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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 février 2026 24 min

Mort d'un militant identitaire à Lyon, loi Duplomb, inondations... Le "8h30 franceinfo" de Sandrine Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sandrine Rousseau, merci d'être avec nous sur France Info, bonjour Paul. Bonjour à tous. Quentin Derang, 23 ans, a été battu à mort jeudi à Lyon lors d'un affrontement entre militants d'ultra droite et d'ultra gauche. Les faits se sont passés en marge d'une conférence de l'eurodéputé insoumise Rima Hassan. Macroniste et la droite pointent des coupables, notamment la France insoumise. On écoute le garde des Sceaux Gérald Darmanin sur RTL.

0:27
Invité

Ce jeune homme de 23 ans est mort, molesté manifestement par l'ultra gauche. Et puis il y a en effet des discours politiques, notamment ceux de la France insoumise et de l'ultra gauche, qui mènent à une violence très débridée sur les réseaux sociaux et dans le monde physique.

0:42
Présentateur

Sandrine Rousseau, est-ce que la violence d'ultra gauche tue ?

0:46
Sandrine Rousseau

En tout cas, je voudrais apporter toutes mes pensées, toutes mes condoléances aux proches de Quentin Derang qui a été tué. Je dis sans aucune ambiguïté, sans aucune... Et vraiment, je le dis avec force, personne, personne ne doit mourir de ses idées. Personne ne doit être tué en marge d'une conférence. Personne, jamais. Jamais. Et en fait, c'est ce que je retiens de cet épisode, c'est qu'à Minneapolis, où il y a eu des tensions extrêmement importantes, les militants sur place ont réussi à s'opposer à l'extrême droite, aux milices, à la violence, sans eux-mêmes faire preuve de violence, jamais. Et en fait, c'est ça le modèle de lutte antifasciste.

C'est d'être en capacité de lutter véritablement contre le fascisme, mais sans user de violence.

1:42
Invité

Et on reparlera des Etats-Unis si vous le souhaitez, mais vous pourrez suivre à 15h sur France Info la conférence de presse du procureur de Lyon. Mais pour vous, ce matin, en France, qui est responsable de la mort d'un candidat ?

1:51
Sandrine Rousseau

Je n'ai pas fait d'enquête, je ne suis pas à la justice, on attend de voir quelle est la justice. Maintenant, il y a eu une personne morte, il faut que la justice travaille, il faut qu'elle fasse tout le travail d'enquête qui est absolument indispensable. Et en fonction de cela, évidemment, nous tirerons toutes les conclusions. Mais pour l'instant, au jour, à l'heure où je vous parle, nous ne savons pas. Il y a des soupçons, et c'est des soupçons réels. Et les personnes devront être condamnées, évidemment, mais aujourd'hui, nous n'avons pas d'éléments factuels sur qui a fait quoi.

2:26
Présentateur

Vous parlez des antifascistes, et vous faisiez le parallèle avec les Etats-Unis. Vous aviez dit que les antifas n'ont jamais frappé personne sur une vidéo qui a circulé ce week-end. Est-ce que vous le répéteriez aujourd'hui, ou justement, vous reconnaissez que ça peut tuer ?

2:41
Sandrine Rousseau

Au moment où je l'ai dit, manifestement, il n'y avait aucun mort. Donc, permettez qu'au moment où je l'ai dit, cette phrase était vraie. Maintenant, aujourd'hui, je prendrais sans doute un petit peu de précaution. Mais aujourd'hui, nous ne sommes pas en mesure de dire, de manière factuelle, les antifascistes ont tué. Aujourd'hui, on ne le sait pas encore. Peut-être pourrons-nous le dire ?

2:59
Invité

C'est ce que sous-entend le ministre de l'Intérieur. Oui, et il le sous-entend. Et il y a 100 euros 20 heures de France 2. Il le sous-entend. Il garde inconditionnel, mais il prend très clairement la génération. Tout le monde sous-entend plein de choses.

3:06
Sandrine Rousseau

Tout le monde sous-entend plein de choses.

3:06
Présentateur

Il dit manifestement que l'ultra-gauche était à la manœuvre. C'est plus qu'un sous-entendu.

3:10
Sandrine Rousseau

Oui, et bien, il le dit. Aujourd'hui, à ce que je sache, il est ministre de l'Intérieur et ministre de la Justice. Ils ne sont pas en charge de l'enquête. Donc, le parquet a été extrêmement prudent. Moi, j'interroge aussi quand même, parce que ça n'est pas dit dans le débat, le rôle des renseignements généraux du préfet, de la police. Parce que, pour avoir fait des conférences, pour avoir fait nombre de conférences dans des universités et avoir subi la présence intimidante, en tous les cas qui se voulait intimidante, de l'OAS, du GUD, de l'extrême droite, à plusieurs des conférences que j'ai données.

Je me demande à chaque fois comment se fait-il que des militants de ces organismes-là ne soient pas plus arrêtés en amont de ces conférences. Il n'y avait pas assez de policiers ? Il y a eu une défaillance. En tous les cas, comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu d'anticipation de tensions par la police qui est arrivée manifestement après les tensions ? Je pense qu'il va falloir aussi interroger cette dimension-là.

4:13
Invité

Le ministre de l'Intérieur, là-dessus, a répondu dans le 21 de France 2 en disant que, selon lui, le dispositif était optimal et que c'était à 14-50 mètres de la conférence de Sciences Po à Lyon et qu'il n'aurait pas pu...

4:22
Sandrine Rousseau

Non, mais évidemment qu'il va dire que le dispositif était optimal. C'est les mêmes qui nous ont dit que les écologistes étaient des écoterroristes. Enfin, je veux dire, il y a quand même une... et qui accusaient ces supposément écoterroristes à Sainte-Soline et puis on a vu après la réalité des choses. Donc, évidemment, ils ont des éléments de langage à ce stade. Moi, je ne veux pas précisément en avoir. Je vous dis, je mesure la gravité de ce qui s'est passé. J'apporte toutes mes pensées aux proches et maintenant, place à la justice et nous en tirerons les conséquences.

4:52
Présentateur

Sandrine Rousseau, il y a un groupe qui est pointé du doigt dans cette affaire. La responsabilité de la Jeune Garde antifasciste, un groupuscule d'extrême-gauche cofondé par le député La France Insoumise, Raphaël Arnaud. Mediapart affirme même qu'un collaborateur parlementaire de Raphaël Arnaud était présent sur les lieux du drame. Si c'était le cas, qu'est-ce que ça signifierait et quelles conclusions vous en tireriez ?

5:15
Sandrine Rousseau

Déjà, il a quitté ses fonctions de collaborateur. Le temps de l'enquête. Le temps de l'enquête, donc il a déjà pris des mesures. À ce stade, il n'y a pas d'élément permettant de dire qu'il était dans le groupe qui a tué Quentin de Ranck. Moi, je voudrais quand même poser le fait que nous avons besoin... Si c'est le cas, Sandrine Rousseau, si c'est le cas. Oui, je vous réponds juste après, mais je voudrais quand même poser que nous avons besoin, dans le moment qui est le nôtre en France actuellement, de militants antifascistes. Ces militants antifascistes sont indispensables. Pour le coup, ils ne doivent pas... Ce type de militants antifascistes est indispensable ?

Pour autant, ils ne doivent pas utiliser la violence physique. Donc, on a besoin des militants antifascistes qui ne doivent pas utiliser la violence physique, ni être dans une attitude viriliste autour de la politique, parce que là, derrière, il y avait quand même...

6:04
Présentateur

C'est pas le seul groupe antifasciste qui manie la violence. Vous savez que c'est le propre de ces groupes.

6:11
Sandrine Rousseau

Non, ça n'est pas le propre de ces groupes. La militance antifasciste, encore une fois, et je reprends les exemples des États-Unis, n'utilise pas la violence. Et d'ailleurs, la violence contre les personnes n'est pas utilisée comme étant dans la palette des possibilités. Non, mais en France, non plus. Donc, voilà, moi, je dis oui au militantisme antifasciste. Oui au militantisme antifasciste, parce qu'en plus, en ce moment, on en a besoin. Non, jamais, jamais, jamais à la violence contre les personnes.

6:43
Invité

Je reviens à ce jeune homme assistant parlementaire, Jacques-Élie Favreau, qui nie, c'est important de le préciser, qui nie formellement être responsable du drame, mais donc qui s'est retiré de ses fonctions le temps de l'enquête. Est-ce que, pour vous, son patron, Raphaël Arnaud, votre collègue, LFI, peut se maintenir à ses fonctions, lui, le temps de l'enquête ?

6:59
Sandrine Rousseau

Mais on va, enfin, il y a l'enquête, on va voir l'enquête et on verra après comment tirer les conclusions de cette enquête. Encore une fois, la gravité des faits nous oblige aussi à ne pas tomber. Vous savez, dans les moments de bascule comme ça vers l'extrême droite dans les pays, les militants de gauche sont souvent accusés de tous les maux. Non, mais je vous le dis, on exonère aussi trop facilement les responsabilités d'en face. Et donc, je le dis, moi, j'attends, je suis prudente. Je serai sans complaisance. Je vais vous le dire, je serai sans complaisance. Mais aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, nous ne savons pas quelles sont les responsabilités dans ce drame.

7:36
Présentateur

Mais on sait que c'est un militant nationaliste qui a été tué, Sandrine Rousseau. Absolument, on le sait,

7:39
Sandrine Rousseau

mais ce n'est pas parce qu'il est militant nationaliste qu'il mérite quoi que ce soit et aucune violence physique. Donc, il n'y a pas de sujet là-dessus.

7:44
Présentateur

On écoute Sandrine Rousseau. Jean-Luc Mélenchon, alors que Gérald Darmanin, notamment, pointe la complaisance de la France insoumise pour la violence politique, alors que le ministre de l'Intérieur, ce matin, pointe les liens extrêmement forts entre LFI et ce mouvement de la Jeune Garde. Écoutez ce que disait Jean-Luc Mélenchon au moment où Bruno Rotaillot a voulu dissoudre ce mouvement.

8:05
Locuteur 3

La Jeune Garde est une organisation alliée, liée au mouvement insoumis qu'ont fait ces jeunes gens. Vous avez des actes à leur reprocher. Ah, j'en parle avec passion parce que ce sont mes jeunes camarades.

8:17
Présentateur

Voilà, Jean-Luc Mélenchon qui défend avec ferveur la Jeune Garde. Vous-même, vous aviez posté sur vos réseaux sociaux soutien à la Jeune Garde. À l'époque, c'était en avril 2025. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous regrettez vos propos ?

8:30
Sandrine Rousseau

Non, je ne regrette pas mes propos parce qu'encore une fois, au moment où j'ai posté, il n'y avait aucune violence physique. Et par ailleurs, nous avons encore une fois, dans un moment de bascule, besoin de cette résistance à l'extrême droite qui n'est pas un mouvement comme les autres, qui est un mouvement violent, qui est une idéologie politique, qui met le racisme, l'antisémitisme, le sexisme comme étant des valeurs au nom desquelles on pourrait avoir une opinion politique. Je peux vous dire qu'à l'Assemblée d'une violence qui est...

9:01
Présentateur

Non, mais en fait, tu es aujourd'hui. Non, mais pardon, parce que vous faites comme s'il n'y avait pas eu un mort. On parle d'une violence qui est...

9:05
Sandrine Rousseau

Vous rigolez ou quoi ? J'ai dit depuis le début que je prenais la gravité des faits. Je vous le dis, il y a eu un mort et je condamne absolument cet acte. Je condamne absolument toutes les personnes qui l'ont fait. Aujourd'hui, nous n'avons pas la certitude, à moins que vous ayez des éléments d'enquête que je n'ai pas. Il n'y a pas la certitude que ce soit la Jeune Garde qui l'ait fait. Il n'y a aucune espèce de certitude. Si c'était le cas, réinvitez-moi et je vous poserai des mots là-dessus. Mais pour l'instant, à ce stade, il n'y a pas d'évidence.

9:31
Invité

Le ministre de l'Intérieur le pense, le dit. Jean-Luc Mélenchon, en meeting hier soir à Montpellier, a nié toute responsabilité de son parti et de la Jeune Garde et de l'eurodéputée Rima Hassan dans ce drame. On l'écoute.

9:41
Locuteur 2

Par conséquent, nous n'avons rien à voir. Elle n'a rien à voir avec ce qui s'est passé. Êtes-vous d'accord avec cette affirmation ?

9:49
Sandrine Rousseau

Rima Hassan allait faire une conférence dans une université. Elle allait faire une conférence dans une université. Quelle est sa responsabilité là-dedans ? Il y a des liens extraits. Si on n'en arrive à plus pouvoir... Après, ça pose des questions. Si on nous interdit la parole au motif que, dans le cadre des paroles que l'on pourrait poser, il ne se pourrait qu'à 500 mètres, il se passe quelque chose, que la police n'intervienne pas... Non, en fait, ça participe du débat démocratique que Rima Hassan soit dans les universités. C'est très important que les universités restent des lieux de débats intellectuels et de débats militants aussi.

Et en fait, voilà, elle ne peut en rien être concernant.

10:29
Présentateur

Les macronistes, c'est la complaisance de la France insoumise vis-à-vis de la violence. Raphaël Arnaud, par exemple, cofondateur de la Jeune Garde et élu député de la France insoumise, a été définitivement condamné en décembre 2025 pour violence volontaire en réunion. La question, ce que pointe aujourd'hui le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur, c'est une forme de complaisance de la France insoumise pour la violence. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse ?

10:48
Sandrine Rousseau

Moi, je n'ai aucune espèce de complaisance avec la violence physique. Mais est-ce que vous êtes d'accord ? Je fais même de ma ligne politique une priorité que de lutter contre toutes les violences. Donc, ne me demandez pas ça à moi. Moi, je vous le dis, il n'y a pas de violence acceptable. Il n'y a pas de violence acceptable. On entend ce que vous dites,

11:05
Invité

mais là, on vous interrogeait sur LFI. Sur LFI. Et sur les liens entre la France insoumise et la Jeune Garde, il y a des liens extrêmement forts à dire ce matin à la ministre de l'Intérieur.

11:11
Sandrine Rousseau

Évidemment, Raphaël Arnaud est dans le groupe de la France insoumise. Je vous redis qu'aujourd'hui, la Jeune Garde n'est pas... Il n'y a pas de preuve que ce soit la Jeune Garde qui est responsable du meurtre de Quentin, que les militants antifascistes, et je le redis pour la quatrième fois, sont indispensables à la situation politique actuelle. Maintenant, si on s'aperçoit que ce sont des militants de la Jeune Garde, eh bien, on verra comment on réagit à ce moment-là. Aujourd'hui, il n'y a pas de preuve de cela. Comment vous vous situez face à LFI ce matin ?

11:39
Invité

Vous, personnellement ?

11:40
Sandrine Rousseau

Je trouve qu'ils sont victimes d'une espèce de cabale incroyable, alors que là, ils ne sont pour rien dans cette affaire. C'est-à-dire que LFI n'est pas responsable de la situation que nous avons vécue à Lyon, aussi dramatique cela soit-il. Et je ne vois pas comment... Enfin, j'ai l'impression que, quoi qu'il se passe, à la fin, ils ont une forme de responsabilité. Là, il n'y a pas... Parce que j'ai entendu, même sur votre antenne tout à l'heure, qu'on disait que leurs mots étaient des appels à la violence. Quels appels à la violence ont-ils faits ? Avez-vous des phrases permettant de dire qu'ils ont appelé à la violence ? C'est extrêmement grave comme accusation.

Non, ils n'appellent pas à la violence. Ils ont un projet politique radical. Et encore, je vais vous dire, en vrai... On vient de vous rappeler juste les condamnations

12:21
Invité

de Raphaël Arnaud pour violences volontaires en réunion. Le passé de Raphaël Arnaud par le passé, il a été condamné pour cela.

12:25
Sandrine Rousseau

Raphaël Arnaud est un militant de la Jeune Garde. On verra si la Jeune Garde est condamnée. Je condamne moi-même tout acte de violence. Voilà, je ne peux pas être plus claire. Je ne peux pas être plus claire. Maintenant, LFI, c'est encore autre chose.

12:40
Présentateur

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, on parle de la France insoumise dans le viseur du ministre de l'Intérieur, Paul.

12:50
Invité

Exactement, la France insoumise mise en cause dans le drame dont on parlait de Quentin a aussi été classée à l'extrême gauche par le ministère de l'Intérieur en vue des municipales, ce qui est vivement contesté par les insoumis. Qu'en pensez-vous, madame Rousseau ? Est-ce que c'est justifié ?

13:02
Sandrine Rousseau

En fait, on va passer toute l'interview sur LFI. Alors que je ne suis pas de LFI, je suis des écologistes, je le rappelle. Mais l'extrême gauche, enfin moi je vais vous dire, quand il y a un arrêt du Conseil d'État, qui me semble quand même avoir investigué la chose, qui dit qu'il n'y a pas d'extrême gauche, c'est le ministre de l'Intérieur, Nunez, lui-même, qui a pris cette décision dans le cadre d'un positionnement politique qu'on lui connaît.

Après, moi ça me fait sourire, je vais vous dire, de mettre LFI du côté de l'extrême gauche, parce que moi j'ai entendu, par exemple, Manuel Bompard au MEDEF, sa ligne politique c'est une relance keynésienne, enfin je veux dire, en quoi c'est de l'extrême gauche ?

Vraiment, je pense que, vous savez, dans la montée de l'extrême droite, dans la montée du fascisme, il y a toujours des responsabilités collectives et individuelles, et vraiment, cette espèce de volonté, de mettre un signe égal, cette volonté de toujours, toujours pointer LFI comme étant responsable de tout, ils ne sont pas indemnes de toute critique, enfin je veux dire, évidemment, et moi-même j'en ai fait sur les plateaux, mais enfin je veux dire, c'est incroyable à quel point il y a cette obsession de LFI.

Donc moi je dis, la gauche a besoin aussi d'un volet qui soit en rupture avec le système économique et social que nous connaissons actuellement, LFI porte aujourd'hui très largement ce système de rupture, moi je suis écologiste, j'ai des critiques à leur adresser, et notamment aussi sur leur vision écologiste, bon voilà, pour autant, LFI n'est pas responsable de tous les problèmes de la France, ça n'est pas vrai.

14:32
Présentateur

Et Sandrine Rousseau, vous avez été élue aux côtés de LFI dans le cadre du nouveau Front Populaire. À propos de cette étiquette d'extrême gauche, on écoute ce qu'en pense le président de la République interrogé sur Radio-J. Il n'y a pas tellement de mystères pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche. Je constate que dans les positions qu'ils prennent, en particulier sur l'antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République. Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent et qui doivent être combattues. Emmanuel Macron pointe des expressions antisémites à la France insoumise. Est-ce que sur ce point, vous êtes d'accord avec lui ?

Toutes les expressions antisémites

15:04
Sandrine Rousseau

doivent faire l'objet de condamnations. On ne peut pas avoir la moindre complaisance avec l'antisémitisme, vraiment, d'aucune manière. Maintenant, je note qu'il n'y a pas eu aucune espèce de plainte contre LFI là-dessus. Je pense qu'ils ont eu des expressions qui n'étaient pas au bon endroit et je l'ai dit, je l'ai dit publiquement à chaque fois que je l'ai pensé. Pour autant, est-ce qu'il y a un antisémitisme structurel, institutionnel ? Chez LFI, la réponse est non.

15:34
Invité

Et personne n'a, puisque Jérôme Gage, qui est ami proche de Jean-Luc Mélenchon, député PS, pense que Jean-Luc Mélenchon est antisémite.

15:39
Sandrine Rousseau

Non, mais en fait, ça suffit, vraiment. Sur les rangs du Rassemblement National, il y a un député qui s'appelle Bocaletti, qui a tenu une librairie antisémite et une librairie négationniste. C'est-à-dire qu'en fait, il faisait du profit, il se faisait de l'argent en disant que la Shoah était sans doute un détail de l'histoire ou quelque chose de cet ordre et que le nazisme n'était pas si dangereux pour l'humanité. En fait... D'ailleurs, Emmanuel Macron pointe aussi le Rassemblement National. Il ne pointe pas que la France-Saint-Saint-Saint-Saint. Oui, mais enfin, ils se sont complètement exonérés.

Là, dans les critiques d'antisémitisme, on n'entend jamais la question du Rassemblement National qui... Enfin, moi, dans les militants identitaires qui manifestent à chaque fois, je pense que certains mettent des manches longues pour masquer les tatouages qu'ils avaient de proximité avec Hitler ou les SS parce qu'il y en a un paquet qui ont ça sur les bras. Il n'y a pas et il n'y aura jamais dans le groupe de LFI un seul député qui a tenu une librairie négationniste. Il n'y a pas dans le groupe LFI aucun député qui a un tatouage nazi sur le bras. Donc, ça suffit, en fait.

Maintenant, oui, il y a eu des expressions et j'ai été la première à le dénoncer qui n'ont pas été à la hauteur de l'enjeu au moment du 7 octobre. Vraiment. Et ça, je le regrette parce que je pense qu'il n'y a pas de place dans le camp de la gauche pour toute faille laissant penser que nous soutenons des discriminations, que nous soutenons des oppressions. Voilà, c'est notre ligne politique, notre droiture politique. Elle doit être dans la dénonciation de la violence et dans la dénonciation de toutes les discriminations. Voilà. Maintenant, je pense que vraiment, vous savez, on a vraiment, et je le répète, tous et toutes, une responsabilité très grande dans le moment.

Et moi, je tiens ma ligne qui est une ligne de valeurs. Et sur la base de ces valeurs, eh bien, je ne donnerai pas place à de la complaisance vis-à-vis de la banalisation des discours d'extrême-là.

17:36
Invité

Et ça nous intéresse aussi d'écouter vos valeurs et de vous écouter sur l'affaire Epstein. Est-ce que vous avez écouté, est-ce que vous avez lu plus précisément Jacques Lang dans la tribune dimanche ? Jacques Lang qui a démissionné et vous avez regretté qu'il n'ait pas démissionné plus tôt. Est-ce que vous l'avez lu hier ? Qu'avez-vous pensé ?

17:48
Sandrine Rousseau

Non, je n'ai pas lu. Alors, je vous le dis,

17:50
Invité

il dénonce un tsunami de mensonges et de ragots. Il se compare à Dominique Bourdis qui avait été accusé à tort. Il se dit soulagé que la vraie justice ait été saisie. Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'acharnement, une justice médiatique et numérique comme il le dénonce ?

18:02
Sandrine Rousseau

C'est ce qu'il pense. C'est l'affaire Epstein.

18:03
Invité

Sur Jacques Lang, oui.

18:04
Sandrine Rousseau

Sur Jacques Lang. Franchement. Vous avez l'air sceptique. Non, mais c'est pareil, la justice n'est pas passée et je ne vais pas me substituer à la justice. Mais enfin, l'affaire Epstein est quand même une espèce d'impunité d'homme de pouvoir qui se prêtait de l'argent mutuellement. Alors, il dit qu'il n'a jamais reçu

18:23
Présentateur

un centime.

18:23
Sandrine Rousseau

Enfin, sa fille était quand même dans le testament d'Epstein. Ça, c'est factuel.

18:28
Présentateur

Mais elle dit qu'elle n'a pas reçu cet argent.

18:30
Sandrine Rousseau

Oui, d'accord.

18:31
Présentateur

Et en tout cas, lui, Jacques Lang, dit je n'ai jamais reçu un centime de cet argent.

18:33
Sandrine Rousseau

Moi, ces hommes de pouvoir qui affichent le corps des femmes, je ne parle pas de Jacques Lang en l'occurrence parce qu'à priori, il n'est pas concerné par ça, mais qui affichent la capacité à violer et à agresser des femmes comme on affiche des pins et des médailles sur le revers de la veste comme des attributs du pouvoir. Franchement, qu'il se soit même acoquiné avec cet homme, qu'il ait même pu trouver des espèces d'affinités avec cet homme doit être questionné. Et en plus, j'ai entendu que c'était Woody Allen qui a quand même épousé sa belle-fille qui les a mis en contact. Je veux dire, rien ne va là-dedans.

19:08
Invité

Je ne regrette rien, je persiste et je signe, mais je souffre pour toutes les victimes de Jeffrey Epstein. C'est ce que dit Jacques Lang. Faut-il une commission d'enquête parlementaire sur le volet français de l'affaire Epstein comme le réclament certains de vos collègues au Parlement ?

19:19
Sandrine Rousseau

Je pense que tout moyen de faire la vérité sur l'affaire Epstein est nécessaire. Après, sur la commission d'enquête, je ne sais pas si c'est dans la mesure où il y a une procédure de justice en cours. En fait, les commissions d'enquête ne peuvent pas investiguer et ne peuvent pas avoir des documents quand il y a une procédure de justice en cours. Donc là, comme il y en a une, je ne sais pas si c'est le meilleur moyen, mais au fond, de toute façon, il faut utiliser tous les moyens de faire toute la clarté sur cette affaire.

19:49
Présentateur

Sandrine Rousseau, le sénateur Dupland a déposé une nouvelle proposition de loi visant à réintroduire l'acétamipride en tenant compte des remarques du Conseil constitutionnel qui avait remis en cause son premier texte. Le gouvernement entretient le flou sur son soutien. Qu'est-ce que vous en attendez de l'exécutif dans ce cas-là ?

20:10
Sandrine Rousseau

J'attends qu'il protège notre santé, enfin, j'attends qu'il protège l'eau qui est un bien commun essentiel. Aujourd'hui, la plupart de l'eau potable et des points d'eau potable sont contaminés par des pifaces ou des pesticides. Nous avons eu une discussion absolument lunaire en hémicycle jeudi sur un projet de loi porté par mon collègue Jean-Claude Rau qui visait à ce qu'il n'y ait pas de pesticides autour des points de captage d'eau potable, ce qui est quand même un peu le minimum pour qu'on ne boive pas de la chimie à chaque verre d'eau. Eh bien, il y a eu une obstruction et une incapacité à aller au bout de cette loi tellement on ne voulait pas de ça.

Et en fait, moi je dis l'eau, vraiment, je pense qu'on va rentrer maintenant dans un sujet qui va être une bataille de l'eau, une guerre de l'eau et en fait, l'eau saine, l'eau que nous pouvons boire, que nous pouvons faire boire à nos enfants, va devenir l'objet le plus précieux et le bien le plus précieux des prochaines années.

21:05
Invité

Un mot, vous parlez d'eau, pour la première fois, le risque de cru est désormais généralisé à 80 départements, donc on va dire quasiment toute la France. C'est pour ça qu'on parle de dérèglement climatique et non pas de réchauffement climatique.

21:15
Sandrine Rousseau

Non, non, c'est du réchauffement climatique parce que dérèglement, ça supposerait qu'il y ait eu un règlement à un moment et puis qu'en fait, il se soit déréglé. Là, on assiste à une augmentation de la température de l'atmosphère avec ce qu'on appelle des éléments extrêmes. Les inondations que nous vivons actuellement sont la manifestation de ces événements extrêmes, je voudrais dire et parce qu'aucun élément de cette interview ne sera positif et optimiste, mais en fait, là, ça n'est que le début de ces événements extrêmes.

Ils vont prendre une ampleur que nous n'avons jamais connue, raison pour laquelle nous devons changer nos comportements individuels, nous devons avoir des politiques publiques, nous devons réguler et intervenir sur les plus gros pollueurs qui sont les plus riches de la planète mais nous avons aussi une part de responsabilité individuelle et je voudrais que nous arrêtions de fermer les yeux sur ce qui est en train de se passer et solidarité avec les personnes qui subissent

22:03
Présentateur

des inondations. On a une dernière question, la question qui est retrouvée sur les réseaux sociaux, aujourd'hui, la question qui n'essentialise pas, Gisèle Pellicot, invitée ce matin de France Inter, appelle à ne pas amalgamer tous les hommes.

22:16
Sandrine Rousseau

Eh bien,

22:17
Présentateur

je suis d'accord. Quand on dit que c'est des hommes ordinaires et des messieurs tout le monde, bien sûr que non. On écoute donc Gisèle Pellicot qui appelle à ne pas amalgamer tous les hommes. Quand on dit

22:25
Locuteur 4

que c'est des hommes ordinaires et des messieurs tout le monde, bien sûr que non, ce ne sont pas des hommes ordinaires et des messieurs tout le monde. Je rassure tous ces hommes que je rencontre et je leur dis bien sûr que non, vous n'êtes pas des violeurs. Il ne faut pas faire l'amalgame de tous ces hommes.

22:38
Présentateur

Vous qui aviez dit ne pouvoir compter sur aucun homme dans le combat contre les violences faites aux femmes lors d'une interview. Oui, que vous regrettiez de ne pouvoir compter sur aucun homme. Est-ce que vous êtes d'accord aujourd'hui avec les propos de Gisèle Pellicot ?

22:50
Sandrine Rousseau

Je trouve que le procès Pellicot a donné lieu justement à des prises de conscience chez certains hommes qui ont pris des positions publiques qui étaient très courageuses d'ailleurs et qui disaient mais je me sens responsable et je voudrais avoir une autre parole pour me désolidariser de ce qui est en train de se passer et c'est précisément cette parole qui manque aujourd'hui dans le débat public. Je pense que Gisèle Pellicot a absolument raison sur le fait que ça n'est pas tous les hommes. On parle d'un rapport social, d'un rapport de domination et on le voit avec l'affaire Epstein. C'est véritablement un attribut du pouvoir que de pouvoir violer les femmes.

Mais je voudrais quand même dire aussi à Gisèle Pellicot que Mazan est une petite ville et qu'il a suffi d'une annonce pour que 100 hommes répondent positivement à cette annonce et il y a un journaliste au Québec ou au Canada je ne sais plus mais au Québec je crois qui a posté la même annonce que Dominique Pellicot et qui a lui aussi obtenu 100 réponses positives d'hommes donc c'est quand même beaucoup trop d'hommes en tous les cas.

23:48
Présentateur

Merci, ce sera le mot de la fin. Merci Sandrine Rousseau. Merci Paul. Merci, à demain. Merci, à demain.

Mort d'un militant identitaire à Lyon, loi Duplomb, inondations... Le "8h30 franceinfo" de Sandrine Rousseau — Sandrine Rousseau · Pourquijevote