Retraites, budget, Nicolas Sarkozy... L'interview de Jean-Philippe Tanguy en intégralité
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8h28 sur RMC et sur BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour M.
Demand. Je le disais, vous êtes député de la Somme, le monsieur budget du Rassemblement National. Merci d'abord d'avoir accepté notre invitation.
Dans moins de deux heures, vous allez présenter aux côtés de Marine Le Pen le contre-budget du Rassemblement National. Comme vous l'aviez fait d'ailleurs il y a très exactement un an, on va évidemment en parler. Mais d'abord, j'imagine que vous devez être un homme heureux ce matin, Jean-Philippe Tanguy, parce que dans quelques heures, là, ce matin, à la mi-journée, Sébastien Lecornu, le Premier ministre en Conseil des ministres, va présenter la lettre rectificative qui fera sur la suspension de la réforme des retraites.
Il n'y aura pas d'entourloupe qu'elle sera bien prononcée, que quoi qu'il arrive, elle sera bien adoptée, votée. Vous devez être heureux parce que du coup, on se dit ce matin que le Parti Socialiste a bien fait, pas censuré, contrairement à vous. Ah mais moi je suis assez fier, c'est vrai, d'avoir obtenu grâce à la sagacité de Marine Le Pen cette lettre, cette mobilisation, parce que M.
Neumann, la censure, la non-censure qui avait été négociée avec les socialistes par M. Lecornu, il n'y avait pas de véhicule législatif, il n'y avait rien de concret pour assurer ces suspensions. C'est uniquement parce qu'on s'est mobilisés à l'Assemblée nationale pour savoir, dans un premier temps, s'il y aurait un amendement ou pas à ce projet de loi de finances de la sécurité sociale.
Ensuite, grâce à un certain nombre d'intellectuels, de spécialistes de droit qui ont mis le sujet dans le débat public, cette lettre rectificative qui permet effectivement de s'assurer qu'il n'y aura pas forcément de censure, Et reconnaissez que s'il y avait eu censure, il n'y aurait pas de suspension de la réforme des retraites ? Si, parce qu'il y aurait eu...
Or vous avez censuré ? Il y aurait eu dissolution, donc il y aurait eu une élection, et il y aurait donc, si le Rassemblement National avait gagné, non seulement la suspension, mais l'abrogation de la réforme et son remplacement par la réforme de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, qui est beaucoup plus juste, beaucoup plus efficace. Parce que rassurez-moi, vous allez la voter, cette suspension de la réforme des retraites.
Ah oui, nous on votera évidemment la suspension, nous on n'est jamais pour la politique du PIA. Ce n'est pas aussi évident, parce que sur des sujets aussi importants que la taxe Zuckman, par exemple, la dernière fois vous étiez abstenu, ce qui avait permis de la faire voter à l'Assemblée, et là cette fois-ci vous avez changé d'avis, vous votez contre sur des sujets aussi graves, d'ailleurs comment on peut changer d'avis en aussi peu de temps ? Non, mais on n'a pas du tout changé d'avis sur la taxe Zuckman, on n'a jamais soutenu la taxe Zuckman.
Vous étiez abstenu et là vous avez voté contre. Monsieur Neumann, le Parlement c'est un lieu de débat. Et il y a des moments aussi où vous faites des négociations avec le gouvernement.
L'année dernière, Madame Montchalin avait promis que le Bercy, le ministère de l'économie, serait capable de proposer des mécanismes pour lutter contre la suroptimisation fiscale et la fraude fiscale. Comme je ne croyais pas et que le groupe Rassemblement National ne croyait pas Madame Montchalin, on dit attention, il y a un débat sur la justice fiscale, sur l'équité fiscale qui s'ouvre en France. Les Français, déjà il y a un an, sont demandeurs de justice fiscale.
Donc pour maintenir la pression et le débat politique, on s'était abstenu pour laisser le débat ouvert et vivre au Sénat. Et en échange, on devait obtenir des moyens de lutter contre la suroptimisation fiscale. Malheureusement depuis un an, on ne l'a pas obtenu.
C'est intéressant votre question. Cette suspension de la réforme des retraites, elle a un coût, 100 millions d'euros en 2026, 1,4 milliard en 2027. Le gouvernement, dans cette loi rectificative, propose de mettre à contribution les complémentaires, c'est-à-dire les assurances.
Les Français, parce que c'est les Français équipés. Ça vous convient ça ou pas ? Non, non, sûrement pas, c'est les Français équipés.
Deux choses très intéressantes. Déjà, on a obtenu la vérité sur les chiffres. Parce que quand Marine Le Pen demandait l'abrogation et son remplacement, la réforme des retraites, on disait à la première année, ça coûtera 500 millions, la deuxième année, 2 milliards.
Bon, en fait, c'est 100 millions d'euros la première année. Donc, tous ces gens, quand même, qui passent leur temps à donner des leçons aux oppositions sur comment on doit compter, ils ne savent pas compter et ils demandent. Mais vous ne me répondez pas, mettre à contribution les mutuelles, est-ce que c'est une bonne idée ?
Mais on est complètement contre. On est complètement contre. D'ailleurs, on est contre la taxe de 1 milliard d'euros cette année sur les mutuelles.
Parce que, évidemment, ce sont les assurés, les familles, qui vont payer par leur mensualité de mutuelles. Ce ne sont pas les mutuelles qui vont sacrifier leur marge. Je comprends votre profondité.
Donc, il ne faut faire des économies. Du coup, dans votre projet, à vous, qui consiste à ramener l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, voire à 60 ans, notamment pour les carrières longues, ça coûte plusieurs dizaines de milliards d'euros. Comment vous le compensez, vous ?
Ça coûte au maximum 7 à 9 milliards d'euros quand le dispositif sera pleinement établi. Mais ça, c'est le scénario négatif. Donc, comment vous le compensez, vous ?
Par des économies nombreuses, et notamment des économies sur l'immigration de guichet social. Mais quel rapport avec les retraites ? C'est le financement de la sécurité sociale.
Ce n'est pas les mêmes comptes ? Ah ben, si, c'est la sécurité sociale. C'est la même loi.
C'est le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Donc, toutes les aides sociales non contributives que l'on verse aux étrangers, on veut les réserver aux Français. Et les aides contributives, on veut les réserver aux étrangers après 5 ans de travail.
Et donc là, on fait entre 15 et 20 milliards d'euros d'économies par an, au moins. Et on peut financer un effort sur le système des retraites. Mais ça, M.
Neumann, c'est la version, j'ai envie de dire, pessimiste de la version des retraites. Il y a un petit souci, je pense qu'en parler un peu plus tard. C'est la version optimiste.
Excusez-moi, M. Neumann, c'est important. C'est la version optimiste du programme de Marine Le Pen.
C'est qu'on augmentera le taux d'emploi. On favorisera l'emploi des jeunes, des personnes en situation de handicap, des aînés qui aujourd'hui sont au chômage. Et là, dans ce cas-là, ça rapportera de l'argent à notre réforme des retraites.
Parce qu'aujourd'hui, il y a trop peu de Françaises et de Français qui voudraient travailler, qui pourraient travailler avant 62 ans et qui ne travaillent pas aujourd'hui. Vous venez de parler des allocations non contributives. En l'occurrence, cette règle-là, qui est à nouveau dans votre programme, dans votre projet, ça a déjà été retoqué par le Conseil constitutionnel.
C'est-à-dire que pour l'appliquer, il faudrait réviser la Constitution. Oui, vous avez raison. D'ici la fin du mois de décembre, pour adopter un budget, je crois qu'on n'a pas le temps.
Oui, mais on n'a pas non plus besoin de 20 milliards d'économies pour financer les 100 millions de la suspension de la réforme des retraites. Il y a des mesures qui sont légales, de limitation du coût de l'immigration. D'ailleurs, ils le font cette année, puisqu'ils vont limiter les APL pour les étudiants étrangers.
Ce qui était soi-disant impossible de faire. Donc c'est un tout petit premier pas, mais ça ouvre une porte. Et c'est une nouvelle victoire idéologique du Rassemblement national.
Il y en a une autre sur l'immigration, sur la hausse des droits de timbre, qu'on avait proposé l'année dernière, qui est adoptée cette année. Donc on voit que sur l'immigration, il y a des tout petits pas. Mais c'est quand même encore un très grand tabou.
En tout cas, pour financer les 100 millions de la réforme des retraites, c'est facile de faire 100 millions d'économies sur 800 milliards de dépenses sociales. Alors, dans votre contre-budget que vous allez présenter tout à l'heure, à 11h, aux côtés de Marine Le Pen, il y a des dépenses nouvelles. Il y a des recettes nouvelles aussi.
Dans les dépenses, j'ai vu une baisse de la TVA de 10 milliards d'euros sur l'énergie. Une baisse de la TVA sur les biens de première nécessité de 6 milliards. Une part fiscale pleine dès le deuxième enfant, 3 milliards.
Ces trois seules mesures, c'est 20 milliards d'euros. Tout à fait. Vous compensez par quoi ?
Je l'ai dit, par des économies sur l'immigration. Nous ferons des économies sur l'immigration. Combien d'économies sur l'immigration ?
Je vous l'ai dit, on touche à peu près 15 milliards d'euros sur l'immigration. Dans les mesures légales. Que vous trouvez où ?
Toutes les mesures légales que j'ai expliquées tout à l'heure. Vous avez raison, il y a une partie des mesures qui nécessitent une réforme constitutionnelle de l'immigration. Et une autre partie qui ne nécessite pas de réforme et qu'on peut appliquer très vite.
Ensuite, il y a évidemment la baisse de la contribution à l'Union européenne. Vous savez que cette année, elle augmente de presque 6 milliards d'euros. On va arriver à presque 30 milliards d'euros de contribution à l'Union européenne.
On considère qu'il faut la remettre à son niveau d'il y a deux ans. Et ce ne serait pas contradictoire avec nos engagements européens ? Non, et ça c'est un débat une fois plus intéressant qu'on a quand même gagné cette année.
Puisque pendant des années, on nous a opposé que toute baisse de la contribution à l'Union européenne signifiait un Frexit. Et M. Bérou a réussi à négocier une baisse de 1,3 milliard d'euros sans aucune conséquence sur le Frexit évidemment.
Donc c'était aussi un mensonge. C'est dommage, il est évidemment tout à fait possible de baisser la contribution à l'Union européenne pour une raison simple. Il faut faire des économies au niveau des programmes européens.
On ne rase pas gratis, mais il y a beaucoup de programmes sur la diplomatie, sur le financement de l'élargissement de l'Union européenne. Alors que les Français sont contre l'élargissement, on peut faire des dizaines de milliards d'économies. Il y a quelques jours, Jordan Bardella est allé plancher devant les patrons, devant le MEDEF.
Il leur a même écrit une lettre, il leur a fait un certain nombre de promesses. Il leur a notamment promis de baisser ce qu'on appelle les impôts de production. Je ne veux pas rentrer dans les détails.
C'est dans votre contre-budget, donc cette promesse elle est tenue. Alors dans le contre-budget, j'ai vu aussi que vous vouliez augmenter la taxe sur les rachats d'actions, 8,8 milliards. Augmenter la taxe sur les transactions financières, 1,3 milliard.
Augmenter la taxe sur les super dividendes, 1 milliard. Là pour le coup, ce n'est pas tout à fait le discours pro-entreprise que Jordan Bardella a tenu devant le MEDEF. Mais bien au contraire, c'est qu'on rééquilibre un effort pour la production, pour un choc de production, une baisse massive des impôts de production sur nos TPE, nos entreprises intermédiaires, les multinationales qui produisent en France.
Et au contraire, on préfère financer ce choc de production par des mesures contre la spéculation, la rente ou des méthodes toxiques pour l'économie parce que les rachats d'actions...
Et ça, les taxes sur les super dividendes, les rachats d'actions, ça leur plaît au MEDEF ? Au MEDEF, j'imagine, puisque le MEDEF, c'est essentiellement des entreprises qui ne versent pas de super dividendes puisqu'on parle des dividendes très excessifs sur la moyenne des 10 dernières années. Et ils ne font pas de rachat d'actions au-dessus d'un milliard d'euros parce qu'on ne va pas taxer tous les rachats d'actions parce que ça permet parfois de faire des entreprises de récapitalisation pour les PME ou les ETI.
Là, on parle de rachat d'actions spéculatifs de plus d'un milliard d'euros. Et d'ailleurs, même M. Macron avait reconnu que c'était des opérations néfastes pour l'économie et il voulait les taxer.
Évidemment, il n'a pas réussi à le faire comme il l'avait promis. Dans votre projet de budget, à vous, au Rassemblement National, il y a une mesure phare, on peut le dire comme ça. Vous voulez remplacer l'impôt sur la fortune immobilière par un impôt sur la fortune financière.
Et vous dites, c'est dans la colonne des plus, que ça rapporterait 3 milliards d'euros de plus aux caisses de l'État. Mais vous comptez la fortune immobilière dedans ou la fortune immobilière n'est plus du tout taxée ? Alors, on retire ce qu'on appelle la résidence principale, évidemment, mais aussi ce que Marine Le Pen, c'est un concept qu'elle a inventé, la résidence unique.
Parce que parfois, vous êtes locataire, par exemple, à Paris, parce que vous y travaillez, et vous avez une maison familiale sur la côte ou ailleurs qui vaut de l'argent. Donc, ça permet de sortir la maison principale ou la résidence unique. Par contre, les immeubles de rapport, si vous êtes propriétaire d'immeubles que vous louez, là, par contre, ce sera dans l'impôt sur la fortune.
Donc, ça n'est pas une recette supplémentaire de 3 milliards puisque l'IFI, c'est 2 milliards aujourd'hui. Donc, en fait, si on supprime l'un et qu'on ajoute l'autre, c'est une recette supplémentaire d'un milliard. Non, c'est le solde, les 3 milliards.
C'est la différence entre la suppression de l'IFI et la création de cet impôt sur la fortune financière. Donc, cet impôt, il porterait sur 5 milliards d'euros ? Oui, tout à fait.
C'est-à-dire que depuis la suppression, par exemple, de l'IFI, même si notre IFF est différent, le patrimoine financier a beaucoup progressé. Ça, c'est vrai. Et on en revient à votre question intéressante tout à l'heure sur la taxe Zuckman.
C'est-à-dire qu'il y a en France une volonté d'équité fiscale, de justice fiscale, à savoir que ce n'est pas toujours les classes moyennes qui doivent tout payer. C'est le cas aujourd'hui. C'est vrai qu'il y a une toute petite partie des plus privilégiés en France qui paient moins d'impôts proportionnellement aux classes moyennes.
Ça, ce n'est pas normal. C'est pour ça que la taxe Zuckman est soutenue par 90%, 70% selon les sondages. Je ne pense pas que ce soit la taxe Zuckman elle-même qui soit soutenue, parce que techniquement, elle pose vraiment problème et économiquement, elle pose vraiment problème.
C'est le principe de la justice fiscale qui est soutenue, en fait. Il y a une mesure dont personne ne parle. Ça m'a frappé, d'ailleurs, parce que dans votre programme, vous voulez baisser les subventions aux associations, les aides à la presse, supprimer le plan vélo, par exemple.
Aux associations immigrationnistes. Pas seulement, parce que j'ai vu qu'il y avait aussi des associations culturelles, abus de social, etc. Mais il y a une recette qui m'a fait tiquer, pour vous dire la vérité.
J'ai vu que vous vouliez instaurer un ticket modérateur d'accès à la justice. Oui, enfin, ce n'est pas que nous, parce que c'est aussi dans le projet du budget, cette année. Ça fait partie des mesures.
Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faudra payer pour accéder à la justice ? Non, parce qu'évidemment, il y a des dispositions techniques précises.
C'est pour éviter...
C'est un reste à charge, comme la santé ? Non, c'est pour éviter l'abus des procédures. C'est-à-dire, en fait, c'est toujours les mêmes.
D'ailleurs, les abus, en général, en France, c'est toujours une petite minorité qui abuse, et c'est la majorité qui paie. C'est pour limiter les procédures abusives. Et quand vous déclenchez beaucoup trop de mesures, vous avez, comme quand vous refaites votre passeport, un timbre pour déclencher la procédure.
Mais c'est évidemment réservé aux personnes qui abusent des procédures. Encore une question, et ce sera la dernière sur le budget. Je vous lis.
J'ai cette faiblesse. Je lis tout ce que vous dites, tout ce que vous écrivez. Vous avez dit « Nous assumerons une rupture forte en matière de politique publique.
La santé, l'éducation, les collectivités sont les trois grands pourvoyeurs d'emplois publics, donc trois sources de réorganisation majeure. » Donc, si je comprends bien, dans votre programme, il y a l'idée de supprimer des emplois dans la santé, dans l'éducation et dans les collectivités ? Dans la bureaucratie qui étouffe les services publics dans ces trois secteurs, effectivement.
Vous avez une suradministration. La santé qui va mal, l'hôpital qui va mal, l'éducation qui va mal aussi. C'est un très bon sujet, monsieur Neumann, parce que justement, la santé, malheureusement, va mal aussi parce qu'elle est trop administrée.
C'est trop d'encadrements dans cet état de la santé. Vous savez que, par exemple, tout le monde critique les agences régionales de santé, les ARS. Même son créateur, monsieur Bertrand, finit par les critiquer et vouloir les supprimer.
Vous vous souvenez, pendant le Covid, certains hôpitaux avaient été dirigés à nouveau par les soignants. Et nous, on était favorables à ça. C'est-à-dire que, plutôt qu'une bureaucratie, c'était les soignants qui reprenaient le contrôle de leur lieu de travail.
On est très favorables à cela. Et c'est pour remettre, au contraire, des fonctionnaires et le service public devant les usagers, dans l'éducation, dans la santé et sur les collectivités territoriales. Donc, c'est réorganiser la bureaucratie pour qu'elle soit beaucoup moins puissante et remettre des moyens pour le service public sur le terrain.
Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen dit qu'elle ne croit pas à l'union des droites. Jordan Bardella, lui, tend la main aux Républicains pour une éventuelle alliance de gouvernement. C'est quoi la ligne ?
Parce qu'il y a deux têtes, on a l'impression qu'il y a deux lignes. Ah non, non, c'est exactement la même ligne. La même ligne, c'est que si, malheureusement, dans le cadre d'une élection législative, on n'avait pas une majorité absolue, on pourrait faire une alliance après les élections avec peut-être des Républicains qui seraient assez proches de notre programme.
Parce que, naturellement, c'est un grand nombre de nos idées sur l'immigration, sur la restauration de l'école. Parfois, les Républicains sont plus proches. Les Républicains, aujourd'hui, c'est Bruno Retailleau.
Et si je le lis, il dit je ne crois pas à l'union des droites. Oui, c'est dommage. Marine Le Pen clame tout haut qu'elle n'est pas de droite et son programme économique est de gauche.
Non, mais M. Retailleau est sans doute encore traumatisé par son séjour en Macronie et sa dissolution dans le macronisme. M.
Wauquiez, quant à lui, s'est carrément dissous dans le socialisme en refusant la censure avec les socialistes. Nous, on tend la main dans le cadre d'un deuxième tour. Mais ils peuvent surtout rejoindre Éric Ciotti qui, dans le cadre d'une alliance du premier tour avec nos amis de l'UDR, a montré qu'on pouvait travailler avec des forces de droite patriotes.
Je fais un pas de côté. Nicolas Sarkozy a été incarcéré mardi à la prison de la Santé. Deux officiers de sécurité en plus des agents pénitentiaires pour le protéger en prison.
Qu'est-ce que vous dites ? C'est la moindre des choses ? C'est inutile ?
C'est une faveur ? Vous en pensez quoi ? C'est-à-dire qu'il est sans doute menacé et que sa sécurité est nécessaire.
D'ailleurs, ça montre bien que le traitement de M. Sarkozy ne pouvait pas être un traitement comme un autre. C'est un ancien président de la République.
C'est injusticiable comme un autre. Il n'a pas plus de droits, mais il n'a pas moins de droits. Malheureusement, la prison, malgré le dévouement des agents pénitentiaires, parfois est un lieu dangereux, y compris d'ailleurs pour les agents de la pénitentiaire.
Donc, j'imagine que ces surveillants lui ont été attribués parce que sa vie était menacée. D'ailleurs, visiblement, ses premières nuits en prison se sont mal passées. J'ai même vu qu'il y avait peut-être des gardes à vue, je crois, en tout cas des procédures judiciaires contre des gens qui l'auraient menacée.
Donc, moi, Nicolas Sarkozy, ça a toujours été un adversaire politique. Moi, je me suis engagé, par exemple, contre la négation du référendum de 2005. Mais par contre, il a des droits et il ne doit pas du tout être menacé, évidemment.
Marine Le Pen a dit qu'Emmanuel Macron recevant Nicolas Sarkozy à l'Élysée, c'était la moindre des choses, c'était normal. Mais Gérald Darmanin qui va aller voir Nicolas Sarkozy en prison, ça vous convient aussi, ça ? Dans le cadre privé, il peut y aller.
Il n'y aura pas comme garde des Sceaux, évidemment. Le garde des Sceaux ne peut pas y aller par rapport à sa fonction. Mais à titre privé, il a le droit d'aller soutenir un ami.
C'est assez touchant, d'ailleurs. La loyauté, c'est rare en politique. Il y a quelques minutes, votre collègue Sébastien Chenu a demandé la démission de la présidente de l'établissement public du Louvre, Laurence Descartes.
C'est elle la responsable ? C'est elle qui doit payer pour ce qui s'est passé lors de ce cambriolage ? Bien sûr qu'elle est responsable et dirige le Louvre.
Je sais qu'en France, on veut toujours les honneurs, on ne veut jamais les responsabilités. Son audition hier au Sénat, ce que j'en ai vu était absolument lamentable, avec un aveu de démission sur la sécurité qui est très regrettable depuis des années. D'ailleurs, c'est l'analyse qu'on avait faite avec un certain nombre de membres du Rassemblement national.
Ceux qui connaissent et qui s'intéressent, notamment, on a un petit groupe qui a beaucoup s'intéressé à la vie culturelle avec Caroline Parmentier. On savait que la sécurité au Louvre n'était pas assurée. C'est un vieux débat, malheureusement.
Effectivement, elle aurait dû partir. Elle n'est pas la seule. Je pense que la directrice aussi de la sécurité du Louvre devrait partir avec elle.
C'est un autre sujet, mais au moins aussi important. Hier, ça ne vous a pas échappé, le chef d'état-major des armées planchait devant les députés de la commission de la défense pendant que les autres étaient en train de travailler sur le budget. Il a dit qu'il fallait se préparer à un choc d'ici trois à quatre ans face à la Russie.
Ça vous inquiète ? Bien sûr, ça m'inquiète. J'espère que ces déclarations se sont faites sur la base d'informations dont dispose le chef d'état-major.
Vous n'en doutez pas ? Bien sûr, ça veut dire que c'est inquiétant, mais il faut que l'armée française ait ses moyens. Vous savez que même avant l'invasion de l'Ukraine, le Rassemblement National a toujours été pour un effort de défense important.
C'est un combat que le mène même depuis le début, l'entrée en politique de Marine Le Pen. Nous n'avons jamais cru à la fin de la guerre, à la fin des tensions, à la sortie de l'histoire telle que l'avait appelé Francis Fukuyama. Nous n'avons jamais été dans la naïveté et c'est nos adversaires qui ont désarmé l'armée française et qui l'ont aussi mis trop sous la direction américaine.
Il faut une armée française libre. Du coup, ce sera ma dernière question. Ce n'est pas gênant, ce portrait que je viens de lire dans Libération du nouveau numéro 2 du Rassemblement National qui s'appelle, j'ai oublié son nom, Patrick Hubert.
Ses accointances, ses liens avec Moscou, dans le contexte qu'on vient de décrire vis-à-vis de la Russie, ce n'est pas un problème pour le Rassemblement National ? Écoutez, je n'ai pas lu ce portrait mais je le connais bien, Patrick, je travaille avec lui. Il a travaillé en Russie.
Le fait d'avoir travaillé en Russie pour des grands groupes français ne fait pas de vous le portrait que j'ai aperçu. Je soutiens évidemment Patrice et je ne comprends pas ses attaques. Il y a beaucoup de Français qui ont travaillé en Russie.
D'ailleurs, je rappelle qu'à l'époque, c'était Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande qui avaient favorisé l'implantation des entreprises françaises en Russie, que Jacques Chirac avait décoré de la plus haute distinction nationale Vladimir Poutine dans le cadre de ses partenariats économiques. Et c'est normal que des cadres français, des ingénieurs, soient allés en Russie travailler pour les intérêts français. Je trouve que c'est un mauvais procès.
Je le rappelle, vous allez donc présenter ce contre-budget avec Marine Le Pen pour le Rassemblement National. On le diffusera d'ailleurs sur BFM TV tout à l'heure. Merci Jean-Philippe.
Merci à vous. Bonne journée. C'est 8h47 sur RMC et BFM TV.
Jean-Philippe Tanguy