Manifestations en France: «Derrière le prétexte de l'ordre, l'objectif du gouvernement c'est le pourrissement des revendications»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous, c'est le thème approprié qui a été choisi par l'Elysée ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Est-ce que vous croyez que l'exécutif peut désamorcer la crise avec les mesures qu'il pourrait annoncer ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Est-ce que, pour vous, il faut justement encore poursuivre ce mouvement ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Que vous ont dit, justement, les personnes qui se sont rassemblées ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faut faire ? Selon vous, il faut légiférer aujourd'hui pour justement brider cette libération que vous dénoncez.
- 6:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'aujourd'hui, les médias peuvent faire sans Éric Zemmour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Invité politiqueFait
« le président n'a qu'un mot à la bouche, c'est l'ordre, l'ordre, l'ordre. Et son ordre, c'est la remise en cause des libertés constitutionnelles, de la liberté de manifester. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Il a quand même donné consigne à interdire le maximum de manifestations le week-end dernier. »
- 1:12Invité politiqueChiffre
« 10 milliards pour l'éducation, la suppression de parcours sup, le blocage des prix pour pouvoir lutter contre la vie chère. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Il y avait beaucoup de monde à Aubervilliers hier pour cette marche blanche. »
- 4:32Invité politiqueFait
« il y a une prolifération de la parole raciste dans ce pays qui était débridée. »
- 4:44Invité politiqueFait
« On le voit aussi avec ces milices d'extrême droite qui se répandent aujourd'hui dans les rues. »
- 5:36Invité politiqueFait
« aujourd'hui, ils ont table ouverte sur les médias. On a un narcom qui émet des rappels à l'ordre, mais cela sans aucune conséquence. »
- 5:51Invité politiqueChiffre
« Combien d'interpellations parmi les milices fascistes qui ont attaqué les manifestants ce samedi ? Très peu. »
- 7:00Invité politiqueFait
« C'est d'y tenir des propos qui tombent sous le coup de la loi. »
- 7:27Invité politiqueFait
« On parle quand même d'un homme qui est arrivé avec un pistolet mitrailleur qui a tiré sur des enfants. »
Temps de parole
- Bastien Lachaud60 %
- Présentateur38 %
- ?2 %
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Bonjour Bastien Lachaud, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis, membre de la commission de la défense nationale à des forces armées, merci d'être avec nous. Alors on va évoquer cette réunion à Matignon, Sébastien Lecornu, le premier ministre, reçoit des représentants lycéens et étudiants dans deux heures. Mais avant, c'était Emmanuel Macron qui est arrivé à Marseille pour une visite surprise, deux jours après une nouvelle journée de mobilisation massive dans les rues de l'Hexagone. Beaucoup de monde dans la cité fosséenne, notamment samedi, majoritairement dans le calme. Le chef de l'État évoque un déplacement centré sur le retour à l'ordre.
Est-ce que pour vous, c'est le thème approprié qui a été choisi par l'Elysée
? Non,
écoutez, le président n'a qu'un mot à la bouche, c'est l'ordre, l'ordre, l'ordre. Et son ordre, c'est la remise en cause des libertés constitutionnelles, de la liberté de manifester. Il a quand même donné consigne à interdire le maximum de manifestations le week-end dernier. Et son objectif derrière ce prétexte d'ordre, c'est le pourrissement des revendications et des mobilisations. Aujourd'hui, nous avons des lycéens, des étudiants, maintenant des salariés qui descendent dans la rue avec des mesures très concrètes, très concrètes de demandes. 10 milliards pour l'éducation, la suppression de parcours sup, le blocage des prix pour pouvoir lutter contre la vie chère.
Et que répond le président ? Le retour à l'ordre. Et ce retour à l'ordre, c'est plus de répression et la fin, en tout cas,
des
attaques comme jamais sur les libertés publiques.
Alors, discours de fermeté attendu de la part du chef de l'État. C'est un matignon que les lycéens et étudiants sont reçus après plusieurs semaines de mobilisation, contre notamment le manque de moyens dans l'éducation. Le gouvernement assure que des propositions vont leur être présentées. Est-ce que vous croyez que l'exécutif peut désamorcer la crise avec les mesures qu'il pourrait annoncer
? Écoutez,
nous allons bien voir ce qu'il va annoncer. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, le mouvement est bien plus large que les simples revendications des lycéens. Donc, je pense qu'aujourd'hui, il faut que le gouvernement arrive avec des mesures fortes.
Et
je pense que si cela était le cas, cela se saurait. Et nous voyons bien que la rencontre entre les étudiants lycéens et le président, ces derniers jours, vendredi, n'ont pas abouti. Que va dire le Premier ministre Lecornu, que n'a pas dit le
président
? Vous évoquez justement les nombreuses revendications de ce mouvement contre la vie chère, notamment pour les services publics. Les Gilets jaunes, la coordination des Gilets jaunes, en tout cas, appellent à une manifestation samedi également contre une dérive autoritaire de l'État. Est-ce que, pour vous, il faut justement encore poursuivre ce mouvement ? Certains appellent au calme le temps de poursuivre les discussions. Quelle est la position de la France insoumise par rapport à un éventuel poursuite de ce mouvement ?
Écoutez, moi, je sais que l'intersyndicale a d'ores et déjà annoncé la date du 5 octobre, le 5 novembre, comme nouvelle date de mobilisation. Alors, les lycéens, les étudiants vont peut-être en annoncer d'autres. Nous serons partout en appui de ces mobilisations.
Alors, Bastien Lachaud, vous êtes député de Seine-Saint-Denis et d'Aubervilliers, notamment la ville de banlieue parisienne où avait lieu hier une marche blanche. En dommage à Pengo Bossio Wangui, jeune homme de 26 ans, tué par balle dans un attentat raciste vendredi. Vous étiez présent à cette marche. Que vous ont dit, justement, les personnes qui se sont rassemblées ? Alors qu
'on
le rappelle, le tireur voulait s'en prendre à des personnes racisées et a également fait 5 blessés, dont une fillette de 12 ans.
Il
y avait beaucoup de monde. Il y avait beaucoup de monde à Aubervilliers hier pour cette marche blanche. Le sentiment qui domine,
c
'est la peur.
C
'est la peur. La peur des mères pour leurs enfants. Le fait de se dire qu'ils ne sont plus en sécurité dans la rue en raison de leur couleur de peau.
Il
y avait aussi plusieurs pancartes
qui
ciblaient la responsabilité du discours de haine, du discours raciste, qui prolifèrent, notamment dans un certain nombre de médias, que les gens jugeaient aussi coupables de ce passage à l'acte.
Il
y a une évidence, on le voit, il y a une prolifération de la parole raciste dans ce pays qui était débridée. On le voit aussi avec ces milices d'extrême droite qui se répandent aujourd'hui dans les rues. Oui, aujourd'hui, les gens ont peur et ils ont besoin d'une perspective.
Et face à cette peur, justement, face à ces discours que vous dénoncez, la France insoumise, mais également de nombreuses personnalités à gauche qui pointent la responsabilité de la classe politique, d'une partie en tout cas de la classe politique, des médias aussi, comme vous l'avez dit. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Selon vous, il faut légiférer aujourd'hui pour justement brider cette libération que vous dénoncez. Quelle solution, justement, pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise
? En
fait, les textes existent. Le racisme est un délit dans ce pays. Ce n'est pas une opinion.
Mais
aujourd'hui, ils ont table ouverte sur les médias. On a un narcom qui émet des rappels à l'ordre, mais cela sans aucune conséquence. Combien d'interpellations parmi les milices fascistes qui ont attaqué les manifestants ce samedi ? Très peu. Il y a là une connivence qui n'est pas acceptable. Et aujourd'hui, il faut que les actes, les paroles racistes soient sanctionnées, que les paroles racistes n'aient plus libre cours dans les médias. Il faut que les médias se ressaisissent
et
que beaucoup de partis politiques cessent de faire du racisme, de la haine de l'autre, leurs fonds de commerce politique.
Je
vais vous prendre un exemple, puisque votre collègue Louis Boyard sur BFM a dénoncé notamment la présence d'Éric Zemmour, multicondamné pour des prises de position racistes, mais malgré tout invité sur les plateaux, puisqu'il est candidat également à la présidentielle. Est-ce qu'aujourd'hui, les médias peuvent faire sans Éric Zemmour, sachant que l'arcom risque justement de leur dire qu'au nom du pluralisme, il faut l'inviter ? Est-ce que justement, ce pluralisme aujourd'hui, pour vous, est un problème tel qu'il est traité dans les médias ?
Écoutez, ce n
'est
pas le pluralisme qui est un problème dans les médias. C'est d'y tenir des propos qui tombent sous le coup de la loi. Et vous prenez le cas d'Éric Zemmour, mais nombre de chroniqueurs, nombre d'éditorialistes ou autoproclamés éditorialistes tiennent des propos qui pourraient tomber sous le coup de la loi et qui créent une ambiance délétère et criminelle dans le pays qui favorise ces passages à l
'acte
qui sont horribles. On parle quand même d'un homme qui est arrivé avec un pistolet mitrailleur qui a tiré sur des enfants. Là, on a une jeune fille qui, heureusement, ne lutte plus pour la vie, mais
qui
est encore en soins intensifs après avoir reçu cinq balles dans le corps. Enfin, on se rend compte de l'horreur de la chose. Et c'est une parole, une raciste qui se libère, qui contribue
à ces passages
à l'acte. Et on entend donc votre appel à brider ces paroles aujourd'hui, ces dérapages et même ces paroles qui tombent sous le coup de la loi. Merci beaucoup Bastien Lachaud, député France Insoumise de 709 membres de la Commission de la Défense Nationale et des Forces Armées. Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI
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Bastien Lachaud