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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 6 janvier 2017 65 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Macron décolle, Valls piétine. #cdanslair du 06-01-2017

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 34 %Attaque 37 %Défensif 29 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:03OuverteRéponse directe

    À quoi bon un candidat PS, pour reprendre la question posée par Jean-Luc Mélenchon ?

  • 4:47OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il peut perdre cette primaire, et au fond, connaître le même sort que Nicolas Sarkozy ?

  • 6:29RelanceRéponse directe

    Marc Lazare, est-ce que vous diriez, vous aussi, de façon aussi catégorique, que Emmanuel Valls peut perdre cette primaire ?

  • 8:31OuverteRéponse directe

    Emmanuel Valls est-il coincé entre le bilan, François Hollande, ce quinquennat, et de l'autre côté, Emmanuel Macron ?

  • 11:14OuverteRéponse directe

    Manuel Valls est-il ringardisé ?

  • 13:55OuverteRéponse directe

    Manuel Valls est-il ringardisé par Emmanuel Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:46IntervenantChiffre
    « J'ai utilisé deux fois le 49.3. »
  • 11:52IntervenantFait
    « Non, je l'ai utilisé sur deux textes, deux textes de loi différents, la loi Macron et la loi Travail. »
  • 11:58IntervenantFait
    « On m'a imposé le 49.3. »
  • 12:07IntervenantFait
    « Je n'ai pas trouvé le soutien d'une cinquantaine de députés socialistes qui continuaient à se poser. »
  • 12:28IntervenantFait
    « Je m'inquiète d'une mode qui est en effet celle d'un voile revendiqué. »
  • 12:34IntervenantFait
    « Nous avons des lois qui ont été votées par la représentation nationale en 2004 sur l'interdiction des signes religieux, de tous les signes religieux à l'école. »
  • 12:44IntervenantFait
    « Je l'ai votée en 2010 interdisant le voile intégral dans l'espace public. »
  • 13:16IntervenantFait
    « C'est cette Europe qui doit aujourd'hui s'armer pour être capable de faire face à la mondialisation. »
  • 13:26IntervenantFait
    « Elle a trop ouvert ses frontières. Elle n'a pas suffisamment taxé un certain nombre de produits. »
  • 13:29IntervenantFait
    « Ça veut dire qu'il faut augmenter les droits de douane. »
  • 13:37IntervenantFait
    « Avec la Russie, il faut toujours parler franchement. »
  • 13:43IntervenantFait
    « Quand j'ai rencontré le Premier ministre, M. Vélef, c'est également ce que je lui ai dit. »
  • 23:11IntervenantFait
    « Peut-être qu'on a fait trop de concessions au marché et au libéralisme. »
  • 31:14PrésentateurFait
    « les candidats qui affichent leur soutien à Macron ont l'interdiction de porter l'étiquette PS »
  • 31:59IntervenantFait
    « le PS annonçait depuis un certain temps chercher un mode de dépassement »
  • 59:34IntervenantChiffre
    « ça joue sur à peu près 500 euros de plus de pouvoir d'achat »
  • 1:03:10IntervenantPromesse
    « on va créer des postes de fonctionnaires »
  • 1:03:20IntervenantFait
    « les socialistes n'ont pas pensé l'État, n'ont pas pensé la mondialisation »
  • 1:03:39IntervenantFait
    « c'est les catégories surtout C et D de la fonction publique »

Temps de parole

  • Intervenant22 %
  • Présentateur21 %
  • Intervenant 221 %
  • Intervenant 314 %
  • Intervenant 413 %
  • Intervenant 54 %
  • Intervenant 64 %

≈ 2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'était le vrai coup d'envoi de sa campagne. Manuel Valls attendait beaucoup de l'émission politique de France d'hier soir. Résultat pour l'audience, à peine 2 millions de téléspectateurs, donc plutôt moyen. Et une prestation en demi-teinte. L'ancien Premier ministre a dû longtemps se justifier et assumer le bilan du quinquennat, tout en disant qu'il avait changé. L'équation est difficile, il faut bien le dire, pour Manuel Valls qui souffre en ce début janvier. Et loin de la primaire, Emmanuel Macron poursuit son bonhomme des chemins. Coqueluche des médias, il fait la une de l'Obs et de VSD cette semaine. Il sera en meeting demain en Auvergne.

Et surtout, il marque des points dans les sondages. Le voici en tête d'une enquête BVA révélée aujourd'hui sur les personnalités dont les Français souhaitent qu'elle ait davantage d'influence. Il est même qualifié pour le second tour de la présidentielle, selon un sondage élabe. Macron décolle, Valls piétine. Alors la primaire, va-t-elle accoucher d'un loser, un candidat qui sera battu dès le premier tour ? Emmanuel Macron va-t-il continuer sur sa lancée et prétendre à la victoire finale ? Quel avenir pour Valls, Payon, Montebourg, Hamon, cette génération Jospin qui se déchire aujourd'hui ? Pour répondre à ces questions et à toutes vos questions, SMS et Internet, voici nos invités ce soir.

Yves Tréhard, vous êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes chef du service politique de France 2 et vous co-animez tous les dimanches « Questions politiques » sur France Inter. Éric Votorino, vous êtes journaliste et écrivain et vous dirigez l'hebdomadaire Le 1. Marc Lazard, vous êtes historien, directeur du centre d'histoire de Sciences Po. Bonsoir à tous les quatre, merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Jean-Luc Mélenchon est une fine lame, il est souvent cinglant. Il l'a encore prouvé dans une interview qu'il a accordée au Monde, datée d'aujourd'hui, avec une phrase et une question qui est terrible.

À quoi bon un candidat du PS avec cette sortie ? Est-ce qu'il ne dit pas ce que beaucoup pensent tout bas, y compris au PS ?

2:20
Intervenant

Oui, oui, oui. Il dit, on ne va pas se mentir, il dit effectivement ce que beaucoup pensent tout bas, même s'il a changé de ton, Mélenchon. Il n'est plus dans la vocifération, dans l'agression. Au contraire, vous savez, il est malin, Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même un vieux renard de la politique, si je puis me permettre. Il essaye de capter l'électorat déçu précisément du Parti Socialiste et d'une partie de la gauche. À quoi bon ? À quoi bon ? Oui, mais le PS, le Parti Socialiste tel qu'il existe aujourd'hui, tel qu'il a été fondé par François Mitterrand en 1971 au Congrès d'Épinay, eh bien, il joue sa survie précisément.

Et ce qui se joue aujourd'hui, je vous entendais dans votre propos liminaire, en disant, bon, de toute manière, ils vont au casse-pipe à la présidentielle parce qu'ils ne seront pas qualifiés pour le deuxième tour, ce qui se joue aussi, c'est l'après 2017, s'il ne faut pas l'oublier, et qui, évidemment, entre la sensibilité de Valls, même si aujourd'hui, il joue complètement à contre-emploi par rapport à ce qu'il est, il est contre nature, on pensait avoir arrivé Bonaparte et on a le fils d'Henri Cueil, vous voyez, c'est à peu près ça, eh bien, ben oui.

Et de l'autre côté, vous avez une gauche qui est beaucoup plus affirmée, qui est incarnée par, alors qui est un peu différente d'ailleurs selon les cas, par Hamon, Benoît Hamon, ou Arnaud Montebourg. Et c'est évidemment cet avenir du Parti Socialiste qui est aussi beaucoup en jeu, parce que je crois que, sincèrement, ils se font, et les uns et les autres, assez peu d'illusions sur ce que sera cette présidentielle, quoique, eh bien, il peut y avoir un sursaut d'orgueil de l'électorat socialiste, et qui veut montrer qu'il existe, et que, voilà, mais bon, il y a quand même Macron et Mélenchon qui sont de sérieux clients.

4:03
Présentateur

– Nathalie Saint-Cricq, à quoi bon un candidat PS, pour reprendre la question posée par Jean-Luc Mélenchon ?

4:08
Intervenant

– Quand on regarde sur le papier, il y a une évidence, c'est qu'il y a Mélenchon qui incarne effectivement un pôle de gauche, de la gauche, qui s'est un peu calé, et puis il y a Macron qui est l'autre gauche, plutôt, enfin, même s'il dit ni droite ni gauche, qui est une espèce de forme de gauche réformiste. Donc on se dit, finalement, Valls, c'est un peu, ressemble un peu à Macron, Macron un peu Valls, et Macron l'incarne bien, et puis Mélenchon, finalement, c'est pas loin d'Amon et de Montebourg.

Et quand on voit les sondages, on se dit, comme Mélenchon est crédité de 14, 15, 16, et que vous l'avez dit tout à l'heure, Emmanuel Macron monte aussi, on se dit, ben, il va y avoir quelqu'un qui va être comme le jambon au milieu des deux tranches du sandwich, et qui risque d'être laminé, c'est le candidat du Parti Socialiste. Donc c'est du bon sens, mais on ne peut pas imaginer non plus que le Parti Socialiste dise, bon, ben, ciao, on va abandonner, on ne va pas avoir de candidat, même si ça se finit mal.

4:47
Présentateur

Alors, la question, en ce qui concerne Emmanuel Valls, parce qu'on va beaucoup s'intéresser à lui ce soir, ainsi qu'à Emmanuel Macron, est-ce qu'il peut perdre cette primaire, et au fond, connaître le même sort que Nicolas Sarkozy, qui avait été battu dès le premier tour de la primaire de droite, Eric Fautorino ?

5:00
Intervenant

Bien sûr, si vous voulez, pour rebondir aussi avec ce que vous le propose d'avant, c'est que si François Hollande avait été candidat, peut-être que la question ne se serait pas posée de la même manière. À quoi faire un candidat ? Ben si, voilà, il va défendre son bilan. Non, là, ce n'est pas le cas, c'est la première fois sous la Ve République. Donc, effectivement, Emmanuel Valls, bien sûr qu'il peut perdre. Pourquoi ? Parce qu'il a voulu mettre, quand même, pousser un peu dehors François Hollande, en disant « c'est moi qui dois y aller, en tout cas, ce n'est pas toi », mais il ne peut pas s'affranchir du bilan. Maintenant, le bilan, il est sur lui, ce n'est pas possible.

Et je crois que ce qui était frappant hier dans l'émission, c'était de voir que finalement, on peut avoir deux mains, on peut avoir deux bras, on ne peut pas avoir deux cerveaux, on ne peut pas avoir deux langages. Et donc, à un moment donné, vous ne pouvez pas dire « j'ai changé ». Effectivement, c'est du sarkovisme, un petit peu d'une époque, vous vous souvenez, il avait changé quasiment tous les quatre matins. Mais j'ai changé, et en même temps, il avait la posture encore d'un Premier ministre, c'est-à-dire défendant des bilans. Sur le 49-3, c'était même assez pathétique de dire « ah, mais non, on me l'a imposé ».

D'ailleurs, il y a une chose subliminale qui m'a frappé hier, c'est que son programme fait 49 pages, il a été donné le 3 janvier. Donc, 49-3, il y a quelque chose d'assez étonnant chez Emmanuel Valls, parce que d'un inconscient, je ne peux pas l'allonger sur aucun divan. Mais donc, je pense qu'il fait bien sûr qu'il peut perdre. Et moi, je vais peut-être m'avancer un peu plus, je pense qu'il va perdre. En tout cas, qu'il perdra la primaire, il y a de fortes chances, et je pense qu'en effet, il ne peut pas gagner.

Mais comme le dit Yves, avec un juste titre, ce qui se joue, ce n'est pas tellement la présidentielle pour lui, ce qui se joue, c'est l'après d'un parti qui ne sera peut-être plus socialiste.

6:24
Présentateur

Enfin, s'il perd cette primaire, l'après, ça sombrit. Marc Lazare, est-ce que vous diriez, vous aussi, de façon aussi catégorique, que Emmanuel Valls peut perdre cette primaire ?

6:38
Intervenant

On n'est pas là. Et d'abord, je crois qu'il faut faire attention à une première chose. Nous sommes dans une situation totalement inédite. Toutes les primaires qu'on connaissait jusqu'ici étaient des primaires de partis d'opposition, avec normalement des candidats ou un candidat qui semblait gagnant face aux sortants. Or là, y compris quand on regarde la situation européenne, il y a beaucoup eu de primaires en Italie, on n'a jamais eu une primaire d'un parti qui est au pouvoir. Et ça, c'est vraiment une situation tout à fait inédite. Et donc très difficile à gérer pour tous les candidats, et en premier lieu par Manuel Valls.

Puis la seconde observation, c'est que normalement, dans une primaire, justement, il y a, parce que c'était une primaire de partis d'opposition, une grande chance de gagner. Et ici, a priori, justement, il n'y a pas de grande chance de gagner. Donc quel est le dilemme de Manuel Valls, au-delà de tout ce qu'on vient de dire ? C'est d'essayer de retrouver un espace pour la gauche, et c'est pour ça qu'il s'est gauchis. Il a besoin d'essayer de reconstituer, fusse artificiellement, le conflit, le clivage avec la droite. D'où la violente altercation, enfin, c'est vive avec Thierry Solaire.

Parce qu'il faut essayer de refaire vivre un espace gauche-droite, y compris par rapport, évidemment, à Macron. Et là, toute l'ambition des différents candidats socialistes, c'est d'essayer d'exister pendant trois semaines, pour refocaliser l'attention sur la primaire de gauche, et essayer de retrouver des électeurs. Et ce qui est intéressant, c'est que dans les différentes enquêtes qu'on a, on voit une certaine appétence des électeurs pour cette primaire, même s'ils ne savent pas quelle date.

7:58
Présentateur

La surprise pourrait venir de là, dans un premier temps.

8:00
Intervenant

Mais tout dépendra de la participation. C'est ça. Et c'est très intéressant dans le sondage à risque, qu'il faut prendre avec beaucoup de précautions, d'avant l'émission, où on voyait que Manuel Valls était favori, surtout dans l'électorat dit sympathisant socialiste, mais pas dans l'électorat du reste de la gauche. Alors, quel type d'électorat va se mobiliser, alors que justement, a priori, le candidat socialiste n'a pas beaucoup de chance ? Est-ce que ça va être, on va se mobiliser à gauche parce qu'on veut donner son avis sur le bilan, ou est-ce que, justement, on essaie de trouver un candidat présidentiel malgré tout ? Est-ce qu'il n'est pas,

8:32
Présentateur

on va voir dans un instant les extraits de l'émission d'hier soir, mais est-ce qu'il n'est pas coincé, Emmanuel Valls, entre le bilan, François Hollande, ce quinquennat, et de l'autre côté, Emmanuel Macron, la gauche moderne,

8:44
Intervenant

c'est plus lui ? Il est coincé, pourquoi ? Parce qu'il s'est fait voler la boutique par Emmanuel Macron, d'abord.

La deuxième chose, c'est parce qu'il ne faut pas l'oublier, et c'est un homme de conviction, même si aujourd'hui, on dobe un peu sur sa façon de faire sa campagne, puisqu'il n'est vraiment pas du tout dans le profil, l'habit, je dirais, dans lequel on le connaît, c'est qu'il est obligé de se mettre au cœur du Parti Socialiste, alors que de tout temps, et historiquement, c'est l'homme qui représente justement cette gauche réaliste, cette gauche qui ne veut pas faire de déficit, cette gauche qui a un discours pas du tout commun pour la gauche sur la sécurité, c'est quand même un homme qui se retrouve obligé, d'une certaine façon, d'incarner la synthèse de celui qui n'a pas voulu, et bien justement l'apporter, c'est-à-dire François Hollande, et ça ne lui va pas, c'est pour ça que je disais que j'avais plutôt l'impression de voir Henri Cueil, qui était l'homme de la synthèse, et des commissions permanentes, plutôt que Bonaparte au pont d'Arcole.

Il a fait un calcul, c'est qu'il se dit qu'il doit parler à la gauche, en général, dans le temps, Emmanuel Valls, donc il ne veut pas faire le juppé, parce qu'il dit que juppé a parlé à la France, en se trompant de combat, c'est-à-dire parlant à la France pendant la primaire, il n'a pas parlé à la droite, mais en réalité, il a gagné, et donc lui, il se dit, je parle à la gauche, donc j'essaie de me gauchir, c'est vrai que ça ne lui va pas, et que quand on aime Valls, on est déçu, et quand on ne l'aime pas, on rigole.

Donc il y a un problème de positionnement, mais on verra quand même, moi je suis moins négatif qu'Éric Fautorino, si finalement, cette stratégie, qui est de se polir un peu, je ne parle pas du 49-3, parce que ça, je pense que c'était vraiment une erreur majeure stratégique, parce que ça fait rigoler tout le monde, mais est-ce qu'en adoucissant un petit peu son image, en essayant d'admettre qu'il est un peu différent de ce qu'il a été, bon, il a quelque chose à jouer, même si c'est un enfer absolu, et qu'hier soir, moi je n'aurais pas dit Henri Cueil, je trouvais qu'il était un peu hollandisé, dans son espèce de tentation de faire de la synthèse.

10:33
Présentateur

Oh, et ça, ce n'est pas un compliment. Il est compris dans la manière de parler. Qu'est-ce que vous voulez dire par hollandisé ?

10:37
Intervenant

C'est-à-dire que, toujours la même chose, je ne dis pas ce qu'on aime chez Valls, ce n'est pas le problème de ce que je pense, mais que le côté transgressif, ça fait quand même 20 ans qu'il n'est jamais d'accord, qu'il dit qu'il faut changer de nom, qu'il dit le voile, moi je suis pour l'interdiction, c'est-à-dire qu'à chaque coup, il est resté ferme. Il est resté ferme. Oui, c'est le moment où il est resté. Il est resté ferme là-dessus. Mais, tout ce qui faisait la marque de fabrique de Valls, il était obligé de le gommer, parce que c'est une primaire. Alors le problème, c'est de savoir si la primaire, c'est bon pour Valls.

11:04
Présentateur

Deux heures d'émission hier soir en prime time, Manuel Valls a pu détailler en effet ses propositions, mais il a été longuement interrogé sur ses revirements. C'était un exercice compliqué. Un retour sur les principales déclarations de l'ex-premier ministre avec Laurent Hirsch.

11:19
Intervenant

Je n'ai pas changé de conviction. Je suis un réformiste, un réformiste de gauche, un social réformiste. Parfois j'ai pu me tromper, parfois j'ai pu changer sur les outils économiques pour améliorer la compétitivité, mais j'ai grandi, j'ai mûri. Je suis au cœur des progressistes, d'Emmanuel Macron jusqu'à Arnaud Montebourg, ou Benoît Hamon. J'ai utilisé deux fois le 49.3. Il a été utilisé sous la Ve République 80 fois. Vous l'avez utilisé six fois le 49.3, Non, je l'ai utilisé sur deux textes, deux textes de loi différents, la loi Macron et la loi Travail. C'est toujours comme ça que ça se passe, on l'utilise à chaque lecture. Mais on m'a imposé le 49.3.

Je n'ai pas trouvé le soutien d'une cinquantaine de députés socialistes qui continuaient à se poser. Mais il fallait à ce moment-là l'imposer. Mais j'ai bien compris aussi ce que cela donnait comme sentiment de brutalité, d'autant plus qu'il a fallu l'utiliser dès le début de la discussion parlementaire. Je m'inquiète d'une mode qui est en effet celle d'un voile revendiqué. Nous avons des lois qui ont été votées par la représentation nationale en 2004 sur l'interdiction des signes religieux, de tous les signes religieux à l'école. Il y a une loi qui a été votée. Je l'ai votée en 2010 interdisant le voile intégral dans l'espace public. Et puis, allons jusqu'au bout de cette discussion.

Vous faites un choix. Je le respecte. Mais enfin, qu'est-ce que c'est cette idée que les cheveux, que le visage, que le corps d'une femme seraient impudiques ? L'espace géographique qui nous permet d'être puissant dans le monde d'aujourd'hui, face à la Chine, face à l'Inde, bien sûr face aux Etats-Unis d'Amérique, c'est l'Europe. C'est cette Europe qui doit aujourd'hui s'armer pour être capable de faire face à la mondialisation. Elle a été trop naïve. Elle a trop ouvert ses frontières. Elle n'a pas suffisamment taxé un certain nombre de produits. Ça veut dire qu'il faut augmenter les droits de douane. Avec la Russie, il faut toujours parler franchement. C'est ce que nous avons toujours fait.

C'est ce que notre diplomatie, avec François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Laurent Fabius a toujours fait. Quand j'ai rencontré le Premier ministre, M. Vélef, c'est également ce que je lui ai dit. Il faut parler franchement à la Russie. Elle doit assumer ses responsabilités de grande puissance.

13:55
Présentateur

Première question SMS. Manuel Valls est-il ringardisé ? Ça poursuit un peu notre conversation. Ringardisé par Emmanuel Macron. Éric Fautorino ?

14:04
Intervenant

Ça va que le mot est sévère, mais de fait, Macron parle le même langage que Valls, sauf qu'il le parle mieux. Il incarne autre chose. Il n'est pas aussi lié au passé que les... Évidemment, Manuel Valls. Manuel Valls, c'est quand même issu de l'appareil dont il a voulu, évidemment, essayer à chaque fois toujours de le faire exploser. Mais malgré tout, il était dedans. Lui, Macron dit « Je ne suis pas socialiste. Je ne suis pas... » Il n'a pas été OPS ou si peu que ce que c'est. Et puis, je pense que le masque de Brutus qu'on a voulu coller à Macron, finalement, il colle mieux au visage de Valls d'une certaine manière.

Donc, je pense que même de trahison, on se dit qu'il y a une cohérence plus grande. Le mot de cohérence, on a vu, a été soulevé beaucoup hier. La cohérence n'est pas du côté de Valls aujourd'hui. Il y avait un sondage très dur pour Manuel Valls

14:48
Présentateur

à la fin de l'émission hier soir. Selon Harris Interactive, il n'a convaincu que 29% des téléspectateurs... Alors, pour rappel, c'était 33% pour Arnaud Montebourg et 40% pour Benoît Hamon. C'est une claque, non ?

15:03
Intervenant

Je crois que c'est... Oui, d'après ce que disent cette enquête. Parce que je crois qu'il est sur trois positionnements à la fois. C'est-à-dire que c'est un positionnement plus exactement sur trois piliers. Le premier, c'est celui, effectivement, de se gauchir pour les raisons qu'on a indiquées. Le deuxième, c'est essayer en même temps de se poser cette fois-ci comme le rassembleur. Vous avez remarqué qu'il n'a jamais fait, durant toute cette émission, aucune attaque personnelle contre ses concurrents. Il a mis en cause les frondeurs pour le 49-3, mais il n'a attaqué personne parce qu'il pense, évidemment, au deuxième tour et puis à l'après-primaire puisqu'il pense qu'il va la gagner.

Et la troisième posture, c'est celle, justement, l'homme d'expérience, celui qui a été premier ministre, la fameuse incarnation dont il reprochait l'absence chez François Hollande. Alors, évidemment, ça brouille les choses. Mais quand vous regardez l'enquête à risque, c'est vrai qu'il a peu convaincu, mais en même temps, 52% des Français de gauche considèrent que c'est lui qui est le meilleur présidentiable. Donc, c'est le troisième aspect du pilier. Donc, le problème, c'est qu'il faut qu'il arrive à faire oublier tout ce qu'il a dit sur les gauches irréconciliables, sur le fait qu'il était dans une posture, justement, de rupture avec la gauche traditionnelle.

Et ça, c'est effectivement très difficile. Mais attention, il a trois piliers. Donc, quand vous êtes dans une campagne, vous pouvez avancer un des éléments et puis affaiblir l'autre selon les moments. Et puis, attention, il y a encore trois. Et surtout, il y a trois débats. Oui, qui seront probablement déterminants, bien sûr.

16:22
Présentateur

Non, il a tenté une forme de coup de poker lorsqu'il a dit « j'ai changé, j'ai mûri ». Alors, évidemment, tout le monde a pensé à Nicolas Sarkozy parce que Nicolas Sarkozy l'a tellement dit que ça en est devenu presque une blague au bout d'un moment. Mais là, est-ce que c'est dangereux, ce genre d'aveu ?

16:40
Intervenant

Ce n'est pas un aveu, c'est de la com. Enfin, je crois que c'est de la com. Et encore, je pense que ce n'est pas de la com très bien faite parce qu'il a changé. Bien sûr, on change tous. On a des coups dans la figure. D'abord, on vieillit. Et il lui a vieilli aussi. On a même trouvé, moi, j'ai même trouvé au cours de l'émission qu'il accusait le coup. Bon, bien sûr, il a changé. Mais de répéter en boucle « j'ai changé » n'a absolument aucun sens. C'est de la com mal faite. C'est de même que quand ils se mettent ils ne sont plus la colle roulée noire pour une certaine gravité. Tout ça, ce n'est pas quelque chose de très utile.

Mais le côté « je souris, je suis joyeux, je suis sympa, je ne suis pas tout auquelqu'un qui pique des crises régulièrement », ça aussi, ce n'est pas utile de nous le dire. Il est comme il est. Après, l'idée, ce n'est pas de passer un week-end avec lui. C'est simplement de voir s'il est capable de faire les choses. Donc, je trouve que toutes ces petites corrections d'images à la marge ne sont pas franchement utiles parce que les gens ne sont pas dupes. Ils ne sont pas idiots, les gens. on peut affecter une mine gentille.

Et c'est pour ça que, comme le disait Marc tout à l'heure, les débats, c'est-à-dire la gestuelle, la posture et la relation qu'il y aura à Arnaud Montebourg avec Payon, avec Benoît Hamon, ça sera quelque chose d'assez intéressant pour voir exactement quel est l'état de l'enfance. Et là, s'il est trop mou et trop « on s'aime tous », c'est merveilleux, il y a quelque chose qui sonnera faux. Yves Tréard, sur le « j'ai changé ». Oui, mais de toute manière, vous savez, l'aveu du « j'ai changé » en politique, il est toujours frelaté. Nicolas Sarkozy, qui pouvait croire qu'il avait changé ? Le naturel avec Nicolas Sarkozy revient toujours au galop. Pour Manuel Valls, c'est pareil.

Son naturel, à lui, c'est d'être tranchant, c'est d'être affirmatif. Et là, il a changé. En plus, il a mal changé d'une certaine façon dans la communication parce qu'il n'assume même pas l'histoire du 49-3. Il n'assume pas. On ne sait pas, le téléspectateur qui n'est pas avisé comme nous autres, qui n'est pas tout le temps en train de s'occuper de la vie politique, il se dit « On me l'a imposé, c'est Hollande qui l'a imposé ? » Il aurait dû dire « Le 49-3 m'a été imposé par les faits. » Voilà. Il aurait dû faire de la voie active et pas de la voie passive. Ça veut dire qu'il était embarrassé ? Oui.

Moi, je trouve qu'il a menti sur le 49-3 dans le sens où il a voulu le 49-3 pour bloquer Macron, pour qu'il n'y ait pas de loi Macron dont Macron aurait pu se prévaloir. Je pense que c'est quand même important. La deuxième chose relative à l'aveu, c'était évidemment dont parlait Nathalie, c'est que je crois que la politique aujourd'hui, ceux qui ont du succès en politique aujourd'hui, c'est ceux qui incarnent une certaine forme d'authenticité, de vérité, de sincérité. Ça a été le cas qu'on soit pour ou contre de François Fillon pendant la primaire. On va voir ce que ça donne maintenant. Mais pendant la primaire... Il lui a dit « Je n'ai pas changé ». Oui, mais... Non, non, mais...

Il était lui-même. Là, pour vous plaire, on s'en fiche, je suis comme je suis. Il était lui-même. Il dit « Je ne fais pas de com'. » C'était un peu l'anti-Sarkozy de ce point de vue d'ailleurs. Voilà. Quel est le succès de Macron aujourd'hui ? Le succès de Macron, c'est une espèce de... Alors en plus, lui, il a l'avantage d'être, je dirais, un bisou, comme on dit sur la course du Vendée Globe dans l'histoire. C'est-à-dire que personne ne le connaissait, il arrive, il n'a pas de casserole, il n'a pas de passé politique, il n'a pas de reniement, il n'a pas de parti.

Et les gens se disent « Mais les partis, on en a un peu assez » parce que finalement, ils nous ont beaucoup menti, ils nous ont beaucoup promené. Et lui, il y a une espèce de virginité qui le sert. Et cette virginité, elle va avec l'authenticité, elle va avec une certaine vérité, elle va avec une certaine sincérité, même si évidemment, il ne faut pas se leurrer, il y a des failles.

20:11
Présentateur

Que reste-t-il du vals réformiste qu'on a connu avant le quinquennat ? Le vals qui voulait tout changer, qui voulait changer l'ISF, les 35 heures,

20:20
Intervenant

le nom du PS, il est où ? Justement, il a disparu, mais en même temps, il est toujours là. Et c'est bien ça le problème, c'est qu'il n'arrive pas comme un seul homme, il y a trop de vals d'une certaine manière, et il n'arrive pas à choisir parce qu'il ne peut pas choisir. Moi, je pense que ce qui est important, c'est que vals, au fond, il a gommé beaucoup de choses de lui-même, beaucoup de choses de son histoire, de son parcours. Il faut se souvenir qu'en 1981, il ne vote pas parce qu'il est espagnol. Il votera en 1982 et il rejoindra Michel Rocard, lequel a d'ailleurs beaucoup utilisé le 49-3.

Mais vals, c'est quelqu'un qui est beaucoup plus complexe et beaucoup plus riche que ce qu'il veut nous montrer. C'est comme desséché, comme asséché. Et alors, ce qui manque dans son discours aujourd'hui, et que je pense qu'il aimerait au fond de lui tenir, c'est que, qu'est-ce que c'est la gauche ? L'idéal de la gauche ? L'idéal de la gauche, les inégalités, c'est les gens qui souffrent, qu'il faut protéger, la mondialisation, etc. Tout ce discours-là, que Hamon, que Mélenchon, hors la primaire, sont en mesure de tenir. Lui, il n'arrive pas à le tenir. Pourquoi ? Parce qu'on l'a vu dans toutes les langues hier, j'aime l'entreprise.

Mais j'aime l'entreprise, il n'était pas obligé de le dire comme ça, jusque-là. Et il se passe quoi ? C'est que la gauche est désarmée et vals est désarmée comme la gauche parce qu'elle a perdu ce verbe de gauche, elle a adopté la sémantique de la droite et aujourd'hui, lui, incarne ça parce qu'il a voulu être le premier de la classe de la gestion, je suis le meilleur en gestion, le meilleur en calcul, en rigueur, en respect des objectifs de Bruxelles, etc. Oui, alors à un moment donné, si vous êtes ça, vous ne pouvez plus être l'homme qui défend l'idéal de la gauche.

Il a toujours dit vals, vous savez, Clémenceau-Jaurès, Clémenceau dit il faut aller gouverner, Jaurès dit, oui, mais on va se salir les mains. Bien sûr, un idéal est toujours sali par l'action du pouvoir, mais vals a toujours dit il faut aller gouverner plutôt et accepter qu'on soit sali un peu. Marc Lazard ? Non, je partage en partie l'analyse d'Eric Fautorino mais je pense qu'il avait un choix stratégique à faire. Où il allait sur ses positions ? Celles qu'on connaît, celles qu'on n'arrête pas de rappeler, évidemment, et il risquait gros parce qu'il risquait de perdre la primaire.

Donc, il a choisi autre chose et de ce point de vue-là, c'est tout aussi risqué mais il y avait un choix à faire. Il a encore une fois fait ce pari de partir sur la gauche tout en essayant d'apparaître comme le rassembleur et celui qui incarne la fonction présidentielle. Donc ça, c'est un véritable problème pour lui. Mais j'ajoute que ce qui est très intéressant en tout cas pour moi, c'est que cette question, elle ne se pose pas simplement en France. Elle se pose dans toute la social-démocratie européenne. Et moi, je me souviens en septembre 2014, Manuel Valls est allé en Italie à Bologne à la fête de l'Unita, le journal proche du Parti démocrate avec Matteo Renzi et Pedro Sanchez.

Matteo Renzi, le chef du gouvernement et le secrétaire du Parti démocrate et Pedro Sanchez, le leader du PSOE. Où est-ce qu'on en est maintenant ? Matteo Renzi a perdu le référendum et a dû cuter le gouvernement. Il est à la tête de son parti. Pedro Sanchez a perdu le parti et essaye de le reconquérir. Et Manuel Valls est dans la situation où il est hors. Les trois, qu'est-ce qu'ils font actuellement ? Il pose la question qu'a exactement dit Manuel Valls hier. Il a dit peut-être qu'on a fait trop de concessions au marché et au libéralisme. C'est le grand dilemme de la gauche sociale-démocrate. Et qu'est-ce qu'ils font tous les deux autres ?

C'est un parti qui est en train de se reformer actuellement en Italie. Et Sanchez est prêt à faire des alliances avec Podemos. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles il a perdu la direction du PSOE. Donc on est dans un contexte européen aujourd'hui où une partie de la gauche dite sociale, réformiste, sociale, libérale est en train de s'interroger sur toutes ces années de gouvernement depuis 20 ans, c'est-à-dire depuis l'expérience Tony Blair en Grande-Bretagne pour se dire mais où se repositionner aujourd'hui ? C'est la démonstration de la grande crise stratégique et identitaire.

23:47
Présentateur

Donc ça ne serait pas selon vous, ça ne serait pas seulement une question, j'allais dire électoraliste,

23:51
Intervenant

une question de campagne, c'est un problème de fond. C'est un problème de fond et qui en France est d'autant plus grave et plus compliqué pour Manuel Valls en l'occurrence puisqu'on parle de lui aujourd'hui. Oui, parce que lui

24:00
Présentateur

incarne ça.

24:01
Intervenant

Oui, mais parce qu'il y a aussi deux phénomènes. Le premier, c'est qu'en France il y a une gauche de la gauche traditionnellement plus forte qu'en Italie et en Espagne encore et d'autre part pour les raisons qu'on a rappelées c'est que pour cette fois-ci dans l'élection présidentielle les deux positions extrêmes de la gauche la gauche de la gauche et la gauche plus sociale libérale sont incarnées par deux candidats Mélenchon et Macron. Donc le dilemme stratégique est vécu encore plus intensément.

24:26
Présentateur

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles pour Manuel Valls. D'abord il y a un sondage en effet qui a été publié et on va rappeler avec toutes les précautions d'usage que sur la primaire on va être extrêmement prudent bien sûr concernant les sondages mais enfin il est quand même très nettement en tête dans cette enquête d'Arris Interactive. Quasiment tous les ministres le soutiennent. Alors ça est-ce que c'est vraiment un avantage Nathalie Saint-Cricq ? Même Bernard Cazeneuve on dit qu'il pourrait...

24:49
Intervenant

Normalement lundi Bernard Cazeneuve devrait donner des signes. Je pense que oui pas tous pas tous les ministres ne pèsent pas de façon mais ça donne quand même l'impression que ce sont des gens déjà comme Bernard Cazeneuve ce sont des gens sérieux donc quand il soutient Manuel Valls ça le crédibilise il n'a pas forcément besoin de ça mais c'est mieux que s'il était tout seul et que tous les gens du gouvernement l'abandonnaient mais je suis pas sûr que ça change grand chose sur le fond

25:12
Présentateur

c'est mieux

25:13
Intervenant

mais c'est pas forcément un avant décisif Il n'aura peut-être pas tous les ministres il y en a une qui ne l'aura peut-être pas c'est Ségolène Royal Ah bah oui Il a 150 députés Ça de toute façon ils ne peuvent pas se voir en peinture Il ne peut pas se voir en peinture même s'il a soutenu même si Macron n'existait pas Et pourtant Valls a soutenu Ségolène Royal en 2007 6, 7 Il a 150 députés avec lui 4 présidents de région ça peut jouer pour les mobilisations locales et régionales et en même temps attention en même temps l'expérience historique notamment excusez-moi mais en Italie on a des grosses expériences de primaire montre que quand vous avez ces soutiens là ça peut jouer contre vous parce que c'est la recherche c'est la recherche de l'outsider c'est la recherche de quelqu'un qui justement n'incarne pas ce qui vient de se dérouler

25:54
Présentateur

mais les élus dont vous parliez à l'instant ils peuvent peut-être en effet mobiliser le jour le jour de l'argent

26:02
Intervenant

non mais le cas Juppé quand même doit nous faire réfléchir je pense que vous vous souvenez-vous Juppé un mois avant il faisait déjà son gouvernement donc moi je pense que ça peut c'est pas pour autant que Hamon c'est Fillon non mais ça peut aller à rebours je veux dire par là aussi vous savez cette fameuse discussion sur les élites et puis le peuple etc l'idée que Manuel Valls puisse être soutenu par les institutionnels les éléphants et ça peut être aussi contre-productif pour des électeurs qui disent non moi j'ai pas envie ça fait 5 ans que je les critique je veux pas aller

26:29
Présentateur

maintenant les soutenir j'aimerais qu'on parle de Ségolène Royal parce que vous avez comme ça lancé cette petite phrase lancé ce nom en disant il y aura un problème avec Ségolène Royal

26:39
Intervenant

alors elle soutiendra pas Manuel Valls selon vous ? écoutez je suis pas je la vois pas tous les jours mais elle a plutôt envie de soutenir on sent qu'elle a envie de soutenir Macron on dit qu'elle a une tendresse et ça je peux quand même l'affirmer pour Emmanuel Macron elle s'en cache pas elle le dit clairement quand vous la voyez elle dit je lui donne des conseils depuis le début même quand il était au gouvernement je le...

bon elle a aussi un compte à régler avec le parti socialiste il faut pas l'oublier c'est qu'en 2006 2007 surtout puisque 2006 elle a gagné la primaire mais en 2007 on peut pas imputer au non soutien du parti sa défaite mais quand même ils l'ont bien aidé à perdre ils lui ont savonné la planche ils lui ont savonné la planche il y avait un peu de machisme là dedans faut pas quand même le nier faut même le dire et comme elle est en plus d'un tempérament politique assez imprévisible et bien il y en a beaucoup qui avaient du mal à suivre aussi ils savaient pas où la voir mais le problème du soutien c'est que la Noreal qui est quand même une figure centrale de la vie politique française qu'on l'aime bien ou pas est-ce que c'est un atout d'avoir son soutien aujourd'hui parce que elle est elle a encore son club de fans je pense qu'on peut dire comme pour Nicolas Sarkozy qu'elle a ses soutiens des gens qui l'apprécient beaucoup mais elle a aussi beaucoup beaucoup de détracteurs et est-ce que c'est un atout

28:01
Présentateur

est-ce que pour Emmanuel Macron l'idée de faire un ticket avec Ségolène Royal est-ce que c'est

28:09
Intervenant

une option ?

je peux même vous dire que chez Macron ils s'apprêtent plutôt enfin ils préparent l'atterrissage de Ségolène Royal chez eux je pense que c'est plutôt comme ça qu'est-ce que ça veut dire l'atterrissage excusez-moi si elle vient soutenir si elle déclare sa flamme pour Macron il faudra quand même un peu gérer derrière Eric Pottorino j'ai le sentiment qu'aujourd'hui comme on vit quand même la crise du résultat politique depuis au moins deux mandats tout soutien qui vient de la classe politique traditionnelle n'est pas vraiment à mettre dans la rangée des plus et je pense que Macron de ce point de vue là en effet il n'a pas 150 parlementaires il en a mais il a Gérard Collomb à Lyon etc mais je pense que ça viendra d'ailleurs les soutiens les soutiens marquants ce ne sera pas ceux du personnel politique de mon point de vue moi je ne suis pas entièrement d'accord parce que je pense que soit on voit Ségolène comme une espèce de personnage politicien soit on se souvient que Ségolène Royal a osé dire qu'on pouvait avoir un drapeau à sa fenêtre et que ce n'était pas quelque chose de ringard et qu'on pouvait parlant de l'encadrement militaire en disant qu'il y avait un problème de délinquance avec certains jeunes c'est à dire que si c'est la démocratie participative c'est une façon de faire la politique différemment le côté quasi christique des deux quand on les voit en meeting le numérique si on retient et si on vend de Ségolène une façon un peu différente une anticipation sur la façon de faire la politique à ce moment là elle ne sera pas un boulet elle n'est pas je ne pense pas repérée par les gens comme une institutionnelle comme une apparatchik elle est repérée comme quelqu'un

29:37
Présentateur

et il y a aussi le positionnement idéologique parce qu'elle même a voulu opérer le virage vers le centre c'est plus gênant quand elle est castriste oui c'est vrai que ce n'est pas un argument

29:49
Intervenant

c'est moins gênant si Martine Aubry se mettait à soutenir Emmanuel Mme Macron ce qui même en rêve n'arrivera jamais

29:56
Présentateur

ça ça paraît non elle avait dit souvenez-vous ras-le-bol ras-le-bol de Macron Emmanuel Macron sera donc le grand absent de cette primaire mais il hante cette élection pas un jour sans un nouveau soutien ou une nouvelle une de magazine l'ancien ministre de l'économie est l'obsession des socialistes et certains d'entre eux n'hésitent plus à le rejoindre Yacine Millie et Oanen Guyen en ce début d'année Jean-Christophe Cambadélis avait rendez-vous avec les journalistes pour les traditionnels voeux à la presse des voeux teintés d'amertume car 2017 démarre avec une épine dans le pied de la gauche Emmanuel Macron et pour tenter de la déloger Jean-Christophe Cambadélis contre-attaque Monsieur Macron qui a fait une parcée remarquable

30:47
Intervenant

et remarquée au centre de l'échitier politique l'a fait sous le thème du ni droite ni gauche mais il indique par la même au pays qu'il n'a pas d'alliance majoritaire

31:00
Présentateur

ni à droite ni à gauche C'est devenu palpable au PS Macron fait peur à tel point que Solferino a pris des mesures radicales pour les prochaines législatives les candidats qui affichent leur soutien à Macron ont l'interdiction de porter l'étiquette PS le message est clair soit macroniste soit socialiste sur cette liste noire du PS figure entre autres le nom d'Arnaud Leroy ce député des français de l'étranger soutient Macron et il assume de toute façon pour lui le PS est déjà à bout de souffle moi je crois surtout qu'on est en train d'écrire une nouvelle page donc le PS est né en 71 sous sa forme actuelle il y a des cycles vous voyez dans le même cycle historique vous avez eu trois recompositions à droite entre le RPR l'UMP maintenant les républicains l'UDF qui est devenu l'UDI sans passer par l'ensemble des petites composantes centristes donc on voit très bien que rien n'est figé dans la carte des partis au niveau français le PS annonçait depuis un certain temps chercher un mode de dépassement moi je crois que c'est nous qui le proposons aujourd'hui avec En Marche Emmanuel Macron attire de plus en plus de regards y compris ceux de quelques figures emblématiques du PS comme Ségolène Royal la ministre de l'environnement aime beaucoup le jeune candidat d'En Marche et ça se voit de plus en plus si en coulisses elle l'aurait reçu pour lui donner quelques conseils en public elle reste plus prudente pas question d'annoncer son soutien tout de suite mais ces derniers jours elle a fait quelques pas de plus vers l'ancien ministre de l'économie

32:35
Intervenant

j'observe avec bienveillance ce qui est fait ce qui est dit parce que c'est quelqu'un qui est tourné vers le futur c'est qu'il essaye d'inventer le futur qui connaît bien aussi les enjeux de la mondialisation

32:47
Présentateur

Emmanuel Macron l'incontournable y compris dans la bouche de ses adversaires la primaire de la gauche n'est pas encore terminée que certains candidats lui tentent déjà la main c'est le cas de Vincent Péillon et de Benoît Hamon

33:00
Intervenant

si le 29 janvier je suis choisi et si les électeurs de gauche me font l'honneur de me choisir comme leur candidat la première chose que je ferai ce sera de proposer Emmanuel Macron Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot que nous nous rencontrions séparément sans doute au départ mais pour voir sur quelle base nous pourrons organiser le rassemblement de la gauche vous pourriez travailler avec lui je peux travailler avec tous ceux vous pourriez travailler avec vous je peux travailler avec tous ceux qui se mettront d'accord sur des idées sur des idées cessons cette France de petites phrases de postures personnelles d'incarnation

33:31
Présentateur

en choisissant de ne pas participer à la primaire de la gauche Emmanuel Macron semble avoir choisi une stratégie payante pour l'instant avec plus de 20% des intentions de vote certains sondages le qualifient même dès aujourd'hui pour le second tour de l'élection présidentielle face à François Fillon ouais c'est vrai que ça ça a quand même fait du bruit ce sondage Elab qui met pour la première fois Macron au deuxième tour alors c'est en cas de victoire d'Arnaud non mais on va tout dire on va tout dire on va tout dire en cas de victoire de Montebourg à la primaire si Bayrou si Bayrou n'est pas regardez c'est très bien très bien expliqué en effet dans ce tableau il est quand même à 24% Fillon à 26 Marine Le Pen à 22% c'est pas rien

34:20
Intervenant

24% Yves Tréa non c'est ce qui fait je pense l'étonnement de tous les observateurs politiques c'est que quelqu'un qui était inconnu quelqu'un qui n'a pas de parti quelqu'un qui n'est pas ni de gauche ni de droite parce que c'est une fausse et d'ailleurs à mon avis il s'est trompé il est et de droite et de gauche et c'est ça qui en fait l'intérêt d'ailleurs pour ceux qui cherchent il a une solidité parce qu'on le compare alors je sais pas on a dû le comparer à une vingtaine de personnes à GJSS à Le Canoet à Giscard d'Estaing il faut arrêter je pense que c'est ces comparaisons à Kennedy enfin bon il faut arrêter tout ça le Kennedy français je crois qu'il a une singularité c'est qu'il arrive dans un paysage politique où il y a énormément de français qui se sont détournés depuis longtemps de la politique et que ceux-là et c'était assez visible je crois à la porte de Versailles quand il a fait son discours ceux-là reviennent à la politique avec Macron c'est-à-dire tous ceux qui s'abstenaient qui se désintéressaient du discours se disent il y a un type qui nous dit il nous dit pas je je je je il nous dit vous c'est vous qui décidez c'était tout le rythme de son discours de la porte de Versailles et ça ça les interpelle si vous me permettez cette expression

35:32
Présentateur

question SMS il aura les 500 parrainages nous demande cet internaute il n'a pas l'air d'être inquiet ça sera une formalité vraiment à ce point-là oui enfin je pense c'est ce qu'ils disent au moment de mettre le bulletin dans l'urne certains certaines de ces personnes que vous citiez à l'instant ces gens qui n'étaient plus intéressés par la politique vont pas avoir un petit doute quand même de donner leur voix à quelqu'un qui n'a jamais été élu qui a été ministre pendant 88 ans c'est encore fragile

36:03
Intervenant

c'est encore fragile Marc Hazard c'est encore fragile il défie toutes les lois de la science politique et de l'histoire politique de la 5ème République ça c'est clair et net on l'a rappelé il n'avait pas de parti il n'a pas d'expérience il est jeune enfin bon c'est quelque chose de phénoménal de ce point de vue là bon mais le problème c'est de savoir s'il va véritablement cristalliser et surtout durer c'est long une campagne électorale et quand même il y a beaucoup de choses qui vont dépendre de ce qui va se passer le 22 et le 29 janvier si la participation est importante si Valls gagne si ses adversaires se rallient à lui évidemment Manuel Valls il peut y avoir

36:34
Présentateur

une dynamique

36:35
Intervenant

c'est ce qu'il espère je ne sais pas si ça se passera mais c'est clair que c'est le pari de Manuel Valls c'est d'engager une dynamique et d'essayer de s'attaquer à l'électorat de Macron ça sera difficile parce qu'on lui dira mais qu'est-ce que vous avez dit pendant 15 jours vous êtes reparti à gauche et il essaiera dire oui mais moi j'ai été Premier ministre j'ai l'expérience etc donc beaucoup de choses vont dépendre du résultat de la primaire du choix de François Bayrou et puis de la capacité politique de Macron parce que c'est long une campagne électorale alors il a c'est un homme qui a plein de capacités plein d'aptitudes etc mais c'est une première effectivement très dure pour lui donc attention il y a une sorte d'engouement pour le moment c'est vrai qu'il y a un contexte la bulle tient Nathalie Saint-Cric voilà moi je trouve que c'est un peu gonflé la bulle parce que la bulle c'est sympathique mais enfin la bulle elle tient le coup pour l'instant c'est vrai c'est une grosse bulle c'est une énorme bulle donc je pense qu'il faut arrêter d'employer le mot bulle après ce qui est évident c'est que du côté de chez Emmanuel Macron ce qu'on espère c'est un une primaire très peu suivie c'est en gros un million un million d'eux c'est un genre de truc qui n'intéresse personne et qui conseille éventuellement gagner ça serait le rêve pour lui par Benoît Hamon ou par Arnaud Montebourg c'est une espèce de repoussoir d'opposition à ce moment là le calcul c'est que tout explose pour le coup et qu'il y a une partie des gens qui ne veulent pas de ça qui partent chez lui c'est-à-dire les valsistes en clair qui partent chez Macron et dans ce cas-là les autres qui vont du côté de Mélenchon et pour le coup on se retrouve à un chemin une voie un peu plus dégagée pour lui voilà après un million effectivement pour la primaire partie socialiste ça serait mais vous avez vu Jean-Christophe Cambadélis il dit un million cinq donc ils ont un objectif qui est quand même pas très très haut

38:04
Présentateur

à comparer aux quatre millions quatre millions et demi de la primaire droite ça veut dire en gros que les gens se foutent se moquent

38:09
Intervenant

pardon pardonnez cette grossièreté ça veut dire que si c'est un million un million cinq ça veut dire que les gens n'en ont rien à faire du PS et qu'ils l'ont déjà enterré c'est vrai mais je pense qu'en plus pour ajouter à ce que dit Nathalie Saint-François à l'instant c'est qu'on se focalise un peu sur Macron et la gauche mais Macron c'est aussi Macron et la droite et l'autre histoire est intéressante elle est peut-être même plus intéressante d'une certaine manière je veux dire par là que je pense qu'il y aura un noyau dur si je peux dire comme ça de juppéistes ou de vieux de gaullistes de gens qui sont vraiment qui ne supportent pas Fillon qui ne supportent pas son programme son côté réacte tout ça et qui à tout prendre préféreront aller vers quelqu'un comme Macron parce que Macron il a une dynamique parce que tous ceux qui se présentent au sein du PS au sein de la primaire de la gauche leur dynamique elle est compliquée parce qu'effectivement il y a le bilan le bilan de celui qui ne vient pas le défendre c'est-à-dire Hollande mais enfin certains en sont tributaires c'est Valls d'autres qui ont toujours été contre ça mais qui vont essayer d'être un marqueur plus à gauche alors que Macron lui il a été dans ce gouvernement mais il a toujours dit les choses sur la déchéance de nationalité souvenez-vous quand il a dit mais c'est pas ça le problème principal c'est l'économie etc il a toujours eu cette petite voix singulière et je pense que c'est quelqu'un qui jusqu'à présent peut-être en fera-t-il et des fatales mais il n'a pas fait d'erreur dans son timing dans la manière dont il s'est exprimé d'abord l'économie puis sortant de l'économie etc donc voilà le PS a juste

39:30
Présentateur

une arme contre Macron c'est les investitures pour les législatives vous ne croyez pas que c'est important c'est vrai mais si vous voulez j'explique juste si un député socialiste soutient Emmanuel Macron il n'a plus l'investiture PS pour les prochaines législatives ça vous parle

39:48
Intervenant

non parce que à mon avis tout ça va être rebattu après c'est vraiment regardez les investitures à droite avaient été faites en fonction beaucoup de Sarkozy Sarkozy battu Fillon est en train de revoir oui il est en train de revoir tout ça là où ça va être intéressant aussi pour Macron parce qu'il ne faut pas oublier il y a les circonstances les circonstances à gauche à droite mais quand on va rentrer dans le dur du programme et contrairement à ce qu'on dit il ne dit pas rien Macron et là il est aussi il s'expose Macron quand il dit je vais retirer la gestion de l'assurance chômage au paritarisme et que je veux la faire récupérer par l'Etat mais attendez c'est pas rien quand on dit il veut casser la sécurité sociale Fillon mais là ce que dit Macron c'est une petite bombe je veux dire ça passe pas comme ça quand il dit Macron sur le cannabis c'est un gros débat ça aussi donc il y a aussi après il va falloir qu'il tienne le coup sur ses positions et que ses positions soient je dirais adoptées et acceptées par son électorat de droite et son électorat de gauche ça c'est pas simple oui je suis tout à fait d'accord ça sera plus difficile alors il a aussi un positionnement très intéressant parce qu'il va à contre-courant de l'opinion publique c'est sur les questions européennes il est très très pro-européen mais du coup ça peut plaire à tous ceux qui sont pro-européens mais actuellement c'est quand même une minorité de la population et bon alors ça ça va être à la fois un atout pour lui et un problème et puis il y a deux questions sur lesquelles il est encore très très faible et qui peuvent être déterminantes pour une campagne présidentielle c'est les questions internationales qui peuvent jouer on ne sait pas quelle crise internationale peut éventuellement arriver d'ici l'élection présidentielle et d'autre part sur les questions de sécurité et de terrorisme bah oui si jamais il y avait d'autres attentats d'ici l'élection présidentielle il a une faiblesse y compris son jeune âge son absence d'expérience peut peser contre lui et peut favoriser du coup à gauche une éventuelle candidature de Manuel Valls s'il emporte la primaire

41:47
Présentateur

bon tout le monde est d'accord il a eu raison de ne pas participer à la primaire on est allé c'est un cri

41:51
Intervenant

c'est évident

41:52
Présentateur

ça c'est évident

41:53
Intervenant

il a une cohérence pour le coup il considère que c'est la quintessence des vieux partis qui essaient de se rabou enfin de se battre pour se franchir l'avenir

42:00
Présentateur

et il pourra se réconcilier avec le PS c'est plutôt un légende un jour ou l'autre

42:05
Intervenant

mais c'est ceux qui iront à la soupe si ils gagnent ils viendront le voir enfin il y a la moitié du PS qui considérera que c'est l'avenir c'est pas à lui c'est pas qui lui ira à quatre pattes pour essayer de leur dire je suis désolé les mecs j'ai fait ce que j'aurais pas dû faire c'est simplement y compris pour les investitures législatives s'il y a un mouvement si la primaire à gauche se termine avec un candidat avec un million au moins et bien les députés socialistes ils iront se faire ils seront Macron compatibles et ils iront se faire investir par Macron pour législative imaginons que le candidat de la primaire de gauche quel qu'il soit ne se qualifie pas pour le deuxième tour mais que Macron lui se qualifie ça change tout à un moment donné les voix de Macron porteront

42:41
Présentateur

la fascination des médias ça continue je disais que deux magazines cette semaine deux hebdos font leur une sur Macron bon il fait vendre ça on le sait maintenant mais est-ce qu'au-delà de ça s'il fait vendre c'est qu'il intéresse c'est qu'il intrigue c'est quoi ? pourquoi ? est-ce que c'est parce qu'il est hors parti et donc hors système parce qu'il est jeune ?

43:03
Intervenant

on va dire la vérité aux téléspectateurs c'est parce qu'il exerce une certaine curiosité enfin il suscite une certaine curiosité chez nous nous on est journaliste politique enfin s'il ne faisait pas vendre il serait rare il ne serait pas vendre évidemment il y a une dimension de séduction pour nous il est neuf enfin je veux dire les autres on les fréquente depuis des années et des années lui il arrive avec un discours nouveau avec plutôt alors il a une force fabuleuse d'ailleurs en politique il y en a certains qui devraient prendre de la graine d'une certaine façon c'est qu'il sourit il sourit il n'est pas dans l'agression mais non mais il y en a beaucoup quand même qui sont bah notamment hier Manuel Valls il a mis du temps il a de se déscrisper il est du côté de Valls et donc mais en revanche ce qu'il faut dire c'est que les médias ne font pas les candidats ça c'est faux

43:48
Présentateur

on commence à entendre aussi

43:50
Intervenant

alors on peut dire c'est le candidat des médias Ségolène Royal on disait la même chose Ségolène Royal elle a perdu et d'ailleurs le mois de janvier a été déterminant le mois de janvier est souvent déterminant c'est là que tout se cristallise par janvier début février et l'intérêt médiatique ne signifie pas le vote pour bah voilà on peut être très intéressé à acheter les éclatateurs d'en vous parler se délecter de voir les photographies d'Emmanuel Macron et de son épouse et puis au moment de voter vous le disiez tout à l'heure de se dire attends quand même est-ce que c'est bon donc attention effectivement alors attention à Emmanuel Macron de ne pas donner l'impression de jouer la com à fond parce que ça aussi ça peut être un éclueil les gens considèrent qu'il y en a trop et que Paris Match 1, 2, 3 ça commence à bien faire et puis c'est vrai c'est qu'il faut dire on ne l'a pas essayé c'est-à-dire qu'on a tendance à le regarder comme s'il incarne une certaine fraîcheur et puis parce que c'est une personnalité romanesque c'est-à-dire tout ce qu'on peut savoir de son passé alors pas que pour nous pour les gens aussi que ce soit son histoire personnelle que ce soit quelqu'un qui joue du piano qui lit on n'est pas entouré de politiques qui lisent des livres enfin je veux dire j'ai le sentiment ça ne m'a pas frappé lui il fait de la musique il est au conservatoire il s'intéresse à des choses c'est une sorte de héros romantique alors je ne suis pas du tout en trance devant Emmanuel Macron mais c'est par rapport à un certain vous vous souvenez avec Bruno Le Maire tout le monde disait c'est génial il parle allemand il écoute de la musique on était absolument il a une dimension personnelle qui fait un mot parce que des gens comme Juppé ou comme Fabius ont toujours fait oublier qu'ils étaient normaliens qu'ils étaient des hommes cultivés surtout 4 mots de vocabulaire Laurent Fabius Emmanuel Macron lui est un homme effectivement de culture c'est un intellectuel c'est quelqu'un qui lit beaucoup qui écrit donc je pense que ça aussi ça fait partie de la dimension qu'on doit avoir si on veut diriger un intellectuel en France

45:31
Présentateur

revenons à Manuel Valls au PS Manuel Valls qui incarne avec d'autres concurrents de la primaire une génération Jospin ils étaient tous déjà là en 1997 Vincent Payon Benoît Hamon Arnaud Montebourg ils incarnaient une nouvelle vague et un front derrière Lionel Jospin mais depuis le 21 avril 2002 et la défaite de Jospin le PS n'a cessé de se fracturer Marie-Charlotte Duluc et Pierre de Horn

45:54
Intervenant

on les appelait les grands garçons les espoirs les enfants gâtés du socialisme 4 mousquetaires élevés dans la couveuse Lionel Jospin et qui très vite vont avoir des ambitions l'appareil du PS est occupé par ces gros animaux immobiles

46:21
Présentateur

qui bouchent l'horizon et qui se battent entre eux

46:24
Intervenant

biberonnés à la communication politique formés par le parti les trentenaires d'alors sont encore peu connus et font leur classe sous l'air Jospin en 1995 le président des jeunes socialistes Benoît Hamon joue les chauffeurs de salles pour la campagne présidentielle on contrôle plus il y a trop de monde

46:44
Présentateur

il y a trop de jeunes

46:46
Intervenant

il devient le conseiller jeunesse du patron du parti socialiste Manuel Valls lui découvre Matignon en 1997 et gère la communication du nouveau premier ministre Lionel Jospin nous allons d'ores et déjà commencer à nous organiser à prévoir les déplacements les affiches les slogans le matériel en direction de nos candidats à l'époque l'ambition de ces quatre dirigeants est évidente Arnaud Montebourg incarne la flamboyance de l'ambition c'est un personnage un peu balsacien Manuel Valls a des ambitions très affirmées il est là pour longtemps Benoît Hamon construit quelque chose de plus collectif il a des réseaux à la gauche du parti et Vincent Payon incarne une figure littéraire philosophe très bon communicant mais sur un autre registre que Valls il a beaucoup de fonds leurs espoirs leurs espoirs d'ascension sont balayés le soir du 21 avril 2002 Lionel Jospin fait ses adieux comme aucun fonds J'assume pleinement J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l'élection présidentielle Tout est à reconstruire pour cette nouvelle génération les ambitieux n'ont pas de temps à perdre Arnaud Montebourg Vincent Payon et Benoît Hamon réclament un vrai virage à gauche et lance le nouveau parti socialiste

48:22
Présentateur

Nous ne pouvons pas donner un petit coup de riz au lait en blanc sur la façade

48:27
Intervenant

car quelques poutres paraissent fragiles et bien voulues La guerre des égaux et les désaccords ont raison du NPS dissous seulement deux ans plus tard en 2005 Pour les présidentielles de 2007 les jeunes loups s'effacent derrière les éléphants Mais en 2011 plus question de laisser sa place Valls et Montebourg prennent la lumière sous les projecteurs des primaires de la gauche avant de rallier François Hollande C'est sa victoire qui rassemble enfin les quatre hommes sous les ors de la République Tous obtiennent un ministère C'est le temps de l'entente Jusqu'à ce coup d'éclat du ministre du redressement productif le plus expansif des quatre adressé au président

49:18
Présentateur

Bouteille de la cuvée du redressement au président

49:23
Intervenant

A la fin du quinquennat pas un seul n'est resté au gouvernement Mais en campagne pour les primaires un nom revient dans chaque discours On nous appelait les bébés Jospins en 97 quand on a été élu vous vous rendez compte il y a 20 ans C'est vrai que et en tout cas pour moi qui était très proche de lui j'ai énormément appris

49:42
Présentateur

à son contact et je crois d'ailleurs qu'il n'aurait pas été là je ne me serais pas engagé en politique

49:46
Intervenant

Le PS est dans une telle désespérance aujourd'hui qu'il se raccroche pour incarner un peu l'espoir à des expériences positives et globalement l'expérience Jospin est positive Une référence à double tranchant car s'il s'approprie l'héritage Jospin tous espèrent ne pas connaître le même sort un retrait brutal et subi de la vie politique

50:09
Présentateur

Marc Lazard a regardé très attentivement comme vous bien sûr ce reportage vous n'aimez pas cette thèse des bébés Jospin pourtant ils assument tous

50:20
Intervenant

ils reprennent tous l'héritage On cherche toujours des filiations mais je ne suis pas d'accord avec la formule génération Jospin Pourquoi ?

Je vais vous expliquer ça dépend d'abord ce qu'on entend par génération si génération c'est un phénomène lié à la date de naissance effectivement c'est des gens qui sont nés entre 1960 et 1967 le plus vieux c'est Payon 60 1962 pour Valls et Montebourg et 1967 pour Benoît Hamon donc c'est des gens qui sont arrivés en politique en responsabilité politique à la fin des années 80 début des années 90 alors ils ont croisé Jospin c'est vrai mais il n'y avait pas que Jospin il y avait Fabius aussi à l'époque et par exemple quand vous prenez les 4 Valls effectivement est très proche de Jospin il s'occupe de la communication Hamon va s'occuper va être aux côtés du premier secrétaire Jospin 95-97 des questions de jeunesse mais d'après moi son expérience la plus importante plus déterminante pour lui qu'on retrouve dans son programme c'est le fait qu'il était aux côtés de Martine Aubry et il a été au ministère de Martine Aubry Montebourg Vincent Payon est proche de Jospin mais en même temps tenu à l'écart sauf sur une question qui est la critique de Tony Blair à partir de 1997 parce qu'il a effectivement cette formation de philosophe et quant à Montebourg il ne faut jamais oublier l'affrontement qu'il a avec Jospin en 2001 puisque Montebourg propose de traduire en cours de haute justice le président Chirac pour différentes affaires liées au financement du RPR le financement occulte du RPR et d'autres questions sur Paris et que Lionel Jospin s'y oppose et à ce moment-là il y a une rupture entre Montebourg et Jospin

51:45
Présentateur

en tout cas ce qui nous intéressait aussi dans le rapport à Jospin c'est qu'on a le sentiment que c'est la dernière fois que la gauche a réussi à être à ce point unie non Eric Fautorino finalement il a la gauche plurielle toutes les familles étaient rassemblées bon jusqu'en 2002

51:59
Intervenant

c'est vrai mais alors là aussi il faut refaire un petit peu d'histoire c'est-à-dire qu'en 1995 on attend Jacques Delors Jacques Delors finalement dit qu'il n'y va pas et qui est le candidat naturel souvenez-vous enfin naturel qui ne l'est pas c'est Emmanuel Higu qui est patron du PS c'est finalement dans une primaire première vraie primaire au parti socialiste sort Jospin et effectivement 97 bon il perd la présidentielle mais enfin il fait un score quand même qui n'est pas si mauvais que ça et 97 il va devenir premier ministre et là il aura cette chance entre guillemets de pouvoir construire quelque chose pendant 5 ans avec la croissance donc effectivement cette gauche plurielle qui va exister là va lui permettre de se mettre sur une trajectoire présidentielle mais en même temps cette gauche il y avait beaucoup beaucoup aussi de contestations beaucoup de discussions alors même s'il a cette discussion est aussi propre à la gauche

52:44
Présentateur

je me tourne à nouveau vers vous Marc Lazard il y a toujours eu des courants dans ce parti il y a toujours eu comme ça des chapelles et ça marchait pourquoi maintenant ça marche plus

52:54
Intervenant

on a l'impression qu'ils ont décidé qu'ils pouvaient plus se réconcilier et que c'était fini c'est effectivement une question très intéressante parce qu'il n'y a plus un leader qui avait l'autorité à l'époque de François Mitterrand par exemple puisqu'on prend toujours cette référence bien sûr il a eu le grand défi Michel Rocard mais Michel Rocard a capitulé devant François Mitterrand et donc il y avait une forme entre guillemets de charisme de Mitterrand qui faisait que ces courants coexistaient avec beaucoup de batailles internes pour prendre des conflits oui on ne dit pas

53:19
Présentateur

que c'était simple

53:20
Intervenant

il y a une deuxième chose je pense qui joue de plus en plus c'est le fait que dorénavant la présidentialisation de la vie politique fait que c'est plus simplement des courants qui parfois s'affrontaient sur des vrais contenus parce que dans les années 70 l'affrontement entre Chevènement par exemple et Rocard il y avait du véritable contenu c'est à dire quel type de société quel type de rapport à l'état etc ça ça a disparu aujourd'hui c'est des écuries présidentielles et donc c'est surtout des batailles d'égo au sens de la personnalité et puis la troisième troisième élément fondamental c'est que aujourd'hui cette gauche en France comme ailleurs est effectivement dans une profonde crise stratégique identitaire sociologique organisationnelle et donc c'est une situation extraordinairement grave

53:59
Présentateur

question SMS qui a tué le PS alors on a c'est comme le Cluedo on a plusieurs suspects François Hollande Manuel Valls Emmanuel Macron ou les frondeurs Yves Tréard et peut-être François Mitterrand ah carrément

54:12
Intervenant

mais pourquoi pas on en ferait aussi loin bah oui écoutez le PS je suis désolé mais il y a eu l'expérience effectivement Jospin mais il a été socialiste le gouvernement Jospin pendant un an quand il a fait les 35 heures et comme d'ailleurs quand il y avait au pouvoir François Mitterrand ça a duré deux ans jusqu'en 1984 après justement c'était la période de l'argent roi tout ça la bourse vous prenez la période Hollande le socialisme à la Hollande le discours du Bourget il a été valable pendant 18 mois au vœu de 2014 c'est fini c'est le pacte de CICE c'est tout ça donc je dirais que le problème du socialisme en France alors on va revenir très loin en arrière et Marc Lazard est plus à même que moi de raconter ça mais on a toujours dit que le parti socialiste en France n'avait pas fait son Bad Godesberg de 1959 c'est à dire qu'il n'avait jamais si vous voulez fait ça ça mue pour être prêt à exercer le pouvoir et en fait le problème du parti socialiste français c'est que il se casse les dents il se fracasse contre le mur de l'exercice du pouvoir au bout de quelques mois de quelques années parce qu'il n'y a plus d'argent parce qu'il n'y a plus de voilà il est là le problème du socialisme et c'est pour ça que Manuel Valls d'ailleurs a mené la fronde quand il était ce qu'il était et qu'il a dit qu'il fallait davantage de pragmatisme de réalisme je crois que d'ailleurs dans le tournant de 2014 il n'y est pas pour rien dans le tournant de Hollande Manuel Valls et c'est pour ça aussi qu'Emmanuel Macron a très vite pris ses distances par rapport à la politique qui a été menée par le gouvernement

55:52
Présentateur

voici maintenant vos questions SMS et internet plutôt que de tuer le PS Macron ne veut-il pas reconstruire autre chose à partir des ruines de ce parti

56:07
Intervenant

probablement c'est ce que disait Yves c'est à dire qu'on peut très bien imaginer que Macron veut tuer le PS et ce PS c'est Gérard Filoche enfin en clair pour faire résumer où c'est une espèce de parti qui adore l'opposition qui trouve que c'est génial de promettre un tas de choses et de refuser la culture du gouvernement on va penser que Macron on va voir après ce qu'il propose parce qu'effectivement on n'a qu'un morceau de son programme mais si c'est une espèce de forme de parti social-démocrate moderne et tout effectivement il aura contribué à le tuer mais pour le recréer c'est ce que Valls veut faire aussi ils ne sont pas si éloignés idéologiquement tous les deux

56:38
Présentateur

sans le soutien d'un parti comment Macron peut-il avoir une majorité à l'Assemblée nationale Eric Fautorino alors d'abord

56:44
Intervenant

je crois que bien sûr il n'a pas de parti au sens formel au sens classique du terme enfin ces marcheurs ça commence à devenir assez dynamique et je pense que dans le moment présent on n'est pas en 1915 ou en 1981 en 2017 c'est peut-être mieux d'avoir des marcheurs en marche qu'un parti socialiste un peu encalminé après moi je pense vous savez il y a un réalisme terrible des politiques c'est qu'il aura des soutiens parce qu'il aura gagné et donc franchement je pense qu'il y aura ça je suis plus sceptique je suis plus sceptique excusez-moi parce que je pense tout dépendra s'il gagne ça serait d'abord un tremblement de terre politique imaginons qu'il gagne la présidentielle c'est un tremblement de terre politique c'est un effondrement tout bascule tout change et dans ce cas-là oui il peut obtenir une majorité parlementaire parce qu'il y aura tout simplement plein de gens de droite ou de gauche qui se rallieront et il donnera ses investitures mais s'il perd et là ça devient beaucoup plus compliqué dès les prochaines législatives et encore plus dans la durée ensuite pour son mouvement c'est vraiment quelque chose de beaucoup plus difficile c'est là où on revient on peut faire une comparaison et j'aime pas trop mais là j'en fais une quand même je me souviens qu'en 2007 François Bayrou avait cristallisé autour de lui un certain engouement de gens 18% 18% c'est considérable et je me souviens des gens habillés en t-shirt orange oui bien sûr et tout mais c'est parce qu'il n'a pas su l'entretenir François Bayrou parce que tout ça est parti à volo ce qui est intéressant aujourd'hui et moi j'ai regardé de près j'ai assisté comme observateur à tout ça tous les comités de quartier de gens qui soutiennent Macron qui n'ont jamais fait de politique qui salarié dans un supermarché qui d'autre attaché de banque enfin de tous les milieux vraiment de tous les milieux de tous les âges parce que c'est pas parce qu'il est jeune que les personnes plus âgées et ça c'est étonnant mais alors ça il faut pouvoir le faire vivre tout ça et le faire fructifier question

58:36
Présentateur

quelles seraient les premières mesures prises par Emmanuel Macron s'il était élu président c'est difficile de répondre à cette question

58:43
Intervenant

est-ce qu'il le sait lui-même n'est peut-être pas écoutez la première des choses qu'il devra faire c'est déjà de se constituer une majorité vous pouvez pas être président nommé un premier ministre nommé un premier ministre se constituer une majorité je vous rappellerai que alors encore une comparaison mais Valéry Giscard d'Estaing a beaucoup souffert quand il est arrivé c'était pas prévu enfin si après mais on sortait du gaullisme et il s'est retrouvé avec une chambre enfin une assemblée gaulliste et c'était compliqué donc là il faut déjà avoir une majorité assez stable et puis après il est obligé de s'attaquer à ces gros sujets et ces gros sujets c'est l'assurance chômage c'est ces sujets économiques principalement je crois il est en Allemagne ils vont tous en Allemagne ils répondent tous que la première chose à faire c'est d'aller en Allemagne ce qu'il a dit notamment sur faire se rapprocher le salaire brut du salaire c'est aussi c'était une image qui a quand même beaucoup parlé parce que ça joue sur à peu près 500 euros de plus de pouvoir d'achat je pense qu'il fera des choses très concrètes très simples d'une certaine manière

59:41
Présentateur

Emmanuel Macron est-il un vrai centriste qui ne veut pas se l'avouer Marc Lazard ?

59:45
Intervenant

je crois que alors là je pense que ça serait réducteur de le mettre dans cette catégorie du centrisme je crois que sa grande idée c'est qu'effectivement une certaine phase historique d'ailleurs pas simplement pour la France mais de l'ensemble des démocraties est en train d'être tournée une page est en train de se tourner et qu'il incarne quelque chose de nouveau qui est justement c'est ni gauche ni droite ou est gauche et droite et même au-delà du centre parce qu'au centre on pense justement à l'Ecanuet Beyrou et tant d'autres figures lui il pense à une nouvelle forme d'organisation de la politique et l'importance du numérique la manière dont effectivement ces comités sont structurés moi aussi j'ai beaucoup de témoignages en province en particulier c'est très très fort de comités qui s'organisent de gens qui font du porte-à-porte et en même temps de l'outil numérique il pense qu'il peut inventer une nouvelle forme de politique c'est peut-être une illusion ça s'écroulera peut-être mais en tout cas c'est une expérience et regarder les gens qui travaillent autour de lui moi je vois des jeunes étudiants même qui sont impliqués là-dedans c'est presque une autre génération il y a un changement générationnel et en particulier on a fait allusion tout à l'heure à Ségolène Royal parce qu'avec désir d'avenir elle avait compris déjà la première l'importance du numérique lui il est à fond là-dedans je crois qu'il est le premier qui a compris l'impact du numérique sur la politique

1:00:58
Présentateur

on parlait des centristes et de Beyrou à l'instant un accord avec Beyrou c'est de la science-fiction

1:01:04
Intervenant

François Beyrou considère que c'est Emmanuel Macron de venir le voir donc ils se sont vus ça s'est très mal passé parce que c'est Emmanuel Macron qui a dit à François Beyrou si tu veux me soutenir donc là je pense vu la façon de François Beyrou en le traitant de tous les noms en l'appelant le banquier Macron avec des phrases qu'on imagine il est en train de changer de ton je veux dire ils sont sur la même niche en gros et François Beyrou l'a parfaitement compris

1:01:24
Présentateur

comment Emmanuel Macron finance-t-il une campagne commencée très tôt et sans le soutien d'un parti il y a des dons

1:01:32
Intervenant

c'est des dons alors effectivement on l'a vu à New York on l'a vu à Londres il y a effectivement des dons individuels alors c'est 7500 euros voilà par personne

1:01:41
Présentateur

en quoi Emmanuel Macron se différencie-t-il de la droite ?

1:01:47
Intervenant

ah si alors je pense qu'il y a quand même quelques différences sur le plan économique il y a aussi des différences indéniables c'est à dire que c'est pas tout à fait le même libéralisme que celui de François Fillon je dirais que d'une certaine façon mais c'est compliqué mais l'état est quand même moins impliqué peut-être avec Macron qu'avec Fillon mais c'est sur les questions de société où là il est loin de François Fillon par exemple sur tout ce qui est probablement éducation on n'en sait pas encore beaucoup très important pour lui oui mais c'est très important effectivement pour tout ce qui est on parlait du cannabis même si je sais pas si c'est central mais enfin ça agitera nécessairement l'ordre d'Ernaud toutes ces questions-là il est le côté libertaire si vous voulez qui le différencie de Manuel Valls aussi qui le différencie de Manuel Valls et sur la laïcité si les questions d'identité de laïcité arrivaient à devenir prégnantes dans la campagne sur la laïcité il a une vision très économiste des choses et sur les valeurs sociétales c'est plus complexe

1:02:51
Présentateur

pourquoi les fonctionnaires se détournent-ils de plus en plus de la gauche Eric Fautorino ?

1:02:55
Intervenant

je pense que bon ça a été évidemment pour eux une soupe à la grimace depuis assez longtemps maintenant c'est-à-dire qu'effectivement ils étaient ceux qui étaient choyés par la gauche depuis toujours et puis on commence à rivaliser même si j'ai vu que Manuel Valls commençait maintenant quand même à reculer un peu en disant non on va créer des postes de fonctionnaires etc.

mais je pense c'est l'écho de la question que vous posez tout à l'heure c'est pourquoi le PS est mort c'est que je pense que les socialistes n'ont pas pensé l'État n'ont pas pensé la mondialisation n'ont pas pensé aujourd'hui le rôle de l'État et donc de la fonction publique dans une société moderne attention quand l'enquête de Luc Rouban à laquelle vous faites allusion du Sevipov de ma maison bien sûr montre attention c'est pas la catégorie globale des fonctionnaires excusez-moi de faire ce petit exercice de professeur mais c'est les catégories surtout C et D de la fonction publique c'est-à-dire les catégories les plus faibles modestes qui sont les plus modestes qui se sentent effectivement dans des situations extraordinairement difficiles qui se trouvent dans le Front National notamment et notamment alors police et armée largement c'est une partie de la fonction publique aussi et notamment la fonction publique hospitalière qui se retrouve dans des situations en contact de populations extraordinairement difficiles et notamment dans les quartiers les plus défavorisés et là il y a un processus de radicalisation excusez-moi encore une question

1:04:03
Présentateur

les battus de la primaire socialiste vont-ils se ranger derrière Macron ?

1:04:08
Intervenant

ça ça paraît pas tous je pense pas certains certains d'entre eux ben oui si Macron se qualifie et est en position de se qualifier ils iront ça paille

1:04:17
Présentateur

Hollande est-il le véritable faussoyeur du PS et Macron le récupérateur de ses électeurs je crois que

1:04:25
Intervenant

pour être honnête parce que Hollande il s'en prend évidemment plein la figure c'est que Hollande a essayé justement de faire évoluer ce PS mais il l'a pas dit ouvertement et son erreur c'est de ne pas avoir joué franc jeu voilà

1:04:36
Présentateur

la dernière question Manuel Valls fait-il la même erreur que Juppé en voulant rassembler trop tôt ?

1:04:42
Intervenant

non il fait pas la même erreur que Juppé il fait la stratégie inverse de celle de Juppé Juppé parlait à la terre entière il ne parlait pas à la droite Manuel Valls parlait à la gauche alors avec les dangers qu'on a évoqués sur le brouillage d'images

1:04:53
Présentateur

merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C dans l'air dans un instant Anne-Sophie Lapix pour C'est à vous ce soir la Rodif est à 22h40 on se retrouve demain en direct à 17h45 pour le C dans l'air du samedi très bonne soirée sur France 5 d'autres

1:05:09
Locuteur

je suis très bons et à l'air du cancer et même à l'air du sol je sais ça qui va à l'air du sud