LA JEUNESSE PEUT-ELLE ENCORE RÉVER ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous et bienvenue à la table ronde des jeunes avec Macron sur la jeunesse peut-elle encore rêver les aspirations de la jeunesse ? Je suis ravie de de vous retrouver aujourd'hui. Oh Agnè, tu peux te mettre là si tu veux, elle arrive plus tard.
Il y a un sondage qui est sorti il y a pas très longtemps. Il y a ça quelques semaines. On a demandé au Français s'il pouvait vivre à n'importe quelle époque, laquelle ça serait. 70 % des Français ont répondu le passé, 27 % le présent et 3 % l'avenir.
Aujourd'hui, il y a une une vraie problématique pour les gens, pour les jeunes notamment de se projeter. Donc, c'est ce dont nous allons parler à cette table ronde. Il y a évidemment la crise écologique, il y a la guerre aux portes de l'Europe, il y a tous les défis de la santé mentale et cette envie aussi d'avoir une forme d'espérance pour la jeunesse et aussi de faire que les jeunesses se parlent de nouveau, les jeunesses rurales, les jeunesses urbaines, les jeunesses de banlieu et donc on va parler tout ça aujourd'hui.
Je suis ravie de vous avoir. Je tiens aussi à préciser que aujourd'hui il y a plus de 2000 james. Franchement si ça c'est pas exceptionnel.
Donc bravo à eux. Bravo à tous. Merci d'être là.
Et on commence. Donc je présente mes intervenants aujourd'hui. Agnè Pagurenaché, vous la connaissez tous, elle est depuis très longtemps en soutien des jeunes avec Macron. est ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche dans le désordre mais c'est à peu près ça.
Ensuite, nous avons Dorian Dreuil qui est expert à la fondation Jean Jorè mais qui est aussi double casquette, directeur d'étude à l'institut Bonafidé et puis Stewart Show, directeur d'étude chez Verrian et co-auteur du livre La fracture, comment la jeunesse d'aujourd'hui fait ses sessions. Alors, première question et je vais passer le micro à mes trois intervenants. À votre avis, quel constat portez-vous sur les aspirations de la jeunesse de ce pays et quelles seraient les grandes thématiques, les grands enjeux pour redonner de l'espérance à la jeunesse ?
Qui veut commencer peut-être ? Te Wart, c'est parti. Bon, bonjour à tous.
Alors, j'avais des notes et on me les a piqué. Du coup, je je rien à dire mais donc je vais essayer de je essayer de me rappeler ce que je voulais vous dire. Il y a il y a deux points qui me semblent hyper importants dans ce que tu disais et et qui me qui me rappelle un certain nombre d'analyses qu'on a pu tirer de de ce livre que j'ai coécrit avec Frédéric Dabi.
C'est ces deux chiffres qui je pense peuvent aussi placer le débat dans un contexte assez particulier. Ce livre, on l'a écrit, on a analysé une une enquête d'opinion que l'on a mené de 1957 à 2022 à échéance tous les 10 ans euh sur la et on a interrogé les 18 30 ans à chaque 10 ans et à chaque génération. Ce qui nous a permis donc de de pouvoir lire les résultats en tendance sur ces sur toutes ces années-là et de voir quels étaient les moments de rupture, les moments de fracture, les différences entre les la génération jeune d'aujourd'hui, la génération jeune d'hier et d'avant-hier.
Et il y a deux points qui m'ont qui m'ont beaucoup frappé et qui je pense peuvent être aussi déterminants à avoir en tête pour analyser cette jeunesse là. En 1957, quand on demande aux jeunes 1830, est-ce qu'ils ont le sentiment de faire partie d'une génération à part ? Ils sont 19 % à répondre oui.
Aujourd'hui, ils sont plus de 80 %. Je trouve que ça donne déjà un aperçu de cette génération qui a le sentiment d'être une génération à part. Ça c'est le premier point.
Le deuxième point et c'est pour rebondir sur ce que tu disais dans ton introduction sur à quelle époque on voudrait vivre. On a posé la question à ces jeuneslà s'ils avaient le sentiment de vivre à la bonne époque. Pareil ce qui est assez intéressant c'est que entre les années 60 et la le début des années 2000 on a plus de 80 % des jeunes qui considèrent que vivre à leur époque est une chance.
Nos jeunes aujourd'hui, ils sont moins de la moitié à considérer que c'est une chance de vivre à leur époque. Donc ça rejoint ce que ce que tu disais. Donc une génération à part, une génération de la malchance et enfin j'en termine pour laisser la parole aux autres.
Une génération qui qui est pas moins heureuse que les générations précédentes puisque quand on pose la question au 1830 actuellement, est-ce que vous êtes heureux dans votre vie ? On a des scores qui sont extrêmement positifs. Ce qui est intéressant d'analyser dans les dans les sondages, c'est le score des très heureux. la part des 1830 qui se considèrent comme heureux.
À la fin du siècle dernier, donc 99 2000, on avait plus de 85 % des 1830 qui considéraent être très heureux. On a 27 points de moins aujourd'hui. Donc moi, les trois indicateurs pour l'instant que je retiendrai, c'est ça.
Cette génération qui a le sentiment d'être une génération à part, cette génération qui a le sentiment de vivre une époque de la malchance et par conséquent cette génération qui est pas moins heureuse mais qui a un degré d'intensité du bonheur qui peut quand même nous interroger. Oui, merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous.
Merci Alban pour l'invitation. Euh je suis très heureux d'être avec vous parce que pour qui commente ou analyse les sous-bres saut de la vie politique et démocratique ouculte l'opinion, c'est toujours heureux de d'être invité à pouvoir partager des regards et et des analyses. Donc merci pour ça.
Et pour répondre à ta question, moi je vais j'aimerais vous parler quelques minutes de Game of Thrones dont je sais que il y a beaucoup d'admirateurs de cette série chez vous ici Game of Thrones avec notamment une citation, un dialogue qui existe entre Thyrion Lannister. Alors, je vais pas spoiler pour celles et ceux qui ont pas vu la série, mais un dialogue qui existe où ce conseiller dit à sa reine, il lui dit, il lui pose la question, il lui dit "Qu'est-ce qui unit le peuple ? Est-ce que c'est l'or, les armées ou les drapeaux ?" Et il laisse cette question ouverte et il apporte la réponse lui en disant "Il n'y a rien de plus puissant qu'une bonne histoire." Et donc quand on se pose la question de comment faire rêver encore la jeunesse ou les jeunesses dans leur diversité, il y a la question de l'histoire.
Quelle histoire on raconte ? Quelle histoire on se raconte et comment est-ce qu'on raconte une autre histoire de demain ? Et pendant longtemps, je pense que le ça a été le propre du politique et le propre des partis politiques d'être émetteur de cette histoire, de la proposer et de convaincre à d'autres d'y adhérer.
Et une évolution que on peut analyser aujourd'hui, je trouve notamment chez les 18 30 ans, c'est que ils ne veulent plus être dans une position d'entendre une histoire et de devoir y adhérer ou pas. euh ils veulent en être les coscénaristes, ils veulent en être euh les participants, ils veulent participer à l'écrire. Et donc, il y a une évolution qui me semble assez euh euh majeure en ce sens-là qui est de dire comment est-ce que le politique, les partis politiques passent de euh une démarche d'aller vers une génération à une démarche de faire avec et coconstruire.
Ce qui m'amène à réfléchir à finalement quel est le véhicule, quel est le moyen, quel est l'objet qui permet d'embarquer aujourd'hui des gens dans le fait de les rendre écrivains de leur propre histoire ou d'une histoire collective ? Bien, c'est la question démocratique et ça c'est un des sujets en terme de de véhicules d'outils. La question de la démocratie qui est aujourd'hui très prignante, nous dans toutes les enquêtes qu'on voit mais aussi dans les les analyses qu'on peut faire des nouvelles formes de mobilisation des jeunesses, c'est cette envie de dépasser la question uniquement démocratique du vote et d'aller vers d'autres formes de démocratie, d'autres formes de participation citoyenne qui leur permettent de de délibérer, de participer à la construction de l'action publique, participer à l'action la construction des programmes et finalement de ne plus être juste des récepteurs de l'histoire ou d'une histoire, d'aller voter uniquement pour une élection, mais d'être engagé en continu dans une démocratie du quotidien et en continue.
Madame la ministre, alors quels sont pour vous les grands enjeux qui peuvent redonner une dynamique d'espérance ? D'abord, je voudrais revenir un instant sur le diagnostic que vous faisiez. D'abord, bonjour à tous et à toutes et merci d'être aussi nombreux.
C'est une fierté de voir que nous sommes capables de rassembler 2000 james dans cette salle et plein d'autres militants qui ne sont plus james malheureusement. Euh c'est je voudrais revenir sur le diagnostic parce qu'au fond ce qui caractérise cette génération à la différence des précédentes, c'est que ils ont la connaissance du champ des possibles. horizons, c'est extraordinairement élargi par rapport même à ma génération et aux générations antérieures pour lesquelles les récits étaient déjà partiellement écrits et donc nos espérances se jouaient dans un champ beaucoup plus étroit.
Et donc être heureux dans un champ beaucoup plus étroit, c'est d'une certaine manière plus facile que d'être heureux dans un champ où les champs des possibles se sont ouverts et vous avez une beaucoup plus claire notion de ce qui vous empêche. Moi je le vois, je suis d j'ai été élu sur un territoire comme celui du Pas de calé. Les gamins à 14 15 ans ont une claire conscience de ce à quoi ils n'ont pas droit et en même temps ils voi ce auquel les autres ont droit.
Ça crée une dimension et un sentiment d'injustice qui est, je pense, un des profonds sujets que nous devons traiter queles que soient les politiques. Donc effectivement, moi j'ai en charge une politique qui est celle de la la transition écologique. En fait, je n'aime pas ce terme transition, on ne sait pas où on va et je dirais que c'est plutôt une politique de lutte contre le dérèglement climatique, de lutte pour protéger notre biodiversité, de lutte contre les pollutions pour faire en sorte que tous et toutes, on ait un cadre de vie qui soit, si ce n'est pas moins bon, en tout cas meilleur que celui que nous avons aujourd'hui.
Et lorsque je pose ce sujet-l manière, c'est en disant finalement en disant qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer notre santé ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour être dans un cadre de vie plus agréable ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour faire en sorte d'être aussi plus indépendant ? parce que nous ne dépendons pas de ressources naturelles qui sont par nature limitée.
Les gens tout d'un coup s'intéressent et on rentre sur le champ des solutions. Donc l'espérance, elle se fait aussi sur la capacité à parler des solutions qui existent et à parler de la manière dont chacun d'entre nous et en particulier les jeunes peuvent être les porteurs de ces solutions. Et on retrouve finalement par rapport à à l'introduction initiale, c'est-à-dire ce champ des possibles qui est très large et ce sentiment d'être empêché.
Je pense que la principale raison d'espérer, c'est de donner les moyens aux jeunes d'être eux-mêmes les maîtres de leur destin et d'être les porteurs des solutions. Or, la démocratie au plus proche du terrain le permet dans un pays d'état de droit comme le nôtre. Et ça c'est pas permis ailleurs.
Peut-être pour rebondir madame le ministre, il y a beaucoup dans notre génération d'écoanxiété. Vous vous êtes en première ligne lorsqu'il s'agit des sujets de de dérèglement climatique. Comment vous abordez ça ?
Comment vous arrivez à à nous unir et à faire face à cette écoanxiété ? L'enjeu que nous avons, c'est de bâtir un narratif alternatif à celui qui dit qu'on est déjà condamné et qui au passage va désigner des coupables qui peuvent être les pays à l'étranger ou qui peuvent être les riches ou qui peuvent être les grandes entreprises ou qui peuvent être les élites. Et de l'autre côté, ce qui vous explique soit que le problème n'existe pas, soit que de toute façon, c'est pas nous la solution, c'est aux autres de faire des efforts.
Et dans un cas comme dans l'autre, on est finalement condamné à l'inaction. Or, d'abord, le truchement de l'engagement, c'est c'est l'action. Et le truchement de la construction du bonheur, c'est d'être finalement soi-même maître de quelque chose et capable de dérouler des actions dont on est responsable.
C'est une forme de responsabilité. Et ce que je réponds à l'écoanxiété, c'est effectivement cette nécessité de sortir d'une paralysie de l'action parce qu'on a peur. Alors que et nous avions George Jousel il y a 2 heures qui étaient quelque part pour nous éclairer sur ces enjeux de dérèglement climatique qui dit mais les solutions elles existent, elles sont possibles, elles sont sous nos yeux et j'invite les jeunes générations à à les prendre en main.
Donc de la même manière, en tant que ministre de la transition écologique, j'invite les jeunes à secouer leur politique pour leur remettre l'effet sous les yeux. J'invite les jeunes à à porter des positions qui soient ambitieuses, pas des positions théoriques parce que là aussi on crève de positions théoriques. Le dérèglement climatique, il ne se réglera pas avec des lois, il se réglera avec du projet et avec du projet territorial.
Vous pouvez en tout cas compter sur les jammes pour aller le plus possible sur le terrain pour relayer cette parole. Dorian, toi tu as beaucoup écrit sur la démocratie. Est-ce que tu vois un moyen par des réformes des institutions ou autre chose ?
Tu nous en diras plus. Peut-être pas avec Tyrion Lanister mais avec d'autres exemples. Est-ce que tu vois un moyen de réenchanter l'avenir et la jeunesse grâce à à ces réformes des institutions ?
Oui, je je suis un peu obsessionnel sur les questions démocratiques. Je pense que c'est vraiment que de c'est de là que tout part. C'est euh des outils et de l'ingénierie qu'on qu'on permet que euh on pourra garantir d'abord l'acceptibilité de réforme ou l'acceptabilité des politiques publiques beaucoup plus qu'elles ne le sont aujourd'hui et qu'on pourra redonner aussi ce sentiment de chacun peut reprendre à un moment son destin aussi en main parce qu'il participe individuellement.
à la construction des solutions collectives. Euh et la question démocratique alors qui a euh tu le disais, j'ai beaucoup écrit dessus euh euh de notes que personne ne lise mais c'est pas trop grave. La question démocratique a longtemps été un sujet un peu balayé de côté en disant on n parle pas sur les marchés, on le voit pas trop dans les sondages, personne se lève le matin en criant vite la proportionnelle.
C'est vrai. Et on a trop souvent euh je crois on a trop souvent résumé la la question démocratique à une affaire technique constitutionnaliste euh d'organisation et trop institutionnelle. Or c'est plus du tout un débat d'expert aujourd'hui.
On pourrait même aller plus loin. On parlait d'écoanxiété. Moi, je pense même qu'il y a une démoanxiété dans la société.
Et on le voit de baromètre d'opinion en baromètre d'opinion. et je parle sous le contrôle d'un d'un expert du sondage. Mais quand on regarde par exemple les enquêtes du CVIPOF euh qui mesurent depuis 15 ans la confiance de la société dans la vie politique et les institutions, cette année, il y a plus que 26 % des Français qui considèrent avoir confiance dans la politique.
Je je sais devant qui je parle donc je suis désolé par avance de plomber un peu le mais bon on a aussi dans d'autres enquêtes plus de 3/4 des Français qui disent avoir le sentiment que la démocratie fonctionne mal ou qu'elle ne fonctionne pas comme elle devrait être et je pense que c'est important de rappeler ces chiffres là de rappeler cet état d'esprit là aussi d'inquiétude sur les sujets démocratiques particulièrement aujourd'hui particulièrement par les temps qui courent où la démocratie est au bout des lèvres de tous les partis politiques pour le meilleur Comme pour le pire, il y a un enjeu de comment est-ce qu'on répond à cette démoanxiété. Et répondre à cette démoanxiété, bah c'est d'abord se dire que la démocratie, et c'est particulièrement vrai chez les jeunes, elle ne vit pas que par le vote. Elle ne vit pas uniquement que par le prisme de l'élection.
Elles peuvent vivre par d'autres moyens, d'autres innovations institutionnelles. C'est les conventions citoyennes, c'est les budgets participatifs, c'est d'autres formes de participation citoyenne et elle ne vit pas qu'à l'échelle nationale ces grandes innovations démocratiques. Il y a une attente très forte.
Nous, ce qu'on mesure beaucoup à la fondation Jean Joret, c'est une attente très forte de plus de démocratie et plus de démocratie à l'échelle locale, à l'échelle territoriale. Et là, de ce point de vue-là, déjà en France, on regorge d'initiatives qui qui existent, qui fonctionnent, qui ne demanderaient être mis à échelle euh et qui pourrai passer à la fois par bah de la volonté des communes, des maires, des mairies à l'échelle locale et à l'échelle plus nationale. là qui effectivement nécessiterait des des réformes institutionnelles qui sont dans le débat public depuis 20 ou 30 ans.
La proportionnelle par exemple, ça fait ça fait maintenant 30 ans que ça revient c'est ça revient dans le d'élection en élection, de promesse de programme en promesse de programme. La question des modalités de vote par exemple si on réfléchit à qui peut aller voter. Aujourd'hui, il y a 7 millions de personnes qui auront une difficulté à se rendre aux urnes parce qu'ils sont considérés comme mal inscrits sur les listes électorales.
C'est une spécif spécificité française. Il y a que deux pays dans le monde qui ont ce type d'organisation où on se dit que c'est faine de laisser près de 12 % du corps électoral avec une barrière administrative à l'entrée du bureau de vote alors que c'est l'endroit où on devrait être égau en terme d'accessibilité. Euh il y a la question du droit de du droit de vote aussi, de l'âge légal du droit de vote.
Il y a de plus en plus de pays dans le monde qui euh expérimentent le droit de vote à 16 ans, notamment aux élections locales ou aux élections européennes. Et quand on regarde euh avec un peu de reculvable, comment favorable, tu y es favorable ? Ouais, j'y suis assez favorable parce qu'en plus ça fonctionne euh ça fonctionne à double titre, ça fonctionne euh dans les esprits euh de responsabiliser les plus jeunes aux décisions euh à prendre les décisions du qui vont dessiner le monde dans lequel ils vont vivre.
Et en plus, ça fonctionne en terme de de d'abstention et de participation électorale puisque les pays où on voit qu'on abaisse le droit de vote des 16 ans, les 16 ans qui ont voté continue de voter quand ils ont 18 ans beaucoup plus durablement que les prima votants qui avaient 18 ans. Donc ça fonctionne d'un point de vue politique et démocratique. Et donc en réalité, il y a tout un tas de réformes institutionnelles qui coûtent pas cher, qui peuvent se faire par la loi sans constituante ni révision quel que soi et qui sont des attentes de l'opinion et qui sont des attentes particulièrement des jeunes entre 18 et 30 ans.
Une petite question Stewart, dans mon introduction, j'ai parlé des jeunesses et à la fois les jeunesses de ruralité, les jeunesses de banlieu ou plusurbaines. Moi la jeunesse que que j'ai connue, elle était très très rurale dans une commune de de moins de 300 habitants. Et j'en profite pour faire une petite dédicace parce que c'est leur premier meeting, mais mes parents sont là aujourd'hui, je les embrasse.
Et est-ce que aujourd'hui les aspirations des jeunes selon d'où ils viennent, selon ce qu'ils vivent, selon ce qu'ils ressentent, selon leur parcours est différente ? Est-ce que tu as pu étudier ça ? Je sais que tu as une analyse très profonde de de la jeunesse dans ton livre sur la fracture.
Quand on a écrit la fracture, on nous a dit on nous a la première critique c'est qu'on nous a dit vous allez chercher une fracture qui existe qui existe pas c'estàd cette fracture intergénérationnelle. C'est vrai que bon déjà la fracture quo le titre on l'a pas on l'a pas choisi euh c'est c'est l'éditeur qui l'a choisi. On a dit aller chercher la fracture.
Donc on est allé chercher la fracture. Il y en avait sur un certain nombre de sujets. Il y avait des fractures qu'on avait pas soupçonné à un niveau aussi important.
Et ces fractures-là c'est des fractures à l'intérieur de la génération jeune qu'on a d'ailleurs, je pense tendance malheureusement à trop homogénéiser. C'estàd que la jeunesse, c'est pas un bloc monolithi évidemment. traversé par une diversité d'expériences de rapport au monde de récits différents.
Euh et ce qui nous a sembler absolument euh intéressant et nécessaire de faire remarquer, c'est que être jeune en 2025 à la campagne dans la ville, c'est pas pareil. En étant diplômé et non diplômé, c'est pas pareil. Et la troisème fracture divergence parce que j'aime pas trop ce ce mot de fracture, c'est cette divergence en terme de genre.
C'est vrai qu'on a dans les études d'opinion une des perceptions qui sont parfois assez différentes entre les jeunes femmes et les jeunes hommes. Et ça, je pense que ces fractures à l'intérieur même de la génération de Qu'est-ce que pensent les jeunes femmes ? Quel que Qu'est-ce que pensent les jeunes hommes ?
Ben, par exemple, sur le niveau de confiance en l'avenir, c'est assez euh intéressant que de voir que lorsqu'on est jeune homme, on a un peu plus confiance euh dans les années qui viennent et lorsqu'on est jeune femme, bah on l'est on l'est un peu moins. C'est dire aussi toute la euh construction euh euh sociale des perceptions qui sont euh et qui entourent ces ces tendances d'opinion. Pour revenir peut-être à ce que vous disiez, madame la ministre et que je pense être absolument nécessaire, c'est que euh je vais pas vous donner énormément de chiffres, mais il y a encore deux indicateurs, si vous me permettez, qui me semble intéressant.
Euh tu tu posais la question de savoir comment on redonnait espoir à la jeunesse, comment on pouvait la faire rêver. Déjà, il y a il y a une chose qui est absolument nécessaire dont on parle absolument pas dans le débat public et que la jeunesse d'ailleurs exprime de façon peut-être parfois un peu maladroite. Venir chez les james, c'est euh c'est la capacité, vous l'avez dit, à maîtriser sa vie et surtout à maîtriser son temps.
C'est-à-dire que on est face à une jeunesse qui a le sentiment d'être dans une société qui va extrêmement vite et souvent d'ailleurs et et je pense que c'est absolument faux de dire que les jeunes épousent cette société de l'instantanéité. Alors on va dire les jeunes sont trop pressés, les jeunes sont pas assez patients et cetera et cetera. Je crois pas du tout.
Je pense que une partie de la jeunesse subit vraiment cette forme d'accélération du temps. Et d'ailleurs, quand on leur pose la question à ces jeunes euh qu'est-ce qui fait que dans la vie euh vous vous êtes heureux ou pas ? On a une donc vous avez la famille, avoir une famille autour de soi.
Donc ça c'est le premier item qui arrive en première position et ça depuis assez assez longtemps. Vous avez ensuite le fait d'avoir évidemment assez d'argent pour pour vivre et puis le le troisème élément c'est avoir du temps pour soi. C'est le troisème élément mais si on regarde la progression sur ces 15 dernières années, c'est le seul item qui a gagné autant de points. on a fait plus 10 points d'importance du temps pour soi dans la contribution à son bonheur personnel.
Et le deuxième indicateur, c'est on parle de ce rêve, on parle de réenchanter la jeunesse. Ce qui moi m'inquiète, c'est que on est face à une jeunesse qui est désidéalisée. C'est-à-dire que la notion même d'idéal et vous vous le disiez madame la ministre, le fait même de croire en avenir meilleur, c'est quelque chose qui qui tend aujourd'hui à se diluer parce que on a des discours qui sont très souvent catastrophistes et cetera.
En dans les années 80, vous aviez plus de 83 % des 1830 qui considéraient qu'il était important d'avoir un idéal pour vivre. En 2025, on est à peu près 40 %. Et et c'est un peu aussi pour rebondir sur ce que tu disais, je pense que réinventer l'idée même qu'il faille un idéal, c'est-à-dire de construire un nouvel idéal, c'est quelque chose d'ez fondamental.
Je peux terminer en 30 secondes sur une une un mot de conclusion pour chacun. Voilà. Bah parce qu'près vous avez vu il y a une chaise vide et il y a une personne très importante, invité exceptionnel qui arrive dans quelques seconde.
Je vais je vais je vais faire très très vite sur la question de comment on donne les moyens à la jeunesse d'agir. Il y a un autre sens dans le livre en tout cas c'est ce qu'on essaie de décrire trois éléments absolument fondamentaux qui qui doivent qu'on doit avoir en tête. La première chose, c'est que cette jeunesse, elle se elle s'engage que lorsque l'engagement, il est lisible, c'est-à-dire que ils ont le sentiment qu'ils sont dans un cadre de confiance.
Deuxièmement, ils s'engagent quand ils ont le l'intime conviction qui a une efficacité de leur engagement. Et le troisième point, c'est pour rejoindre et faire la synthèse dans ce que vous disiez tous les deux, c'est qu'il s'engage en se mettant à l'intérieur même de l'action. C'est-à-dire qu'il y a une forme de de de narration de l'action.
C'est-à-dire que euh c'est pas je veux prendre les clés du camion et et en avant c'est je veux pas être à l'arrière mais je vais être à côté du conducteur et je vais avoir un mot à dire sur la trajectoire et l'itinéraire qu'on va prendre. Dorian, juste un petit mot et pour conclure. Oui.
Bah d'abord pour dire que je suis je suis complètement d'accord avec ce que tu dis Start et dans un moment où on voit que dans le monde les démocraties s'affaiblissent, reculent. On voit que le le côté obscur de la force est jamais très loin quand on évoque même le mot et Star Wars maintenant après Game of Thrones. Euh c'est d'ailleurs dans le dernier livre de Giuliano d'ampoli.
Il y a si vous avez l'occasion de le lire, il y a tout un chapitre sur les séries euh et à quel point ça façonne notre imaginaire politique et pour nous autres analystes à quel point c'est des clés de compréhension sur le monde politique aussi. Donc en en très brièvement dans ce cette internationalisation de la flambée populiste autocrate et en effet miroir ce sentiment de démoanxiété qui monte. il y a un enjeu à recréer ces outils-là, à réinventer euh des outils qui permettent justement d'être côté côté passager et d'avoir le sentiment d'être d'être embarqué.
Donc je pense que la clé de de de la réussite de redonner du de de l'idéal ou autre, c'est vraiment la question la question de la démocratie. Il y a des élections qui arrivent en 2026, des élections municipales, sauf sauf surprise de calendrier. et et cet espace là, il est intéressant pour justement réinventer des des de nouvelles formes de démocratie parce que c'est en créant ces nouvelles formes de démocratie qu'on crée aussi des espaces de réconciliation et et Dieu sait qu'on a on a besoin aujourd'hui d'espaces de de réconciliation ou faire vivre de l'altérité, de la rencontre avec l'autre, de retrouver la passion de débattre de manière apaisée et de s'entendre sans pour autant essayer de se convaincre.
Ouais, c'est ce que ce que je disais aussi en intro. Je pense que recréer du lien, c'est extrêmement important. Moi, au tout début de mon engagement chez les JAMES, ça remonte maintenant c'est en 2016, mais j'aimais beaucoup l'idée du service national universel parce que ça permettait de mettre des gens qui se connaissaient pas forcément, qui avaient pas la même vie tous ensemble.
Et j'ai l'impression qu'il faut qu'on continue à garder cette idée de se rassembler. Madame le ministre. Alors moi je dirais trois choses.
D'abord engagez-vous et engagez-vous avec les gens mais je veux saluer Ambroise MJan qui a été un exceptionnel président des jeunes avec Macron ces trois dernières années. Si oh mon dieu ces six dernières années ont vieilli. Je je j'ouvrirai la cotisation des vieux avec Macron pour lui très prochainement.
Euh je Non, mais plus sérieusement, engagez-vous parce que dans cette dans l'engagement, on trouve la notion d'idéal, on trouve la notion de collectif, on trouve la notion de famille et euh vous le disiez très bien, c'est dans cette c'est la référence qui tient aujourd'hui le plus la corde, c'est la famille, mais ça peut être aussi une famille élargie, c'est-à-dire c'est le rétablissement du lien social et la politique est un élément de rétablissement du lien social. Il y a la formation, c'est-à-dire le développement, le fait de pouvoir se projeter et il y a le projet et donc l'action. La deuxième chose, c'est que effectivement les municipales, c'est dans un an.
Moi, je suis sur un territoire où vous avez une ville moyenne qui fait 44000 habitants. Tout le reste, c'est des petites communes rurales et on a du mal à faire des listes. On étant tout le monde, je veux dire, on n'est pas un parti politique.
Et d'ailleurs, la plupart des listes qui partent sont des listes qui sont des mélanges de en même temps un peu peut-être même élargi. Et en fait ce qu'on recherche c'est de l'engagement politique, mais c'est aussi des gens qui sont prêts à faire quelque chose pour les autres et qui n'ont pas perdu la foi par rapport à la politique. Or la manière de pas perdre la foi par rapport à la politique, c'est d'en faire.
C'est de dire que vous n'êtes plus observateur. C'est vous dire que vous êtes acteur et que vous allez vous battre pour faire en sorte que tout ce qui vous déplaît en politique, vous le fassiez reculer et tout ce que vous avez envie de porter, vous le fassiez porter. Et je peux vous dire qu'en terme de moteur, en terme de capacité justement à être dans son de son destin, c'est quelque chose de très fort.
Ses engagements, ils sont parfois plus larges. On peut passer par l'associatif, on peut passer par bien d'autres biais, mais c'est cette idée de sortir de ce qu'on est et d'être au service de quelque chose de plus grand et de plus collectif qui est finalement en soi un chemin et un chemin de bonheur. Et donc la dernière engagement, c'est engagez-vous pour l'écologie parce que c'est un fichu combat et je peux vous dire que dans le backlash écologique que nous vivons et comme le disait très bien tout à l'heure Monique Barbu, Laurence Toubianin et et Jean-Joselle, ça ne date pas de Trump, ça date de la guerre en Ukraine et nous on a tenu tête et je salue Ellisabeth Born qui va conclure ses rencontres mais qui a été aussi à la manœuvre sur la planification écologique.
Sauf que c'est beaucoup plus facile de détricoter ce qui a été fait que de le tricoter. Donc je compte vraiment sur vous pour porter au eff ce combat. Merci beaucoup.
Vous l'avez un petit peu annoncé avant moi, mais la prochaine personne qui va arriver sur scène est très très importante pour nous, très importante pour les james. Elle a toujours été à nos côtés et je elle est en train de faire mais elle va conclure cette table ronde et j'appelle sur scène et j'espère dans un tonner d'applaudissement parce qu'elle est très importante encore une fois pour les jeunes madame la première ministre Ellisabeth Born. [Applaudissements] [Applaudissements] C'est à moi.
Petit mot de conclusion. Merci encore d'être là comme toujours d'ailleurs. Et ben tout d'abord merci cher Alban, merci cher Agnès, merci messieurs pour vos interventions.
Je pense que le temps nous est compté donc je vais être brève mais moi je tenais à prendre la parole dans votre table ronde parce que la question que vous posez évidemment elle m'interpelle. Dans une phrase désormais célèbre, François Bairou disait que les enfants comme les poireaux ne poussent pas tous à la même vitesse. Et je pense que ça s'applique aussi à tous nos jeunes, que finalement chacun avance à son rythme et que notre responsabilité c'est de respecter ses rythmes, d'accompagner les parcours et de donner des clés.
Et moi, je constate que trop souvent quand on parle des jeunes dans le débat public, c'est pour les accuser ou pour les juger. Je pense que vous entendez comme moi sur les marchés des remarques sur le fait que il y a deux images. En fait, le jeune délinquant qu'il faudrait punir ou le jeune paresseux qu'il faudrait secouer.
Et je pense que notre jeunesse, elle mérite mieux que ça. Elle mérite qu'on lui parle d'avenir. Elle mérite qu'on lui tende la main.
Elle mérite qu'on lui ouvre des perspectives. Et alors bien sûr le travail est essentiel et c'est l'ancienne ministre du travail qui vous parle. Mais je pense que rien n'est possible sans un rêve.
Rien n'est possible sans un espace pour pour imaginer, pour espérer, pour pour croire qu'on peut changer sa vie et changer le monde. Et cette part de rêve, il faut absolument l'entretenir. Et quand j'étais ministre du travail, c'est ce que j'ai voulu faire avec le plan un jeune, une solution que les gens me connaissent bien.
Et quelque part, je je l'ai dit, j'aurais pu l'appeler à chacun sa solution parce que moi, je suis convaincu que la divers je crois à la diversité des profils, à la richesse de ces profils et à la diversité des parcours. Et je veux vraiment rendre hommage à l'engagement exceptionnel des james. Vous vous portez nos valeurs auprès des lycéens, auprès des étudiants, sur les réseaux, sur les panneaux, panneaux d'affichage, sur les marchés et vous montrer que l'engagement politique dont parlait Agnè n'est pas dépassé, qui peut encore séduire, qui peut convaincre et qui peut rassembler.
Donc moi, je veux dire un immense merci à Ambroise, à Albane et à tous les jeunes dans la salle. Et vous dire aussi que si j'ai accepté d'être ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, c'est précisément pour poursuivre ce combat qui pour moi est essentiel, de donner l'opportunité à chaque jeune de réaliser pleinement son potentiel et d'être préparé pour affronter le monde. Ça suppose naturellement de valoriser les savoirs mais aussi les savoir-être.
Ça suppose de reconnaître la valeur individuelle mais aussi la valeur du collectif. Ça suppose de favoriser l'autonomie, de créer des conditions de la confiance en soi. Moi, je pense que notre devoir, c'est précisément de donner à chacun confiance en lui, d'ouvrir des possibles et de dire très fort que notre jeunesse, ça n'est pas un motif d'inquiétude, que c'est un motif d'espoir.
Alors oui, je pense que notre jeunesse peut encore rêver et notre première responsabilité en tant que femme ou homme politique, c'est d'aider chaque jeune à trouver son rêve et à le réaliser. Et c'est comme ça que je conçois ma mission et vraiment j'ai besoin de vous. Merci à vous.
On voit si tu veux dire un dernier mot. Merci beaucoup madame madame la ministre. Merci.
Bonsoir. Bonsoir. Bonjour à toutes et à tous.
La journée a été longue. Merci d'être là. On arrive à la fin de cette table ronde.
Je voulais en profiter simplement pour remercier nos intervenants. Merci Alban d'avoir animé cette table ronde. Merci d'orient.
Merci Twart. Merci cher Agnè. tu sais le plaisir que j'ai eu à travailler à tes côtés et je veux te dire que c'est pour nous toujours précieux de t'avoir à nos côtés et on peut je crois à nouveau te féliciter pour l'excellent travail que tu conduis à la tête des ministères que tu as dirigé et si notre pays est un exemple aujourd'hui dans le monde en matière de transition énergétique on te le doit en grande partie.
Donc merci beaucoup Agnès et félicitations. Et puis en matière de transition énergétique, on le doit aussi à Ellisabeth. Cherish, merci d'être avec nous une fois de plus.
Merci d'avoir encore repris du temps pour les jeunes avec Macron. Merci de ta présence continue à nos côtés. On peut également l'applaudir à nouveau.
J'en profite puisque vous êtes tous toutes et tous là. Notre mouvement de jeunesse se transforme cette année et on vous donne puisque vous avez eu la gentillesse de venir aussi nombreux à cet événement organisé par Gabriel Atal et par Renaissance, un rendez-vous exceptionnel à ne pas manquer. On vous donne rendez-vous le 5 juillet à Paris pour fêter avec nous les 10 ans des jeunes avec Macron et pour annoncer le nouveau nom de notre mouvement.
Le suspense est encore à son comble. Ce sont les James qui voteront pour le choisir. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bon appétit pour celles et ceux qui n'ont pas encore mangé.
Vous dire qu'on vous attend avec plaisir au stand jam si vous avez envie de venir nous voir et vous donner rendez-vous à 14h30 au niveau de la machine pour les james qui ont un bracelet blanc et pour les autres. On se retrouve à 15h30 ici pour notre meeting de clôture. Merci à toutes et à tous et à tout à l'heure.
Ah. [Musique] [Musique]
Agnès Pannier-Runacher