150 ans de la Commune de Paris: balade sur les traces de l'insurrection populaire
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14PrésentateurFait
« On doit à la Commune de Paris l'école gratuite et obligatoire pour tous et laïque. »
- 0:25PrésentateurFait
« Elle réquisitionne les logements vacants pour les sans-abri. »
- 0:35PrésentateurFait
« Les premiers pas pour une échelle des salaires, un salaire minimum et un salaire maximum. »
- 0:39PrésentateurFait
« Les premiers pas pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. »
- 0:54PrésentateurChiffre
« Entre 17 000 et 30 000 Parisiens sont abattus dans les rues de la ville. »
- 4:09InvitéFait
« En 1876, Hugo mettra son talent d'écrivain en proposant une loi relative à l'amnistie. »
- 7:29InvitéFait
« C'était un endroit où on venait fusiller ceux qui avaient été condamnés par une cour martiale ou une cour prévotale. »
- 7:35InvitéChiffre
« Ils étaient jugés par groupe de 20, de 30 en un quart d'heure. »
- 7:51InvitéFait
« Cette armée française a perdu devant la Prusse. »
- 8:13InvitéFait
« C'est-à-dire qu'on a eu affaire à une espèce d'ethnocide de classe. »
- 8:50InvitéFait
« La commune de Paris se revendique d'être une république sociale. »
Temps de parole
- Invité20 %
- Présentateur19 %
- Invité 218 %
- Invité 313 %
- Invité 411 %
- Invité 510 %
- Invité 68 %
≈ 12,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes avec l'association des Amis de la Commune pour commémorer le 150e anniversaire de la Commune de Paris. Une révolution très courte puisqu'elle a duré 72 jours, mais une révolution très importante qui a marqué l'histoire de France et l'histoire du mouvement ouvrier international. On doit à la Commune de Paris l'école gratuite et obligatoire pour tous et laïque. On doit aussi à la Commune de Paris, enfin l'instaure très rapidement, la séparation de l'Église et de l'État. Elle réquisitionne les logements vacants pour les sans-abri, elle réquisitionne les ateliers de production, reconnaît la citoyenneté pour les étrangers.
La Commune de Paris organise des premières ébauches de droit du travail puisqu'il y a les premiers pas pour l'encadrement du travail de nuit, les premiers pas pour une échelle des salaires, un salaire minimum et un salaire maximum et les premiers pas pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. D'ailleurs, les femmes prennent une place prépondérante dans la Commune de Paris qui fait de cette révolution une étape majeure dans l'histoire du mouvement féministe. Mais la Commune de Paris va être écrasée, massacrée dans le sang par les trous versaillaises et Adolphe Thiers.
C
'est la semaine sanglante. Entre 17 000 et 30 000 Parisiens sont abattus dans les rues de la ville. Un massacre gigantesque, l'un des plus importants de l'histoire de la ville de Paris. Malgré tout le travail des anticommunards et des adversaires de la Commune de Paris pour effacer jusqu'à son souvenir, il existe toujours un souvenir très vivace de la Commune de Paris et le mot refleurit régulièrement dans les mouvements sociaux. Avec les amis de la Commune de Paris, aujourd'hui nous allons déambuler dans les rues de Paris, sur les lieux mêmes de la Commune de Paris, pour nous rappeler le souvenir et l'œuvre majeure de la Commune de Paris.
Vous
êtes les bienvenus, suivez-nous.
La
place de la Bastille, c'est un lieu emblématique depuis 1789 où on y est venu en 1830, en 1832, en 1848 et à nouveau en 1871. C'est presque un réflexe de venir à la Bastille pour ce que ça représente. Dès le 18 mars 1771, alors que les troupes gouvernementales, les troupes de Thiers veulent récupérer les canons
qui se
trouvent place des Vosges, viennent pour occuper la place, Il y avait déjà eu des tentatives dans les semaines précédentes. Et donc à ce moment-là, on a déjà entendu parler de ce qui se passait à Montmartre. Et donc le quartier, ce barricade, on a une superbe photo d'une barricade à l'entrée là-bas de la rue de la Roquette. Elle est datée du 18 mars, on est sûr que
c'est
une barricade du 18 mars. Et donc le quartier se met en état de défense, en quelque sorte.
Nous
nous trouvons devant le 17 rue Saint-Antoine, ici même où se tenait une barricade munie de canons défendant la Bastille. Elle résistera pendant deux jours. C'est ici que la révolutionnaire Anne-Joseph Terwagne, dite de Méricourt, a vécu en 1789. Son engagement pour l'émancipation des femmes en pleine révolution française
fait
ici écho à celui des femmes de la commune
qui
se sont données corps et âme pour défendre Paris et l'idéal socialiste. Elles n'ont pas de poste de responsabilité, elles prennent directement les places qui leur est dues.
C
'est-à-dire qu'elles s'engagent dans la vie démocratique de la commune.
Et
donc elles ne sont pas élues, elles n'ont pas le droit de vote.
Mais
à la rigueur, excusez-moi l'expression, elles s'en fichent. Eux,
ce
qu'elles veulent, c'est changer leur vie. Et donc pour pouvoir changer leur vie, c'est participer directement à cette grande aventure. Ça a été un temps très important, puisque ça a donné par la suite un élan pour les autres femmes pour pouvoir revendiquer le droit de vote, par exemple.
Et
que les acquis, les conquis, qui n'ont pas forcément resté très longtemps, ont quand même servi à encourager les femmes de notre génération à rentrer dans la lutte et revendiquer des droits.
Nous
sommes à l'entrée de la rue des Tournelles. Au bout de cette rue se trouve la rue du Pas-de-la-Mule, où le 26 mai 1871, un régiment de ligne Versaillais a perdu 135 hommes et un colonel. C'est l'une des victoires militaires de la commune, si on veut. Victoire temporaire, mais victoire quand même. Réuni devant la maison de Victor Hugo, il loi l'appartement au deuxième étage de 1832 à 1848. En 1876, Hugo mettra son talent d'écrivain en proposant une loi relative à l'amnistie. Il pensait que c'était injuste d'avoir fusillé ou massacré des populations qui voulaient la République sociale et la République universelle. Et c'est ce que les communards voulaient faire. Donc peut-être qu
'il
a réagi un peu tard, parce qu'il a mis 5 ans à répondre. Hugo est Louise Michel. Elle fait partie de la frange des communards la plus révolutionnaire. La presse bourgeoise la nomme la Louvre Rouge.
Elle
sait faire le coup de feu et participe activement à l'affaire des canons de la Garde nationale sur l'abitement Marthe, entraînant avec elle les femmes de Paris. Toute jeune, Louise écrit à Victor Hugo. Monsieur, il faut que je vous écrive pour souffrir moins. Et le poète lui répond, leurs échanges épistolaires dureront près de 30 ans.
Nous
sommes devant l'église Saint-Paul-Saint-Louis, qui, pendant la commune, a été transformée en club révolutionnaire. Et à la fin de la commune, pendant la semaine sanglante, un bataillon d'adolescents qui s'appelait les enfants du Père Duchesne ont campé dans cette église avant de partir au combat, où ils ont été largement décimés. Mais avant de partir, ils ont écrit un graffiti sur la deuxième colonne de droite sur lequel est marquée « La République française ou la mort ». Et aujourd'hui, sur le site de l'église, on dit « Il doit être content, il a eu les deux
». Le
peuple a voté massivement pour la commune dans le quatrième arrondissement, qui est un arrondissement très populaire et à l'époque tragiquement pauvre. Et j'ai mis une représentation aussi populaire. Ce que Paris, comme la plupart des grandes villes en France, était sous le second empire, souvent dans l'opposition. Dans le cas de Paris, c'était une opposition républicaine, mais une républicaine plutôt plus modérée, qui était plutôt des intellectuels pour la plupart, donc des avocats, des médecins, des juges, etc., mais qui étaient républicains. C'est la commune qui a permis vraiment au peuple d'accéder au pouvoir. Il n'y avait pas de parti politique.
Donc c'était vraiment des élections locales qui étaient désignées des gens qui étaient des militants connus, pas tous des militants internationaux, mais enfin qui étaient des militants connus, des ouvriers connus, appréciés et aussi républicains au bout du compte. Ils étaient pour une république, mais une république sociale. Une république qu
'on
qualifierait de plus tôt révolutionnaire. Toute la question de la démocratie est posée par la commune en des termes, pas de représentation, mais en des termes d'action directe, en quelque sorte. En ce sens, cette représentation directe est un lien direct avec le peuple, avec ses organisations et avec le mouvement en général. C'est assez exceptionnel quand même. Il va falloir attendre le XXe siècle pour qu'il y ait des représentations du peuple aussi marquées, aussi symboliques.
Nous
sommes maintenant devant la caserne Lobo, qui fut l'un des principaux lieux des exécutions sommaires pendant la semaine sanglante. Il y avait énormément d'abattoirs dans Paris. C'était quoi un abattoir ? C'était un endroit où on venait fusiller ceux qui avaient été condamnés par une cour martiale ou une cour prévotale, où, comme je l'ai dit, ils étaient jugés par groupe de 20, de 30 en un quart d'heure. Et on les amenait se faire tuer ici. Bon, la semaine sanglante, c'est l'armée Versaillesse qui rentre dans Paris. Cette armée française a perdu devant la Prusse. Elle a un grand désir de revanche. Et cette revanche va se produire contre le peuple de Paris.
Et elle va être aidée en cela par l'armée prussienne. Puisqu'on va avoir une alliance de l'armée française et de l'armée prussienne contre le peuple de Paris, qui a osé se gouverner lui-même pendant 72 jours. Et là, ce sera véritablement un massacre effroyable, entre 20 et 30 000 morts. C'est-à-dire qu'on a eu affaire à une espèce d'ethnocide de classe. On a tenté d'éradiquer une classe sociale.
Nous
nous trouvons maintenant devant l'hôtel de ville de Paris. Lorsque l'insurrection éclate le 18 mars à Montmartre et que le comité central de la garde nationale décide de l'étendre à toute la capitale, l'objectif ultime, c'est bien la prise de l'hôtel de ville. Les grandes décisions de la commune, il y en a énormément. C'est toute une série de décisions qui vont dans le sens social, parce que la commune de Paris se revendique d'être une république sociale. Ce sont le droit au travail, par la réquisition des ateliers qui ne fonctionnaient plus. Il ne
s
'agit pas seulement d'une réquisition, mais aussi de les donner sous forme d'associations coopératives aux associations ouvrières. C'est aussi le droit du travail que la commune invente, puisqu'on voit les premiers deux décrets sociaux, des minimums de salaire, les heures de travail qui sont limitées, les règlements du travail. Et au-delà même, on voit avancer ce qu'on pourrait appeler, mais il faut éviter peut-être les anachronismes, des formes d'autogestion, puisque l'on voit dans certaines entreprises, les ouvriers élirent leur chef d'atelier, élirent le directeur même, par exemple, des ateliers du Louvre, pas loin d'ici, où l
'on
fabriquait les munitions. Et puis, à côté de cette œuvre sociale, il y a une œuvre humaniste, qui est extrêmement importante aussi pour les communards. Par exemple, que l'on ait brûlé la guillotine devant la mairie du 11e arrondissement. C'est le fait que l'on ait voulu donner aux enfants naturels et légitimes les mêmes droits qu'aux enfants naturels. C'est aussi toute l'action de la commune dans le domaine de la culture, qui est extrêmement importante et qui prend aussi sens de cette œuvre humaniste qui est aussi au cœur de la commune.
Et enfin, c'est toute une œuvre démocratique, avec l'idée que ces communards qui sont élus au Conseil communal de Paris sont les mandataires du peuple, sont révocables à tout moment par le peuple.
Ainsi s'achève notre balade parisienne sur les traces de la commune de Paris. Mais les célébrations pour les 150 ans de la commune de Paris sont loin d'être terminées. Très bientôt, vous pourrez retrouver en kiosque un hors-série spécial de l'humanité consacré à la commune de Paris, son histoire, les communards et les communards.
Et
vous trouverez aussi sur notre site internet un partenariat avec l'écrivaine Michel Audin qui, tous les jours, va raconter la commune de Paris au jour le jour, chaque jour,
ce
qui s'est passé il y a 150 ans. Et enfin, il
y
a un autre partenariat avec le dessinateur Dugudus qui, tous les jours, pendant 73 jours, va faire le portrait, dessiner le portrait d'une communarde ou d'un communard et nous ferons sa biographie.
A
très vite et vive la commune
! Sous-titrage Société Radio-Canada Merci.