qui sont un petit peu fantaisistes et puis quand même un mot sur le côté européen Marine Le Pen ne compte plus réduire de 5 milliards d'euros la contribution française au budget communautaire mais ça c'était l'année dernière mais de 8,7 milliards d'euros alors qu'on sait que ça peut être extrêmement compliqué au niveau européen et puis qu'on doit quand même rappeler que la France est la première bénéficiaire de la PAC notamment et que bon forcément il y a quand même des petites incohérences si vous recherchez notamment le vote des agriculteurs alors on va parler d'un parti qu'on n'a pas encore beaucoup évoqué ce matin le parti Les Républicains qui est en crise politique interne depuis son refus de participer finalement au gouvernement Le Cornu alors mais malgré tout il y a quand même 6 ministres LR dans ce gouvernement ils ont décidé d'y rester et le président du parti Bruno Rotaillot a du coup pris la décision de les suspendre mais sans les exclure ce n'est pas très clair on va écouter Bruno Rotaillot hier soir Depuis hier soir nous avons tenu un bureau politique la ligne est très claire très très claire dans un gouvernement avec une déclaration de politique générale en réalité qui était une déclaration de politique générale socialiste il est hors de question de faire que la ligne ne soit pas claire et donc depuis hier soir ils ont été suspendus ça signifie qu'ils ne sont plus LR ça signifie qu'ils ne peuvent plus se réclamer de LR Suspendus pardon dans l'attente d'une exclusion Non ils sont suspendus mais pas exclus c'est-à-dire qu'ils ne sont plus LR et qu'ils doivent quitter toutes leurs fonctions ou nationales ou locales à la tête par exemple de fédérations ou des fonctions de responsabilité Louis cette suspension des ministres LR c'est pas si clair que ça en fait c'est une situation très compliquée pour Bruno Rotaillot et on l'entend évidemment dans cet extrait c'est pas si clair pourquoi c'est pas si clair parce que finalement Bruno Rotaillot il a quand même été piégé dans toute cette affaire il a été un peu piégé par Laurent Wauquiez et les siens qui depuis des mois depuis des mois réclamait le départ de Bruno Rotaillot et des ministres LR du gouvernement en disant que finalement c'était complètement incohérent c'était se fondre dans le macronisme et puis eh bien une fois que Bruno Rotaillot quitte le gouvernement Bruno Rotaillot Laurent Wauquiez change tout d'un coup retourne sa vache change tout d'un coup de version et demande aux siens non seulement de rester au gouvernement aux siens et même d'ailleurs à tous les ministres à l'air de rester dans le gouvernement mais même faire entrer les siens faire entrer ses proches Vincent Jeanbrun qui par exemple est maintenant ministre du logement donc on voit bien si vous voulez qu'il y a eu un jeu de dupe dont a été victime Bruno Rotaillot puisqu'il a subi des pressions internes de la part d'un certain nombre de cadres de ténors du parti avant que cela se retourne contre lui une fois qu'il a quitté le gouvernement et cela arrange bien tout le monde parce que finalement la plus grande crainte d'Emmanuel Macron c'était que Bruno Rotaillot quitte le gouvernement avec fracas sur un sujet de fond par exemple sur les désaccords sur l'Algérie ou alors sur l'immigration sur le narcotrafic en disant qu'il n'avait pas les mains libres et qu'il ne pouvait pas aller suffisamment loin et que finalement ça l'a incité à quitter le gouvernement à un moment donné où cela paraît beaucoup plus confus pour les français et donc la situation est plus compliquée que prévue pour lui Tam les LR sont dans l'embarras alors ils sont sortis du gouvernement mais il y a toujours des LR qui sont ministres oui bah rien n'est clair on avait dit d'abord exclusion puis maintenant c'est suspension dimanche dernier au grand jury Gérard Larcher avait parlé d'un sursis de deux mois bon rien n'est très clair et c'est là qu'on comprend qu'il y a des fracturations internes chez LR que tout cela est extrêmement compliqué entre eux actuellement et puis ce que l'on comprend surtout c'est que Bruno Retailleau n'a pas très bien réussi sa sortie c'est le moins qu'on puisse dire c'est vrai que on avait eu de lui l'image de quelqu'un qui avait su incarner la force l'ordre au ministère de l'intérieur il y a eu une forme d'explosion médiatique autour de lui ce qu'on comprend aujourd'hui c'est que c'était sans doute une bulle c'est fragile et que là on va retenir de lui une sortie quand même assez ratée sur quelque chose qui paraît très impulsif un tweet une heure après la nomination du premier gouvernement le cornu pour dire que finalement il n'était pas d'accord à cause de la présence de Bruno Le Maire alors que vous le disiez on aurait pu trouver une vraie sortie sur le fond parce que la question ça fait des mois qu'elle se pose tout le monde se dit Beauvau c'est une rampe de lancement une façon de prendre la lumière maintenant la difficulté pour Bruno Retailleau en visant 2027 ça va être de pouvoir réellement s'affranchir de la Macronie bon ben là on peut dire que ça fait flop je donne la parole dans un instant Louis on va d'abord écouter Philippe Tabarro ministre des Transports un responsable à l'air qui du coup a été suspendu de son parti

1:20:45
Invité

un ministre qui a été suspendu de son parti politique par contre qui n'a pas été suspendu de ses convictions LR a toujours été ma famille politique depuis l'âge de 18 ans avant c'était l'UMP avant d'autres formations et je reste avant tout un homme de droite j'ai eu dimanche 5 au soir le premier ministre 5 octobre au soir le premier ministre qui m'a fait confiance en me nommant dans son premier gouvernement le Lecornu 1 je ne me voyais pas par respect de la parole donnée 4 jours plus tard lui dire j'ai changé d'avis je ne souhaite plus servir mon pays

1:21:21
Présentateur

Louis Atam le disait Bruno Rotaillot a explosé en termes de notoriété médiatique durant son année au ministère de l'Intérieur vous avez d'ailleurs suivi cette ascension dans votre documentaire on a l'impression que là avec tout ce drama au sein des LR il est en train de perdre très gros politiquement alors effectivement d'un point de vue stratégique et d'un point de vue de communication de manière immédiate c'est le sentiment qu'on peut en avoir maintenant lorsque justement on connaît un peu le tempérament la psychologie du personnage de Bruno Rotaillot lui est plus serein face à cela parce qu'il sait que le temps est long il est habitué ça fait plus de 30 ans qu'il fait de la politique et il est habitué au temps long d'ailleurs il a travaillé dans l'ombre pendant extrêmement longtemps et il n'a pas forcément cherché à attirer la lumière à lui contrairement à d'autres pendant les 20 ans où il était simple sénateur Bruno Rotaillot c'est un homme qui pense que les fondamentaux les fondations de son action politique sont plus importantes que le coût médiatique du moment et donc il considère que quitter le gouvernement à un moment donné où on est en désaccord profond et stratégique ça payera in fine à la fin les siens sauront reconnaître ceux qui ont pris les bonnes décisions au moment opportun c'est sa conviction profonde et c'est ça qui lui permet de tenir maintenant la question c'est de savoir si justement l'avenir lui donnera raison là-dessus personne ne peut le dire personne ne peut prédire ce qu'il en sera ce qui est sûr c'est que d'un point de vue purement de communication d'opportunisme dans la communication médiatique et politique sur ce départ c'était probablement pas la meilleure des stratégies après on verra effectivement seul l'avenir nous dira la réalité il y a un paradoxe aussi chez Bruno Rotaillot je trouve c'est qu'il y a à la fois chez lui quelqu'un qui effectivement est assez fidèle à ses convictions même au sein du gouvernement d'ailleurs ça lui a valu une certaine liberté de parole et on peut dire qu'il n'avait pas bougé d'un iota pour qu'il connaît entre effectivement sénateur LR président du groupe LR et ministre de l'intérieur sur le discours sur le fond avec un côté assez jusqueboutiste à assumer ses convictions il y a cet aspect-là puis il y a eu un côté que l'on connaissait aussi un petit peu de lui d'impulsivité dans cette crise je disais ce tweet on s'est remémoré aussi que ce n'est pas la première fois qu'il retourne une situation en un tweet il l'avait fait en 2022 lorsqu'il avait fait capoter une commission mixte paritaire sur le pass vaccinal il y a quand même quelque chose qui est un peu surprenant il est un peu sanguin Oui il y a un côté un peu sanguin alors on peut imaginer que c'est quand même plutôt ses équipes qui tweetent pour lui et qu'on ne peut pas imaginer qu'il ait tweeté tout seul dans sa chambre le dimanche où a été annoncé le premier gouvernement mais tout ça Alors hier soir il a dit qu'il avait tweeté seul avec ses conseillers autour mais c'était un Seul avec ses conseillers autour et qui tenait le téléphone Ce qu'il faut savoir effectivement dans le tempérament de Bruno Retailleau c'est qu'il accorde énormément d'importance à la fidélité et non seulement évidemment à ses convictions mais aussi aux engagements pris par les interlocuteurs les différents interlocuteurs auxquels eh bien il a affaire et en l'occurrence Sébastien Lecornu lui avait pris des engagements très forts et il a eu un sentiment de trahison de la part de Sébastien Lecornu ce qui a pu précipiter sa réaction à ce moment-là Est-ce qu'il peut aussi avoir un sentiment de trahison à l'intérieur de son parti alors que maintenant on voit Laurent Wauquiez Xavier Bertrand David Lissnard qui sont quand même assez très critiques sur chacune des décisions prises par Bruno Retailleau Il y a tellement d'égo il y a tellement d'ambition personnelle tout le monde le dit actuellement tout le monde est dans son couloir pense à 2027 et finalement ne pense pas tellement à l'état de l'ensemble du parti et la rationalité qu'on peut avoir dans la séquence alors que vous le disiez on est quand même dans un moment de crise politique que l'on peut finir par coûter extrêmement cher je pense que là tout le monde est vraiment dans son couloir et en train de penser à sa destinée pense à 2027 dans le meilleur des cas voire pense à sa situation personnelle d'aujourd'hui on vient d'écouter Philippe Tabarro qui nous expliquait que finalement il préférait avoir une fidélité à sa situation personnelle immédiate plutôt qu'une fidélité à ses convictions sur la réforme des retraites et c'est effectivement cela aussi qui a pu influencer la décision de Bruno Retailleau c'est vraiment la fidélité à ses convictions parce qu'il pense que c'est ça le moteur qui sera décisif pour la suite pour conclure rapidement cette page politique les LR pour l'instant c'est toujours une amicale des auto-entrepreneurs bah oui c'est ce que je disais tout à l'heure chacun effectivement est à la tête de sa petite entreprise et puis ce que l'on voit aussi c'est quand même effectivement les fracturations qui sont issues de la guerre des chefs entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau qui demeurent et qu'en fait la vengeance c'est finalement un plat qui se mange tiède Merci à tous les deux pour ces analyses politiques Louis je rappelle que vous êtes l'auteur du documentaire intitulé Bruno Retailleau l'homme de Beauvau qui sera diffusé à 20h55 samedi sur Public Sénat et puis Tam Demain soir Demain soir c'est vrai qu'on est vendredi c'est déjà la fin de la semaine et puis Tam on vous retrouve tous les mercredis sur notre antenne sur l'antenne de Public Sénat dès 14h52 pour les questions d'actualité du Sénat au gouvernement alors vous restez avec nous pour écouter l'histoire du jour on va vous parler aujourd'hui d'un taxi pas comme les autres un taxi pour les animaux c'est le journal Corse Matin qui nous raconte cette histoire ça se passe dans le petit village corse de Prunelli di Casaconi près de Bastia Manon Jäger a créé il y a un an une entreprise de taxi pour animaux de compagnie un taxi qui vient chercher les animaux auprès de leur maître souvent des personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer ou des personnes isolées et leur animal est ensuite conduit soit chez le vétérinaire soit chez une solution de garde ou alors même pour une simple balade Manon Jäger la gérante de cette entreprise baptisée En Voiture Simone a compris qu'il y avait un réel besoin pour certaines personnes d'avoir ce dispositif de taxi animalier et elle le dit certains clients qui sont affaiblis par la maladie lui ont confié que ce service leur avait permis de garder leur animal de compagnie malgré les difficultés du quotidien En Voiture Simone a déjà accompagné plus de 250 animaux de compagnie en un an donc voilà pour cette histoire du jour c'est la fin de cette émission c'est la fin de Bonjour Chez Vous merci à tous de l'avoir suivi et puis lundi vous retrouvez à ma place Steve Jourdin on vous souhaite une très bonne journée sur Public Sénat et un très bon week-end Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada