Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Bonjour, Jean-Philippe Tanguy.
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Quand vous vous mettez dans cet état, est-ce que vous ne risquez pas le bon mot de trop qui vous conduirait au dérapage ?
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Vous avez pas toujours été comme ça. Vous avez fait un travail sur vous-même pour en arriver là ?
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Si on remonte à votre adolescence, un événement m'a étonné : la façon dont vous êtes arrivé au lycée Henri-IV.
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Vous avez intégré Saint-Cyr, mais vous avez quitté cette école très vite. Pourquoi ?
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En 2012, vous commencez un stage chez General Electric France. Que s'est-il passé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Jean-Philippe TanguyFait
« C'était une improvisation puisque je ne devais pas faire l'explication de vote. »
- 0:45Jean-Philippe TanguyFait
« Les Français ont compris, à ma surprise, d'ailleurs, parce que j'étais inquiet... De la perception ? Oui. Je n'ai eu presque que, sincèrement, des retours positifs. »
- 2:30Jean-Philippe TanguyFait
« Moi, je sens toujours... Je déteste me regarder, d'ailleurs. Voilà, j'ai beaucoup de mal à parler. J'ai encore des difficultés d'élocution. »
- 3:30Jean-Philippe TanguyFait
« Je parle vite. Là, je fais un effort énorme pour parler... »
- 5:30Jean-Philippe TanguyFait
« J'ai vu la direction d'une grande multinationale et, après la crise de 2008, un changement d'attitude de General Electric, qui est devenue une entreprise prédatrice, contre les intérêts français. »
- 8:30Jean-Philippe TanguyFait
« Marine Le Pen est la championne des libertés. Le vote des homosexuels, en majorité, se porte vers elle. »
- 11:30Jean-Philippe TanguyFait
« J'ai été victime d'une agression au couteau en 2019 de la part de groupuscules d'extrême droite qui sont complètement dingues. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-Il est l'une des révélations de la nouvelle Assemblée. Ses envolées lyriques l'ont fait remarquer dans l'hémicycle, et pourtant, mon invité se définit comme un techno plutôt timide. Générique ...
Bonjour, Jean-Philippe Tanguy. -Bonjour, M. Méric. -Les Français vous ont découvert à l'occasion de votre discours prononcé à 5h du matin, après une longue nuit de séance consacrée au texte sur le pouvoir d'achat, avec ce moment qui est devenu célèbre. -Alors, alors, alors...
Silence ! Alors...
Exclamations Oh, ce cri du coeur... -M.
Tanguy, s'il vous plaît. -...qui a inspiré beaucoup de gens parmi nous.
Je vous en prie, collègues de gauche. -M. Tanguy, s'il vous plaît. -Silence pour la France !
Il faut un peu rigoler, attendez ! Un peu de légèreté ! -Alors, c'était un moment un peu inattendu, on va dire.
Ca a fait beaucoup rire Marine Le Pen. La présidente de séance rigolait aussi. Quand vous vous mettez dans cet état, est-ce que vous ne risquez pas le bon mot de trop qui vous conduirait au dérapage ?
Vous êtes en roue libre. -Oui, c'est pas faux. Je vais pas vous mentir en vous disant que c'était organisé.
Nous étions très fatigués. Après, je pense que l'humour, le recul sur soi-même permet de se sortir de ces situations compliquées. C'était une improvisation puisque je ne devais pas faire l'explication de vote. -Ca devait être Marine Le Pen. -Oui et, pour différentes raisons, notamment la tension qu'il y avait dans l'hémicycle, l'heure qu'il était, elle m'a demandé de la remplacer et donc c'était une improvisation.
De l'extérieur, on n'entend pas à quel point c'était bruyant et à quel point c'est une fournaise, l'Assemblée nationale. Donc on comprend pas pourquoi je suis obligé de dire cela, mais sincèrement, si on avait le son qu'on entendait, on comprendrait mieux. Les Français ont compris, à ma surprise, d'ailleurs, parce que j'étais inquiet... -De la perception ? -Oui.
Je n'ai eu presque que, sincèrement, des retours positifs parce que les Français étaient exaspérés de l'attitude de la NUPES. Sur les retraites, je me suis retenu de le redire. -Ce qu'on voit aussi dans cet extrait de prise de parole, c'est votre sens du spectacle, le plaisir que vous prenez à prendre la parole.
Vous avez pas toujours été comme ça. Vous avez fait un travail sur vous-même pour en arriver là ? Ca a été... -Oui.
Moi, je trouve que ça se voit encore, en fait. C'est gentil quand on me dit, comment dire, que ça se passe bien. Moi, je sens toujours...
Je déteste me regarder, d'ailleurs. Voilà, j'ai beaucoup de mal à parler. J'ai encore des difficultés d'élocution.
On me dit que non, mais je les sens une par une. -Vous avez travaillé ça ? -Oui, depuis très longtemps, depuis presque mon enfance.
Je suis très timide, pour pas dire plus, dans mon coin. Je me fais vraiment violence pour prendre la parole et c'est toujours...
Je parle vite. Là, je fais un effort énorme pour parler... -Soyez vous-même. -Il faut quand même qu'on me comprenne.
Si je parlais de ma façon naturelle, j'aurais du mal à dialoguer avec vous. En fait, j'ai tendance à parler vite pour dire vite ce que j'ai à dire et retourner... -Pour évacuer. -...à la solitude. -Si on remonte à votre adolescence, un événement m'a étonné, c'est la façon dont vous êtes arrivé au lycée Henri-IV.
Vous avez grandi à Bures-sur-Yvette, dans un milieu modeste. Vous n'étiez pas vraiment programmé pour arriver dans cet établissement. Vous diriez que vous avez forcé le destin ? -Ah oui.
Sincèrement, oui. De toute façon, toute ma scolarité a été une épreuve avec le système de reproduction des élites. Ca a aussi été des rencontres.
J'ai fait deux grandes rencontres. C'est ma prof de piano dont les... -Elle vous a parlé de ce lycée. -Oui, dont les filles avaient des prédispositions.
Elles avaient été placées à Henri-IV. J'ai appris l'existence de ce lycée. -Comment vous êtes arrivé là ? -Avec mon meilleur ami, qui est toujours mon meilleur ami et à qui je dois beaucoup dans le parcours et dans la confiance qu'il m'a permis d'avoir en moi durant toutes ces années, on s'est dit qu'on allait envoyer notre dossier. -Vous avez candidaté sans en parler ? -Sans en parler.
Mes parents ne voulaient pas que j'y aille, que je quitte Bures-sur-Yvette pour des raisons, comment dire, affectueuses. Ils pensaient que c'était trop difficile, qu'il fallait prendre tous les matins le RER, que je n'y arriverais pas. J'ai eu beaucoup de mal à y arriver.
Et donc, c'est vrai que s'extraire, j'aime pas trop ce mot, mais il y a pas d'autre mot à brûle-pourpoint, s'extraire de son milieu, rompre avec le destin qui a été écrit par la sociologie, c'est difficile, et aujourd'hui, c'est encore plus difficile. Si j'avais 16 ans, je n'aurais pas le parcours que j'ai eu. -Dans votre parcours, après le bac, vous avez intégré Saint-Cyr, mais vous avez quitté cette école très vite.
Pourquoi ? -J'ai senti que c'était pas ma place. C'était pas du tout contre l'armée.
C'était pas contre les officiers qui m'ont accueilli. Bon déjà, j'ai un problème de discipline, mais là, en particulier, on m'a fait sentir que... je ferais mieux de faire d'autres études.
Je suis retourné en prépa et je suis allé en école de commerce pour servir la France autrement. -Vous avez fait l'ESSEC, Sciences Po Paris. En 2012, vous commencez un stage chez General Electric France aux côtés de Clara Gaymard.
C'est là que le déclic de votre engagement politique s'est fait, en lien avec le dossier Alstom. Que s'est-il passé ? -C'est dur à expliquer de dehors.
Mon poste était modeste. J'étais stagiaire. Sur les presque trois années que j'ai passées là-bas, j'ai vu la direction d'une grande multinationale et, après la crise de 2008, un changement d'attitude de General Electric, qui est devenue une entreprise prédatrice, contre les intérêts français.
Et donc, vous êtes confronté à la réalité. -Vous avez eu accès à des informations précises sur le rachat de la branche énergie d'Alstom par General Electric France ? -Oui. -Vous auriez pu être lanceur d'alerte.
Certains vous ont reproché d'avoir un peu inventé un rôle de lanceur d'alerte. -Oui. -Vous avez transmis des choses au ministère de l'Economie pour dire ce que vous saviez du dossier ? -Je l'ai dit en commission d'enquête parlementaire récemment, j'ai dit que je pouvais le faire.
J'ai essayé d'alerter. D'ailleurs, c'est aussi, comment dire, le début de mon engagement pour M. Dupont-Aignan.
Il pourra en témoigner. Je lui ai tout dit. Je lui ai écrit une lettre.
J'ai essayé d'alerter, mais c'est intéressant, ce que vous dites sur les lanceurs d'alerte. En France, ils sont très maltraités. On est fou, paranoïaque, complotiste.
On n'est pas reconnu. On n'est pas protégé. -C'est ça qui vous a dissuadé d'aller au bout ?
Vous avez transmis des documents à Arnaud Montebourg, ministre de l'Economie ? -A un de ses collaborateurs. M.
Dupont-Aignan m'a organisé un rendez-vous avec eux. -Donc il a eu accès aux informations. -Oui.
Il y a jamais eu de retour. Bon, c'est très compliqué parce que c'est rigoureux. Quand vous savez que quelque chose va arriver, que vous essayez d'alerter avec vos maigres moyens, parce que c'est même pas David contre Goliath.
Ca n'a rien à voir comme force. Et après, on vous reproche de pas avoir réussi à aller au bout de votre démarche. Que pouvais-je faire de plus ?
Toutes les personnes que je pouvais alerter, je l'ai fait. Je n'étais qu'un modeste... -Stagiaire. -Voilà.
En plus, il y a le mépris de classe. C'est important. Il y a ce mépris.
Le fait d'être stagiaire ou apprenti vous discrédite de ce que vous dites. Non. Si vous étiez à un endroit où vous avez vu, que vous soyez stagiaire ou cadre, c'est pareil. -A ce moment-là, en 2012, vous vous engagez aux côtés de Dupont-Aignan.
Vous avez travaillé avec lui 8 ans. Ca a été une bonne école de la politique pour vous ? -Ah oui, sincèrement.
On est différents, avec Nicolas Dupont-Aignan, sur la stratégie du camp national, gaulliste, mais c'est un excellent élu local. Il a une maîtrise de sa capacité à faire naître un lien de confiance entre ses administrés et lui qui est unique. Il a bien géré hier.
C'est aussi un élu courageux. Pendant des années, il a défendu une ligne. On n'est pas d'accord sur la stratégie, mais sur le fond, je ne renie absolument rien de ces années. -Vous avez combattu longtemps le RN à ses côtés.
Après, vous avez tenté d'approcher le RN avec lui. Ca a pas fonctionné et vous êtes parti. Qu'est-ce qui a permis ce rapprochement politiquement ? -C'est simple.
C'est le fait que Marine Le Pen ait rompu, en l'excluant, avec Jean-Marie Le Pen. -C'était ça qui vous bloquait ? -Oui.
C'est ce qui bloquait tout le camp gaulliste, que ce soit M. Dupont-Aignan ou les électeurs qui se reconnaissaient dans nos valeurs qui représentaient 5 % de la population. C'était pas la personne de Jean-Marie Le Pen.
C'est pas une question de personne. C'était ses provocations, ses déclarations condamnables et condamnées qui, pour nous, étaient pas nos valeurs et empêchaient d'arriver à la victoire. Donc Marine Le Pen a eu le courage de le faire.
Je trouve que le système est dur avec elle. On le lui reproche encore alors qu'elle a fait ce qu'il fallait. -Vous êtes considéré comme son bras droit à l'Assemblée. -Il y en a plusieurs.
Il y a Sébastien Chenu, Laure Lavalette. Il y en a plusieurs. Mais moi, je travaille beaucoup sur les questions économie et finances.
C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de textes au début de mandat sur ces sujets-là. Moi, j'ai une volonté. Ce que je partage et là où je sers Marine Le Pen, c'est qu'elle a une volonté de gagner pour sauver notre pays.
J'ai un sentiment d'urgence depuis que je suis petit : il faut absolument gagner au plus vite pour éviter l'effondrement. -Vous avez participé au mouvement GayLib de Sébastien Chenu quand il était encore à l'UMP il y a quelques années. En 2013, vous avez participé aux manifestations en faveur du mariage gay.
Vous êtes gay, vous l'avez toujours assumé. Vous en faites un sujet politique ? -Moi, je pense qu'on ne peut pas ne pas en faire un sujet politique.
Il faut pas lui donner une place centrale, mais quand vous êtes d'une minorité, quelle qu'elle soit, vous ressentez forcément les choses d'une manière différente. Vous vivez différemment. Vous avez un rapport avec la nation, en tout cas pour moi, qui est différent mais très partagé parmi les homosexuels français.
La nation est forcément plus protectrice. Elle est forcément...
Elle joue forcément un rôle dans votre idéal de vie qui est différent. -Est-ce dans ce sens que vous avez posté ce message en 2018 ? C'était après avoir participé à la Gay Pride : "Fier de m'engueuler "avec ceux qui n'ont pas compris "que notre bonheur honorait l'âme nationale." Qu'entendez-vous par "notre bonheur "honore l'âme nationale" ? -Nous avons beaucoup de chance d'être français et de vivre dans un pays où, même s'il y a eu des moments très douloureux, comparé à d'autres civilisations et d'autres pays, l'homosexualité était relativement tolérée.
Depuis quelques années, en plus de ça, on a le droit au bonheur familial, d'avoir une vie normale. -Cette tolérance n'a pas toujours été présente dans votre famille politique. Vous en avez été victime. -J'ai été victime d'une agression au couteau en 2019 de la part de groupuscules d'extrême droite qui sont complètement dingues. -Vous l'aviez qualifiée d'agression homophobe. -Oui, l'objectif était de révéler ma sexualité.
Il n'y avait rien à révéler. Tous ceux qui se le demandaient ont eu la réponse. Voilà, bon, mais je suis pas d'accord avec vous.
C'est une question qui traverse les familles politiques. -J'ai pas dit que ça se limitait à votre camp. -Maintenant, on le voit bien.
Marine Le Pen est la championne des libertés. Le vote des homosexuels, en majorité, se porte vers elle. Quand vous regardez la gauche et les groupes de gauche, il y a très peu de députés qui se revendiquent homosexuels.
Ca devient un problème dans une part de la société qui n'est pas celle qu'on attend. -On passe à notre quiz, à présent. J'explique le principe.
Je commence une phrase et vous la complétez. C'est bon, on y va ? -Je vais essayer. -Etre gay au RN, c'est ? -C'est comme si vous étiez hétérosexuel. -Ca ne change... -Absolument rien. -Je ne suis pas à la commission des finances, mais ? -Je le serai un jour. -La prochaine fois. -Je ne sais pas.
Mais...
Je vais vous surprendre, mais Eric Coquerel fait un bon travail. -Ah ! Quand je prends la parole dans l'hémicycle, ce que j'aime avant tout, c'est ? -Défendre les idées. -Très bien.
Merci beaucoup. -Merci à vous. -Merci d'être venu dans l'émission.
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA Générique ...
Jean-Philippe Tanguy