Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — Questions politiques· 17 mars 2019 53 min

Xavier Bertrand, "révolté" après l'acte 18 des "gilets jaunes" : "C’est une guerre contre la République"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter Et puis, quelle est son analyse de ce qui s'est passé hier à Paris ? Ces scènes de violence, de pillage, de saccage sur les Champs-Elysées ? Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s'est installé dans le studio de Questions Politiques. Intervenez sur l'appli France Inter ou sur les réseaux sociaux avec le hashtag QuestionPol. France Inter Questions Politiques Alibadou Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Et bienvenue. La République est une et indivisible. L'équipe de Questions Politiques aussi, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali. Bonjour M. Bertrand. Bonjour Françoise Fresseuse du journal Le Monde. Bonjour Françoise.

1:12
Invité

Bonjour Ali. Bonjour à tous.

1:13
Présentateur

Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine.

1:15
Invité

Salut tout le monde.

1:16
Présentateur

Elle fera, Karine Becker, votre portrait, Xavier Bertrand, dans quelques minutes. Partons évidemment de ce qui s'est joué hier dans la capitale. Journée de mobilisation au pluriel. Un défilé pacifique et joyeux pour le climat. Et au même moment, à dix minutes de là, sur les Champs-Elysées, des violences, des scènes de bataille contre les forces de l'ordre, des incendies, des vitrines brisées, des magasins pillés. Le bilan de ce 18e samedi de mobilisation des gilets jaunes est lourd. Nous avons tous vu ces images. Vous aussi, qu'est-ce que vous en avez pensé sur le coup ?

1:46
Xavier Bertrand

Révolté. Complètement, complètement révolté. En se posant la question, pourquoi les forces de l'ordre ne sont pas intervenues, quelles consignes leur ont été données ? Vous le savez maintenant, vous avez parlé des réseaux sociaux. Beaucoup de gens que je connais savaient que je faisais cette émission aujourd'hui. Et ils m'ont dit, dis-leur, dis-leur qu'on n'en peut plus. Dis-leur qu'on n'a pas envie de voir un 19e acte. Ce n'est pas possible. Qu'est-ce qu'ils font là-haut ? Qu'est-ce qu'ils décident là-haut ? Donc vous accusez le gouvernement ? Attendez. Ceux que j'ai eus, ils ne veulent pas polémiquer. Ils veulent être protégés.

Et ils ne veulent pas que les responsables politiques polémiques, ils veulent se sentir en sécurité. Voilà ce qu'ils veulent. Et la question aujourd'hui qui est posée, est-ce qu'on ne doit pas faire maintenant clairement la différence ? Et on aurait dû la faire depuis l'acte 3, le jour où Paris a été déjà l'objet de destruction de pillages. Il y a eu bien évidemment l'arc de triomphe, mais pas seulement. Que ce soit les commerces, des agences bancaires, qu'on s'en soit pris aussi aux forces de l'ordre comme on s'en est pris. Il faut faire la différence entre les manifestants et les émeutiers. Comment faire ?

2:59
Présentateur

Est-ce qu'ils sont souvent mélangés ?

3:01
Xavier Bertrand

Ils sont mélangés là. Quand ils ont effectivement des armes par destination, quand ils ont le visage complètement couvert. Pourquoi ? Ils ont peur de prendre un gros rhume. Il y a un, on a entendu des gilets jaunes souvenir, les émeutiers. Non, non, ce n'est pas la même chose. Ceux qui ont cassé, c'est des pillards. C'est des criminels en puissance. Regardez cette agence bancaire. Avec cette dame qui est au deuxième étage, je crois, avec son bébé, qui a failli mourir. Mais on attend quoi ? Quand vous voyez ce policier qui est à terre, qui a deux doigts de se faire massacrer. Mais c'est quoi ? C'est des criminels en puissance. Ce ne sont pas des manifestants.

Mais il y a un anticasseur qui a été voté, qui n'est pas encore en application. Est-ce qu'elle peut suffire, cette loi ? Avant même cette loi anticasseur, il y a des dispositifs aujourd'hui qui permettent de dire que quand une manifestation n'est pas autorisée, et en tout cas ceux qui les décrètent ne risquent pas de demander l'autorisation parce qu'ils veulent pouvoir intervenir et casser partout. Dans ces conditions-là, si vous êtes face à une manifestation non autorisée qui est considérée juridiquement comme un attroupement, vous faites, excusez-moi, le vocabulaire peut sembler un peu désuet, c'est le vocabulaire juridique. Vous faites des sommations pour demander de se disperser.

Si là, ceux qui sont dedans ne se dispersent pas, vous êtes fondés à les interpeller. Et dans ces conditions-là, vous avez des peines de prison pour ceux qui participent à un attroupement. Vous avez des peines de prison renforcées pour celui qui participe à un attroupement avec le visage dissimulé. Et vous avez des peines de prison renforcées pour celui qui participe à un attroupement avec ce qu'on appelle une arme par destination. Il suffit qu'il ait un pavé à la main ou dans son sac à dos pour le faire. Et je le dis au président de la République et au gouvernement, parce que cette question, on me l'a posée également.

Depuis le début, depuis le début, depuis le début où sont intervenus ces pillards, combien y a-t-il eu d'interpellations ? On le sait. Combien y a-t-il eu de garde à vue ? On le sait. En revanche, combien y a-t-il eu de condamnations ? Pardon. Combien de personnes ont été mises derrière les barreaux ? Parce que je ne parle pas de condamnations qui sont à quelques mois où on ne leur fait pas purger leur peine. Combien de personnes ont été mises derrière les barreaux ? Et pourquoi derrière les barreaux ? C'est tout simplement pour être mis hors d'état de nuire. Hors d'état de nuire.

Et surtout, vous ne m'enlèverez pas de l'esprit que si vous voulez clairement dissuader, il faut les mettre derrière les barreaux. Parce que pendant, excusez-moi, quelques mois ou un an ou plus, si vous n'avez plus votre travail, vous ne voyez plus vos proches, je suis désolé. C'est peut-être la seule façon de protéger la société et cela de leur dire très clairement qu'on ne laissera pas s'installer un état qui n'est pas l'état républicain.

5:38
Invité

Alors clairement, hier après-midi, il y avait des gilets jaunes sur les champs. La manif était pas autorisée. Qu'est-ce que vous faites avec ces gilets jaunes ? Est-ce que vous êtes d'accord avec Edouard Philippe et Emmanuel Macron qui considèrent que tout gilet jaune qui est à côté d'un casseur ou qui fait la même chose est susceptible d'être un complice total ? Donc d'après votre théorie, ces gilets jaunes-là, on aurait pu les arrêter aussi.

5:55
Xavier Bertrand

Mais ce n'est pas des mots qu'il faut ?

5:58
Invité

Non mais je vous demande est-ce que vous êtes d'accord avec la complicité des gilets jaunes qui sont à côté du Fouquet's, qui voient les choses se faire et qui ne participent à une manifestation et qui n'est pas autorisée ?

6:06
Xavier Bertrand

La question, excusez-moi, là vous me demandez quasiment d'être commentateur.

6:10
Invité

Non, je vous demande d'être ministre de l'Intérieur éventuel.

6:12
Xavier Bertrand

Eh bien vous intervenez avant. Que ce soit pour tous ceux qui sont là. C'est un attroupement non autorisé. Vous faites les sommations d'usage. Attendons-nous bien, vous retirez pour dire vous n'avez pas le droit de rester dans cette manifestation. Nous allons procéder aux interpellations pour tous ceux qui sont là. Après c'est très facile aussi de voir quels sont ceux qui commandent parce que ce qui est dingue aussi, c'est que vous en arrivez à avoir des participants à la manifestation qui justifient. Mais les autres, ce qu'il faut bien voir, que ce soit le Fouquet's, le Fouquet's, ce n'est pas un symbole comme je l'ai entendu. Non, c'est vrai. C'est des gens qui travaillent aussi là-dedans.

Des gens qui ont perdu leur outil de travail. Mais il y a aussi cette dimension idéologique que vous avez l'air franc. Il y a aussi sur les réseaux sociaux un kiosquier qui dit je bosse 6 jours sur 7. Le samedi c'est mon meilleur jour. Et moi, vous savez quoi ? J'ai perdu. J'ai perdu ça. Je n'ai plus mon boulot. Et ce qu'il faut bien comprendre,

7:01
Présentateur

c'est que le gouvernement... Une agence bancaire, des boutiques de luxe s'attaquaient la brasserie du Fouquet's vandalisé. Ce sont des symboles justement. C'est une guerre idéologique et certains le disent et le pensent.

7:11
Xavier Bertrand

Non, je pense que c'est une guerre contre la République. Avant même de mettre de l'idéologie, je suis désolé, vous ne pouvez pas continuer dans un pays comme le nôtre à avoir des gens qui cherchent à tout foutre par terre. Parce que, je vous dis, il n'y a pas qu'en France. Et ça ne s'arrêtera pas comme cela. Le gouvernement ne doit pas avoir peur de faire usage de la force et de la force du droit. Vous dites peur ?

7:32
Invité

C'est ça, vous pensez ? Il a peur de quoi en fait ?

7:36
Xavier Bertrand

Ne nous racontons pas d'histoire. Depuis ce qui s'est passé dans les années 80 avec Malik Ousekine, beaucoup de dirigeants s'inquiètent qu'il y ait un accident ou un drame. Et honnêtement, évidemment, personne ne peut être irresponsable au point de se dire que rien ne serait grave. Mais je vais vous dire une chose. On a une chance terrible qu'il n'y ait pas eu un tel drame hier encore avec la maman et ce bébé. Et puis regardez aussi les forces de l'ordre qui se font massacrer des jets d'acide. Des jets d'acide. Le simple fait même de les insulter, de leur cracher dessus, je pense que c'est quelque chose qui doit être sanctionné. Mais des jets d'acide.

Et d'une certaine façon, on est en train de s'y habituer. Il n'y a pas qu'en France, il y a aussi dans d'autres pays. Mais encore une fois, la doctrine d'emploi du droit de la force doit être à mon avis adaptée et revue. Mais il ne faut pas avoir peur d'appliquer tous les moyens de la loi. Parce que ce que je vois aujourd'hui, vous parlez de dérive idéologique, c'est même pas ça. Les gens vous disent mais avec tout ce qu'ils font, il y a ce sentiment d'impunité. Non mais qu'est-ce qu'ils attendent là-haut ? Et quand ils disent là-haut, c'est ceux qui nous dirigent et qui doivent nous protéger. Ce que je voudrais... Donc il y a des fautes dans le maintien de l'ordre ? Ce que je voudrais...

8:49
Invité

Est-ce qu'il est trop faible Christophe Castaner ? Parce que vous dites...

8:51
Xavier Bertrand

Je n'ai pas envie de polémiquer parce qu'on ne retiendra de ce que je vous dis que ça.

8:54
Invité

En même temps, vous passez votre temps à le dire en fait, à le sous-entendre. Vous dites qu'il faut mettre les mots au moment où il faut. Je suis en train de vous faire des propositions. C'est le moment.

9:01
Xavier Bertrand

Je suis en train de vous faire des propositions. L'application des textes existants avant même les dispositions de la loi anti-casseurs. Quand on veut le faire, on peut le faire, mais seulement maintenant, il faut le faire sans attendre parce qu'on ne peut pas encore attendre samedi prochain en se demandant s'il y aura un acte 19.

9:17
Invité

Et dans vos propositions, est-ce qu'il faut mettre les bonnes personnes aux bons endroits ?

9:20
Xavier Bertrand

C'est-à-dire ?

9:20
Invité

Christophe Castaner aux bons endroits.

9:22
Xavier Bertrand

Je ne ferai pas de cela un problème de personne parce que je vois bien et excusez-moi, on est dans une situation où les Français ne se sentent pas protégés et on voudrait que je montre du doigt un tel ou un tel. C'est au Président de la République de nous dire clairement quels sont les consignes et les ordres qu'il a donnés à son gouvernement, aux ministres de l'Intérieur et aux ministres de la Justice. Et ensuite, quand il est rentré hier soir, quel compte il leur a demandé aussi ? Et moi, je vous pose une question que je pose donc au Président de la République. Combien d'interpellations ? Combien de gardes à vue ? Combien de condamnations ?

Combien de personnes depuis le début derrière les barreaux ? En revanche, je vais vous dire les choses très clairement. Je voudrais que la main qui tient la barre de l'État, elle tienne cette barre de façon ferme et beaucoup plus ferme. Encore une question, Françoise.

10:06
Invité

Chez certains manifestants, on entend l'argument si on n'utilise pas la violence, on n'est pas entendu. Comment vous réagissez à ça ?

10:14
Xavier Bertrand

David Bertrand. Moi, je ne veux pas qu'il y ait de confusion. Je ne veux pas qu'il y ait de confusion entre l'origine des Gilets jaunes et ce qui s'est passé hier encore. Et je le dis, personne n'a intérêt à entretenir cette confusion. Ceux d'hier, c'est les criminels en puissance. Ils doivent donc être traités comme tels. Pour le reste, on le sait pertinemment, la question de la sortie du grand débat. Même s'il y a un mois de plus, il ne faut pas chercher à gagner du temps. Il faut apporter des réponses claires. Et on va en parler avec vous, Xavier Bertrand,

10:39
Présentateur

puisque vous faites des propositions justement pour sortir du grand débat et de cette crise. Une question, parce que la politique, ce sont aussi des symboles et que vous êtes familier de ce que rapportent les réseaux sociaux. Il a eu tort d'être allé au ski Emmanuel Macron et de revenir dans la précipitation à Paris ?

10:57
Xavier Bertrand

Il a eu raison. Je pense de rentrer et de présider cette réunion hier soir. Vous savez ce qui est important ? Ce n'est pas là où est le président de la République. C'est quelles sont les consignes qu'il donne et la façon dont ces consignes sont justement appliquées derrière. C'est ça le plus important. Juste une question.

11:12
Invité

Aucun des Gilets jaunes médiatiquement propulsés sur le devant de la scène n'a condamné officiellement en faisant une grande déclaration. Est-ce que vous considérez qu'ils sont défaillants ? Est-ce que vous, vous dites aux Gilets jaunes en perspective de la semaine prochaine ? Ça suffit, arrêtez. Attendez les conclusions du grand débat.

11:24
Xavier Bertrand

Moi, j'ai rencontré des Gilets jaunes encore cette semaine pour une émission de radio qui était organisée à Soissons. Il y avait des Gilets jaunes qui étaient là. Eux, ils ont clairement pris leur distance avec ce qui se passait. Et hier encore, sur une grande antenne, il y avait des Gilets jaunes qui étaient là qui disaient ce n'est pas nous ça.

11:38
Invité

D'accord. Mais les grands, ceux qu'on a mis en avant, les Drouets, les Mme Le Vavasseur...

11:43
Xavier Bertrand

Est-ce que vous croyez qu'ils écoutent encore des mecs comme moi ?

11:46
Invité

On espère. Les autres, la grande masse, vous leur dites calmez-vous pour la fin. Mais les autres n'ont pas besoin

11:50
Xavier Bertrand

qu'on leur fasse la leçon. Les autres n'ont pas besoin qu'on leur fasse la leçon. Les autres, très clairement, hier encore à la télévision et cette semaine encore, ils disent ce n'est pas nous. Ce sont des gens qui, notamment, la semaine dernière, ont manifesté à Soissons. Bien évidemment, ça peut perturber le commerce. Ils n'ont rien cassé. Ils n'ont rien cassé.

12:06
Présentateur

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, est l'invité de France Inter du journal Le Monde et de France Info. Et avant donc de vous interroger sur vos propositions pour sortir de cette crise, Xavier Bertrand, votre portrait signé Karine Bécard.

12:24
Invité

Xavier Bertrand, vous avez commencé à militer il y a très très longtemps. 37 ans. 37 ans, exactement. Et vous avez été, on l'a complètement oublié, au RPR, un pur chiracien quand vous avez adhéré. Aujourd'hui, Xavier Bertrand, votre pragmatisme politique vous fait souvent passer pour un macroniste. Peut-être deviendrez-vous un jour le premier ministre d'Emmanuel Macron. Mais là n'est pas la question. Non, ce qui est étonnant, c'est de vous voir sortir du vieux monde incontestablement et avoir eu la capacité, vous, à vous adapter pour continuer à exister. Surtout qu'au départ, Xavier Bertrand, vous n'aviez pas prévu de grandes carrières politiquement parlant.

Vous êtes resté un assureur pendant presque 12 ans dans l'Aisne, dans la ville de Saint-Quentin où vous étiez élu adjoint. C'est vous qui aviez imaginé notamment bien avant Paris. Les premières plages l'étaient sur la place de la mairie et à l'époque, ce statut de notable provincial vous va parfaitement bien. Jusqu'à ce que vous soyez poussé à devenir député. Là, à l'Assemblée, c'est un nouveau Xavier Bertrand qui a 37 ans fait son entrée et qui va commencer à dérouler avec cette méthode.

13:31
Xavier Bertrand

Que celui qui ne demande rien n'a rien. Pour le reste, il faut être à la fois respectueux mais aussi déterminé à prendre sa place parce que prendre sa place ça veut dire aussi faire du bon boulot derrière.

13:42
Invité

En tout cas, à partir de là, à partir du 2 juillet 2002, tout s'est accéléré. A 4 reprises, vous allez être nommé ministre, 2 fois à la santé et 2 fois au travail. Entre temps, en 2007, vous êtes choisi comme porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy qui vous a même confié pendant 2 années les clés du parti de l'UMP. Vous avez su vous imposer, Xavier Bertrand, pendant 10 ans. En réalité, vous avez tout fait pour que le notable provincial soit accepté et vous vous êtes laissé griser.

Vous redescendrez, si vous me le permettez, aux dernières élections régionales, décembre 2015, quand vous êtes sérieusement distancé par Marine Le Pen, donc par le Front National, votre victoire grâce à la gauche a comme un goût amer qui vous remet immédiatement, Xavier Bertrand, les deux pieds sur terre.

14:31
Xavier Bertrand

Ce soir, nul ne peut dire qu'il a gagné. Nul ne peut se prévaloir de ce résultat. Car cela fait 30 ans, 30 années, que l'ensemble de la classe politique dont je fais partie explique qu'elle a reçu le message, qu'elle a tout compris, que plus rien ne sera comme avant et pourtant, qu'a-t-elle fait cette classe politique ? C'est notre dernière chance.

14:52
Invité

C'est notre dernière chance et pourtant aujourd'hui, Xavier Bertrand a presque 54 ans. Vous semblez à nouveau hésiter, hésiter entre l'ancien monde et ce qu'impose désormais le nouveau, c'est-à-dire soit revenir aux règles d'avant que vous connaissez bien, être prête à tout pour devenir président, soit rester à hauteur de glaise, mais c'est sans doute un peu moins palpitant pour arranger vraiment la vie et les problèmes des gens.

15:18
Xavier Bertrand

Réaction, Xavier Bertrand ? Non, il n'y a pas d'hésitation. Ce n'est pas à hauteur de glaise, c'est à hauteur des gens.

15:27
Invité

C'est les plus dans le sol, c'est ça que je voulais dire.

15:28
Xavier Bertrand

Non, ce n'est pas seulement le sol, c'est les gens. Quand vous faites des réformes, j'étais jeune ministre, j'en ai conduit à un certain nombre, à un grand nombre, réformes des retraites, services minimums, des régimes spéciaux de retraite, d'assurance maladie, la commande qui vous est faite, c'est qu'il faut être de bons gestionnaires, il faut réduire les déficits. Les chiffres prennent plus d'importance que les gens. Et vous ne mesurez pas bien à chaque fois que ce soit vos propos et vos actions lorsqu'on prend encore en compte de l'humain.

La claque que je me prends aux élections régionales, c'est les gens qui vous disent pour certains non mais vous, barrez-vous, je ne veux plus parler avec vous. Je dis pourquoi, parce que les problèmes qu'on connaît, les raisons de notre colère, de notre misère, c'est vous qui en êtes responsable. Vous allez pouvoir leur dire oh, je n'ai jamais été premier ministre, je n'ai jamais été président, sans moi que vous avez été député, vous avez été ministre, vous en êtes aussi responsable. Et d'une certaine façon, ça m'a réveillé.

Avec aussi autre chose, ça a été dit, je peux autant plus parler de lui que j'ai eu l'occasion de le dire, c'est Pierre de Saint-Ignon qui était le premier adjoint de Martine Aubry qui décide, au deuxième tour, de ne plus concourir alors qu'il peut se maintenir parce que autrement il en est persuadé et il a raison, que le Front National l'emportera. Et vous le voyez, dans cette action que j'essaye de conduire aujourd'hui, c'est d'avoir des résultats, des résultats, mais de faire en sorte que ces résultats ne soient pas seulement au nom de l'équilibre, je sais compter, j'ai baissé les dépenses à la région, j'ai baissé les impôts, mais de ne pas oublier cette dimension humaine.

Les gens ont le sentiment aujourd'hui de se faire broyer, de ne plus compter, de ne plus exister. Et si la politique ne remet pas ça au cœur, honnêtement, il ne faudra pas s'étonner qu'un jour tout soit balayé et ce cycle de la dernière chance que j'avais indiqué, on y est toujours.

17:11
Invité

Mais vous n'hésitez pas quand même un peu entre le national et le local en ce moment ?

17:14
Xavier Bertrand

Alors je vais vous dire, il n'y a pas photo. Il n'y a pas photo, d'ailleurs vous le savez bien, on fait des propositions, c'est non, je ne m'intéresse pas. Alors justement, parce qu'en plus, non mais attendez, on peut aller jusqu'au bout du raisonnement. Je n'ai pas été élu pour trois ans à la région, j'ai été élu pour six ans, ce sera un peu moins avec leur truc sur la durée des mandats, ok.

17:32
Invité

2021.

17:32
Xavier Bertrand

Jusque 2021. Si j'arrête aujourd'hui, mais vous savez qui est-ce qui va se frotter les mains ? Le Front National. Le Front National. On vous l'avait dit qu'il ne resterait pas longtemps, qu'il ne mènerait pas son boulot jusqu'au bout. Aujourd'hui, j'ai des premiers résultats, ce n'est pas suffisant. Aujourd'hui, ceux qui travaillent, nous les aidons dans la région. Aide au transport, aide à la garde d'enfants. Ceux qui cherchent du travail, on les aide. Avec mon fameux proche emploi, bientôt 12 000 personnes sorties du chômage. Mais demain, les gens diront, oui, ils ne courraient qu'après à nouveau, je ne sais pas, les Lumières de Paris, ça ne m'intéresse pas. Mais 2021, c'est avant 2022.

Oui, mais moi, mon sujet, c'est même 2019. Est-ce qu'on réussit à trouver un repreneur pour Escoval ? Juste pour aller jusqu'au bout du raisonnement. Et il y a même une chose que j'ai un peu changée depuis trois ans. J'étais vraiment dans cette guerre frontale contre le Front National. Et j'ai compris aussi une chose. C'est une guerre frontale contre les causes du Front National. Les causes. Comment je réussis à faire reculer la colère, la misère, parce que si vous vous attaquez aux causes, là, vous pouvez être beaucoup plus efficace. Et là, peut-être que les gens peuvent s'en rendre compte. Mais vous savez, ce n'est pas le problème des Hauts-de-France seulement.

On est peut-être aux premières loges parce que moi, je les combats. Et en plus, si on parle du Front National. Mais alors, en matière économique, des incompétents. Les gens ne s'en rendent pas compte. Mais ils sont incapables de porter un dossier économique et un dossier industriel. Quand je fais parfois des propositions, ils ne veulent pas voter pour certains dossiers très précis. En plus, en matière de projet, je crois beaucoup à la culture dont on ne parle pas assez justement dans le grand débat. Mais ils font peur. Parce que pour eux, culture, c'est censure.

Si les acteurs culturels ont eu le malheur de prendre position un jour dans une élection, il faut les saquer, il faut arrêter les financements. Vous imaginez ces gens-là au pouvoir ? Alors, c'est vrai, c'est vrai que tout ce que je fais, c'est pour m'attaquer aux causes du Front National parce que peut-être que si la misère recule, si la colère diminue, les gens se diront bon, il faut peut-être qu'on fasse confiance à ceux qui ont l'air d'avoir compris quelque chose. Il m'a fallu certainement différents exemples et puis de cette campagne régionale et que j'essaye de faire les choses bien. Je ne réussis pas tout.

C'est certainement encore beaucoup de choses dont je dois mieux prendre conscience. j'ai appris aussi des choses dans ce grand débat. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il faut arrêter les compromis avec un système qui lui est à bout de souffle et au bout du rouleau. Le système politico-administratif français, il est au bout du rouleau. Ce sera aux électeurs des Hauts-de-France

19:54
Présentateur

de juger de votre travail et de l'efficacité de votre action. On va parler des propositions que vous faites et notamment pour améliorer ou aider les plus précaires de nos concitoyens baisser en priorité la TVA. Vous avez proposé une TVA réduite sur 100 à 200 produits de première nécessité. Le Premier ministre Édouard Philippe vous a répondu. Il vous dit un, que c'est déjà le cas. Deux, qu'on ne peut pas s'assurer que cette baisse de la TVA profitera directement aux consommateurs.

Et du coup, sa conclusion, c'était je lui souhaite bien du plaisir pour garantir ça, pour garantir que la baisse de la TVA sur ces produits de première nécessité reviendront vraiment aux consommateurs et pas à tous les intermédiaires de la chaîne de valeur.

20:36
Xavier Bertrand

J'ai fait cette proposition jeudi et je vous le dis clairement, je n'avais pas ça forcément en tête à l'origine. Mais c'est vrai que dans le cas du Grand Débat, beaucoup de gens m'ont dit il y a un problème en premier, vous savez, c'est quand même de remplir le frigo. Beaucoup de ceux qui nous écoutent peuvent se dire oui, remplir le frigo ce n'est pas si compliqué que ça. Si, il y a des gens qui comptent tout et c'est Jean-Paul Delevoye à l'époque, il était médiateur de la République qui avait indiqué je crois 11 millions de Français sont à moins de 10 euros à la fin du mois sur leur compte et la fin du mois ce n'est pas le 31, c'est parfois le 15, le 10 ou le 5.

Donc je porte cette idée, j'essaye de la travailler pour ne pas balancer des idées comme ça et de voir aujourd'hui que la TVA 5.5 s'applique sur beaucoup de choses et c'est un coût très important, des milliards et des milliards d'euros. En revanche, si on ciblait sur 100 à 200 produits, dans ces cas-là, on pourrait avoir un coût qui serait beaucoup plus acceptable. Alors, une fois que j'ai dit ça, c'est quel type de produit ? C'est bien évidemment les produits de première nécessité, c'est l'alimentation, c'est aussi tout ce qui concerne les bébés, l'alimentation, l'hygiène, les couches bébés. Écoute, ça coûte un argent fou, ça coûte un argent fou.

Et donc, sur tout ça, si on mettait en place cette liste précise, je ne vais pas le faire tout seul, on pourrait déjà limiter le coût. Alors, j'ai entendu le Premier ministre qui dit « Oui, mais il y a l'Europe. » Oui, mais l'Europe, regardons bien, Pierre Moscovici, le commissaire...

21:53
Présentateur

Parce que le droit européen interdit une TVA à 0%.

21:55
Xavier Bertrand

Prenez les réactions de Pierre Moscovici là, cette semaine et qui dit que si la France veut, ce dossier peut être porté au niveau européen. La commission ne s'y opposerait pas. Il n'y a pas de verrou européen. Premier point. Deuxièmement, il dit « Oui, mais dans ces cas-là, les autres vont en profiter. » Et quand j'ai entendu le Premier ministre, j'ai dit « C'est gentil, mais il nous prend pour qui tous ? » On cherche des solutions et aussitôt, on se fait rembarrer, on se prend la porte dans la figure. Bon, ben vendredi, qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai pris mon téléphone. J'ai appelé M. Leclerc. J'ai appelé M. Bompard de chez Carrefour. J'ai appelé le patron aussi de chez Auchan.

J'ai appelé la Fédération du commerce et de la distribution, M. Cressel. J'ai appelé aussi l'ANIA, l'association des producteurs de l'industrie agroalimentaire. Je leur dis « Voilà, clairement, si la TVA baisse, est-ce que vous êtes prêts à vous engager, pas pour trois mois ou pour six mois, est-ce que vous êtes prêts à vous engager à ne pas augmenter les produits avec une liste qui serait établie ? » Il m'a dit « Oui ». Donc je demande au Premier ministre et je vais lui écrire cette semaine. Je suis prêt à le rencontrer.

Je suis prêt également s'il le souhaite à m'investir davantage sur ce dossier pour que l'on puisse sur une centaine ou sur 200 produits clairement améliorer le pouvoir d'achat des Français. Je sais que ce n'est pas énorme parce que sur un panier moyen de la famille, ça peut faire 20 euros. 20 euros par mois, c'est beaucoup pour beaucoup de gens.

23:12
Invité

Mais ça profite à tout le monde au fond. Est-ce que c'est justifié ?

23:14
Xavier Bertrand

Oui, mais en proportion, c'est aussi plus utile pour cela. Tiens, quand j'ai mis en place la fameuse aide au transport dans la région, c'est-à-dire que ceux qui font 20 kilomètres aujourd'hui pour aller travailler avec leur voiture, la région donne 20 euros par mois. Certains m'ont dit « Mais est-ce que tu fais ça pour 20 euros ? » Mon Dieu, ce n'est pas beaucoup. Pour beaucoup de gens, c'est beaucoup.

Et aujourd'hui, si on a eu depuis 2016 près de 60 000 aides, on en a beaucoup plus aujourd'hui parce que, vous savez, dans la différence totale, on est aujourd'hui en train de parler des sondages pour les européennes qui montent pour les uns et les autres, personne ne reparle du prix du carburant qui est revenu aujourd'hui au même niveau que juste avant le 17 novembre. Et ça, vous savez, les Français, ils peuvent écouter ce qui se passe sur les sondages ou les sondages du président ou autres, mais eux, ils regardent le prix à la pompe.

Ça a remonté dans une indifférence totale et entre parenthèses, tant que vous ne remettrez pas en place une TIPP flottante, vous serez toujours à faire les poches des Français à chaque fois que le baril augmente. Ça aussi, on peut le changer avec une proposition très claire.

24:15
Invité

Sur le pourvoi d'achat, vous considérez qu'il y a une certaine fénéantise intellectuelle du gouvernement ? Si vous proposez votre TVA et qu'on vous dit oh là là, c'est pas possible ou sur d'autres propositions... Écoutez,

24:25
Xavier Bertrand

il n'y a pas de verrou européen, il n'y a pas de verrou des distributeurs et des producteurs. Mais il y a les précédents. Il y a les précédents. On a baissé la TVA sur la restauration et ça n'a rien changé.

24:34
Présentateur

Écoutez aux gens qui allaient au resto, la baisse de la TVA sur les tampons et les serviettes hygiéniques, pareil. Attendez,

24:40
Xavier Bertrand

justement, j'essaye de ne pas être naïf. Ça a pu m'arriver mais j'essaye de ne pas être naïf. C'est pour ça que l'engagement, je prends ce que je vous dis là. Si le Premier ministre en est d'accord et je vous le dis, je demande à le rencontrer pour lui expliquer. C'est de venir avec un engagement écrit de participer à une table ronde parce que si derrière il s'engage et que ça profite clairement aux Français, ça veut dire quoi ? La Commission européenne serait d'accord, les distributeurs seraient d'accord, les producteurs seraient d'accord. Alors dans ces cas-là, si c'est le gouvernement qui ne veut pas, ça va se voir. Karine, puis Françoise Fresseuse.

25:10
Invité

Alors cette crise des gilets jaunes, c'était la crise du pouvoir d'achat. Les gens sont descendus dans la rue en premier. En premier, oui, on est d'accord. Là, vous avez effectivement une proposition à faire sur la TVA mais ces Français qui sont descendus sur le rond-point, c'était pour dire on veut gagner mieux notre vie, on veut avoir plus d'argent. Comment on fait aujourd'hui pour augmenter les rémunérations parce qu'il est là le nœud du problème finalement.

25:30
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand. Non, la première des choses c'est que la question du pouvoir d'achat, c'est le niveau de vie. C'est la façon dont on fait plaisir à ses enfants. On peut faire des projets d'avenir mais c'est aussi ce qui reste.

25:41
Invité

Donc c'est gagner plus d'argent, c'est augmenter les salaires.

25:43
Xavier Bertrand

Et si on leur en prenait moins. Parce que j'ai fait une proposition, enfin deux propositions qui ont été reprises au niveau national, l'aide au transport dont je vois que la ministre Elisabeth Borne aujourd'hui dit qu'il faudrait développer mais il faut aussi être très clair.

25:58
Présentateur

Elle plaît pour un forfait de mobilité par exemple de 400 euros par an.

26:01
Xavier Bertrand

Tout ça, c'est simple.

26:02
Présentateur

Que l'employeur rembourse 400 euros dépensent plus sans charge aux salariés qui viennent travailler en covoiturage ou en vélo.

26:08
Xavier Bertrand

Donc ça devient obligatoire ? Quand vous êtes posté et que vous êtes seul sur votre poste de travail, le covoiturage vous le ferez pas. Nous dans la région on a fait du truc, quelque chose d'hyper simple et ça marche parce que c'est hyper simple. Deuxième sujet, j'avais mis en place, enfin proposé la prime sans charge et sans impôt qui aujourd'hui si je ne me trompe pas des reprises pour à peu près quelques millions de salariés. Ça ce sont les voies qu'il faut pouvoir développer mais il faut leur en prendre moins et en France le cocktail, les impôts, les cotisations, les charges, ils en peuvent plus les français.

Et l'autre proposition que je fais c'est de pouvoir baisser la première tranche de l'impôt sur le revenu la première tranche de l'impôt sur le revenu qui pourrait passer de 14 à 12,5 12,6% ça coûte de l'argent et donc dans ces conditions-là il faut que vous ameniez en face une recette correspondante et je propose une nouvelle mécanique notamment sur la fameuse lutte contre les fraudes fiscales et sociales. Développées ?

Alors la fraude les fraudes fiscales et sociales alors on entend tout comme chiffres 100 milliards, 200 milliards, tout ça on va prendre la cour des comptes c'est du sérieux la cour des comptes qui estime entre la fraude fiscale et la fraude sociale quand je dis fraude fiscale l'évasion fiscale la fraude fiscale la fraude à la TVA la fraude aux cotisations il y a la fraude aux prestations mais qui est moins importante que le reste mais moi-même qui ai lancé la lutte contre les abus et les fraudes je vous dis que cette fraude-là aussi il faut s'y attaquer.

27:37
Invité

Et vous chiffrez tout ça à combien vous savez ?

27:39
Xavier Bertrand

La cour des comptes la cour des comptes elle estime on va dire entre 20 et 25 milliards d'euros sauf que vous ne récupérez pas 20 ou 25 milliards d'euros parce que du jour au lendemain vous avez décidé d'y aller tout ce qui aurait comme gain comme récupération d'argent sur ces fraudes on pourrait très bien affecter une partie à la baisse des impôts et une partie au désendettement c'est-à-dire que je ne vous dis pas qu'on va financer ça avec de la monnaie de singe je vous dis qu'à partir du moment où on récupère de l'argent une partie baisse des impôts et une partie des endettements les deux comme on dit en ce moment en même temps Nathalie Sacrique

28:13
Invité

Est-ce que dans le climat actuel vous considérez qu'il suffira d'augmenter le pouvoir d'achat des classes moyennes inférieures et tout ou est-ce qu'il faudra symboliquement faire quelque chose pour faire payer les riches que ça serve économiquement que ça ne serve pas est-ce qu'il faudra en passer par là c'est une des questions que se pose le gouvernement

28:29
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand l'un des enseignements de ce grand débat les réunions j'ai organisé encore une réunion avec mon association la manufacture à Valampin vendredi soir et j'ai demandé aux gens est-ce que pour vous il faudrait établir l'ISF ou autre chose pour monter l'IFI c'est pas c'est pas un vote scientifique mais les gens qui étaient là et je peux vous dire que pour certains ils m'ont dit après ils ne payent pas l'ISF c'est non c'est non vous savez pourquoi

28:52
Invité

c'est ce que vous vous voulez entendre

28:56
Xavier Bertrand

quelle est la sociologie c'est pas des riches c'est pas des riches c'est pas des riches j'ai fait la même réunion dans le Cambrésil j'en ai fait dans différents endroits et pour ne rien vous cacher ça a été une surprise parce que d'après les sondages vous verbeillez les riches sauf que les gens vous disent que si on augmente les impôts et tout ce qui s'est demandé dans le grand débat c'était justement pour qu'on ne paye pas plus d'impôts c'est qu'on en est moins et puis ils se disent que ça commence par les riches et qu'au final ça reviendra sur eux je peux juste aller jusqu'au bout les riches comme on dit les riches ils font comme vous et moi que trois repas par jour mais ils vont beaucoup plus souvent au restaurant et quand ils vont au restaurant ça donne du boulot à des salariés et ils ont des voitures qui consomment peut-être beaucoup plus derrière il y a des garages il vaut mieux que ce soit des garages c'est ce qu'on appelle le ruissellement oui mais sur le ruissellement alors ça je vais vous dire ah bah c'est exactement ce que vous décrivez Xavier Bertrand c'est pas ce que je vais vous dire allez-y c'est que derrière ça donne du boulot à des gens ici et dans ces cas-là alors peut-être qu'à Falampa comme on n'est pas très loin de la frontière là les gens vous disent mais on les a vus partir et donc plutôt que de donner du boulot là-bas s'ils donnent du boulot en France ça vaut la peine parce que les français eux comprennent bien aujourd'hui que le problème n'est pas seulement de faire un système de vase communiquant ceux qui gagnent beaucoup d'argent ou qui ont beaucoup de biens ils payent beaucoup plus d'impôts et c'est pas justement en prenant en permanence à cela il faut que ce soit la défense publique donc ça peut passer

30:23
Invité

sans qu'il y ait un geste symbolique j'en suis persuadé

30:25
Xavier Bertrand

si par contre il y a des gros qui doivent payer les grosses entreprises les GAFA vous allez me dire les GAFA qui se foutent du monde depuis des années

30:32
Invité

vous considérez que c'est du pipo la taxation des GAFA tel que vous l'avez raconté non ce que je veux vous dire c'est qu'aujourd'hui

30:37
Xavier Bertrand

aujourd'hui pour beaucoup d'entreprises semblent un enfer fiscal par contre pour les GAFA la France est paradis fiscal moi ce que j'attends c'est qu'on nous dise aujourd'hui les GAFA comme les plateformes collaboratives que le ministre Bruno Le Maire qui honnêtement a le courage de vouloir faire bouger les choses malgré l'inertie européenne qu'il aille dans ces directions c'est bien mais qu'on aille beaucoup plus loin c'est à dire beaucoup plus loin on taxe à combien 400 millions d'euros mais c'est une dague d'ailleurs vous voulez que je vous dise un truc si les GAFA vous disent bon ok c'est que franchement on pouvait leur en prendre plus de toute façon ces gens là il faut leur tordre le bras parce que depuis des années ou des années ils ne payent pas les impôts qu'il faut ils se servent de l'évasion fiscale et il faut jouer de deux façons la fiscalité et ensuite la concurrence il faudra faire la même chose

31:23
Présentateur

avec les très grandes entreprises de luxe françaises Xavier Bertrand c'est à dire c'est à dire qu'il y a de très grandes entreprises de très grands groupes comme LVMH comme Kering qui réalisent une très grande partie de leur chiffre d'affaires et du résultat à l'étranger est-ce qu'il faut qu'ils soient imposés en France sur l'ensemble de leurs bénéfices c'est à peu près ce qu'on demande aux GAFA

31:41
Xavier Bertrand

mais ils en payent en France et eux à la différence excusez-moi il y a des usines qui réalisent des sacs pour certaines de ces grandes marges je ne vais pas faire de pub c'est des emplois ici chez nous que tout le monde paye ses emplois qu'il n'y ait pas d'évasion fiscale c'est une évidence mais ce que je veux vous dire c'est que sur les GAFA on se fait rouler dans la farine depuis des années et des années pas seulement les français mais donc concrètement

32:01
Invité

on taxe quoi ? on taxe le chiffre d'affaires et à autant de combien ?

32:04
Xavier Bertrand

il y a la question du chiffre d'affaires ce qui a été engagé là aujourd'hui pour moi c'est une première étape c'est pas la bonne solution la bonne solution il y a d'autres propositions Frédéric Dumas député aujourd'hui UDI qui a fait une proposition sur les bénéfices des tournées moi je voudrais qu'on aille dans une autre direction tous là autour de cette table vous savez ce que les GAFA font de vos données quelles données ils exploitent à qui les revendent combien ils les revendent et bien je pense comme vient de le faire le gouverneur de Californie aujourd'hui c'est de dire chez moi en Californie je veux savoir ce que deviennent les données et moi je voudrais qu'en France on sache exactement ce qu'ils font de données à qui ils les vendent et combien et tiens là entre parenthèses vous appliqueriez même la TVA sur la revente de données ça nous permettrait de savoir à qui ils vendent et combien et vous allez voir que 400 millions d'euros c'est une blague et que vous pouvez prendre beaucoup plus d'argent parce qu'en plus derrière la façon dont ils se comportent il y a même un problème démocratique qui est en train de se profiler il est temps pas seulement de faire semblant de les pincer en disant s'il vous plaît dites que vous avez mal pour leur casser le bras avant qu'ils ne nous étranglent et qu'ils n'étranglent notre système Françoise Fresseuse

33:04
Invité

Alors hier dans toutes les villes de France et à Paris notamment il y avait une autre manifestation très forte pour la défense du climat et enfin contre le réchauffement climatique et donc la question qui se pose c'est il faut taxer davantage le carbone vous qu'est-ce que vous préconisez est-ce que vous pensez que le gouvernement doit renoncer qu'il doit faire de la TIPP flottante dès que le prix du baril augmente

33:28
Xavier Bertrand

C'est une des pistes pas la seule bien évidemment

33:30
Invité

comment faire pour qu'on soit raccord avec les engagements de lutte contre les réchauffements climatiques sans que cela pénalise ceux qui ont le plus à souffrir

33:41
Xavier Bertrand

Déjà le premier message de tous ces jeunes principalement à l'origine c'était vendredi à Lille il y avait des milliers de jeunes qui étaient prêts en manifestation totalement pacifiques qui est de dire vous allez vous réveiller tous et pas seulement là-haut c'est également valable pour moi qui suis président de région vous allez vous réveiller parce que cette planète nous aujourd'hui on n'est pas aux responsabilités on n'a pas envie de vivre dans un dans un univers dans une atmosphère qui soit pour nous invivable irrespirable et donc ça s'adresse à nous dès maintenant derrière cela je pense qu'il faut prendre conscience que nous avons besoin d'une remise à plat complète quelqu'un me disait cette semaine vous savez votre TIPP d'aujourd'hui quand vous n'allez avoir que des voitures électriques comment l'état va se financer ce qui veut dire on est allé très vite tout à l'heure moi ce que je demande au gouvernement c'est un premier geste pour remettre en route la confiance mais il nous faut une remise à plat fiscale complète et avec une vision prospective à 5 ans à 10 ans ou 15 ans non mais le prix de l'essence le problème en France c'est que ce n'est pas seulement le prix de l'essence le problème c'est que c'est tout simplement les taxes et la TVA qui s'appliquent et sur le prix de l'essence sur les taxes l'état est gagnant à chaque fois et pourquoi tout simplement parce qu'on n'a jamais su dire ce que devait faire l'état en priorité je veux juste finir sur la planète il y avait des jeunes notamment dans des lycées qui disent mais bien évidemment tout le monde doit s'entendre et se comprendre tout le monde doit nous dire qu'on doit arrêter de polluer comme on le fait aujourd'hui mais il y a aussi des mesures très concrètes c'est notamment les circuits courts on a décidé dans la région de favoriser les circuits courts sur un point que j'ai oublié de vous dire tout à l'heure sur la TVA je reviens juste sur cette question de la planète ce qui m'a été dit aussi c'est que dans la liste des 100 à 200 produits on pourrait aussi mettre en place une clause d'empreinte carbone c'est à dire que bénéficierait de ce taux à zéro de ce taux réduit pour la TVA des produits qui sont produits juste à côté de chez nous juste à côté de chez nous ça favoriserait les circuits courts ça favoriserait les produits locaux et ça nous permettrait de jouer la carte du pouvoir d'achat en même temps que la carte de l'écologie parenthèse fermée voilà par exemple ils disent mais pourquoi dans les lycées vous mettez pas des panneaux photovoltaïques sur les toitures des lycées pour produire de l'énergie et justement pour éviter cette déperdition terrible je suis d'accord à une condition c'est qu'on est vraiment une filière française une filière européenne et qu'on soit pas obligé de faire venir des panneaux de l'autre bout du monde si vous voyez ce que je veux dire ça fait partie des pistes je dois moi-même je dois moi-même moi aussi j'ai compris je dois pas avoir l'image de celui qui est le plus pénétré de ces questions écologiques depuis des années j'ai aussi des enfants je vois aussi leurs remarques et je sais pertinemment qu'on doit prendre ce virage maintenant allons plus loin également il y a un accord international mais que le kérosène pour les transports même nationaux ne soit pas taxé c'est pas normal

36:30
Invité

vous savez bien pourquoi il y a une distorsion de concurrence si on taxe les compagnies françaises

36:36
Présentateur

le président de la république disait qu'il allait tuer les lignes nationales s'il faisait ça va augmenter

36:42
Invité

le prix des billets ça c'est certain

36:43
Xavier Bertrand

oui de combien

36:43
Invité

ça j'en ai aucune idée

36:45
Xavier Bertrand

est-ce que ça empêchera ceux qui peuvent prendre l'avion de prendre l'avion au niveau international il y a une règle internationale ok au niveau national est-ce que vous avez le sentiment quand on le répond par avance aux gens non mais attendez ça vous pouvez pas on peut pas l'utiliser qu'il y a un vrai débat au moins qu'on voit les avantages et les inconvénients les français ont beaucoup plus de bon sens que les technocrates que les comptables que les financiers et après au moins qu'ils servent à ça le débat que l'on veut permanent ce sont des exemples concrets et après vous pouvez très bien dire que le club de Paris quand un pays décide les accords sur le climat d'en sortir il a le droit alors pourquoi les autres membres ne décident pas de taxer ces produits quand ces produits arriveront on peut pas continuer non plus à avoir notamment en Europe c'est un beau débat européen des pays qui ne respectent aucune norme sociale environnementale fiscale et ils continuent à venir alimenter l'OMC et à venir alimenter enfin venir sur nos marchés avec leurs produits dans ces cas là les règles de l'OMC permettent de les taxer

37:41
Présentateur

on va passer à la question européenne justement puisque vous l'évoquiez Xavier Bertrand et en l'occurrence pour qui allez-vous voter aux élections européennes pour quelle liste ?

37:51
Xavier Bertrand

c'est pas mon sujet aujourd'hui

37:53
Invité

ah bah alors on vote ce soir

37:56
Xavier Bertrand

dans 72 jours voilà donc vous n'êtes pas certain de voter pour les républicains ? ah mais attendez moi aujourd'hui mon sujet il est avant tout de savoir ce que je fais à la tête de ma région et comment on sort de la crise ah mais vous parliez de l'Europe

38:11
Présentateur

ce sont les élus français qui pourraient éventuellement porter vos propositions

38:15
Xavier Bertrand

à l'échelle européenne et bien justement justement vous me permettez de développer ce que je veux faire c'est au travers de mon expérience à la tête de la région à la tête également de mon association de la manufacture je ferai des propositions fin avril début mai je regarderai exactement les projets qui seront développés mais aujourd'hui de savoir pour qui je vais positionner je ne sais même pas la composition des listes c'est pas mon sujet d'aujourd'hui

38:35
Invité

est-ce que vous partagez l'idée d'un SMIC européen qui a été présenté par Emmanuel Macron notamment dans sa tribune est-ce que c'est une bonne idée

38:42
Xavier Bertrand

mais le SMIC européen si je ne me trompe pas c'est de regarder chaque année ce que chaque pays fait c'est ça

38:48
Invité

pour l'instant il y a 22 pays qui ont un SMIC donc c'est pas le cas de la totalité des pays et de l'Europe

38:54
Xavier Bertrand

je vais aller plus loin j'ai essayé de me battre dernièrement pour faire venir une grosse entreprise dans ma région et au final elle est allée en Pologne parce que la Pologne aujourd'hui peut faire des aides directes des aides publiques qui sont deux fois ce que nous nous pouvons faire en France alors je vous dis une chose quand la Pologne avait besoin de son développement comme il y a 15 ans 10 15 20 ans ok mais aujourd'hui s'ils sont dans la même Europe et qu'ils pratiquent une différence sur leurs impôts et sur leurs charges continuer à leur laisser eux faire 20 ou 25% d'aide et nous 10% les français ne vont pas l'accepter longtemps il n'y a pas que les français moi ce que je veux pardonnez-moi j'ai une obsession pour l'emploi alors que la France depuis des années a une forme d'addiction aux impôts on est plutôt intéressé pour savoir ce qui rentre dans les caisses alors que le sujet numéro 1 c'est l'emploi l'emploi l'emploi et donc ce que je dis dans cette Europe de demain s'ils ne pratiquent pas les mêmes charges sociales alors ils n'ont pas le droit de faire plus d'aides publiques que nous et le vrai sujet c'est la fiscalité vous ne pouvez pas continuer dans la même Europe avec des gens qui pratiquent mais regardez les Pays-Bas mais les Pays-Bas mais tous les jours ils nous font à deux heures mais c'est étonnant

40:02
Présentateur

que vous ne vouliez pas répondre pour savoir qui peut porter ces idées parce que ce n'est pas mon sujet de journal c'est la question politique qui va se poser à tous les citoyens

40:08
Xavier Bertrand

mais ça vous passionne vous les gens c'est de savoir justement quelle Europe on veut avoir c'est intéressant de savoir parce que moi je vais voter aujourd'hui je vous répondrai au mois de mai avant le vote quand j'aurai mis aussi mes propositions sur la table

40:19
Présentateur

votre incertitude est intéressante aussi vous ne savez plus alors que vous venez d'un camp politique et vous avez une longue carrière dans un camp politique vous ne savez plus pour qui voter c'est intéressant

40:27
Xavier Bertrand

je n'appartiens plus à aucun parti politique votre parti c'est votre région vous l'avez suffisamment dit qui n'a pas été un choix un choix facile je voudrais juste finir sur ce point d'un mot sans l'Europe on ne peut pas s'en sortir il nous faut absolument l'Europe mais ça veut dire également

40:41
Présentateur

mais quelle Europe vous parlez d'Europe et vous refusez de nous dire qui peut porter ces idées Xavier Bertrand parce qu'au moment où je vous parle je suis sidéré une forme de flou dans votre discours et vous n'énervez pas c'est vous qui vous étiez énervé c'est vous qui m'avez chauffé ah bah voilà vous êtes un homme du nord

40:55
Xavier Bertrand

moi je suis un homme du sud très sérieusement non je le dis avec le sourire voilà non mais je vois bien mais très sérieusement au moment où je vous parle je ne sais pas ce qu'il y aura dans les projets je ne sais pas comment seront composées les listes et j'essaierai de me positionner en fonction de non mais les projets c'est la Nathalie Saint-Cricq comprenez bien la parole à Nathalie Saint-Cricq je peux aller plus loin sur l'Europe non

41:14
Invité

moi je vais refroidir le débat justement en fonction vous avez dit vous jugerez un peu comme au restaurant en regardant la carte simplement je voudrais savoir est-ce que vous considérez que ces élections sont suffisamment importantes pour vous engager je ne vous demande pas avec qui vous allez vous engager je vous demande si vous considérez que c'est crucial vous venez de le dire sur la fiscalité donc indépendamment de monsieur Bellamy de madame Loiseau je ne sais qui est-ce que vous ferez campagne parce que vos convictions européennes sont essentielles

41:41
Xavier Bertrand

si mes idées étaient vraiment reprises je pourrais faire campagne je pourrais faire campagne pour l'instant je vous le dis je n'y vois pas clair dans les projets je vois bien la lettre qu'a fait le président de la république elle pose le débat mais derrière il faut aussi regarder les choses très concrètement il faut une Europe qui soit une Europe pas seulement des possibles une Europe qui fasse bouger les choses si je peux aborder un tabou allez-y la banque centrale européenne elle lutte contre l'inflation c'est dans son traité pourquoi il n'est pas marqué qu'elle doit favoriser la croissance et l'emploi

42:12
Invité

c'est ce qu'elle fait elle met des liquidités autant qu'on en veut donc là vous ne pouvez plus le reprocher c'était une polémique d'il y a quelques années

42:20
Xavier Bertrand

Madame Fréseuse elle fait ça pour une raison parce qu'il y a Mario Draghi à la tête de la banque centrale européenne c'est un super patron de la banque centrale européenne son mandat s'arrête dans quelques mois si son successeur décide de faire l'inflation la lutte contre l'inflation la seule boussole et qu'il s'occupe moins de la croissance et de l'emploi on fait quoi ?

ça c'est un sujet mis sur la table deuxième sujet il faut aussi qu'on remette à plat tous les différents que nous avons avec nos amis allemands le couple allemand le couple franco-allemand il est indissociable de la réussite européenne sauf qu'aujourd'hui on fait semblant d'être d'accord est-ce que les allemands vont suivre l'ambition de la France d'avoir une politique agricole commune qui reste vraiment quelque chose d'essentiel avec des budgets qui soient des budgets constants je pense j'ai vu Didier Guillaume encore cette semaine je pense qu'il lui en est conscient et qu'il le veut est-ce que les allemands vont répondre présents comme notamment Chirac et Schröder l'ont fait à l'époque c'était en 2002 je demande à Emmanuel Macron et la chancelière Merkel de le faire également sur tous ces sujets il faut qu'on arrête de faire semblant sur tout alors que nos différences sont très importantes

43:26
Invité

alors il y a un sujet que vous n'abordez pas

43:28
Xavier Bertrand

et puis on a fait une erreur également c'est de laisser partir les britanniques comme ça pour certains même en disant bonne affaire ils sont partis ils ne sont pas encore partis attendez c'est eux qui veulent partir vous ne pouvez pas

43:37
Invité

approcher à l'union européenne de les laisser partir c'est eux qui veulent partir

43:41
Xavier Bertrand

alors qu'on ne cherche pas à les punir

43:43
Invité

vous avez le sentiment aujourd'hui que l'union vous pensez que l'union est unie pour les punir

43:49
Xavier Bertrand

le royaume uni on peut en penser ce que l'on veut européen à leur façon c'est vrai c'est une grande nation européenne depuis un demi-siècle ils ont décidé de quitter l'union européenne ils ont fait un chèque important qui consistait à solder les différents engagements qu'ils avaient et ensuite il y a la condition de sortie c'est vrai qu'aujourd'hui on a besoin d'y voir clair du côté britannique et c'est pas simple moi je suis en contact permanent depuis deux ans et demi avec les parlementaires britanniques des membres du gouvernement ils ne savent pas trop où ils habitent politiquement mais derrière ça il ne faut pas chercher à les punir je vous dis notamment aujourd'hui tous les contrôles qui sont en train d'être faits au titre de cette grève du zèle ce n'est pas des contrôles dont on aura besoin demain ce n'est pas des contrôles dont on aura besoin demain ce n'est pas ce que demande le gouvernement ce qui est en train de se passer vous prenez un exemple les britanniques vont sortir de l'union européenne si on leur impose des visas c'est du grand n'importe quoi ils deviennent des extra communautaires oh ce n'est pas des extra terrestres les britanniques et pourquoi on va imposer des contrôles supplémentaires demain vous savez ce que je demande au gouvernement français comme à l'union européenne c'est de faire preuve d'un truc qui s'appelle le pragmatisme parce que le juridisme on en crève alors que le pragmatisme c'est quelque chose qui nous permet

45:05
Invité

les règles de droit c'est ce qui tient aussi une organisation

45:07
Xavier Bertrand

d'accord d'accord Françoise Fresseuse les britanniques vont changer de nature à un tel point qu'il va falloir maintenant les contrôler pour des visas

45:14
Invité

non mais malgré tout

45:15
Xavier Bertrand

on peut imaginer je vous donne un autre exemple pour l'alimentaire tant qu'ils ne changent pas leurs normes et ils ont les mêmes normes que l'Europe depuis des décennies ils ne changent pas leurs normes on va contrôler tous leurs produits le Stilton anglais tiens le maroil anti-rache le Stilton vient dans les Hauts-de-France en France le maroil tant qu'il n'y a pas de changement de normes pourquoi on contrôle ?

alors qu'on ne contrôle pas aujourd'hui en revanche le jour où les britanniques arrêtent de contrôler ce qui vient des Etats-Unis ou d'Amérique du Sud parce qu'ils devront renégocier leurs accords avec les Etats-Unis j'ai pas envie de manger de poulet chloré moi donc ça veut dire que du jour où il change alors on change mais tant qu'il ne change pas bon sens du pragmatisme et du bon sens dans la vie publique vous êtes inquiet pour votre région non parce que je vais vous dire une chose nous avons parce qu'on a fait un gros boulot et avec l'Etat vous savez que je suis souvent râleur mais je reconnais aussi quand on arrive à faire du bon boulot le préfet de région Michel Lalande c'est un gars exceptionnel et on fait un travail de terrain et pragmatique donc nous on est prêt sur le port sur le tunnel à Calais et aussi à Dunkerque en revanche s'il y a une période supplémentaire je pense que ça permettra surtout aux britanniques de se mettre au point aujourd'hui et je le vois bien du côté de Douvres ils ne sont pas eux encore prêts et le business britannique se plaint que la classe politique soit focalisée au Royaume-Uni sur article 50 par article 50 les référendums à revoter ou pas c'est pas clair moi ce que je demande au sommet européen de cette semaine je demande au président de la république de ne pas faire obstacle de ne pas s'opposer à ce qu'il y ait une prolongation de l'article 50 même pendant quelques mois parce que ça permettra du côté britannique de pouvoir s'adapter nous avons fait tout un travail tout un travail pour être opérationnel et je pense qu'on peut être au-delà de cette grève du zèle qui est un bras de fer entre le gouvernement et les douaniers qui n'a rien à voir avec l'après-Brexit mais je le demande au président de la république il ne faut pas qu'on soit plus royaliste que le roi et si on peut trouver une solution pragmatique il ne faut pas se priver pour le faire la chancelière Merkel a l'air de vouloir être plutôt souple je demande à Emmanuel Macron de l'être également au nom du pragmatisme de la fluidité vous savez quoi ?

derrière c'est des emplois qui sont en jeu

47:25
Présentateur

il reste 5 minutes question courte réponse courte Karine Becker puis Nathalie Saint-Cricq

47:29
Invité

il y a un danger quand même j'entends votre discours parfaitement mais faciliter en fait la sortie d'un des états de l'Union Européenne c'est encourager éventuellement d'autres à faire la même chose

47:39
Xavier Bertrand

mais ils ont payé les dizaines de milliards d'euros et d'autre part honnêtement tous les brexiteurs

47:44
Invité

Marine Le Pen par exemple a changé de discours par rapport à la sortie de la France de l'Union Européenne ça pourrait lui redonner des idées par exemple vous qui l'avez combattu Marine Le Pen est-ce que vous seriez d'accord pour qu'elle relance cette idée du Frexit

47:53
Xavier Bertrand

Marine Le Pen je veux dire à part ajouter des idées ce sont des incompétents en matière économique et d'ailleurs on le voit bien à chaque fois qu'on lui demande des solutions il n'y a pas de solution moi-même au conseil régional je leur demande des solutions ils n'ont rien à dire et rien à proposer le problème n'est pas là c'est que le Royaume-Uni aujourd'hui est dans une situation économique qui est très difficile et ça ne s'améliorera pas les brexiteurs sont tous aujourd'hui planqués monsieur Farage tout ça vous le trouvez plus le type il est aux abonnés absents c'est parce qu'il n'y a plus d'annuaire mais même dans l'annuaire vous ne le trouvez plus le mec il s'est planqué après tout ce qu'il a raconté comme délire mais c'est ça les extrémistes ça balance ça balance n'importe quoi pour espérer se faire élire et après il n'y a pas un danger à la facilité parce qu'on va voir que leurs difficultés économiques leurs difficultés économiques vont baisser le niveau de vie je ne le souhaite pas pour eux ça a été leur choix mais derrière ce que je veux dire c'est que si on trouve la bonne solution nous pouvons permettre que ça se passe quand même pas aussi mal et le mieux possible le message est passé

48:49
Invité

que cette semaine à propos du rapatriement des enfants de djihadistes qu'on appelle les petits revenants c'est devenu une sorte de débat politique un peu oiseux est-ce que vous pensez que le gouvernement vous avez appelé sans arrêt vous en avez appelé à Emmanuel Macron et au gouvernement pendant toute cette émission est-ce que vous considérez qu'ils font le boulot correctement cette semaine 5 ont été ramenés en moins de 5 ans

49:08
Xavier Bertrand

vous avez Bertrand dans une famille qui est de la région avec leur grand-mère avec qui j'étais en contact il m'a expliqué situation très particulière leur maman a été tué dans des conditions qui restent à impliquer et là ces enfants dans une situation sanitaire très difficile très difficile notamment un qui a un an était proposé de les faire revenir mais pas n'importe comment chez leur grand-mère cette décision a un caractère humanitaire je pense que cette décision est celle qu'il fallait prendre maintenant pour le reste il ne peut pas y avoir de généralisation et tous ceux qui sont allés faire le djihad pour s'en prendre à la France cela il y a un principe on doit se protéger au maximum et tout faire pour qu'il ne revienne pas et qu'il soit condamné ma seule règle c'est l'intérêt général de la France et des français mais justement ce petit-fils de cette dame qui a un an avant d'en voir un terroriste possible qui va se contourner contre la France je pense qu'il ne faut pas non plus exagérer et vous avez raison de le dire sur le débat vous avez qualifié d'oiseux on a un goût pour les polémiques en France on a un goût pour les raccourcis et ce que j'essaye de faire aujourd'hui en beaucoup de situations c'est d'essayer d'avoir des avis différents et de me faire mon opinion je reste persuadé que nous devons être beaucoup plus intraitables que ce soit en matière de sanctions que ce soit en matière de renseignements être plus efficace pour lutter notamment contre Daech et la façon dont Daech reviendra d'une façon ou d'une autre mais il ne faut pas tout confondre Françoise

50:33
Invité

un mot pour qualifier le moment politique est-ce que vous pensez que la fin du grand débat national peut permettre à Emmanuel Macron de se relancer ou vous pensez ce que vous dites depuis le début le ressort est cassé comment vous analysez les choses ?

50:47
Xavier Bertrand

Franchement si la sortie du grand débat est une réussite ça sera bien pour tout le monde ça sera bien pour le pays et c'est ça le plus important Et vous pensez que ça peut être une réussite ? Oui s'il y a vraiment des réponses fortes je le pense mais comprenez bien il y a des fractures qui sont nombreuses dans notre pays et elles ne datent pas d'il y a 18-24 mois depuis l'élection d'Emmanuel Macron ça fait 30 ans que notre système est à bout de souffle mais les français c'est pas le modèle français qu'ils veulent jeter c'est pas ce modèle dans lequel on croit à la solidarité mais on refuse la cistana les français ils veulent quoi ?

ils veulent un boulot et quand ils ont un boulot pouvoir en vivre faire des projets pour leurs enfants ils veulent vivre en sécurité et se promener partout comme à Paris le samedi sans crainte et ils veulent que leur mode de vie leur mode de vie c'est notamment tout ce qui a trait à la laïcité au vivre ensemble la culture le mode de vie aussi quand vous décidez d'habiter en milieu rural vous ne voulez pas mourir à petit feu c'est ça les priorités françaises et je suis intimement convaincu que si on s'en tient à cela en privilégiant l'intérêt général je pense qu'on peut faire mieux être plus efficace que toutes ces dernières années je crois foncièrement à cela Dernière question Karine

51:48
Invité

Un mot sur votre ancienne famille politique les républicains François-Xavier Bellamy la tête de liste pour les européennes on parle d'un frémissement c'est vrai qu'on voit les sondages désormais augmenter combien pèse la droite conservatrice aujourd'hui en France ?

52:01
Xavier Bertrand

J'en sais rien c'est pas mon sujet

52:02
Invité

ça ne vous intéresse pas

52:04
Présentateur

Juste pour occuper le silence une minute parce que malgré tout c'est des questions d'engagement c'est des questions qui ont compté pour vous pendant si longtemps et c'est intéressant de voir qu'aujourd'hui ça n'est plus le problème mais après tout c'est intéressant de voir ça

52:23
Xavier Bertrand

Il y a des valeurs auxquelles je crois je crois au travail au mérite je crois à la question de la sécurité mais je me suis aperçu d'une chose c'est que quand on est dans un parti politique c'est très compliqué de dépasser les frontières partisanes pour jouer la carte de l'intérêt général Je l'ai toujours pratiqué dans ma vie politique mais c'est vrai que depuis les régionales s'il y a des idées qui sont parfois de l'autre bord et que ça vaut la peine d'aider à leur mise en oeuvre ça vaut la peine Tiens je vous donne un exemple j'ai attendu longtemps Les emplois francs font reculer le chômage dans la région Il a fallu que j'attende quasiment un an et demi pour obtenir leur généralisation Je viens de l'obtenir C'est de l'intérêt général et si le gouvernement le fait je dis bravo C'est très clair

53:05
Invité

L'ami Glucksmann les philosophes les intellectuels c'est rafraîchissant

53:09
Xavier Bertrand

Les idées oui mais avec des solutions derrière il faut des solutions

53:13
Présentateur

L'émission est terminée Merci Xavier Bertrand d'être venu dans l'émission de questions politiques ce dimanche Merci Alexandre Gillardi et à toute l'équipe technique à la semaine prochaine

Xavier Bertrand, "révolté" après l'acte 18 des "gilets jaunes" : "C’est une guerre contre la République" — Xavier Bertrand · Pourquijevote