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Discours / meetingClémentine Autain· 1 octobre 2026 11 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleJustice

🟠 VSS : LOI DITE « INTÉGRALE » - MON DISCOURS À L'ASSEMBLÉE EN INTÉGRALITÉ

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:05InvitĂ© politiqueChiffre
    « 95 % des violences sexuelles et 88 % des violences conjugales sont commises par des hommes. »
  • 1:49InvitĂ© politiqueFait
    « Quel est ce crime oĂč c'est la victime qui ressent de la honte ? Quel est ce crime oĂč nous sommes suspectĂ©s de mensonge, de complicitĂ©, de l'avoir bien cherchĂ© ? »
  • 2:30InvitĂ© politiqueChiffre
    « Plus de sept viols sur 10 sont le fruit d'une personne connue de la victime et prÚs d'un enfant sur 5 subit des violences sexuelles. »
  • 5:42InvitĂ© politiqueChiffre
    « Seulement un viol sur 10 débouche sur une plainte qui de toute façon est classée sans suite dans 94 % des cas. »
  • 6:25InvitĂ© politiqueChiffre
    « L'année derniÚre, on a encore comptabilisé 164 féminicides. »
  • 7:10InvitĂ© politiqueChiffre
    « Les coûts induits par toutes ces violences s'élÚvent à prÚs de 90 milliards d'euros chaque année. »
  • 9:18InvitĂ© politiqueFait
    « La justice doit cesser de produire de la victimisation secondaire. »
  • 9:58InvitĂ© politiqueFait
    « Si nous mettons l'argent dans la prévention et le soin, nous ferons ailleurs des économies et surtout nous diminuerons le nombre de victimes. »

Temps de parole

  • ClĂ©mentine Autain99 %

≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections dĂ©tectĂ©s).

ModÚle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Clémentine Autain

Qu'avons-nous fait depuis 30 ans ? J'avais 22 ans quand un inconnu m'a plaquĂ© au mur. Il m'a mis un couteau sous la gorge, m'a conduite en plein jour dans un sous-bois et m'a violĂ©. J'Ă©tais en Ă©tat de choc. C'est une amie qui m'a emmenĂ© dĂ©poser plainte. Le lendemain, je me suis retrouvĂ©e dans ce mĂȘme sous-bois avec des policiers Ă  chercher ensemble le prĂ©servatif usager. Au procĂšs, alors que l'auteur avait avouĂ© entre 20 et 30 viols, nous Ă©tions trois plaignantes. Je ne vous parle pas de de mon intimitĂ©, mais de sa violation. La sexualitĂ© n'est que le lieu le prĂ©texte Ă  inoculer la mort. Le viol ne relĂšve pas de la pulsion biologique d'un besoin irrĂ©pressible.

C'est le fruit d'une culture, d'une histoire, celle du patriarcat. Comme la violence conjugale et l'agression sexuelle, c'est l'expression ultime de la domination du masculin sur le féminin, de l'adulte sur l'enfant.

1:03
Non speech

[applaudissements]

1:05
Clémentine Autain

C'est un acte de possession, de prĂ©dation qui transforme l'autre en objet. 95 % des violences sexuelles et 88 % des violences conjugales sont commises par des hommes. Et nous, victimes, sommes des femmes et des enfants dans l'Ă©crasante majoritĂ©. Et aprĂšs aprĂšs nous nous dĂ©battons avec la mort, une charge destructrice rĂŽe, lancinante, s'agrippant Ă  nos corps malades, Ă  nos psychĂ©s dĂ©vastĂ©s. Il y a un avant et un aprĂšs. Et pour revivre et non simplement survivre, nous ne sommes pas Ă  Ă©galitĂ©. Le chemin de la rĂ©paration dĂ©pend de nos conditions sociales, de nos fragilitĂ©s antĂ©rieures, de nos possibilitĂ©s d'ĂȘtre ou non Ă©coutĂ© et soutenu. Nous n'endurons pas seulement la violence des faits.

Nous subissons la violence du regard sur ces faits, la violence de l'impunitĂ© systĂ©matique, la violence d'une machine judiciaire inadaptĂ©e, la violence du mĂ©pris Ă  l'Ă©gard de nos souffrances. Quel est ce crime oĂč c'est la victime qui ressent de la honte ? Quel est ce crime oĂč nous sommes suspectĂ©s de mensonge, de complicitĂ©, de l'avoir bien cherchĂ© ? Quel est ce crime que nous avons tant de mal Ă  porter devant les tribunaux ou mĂȘme Ă  Ă©voquer dans un dĂźner en famille ou entre amis ? Plus tard, me sont revenus avec insistance des flashes d'enfance et d'adolescence. Ces scĂšnes d'abord enterrĂ©es dans ma mĂ©moire rĂ©apparaissaient sans que je puisse les qualifier.

ni mĂȘme ressentir consciemment la douleur, la brutalitĂ©. Elle relevait de l'agression sexuelle et du viol. Rien d'originalitĂ©, rien d'original, c'est plutĂŽt la banalitĂ© du mal. Car plus de sept viols sur 10 sont le fruit d'une personne connue de la victime et prĂšs d'un enfant sur 5 subit des violences sexuelles et leur dĂ©voilement leur dĂ©voilement intervient en moyenne Ă  l'Ăąge de 44 ans. Ce dont je peux tĂ©moigner c'est que l'affecte, le lien, l'emprise, la sidĂ©ration sont des armes des armes aussi redoutables qu'un couteau. adulte, j'ai fini parler et j'en ai payĂ© le prix, devenant pour certains celle qui affabule et brise la bienĂ©ance.

J'ai porté plainte et rejoint la longue liste des classées sans suite. C'était il y a plusieurs décennies quand les femmes violées témoignaient masqué à visage flouté. Quand le silence était dor, nous n'étions que des faits divers avec un seul récit en poche, celui d'Eva Thomas auquel se raccrochait s'identifier. Quand l'amnésie traumatique et la dissociation, le contrÎle coercitif ou le continuum des violences commençait seulement à se conceptualiser quand nous ne savions pas encore à quel point le soin surtout surtout quand il arrive vite peut nous rendre à la vie.

Avec Mitou, nous avons enfin pu voir des visages et des noms, faire partie des millions de voix planĂ©taires qui ont inondĂ© les rĂ©seaux sociaux. Entendre Adel et Juditthudche Flavie Flamand et Axel Jean Jquet Anna Mouglalis et Sarah Forestier voir les Chatouilles la garde ou l'amour des forĂȘts. Lire Lola Lafond Christine Angulia Feu Camille Kouchner LĂ©onora Milano, Vanessa Sprinkora, N Shinot, Anou Grinbert, Natacha Pana Romain Lemire ou encore Anne Godard. suivre le procĂšs maan puis la joie de vivre de Giselle PĂ©co. se rĂ©solver pardon se

4:42
Non speech

[applaudissements] [applaudissements] [applaudissements]

4:59
Clémentine Autain

merci tu se rĂ©volter ensemble de la dimension industrielle des agressions sexuelles sur des enfants. au sein de l'Église catholique comme du nombre de victimes de JoĂ«l le Squarnec, PPDA ou Patrick Bruel. Chanter Balance ton coi avec AngĂšle puis je t'accuse avec Suzanne manifestĂ© par dizaines centaines de milliers partout en France et placardĂ© sur des murs de nos villes. On te croit et pas une de plus. Nous avons rĂ©vĂ©lĂ© l'ampleur de ces violences. Nous avons criĂ© espĂ©rant ĂȘtre entendu, rĂȘvant que la honte change de camp, imaginant que les choses allaient se transformer vraiment.

Le mouvement de la sociĂ©tĂ© a pris sa part, mais les politiques publiques, c'est la honte, la non assistance Ă  personne en danger, le balufes. Les gouvernements n'ont pas pris leur responsabilitĂ©. Jamais de grande lois comme en Espagne, pas le moindre milliard supplĂ©mentaire inscrit au budget. Nous avons eu droit Ă  du blabla, Ă  des mesurettes, Ă  du en mĂȘme temps avec un prĂ©sident Macron capable de dĂ©clarer que GĂ©rard de Pardieu rend fier la France. [applaudissements] La grande cause du quinquena ne fut qu'un mirage. 10 ans aprĂšs le lancement de l'hashtag mitou, j'en rage, toutes les 3 minutes, un enfant est victime d'un sieste, de viol ou d'agression sexuelle.

Seulement un viol sur 10 dĂ©bouche sur une plainte qui de toute façon est classĂ©e sans suite dans 94 % des cas. L'annĂ©e derniĂšre, on a encore comptabilisĂ© 164 fĂ©minicides. Qu'avons-nous fait depuis 30 ans, 20 ans, 10 ans ? Suite Ă  mon appel pour prĂ©parer notre travail parlementaire, j'ai reçu prĂšs de 1000 tĂ©moignages. À 14 ans, lorsqu'on suit un homme, on sait ce qu'on fait, dit un gendarmea. Un policier Ă  Myiam violĂ© dans l'enfance. Avez-vous pris du plaisir ? À Jennifer ? Je ne comprends pas pourquoi vous restez avec ce type comme ça lĂ . À Fatima, rappelez-nous si ça dĂ©gĂ©nĂšre. Écoutez Marie, si c'Ă©tait Ă  refaire, je ne porterai pas plainte. C'est une broyeuse.

Écoutez CĂ©line, victime de soumission chimique. Le pantalon pourri dans un placard du labo du 36 depuis 2 ans et demi. Écoutez SĂ©bastien, violĂ© dĂšs l'Ăąge de 8 ans par deux cousins. Je ne m'en suis jamais remis. Je n'ai jamais portĂ© plainte par peur. Peur d'ĂȘtre jugĂ©e, montrĂ© du doigt, exposĂ© Ă  la vindicte populaire. Écoutez, ZoĂ©, victime de viol incestueux. Mon psy m'a demandĂ© pourquoi je fantasmais d'avoir Ă©tĂ© violĂ© par mon pĂšre. Écoutez Nathalie, si j'avais Ă©tĂ© caissiĂšre au SMIC, je n'aurais pas pu payer tous ces frais de justice ni me soigner. Une chose est sĂ»re, on ne peut plus dire qu'on ne sait pas, on sait.

Et c'est pourquoi des députés dans un cadre transpartisan ont déposé cette proposition de loi dite intégrale inspirée des 140 propositions de la coalition féministe et enfantiste et des travaux de la CBIS, auxquels nous disons merci. [applaudissements] Et merci, merci à la mobilisation citoyenne suite au meurtre insoutenable de Liana, sans laquelle ce texte ne serait pas à l'ordre du jour de notre assemblée.

Avec mon groupe Ă©cologiste et social, nous soutenons les avancĂ©es de cette proposition de loi, du dĂ©pĂŽt de plainte Ă  l'hĂŽpital aux juridictions spĂ©cialisĂ©es, de la reconnaissance des violences obstĂ©tricales aux mesures contre les VSS, au travail et j'en passe beaucoup puisque 94 articles vont ĂȘtre discutĂ©s. Nous veillerons Ă  ce que les ajouts positifs obtenus en commission spĂ©ciale ne soient pas balayĂ©s. Je pense notamment Ă  la fin des compĂ©tences disciplinaires de l'ordre des mĂ©decin pour les professionnels de santĂ©, aux mesures en faveur des femmes sans papiers ou Ă  la norme de non confrontation entre victimes et agresseurs.

Nous nous battrons aussi pour amĂ©liorer encore ce texte et pour que soit rĂ©tabli l'entretien individuel obligatoire pour chaque Ă©lĂšve chaque annĂ©e de la maternelle Ă  la terminale supprimĂ©e en commission. sur proposition macroniste. Le budget soutenu par les macronistes. Il y a un dĂ©bat sur qui a proposĂ© monsieur Balano. Il me semble bien que c'est un macroniste. [grognement] Le budget lĂ  est le nerf de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Le mal doit ĂȘtre pris Ă  la racine. Pour la prĂ©vention et l'Ă©ducation, il faut dĂ©gager de vrais moyens. La justice est Ă  l'osse. Il faut investir massivement pour que les dossiers qui s'empilent soient traitĂ©s.

En finir avec la justice expositive et former tous les agents à la spécificité de ces crimes et délits. La justice doit cesser de produire de la victimisation secondaire. Le soin spécialisé psychotraumatique est inaccessible aujourd'hui à la majorité des victimes. Il faut de l'argent public pour former des professionnels, assurer leur répartition géographique et rembourser le coût des séances dans l'enfance comme à la gestulte. C'est simple, sans budget intégral, la loi dite intégrale ne sera pas appliquée.

Avec la taxe Zucman, un impĂŽt sur les super profits ou les superhĂ©ritage, les milliards cruellement manquants sont Ă  portĂ© de main et je rappelle que les coĂ»ts induits par toutes ces violences s'Ă©lĂšvent Ă  prĂšs de 90 milliards d'euros chaque annĂ©e. Si nous mettons l'argent dans la prĂ©vention et le soin, nous ferons ailleurs des Ă©conomies et surtout nous diminuerons le nombre de victimes comme le temps de leur rĂ©paration. Quand on ne sait pas trouver l'argent, la facilitĂ© et la dĂ©magogie, c'est de se ruer vers l'inflation pĂ©nale en espĂ©rant s'acheter Ă  Bakou la bonne conscience d'avoir agi, mais rallonger les peines n'a jamais arrĂȘtĂ© un homme violent.

La rĂ©pression ne peut pas ĂȘtre l'alpha et l'omĂ©ga de la lutte contre ces violences. surtout surtout collĂšgue quand on sait qu'une grande part des auteurs d'infraction sexuelles sont mineurs au moment des faits. Les auteurs sont d'ailleurs un point aveugle de ce texte et nous le nous le regrettons. Notre devoir c'est de sortir les imaginaires de la domination masculine. Est-ce que nos victoires sociales et je l'espĂšre lĂ©gislatives resteront lettre morte ? Chargerez-vous le SĂ©nat de faire la salle besogne de dĂ©peser ce texte ? Des dĂ©putĂ©s qui auront votĂ© cette loi seront-ils capables ensuite de valider le budget de l'État dans lequel rien n'est prĂ©vu pour sa mise en Ɠuvre.

En réalité, seule une grande loi de programmation budgétaire et non venant du gouvernement aurait permis que nous soyons au rendez-vous de l'histoire. Je le dis avec force et notamment au ministre, l'inaction et le cynisme sont des crachats au visage des victimes qui vous le dit, chaque lundi, une loi intégrale suppose un budget intégral. Merci. [acclamation]

11:14
Non speech

[applaudissements]

11:17
Clémentine Autain

La parole