Cédric Vial : « Nous avons les Jeux Olympiques d’hiver les plus sobres financièrement »
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Cédric Zial. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, sénateur de La Savoie, attaché au groupe LR semaine de JO, qui vont donc s'ouvrir du côté de l'Italie. Vous allez évidemment les scruter avec attention, puisque la prochaine fois, ce sera vous, la Savoie, les Alpes françaises, qui allez les accueillir. On va en parler dans quelques instants. Et c'est aussi à la une de la presse régionale. On va regarder trois titres. Celle de West France, la une, JO d'hiver derrière le sport, un pari financier risqué.
L'Italie, qui espère tirer des bénéfices économiques et touristiques des jeux de Milan-Cortina, qui s'ouvre donc vendredi. Mais entre dépassement de budget et recettes espérées, difficile d'y voir plus clair. La deuxième une, c'est celle du populaire du centre municipal. Les éoliennes électrisent le débat. Les élus, toujours attachés aux énergies renouvelables, justifient leur choix politique. Et puis la dernière une, c'est celle du Parisien. L'impunité des proxénètes du net. Le commerce en ligne de faveurs sexuelles, même avec des mineurs, échappe à toute sanction. Deux propositions de loi du Sénat visent à l'interdire, dont l'une sera examinée en séance mardi prochain.
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Des JO, probablement.
Je m'en doutais un petit peu. Les JO qui s'ouvrent donc vendredi, du côté de l'Italie, Milan-Cortina. On va longuement en parler. Mais d'abord, sur la une, un pari financier risqué. C'est risqué aujourd'hui d'organiser des Jeux olympiques ?
C'est un coût. Est-ce que c'est risqué ? Je pense qu'on en fait beaucoup aujourd'hui. On a les Jeux qui sont probablement les plus sobres financièrement. On est à peu près à 2 milliards d'euros de budget. 2,1 milliards, c'est le budget qui a été arrêté.
Pour les Alpes françaises.
Pour les Alpes françaises, pardon, 2030. On était à 4 milliards d'euros, par exemple, au dernier jeu. Donc, on est plutôt dans une logique de sobriété. Alors, 2 milliards, c'est beaucoup d'argent. Mais sur ces 2 milliards, c'est à peu près un quart qui est financé par l'argent public et 75% qui sont financés par du sponsoring de l'argent privé. Donc, c'est 500 millions d'euros d'argent public sur le financement du Cojob. Donc, oui, c'est beaucoup d'argent. Et en même temps, on peut relativiser quand on voit ce qui vient de se passer dans le 49-3.
Est-ce qu'on est capable de dépenser en une minute, dans une négociation avec un autre parti politique, pour des choses qui me semblent, sur le temps, moins impactantes ? Et puis, considérons que c'est un investissement.
C'est risqué aujourd'hui aussi pour les collectivités. Là, les Jeux des Alpes 2030, on va y revenir. Ils seront sur la région Auvergne-Rhône-Alpes, sur la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est très étalé. Pour les collectivités, est-ce que c'est prendre un risque d'organiser des Jeux ou est-ce qu'au contraire, c'est bénéfique ?
Ça a toujours été bénéfique, que ce soit Grenoble et, à plus forte raison, Alverville. On espère que ça le sera aussi. C'est le pari que l'on fait. C'est un coût de 500 millions d'euros pour l'État et les collectivités au sein du Cojob. Pour vous donner une idée, le budget de la région...
Quel comité d'organisation ? Voilà.
Le budget de la région Auvergne-Rhône-Alpes en investissement, c'est 1,3 milliard par an. Là, on est sur 500 millions solidairement payés sur 6 ou 7 ans. Donc, on va y faire face. Et c'est un investissement, je vous disais, parce que les investissements qu'on a fait à Albertville, par exemple, aujourd'hui font le succès de la Savoie et des Alpes. Toutes nos stations ont acquis une réputation et des infrastructures à Albertville sur laquelle on vit aujourd'hui. Je vous rappelle que c'est plus de 50% de l'économie du département de la Savoie qui est tournée autour des sports d'hiver.
Mais bien au-delà, je ne sais pas si les Français qui nous regardent le savent, 70% du fromage à raclette est fabriqué en Normandie, par exemple. Alors, moi, je ne parle pas de la raclette qu'en station de ski. Mais c'est toute une économie qui tourne autour. C'est plus de 120 000 emplois directs, l'économie du ski. Plus de 120 000 emplois directs. C'est un tout petit peu moins que l'industrie automobile. Mais c'est une vraie industrie. Et ça, c'est grâce notamment aux investissements qu'on a fait à Albertville qu'aujourd'hui, on en est là. Et c'est des investissements qui sont durables. On espère que ces jeux le seront aussi pour d'autres raisons. Parce qu'on va réutiliser nos équipements.
On va en remettre à jour quelques-uns. Mais ce que l'on souhaite, c'est donner l'image de la montagne de l'avenir avec des investissements nouveaux, notamment sur le mode de transport qui permettront de rendre la montagne plus durable mais toujours accessible dans 30 ans.
On va continuer à en parler. On va parler de cette question écologique. Vous allez débattre dans quelques instants avec la sénatrice écologiste Mathilde Olivier. Mais d'abord, Stéphane, on va voir avec vous parce que ces Alpes françaises, elles sont déjà au Parlement. Il y a un projet de loi pour organiser les JO d'hiver 2030 dans les Alpes qui a franchi la ligne d'arrivée parlementaire cette semaine.
Oui, le texte doit être définitivement validé aujourd'hui à l'Assemblée nationale jeudi au Sénat. Cette loi, elle permet l'adaptation de tout un tas de règles en vue des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver français qui se tiendront dans 4 ans tout pile. Et oui, 2030, c'est bientôt. Ce sera précisément du 1er février au 17 février 2030 entre Nice, Briançon, La Savoie, La Haute-Savoie, des stations comme La Plagne, La Clusa, Courchevel. Beaucoup de sites sont évoqués, mais on ne connaîtra la carte définitive des épreuves qu'au mois de juin. Cédric Vial, on va détailler les mesures que contient ce projet de loi. En quelques mots, vous dites quoi ?
Vous dites, ouf, on est enfin arrivé à faire voter ce texte ?
Oui, ouf, parce que le plus gros défi finalement de ces Jeux, il n'est pas financier, c'est le timing. C'est le temps qui nous reste jusqu'en 2030. Heureusement que beaucoup d'infrastructures sont déjà en place. Sinon, on aurait des difficultés peut-être à le faire. Je pense que la région PACA a probablement des investissements plus importants et plus lourds à faire que nous sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais la vraie difficulté, c'est une course contre la montre finalement sur certains équipements. Donc cette loi, elle était très attendue parce qu'elle va justement permettre d'accélérer un certain nombre de procédures.
Il y a quelques dérogations, mais les gens entendent, ce n'est pas une dérogation au droit, c'est plutôt une dérogation sur des procédures qui peuvent se mener en même temps pour essayer de gagner du temps sur la réalisation de certaines infrastructures. Donc oui, elle était importante.
– Et en attendant de pouvoir aller voir du bobsleigh ou du saut, à ce qui que contient ce texte GIO 2030 Stéphane ?
– Alors cette loi, elle a 37 articles, Auriane, qui portent, vous le disiez, autant sur l'aménagement, l'urbanisme, le dopage aussi, le travail le dimanche ou encore la publicité et la sécurité. Beaucoup de sujets abordés donc. Mais commençons par le plus débattu peut-être, celui de la sécurité. Cette loi permet, par exemple, des enquêtes administratives élargies sur des personnes qui pourraient travailler sur les sites olympiques. Il y a aussi l'interdiction de paraître, une mesure administrative prononcée par le ministère de l'Intérieur contre toute personne qui menacerait la sécurité publique.
On peut citer aussi la possibilité de fouilles des véhicules élargis, pas seulement aux policiers, mais aussi aux agents de sécurité. Et ce texte, Auriane, il reconduit surtout l'expérimentation des caméras de surveillance algorithmiques déjà testées pendant les Jeux de Paris, des caméras dotées d'intelligence artificielle, censées pouvoir repérer des comportements dangereux, une valise abandonnée ou encore une voiture qui circule à contresens, la présence d'une arme sur quelqu'un, une intrusion, beaucoup de choses. Ce ne sont que des exemples. Huit cas d'usage sont listés par le décret du gouvernement.
Le bilan est assez mitigé, d'ailleurs, sur l'efficacité de ces IA, mais le choix a été fait de poursuivre l'expérimentation jusqu'au 31 décembre 2027, après peut-être une pérennisation. Cédric Vial, pourquoi avoir choisi de poursuivre cette expérimentation ? On a vu, par exemple, que sur les Jeux olympiques de Paris 2024, la forte présence policière n'avait pas permis de justifier l'efficacité de ces caméras-là.
Alors, Paris, c'était 2024. Là, on sera en 2030. Vous savez, l'intelligence artificielle, elle progresse. Un scientifique disait que d'ici 2032, l'intelligence artificielle sera un million de fois plus puissante que chaque GPT-4 qu'on a aujourd'hui. Un million de fois, pas cinq fois, pas dix fois. Donc, là, on se projette en 2030. Ce qui est certain, c'est que c'est un enjeu majeur de sécurité, les Jeux olympiques. En 15 jours, on a des flux de population, on a des risques importants, des pays étrangers aussi qui peuvent avoir des incidences ou des influences. Donc, il faut qu'on réagisse vite. Pourquoi se priver d'un tel outil ? La seule limite, c'est la reconnaissance faciale.
Mais après, c'est un outil de sécurité. La sécurité, elle se fait pour tous les gens qui vont y participer, mais aussi pour l'image de la France dans le monde. Je pense que c'est une très bonne chose. Ça n'a pas créé de difficultés à Paris, bien au contraire. Et on espère même que cette expérimentation soit encore plus efficace.
Écoute des libertés dont certains s'inquiètent. La Ligue des droits de l'homme, par exemple, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qui s'inquiète d'atteinte aux libertés avec ses caméras léorithmiques. Vous dites là-dessus, il n'y a pas de risque ?
Quelle atteinte aux libertés ? Je suis rarement inquiet des prises de position de la Ligue des droits de l'homme depuis quelques années. Mais aujourd'hui, la reconnaissance faciale pouvait être un sujet. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Le but, c'est effectivement de détecter des comportements suspects, des colis piégés. Vous l'avez dit, c'est une raison de sécurité. Aujourd'hui, on est vidéoprotégé de partout. Vous ne pouvez pas vous déplacer à Paris, dans le métro, dans la ville, etc., sans être protégé par des caméras. Est-ce que c'est une atteinte à la liberté ? Je ne pense pas. C'est plutôt une raison de renforcer la sécurité des Français.
Et sur une période aussi courte, on ne va pas mettre en cause la liberté des gens pendant les 15 jours ou 3 semaines de Jeux Olympiques. Mais par contre, on leur doit la sécurité. C'est un outil qui en fera partie. Et on espère même que d'ici 2030, il sera encore plus performant qu'il n'a été à Paris.
– Et cette loi des JO 2030 prévoit aussi des exceptions en tout genre sur la période des Jeux et même avant.
– Oui, concernant l'affichage publicitaire, mais aussi les travaux pour réaliser les ouvrages olympiques. Il sera plus simple, par exemple, d'exproprier des propriétaires dont le bien se situe sur une zone visée par les travaux des sites des Jeux. Ils auront l'autorisation aussi pour les commerces près de ces zones d'ouvrir le dimanche. Sur la base du volontariat des salariés, dans ce texte, on trouve aussi un objectif environnemental, celui des Jeux avec le moins de déchets possible et interdisant l'utilisation de plastique à usage unique. Cédric Valle, au-delà de ces mesures, la loi prévoit aussi des réunions publiques pour informer les citoyens des zones concernées par les Jeux.
Des opposants, d'ailleurs, au JO 2030, ont gagné auprès du tribunal administratif de Marseille, tribunal administratif qui demande à la société qui construit les ouvrages olympiques plus de transparence. Est-ce que le processus est assez transparent, justement, pour accompagner les opposants au Jeux et ceux qui seraient peut-être réticents ?
– On peut toujours probablement être encore plus transparent. Là, on est au début, donc très souvent, on nous demande des informations ou de la transparence sur des décisions qui ne sont pas encore prises. Ça, c'est compliqué. Mais offrir de la transparence, je pense que c'est normal. C'est tout à fait normal. Après, soyons pas dupes. Ceux qui demandent de la transparence, ce qu'ils souhaitent, ce n'est pas de la transparence. Ils sont contre les Jeux. Et donc, ce qu'ils cherchent, c'est des arguments pour obtenir ensuite des interdictions ou pour mettre des bâtons dans les roues aux organisateurs.
C'est pour ça qu'ils veulent de la transparence, pour avoir des informations, pour nourrir des recours. Donc, ne soyons pas dupes sur l'intention de ceux qui demandent ça. Mais après, évidemment, vis-à-vis de la population, c'est normal que les informations soient partagées de manière transparente. On l'a toujours fait. On le fait toujours sur des gros projets. Là, c'est sur une phase qui est un peu accélérée sur la réalisation de ces travaux. Il faut peut-être le faire un peu différemment. Et on peut toujours faire mieux. Donc, la transparence, oui. Après, ne soyons pas dupes sur l'intention de ceux qui la réclament.
Les JO des Alpes 2030 se dérouleront sur un concept éclaté, comme les JO de Milan-Cortina. C'est les mots d'Edgar Gropiron devant les sénateurs. Ça veut dire qu'ils ne sont pas dans une ville, comme c'était par exemple le cas pour les JO d'Alberville, mais sur une zone très large. À Milan-Cortina, c'est 7 sites. Là, il y aura 4 grands pôles pour les Alpes françaises 2030. La présidente du comité international olympique, Ciccoventry, dit que cet éclatement a créé des complexités supplémentaires. Elle parlait de Milan, dont il faudra tirer les leçons. Qu'est-ce que vous en dites, vous, pour les Alpes françaises 2030 ?
C'est effectivement une grosse nouveauté, mais il y a avantage et inconvénient, comme dans tout projet. Ça a des avantages parce que ça permet à beaucoup plus de gens aussi de s'approprier ces jeux. On l'a vu même à Paris, il y avait des épreuves de basket qui avaient lieu à Lille, des épreuves qui avaient lieu à Lyon, au football, je crois. Même à Marseille. Ou à Marseille. Ça a permis à l'ensemble des Français de pouvoir participer à des épreuves. Je pense que ça, c'est plutôt positif pour en faire un événement plus populaire.
Et donc, cet éclatement sur différents sites, très honnêtement, on aurait pu organiser l'ensemble des épreuves en Savoie, comme ça a été le cas à Albertville, ou même dans la simple vallée de la Tarentaise. C'était plutôt un choix de faire participer tout le monde. Ça, c'est positif.
Là, ça va de Nice à la Haute-Savoie.
Voilà. Mais ceux qui font du patinage artistique ou qui pratiquent le ski alpin, ce n'est pas tout à fait les mêmes athlètes. Donc, pour eux, ça ne va pas changer grand-chose.
Le patinage sera à Nice.
C'est pour les journalistes qu'il y aura des trajets. Ce n'est pas pour les athlètes. Mais ça permettra aux spectateurs de ces deux régions de participer et d'accéder même plus facilement à du logement. Quand tout est concentré, c'est beaucoup plus difficile, même pour les spectateurs, de venir participer. Là, on va répartir un petit peu les flux. Il y aura peut-être moins de ralentissement, d'engorgement. Et je pense que ça facilitera la fête pour tout le monde et ça permet à tout le monde d'y participer. Moi, je vois ça très positivement. Ça crée quelques complexités, évidemment, notamment, je vous dis, pour les journalistes ou pour les villages olympiques des athlètes.
Mais globalement, je pense qu'en plus de ça, en termes d'héritage, ce sera beaucoup plus simple et beaucoup plus… Il y aura des retombées qui seront meilleures pour les territoires.
Ça pose des questions sur le plan environnemental, l'organisation de ces Jeux olympiques et notamment chez les écologistes. Bonjour Mathilde Olivier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes sénatrice, les écologistes des Français de l'étranger. Mathilde Olivier, le gouvernement promet des Jeux exemplaires sur le plan environnemental. Vous n'y croyez pas ?
Non. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas être sérieux sur les engagements environnementaux qui sont pris par le gouvernement. Mais au-delà des enjeux environnementaux en tant que tels, la question qui se pose sur ces Jeux, c'est celle de l'adaptation des territoires de montagne au changement climatique. Et c'est bien ça le cœur du sujet. C'est aussi pour cela que nous demandions des consultations publiques, que nous demandions que la CNDP, la Commission nationale du débat public, soient aujourd'hui consultées, qu'il y ait une véritable consultation des citoyennes et des citoyens puisque nous parlions des Jeux d'Albertville il y a 30 ans.
Et bien dans 30 ans, c'est 50% des stations qui verront leur modèle économique mis en danger par le changement climatique. Ce sera 3-4 degrés en plus dans ces stations. Et donc aujourd'hui, le cœur du sujet pour les stations, pour les territoires de montagne, c'est bien cette adaptation au changement climatique. Et c'est pour cela que nous avions besoin d'engagements forts sur le volet environnemental que nous ne retrouvons pas dans le projet tel qu'il est proposé actuellement.
Vous ne les avez pas eues ? Parmi les garanties, il n'y a par exemple pas de retenue spécifique pour l'enneigement artificiel. Ça, ça fait partie des garanties. Ça vous rassure ?
Écoutez, je ne pense pas que nous puissions être rassurés face à cette égotripe de deux présidents de région qui, sur le volet environnemental, leur bilan n'est quand même pas rebisant. Nous ne sommes pas rassurés. Les écologistes localement, dans la région Verde-Rhône-Alpes, dans la région PACA, ne sont pas rassurés, que ce soit sur le volet des infrastructures, que ce soit sur les engagements. Quand on nous parle de l'interdiction du plastique à usage unique dans les territoires pour ces Jeux olympiques et paralympiques, ça me fait quand même un petit peu rire quand on a vu lors des Jeux de Paris toutes les Eco-Cups Coca-Cola.
Bon, soyons sérieux, nous avons aujourd'hui besoin d'investissements dans la transition. et ces Jeux, avec ces 2 milliards qui vont être investis, c'est finalement des investissements qui auraient pu être faits pour la transition et qui seront faits pour justement continuer ce modèle du tout-ski qui ne pourra pas continuer à l'avenir. C'est vrai, ça.
On a déjà croisé le fer avec Mathilde Olivier sur ce sujet-là, on ne peut pas être d'accord. Ce n'est pas une consultation publique qui va décider de la météo dans 6 ans. Et ce n'est pas parce qu'effectivement, le réchauffement climatique va faire que certaines stations vont avoir de plus en plus de difficultés à ouvrir que dans les grandes stations dans lesquelles on organise ces Jeux, il n'y aura plus de neige dans 6 ans. Il est fort probable que dans les 20 ou 30 prochaines années, le nombre de pays dans le monde qui soient capables d'organiser encore des Jeux olympiques effectivement soit de moins en moins nombreux si on veut faire des Jeux qui restent responsables.
mais on sera dans le top 5. C'est-à-dire qu'il est probable que si les Jeux olympiques d'hiver continuent jusqu'à la fin du siècle ou dans les 50 prochaines années, il est fort probable que quand il n'y aura plus beaucoup de pays pour le faire, nous, on pourra encore le faire. À Courchevel, à Val-d'Isère, à Tine, il y aura de la neige encore. C'est vrai que dans les petites stations, moi, j'ai été présent d'une petite station qui, effectivement, aujourd'hui a des difficultés parce qu'on est en basse altitude. Mais il ne faut pas généraliser. Et puis, on parle des Jeux olympiques de 2030.
N'oublions pas aussi une chose, on parle du bilan écologique comme si les Jeux olympiques, c'était un événement exceptionnel. Pendant les Jeux olympiques, il est fort probable, comme ça avait été le cas à Albertville en 92, qu'on accueille moins de gens en Savoie qu'on en accueille pendant des vacances de février habituellement parce que l'organisation des Jeux dissuade un certain nombre de touristes. Nous, c'est un investissement sur du long terme et pour un événement sportif. Mais on a l'impression qu'on va dénaturer l'environnement avec l'organisation de ces Jeux.
Au contraire, on va en profiter pour faire des investissements qui seront durables et qui permettront d'être meilleurs encore après. Et pendant le déroulement des Jeux, on accueillera probablement moins de monde qu'on en accueille cet hiver, par exemple, pendant une saison normale. Donc, je pense qu'on s'en balle un peu. Chacun cherche un prétexte pour faire passer ses arguments. Ce n'est pas l'objectif, pour moi, de ces Jeux. Ces Jeux, c'est d'abord une fête sportive. Et ensuite, on va essayer de faire en sorte qu'il y ait un héritage de ces Jeux et que cet héritage, il soit aussi environnemental.
Mathilde Olivier. Oui, de l'aveu même de Cédric Vial, il nous dit que dans quelques années, il n'y aura plus qu'un certain nombre de pays, qu'un petit nombre de pays qui pourront sans doute accueillir les Jeux olympiques et paralympiques. Peut-être, mais cela signifiera aussi que la pratique du ski, que la pratique des sports de montagne sera donc réservée à une minorité à ce moment-là. Et c'est l'un des enjeux. Nous, nous souhaitons investir dans le sport pour tous. Nous souhaitons que toutes et tous puissent avoir accès à une pratique du sport.
Et lors des débats budgétaires que nous avons eus ces derniers mois, ce qu'on voit, c'est que les investissements sportifs sont mis dans une politique sportive qui serait celle de l'organisation de grands événements sportifs, plutôt que de les mettre dans l'accès à toutes et à tous à une pratique sportive. Et avec le changement climatique, c'est une réalité. Il y aura moins de... Ça coûtera plus cher de faire du ski. Il y aura moins de stations qui pourront continuer à faire vivre ce modèle économique. Et donc, moins de gens qui pourront y accéder et donc les plus riches. Et c'est aujourd'hui l'un des enjeux majeurs, pouvoir permettre encore une pratique pour toutes et tous.
Et pour ça, il faut adapter les territoires de montagne. Il faut pouvoir diversifier les activités dans ces territoires de montagne, que ce ne soit pas centré sur deux mois, trois mois de sport d'hiver, mais que les activités, elles puissent être vraiment toute l'année. C'est ce que nous souhaitons porter. Un autre modèle de la vie en montagne qui soit toute l'année et qui soit diversifié dans ces activités.
Merci beaucoup. Merci Mathilde Olivier d'avoir été avec nous pour échanger avec Cédric Vial. Un dernier mot, parce que ça crée aussi des tensions localement ces Jeux Olympiques, notamment du côté de Val d'Isère, qui initialement n'était pas inscrit sur la carte de ces Jeux. Ça n'a pas trop plu à Jean-Claude Quilly. Finalement, Val d'Isère revient sur la carte. Du coup, ça ne plaît pas trop à Méribel. C'est compliqué à gérer localement ?
Il y a des enjeux forts. Tout le monde va en faire partie. C'est la preuve qu'on a envie de ces Jeux.
Mais c'est possible qu'il y ait Val d'Isère et Méribel ?
Moi, c'était mon souhait. Je pense qu'aujourd'hui, ce sera plutôt l'un ou l'autre, à mon avis. Et plutôt Val d'Isère ? Val d'Isère, aujourd'hui, semble bien placé. Mais je pense que c'est dommage que ces trois stations ne puissent pas en faire partie. Elles font... Val d'Isère, c'est une référence dans le ski mondial. Donc, ce n'est pas anormal qu'il soit sur la carte. Après, il y a des... C'est le CIO qui a un certain nombre d'exigences qui ne permettent pas forcément de rajouter un souhait supplémentaire. C'est le comité international olympique. Donc, on va voir, effectivement, des discussions sont avancées pour faire des annonces qui interviendront en juin, probablement.
Aujourd'hui, Val d'Isère semble en tête.
On va continuer à voir l'actualité du côté de chez vous. On va à Albertville. Bonjour, Laurent Defour. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le fondateur de Savoie News. Et vous vouliez, vous, tirer les leçons avec le sénateur des Bouchons Monstres qui a eu le 10 janvier dernier en Savoie après un épisode de Forte-Neige.
Bonjour et bon éveil. C'est l'heure ou jamais de le dire. Alors oui, en février, c'est le mois des vacances et puis le 10 janvier dernier, on a eu de la neige. Bon, c'est peu probable qu'on ait de la neige en Savoie. Non, on en a beaucoup et elle est bien tombée. Sauf qu'on a des vacanciers qui sont parfois un petit peu, je dirais, trop joyeux et trop heureux de se retrouver sur 73 et oublient parfois leur équipement. Et ce n'est pas seulement les particuliers, c'est aussi des bus. Alors là, on ne comprend pas. Des transporteurs qui amènent des dizaines, des centaines de vacanciers et qui ne sont pas équipés à tel point qu'un gendarmerie est parfois obligé de les escorter pour redescendre.
Et vous voyez sur cette terre de chaînage qui était en direction de Val Thorens, ce sont des dizaines de voitures. Et non seulement on s'arrête parce que, comme vous le voyez, la marée chaussée fait bien son travail, mais en plus, il faut apprendre aux vacanciers à mettre leurs chaînes. Donc vous imaginez les bouchons qui se produisent. Après, on dit un gros scandale. En Savoie, il y a des bouchons, il y a des régulations, mais tout ça, c'est pour protéger finalement la population qui n'est pas toujours éduquée ou qui n'a pas toujours le bon sens, je dirais, paysan qu'on peut retrouver dans notre département de la Savoie.
Donc moi, j'ai envie de dire au sénateur Vial, qu'est-ce qu'on peut faire, Cédric Vial, pour que, justement, l'information ne soit pas seulement au niveau de la Savoie, parce qu'en effet, il y a des médias comme ici, le Pays de Savoie, comme la préfecture, qui lancent des messages tout au long de la journée et en anticipation aussi, mais par contre, les vacanciers qui arrivent de Paris ou d'ailleurs à travers le monde, parce qu'ils sont fort nombreux, eh bien, eux arrivent un peu, je dirais comme ça, à la bonne franquette.
C'est Mathilde Olivier qui avait la réponse, il ne gera plus bientôt, donc on n'aura plus de problème. Non, plus sérieusement, on voit bien qu'il y a encore beaucoup de gens qui veulent venir chez nous pour ce qui est, c'est plutôt bon signe.
Effectivement, on a eu un phénomène un peu particulier, alors, il a neigé, on en est très heureux, quand il neige un samedi de chassé-croisé, c'est souvent difficile et c'est vrai qu'il y a une loi qui date de 2021, si ma mémoire est bonne, qui prévoit l'obligation d'être équipée, qui n'a toujours pas eu de décret d'application et mon collègue Vincent Roland se bat régulièrement pour faire en sorte qu'elle soit mieux appliquée parce que quand on a une ou deux personnes qui ne sont pas équipées, ils peuvent bloquer la montée et là, c'est plusieurs heures après d'attente dans les voitures qui se passent derrière. Donc, effectivement, il y a un vrai enjeu.
Un, pour faire respecter la réglementation et il faut le faire bien en amont quand on le fait dans la montée des Bellevilles, par exemple, c'était le cas, c'est quasiment trop tard parce qu'on bloque tous ceux qui sont derrière. Il faut probablement qu'on trouve des solutions aussi pour accompagner ceux qui n'ont pas l'habitude de mettre des chaînes et qui doivent les mettre pour la première fois. je ne fais pas le malin, je ne suis pas sûr d'y arriver tout de suite du premier coup moi-même.
Donc, ça peut nécessiter aussi d'accompagner les gens pour acheter des chaînes quand ils n'en ont pas parce que là, on a interdit les chaussettes et beaucoup étaient équipés de chaussettes parce qu'on leur a dit que c'était équivalent et ce n'était pas le cas. Donc, il faut qu'on prenne ce genre de décision et puis après, j'allais dire, il y a une autre manière de faire, ce serait aussi de favoriser les séjours du dimanche au dimanche ou des arrivées le vendredi pour essayer de désengorger un petit peu les routes.
Merci beaucoup, merci Laurent Defour, on était ravis de vous avoir dans cette émission. A très vite, j'espère. Merci beaucoup d'avoir accepté d'y participer. Un dernier mot, c'est rivial puisque vous suivez avec attention les questions d'audiovisuel public, notamment du financement de l'audiovisuel. On imagine que vous regardez ce qui se passe du côté de l'Assemblée et cette commission d'enquête qui a notamment auditionné hier Léa Salamé, Laurent Delahousse, est-ce qu'elle est utile selon vous ?
Très honnêtement, j'espère qu'elle le sera mais je ne vois pas bien ce qui va pouvoir en ressortir. Je fais partie probablement des rares auditeurs, j'ai écouté plus de 40 heures d'audition avant Noël, je n'ai pas encore eu le temps de regarder les replays des dernières, je ne vois pas bien où tout ça va nous mener et pourtant, des fois j'en rage un peu devant l'intelligence parce qu'il y a des questions qui mériteraient d'être posées, des questions de fond, de réorganisation, etc.
C'est trop politique ?
On est vraiment sur la surface des choses. Pour l'instant, moi je n'ai rien appris. Je connais un petit peu le sujet mais pour l'instant, je n'ai rien appris et je ne vois pas bien dans quelle direction ou quelle piste de réforme il va pouvoir sortir de ces auditions. Je pense qu'on est passé un peu à côté des questions de fond pour se concentrer sur des sujets un peu de surface. On commente les tweets d'il y a 10 ans de tel ou tel responsable. Ça peut avoir un sens mais pour moi, on est quand même pour l'instant au cœur du sujet.
Il faut reconnaître une chose au rapporteur, c'est sa communication sur les réseaux sociaux, c'est la différence entre faire et faire savoir ou faire croire parce qu'on a vraiment l'impression qu'il y a une communication où il a découvert plein de choses où il est un peu le justicier du secteur. Quand on regarde, moi j'ai souvent eu mal pour lui quand je vois les portes qui s'est prises dans la figure, je trouve que la réalité n'est pas tout à fait conforme avec l'image qu'il en donne. J'espère que ça servira à quelque chose.
Merci beaucoup. Merci Cédric Jal d'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage Société Radio-Canada
Cédric Vial