Interview du Président : "Un contrat de gouvernement, très clairement, c'est non pour LR"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous pensé de l'intervention d'Emmanuel Macron hier ?
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Qu'auriez-vous aimé qu'il dise hier ?
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C'est le retour de l'hyper-président, selon vous ?
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Mais est-ce qu'il a eu la dent dure contre les grands groupes ?
- 2:57RelanceRéponse directe
Tout ça, on a un peu l'impression que le président est en permanence dans l'air du temps...
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Il regrette de ne pas réussir à convaincre les Français de la réforme...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le principal message qu'on en retient, c'est « je continue ». »
- 0:58Invité politiqueFait
« Cette réforme, elle paye ce manque de dialogue depuis six ans, pas simplement dans les deux mois d'impréparation, mais depuis six ans, un vrai mépris des partenaires sociaux. »
- 3:16Invité politiqueFait
« Reculer l'âge de la retraite, 64 ans, il disait ça en riant, que c'était impossible, etc. »
- 3:54Invité politiqueFait
« Il a présenté il y a quatre ans une réforme qui était tout autre, qui cassait la sécurité sociale. »
- 4:40Invité politiqueFait
« 49-3, ce n'était pas une surprise, soyons très clairs. On savait depuis le début qu'il y avait une très forte probabilité que le texte soit adopté par 49-3. »
- 8:05Invité politiqueChiffre
« Chez nous, il y avait une majorité de députés qui étaient prêts à voter. Il y avait une trentaine de députés qui étaient prêts à voter. »
- 19:07Invité politiqueChiffre
« On n'est plus que 25e au 25e rang en termes de PIB par habitant. »
- 19:11Invité politiqueFait
« C'est un effondrement du pays, c'est un appauvrissement du pays, c'est un appauvrissement des Français. »
- 19:31Invité politiqueFait
« On ne peut pas être le pays au monde qui travaille le moins dans l'année et le moins dans la vie. »
- 23:25Invité politiqueFait
« On ne transformera pas ce pays positivement, on ne se rassemblera pas avec une vie politique qui n'est qu'une succession de punchlines sans conviction profonde. »
Temps de parole
- Invité politique74 %
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Et notre invité politique ce matin, c'est Olivier Marlex. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous, député d'Or et Loire, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.
Bonjour Auriane. Bonjour M. Marlex. Bonjour.
Et on va évidemment commencer en parlant de l'intervention d'Emmanuel Macron hier à 13h. Qu'avez-vous pensé, Olivier Marlex, de cette intervention et des propos du chef de l'État ?
Je trouvais, comment dire, un peu à côté de la plaque. C'est assez étonnant. Le principal message qu'on en retient, c'est « je continue ». Le président qui ne semble pas totalement mesurer l'état de colère, même s'il a employé le mot, ce qui est un progrès quand même par rapport à son message sur la foule la veille. Mais voilà un président qui ne change rien. Donc c'est quand même un peu inquiétant sur la suite.
Qu'auriez-vous aimé qu'il dise hier ?
Je crois qu'il y avait un vrai sujet pour lui quand même, qui était de tenter au moins de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux. Cette réforme, elle paye ce manque de dialogue depuis six ans, pas simplement dans les deux mois d'impréparation, mais depuis six ans, un vrai mépris des partenaires sociaux. Et il a fait tout le contraire. Les propos qu'il a eus sur des syndicats réformistes comme la CFDT ne sont pas vraiment déplacés.
– C'est le retour de l'hyper-président, selon vous ?
– Rien n'a changé. Rien n'a changé. C'est un peu le problème. Je pense que pour sortir de cette crise, il faudrait que le président change durablement et il n'en prend pas le chemin.
– Mais est-ce qu'il a eu la dent dure contre les grands groupes ? Il a parlé de cynisme de certains. Cette idée de contribution exceptionnelle pour permettre aux salariés de ces grandes entreprises d'avoir une meilleure rémunération ? C'est un signe vers la gauche ? C'est un signe qui vous interpelle ?
– Oui, c'est la preuve là encore qu'on a un président de la République qui manque un peu de conviction essentielle. Ils ont combattu l'idée de taxation sur les super-profits à un moment où elle était dans le débat, au lieu de dire rapidement « oui, il y a un problème sur le partage de la valeur dans notre pays » et puis pour finalement le ramener par un détour avec un mécanisme qui en réalité aura une portée extrêmement limitée puisqu'il s'agit d'encadrer les pratiques qui sont effectivement un peu problématiques de rachat d'actions.
Mais ça ne vise que ça, ça vise que les entreprises qui utilisent leurs super-profits pour racheter de l'action, ce qui est un phénomène assez étrange quand même puisque ça ressemble à la destruction de valeur dans l'entreprise. Ça hérite beaucoup, c'est un sujet dont parle beaucoup le président de la CGC, CFA, François Amrille. Mais bon, donc en réalité, ça ne changera pas grand-chose. Il est à côté de la plaque, il y a un vrai sujet dans notre pays sur les salaires. Ce n'est pas le problème, ce n'est pas que les entreprises fassent des dividendes. – Alors il en a parlé aussi, il a parlé quand même
de négociations à relancer dans les branches.
– Tout ça, on a un peu l'impression que le président il est en permanence un peu dans l'air du temps, essayer de capter des mots, mais que derrière il n'y a pas de vraie conviction.
– Il n'y a pas de colonne vertébrale pour vous.
– Et qu'il n'y a pas de… Regardez, c'est le drame de l'incompréhension par les Français de cette réforme. Souvenez-vous de ce qu'il en disait lui-même il y a trois ans. Reculer l'âge de la retraite, 64 ans, il disait ça en riant, que c'était impossible, etc. Comment voulez-vous que les Français admettent aujourd'hui cette réforme alors que lui-même la conspuait il y a trois ans ?
– Il regrette, il a dit qu'il avait arrêté de ne pas réussir à convaincre les Français de la nécessité de cette réforme, mais en même temps, il assume. Il dit ça ne me fait pas plaisir, mais je souhaite qu'elle entre en vigueur avant la fin de l'année, j'assume l'impôt de l'arrêté. Là-dessus, il a eu raison ?
– Je pense qu'il n'a rien réglé. Pour accompagner le changement, il faut avoir des convictions solides et il faut être capable d'expliquer aux gens pourquoi on fait. Lui n'a pas de conviction sur la réforme des retraites. Il a présenté il y a quatre ans une réforme qui était tout autre, qui cassait la sécurité sociale. D'ailleurs, qu'on a à l'époque vigoureusement combattu, considérant que c'était plutôt une réforme sur ce qu'on appelle paramétriques qu'il fallait faire. Bon, mais ce n'est pas totalement la sienne, on le voit bien, il n'est pas très à l'aise avec, et donc il est incapable de convaincre. La politique, ça suppose, je pense, de l'engagement et d'abord de la sincérité.
On n'a pas les deux et l'envie de se faire comprendre et de parler français.
Est-ce qu'il a eu raison de renouveler sa confiance envers Elisabeth Borne ?
Écoutez, c'est vraiment sa responsabilité, c'est son choix dans le droit public.
Mais pour vous aller fragiliser aujourd'hui ?
Après, ce qui paraît... 49-3, ce n'était pas une surprise, soyons très clairs. On savait depuis le début qu'il y avait une très forte probabilité que le texte soit adopté par 49-3, puisqu'il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, tout est plus compliqué. C'est même pour ça qu'ils ont choisi...
C'est même pour ça que, depuis le début,
il a choisi un PLFSS, le Président de financement et social, pour utiliser un 49-3.
Et le fait que la Première ministre ait été missionnée pour tenter d'élargir la majorité, essayer de trouver à droite et à gauche, alors je le cite, c'est des femmes et des hommes de bonne volonté, est-ce que vous pensez que c'est encore faisable ?
– Écoutez, non, c'est la méthode du débauchage, je pense qu'elle est totalement éculée, enfin, on n'est pas à la hauteur…
– Mais qu'est-ce qui lui reste alors ? – On n'est pas à la hauteur de… – Le contrat de gouvernement, ce n'est pas possible, le débauchage individuel, ce n'est pas possible,
alors qu'est-ce qui lui reste ? – Le contrat de gouvernement, il a répondu très clairement que ce choix, c'était non pour nous, on l'a dit au premier jour de cette législature, il ne reste qu'à présenter…
– Alors hier, il a eu un discours un peu différent, il a dit s'adresser aux parlementaires qui ont soutenu la réforme, c'est-à-dire vous notamment, il a dit, il vous a un peu tendu la main finalement, il a dit il n'y aura pas de coalition, on a compris les LR ne sont pas un parti qui fait une coalition, mais il va voir, il dit, mais il y aura des individualités, est-ce que vous, vous la saisissez ?
– Une fois encore, si c'est encore le petit jeu des débauchages, je pense que ça n'a aucun intérêt, que ça n'a évidemment pas, à la hauteur du problème, le président de la République a fracturé le pays, il a eu comme jeu politique depuis six ans maintenant de pousser la gauche dans les bras de l'extrême-gauche, de M.
Mélenchon, de pousser les électeurs de droite dans les bras de Marine Le Pen, pour en fait se retrouver un peu à la tête d'un bloc central, le résultat c'est effectivement cette fracturation terrible dans le pays, le fait qu'aujourd'hui on se demande quelle peut être l'alternative, donc nous, nous considérons que ce jeu de fracturation, il est mortifère pour notre pays, et que demain il doit rester une alternative possible, qu'il ne soit pas le Rassemblement National ou qu'il ne soit pas l'extrême-gauche. – Mais vous ne souhaitez pas, mais juste clairement,
vous ne souhaitez pas que des républicains rentrent au gouvernement ?
– Évidemment que non, et on ne signera pas à se compromettre, et je déconseille au président de la République de continuer ce petit jeu de débauchage, il n'y a plus grand monde à débaucher d'ailleurs.
– Mais qu'êtes-vous prêt à faire pour justement essayer d'avancer ? Parce que, je le rappelle quand même, les législatives ont accouché d'un nouveau parlementarisme, finalement les Français ont demandé, à vous, les députés, les élus, de vous accorder.
– C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui, c'est-à-dire que depuis six mois, l'Assemblée Nationale, elle prend, et les députés, au sein de cette Assemblée, prennent leurs responsabilités, le gouvernement propose des textes, des textes plus ou moins, parfois, sur lesquels on arrive à construire des majorités très larges. On a voté cette semaine un projet de loi de relance du nucléaire. Il a été voté à plus de 400 voix, une très large majorité. Il n'y a que les écologistes et l'extrême-gauche, qui, conformément à leur conviction, ont voté contre ce texte, mais il a été adopté très largement.
Il y a des sujets où, évidemment, c'est plus compliqué, mais sur ce texte de réforme de retraite, il y aurait peut-être eu une majorité. Ils n'ont pas voulu prendre le risque. L'extrême-gauche, elle-même, a empêché qu'on vote. D'ailleurs, je vous rappelle, sur l'article 7...
– Non, mais il y en aurait une. Vous connaissez votre groupe, Olivier Marlex. Il y aurait vraiment eu une majorité sur ce texte ?
– Chez nous, il y avait une majorité de députés qui étaient prêts à voter. Il y avait une trentaine de députés qui étaient prêts à voter. Effectivement, si, à partir du moment où, au sein de la majorité elle-même, il n'y avait pas le plein, voilà. Mais en tout cas, ça montre que cette Assemblée Nationale, je pense qu'elle peut fonctionner et amener un... Et elle oblige, effectivement, le gouvernement, qui est désormais un peu sous une vraie tutelle de l'Assemblée Nationale à ne pas faire n'importe quoi.
– Mais est-ce qu'il a raison, Emmanuel Macron, quand il parle d'une nouvelle méthode, d'un nouveau calendrier législatif, de rationaliser, finalement, le travail parlementaire en découpant les textes, en trouvant des textes plus courts, voire passer par la voie réglementaire ? Ça vous interpelle ?
– Arrêtons de légiférer sur tout et n'importe quoi. Je pense qu'effectivement, tout le monde en est d'accord. On fait trop de lois, trop de lois qui ne servent à rien dans ce pays. Et donc, si on peut déjà arrêter, si on peut arrêter d'utiliser la loi comme un outil de communication politique, le problème du texte de M. Darmanin, par exemple, c'était d'abord ça. C'est un texte qui ne réglait sans doute rien. – Sur l'immigration ? – Avec leur idée de titre de séjour nouveau qui était... – Sur les métiers en tension ? – Sur les métiers en tension.
En réalité, en l'état du droit, on pourrait, dans les secteurs de crise, dans les secteurs où on peine à recruter, un préfet a totalement la possibilité de délivrer un titre de séjour. On le fait par exemple dans les secteurs de la santé. Les préfets savent régler les choses, les situations, les cas par cas. Donc il n'y a absolument pas besoin de cette loi pour un pilotage, soit plus fin, soit beaucoup plus ferme, de l'immigration. Sur l'exécution des OQTF, on sait que, oui, il y a le rapport de François-Noël Buffet qui propose d'améliorer la procédure, le contentieux, etc. Mais on sait que le problème c'est quoi ? C'est juste un problème diplomatique.
C'est que la France n'est pas foutue, malgré les milliards d'aides au développement qu'on donne à des pays d'Afrique, n'est pas foutue en contrepartie d'exiger la réadmission, les laisser passer au consulat pour la réadmission des étrangers. – Mais alors qu'est-ce que vous dites ? – Tout ça, ça ne relève même pas du Parlement, c'est juste au gouvernement, à l'exécutif de faire son boulot.
– Qu'est-ce que vous répondez au Président quand justement il parle de saucissonner la loi asile-immigration, avoir une partie projet de loi plus consensuelle, et peut-être des propositions de loi…
– Ça ne peut pas exister nécessairement du consensuel en matière d'immigration, j'ai déjà du mal à y croire. En même temps, en matière migratoire, ça n'existe pas. C'est plus d'immigration ou c'est moins d'immigration. Et là-dessus, effectivement, c'est un peu le problème de ce texte. C'est-à-dire que l'aile gauche de la majorité à l'Assemblée nationale, je vous rappelle qu'un grand nombre des députés de la majorité viennent aujourd'hui du Parti des anciens socialistes, ne voulaient pas voter un texte de durcissement des règles, alors que M. Darmanin prétendait faire le contraire. Donc évidemment, il y a un moment, l'illusion s'évanouit.
Donc que le gouvernement utilise déjà les outils, une fois encore, l'expulsion d'un certain nombre de personnes, ça relève juste de la volonté de la volonté de l'Ivoire.
– Mais est-ce que vous voterez ? Parce que là, on va vers un texte qui va être scindé. Une partie du Sopte, une partie Gérald Darmanin. Est-ce que vous voterez à droite la partie Gérald Darmanin ? C'est-à-dire celle qui durcisse.
– Je ne sais absolument rien, je pense que Gérald Darmanin n'en sait rien. Ce texte, c'est l'arlésienne, ça fait six mois qu'il est reporté. Là, il a fait pchit, il a disparu. – Mais vous demandez son retrait, c'est Gérald Darmanin.
– Non, mais vous ne répondez à aucune question sur ce sujet-là. – Et en fait, vous demandez quoi ? Est-ce carrément son retrait ou pas ? Si c'est l'arlésienne, si visiblement il ne sert à rien, il ne faut pas passer par règlement. – Là, il est retiré de l'ordre du jour.
– Sur la question de l'immigration, une fois encore, est-ce qu'on fait un texte de fermeté ? Est-ce qu'on fait un texte pour qu'il y ait moins d'immigration en France ? Ou est-ce qu'on fait un texte pour faciliter les flux ? On ne peut pas faire les deux en même temps.
– Mais ça, on a compris, mais vous nous dites qu'on n'a pas forcément besoin du droit. – Et avec les mêmes outils. – Est-ce que vous dites qu'il n'y a pas besoin de texte ?
– Oui, il y a besoin d'un texte, mais pas d'un petit texte. Voilà, pas d'un petit texte. Donc je pense qu'on va remettre, nous, sur la table, très rapidement, avec Eric Ciotti, une proposition de loi sur les questions migratoires.
– Sur quel point ?
– On en a déjà fait plusieurs, on a toutes les solutions, on va redéposer un texte.
– À quelle échéance, là ?
– Non, non, mais on va leur mettre très rapidement des choses sur la table.
– Juste pour revenir à cette nouvelle méthode législative que veut Emmanuel Macron, est-ce que vous craignez une volonté de contourner le Parlement ?
– Non, contourner le Parlement, je ne pense pas. Je veux dire, c'est une fois encore, je dirais, il y a deux pouvoirs, il y a un exécutif et un législatif, que l'exécutif fasse déjà son boulot, arrête ce cinéma législatif qui parfois est totalement inutile. Il y a des grands moments dans la vie démocratique sur lesquels il est obligé de venir devant le Parlement. Ce sera le cas sur la loi de programmation militaire, ce sera le cas sur, évidemment, le budget. Mais une fois encore, il y a beaucoup de politiques sur lesquelles il n'y a pas besoin de venir devant le Parlement, donc qu'ils utilisent déjà leurs outils.
Et puis je pense qu'il faut vraiment que le président, s'il y a une chose à faire, c'est vraiment qu'il comprenne, qu'il admette et qu'il accepte de changer de stratégie par rapport à cette fracturation du pays qu'il a créée.
– Changer de stratégie, ça veut dire quoi, M. Marlex ?
– Il a eu depuis six ans, il n'a eu de cesse de radicaliser, de provoquer les Français. D'une fois encore, cette stratégie qui consiste à pousser les gens vers les extrêmes. Aujourd'hui, cette situation-là, elle n'est plus tenable dans notre pays. Et donc je pense vraiment qu'il faut que le président, et dans les jours qui viennent, c'est tout l'enjeu, qu'il commence à apaiser. Donc ça veut dire arrêter avec ce jeu extrêmement pervers. Quand il proposait, il y a quelques semaines, le sujet est toujours d'actualité, d'aller accueillir, d'aller installer des centres d'accueil, de demandeurs d'asile dans le monde rural. C'est quoi d'autre sinon une provocation ?
Donc il faut arrêter ce genre de provocation, arrêter de radicaliser les Français, de semer cette colère.
– Et vous craignez ce qui va se passer dans les manifestations, aujourd'hui et les prochains jours ? Vous pensez que les propos d'hier vont radicaliser les manifestations ?
– En clair, on voit aujourd'hui qu'il y a deux phénomènes. Vous avez à la fois une extrême-gauche, très radicale, avec des casseurs, des gens, on ne sait pas par qui ils sont contrôlés. Et puis vous avez un mouvement social traditionnel, avec des gens tout à fait normaux, qui manifestent de manière beaucoup plus pacifique. le président de la République aurait dû s'adresser au second. Malheureusement, une fois encore, il ne l'a pas fait. C'est le moins qu'on puisse dire.
– Mais vous redoutez du coup que les syndicats soient débordés
par ces franges plus radicales ? – Du coup, il y a ce risque que le mouvement continue, et qu'on ait cette… qu'il soit pollué par les casseurs.
– Et là, quelle peut-être la réponse de l'État ? On a entendu le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, appeler à la fermeté les procureurs. Est-ce que c'est ça la réponse, une fermeté supplémentaire ?
– La plus grande fermeté, évidemment, face aux casseurs, face à la provocation. Et puis, je reste vigilant sur la façon dont… sur les doctrines de maintien de l'ordre. Moi, j'avais été assez choqué pendant la crise des gilets jaunes sur la façon dont les choix qui étaient faits par le préfet de police de l'époque sur le matériel. – M. L'Allemand ? – M. L'Allemand, oui. Où on a le sentiment que la stratégie choisie favorisait le contact entre les manifestants, parfois des manifestants violents, et les forces de l'ordre. Évidemment, il faut l'éviter à tout prix. Donc, ça veut dire éviter les provocations de la part des casseurs, des gens les plus violents.
Ça veut dire ne pas exposer les forces de l'ordre. Et donc, il faut être très attentif.
– Et vous avez l'impression que la stratégie de Laurent Nunez n'est pas la bonne ?
– Je suis très attentif. Non, je connais par son parcours professionnel Laurent Nunez. Je pense que c'est un professionnel beaucoup plus sérieux. Mais il y a de vrais sujets dans sa stratégie de maintien de l'ordre.
– Vous auriez parlé des factions et des factieux, comme l'a fait hier le chef de l'État ?
– Non, je n'aime pas les mots qu'on peut le président de la République. Une fois encore, il y a des gens qui aujourd'hui polluent le débat politique, ont empêché, quand j'entends M. Mélenchon dénoncer au recours au 49.3, une fois encore, celui qui a aussi sa part de responsabilité, qui a empêché le Parlement de débattre sur la loi, elle aurait pu être votée. Mais il y a eu un choix volontaire de la part de l'extrême-gauche que surtout ne pas prendre le risque, faire en sorte qu'il n'y ait pas de saut démocratique sur ce texte en réalité. Donc il y a eu un vrai sabotage organisé par l'extrême-gauche à l'Assemblée nationale. Ils ont essayé de faire la même chose au Sénat d'ailleurs.
Donc voilà, les choses… Enfin, l'extrême-gauche a sa part de responsabilité aussi dans le climat délétère que nous vivons.
– On va revenir à votre parti. Vous nous disiez tout à l'heure ne pas souhaiter de débauchage individuel et ne pas souhaiter que des Républicains entre au gouvernement. Mais il y en a d'autres dans votre parti et pas des moindres. Rachida Dati, notamment, il y a aussi Jean-François Copé qui, eux, prônent un accord de coalition avec Emmanuel Macron. Qu'en pensez-vous ?
– Avec Eric Ciotti, avec l'immense majorité d'ailleurs de mon groupe à l'Assemblée nationale, on a répondu à cette question depuis le début. Trop de choses nous séparent d'Emmanuel Macron. On a parlé de l'immigration. Depuis six ans, sa politique en matière migratoire est un fiasco absolu. Il n'y a aucune volonté. On est aux antipodes de ce que nous pensons en matière de justice, de réponse pénale. La politique d'Emmanuel Macron est aux antipodes de ce que nous attendons. Aujourd'hui, les problèmes d'insécurité ne sont pas réglés. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas les réponses pénales. M. Macron et M. Dupond-Moretti ont gardé toutes les lois de Mme Taubira.
Regardez la question des peines planchées. Ils ont refusé pendant des années et jusqu'à il y a quelques semaines encore de remettre des peines planchées pour les récidivistes. Donc, on a trop de choses qui nous séparent. Mais après, nous assumons nos responsabilités quand des textes arrivent et qu'ils rejoignent ce que sont nos convictions. D'ailleurs, on n'est pas les seuls. Le Rassemblement national a voté le texte sur le nucléaire, par exemple. Le Rassemblement national a voté l'orientation sur les moyens du ministère de l'Intérieur. Donc, voilà, nous avons l'attitude au cas par cas.
– Est-ce que vous assumez aussi votre responsabilité sur la réforme des retraites ? Est-ce que je veux vous rappeler une phrase d'Éric Ciotti ? Il a dit « L'échec du gouvernement est en premier lieu celui du chef de l'État qui n'a pas su convaincre les Français de la nécessité d'une telle réforme ». Mais n'est-ce pas aussi le vôtre ? Vous qui n'avez pas su convaincre, je dis vous, Olivier Marlex, Éric Ciotti, pas su convaincre vos propres troupes de la nécessité de la réforme et qui a mené aussi au 49-3 ?
– Il y avait dans mon groupe effectivement une vingtaine de députés, ceux qui ont voté la motion de censure, qui ne souhaitaient pas voter cette réforme pour des raisons diverses. Je crois qu'il y a une conviction qu'on partage quand même tous, et c'est le plus important de commencer par là. On est convaincus que ce pays ne se redressera pas si demain on ne travaille pas tous un peu plus. Le drame de la France aujourd'hui, je pense que ce qui explique toute la situation dans laquelle nous sommes, c'est l'appauvrissement de notre pays. On n'est plus que 25e au 25e rang en termes de PIB par habitant.
C'est un effondrement du pays, c'est un appauvrissement du pays, c'est un appauvrissement des Français. Si on produit moins de richesses ensemble, on a moins à répartir. Notre système de solidarité aujourd'hui, il ne repose plus que sur la dette. Notre niveau de vie sociale, en réalité, il est à crise. Et donc il faut d'une manière ou d'une autre travailler plus. On ne peut pas être le pays au monde qui travaille le moins dans l'année et le moins dans la vie.
– Mais là vous êtes tout à fait en accord avec le président de la République. Le problème c'est qu'au sein de votre parti, M. Marlet, c'est complètement, on ne sait plus quelle est la ligne qui est dénue. – La ligne c'est celle-là, c'est pour ça que je commence par ça,
la ligne c'est celle-là. Alors effectivement certains, après…
– La ligne c'est celle-ci, mais clairement il y a quand même des dissensions.
– Certains ont reproché au président de la République d'avoir un texte amené trop brutalement, on ne peut pas leur donner de tort. Ce texte sur les retraites, il est annoncé, il est annoncé quoi ? Début décembre, il est posé sur la table début janvier.
– Non mais est-ce que ça va avoir des conséquences sur votre groupe ? Est-ce que vous allez gérer le groupe à l'air de la même façon quand vous avez 19 députés qui ne suivent pas votre ligne ?
– Non, ça n'aura pas de conséquences sur notre unité parce qu'au fond on partage cette idée, cette responsabilité qu'on ne peut pas raconter d'histoire aux Français et qu'il faudra travailler…
– Le partage c'est un mot important Olivier Merlec, c'est parce qu'en effet on ne sait plus ce que vous partagez au sein des Républicains. La séance du Conseil stratégique a montré quand même les fractures qui existent au sein du parti hier. des gens comme Aurélien Pradié qui était la tête de pont de l'opposition à la réforme des retraites semblent complètement en roue libre et pas du tout en capacité de jouer collectif. Est-ce que c'est votre sentiment ? C'est que finalement ces gens-là comme Aurélien Pradié comme d'autres n'ont plus rien à faire dans le parti ?
– Non, vous avez des gens qui ont eu des motivations très différentes. Vous avez des députés qui n'ont pas voulu voter, je connais deux qui sont très attachés à la question de la famille et qui vraiment ne pouvaient pas voter en leur amie conscience, qui considéraient qu'il n'y avait pas de réponse sur la politique, sur l'enjeu essentiel qui est finalement la question démographique. Donc en fait il y avait des motivations extrêmement différentes et au final on ne peut pas reprocher aux députés d'opposition de ne pas avoir voulu cette réforme qui a été rejetée y compris par des députés de la majorité tellement elle était malade.
– Mais vous ne répondez pas sur la question d'Aurélien Pradié qui visiblement n'a pas vocation à suivre la moindre directive de la direction du parti.
– Écoutez, il y a un moment où il faudra poser la question de savoir effectivement ce qu'il partage avec les autres.
– Et est-ce que d'autres personnalités dont certains disent au sein de votre propre camp, qu'ils jouent une sorte de billard à douze bandes, je pense à Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand, est-ce que concrètement ces gens-là, ils ont aussi, vous leur demandez de reprendre au pied dans le parti, de redéfinir ensemble une stratégie ?
– Non mais il n'y a pas de, je ne crois pas qu'il y ait de billard à douze bandes, il ne faut pas donner d'interprétation politicienne au fait que les députés ne voulaient pas soutenir cette réforme. Je prends le groupe dont on a beaucoup parlé à l'Assemblée qui est le groupe Pliot, le groupe de Charles Amélie de Courson, quand même invraisemblable, extravagant, que ce groupe qui est un groupe de députés plutôt modérés se soit radicalisé comme ça contre la réforme de retraite.
Ça montre qu'il y a eu un défaut de fabrication dans la réforme de retraite, un défaut de méthode qui est essentiellement le manque de dialogue social, le manque de souplesse dans la fabrication de ce texte, dans la réflexion, et que certains du coup n'y ont pas retrouvé leur petit. Et donc on n'est pour rien s'il y a une radicalisation du groupe Pliot, on n'est pour rien s'il y a au sein du groupe Horizon, le groupe de M. Edouard Philippe, le vaillant Edouard Philippe, qui est au sein de votre parti, parce qu'il y a trois députés. Olivier Marlech sur votre parti.
On a retrouvé dans la majorité ce refus, ce rejet de la méthode, il a existé aussi dans mon groupe, et franchement je le comprends.
– Ah, mais un dernier mot sur Laurent Wauquiez, est-ce que vous regrettez son silence ?
– Non, mais Laurent a fait le choix de s'extraire du quotidien, de la vie politique, de ne pas être commentateur.
– On peut dans un tel moment s'extraire du quotidien quand on veut être candidat à la présidente à l'Église.
– Il n'était pas là, parce que le conseil stratégique, il n'était pas là encore une fois. – On s'en rend bien compte, notre vie politique, on a l'impression que c'est une série, une punchline. On ne transformera pas ce pays positivement, on ne se rassemblera pas avec une vie politique qui n'est qu'une succession de punchlines sans conviction profonde. Et je pense que pour reconstruire ce projet, il n'est pas inutile de prendre un tout petit peu de recul.
– Merci Olivier Marlex, merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci Julien. – Merci Aurélien. – Merci Aurélien.