Présidentielle 2027, Iran ... L'interview de Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Faut-il dire les choses sur le nucléaire iranien ?
- 0:45OuverteRéponse directe
Quel est le moment actuel dans les négociations ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Pourquoi un accord rapide serait un marché de dupe ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Quelles pressions poussent Trump à un accord ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Quel rôle joue la Chine dans ce dossier ?
- 5:30OuverteRéponse directe
L'Europe a-t-elle un rôle à jouer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Dominique de VillepinFait
« Il a fallu 12 ans pour conclure l'accord sur le nucléaire, qui a finalement été signé par les grandes puissances à l'époque de Barack Obama. »
- 2:00Dominique de VillepinFait
« J'avais moi-même, en 2003, initié le processus avec mes homologues anglais et allemand. »
- 3:00Dominique de VillepinFait
« Il y a deux pressions sur Donald Trump qui sont aujourd'hui majeures et qui le poussent à un accord. »
- 4:00Dominique de VillepinFait
« Il va devoir affronter les élections de mi-mandat. Et ça se présente mal avec une opinion publique américaine qui n'a pas élu Donald Trump pour qu'il ouvre des guerres sans fin un peu partout à travers le monde. »
- 5:00Dominique de VillepinFait
« Il a par ailleurs au mois de juin les débuts de la coupe du monde de football aux Etats-Unis et puis quelques semaines plus tard, le 4 juillet, les 250 ans, la commémoration des 250 ans de l'indépendance américaine. »
- 6:00Dominique de VillepinFait
« Il y a vraiment un torrent de réactions hostiles à la perspective de cet accord de la part d'une grande partie des républicains, des sénateurs, d'anciens généraux. »
- 8:00Dominique de VillepinFait
« La Chine a fait preuve de patience jusqu'à maintenant, mais la Chine paye un prix très fort du fait de la fermeture du détroit d'Hormuz. »
- 9:00Dominique de VillepinFait
« Donald Trump est très sensible aux investissements des pays du Golfe. »
- 10:00Dominique de VillepinFait
« Les Iraniens veulent à la fois de l'argent frais. Ils sont complètement en banqueroute. »
- 12:00Dominique de VillepinFait
« Il y a trois exigences dans cette campagne présidentielle. La première, c'est de voir à quel point aujourd'hui notre démocratie est menacée. »
- 13:00Dominique de VillepinFait
« Gouverner, être un responsable politique, c'est pas distribuer à tout va l'argent public. »
- 14:00Dominique de VillepinFait
« Il faut avoir une majorité pour pouvoir mettre en place une vision stratégique pour la France. »
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faut dire les choses sur le sujet du nucléaire on va accueillir notre prochain invité c'est dominique de villeport merci beaucoup patrick duteurs d'avoir été avec nous et on se retrouve évidemment très vite sur le plateau de bfm tv ancien premier ministre ancien chef de la diplomatie française bonsoir et bienvenue ravi de vous accueillir avec Thierry Arnaud nous sommes donc si l'on en croit les américains et les iraniens dans la phase de finalisation d'un protocole d'accord de paix mais on voit bien que sur les sujets les plus brûlants il y a plus de divergences que de consensus et surtout encore beaucoup de flou on a donc besoin de vous dominique deville pas pour essayer d'y voir un peu plus clair alors que donald trump je le précise aussi vient de réagir en disant en substance si je réussis à décrocher un accord ce sera un bon accord un accord juste et équitable l'iran doit cependant comprendre qu'ils ne peuvent ni développer ni se procurer l'arme nucléaire dans quel moment sommes nous selon vous dominique de villepin le plus vraisemblable c'est que nous sommes dans un moment qui correspond à un marché de dupe car un bon accord aujourd'hui est à peu près impossible Pourquoi ? Il a fallu 12 ans pour conclure l'accord sur le nucléaire, qui a finalement été signé par les grandes puissances à l'époque de Barack Obama. J'avais moi-même, en 2003, initié le processus avec mes homologues anglais et allemand. 12 ans de discussions invraisablement techniques, compliquées, difficiles.
Et là, sur un coin de table, en quelques jours, on prétend régler des problèmes aussi graves que la question du détroit d'Hormuz, la question du nucléaire. Inévitablement, la question des missiles qui est une grande préoccupation pour Israël et la question du soutien de l'Iran à un certain nombre de proxys comme le Hezbollah ou le Hamas. Donc, la vraie question, c'est de savoir quel est le prix que Donald Trump est prêt à payer pour avoir un accord.
Il y a deux pressions sur Donald Trump qui sont aujourd'hui majeures et qui le poussent à un accord. Première pression, c'est une pression intérieure. Il va devoir affronter les élections de mi-mandat.
Et ça se présente mal avec une opinion publique américaine qui n'a pas élu Donald Trump pour qu'il ouvre des guerres sans fin un peu partout à travers le monde. Il a par ailleurs au mois de juin les débuts de la coupe du monde de football aux Etats-Unis et puis quelques semaines plus tard, le 4 juillet, les 250 ans, la commémoration des 250 ans de l'indépendance américaine. Il faut faire ça en majesté.
Il a construit un arc de triomphe tout près de la Maison-Blanche et pour que cela résonne un peu partout à travers le monde, il est difficile d'imaginer que les Etats Unis soient encore en guerre. On pourrait vous objecter qu'il a deux pressions qui vont strictement en sens inverse. D'abord la première qui vient de son propre camp, il y a vraiment un torrent de réactions hostiles à la perspective de cet accord de la part d'une grande partie des républicains, des sénateurs, d'anciens généraux, des gens qui ont été dans des rôles éminents à son premier mandat.
Et puis il y a aussi la pression d'Israël bien sûr qui attend de lui une position parfaitement ferme. Vous mettez de l'eau à Montmoulin puisque vous soulignez le fait qu'aujourd'hui cet accord il ne peut se conclure qu'à la va vite. C'est mieux que rien.
Ce n'est pas d'ailleurs un accord de paix qui se prépare, c'est un protocole d'accord moyennant quoi des négociations vont s'engager pendant un mois, deux mois, on parle de 60 jours. Au terme de ce processus il pourrait y avoir un accord. Mais ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que là on définit simplement le cadre, on n'est pas du tout dans les derniers — Et c'est pour cela que je le dis clairement. La question, c'est de savoir à quel point Donald Trump veut un accord. On a parlé de la première pression intérieure.
Et vous avez raison de rappeler la position d'Israël pour Benjamin Netanyahou. C'est une Parce qu'il y a unanimité en Israël pour considérer qu'un accord qui se ferait sans garantie de l'élimination du programme nucléaire iranien serait dangereux pour Israël. Et comme des élections se profilent en Israël, on peut penser que Netanyahou en perd à l'autre prix.
Mais c'est pas ça qui va dicter le choix du président américain ? Eh bien il y a une deuxième raison qui a été importante au cours des deux dernières semaines. C'est son voyage à Pékin.
La Chine a fait preuve de patience jusqu'à maintenant, mais la Chine paye un prix très fort du fait de la fermeture du détroit d'Hormuz, une grande partie de son pétrole et du gaz passe par ce détroit. L'Inde, Mario Rubio était en Inde il y a quelques jours et de la même façon. Tous ces pays s'expriment sur le même ton et de la même façon.
Et Et à ceux-là, à ces grandes puissances, il faut ajouter les pays du Golfe. Donald Trump est très sensible aux investissements des pays du Golfe. Or, les grands pays du Golfe comme l'Arabie saoudite et un certain nombre d'États sont très contrariés par la politique américaine.
Donc il y a, dans le sens de la signature d'un accord, un mouvement important. Et est-ce que parmi toutes ces raisons que vous avez citées qui incitent Donald Trump, forcent même Donald Trump à décrocher un accord, il y en a une plus forte que les autres. Il prend le dessus sur les autres.
Alors il y en a une que je n'ai pas mentionnée, c'est que pour Pour le moment, cette aventure américaine est un fiasco. Et la question quand on a raté quelque chose, c'est de savoir à quel moment on fait tapis et on essaye d'habiller ça en victoire. Il pourrait imaginer repartir pour un tour, détruire, détruire encore, sans avoir aucune idée de là où il va.
Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, certes, ne sous-estimons pas ce qui a été fait par les Américains et les israéliens. Ils ont réussi à éliminer un certain nombre des dirigeants iraniens. Donc, de ce point de vue-là, ils ont marqué des points.
Mais le régime, même s'il est affaibli, le régime s Et il s'est durci. Et il s'est durci en particulier vis-à-vis du peuple iranien. Donc ils sont obligés de constater qu'il y a aujourd'hui des résistances extrêmement fortes en Iran et que le scénario qu'ils ont en tête à chaque fois dans toute intervention qui est le scénario vénézuélien on remplace des traits durs par un moins dur ou un très dur également mais que l'on tient dans sa main et bien n'a pas pour le moment fonctionné en Iran donc tout tout incite aujourd'hui à Donald Trump à essayer d'habiller cette situation pour sortir la tête haute de ce bourbier.
Comment peut-il sortir la tête haute ? Quelle est, pardonnez-moi l L'expression, mais quel est l'accord juste et équitable que va nous vendre le président américain ? Alors, l'accord pour Donald Trump n'a pas besoin ni d'être juste, ni d'être équitable.
Non, mais parce que c'est ce qu'il dit ce soir. If I make deal, I make good Mais vous savez, les diplomates ont beaucoup de talent pour écrire un accord qui aura toutes les apparences d'un accord sérieux, digne, juste et responsable. Le problème, c'est l'application de cet accord, c'est les garanties effectives que l'on aura dans la durée de voir cet accord s'appliquer.
Ce qui avait été le cas avec des mécanismes extrêmement pointus, notamment sous l'égide de la France, qui avait poussé très loin cette négociation au-delà de ce que souhaitaient les négociateurs américains. Donc le diable est dans les détails, dans une négociation technique et manifestement la diplomatie américaine aujourd'hui n'a pas les capacités, pas les compétences, en tout cas à travers les émissaires qui sont choisis, qui sont peut-être très bons en golf, très bons en gestion financière, mais qui n'ont qu'une compétence diplomatique et stratégique. Mais justement, vous dites le diable est dans les détails, mais là les divergences sont grossières.
Et c'est là où l'Europe a un rôle à jouer. Attendez, juste avant l'Europe, vous êtes en train de nous dire que quoi qu'il arrive, les États-Unis sortent perdant de cette affaire et il n'y a pas de voie de sortie qui leur permette à ce stade de redresser la situation à partir du moment où nous nous retrouvons avec les gardiens de la Révolution, ayant durci encore davantage leur position et qui sont aujourd'hui assez réticents à avancer dans la voie de cet accord. Et c'est là où il y a un équilibre à trouver pour les deux parties.
Il ne faut pas que les Iraniens soient saisis par l'hubris et par le sentiment de la toute-puissance, parce que nous n'y trompons pas. Il se trouve que j'ai grandi, vécu dans le sud global. S'il y a une vérité partagée dans le sud global, c'est que les États-Unis ont perdu cette guerre et que l'Iran a réussi à tenir tête aux Américains.
Et les Iraniens en sont absolument convaincus. Et vous aussi ? Moi, vous savez, je ne fais partie de ceux qui souhaitent l'intérêt général.
Et l'intérêt général, aujourd'hui, nous dicte un chemin de responsabilité, c'est-à-dire avancer dans la voie d'une négociation. Et de ce point de vue-là, je saisis la balle au bon pour dire que c'est bien que les Américains se rendent compte qu'on ne peut pas enfin obtenir tout par la force. C'est une règle de base et un certain nombre de nos dirigeants politiques français, y compris parmi les candidats à l'élection présidentielle, devraient s'en convainque, parce que quand on voit les positions qu'ils ont préconisées, il n'y a pas de solution par la force qui puisse aboutir sur une stratégie politique.
Or, les Américains ont commis une faute majeure à la suite de beaucoup d'autres faute depuis le début des années 2000, c'est de ne pas avoir de stratégie politique. Quand vous n'avez pas d'objectif politique, l'idée d'écraser l'adversaire, c'est quelque chose qui relève plus du Paris que de la responsabilité. Donc, je le dis, l'Europe...
Avant de parler de l'Europe...
Oui, mais c'est important parce que ça nous concerne nous. Mais bien sûr, et on va le faire. Mais vous disiez à l'instant, je suis obligée de rebondir là L'Iran a résisté face à la première armée du monde.
Mais grâce à qui ? Grâce à la Chine aussi. C'est la Chine notamment qui a fourni des renseignements apparemment décisifs pour frapper des bases américaines.
La La Chine qui, dans le même temps, vous nous expliquez tout à l'heure, faisait pression. La Chine joue un double jeu dans cette affaire. La Chine a joué un rôle et notamment à travers un certain nombre de matériel qu'on qualifie de duals, des armements duals qui peuvent être à la fois civils et militaires.
Des composants électroniques pour les missiles par exemple. Des composants électroniques qui ont vraisemblablement beaucoup aidé l'Iran. Et c'est pas un problème ça – Mais, mais, mais… – Je vous pose la question.
Ce n'est pas un problème ? – Bien sûr que c'est un problème, mais c'est la réalité du système international. Quelle est face à cela la situation dans laquelle on est ?
C'est que ce n'est pas cela qui explique la résistance de l'Iran. Parce que comment expliquez-vous le fait que l'Afghanistan a réussi à mettre en pièce et obliger les Américains à quitter l'Afghanistan ? C'est bien au-delà de l'aide de tel ou tel, ce sont des mécanismes historiques qui fait qu'une grande puissance qui intervient sur un territoire étranger est vouée à perdre dans tous les cas de figure dès lors qu'il n'a pas de stratégie politique et qu'il ne connaît pas le terrain dans lequel il intervient c'est la loi de l'afghanistan c'est la loi de l'irak c'est la loi de la libye pour nous français que nous avons payé cher c'est la loi du sahel donc on peut toujours trouver toutes sortes de raisons et d'alliances et de soutien la raison fondamentale c'est qu'on ne fait pas la guerre on n'utilise pas l'intervention militaire pour changer un régime vous prenez vous êtes contre l'usage de la force vous dites il faut respecter le droit international le remettre au centre du jeu sauf quand la force est encadrée et on a donc la chine qui prône pour les négociations sauf quand la force est encadrée par la légitimité internationale il y a quand même un certain nombre de cas où cela a pu arriver et que cette force peut, à partir de là, s'inscrire dans une véritable stratégie politique.
Mais on n'intervient pas parce que le matin, on s'est réveillé de méchante humeur, un peu partout à travers le monde, sans connaître la réalité, sans connaître la culture, sans connaître les régimes qui sont concernés. Et en l'occurrence, en Irak, les Américains ne connaissaient rien au système Ils ont balayé et l'armée, et le Parti basse, et le pays s'est effondré. Eh bien en Iran c'est pareil.
Ils ont cru qu'en tuant l'Ayatollah Comment il se sort de là ? Mais sur le nucléaire par exemple, est-ce qu'il faut revenir à ce qui avait été négocié en 2015 ? Ou autant en profiter pour aller plus loin ?
Il y a très peu de chances que Donald Trump aujourd'hui puisse arriver à un accord aussi bon que celui qui avait été négocié en 2015 et accepté par l'Iran. Et que Donald Trump a balayé en 2018. Sur le détroit d'Hormuz ?
Le problème de cet accord, c'est qu'il n'incluait pas les missiles qui sont une menace pour la région, on l'a vu pour les états du Golfe et une menace pour Israël et qu'il n'incluait pas également le soutien apporté par l'Iran à un certain nombre de forces proxys, dites proxys comme le Hamas ou le Hezbollah. Donc la question, c'était partant de cet accord qui était un bon accord et qui était appliqué si l'on en croit l'Agence internationale de l'énergie atomique. Il fallait l'élargir donc de façon à prendre en compte l'ensemble des facteurs.
Et puis il y Et proposer à Donald Trump à ce moment-là précisément et qu'il a refusé. Et puis il y a la question du détroit d'Hormuz. Rappelons que les détroits d'Hormuz étaient ouverts à la circulation, sans payage iranien.
Et les Iraniens ont des découvertes qu'il n'avait pas deux, qu'il n'avait pas qu'une carte en main, le nucléaire, qu'il voulait développer. Mais deux avec le contrôle du détroit d'Hormuz. Donc aujourd'hui nous nous retrouvons à essayer de revenir à une situation qui était meilleure hier qu'aujourd'hui.
On ne peut pas considérer en termes diplomatiques et politiques que toute cette affaire ait été parfaitement emmanchée. Et je le regrette de dire que tout cela était parfaitement prévisible. Mais ça fait 40, 47 ans que ce régime fait exactement ce qu'il veut et qu'il tient debout.
Qu'est-ce qu'il faut faire face à cela ? Et est-ce que les Iraniens ont entérêt à cet accord ? La vocation du système international n'est pas de changer les régimes par la force, sans quoi nous passerions notre temps à intervenir militairement partout.
Mais plus personne ne le respecte le droit international d'Emilie de Villepin, plus personne ne le respecte. Mais justement, et je suis un ardent défenseur et regrette que trop en France ait tendance à vouloir le balayer. Le droit international nous conduit alors, par la négociation, à essayer d'obtenir des accords qui permettent d'encadrer des puissances qui sont aussi dangereuses que le régime iranien.
Et c'est exactement ce qu'on avait réussi à faire au terme de la négociation de 2015. Les Iraniens, pendant trois ans, ont respecté l'accord de 2015. Le problème, c'est quand vous avez des personnages aussi imprévisibles que Donald Trump, quand vous avez le gouvernement Netanyahou qui, lui, a un tout autre objectif sur la scène internationale, puisque lui, ce qu'il veut, c'est pas seulement éradiquer le programme nucléaire iranien, il veut changer le régime iranien en espérant bien sûr que ce régime sera meilleur que le précédent.
Moyennant quoi on n'a aucune garantie en tout cas c'est la conviction des états du Golfe qui eux ont peur d'un Iran qui serait emporté par le chaos avec un certain nombre de provinces sécessionnistes et qui nous introduiraient alors dans un monde encore plus dangereux dans cette région. Donc le réalisme c'est d'essayer d'avancer en améliorant les choses, en responsabilité. Mais comment on améliore les choses sur le détroit d'Hormuz par exemple ?
Comment Donald Trump peut-il avancer sur ce sujet dans le cadre de ces négociations et revenir à la situation d'avant ? Eh bien là, il faut partir tout simplement des attentes des Iraniens. Et nous les connaissons.
Les Iraniens veulent à la fois de l'argent frais. Ils sont complètement en banqueroute. Et ils ne sont plus capables du tout, d'avancer sur le plan économique.
Donc ils ont besoin d'argent frais. Qu'il y ait les fameux avoirs gelés. Qu'il y ait des avoirs gelés qui soient très — Très progressivement, très progressivement susceptible d'aller apporter une petite respiration à l'Iran en veillant à ce que cet argent puisse bénéficier au peuple iranien qui souffre considérablement des sanctions.
Donc encadrons une petite ouverture légère et faisons en sorte que nous ne préparerions pas la revanche de demain. Parce qu'un Iran qui signerait des bouts de papier, mais qui ne serait pas tenu par ces bouts de papier, ce serait très facile pour lui de se remilitariser en tirant les leçons de la guerre qui vient d'avoir lieu. C'est-à-dire en renforçant son potentiel sur les côtes, en enterrant encore un peu plus ses installations nucléaires.
Et alors là, effectivement, nous nous c'est notamment sur les avoirs gelés qu'il faut que les Américains évoluent pour essayer de faire avancer ces discussions. Les avoirs gelés, d'autant plus que je pense que l'Iran estime aujourd'hui avoir une reconnaissance internationale qui justifie qu'ils puissent faire des gestes. Mais nous avons besoin de l'expertise des Européens dans le cadre de ces négociations.
Les Européens sont ceux qui connaissent le mieux ce dossier nucléaire et nous avons besoin de la garantie de sérieux qu'apportent les Européens. et dans cette négociation avec les autres puissances je pense qu'ils sont un élément aujourd'hui incontournable donc il est urgent que l'Europe retrouve sa place ni les Etats-Unis ni les Israéliens n'en veulent autour de la Oui, mais il se trouve qu'ils n'ont pas la compétence, puisque Israël de toute façon ne veut pas négocier sur le nucléaire. Israël veut détruire le potentiel nucléaire.
Donc la question de la position d'Israël ne se pose pas. En ce qui concerne les Américains, ils ont besoin d'être sérieusement aidés. Déjà à l'époque de Barack Obama, on se souvient des demandes qu'avait fait Laurent Fabius et qui avaient permis d'améliorer ces accords.
Donc je pense que la France notamment, avec d'autres pays européens, peut être un élément de sérieux et de garantie. Vous savez, Donald Trump, il n'est pas totalement exclu qu'il n'ait pas un peu conscience de ce très beau gâchis dont il essaie de se sortir. Vous savez, on peut fanfaronner au devant de la scène internationale tout en étant lucide sur la réalité.
Là, il cherche à s'extirper d'une situation difficile et il est vraisemblable que dans les prochains mois, il réglera ses comptes avec ceux qui l'ont entraîné dans cette situation. Ça veut dire qu'il est quand même malgré tout capable de faire preuve de lucidité de temps en temps L'avenir nous le dira. Et avec quelle capacité de continuité ?
Vous savez, il faut prendre Donald Trump au pied de la lettre et au pied de la décision. Moi, je ne fais pas de crédit dans ce domaine-là. Ce qui compte, c'est les actes qu'il prendra.
Et ce qui est important, c'est de constater ce soir qu'il y a un chemin. Ce chemin est fragile. Il est plein de bonnes intentions et plein d'illusions.
Mais nous pouvons le Je ne crois pas que la diplomatie américaine aujourd'hui soit en mesure d'affronter la diplomatie iranienne parce qu'elle n'a pas le professionnalisme suffisant et la technicité est suffisante. Je parle de l'équipe qui est menée par Jared Kushner et Steve Wilkoff. Pourquoi ?
Ce sont tous des imposteurs ? Parce qu'au fil des années, Donald Trump a découragé les diplomates professionnel et c'est là où on se rend compte que la diplomatie c'est un métier, n'est pas diplomate qui veut, ce n'est pas sur le green des terrains de golf ou dans l'achat d'immeubles que l'on se forge à comprendre une négociation aussi difficile que la Ils sont incompétents ? Mais ils ne sont pas, tout simplement, pas formés à ça.
Ce n'est pas leur métier. On ne s'improvise pas. Vous savez, j'ai mené la première négociation.
Ce sont des sujets ardu. Ça demande des nuits et des nuits de travail, pendant des mois et des mois, si l'on veut être capable de voir le petit trou de souris par lequel on peut passer, ou le petit piège qui est au milieu de la quatrième page et qui va se retourner contre vous si vous ne faites pas quelque chose. Donc, c'est compliqué, c'est difficile.
Ce n'est pas pour les amateurs. Et malheureusement, aujourd'hui, sur les grands sujets du monde, on le voit en l'Ukraine. Il y a trop d'amateurisme dans la façon de traiter ces sujets, même si je dois dire que, de ce point de vue-là, les Européens ont réussi à renverser la situation en Ukraine.
Tout le monde pensait que dès lors que les Américains n'apporteraient plus leur aide à l'Ukraine, eh bien, l'Ukraine allait s'effondrer. Le courage des Ukrainiens, le soutien déterminé des Européens fait qu'aujourd'hui, eh bien, la situation, même si c'est très très dur pour les Ukraine résiste et reprend parfois du terrain, mais rien n'est réglé. Mais malgré tout, malgré tout, les Russes n'avancent pas et c'est plutôt l'inverse.
Alors vous parlez justement du rôle des Européens et de la France. Vous êtes très sévère à l'égard d'Emmanuel Macron sur le plan international. Notamment, vous dites que ça fait 7 ans que le président se trompe et qu'il n'a pas marqué un point sur les chéquiers internationaux.
Typiquement, vous, président de la République, est-ce que vous auriez envoyé le porte-avions Charles de Gaulle dans la région et si oui pour faire quoi ? Le président a voulu signifier l'importance que nous attachions à ce qui se passait dans le golfe. Donc il a bien fait ?
Donc le fait d'envoyer le porte-avions participe de ces gestes mais le risque toujours à partir d'une bonne intention d'être pris dans un engrenage dès lors qu'il avait annoncé très clairement qu'il n'était pas question pour nous de participer à des opérations dans le cadre du Golfe pour ouvrir le détroit d'Ormuse à la circulation dès lors que la guerre continuerait, je pense qu'il avait posé le cadre et que ça permettait de rassurer et de clarifier l'engagement qui était le nôtre, qui est un engagement de principe mais qui n'est pas un engagement opérationnel. Est-ce que vous, président, comme lui, vous prenez votre téléphone hier pour appeler Donald Trump et les dirigeants des pays du Golfe pour rappeler votre position et rappeler que la solution diplomatique est la seule solution. Oui, je pense qu'à chaque étape, la diplomatie et la gestion de crise supposent non seulement qu'on rappelle des positions parce que ça, bon, c'est sympathique, mais c'est pas ça qui fait avancer les choses.
Mais qu'à chaque étape, on soit capable d'ouvrir des chemins, d'offrir des portes de sortie, des scénarios qui permettent à ceux qui n'ont pas forcément vu le piège dans lequel ils se mettaient, de trouver une issue. Et je pense que la France fait partie des pays qui peuvent aider dans nombreuses crises, qui peuvent aider à construire des solutions. C'est vrai en Ukraine, c'est vrai dans le Golfe.
J'aimerais croire que c'est vrai à À Gaza, ou encore au Liban, où l'on voit bien qu'une des grandes questions derrière ce protocole d'accord, c'est de savoir si le Liban sera inclus dans le cadre de cet accord. Est-ce que les armes vont s'arrêter ? Et notamment le désarmement du Liban, et est-ce que le sud du Liban, qui est en train d'être dévasté village après village, est-ce que tout cela va finalement conduire à la fin de l'occupation israélienne – Comment vous faites pour que le président américain vous écoute ?
Parce que Thierry Arnaud le disait tout à l'heure, il s'en fiche totalement de la vie des Européens aujourd'hui. – Oui mais Donald Trump ne se fiche pas du résultat. – Comment vous faites pression sur lui – Mais il ne s'agit pas de faire pression, il s'agit en permanence d'offrir, et c'est ça le rôle de la France, d'offrir un certain nombre de propositions, un certain nombre de scénarios d'action, un certain nombre de portes de sortie.
En l En l'occurrence, Donald Trump, il est prêt à accepter aujourd'hui toute stratégie qui lui permet à la fois de ne pas trop perdre sur le terrain et en même temps de retirer ses troupes. Donc il y Il y a aujourd'hui un savoir-faire diplomatique qui, une fois de plus, appartient aux Européens et en particulier à la France dont nous ne devons pas être économes. Dans la mesure où on peut avoir des idées, on peut avoir des stratégies, et bien partageons-les.
Est-ce que vous, Président, vous faites en sorte que la France garde sa place dans le commandement intégré de l'OTAN ? Oui, la décision a été prise en 2008. C'est une décision qui m'est apparue...
L'OTAN, ça veut encore dire quelque chose ? M'est apparu à l'époque très discutable. Mais la France ne doit pas en permanence zigzaguer, osciller.
C'est une décision qui a été prise. Et dans ce cadre là, par contre, nous devons avoir une liberté de parole, une liberté de proposition et puis surtout une liberté de conviction. Et puis vous dites que je critique Emmanuel Macron.
De ce point de vue, je reconnais très volontiers qu'il a avec beaucoup de rigueur, maintenu un cap, celui de l'autonomie stratégique, de la souveraineté européenne. Et il a été le premier en Europe à dire attention, le soutien américain c'est pas pour toujours, nous devons nous préparer. Et je pense qu'un des grands enjeux de la bataille présidentielle, ce sera la bataille de la souveraineté, pas uniquement la souveraineté militaire.
La souveraineté dans le domaine technologique, dans le domaine numérique, dans le domaine financier, c'est une nécessité absolue. Il y a trois exigences dans cette campagne présidentielle. La première, c'est de voir à quel point aujourd'hui notre démocratie est menacée.
Nous devons la défendre. Elle est menacée à l'extérieur, on le voit par les plateformes numériques notamment, par tous les populismes qui cherchent à interférer avec la volonté française. Et elle est menacée également à l'intérieur par la montée de forces autoritaires et populistes.
Par ailleurs, deuxième exigence, au-delà de la défense d'un régime démocratique, nous devons apporter davantage de confiance aux Français. Les Français y sont sidérés par ce qui se passe, préoccupés tous les jours par la question de leur plein d'essence, la question de leur emploi. Alors vous, Président, est-ce que vous faites une ristourne à la pompe pour aider tous les Français pour faire face à la hausse du prix du carburant ?
Mais Mme d'Arfeuil. Gouverner, être un responsable politique, c'est pas distribuer à tout va l'argent public. C'est ce qui a été fait, malheureusement, il y a quelques années...
Donc finalement, vous faites souvent comme Emmanuel Macron Là aussi, en l'occurrence, être ciblé, limité. Mais il s'agit d'être responsable, être ciblé, mais il faut anticiper deux choses. Moi, ce que j'apporte sur la scène politique aujourd'hui, c'est mon expérience.
Et je Je dis qu'il y a l'immédiat et qui va se dessiner d'ici à l'été encore davantage, qui est la question du prix du pétrole. Et donc il faut faire en sorte d'aider les plus touchés. Mais il y a aussi un deuxième combat qui va se nouer à l'automne et à l'hiver, qui est la bataille du gaz.
Parce que la question du chauffage cet hiver risque de se poser encore. Parce que cet accord, il sera signé ou ne sera pas signé. Il sera peut-être déjugé d'ici quelques semaines et quelques mois.
Et nous risquons de nous retrouver avec un prix du gaz qui monte en flèche. Dans ce contexte-là, je crois qu'il faut prévoir un certain nombre des mécanismes et en particulier un contingent garanti, avec un prix garanti pour les ménages qui leur permettra, pour un contingent de gaz, d'avoir la certitude qu'ils pourront se chauffer, qui a créé une caisse de stabilisation avec un un écrétage des prix à la hausse et un lissage. Justement, caisse de stabilisation...
Mais vous la remplissez avec quoi cette caisse ? Eh bien, écrétage quand les prix montent, et lissage quand les prix baissent. Ce qui permet de compenser et justement de ne pas avoir à débourser des sommes considérables.
Les Français qui vous écoutent ce soir sont fondés à avoir l'impression que vous parlez comme un candidat quand vous définissez le profil de et les priorités de celui qui doit être le prochain président de la république française je suis très soucieux d'essayer au mieux de répondre aux questions que se posent les français mais force est de constater que nous ne sommes pas encore dans le temps de l'élection et à bien des égards vous êtes en campagne Dominique de Villepin sauf que vous ne voulez pas l'officialiser pourquoi ? ça c'est une Parce qu'aujourd'hui, nous vivons à l'heure des faux départs de campagne électorale et des fausses campagnes. Aujourd'hui, tout le monde se presse pour déclarer sa candidature.
Je ne dirais pas que j'ai un peu le sens du ridicule, mais malgré tout, un un peu, et laissons passer les plus pressés. Il y a toutes sortes de jeunes responsables politiques qui veulent se faire les dents et montrer à quel point ils sont talentueux. Toutes sortes de positionnements...
Ça c'est pour qui ? Ça c'est Gabriel Attal Je vais être précis. Toutes sortes de positionnements qui parfois m'étonnent, quand je vois Gabriel Attal, voire même Édouard Philippe, utiliser toutes sortes de périphrases pour expliquer qu'ils sont les hommes de la rupture et du changement enfin alors du chiracisme il ya une chose gabriel attal s'est revendiqué du chirac il se trouve à vous fait sourire il se trouve que j'ai bien connu chirac et que je l'ai accompagné toute une partie de sa carrière et et alors s'il y a une chose dont je peux témoigner, c'est qu'il n'y a rien dans Gabriel Attal de Jacques Chirac.
Jacques Chirac a toujours été Jacques Chirac. Gabriel Attal doit apprendre à devenir Gabriel À partir de ce moment-là, on pourra faire des comparaisons. Mais vous savez, le premier objectif d'un autre politique, c'est d'être lui-même.
À partir de là, on peut se donner des exemples, on peut prendre des modèles, mais on doit s'affirmer en tant que Mais le temps de la campagne, c'est quand ? Permettez-moi, parce que nos compatriotes s'interrogent, mais il y a un élément très important à ce stade de la campagne. À ce stade de la campagne, il y a un élément central.
C'est qu'on commence à comprendre que l'élection présidentielle n'est qu'une première étape de ce que nous allons avoir à affronter. La deuxième étape va venir tout de suite après, c'est qu'il ne suffit pas de gagner l'élection présidentielle. Et c'est ça qui m'obsède.
Il faut avoir une majorité pour pouvoir mettre en place une vision stratégique pour la France. Or, nous n'avons que trois ou quatre candidats qui ont aujourd'hui clarifié leur position. Marine Le Pen a indiqué très clairement et jordan bardell a aussi au lendemain de l'élection ils choisissent la dissolution et à partir de là ils mettent en place un référendum qui aura pour but de définir la préférence nationale c'est-à-dire qu'on change de régime on n'est plus dans un même pays, la France on sort de la démocratie classique pour entrer dans le monde de la préférence nationale.
Edouard Philippe il y a quelques jours, papier très intéressant dit lui, au lendemain de l'élection présidentielle, moi je décide de dissoudre et je gouverne à travers des ordonnances, une loi d'habilitation qui permettra de gouverner à l'issue d'un référendum, ce qui nous fait entrer dans une mécanique autoritaire. – Où voulez-vous en venir ? Le temps presse, Dominique de Vébord. – Eh bien où je veux en venir ?
Tout simplement sur le fait que je choisis moi de avant l'élection, nous n'avons aucune chance de pouvoir gouverner après. Parce qu'il y a tout à parier que des élections législatives après les présidentielles donneront lieu au même résultat que la Chambre que nous connaissons aujourd'hui. C C'est-à-dire que nous nous retrouverons avec des élections présidentielles qui n'auraient servi à rien si ce n'est à changer le responsable ou la responsable à l'Elysée.
Donc, la grande bataille pour la France aujourd'hui, c'est pas de dire « je suis le meilleur », c'est pas de dire « je suis le plus beau », c'est pas de dire « je suis le plus intelligent », c'est de rassembler. Et c'est donc de choisir la personne qui sera la mieux à même, de rassembler à la fois les Françaises et les Français et les Français, et les forces politiques. – Et c'est vous, selon vous, mais vous ne pouvez pas encore le dire. – Je n'ai pas du « dû », je n'ai pas dit ça.
Ce que je dis, c'est que c'est un travail, et que ce travail, il faut le faire. – Oui ou non, l'ouverture d'une enquête par le Parquet national... – Oui ou non, l'ouverture d'une enquête par le Parquet national financier, pour ces deux statuettes que vous aviez reçues par Robert Bougie lorsque vous étiez chef de la diplomatie française, ça ne change rien pour vous ?
Oui ou non ? J'ai vraiment 10 secondes. – Il y a 25 ans, je serais ravi d'apporter toutes les explications nécessaires mais ça confirme en tout cas une chose c'est quand on revient dans la politique 20 ans après c'est pas pour se faire plaisir c'est véritablement parce que l'on a la volonté de servir son pays et cela ne fait évidemment que renforcer la détermination qui est la mienne.
Dominique de Villepin