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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 6 juillet 2021 22 min

L'invitée de Bourdin Direct : Amélie de Montchalin - 06/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Amélie de Montchalin

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. Amélie de Montchalin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, ministre de la fonction publique et de la transformation. Nous parlerons tout à l'heure, pouvoir d'achat des fonctionnaires. Amélie de Montchalin, le virus, le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de personnes qui sont infectées par le virus, de nouveaux cas. Le taux d'incidence repart à la hausse. Et sérieusement, depuis quelques jours maintenant, particulièrement chez les 20-30 ans, chez les 20-30 ans, comme l'été dernier, comme en Catalogne, comme dans d'autres pays d'Europe. Alors, la question est posée. La vaccination obligatoire des soignants est en débat.

Vous êtes ministre de la fonction publique. Je rappelle que la fonction publique hospitalière, ce sont les soignants. Amélie de Montchalin, est-ce qu'il faut vacciner obligatoirement tous les soignants en France ?

1:08
Amélie de Montchalin

D'abord, effectivement, il faut que nous accélérions la vaccination. Pas parce que c'est pour faire plaisir au gouvernement. Pas parce que ce serait l'acte, vous voyez, de certains militants. Moi, j'appelle sonnellement aujourd'hui, à votre micro, tous les Français, quel que soit leur âge, et évidemment, tous les agents publics, à se faire vacciner. Se faire vacciner, c'est avoir moins de chances d'être contaminé, c'est avoir moins de chances de contaminer les autres, c'est avoir moins de chances d'aller à l'hôpital. Et donc, c'est réduire ses chances, on doit le dire clairement, de mourir. Parce qu'on a eu énormément de morts dans cette épidémie.

Et donc, oui, nous avons aujourd'hui un objectif, c'est que les lieux où l'on se soigne, les hôpitaux, les EHPAD, ne soient pas des lieux où on attrape le virus. Et c'est pour ça qu'avec le Premier ministre, Olivier Véran, on est très clair, il faut qu'on puisse accélérer la vaccination des soignants. Aujourd'hui, dans les EHPAD, il y a certains endroits où il n'y a même pas la moitié des soignants qui sont vaccinés. Si nous n'arrivons pas à le faire par l'incitation, la facilitation, alors il faudra le rendre obligatoire. Après, hier, vous voyez, j'ai réuni les organisations syndicales. Et avec le Premier ministre, j'ai décidé de prendre nos responsabilités.

C'est-à-dire de faciliter, très concrètement, la vaccination pour les agents publics qui, pour l'instant, ne sont pas vaccinés. Parfois, il y a des raisons pratiques, parce que le centre de vaccination est très loin, parce que dans l'organisme de travail, c'est compliqué. Donc, on va faire venir des centres de vaccination au pied des lieux de travail dans certains territoires.

Mais on a aussi levé tous les freins qui peuvent exister en s'assurant que personne ne perde de salaire, qu'il n'y ait pas le jour de carence, qu'il n'y ait pas, au fond, de freins financiers à s'absenter pour aller se faire vacciner ou aller faire vacciner ses enfants quand on en a des enfants ou quand on a des effets secondaires. Donc, moi, ma mobilisation d'aujourd'hui, déjà, c'est de lever tous les freins pratiques, financiers, c'est d'appeler seul à l'aînement, je le refais, l'ensemble des Français et l'ensemble des agents publics à se faire vacciner.

Et si nous n'arrivons pas pour les soignants, pour qui c'est une obligation professionnelle, alors nous devrons en passer par l'obligation, ce qui est déjà le cas pour d'autres vaccins.

3:06
Présentateur

Alors, soyons clairs, Amélie de Montchalin, soyons clairs, est-ce que vous êtes favorable à la vaccination obligatoire pour tous les agents publics ?

3:14
Amélie de Montchalin

Pour tous les agents publics, ce serait, je pense, disproportionné, parce qu'il y a beaucoup d'agents publics

3:18
Présentateur

qui ne sont pas dans des situations... Donc, pas d'enseignants, pas de personnel travaillant dans les écoles pour préparer la rentrée prochaine.

3:25
Amélie de Montchalin

D'abord, ce que je dis, vous savez, pendant des mois et des mois, les syndicats, les agents publics, de manière légitime, m'ont demandé, ont demandé aux différents ministres, de la protection des masques, des mesures barrières. La meilleure protection, aujourd'hui, qu'on puisse leur accorder... C'est le vaccin. C'est le vaccin.

3:39
Présentateur

On est d'accord.

3:40
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui, je prends des dispositions pour qu'il n'y ait aucun frein à se faire vacciner. Êtes-vous favorable, je vous repose la question,

3:46
Présentateur

à la vaccination obligatoire pour tous les agents publics ?

3:49
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui, la priorité, c'est les soignants, et la priorité, c'est que l'ensemble de la population se fasse vacciner.

3:53
Présentateur

Alors, êtes-vous favorable à la vaccination obligatoire pour les soignants ?

3:57
Amélie de Montchalin

Pour les soignants, oui, je suis favorable, si nous n'arrivons pas dans les tout prochains jours à passer le cap de l'immunité nécessaire pour que, je le répète, quand on va dans un hôpital, quand on va dans un EHPAD, on n'attrape pas le virus parce que les uns et les autres ne seraient pas suffisamment vaccinés.

4:11
Présentateur

Une loi est en discussion ? Un projet de loi sera en discussion à l'Assemblée nationale, pas encore, mais prêt, en discussion à l'Assemblée nationale la semaine prochaine ? De toute façon, pour qu'il y ait obligation,

4:22
Amélie de Montchalin

il faut qu'il y ait loi. Oui, je sais. Et donc, vous savez que le Premier ministre réunit jeudi l'ensemble des forces politiques qui, effectivement, nous préparons et nous nous préparons à toutes les éventualités et qu'évidemment, si nous devons en passer par une obligation parce que nous ne voyons pas l'accélération se produire, alors il faudra une loi. Donc, une loi est prête. Parce que nous sommes à prix démocratique, M. Bourdin. Oui, une loi est prête. Une loi est en cours d'être écrite pour que, si nous devons l'activer, nous puissions le faire rapidement.

4:51
Présentateur

Rapidement, ça veut dire quand ? Ça veut dire avant la fin du mois ? Exactement. Avant la fin du mois. C'est pour ça qu'il y a des consultations. Donc, en discussion à l'Assemblée nationale, la semaine prochaine ou la semaine d'après ?

4:58
Amélie de Montchalin

C'est pour ça que vous savez, dans la crise, on a toujours été extrêmement réactifs.

5:01
Présentateur

Si la vaccination est rendue obligatoire pour les soignants, ceux, celles et ceux qui n'accepteront pas d'être vaccinés seront sanctionnés ?

5:10
Amélie de Montchalin

Vous savez, c'est comme le vaccin pour l'hépatite B.

5:12
Présentateur

Oui.

5:13
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui, quand vous êtes soignant, vous devez être vacciné contre l'hépatite B. Oui. Si vous ne l'êtes pas, vous ne pouvez pas exercer vos métiers de soignant. Vous pouvez faire d'autres choses. Vous pouvez travailler dans des endroits où vous ne voyez pas de patients. Mais les règles sont connues.

5:25
Présentateur

Des mutations et des sanctions.

5:29
Amélie de Montchalin

Mais les professionnels de la santé connaissent très bien les règles.

5:32
Présentateur

Oui. Il y aura donc des sanctions prévues dans la loi.

5:35
Amélie de Montchalin

Il y aura des conséquences. Si votre métier vous oblige de faire quelque chose que vous ne faites pas, alors vous ne faites pas votre métier exactement pareil. C'est tout. C'est assez simple à comprendre. Le but, ce n'est pas de stigmatiser quiconque. Ce n'est pas de mettre, pointer le doigt sur quiconque. Oui. C'est de considérer qu'en France, quand on va dans un hôpital pour se faire soigner, quand on est une personne âgée, quand on est soi-même peut-être avec un système immunitaire défaillant parce qu'on est très âgé, qu'on a pu être soi-même vacciné, mais qu'on reste fragile.

Vous ne pouvez pas, et nous ne pouvons pas, nous, responsables politiques, faire prendre de risques à des Français parce que ceux et celles qui ont la responsabilité de les soigner ne sont pas assez vaccinés. Je le redis, quand Irène Frachon, ce matin, une personne que beaucoup de Français connaissent, dit avec beaucoup de solennité, beaucoup même de sens pratique.

6:25
Présentateur

À l'origine, elle a dénoncé le scandale du médiator.

6:28
Amélie de Montchalin

C'est une femme que des Français écoutent.

6:30
Présentateur

Nomologue.

6:30
Amélie de Montchalin

J'aimerais qu'on écoute davantage ceux et celles qui ont des messages rationnels, des messages de protection, des messages qui montrent que c'est notre meilleure arme contre ce virus et contre tout ce qui nous a empêché de vivre normalement depuis 15 à 18 mois. On ne fait pas ça à nouveau pour faire de la politique. on fait ça pour protéger des gens contre une maladie qui, pour eux et pour les autres, peut les conduire, on va peut-être le rappeler, au pire.

6:54
Présentateur

Bon, Amélie de Monchelle, la vaccination obligatoire pour tous, comme le propose François Bayrou, vous êtes pour ou contre ?

7:01
Amélie de Montchalin

Moi, je pense qu'on n'en est pas là. Je pense qu'il y a beaucoup de Français, d'ailleurs, si vous regardez, qui veulent se faire vacciner et qui ne le sont pas encore.

7:08
Présentateur

On a les doses. On a la possibilité de se faire vacciner aujourd'hui, Amélie de Monchelle.

7:11
Amélie de Montchalin

C'est pour ça qu'on va bouger les lieux de vaccination sur les lieux de vacances. C'est pour ça qu'on va mettre des lieux de vaccination en bas des lieux de travail.

7:16
Présentateur

Alors, autre question, le pass sanitaire. Faut-il étendre le pass sanitaire ? Pourquoi ? Parce que la fracture sociale, une fracture entre les Français, risque de se produire à la rentrée entre ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne sont pas vaccinés. Est-ce que vous imaginez quelqu'un de vacciné forcé à rester à la maison, confiné, alors que celui qui n'est pas vacciné sera lui aussi confiné à la maison ?

7:38
Amélie de Montchalin

C'est pour ça que d'abord, si tout le monde est vacciné, la question ne se posera pas.

7:42
Présentateur

Si tout le monde est vacciné, mais tout le monde ne sera pas vacciné à la rentrée.

7:44
Amélie de Montchalin

Non, mais deux, c'est un débat que vous posez en des termes qui sont d'abord des termes démocratiques. Oui. C'est des choix qui ne se prennent pas juste de part d'un micro. Non, mais d'accord. Vous êtes ministre de la République. Et donc, ministre de la République, oui, c'est un débat que nous voyons bien, que nous devons organiser, que nous devons organiser de manière méthodique. C'est d'ailleurs pour ça, à nouveau, qu'on fait un ministre.

8:02
Présentateur

Alors, pourra-t-on imaginer comme ça se produit ailleurs dans le monde ? Pourra-t-on imaginer, je ne sais pas, des bars, des restaurants, des théâtres, des cinémas interdits à celles et ceux qui ne sont pas vaccinés ?

8:11
Amélie de Montchalin

C'est une question posée et le Premier ministre l'a posé aux différentes forces politiques. C'est une réflexion qui doit progresser, là pour le coup, dans le consensus.

8:17
Présentateur

Vous n'êtes pas contre, là. Mais moi, je suis... Cette solution.

8:19
Amélie de Montchalin

Je ne suis pas contre des choses qui sont perçues comme efficaces et qui font, comme vous l'avez dit, que l'on peut respecter une forme d'unité nationale. Parce que dans cette crise, vous le savez, le pire, c'est la division.

8:29
Présentateur

Alors, à Nice, un label permettra aux clients des commerces et restaurants de savoir si le personnel est vacciné. C'est une bonne initiative ?

8:37
Amélie de Montchalin

Là, vous savez, à nouveau, évitons les mesures qui stigmatiseraient. Mais le but, le but, à nouveau, c'est que si tous les Français

8:47
Présentateur

ont plus massivement

8:50
Amélie de Montchalin

ce vaccine, il n'y aura pas besoin de mettre des étiquettes.

8:52
Présentateur

Mais pourquoi avoir peur en permanence de fragiliser les Français, d'inquiéter les Français et pourquoi ? Parce que moi, j'ai une peur, M. Bourdin. J'ai une peur très franche.

9:01
Amélie de Montchalin

C'est que notre pays se divise, c'est que l'unité nationale ne soit pas là, c'est que la relance ne se produise pas. Et donc, nous devons utiliser tous les outils pour que, dans cette phase de relance, on l'espère, sortie de crise, nous fassions bloc. Et donc, vous aurez, en tant que ministre de la République, comme vous dites, un engagement.

C'est que nous travaillons avec beaucoup de dialogues, beaucoup de débats, beaucoup de dialogues sociaux en ce qui me concerne, pour que nous ne stigmatisions en personne, mais que chacun puisse prendre ses responsabilités et comprendre que ce qui lui est proposé, ce n'est pas une injonction liberticide, c'est au contraire une protection pour que la vie culturelle, éducative, sociale puisse reprendre. Et j'y mets beaucoup de convictions parce qu'on a vécu 15 mois, 18 mois très difficiles. Vous savez, les 5 millions d'agents publics dont je vous parle. Les hommes et des femmes qui parfois ont des métiers inconnus, qui ont fait des métiers difficiles.

Et en tant que ministre, je suis fière de leur engagement, mais je leur dois, et je le dis à nouveau solennellement, une protection absolue et une vérité.

9:58
Présentateur

Parole de vérité.

9:59
Amélie de Montchalin

C'est quand ce vaccinant...

10:00
Présentateur

Ce n'a pas tenu Emmanuel Macron lorsqu'il a dit jamais nous n'imposerons l'obligation vaccinale. Il l'a dit.

10:06
Amélie de Montchalin

Et il a toujours dit.

10:07
Présentateur

Il l'a dit.

10:07
Amélie de Montchalin

Il a toujours dit

10:08
Présentateur

que les soignants... En janvier, en décembre ?

10:10
Amélie de Montchalin

Il a toujours dit que les soignants avaient une responsabilité, pour le coup, qui est différente des autres. Il a dit que nous n'imposerons

10:16
Présentateur

jamais d'obligation vaccinale. Bien. Écoutez, je crois que sur ce sujet,

10:20
Amélie de Montchalin

on a toujours pris nos responsabilités.

10:21
Présentateur

Amélie de Montchalin. Emmanuel Macron, justement, s'exprimera le 14 juillet, avant le 14 juillet. On est bien d'accord.

10:29
Amélie de Montchalin

Je ne sais pas quand est-ce que le président décide de parler. Ce que je sais, que nous sommes au travail et que le pire qui pourrait être fait aujourd'hui, à nouveau dans des circonstances très particulières, mais aussi parce que c'est un engagement politique, c'est de considérer que comme on est à neuf mois d'une élection présidentielle, on arrête tout. Et donc, moi, en tant que membre du gouvernement, je peux vous dire que ce que le président et le premier ministre nous demandent, c'est de continuer à travailler à la relance. De continuer à travailler pour les pays. Et de considérer que 2022, avril 2022, ce n'est pas une échelle qui va nous faire tomber.

10:58
Présentateur

La reprise économique, c'est la priorité, Amélie de Montchalin. Évidemment que c'est une priorité. On est bien d'accord. La gestion de la pré-crise, c'est la priorité. Évidemment. Alors, est-ce que la réforme des retraites, c'est la priorité ?

11:08
Amélie de Montchalin

Ce qui est une priorité, c'est de considérer, et je le redis, que le monde ne va pas s'arrêter en avril 2022. Il y a des sujets qui sont sur la table depuis des années, voire des décennies. Celui-là de la réforme des retraites. Un engagement, d'ailleurs, que le président a pris en disant, on a devant nous des grands défis d'équité, d'efficacité économique. On doit arrêter de faire payer aux actifs qui travaillent des sommes incroyables de cotisations pour financer des retraites qui, en plus, sont parfois réduites pour nos aînés. Donc, il y a un problème d'efficacité. Ce problème, il existait avant la crise, et il existe après la crise.

Il serait donc irresponsable de bien vous dire, vous savez, comme ce n'est pas le moment potentiellement tout de suite, là, demain, de lancer la réforme, faisons comme si le sujet n'existe plus.

11:47
Présentateur

Est-ce que la réforme sera relancée avant la fin du quinquennat ?

11:50
Amélie de Montchalin

Ce qui est sûr, c'est que les réflexions...

11:51
Présentateur

Est-ce qu'il faut ?

11:53
Amélie de Montchalin

Il faut réfléchir.

11:54
Présentateur

Est-ce qu'il faut la relancer ?

11:55
Amélie de Montchalin

Et il faut relancer. Les questions qui sont comment on travaille plus dans notre pays ?

11:59
Présentateur

Oui.

11:59
Amélie de Montchalin

Comment envoyer, en tant que ministre la fonction publique ? Je vais parler du sujet qui nous concerne.

12:02
Présentateur

Oui.

12:03
Amélie de Montchalin

Tout le système de rémunération des fonctionnaires aujourd'hui, sur le sujet à la fois des salaires, on va y revenir, j'imagine, mais également sur le sujet des retraites, nécessite qu'on le pose à plat. Est-ce que vous savez que... Donc terminer les régimes...

12:16
Présentateur

Non, non, mais... Terminer les régimes spéciaux.

12:18
Amélie de Montchalin

Mais terminer le fait, par exemple, que quand vous êtes fonctionnaire, parfois la moitié de votre salaire ne cotise pas aux retraites. Est-ce que c'est logique que quand dans un pays on veut valoriser le travail, la moitié parfois du salaire ne cotise pas aux retraites ? Terminer les régimes spéciaux. Est-ce que c'est logique que dans la fonction publique de ce fait, on prend uniquement les six derniers mois considérant que le reste de votre carrière ne compte pas ? Ce n'est pas logique. Ça crée des inégalités. Entre le public et le privé. Ça crée beaucoup aussi de défiance. Donc nous, on doit poser sur la table un enjeu.

C'est que pour réussir la relance, il faut qu'on soit extrêmement mobilisés, qu'au cœur de la relance il y a le sujet du travail et qu'au cœur du travail il y a le sujet des retraites. Tout ça se tient ensemble.

12:55
Présentateur

Donc la réforme des retraites sera relancée avant la fin du quinquennat.

12:59
Amélie de Montchalin

Ce que je peux vous dire, c'est que d'abord il serait suicidaire et irresponsable de considérer que ce sujet n'est plus un sujet. Non mais ça j'ai compris. Le sujet, ce n'est pas le quand, c'est le comment, c'est le pourquoi. Ce n'est pas le quand.

13:11
Présentateur

Vous pensez que les Français ne s'intéressent pas au quand ?

13:13
Amélie de Montchalin

Mais ce sera un arbitrage que prendront le Président et le Premier ministre. Mais ce que je peux vous dire aujourd'hui...

13:17
Présentateur

Vous êtes favorable à la relance de...

13:19
Amélie de Montchalin

Alors moi je suis très favorable, vous voyez j'ouvre aujourd'hui. Alors que le Président tient un sommet social.

13:22
Présentateur

Mais est-ce que vous êtes favorable ? Oui. Est-ce que vous êtes favorable oui ou non à la relance de la réforme des retraites avant la présidentielle ?

13:31
Amélie de Montchalin

Je suis favorable à ce que nous parlions en toute transparence aux Français d'enjeux qui sont très liés à la relance qui est de savoir comment le travail paye, comment on soutient les actifs, comment les actifs ne sont pas ceux à qui on remet des cotisations et des cotisations pour faire tenir un système qui n'est plus équilibré. Comment on travaille sur par exemple l'emploi des seniors ? Vous savez qu'on a 7% de taux d'emploi de moins des seniors par rapport au reste de la zone euro. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est un de nos premiers défis travailler plus c'est déjà que premier défi c'est de trouver

13:58
Présentateur

de la main d'oeuvre. Premier défi c'est de favoriser et de relancer l'emploi.

14:02
Amélie de Montchalin

Mais c'est aussi que ceux qui sont en âge de travailler puissent travailler. Les jeunes, les seniors et en tant qu'une mise à fonction publique

14:08
Présentateur

ils peuvent les seniors ils peuvent cumuler retraite et travail

14:12
Amélie de Montchalin

ils peuvent aussi on peut s'assurer qu'ils ne soient pas au chômage à 50 ans ou à 55 ans. C'est quand même un grand sujet de mobilisation collective. Donc moi mon engagement c'est qu'un système politique qui considérait que parce que nous sommes 10 mois avant la présidentielle et bien les sujets qui sont des sujets majeurs devant nous ne sont plus des sujets ça s'appelle d'être irresponsable c'est-à-dire faire un politicien plutôt que de travailler sur les enjeux du pays.

14:34
Présentateur

La volonté de relancer la réforme des retraites pour ne pas laisser ce sujet à l'opposition et notamment à Xavier Bertrand. N'est-ce pas une tactique politicienne purement politicienne ?

14:45
Amélie de Montchalin

Ecoutez, moi ce matin je réunis toutes les organisations syndicales comme le président réunit tous les dirigeants syndicaux pour le secteur privé de son côté pour le secteur public du mien pourquoi je vous cette conférence sur les perspectives salariales ?

14:58
Présentateur

Pour le pouvoir d'achat ?

14:59
Amélie de Montchalin

Parce que je considère qu'il y a beaucoup de sujets où nous devons prendre nos responsabilités pas par tactique politicienne pas pour occuper le terrain

15:06
Présentateur

Sur la réforme des retraites tout le monde a des doutes.

15:09
Amélie de Montchalin

Dans ce qui me concerne c'est pas de la tactique politicienne c'est pas de l'opportunisme ça s'appelle l'esprit de sérieux. Nous avons aujourd'hui un système de rémunération et des carrières qui est bloqué qui est illisible qui n'est pas factif

15:21
Présentateur

qui rend quand même

15:22
Amélie de Montchalin

le sujet des retraites on en a parlé très compliqué dans la fonction publique

15:25
Présentateur

Tous les syndicats sont contre la reprise de la réforme des retraites

15:29
Amélie de Montchalin

Tous les syndicats je peux vous dire qui seront à la table aujourd'hui et je les réunis dans quelques heures sont très intéressés et très ouverts à ce que enfin on pose à plat tous les sujets et que dans les 6 mois qui viennent on soit capable de faire avancer des sujets qui parfois n'ont jamais été ouverts depuis des décennies Amélie de Montchalin le pouvoir d'achat des fonctionnaires

15:47
Présentateur

sujet non ouvert depuis des décennies c'est ce que vous dites moi j'ai vu j'ai regardé 5 660 000 agents de la fonction publique vous avez rendez-vous donc avec les syndicats tout à l'heure le point d'indice n'augmentera pas est-ce que le point d'indice augmentera ?

16:02
Amélie de Montchalin

il n'augmentera pas parce que ça aurait été une mesure de facilité

16:05
Présentateur

il est gelé depuis plus de 10 ans on est bien d'accord sauf en 2016 exception où il a augmenté

16:11
Amélie de Montchalin

est-ce que je peux

16:12
Présentateur

reprendre pour nos auditeurs le sujet au départ alors attendez est-ce que le point d'indice s'augmentera ? vous dites non

16:19
Amélie de Montchalin

il n'augmentera pas parce que l'augmenter ça veut dire pour ceux qui nous écoutent augmenter tout le monde vous voyez de l'agent administratif jusqu'au directeur du ministère du même pourcentage si j'augmentais le point d'indice d'un pour cent ceux qui sont en bas de l'échelle gagnent entre 10 et 14 euros de plus par mois l'année prochaine et c'est le maximum de ce qui a été fait depuis des quinquennats en général en fin de quinquennat augmenter le point d'indice c'est une mesure électoraliste tout le monde était content tout le monde avait la même augmentation je ne sais pas si les gens étaient si contents que ça parce que ça a créé derrière le fait que ceux qui avaient le plus besoin ceux qui sont dans des métiers dont on ne parle jamais qui sont des gens oubliés qui étaient ceux qui étaient en première ligne de la continuité du service public pendant cette crise sanitaire c'est-à-dire les agents administratifs les cantonniers les agents d'accueil tous ces métiers qui sont les catégorisés dont le salaire est le plus proche du SMIC ce sont des gens qui si vous augmentez de 1% le salaire de tout le monde pour eux ça fait 10 à 14 euros et pour les directeurs du ministère ça fait des centaines d'euros alors la décision que je prends ce matin et que je vais annoncer c'est qu'au lieu que ça coûte 1% de 2.10 ça coûte 2 milliards d'euros aux finances publiques c'est que pour une enveloppe plus petite mais extrêmement ciblée je vais être capable d'augmenter de 40 à 100 euros pour les agents de l'Etat qui sont le plus près du SMIC par mois le pouvoir d'achat pourquoi on fait ça ?

17:38
Présentateur

attendez attendez attendez 40 à 100 euros c'est l'annonce que vous faites là 40 à 100 euros de plus par mois net

17:45
Amélie de Montchalin

net pour les agents de l'Etat selon l'ancienneté quand on est comme on dit en catégorie C c'est-à-dire

17:50
Présentateur

en catégorie C catégorie C c'est la catégorie la plus basse exactement on est bien d'accord combien d'agents de l'Etat sont concernés ?

17:58
Amélie de Montchalin

les agents de l'Etat il y en a des centaines de milliers ça concerne aussi les agents

18:01
Présentateur

combien d'agents de l'Etat

18:02
Amélie de Montchalin

sont concernés ? 1,2 million d'agents dans les 3 fonctions publiques parce que ça concerne aussi les agents de la territoriale

18:08
Présentateur

3 fonctions publiques hospitalières 40 à 100 euros de plus on est bien d'accord pour l'Etat

18:13
Amélie de Montchalin

ça fait ces calculs-là

18:14
Présentateur

pour 1,2 million fonctionnaires c'est bien cela

18:16
Amélie de Montchalin

c'est cela que ça fait pour l'agent de l'Etat après on a des différences attendez

18:20
Présentateur

agent de l'Etat

18:21
Amélie de Montchalin

agent des 3 fonctions tout à fait 1,2 million d'agents 1,2 million d'agents qui vont toucher

18:27
Présentateur

1,2 million d'agents qui vont toucher entre 40 et 100 euros de plus par mois

18:32
Amélie de Montchalin

pourquoi on fait ça

18:33
Présentateur

monsieur Bourdin ? non mais c'est ça oui c'est ça

18:34
Amélie de Montchalin

c'est ça que je vous dis pourquoi on fait ça ?

18:37
Présentateur

oui

18:37
Amélie de Montchalin

parce que depuis des années quand vous faisiez l'augmentation générale pour les gens qui ont le moins ça fait très peu d'euros et pour les gens qui ont déjà beaucoup ça fait beaucoup d'euros c'est ce que vous m'avez dit donc derrière c'est quoi ? c'est la lutte contre les inégalités dites-moi les contractuels sont concernés aussi ?

bien sûr les contractuels on va s'assurer déjà qu'ils sont tous au-dessus du SMIC on va relever les salaires aussi des contractuels on va s'assurer que notamment on est plus de promotion parce qu'il y a aussi beaucoup de ces hommes et ces femmes pour qui les promotions n'arrivent que très peu souvent voire jamais on va aussi s'assurer regardez qu'à salaire égal qu'à travail égal on est salaire égal vous avez des gens ils font le même métier le même métier ils sont pas dans le même ministère ils gagnent pas le même argent à la fin du mois c'est un scandale

19:18
Présentateur

puis les femmes sont moins payées que les hommes

19:19
Amélie de Montchalin

on va lancer commettre de l'égalité comme dans le privé il y a un index vous savez qui permet de comparer très précisément moi mon combat c'est que depuis 2017 on a une politique salariale cohérente il y a des métiers sur lesquels on était en retard je pense aux enseignants aux forces de l'ordre aux soignants il y a aussi des inégalités au sein de la fonction publique sur les bas salaires sur les hommes et les femmes sur les inégalités entre Paris et la province donc pour résumer moi je suis la ministre qui de manière extrêmement efficace utilise chaque euro d'argent public pour combler des inégalités pour s'assurer qu'on ne fait pas du saupoudrage qu'on ne fait pas de l'électoralisme qu'on ne fait pas de la facilité alors c'est sûr que c'est un débat plus difficile à conduire

19:57
Présentateur

alors rien pour les fonctionnaires catégorie A et B tout pour les fonctionnaires catégorie C et vous allez aussi prendre en charge d'avoir des choses de la complémentaire santé à partir de quand

20:08
Amélie de Montchalin

et l'autre point c'est que comme je vous l'ai dit il n'y a pas rien pour les A et B parce que quand on fait la convergence quand vous faites le même métier dans deux ministères que vous soyez A, B ou C c'est pas normal que vous n'ayez pas le même salaire et ça je le fais pour tout le monde mais il y a une autre inégalité effectivement que vous citez je pense que les français savent pas que les fonctionnaires payent eux-mêmes tout seuls leur mutuelle santé dans le privé 50% est pris en charge par l'employeur dans le public jusqu'à maintenant c'était zéro donc moi j'ai mené une négociation qui s'est terminée avec un accord majoritaire et nous sommes en train de faire que dès le 1er janvier 2022 tous les agents de l'Etat tous les agents d'Etat auront 15 euros par mois sur leur feuille de paye pour les aider à payer leur mutuelle et ensuite tous les fonctionnaires des trois versants entre 2024 et 2026 auront la prise en charge de 50% de leur mutuelle santé moi je suis une ministre qui tient des engagements concrets politiquement la fonction publique quand vous écoutez aujourd'hui ce qu'on dit à droite c'est qu'est-ce qu'on vous entendait c'est compliqué il n'y a qu'à mettre à bas le statut ça s'appelle la facilité et c'est caricatural quand vous écoutez à gauche on vous dit ah monsieur Macron ne fait pas assez pour les plus démunis avec ce qu'on fait là alors que la gauche elle a toujours fait des mesures générales de facilité moi je cible les actions et surtout nous allons ouvrir comme je vous l'ai dit une conférence de dialogue social sur ce système qui commence aujourd'hui qui se terminera en février et tous les sujets de carrière de mobilité de promotion d'avancement de valorisation aussi des uns et des autres vu l'engagement qu'ils mettent dans leur travail nous devons regarder comment c'est valorisé sur les salaires c'est une conférence qui n'a jamais eu lieu parce qu'aujourd'hui entre les échelons les grades les catégories personne n'y s'y retrouve et ça a une conséquence c'est que les jeunes ne viennent plus rejoindre la fonction publique or on a besoin des talents on a besoin de l'engagement et on a besoin que ce service public auquel croient les français et bien les hommes et les femmes qu'ils font vivre soient reconnus à la hauteur de leurs investissements en particulier quand ils sont avec les plus bas salaires et c'est le combat que je mène

21:58
Présentateur

merci Amélie de Montchalin d'être venue nous voir ce matin sur RMC BFM TV