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interviewC à vous· 22 mai 2026 52 min

Gabriel Attal se lance dans la course à l’Elysée - C à Vous l’intégrale - 22/05/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

de se retrouver à l'apéro. - M.Bouhafsi: Bienvenue.

On est ensemble en direct pour toute l'actualité de ce vendredi 22 mai avec Eglantine, Amandine, Yael et Paul. A la une, un candidat de plus dans la course à l'Elysée et un socle central fragilisé. - G.Attal: J'aime profondément les Français.

J'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République. Applaudissements. - M.Bouhafsi: Au menu de votre édito? - Y.Goosz: Un homme pressé.

G.Attal rêve de l'Elysée. Il montre qu'il en a envie, qu'il a faim.

Pour faire quoi? Une bonne communication suffit-elle à faire une bonne campagne? - M.Bouhafsi: On en parle avec F.Dabi et T.Denis. - A.Bégot: Une rixe impliquant des supporters de l'OGC Nice, c'était hier soir en marge de la finale de la Coupe de France. 65 personnes ont été interpellées. - M.Bouhafsi: Une prise de parole attendue ce matin, celle de F.Flament, qui accuse P.Bruel. - F.Flament: Vous imaginez, pour une victime mineure, de s'entendre dire qu'elle était consentante au drame qu'elle a subi, qui a piétiné et ravagé son adolescence? - M.Bouhafsi: La cheffe du service enquête de "Libération", C.Chaffanjon, a enquêté sur le côté obscur de P.Bruel.

Paul, vous revenez sur la fin d'une émission mythique aux Etats-Unis. - P.Larrouturou: S.Colbert a été contraint de rendre l'antenne, hier soir.

On a regardé pour vous son dernier late show. - M.Bouhafsi: Eglantine, ça a un lien avec nos tenues.

On va parler météo? - E.Eméyé: Avec le week-end qui s'annonce, avec de fortes chaleurs, on devrait battre des records partout en France, et la météo ne cesse de nous interroger.

On en parle avec S.Thomas. - M.Bouhafsi: L'événement, toujours, dans "C à vous", c'est à 20h avec la reine A.-E.Lemoine et toute l'équipe.

On file sur la Croisette retrouver Babeth avec un casting de rêve, encore une fois. - A.-E.Lemoine: Salut, Mohamed!

Merci. N'en jetez plus. J'aime bien que vous m'appeliez la "queen".

C'est la dernière de "C à vous" à Cannes. On a vu L.Bekhti, M.Bellucci...

Elle s'apprête à monter les marches à la veille de la clôture de ce 79e Festival de Cannes. Jusqu'au bout, il nous fait rêver avec un tapis rouge ultra glamour. G.Anderson, la star de "X-Files", et E.Longoria, qui sera tout à l'heure sur notre plateau.

Elle ne loupe jamais un Festival depuis 21 ans ni jamais une seule émission ici à Cannes. On en est très heureux. Elle est très fidèle à "C à vous".

Elle sera là à partir de 20h. - M.Bouhafsi: On est pressés de vous retrouver avec toute l'équipe autour de vous.

L'heure et le lieu n'avaient pas été choisis par hasard. Quelques minutes après l'ouverture des JT de 13h, G.Attal a annoncé sa candidature à la présidentielle depuis l'Aveyron. - C'est officiel.

L'ancien Premier ministre... - G.Attal vient d'officialiser sa candidature à la présidentielle de 2027 lors d'un déplacement. - Il a choisi l'Aveyron pour se déclarer.

C'est tout sauf un hasard. - Il va partager un banquet, aligot-saucisse au menu. Il ne va pas se contenter d'un discours derrière un pupitre. - Une mise en scène un peu préparée. - Un décor de carte postale, de la France d'autrefois. "La Marseillaise". - Une "Marseillaise" pour clôturer cette déclaration de candidature.

On s'y attendait. - C'était un secret de polichinelle. - La campagne est officiellement partie. - M.Bouhafsi: Le directeur de la rédaction de "Valeurs actuelles" et le directeur général de l'Ifop sont nos invités.

Bonsoir et merci à tous les 2 d'avoir accepté notre invitation. Tout de suite, l'édito de Y.Goosz.

Et un de plus lancé dans la course à la présidentielle. G.Attal a officialisé sa candidature qu'il prépare depuis des mois.

Un lièvre lancé à toute allure, concurrencé par E.Philippe, dont la victoire est loin d'être assurée. - Y.Goosz: Tout est méthodique chez G.Attal.

La politique en mode "Guerre des étoiles". Il collectionne les figurines de "Star Wars". Il s'identifie à Luke Skywalker, le héros, fils de Dark Vador, passé du côté obscur.

Toute ressemblance avec la vie politique française et la brouille avec E.Macron est fortuite. Méthodique, G.Attal.

Il garde le mouvement. Le 23 avril, il sort son livre "En homme libre". Le 16 mai, vous avez un appel de 500 élus locaux à sa candidature.

Le 30 mai, premier grand meeting à Paris, Porte de Versailles. Juste avant, c'était aujourd'hui, la déclaration de candidature et de son amour pour la France. - G.Attal: J'aime son histoire, sa culture, son agriculture, ses paysages.

J'aime son génie. Je me dis qu'on a décidément le plus beau pays du monde. - Y.Goosz: Pour les connaisseurs, peut-être avez-vous repéré la place du Mur-de-Barrez, petit village de l'Aveyron, à 50 km d'Aurillac. - M.Bouhafsi: Pour montrer que sa candidature vient du plus profond des territoires? - Y.Goosz: Une communication calquée sur le modèle chiraquien.

C'était le maire De Mur-de-Barrez qui a demandé à G.Attal s'il était candidat. C'était tout sauf spontané.

La maire d'Avignon avait posé la question à J.Chirac, à l'époque. - J.Chirac va-t-il déclarer sa candidature?

Rires. - J.Chirac: Vous m'avez posé une question directe et franche.

Eh bien, j'y répondrai dans le même esprit. Oui, je suis candidat. Acclamations. - Y.Goosz: Vous voyez la vieille ville d'Avignon, derrière.

Ce n'est pas la première fois que G.Attal tente de corriger une image trop parisienne. Début 2024, quand il est Premier ministre, il s'invite sur le piquet de grève des agriculteurs qui bloquent l'A64. - M.Bouhafsi: Pourquoi il accélère autant? - Y.Goosz: Opération commando pour rattraper E.Philippe dans les sondages et espérer le doubler cet automne, avec une comparaison assumée par son équipe de campagne.

La référence, c'est la présidentielle 1995. E.Balladur, favori de l'époque, serait E.Philippe.

G.Attal serait J.Chirac: le challenger puis vainqueur.

Trop de com tue la com. G.Attal a les qualités et les défauts d'un homme pressé.

Carte au PS en 2007. LREM en 2017. Il a été porte-parole du gouvernement en 2020, puis ministre du Budget, puis de l'Education nationale avec le choc des savoirs et l'interdiction de l'abaya, puis Matignon pour presque 8 mois en 2024. - G.Attal: Il faut revenir à un principe clair: tu casses, tu répares.

Tu salis, tu nettoies. Tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter! - Y.Goosz: Du Sarkozy dans le style.

Quelle est sa véritable colonne vertébrale? Entre travail le 1er-Mai, l'interdiction du voile pour les mineures, la GPA légalisée et critique du droit international, où habite-t-il réellement? Il veut se démacroniser en continuant à faire l'essuie-glace, quitte à susciter la méfiance.

On n'est plus en 1995 quand le FN faisait 15 %. Et si cette guerre des étoiles avec E.Philippe et B.Retailleau dure trop longtemps, le boulevard qui s'ouvre pour une finale entre le RN et LFI est immense. - M.Bouhafsi: Bonsoir, T.Denis et F.Dabi.

Il n'y avait pas vraiment de suspense. Il a présenté sa candidature. Il l'a officialisée.

Ca va réellement créer quelque chose dans l'opinion? - F.Dabi: Dans l'opinion, je ne pense pas.

Essayons de trouver une candidature à la présidentielle récente qui a été une vraie surprise. Rappelez-vous F.Mitterrand.

Ca va permettre de lancer son match à distance avec E.Philippe, de mobiliser ses soutiens. Ca lui permet une double distinction: par rapport à E.Macron...

De par sa jeunesse, on a tendance à l'associer à E.Macron. On dit qu'il ne connaît pas les Français, ne les comprend pas.

Il veut aussi se distancer par rapport à E.Philippe. Pour l'instant, l'avantage est à E.Philippe, mais on est dans une présidentielle inédite.

C'est le renouvellement. C'est normal qu'il y ait une offre électorale très forte. Maintenant, il y a le traumatisme de beaucoup d'électeurs, notamment du bloc central: la division ajoute à la division.

On arrive à un second tour mortifère pour ce public: Mélenchon-Bardella ou Mélenchon-Le Pen. - M.Bouhafsi: Trop de com Tue la com, disait Y.Goosz.

Une prise de parole en plein air, en Aveyron, avec un banquet et, au menu, de l'aligot-saucisse. G.Attal devait envoyer tous les signaux pour montrer qu'il n'était pas parisien? - T.Denis: Depuis le début de sa carrière, il fait exprès de faire oublier d'où il vient.

Ca peut être un inconvénient pour lui. Il est très parisien, très jeune. Il a été biberonné au PS.

Il a fait du cabinet ministériel très tôt. Il y a un côté apparatchik parachuté, enfant gâté de la politique. Il n'empêche qu'il a énormément de talent.

On ne devient pas Premier ministre et candidat à la présidentielle par hasard. De mon prisme, il m'amuse. Il ne peut pas s'empêcher de trianguler quand même avec la droite.

Quand il est devenu Premier ministre, mon journal, "Valeurs actuelles", qui n'est pas soupçonnable d'être macroniste ou de gauche...

Il sait envoyer les signaux. On finit par tomber dans les pièges. Vous avez remis l'image de son intervention à l'Assemblée, "tu casses, tu répares..." Il entretient de bonnes relations avec V.Bolloré.

Il a des conseillers qui connaissent l'ethos des électeurs de droite. Le choix du lieu de lancement de sa candidature prouve qu'il sait bien travailler les abdos profonds de la France. - M.Bouhafsi: Quand on parle de colonne vertébrale, vous donnez d'autres éléments pour dire qu'il n'a pas forcément de colonne vertébrale? - T.Denis: Il a un énorme sens tactique.

Il a de la culture générale. Je ne suis pas sûr qu'il s'appuie sur une conviction née de tel ou tel choix dogmatique. Il s'adapte un peu à la situation.

C'est pour ça qu'il sait aussi parler à la droite, même si ce n'est pas son territoire d'origine. - F.Dabi: Il y a aussi un acte lourd.

Il y a eu deux moments très forts à l'Education nationale: l'abaya et le harcèlement scolaire. Ca lui assure une popularité plus forte à droite qu'à gauche, pour l'abaya. Ce n'est pas anodin.

Il a pris des décisions d'élu local. Il a "secoué le mammouth", si je puis dire. Ca a beaucoup plu aux Français, à droite.

Il n'a peut-être pas de colonne vertébrale, mais il y a une méthode. On l'a vu dans son discours de politique générale. Il y a un constat et une action. - A.Bégot: La dissolution a précipité son départ de Matignon. - F.Dabi: Ca lui a permis de rompre avec E.Macron moins brutalement qu'avec E.Philippe.

E.Philippe a rompu en juillet 2020, quand G.Attal a été nommé à Matignon.

Ca rappelle Fabius avec Mitterrand. De plus en plus, il crée la distinction, notamment avec cette entrée en campagne qui n'est pas une entrée macronienne. On n'est pas dans la start-up nation. - M.Bouhafsi: Dans le classement des personnalités politiques que réalise l'Ifop cette semaine, E.Philippe est 3e et G.Attal 9e.

Le match s'installe mais il a encore du chemin à faire, G.Attal? Vous évoquez votre relation avec E.Philippe dans votre livre. - T.Denis: Il y a une scène sur G.Attal. - M.Bouhafsi: Il a encore du chemin à faire? - T.Denis: Je dis que c'est mon pote de gauche.

Ce qui me frappe chez G.Attal, et c'est pour ça qu'il essaie de se vieillir, comme avec son lancement de candidature et dans bien d'autres domaines...

Il a l'inconvénient de son âge. Je raconte une scène dans le livre où je suis à une fête d'anniversaire d'un de ses conseillers. Il y a beaucoup de monde.

G.Attal arrive en retard, vers minuit. C'est un peu bizarre parce que c'est privé.

Des personnes applaudissent comme si c'était un homme politique. Au fil de la soirée, c'est un invité comme un autre. Ca veut dire qu'il n'est pas obsédé par le fait d'intimider tout le monde.

Après, je me dis que Mitterrand qui arrive dans une fête d'anniversaire, c'est un peu un personnage au milieu de tout ça. Je ne sais pas, dans quelle mesure, dans une campagne présidentielle, avec le niveau d'exigence que ça impose, comment G.Attal pourra élever son niveau de jeu. - F.Dabi: Il suscite une proximité identificatoire.

C'est le gendre idéal. Il y a un gap gender, une différence femme-homme. C'est l'une des personnalités les plus populaires chez les femmes.

Côté gendre idéal, la question de l'école, cette proximité...

C'est plus compliqué du côté des hommes. Il y a peut-être un déficit de présidentialité. Il ne suscite pas l'admiration que pouvait susciter Mitterrand, ou même E.Philippe.

Une présidentielle comme celle de 95 ou 2007, c'est quoi? Une présidentielle de renouvellement. Il faut être en opposition avec le "canard boiteux" qui va quitter l'Elysée, si je puis dire.

Du point de vue de l'image, ils sont très différents... - M.Bouhafsi: En clair, il faut se démarquer d'E.Macron sans perdre les macronistes qui sont importants dans le vote? - F.Dabi: J'allais parler de magot électoral.

C'est vrai que sa difficulté, c'est de ne pas trop transgresser. "Qui t'a fait roi? Qui t'a fait Premier ministre?

Qui t'a fait entrer en politique?" E.Philippe est maintenant élu local.

Il a fait son chemin depuis 2020. Il est dans la position de Jospin en 95. N.Sarkozy avait réussi pleinement.

Il était dans le gouvernement Chirac jusqu'à 4 ou 5 semaines avant le premier tour. C'est ce défi que doivent relever G.Attal et E.Philippe. - Y.Goosz: Beaucoup bouderont le meeting de G.Attal le 30 mai parce que pour eux, ce n'est pas le moment de trancher les choses entre E.Philippe et G.Attal.

Il y a une prudence d'une grande partie des élus macronistes. - T.Denis: Il y a eu ce mouvement tactique très risqué d'appeler à la destitution d'E.Macron.

Ca a été vu comme un énorme signe d'ingratitude. Ca peut lui être reconnu par des électeurs en quête de rupture...

Vous avez évoqué le lièvre et la tortue, et je pense que c'est ça. - M.Bouhafsi: Votre livre "La Cendre et le Feu" est publié chez Robert Laffont.

E.Philippe est-il toujours de droite? - T.Denis: Je suis parti du principe que ce n'était pas un livre d'analyse politique.

Ce que j'ai cherché à faire, avec les personnages publics et les personnages privés, c'est chercher leur ethos, leur manière d'être au monde, leurs lectures, leurs rapports avec leurs copains, leurs interconnexions...

Je crois qu'E.Philippe avait sa place dans ce récit, au même titre que F.Fillon, M.Le Pen qui ne se déclare pas de droite... - M.Bouhafsi: Elle dit qu'elle n'est pas de droite. - T.Denis: Dans l'imaginaire collectif, on peut penser que M.Le Pen est très à droite...

J'ai voulu sortir de l'analyse politologique et révéler la droite par ses paysages, ses moments privés, par les amitiés qui peuvent naître...

Dans le passage sur E.Philippe, on voit qu'il y a cette espèce de territoire d'origine compatible avec un livre sur la droite. Etre de droite, c'est être un peu fidèle à une culture, une mémoire et partager quelques stigmates.

Je ne veux pas passer pour quelqu'un fan des postures victimaires, je ne voulais pas faire un livre de combat, mais je voulais quand même faire un livre de réparation. Il y a un peu de droitophobie en France. Quand on vient d'une famille de droite conservatrice ou qu'on travaille à "Valeurs actuelles", on est souvent caricaturé.

On a l'impression d'être une anomalie dans la France d'aujourd'hui alors qu'il y a plein de choses épiques racontées sur cette droite. Ca ne veut pas dire qu'on est obligé d'y adhérer. Je voulais raconter le parvis des églises, de la manière dont F.Fillon éduque ses enfants, la manière dont on était perçu au collège, les livres qu'on lisait, les musiques qu'on écoutait, les vêtements qu'on portait...

Ca explique autant la droite qu'une analyse très R.Aron, assez classique. J'ai voulu faire une espèce de peinture, modestement, de la droite contemporaine. - F.Dabi: La droitophobie...

Ca fait 10 ans que la gauche ne dépasse pas les 30 %...

C'est un sujet Clivé. Le clivage gauche-droite s'est effondré. La gauche et la droite se sont énormément rapprochées.

Il y a une crise du résultat. C'est pour ça que la présidentielle est attendue avec beaucoup d'impatience par les Français, pour remettre le pays à l'endroit et sortir de la crise. C'est aussi l'idée que la gauche et la droite sont des concepts dépassés pour énormément de Français. - E.Eméyé: M.Le Pen s'est exprimée ce matin sur BFM et RMC.

Elle a répété qu'il n'y avait pas l'ombre d'une différence entre ses idées et celles de J.Bardella. - M.Le Pen: Nous avons les mêmes objectifs, le même projet.

Nous en discutons. Je sens que ça plairait à certains qu'on ait des différences considérables. On n'en a pas.

Si je suis candidate, il sera mon Premier ministre. Vous imaginez bien qu'il est mieux que nous ayons les mêmes convictions. - E.Eméyé: Selon vous, les Français font la différence, perçoivent des différences? - T.Denis: Il y a quand même une existence tellement différente entre l'un et l'autre...

M.Le Pen, c'est la vie la plus cabossée de la Ve République. C'est un drame toutes les 18,5 secondes dans son existence.

J'ai beaucoup de considération pour ce personnage. Nonobstant son programme économique avec lequel je peux diverger ou tout un tas de choses...

En revanche, c'est un personnage énorme. Dans le cadre d'une présidentielle, ça lui donne un avantage, au moins dans une campagne de premier tour. De l'autre côté, il y a J.Bardella qui a compris, peut-être plus que M.Le Pen, qui est un peu moins sur la défensive vis-à-vis de la droite conventionnelle, que ce soit la droite du patronat, une droite sociologique, un peu bourgeoise...

Il comprend un peu plus les codes et fait un peu plus de pas vers elle. Il pourrait élargir le socle de l'électorat du RN. - M.Bouhafsi: E.Philippe sera l'invité exceptionnel de "C à vous" demain à 19h.

Je rappelle votre livre, "La Cendre et le Feu". Pour tout savoir, avec votre prisme...

C'est aux éditions Robert Laffont. Votre livre, F.Dabi, "L'Echarpe et les Tempêtes".

Un témoignage bouleversant ce matin, une prise de parole attendue. Une semaine après avoir révélé qu'elle avait déposé plainte pour viol contre P.Bruel, F.Flament s'est exprimée en direct pour la première fois sur RTL. - F.Flament: J'attendais ce moment depuis longtemps.

Je ne le redoutais pas. J'étais prête. Vous imaginez, pour une victime mineure, de s'entendre dire qu'elle était consentante au mal qu'on lui a fait, au drame qui a ravagé son adolescence?

Je n'ai jamais eu de relation sexuelle consentie avec P.Bruel. Quand une victime porte plainte, on fait tout pour la faire taire et la décrédibiliser. - T.Sotto: Il y en a d'autres? - F.Flament: L'heure viendra.

Je voudrais qu'on respecte le temps de la parole des victimes. Quand on a été victime une fois de viol, qui plus est quand on a 13 ans, on devient une proie. - M.Bouhafsi: Bonsoir, C.Chaffanjon.

Vous êtes cheffe du service enquête de "Libération". Vous sortez une grande enquête sur le côté obscur de P.Bruel.

Vous avez échangé avec certains de ses proches. F.Flament accuse P.Bruel de l'avoir violée en 1991 alors qu'il était au sommet de sa popularité et qu'elle avait seulement 16 ans.

Il conteste les faits en niant toute relation non consentie. Sa seule prise de parole est sur Instagram, pour le moment. C'est important pour F.Flament de contredire le récit de l'avocat de P.Bruel? - C.Chaffanjon: C'est important d'expliquer sa version à elle.

Elle s'est exprimée de manière très brève il y a une semaine pour mettre un nom sur une accusation portée dans Mediapart et sous un nom anonyme. Elle ne s'était jamais exprimée. Elle n'avait jamais vraiment donné sa version.

Depuis une semaine, on entend la ou les versions de P.Bruel par la voie de son avocat et par sa voix à lui sur Instagram. - M.Bouhafsi: Ce témoignage est dévastateur pour la défense de P.Bruel.

C'est une personnalité connue, appréciée des Français. Aujourd'hui, elle a une belle carrière. C'est ça qui est dévastateur? - C.Chaffanjon: P.Bruel est présumé innocent.

Maintenant, depuis 2019, parce que les premières accusations ont été portées en 2019 et les premières plaintes ont été déposées en 2019 aussi...

Plus d'une trentaine de femmes s'expriment, pas toutes anonymes. On peut constater que F.Flament, avec sa personnalité, sa popularité, le fait qu'elle est une pionnière dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en France...

Elle avait publié un livre en 2016 pour parler d'un viol qu'elle avait subi à 13 ans de la part du photographe D.Hamilton. Ca donne une dimension beaucoup plus grande et vaste à cette affaire.

On peut développer et déplorer que quand des femmes anonymes en parlent, ça ne prenne pas autant d'ampleur. Mais au moins, ça fait réagir P.Bruel, qui n'avait pas réagi. - M.Bouhafsi: Vous avez interrogé une dizaine d'amis et de proches de P.Bruel pour "Libération".

Ils ne croient pas à sa culpabilité? - C.Chaffanjon: Alors...

Par exemple, M.Valls, qui connaît très bien P.Bruel, dit qu'avec plus de 30 témoignages, il est difficile de dire que c'est faux.

C'est plus compliqué que "il ne croit pas en sa culpabilité". Tous disent qu'ils savaient que c'était un dragueur compulsif, un séducteur. J'ai beaucoup entendu "parfois lourd".

Tout le monde le savait. C'est la complexité de ces affaires. Ce n'est pas la 1re fois qu'on est face à une affaire où une personnalité connue et puissante et qu'on entend dire que tout le monde le savait: DSK, P.Poivre d'Arvor, G.Miller, et maintenant P.Bruel...

De ce point de vue, ils ne savaient pas... - M.Bouhafsi: La parole est libérée? - C.Chaffanjon: On savait qu'il forçait, qu'il s'y reprenait à plusieurs fois, qu'il frappait aux portes des chambres d'hôtel, qu'il ne fallait pas le laisser seul avec des femmes...

On ne prend pas ces dispositions pour quelqu'un qu'on trouve juste un peu lourd. - M.Bouhafsi: Certains propos dans "Elle" nous marquent.

A l'époque, ça ne choquait pas et aujourd'hui, ça choque? - C.Chaffanjon: Quand on relie les interviews de P.Bruel dans les années 90, ça dit quelque chose d'une époque où les hommes puissants et populaires... - M.Bouhafsi: Voici une phrase de P.Bruel. - C.Chaffanjon: Il rigole.

C'est un badinage. Ca ne provoque aucune réaction, à l'époque. En avril 94...

Selon le récit de F.Flament, elle a déjà été agressée. En 92, une autre jeune fille mineure...

Elle l'accuse aujourd'hui d'agression sexuelle dans Mediapart à l'US Open de tennis de New York...

Si on prend 30 ans d'archives d'interviews de P.Bruel et qu'on les met au regard des 30 ans d'accusations des femmes, c'est vertigineux. C'est un sentiment de toute-puissance absolue.

Quelque part, il est persuadé de s'être servi de ce qui lui revenait. - M.Bouhafsi: P.Bruel est présumé innocent.

Il réagit comment face à ces accusations qui s'accumulent? - C.Chaffanjon: Il n'y a pas que P.Bruel.

Son entourage a une façon de s'exprimer qui en dit très long. Je pense à une interview de J.-P.Enthoven dans "Le Figaro".

Il était très proche de P.Bruel. Il a dit: "Patrick adore les femmes.

Il les consomme." A l'époque, ça ne consomme rien. On ne consomme pas des femmes, mais des produits dans les supermarchés.

Ca, c'est un climat. - M.Bouhafsi: Comment il réagit à ces accusations? - C.Chaffanjon: Il dit qu'il est sidéré.

Il se plaint beaucoup auprès de ses proches d'être victime d'une tentative de mise à mort orchestrée par Mediapart, ce qui revient assez souvent...

On a beaucoup entendu qu'on voulait sa mise à mort. C'est toujours un peu la même chose. "On veut ma mort." A aucun moment!

C'est une absurdité totale. Il se sent victime. - A.Bégot: Une trentaine de femmes ont pris la parole dans les médias.

Une dizaine ont porté plainte à ce jour. D'après l'avocate d'une des plaignantes, c'est loin d'être terminé. - J'ai été récipiendaire d'énormément de témoignages, de demandes de dépôts de plainte.

Oui, des femmes ont pris attache avec moi et souhaitent déposer plainte. On travaille ensemble, non pas à une construction de plaintes, mais à la façon dont elles auraient la capacité et la force de déposer plainte. - A.Bégot: Vous qui avez enquêté sur le passé de P.Bruel, vous pensez qu'il y a encore beaucoup de victimes qui n'ont pas pris la parole? - C.Chaffanjon: Si on se réfère aux affaires passées, oui.

Surtout, en réalité, il y en a qui ont déjà pris la parole depuis une semaine. C'était pas pour dire qu'elles-mêmes ont été victimes...

Quand on voit ce que dit V.Bègue de ce qu'elle a pu voir dans les coulisses de Miss France, quand on voit ce que dit la chanteuse Myriam Abel ou une autre jeune chanteuse...

Des femmes commencent à parler à visage découvert pour dire qu'il y a d'autres victimes, qu'elles ont été témoins d'autres faits. F.Flament dit qu'elle a pu être confrontée à d'autres faits, pas forcément par P.Bruel...

Il est évident que ce n'est pas la fin de l'histoire. - M.Bouhafsi: Encore aujourd'hui, la parole des femmes qui osent s'exprimer est remise en cause.

La seule chose capable de changer des choses, c'est l'éducation? - C.Chaffanjon: Euh... - M.Bouhafsi: Et de les croire? - C.Chaffanjon: Malheureusement, c'est tellement ancré dans la société patriarcale dans laquelle nous vivons toujours, même si ça va beaucoup mieux, même si les choses avancent, même si MeToo, même si la libération de la parole des femmes...

On est très loin du but. - E.Eméyé: Les témoins ne disaient rien? - M.Bouhafsi: Tout le monde savait. - E.Eméyé: Il faut rééduquer toute la société! - C.Chaffanjon: C'est la question du "tout le monde savait".

C'est intéressant de lire ce que dit l'entourage de P.Bruel. Quand on dit qu'il "consomme" des femmes, que c'est un don juan, un séducteur de grand chemin...

Il y en a tellement que je m'arrête là. Ca, rien que ça, sans aller jusqu'à l'accusation d'agression sexuelle ou de viol, c'est un climat qui n'est plus possible. Ce climat permet aux hommes puissants de penser qu'ils ont l'autorisation de franchir certaines limites.

C'est factuel. Ca n'est pas une analyse éditorialisée. On n'a pas besoin d'aller jusqu'à l'agression sexuelle ou au viol pour être une femme confrontée à des hommes qui ont une forme de pouvoir.

Ca n'est pas que dans les milieux médiatique, politique ou artistique. C'est dans n'importe quelle entreprise ou sphère de la société. Pas besoin de ça pour savoir qu'il y a des abus à tous les endroits. - Y.Goosz: Un mot sur la carrière de P.Bruel.

Il fait toujours salle comble à Paris. Il prévoit plusieurs concerts, cet été et cet automne. Il est présumé innocent, donc il n'a aucune obligation d'annuler ses concerts.

Des voix politiques s'élèvent pour demander qu'il se mette en retrait le temps que l'affaire soit jugée. Voici ceux qui se sont exprimés. Il a déjà vendu 145 000 billets.

Il n'a aucune intention, lui qui est producteur de ses spectacles, d'annuler la moindre date. Vous le confirmez? - C.Chaffanjon: Ses dates sont maintenues.

Il est au théâtre jusqu'au 7 juin, Théâtre Edouard VII. Ses dates sont maintenues. Vous avez bien fait de préciser qu'il est producteur lui-même.

Ca change la donne. Au Canada, la société organisatrice a annulé les 3 concerts. Là, lui, c'est beaucoup plus compliqué.

C'est en son âme et conscience. Il y a une possibilité pour les maires d'annuler eux-mêmes... - M.Bouhafsi: Pour trouble à l'ordre public. - C.Chaffanjon: Mais il faut qu'il y ait un risque avéré de trouble à l'ordre public.

Ca doit passer par les préfets. C'est pas à l'ordre du jour pour l'instant. C'est quand même à lui...

Eux disent que sur les 145 000 billets...

On a travaillé sur le sujet. Des billets sont revendus sur Leboncoin. Pas énormément, une vingtaine.

La société de production de P.Bruel admet avoir reçu 6 mails de demande d'annulation. C'est pas ça qui le fera plier.

En revanche, la pression politique et d'éventuelles accusations... - M.Bouhafsi: Je rappelle que P.Bruel est présumé innocent.

Merci, C.Chaffanjon. - C.Chaffanjon: Merci. - M.Bouhafsi: Tout de suite, la Story de P.Larrouturou. - P.Larrouturou: La télévision américaine tourne une vraie page.

Après plus de 10 ans à la tête du late show, S.Colbert a présenté sa dernière émission sur CBS. La chaîne évoque officiellement des raisons économiques.

Beaucoup y voient autre chose. S.Colbert est l'un des visages les plus féroces de l'opposition à D.Trump. ... - P.Larrouturou: Il est encore en vie.

Cet arrêt interroge. L'annonce a été faite en juillet. S.Colbert avait accusé Paramount d'avoir versé un gros pot-de-vin à Trump.

Colbert a multiplié les invitations à toutes les stars anti-Trump. ... - P.Larrouturou: Trump a réagi avec ce message moqueur triomphal. ...

Dès la semaine dernière, Colbert avait invité D.Letterman. Symboliquement, ils avaient détruit des bouts du studio. - P.Larrouturou: Bouquet final.

Trump est dans un bras de fer avec de multiples late shows. Tous les animateurs concurrents sont venus soutenir Colbert hier soir dans ce sketch. - P.Larrouturou: Vous avez peut-être reconnu J.Kimmel, qui dit qu'il a été lui-même déprogrammé pendant 3 jours.

C'était après une remarque sur l'assassinat de l'influenceur C.Kirk. S.Colbert n'a pas cité une seule fois Trump.

Juste un petit message sur son maquillage orange. Vous vous souvenez peut-être du prétexte de son éviction. L'argent, ultime provocation...

Il diffuse des chanteurs extrêmement chers en droits d'auteur, que Mohamed m'a demandé de ne pas diffuser. Le rideau est tombé. Standing ovation.

Larmes dans le public. S.Colbert tire sa révérence. ... - M.Bouhafsi: C'est la classe.

Finir avec McCartney et B.Springsteen, c'est énorme. Tout de suite, le 5/5 d'A.Bégot.

D'abord, ces incidents hier soir à Paris en marge de la finale de Coupe de France entre Lens et Nice. - A.Bégot: Des violences impliquant des supporters de l'OGC Nice.

Il était 23h30 quand une centaine d'entre eux ont débarqué dans le quartier du canal Saint-Martin. Une violente rixe a éclaté quelques minutes plus tard pour une raison encore inconnue. Ce bar a été saccagé. - Ca commençait à rentrer, à se jeter des trucs.

Ils ont jeté les tables et les chaises. Il y a les impacts ici. Le restaurant était un peu encerclé.

J'étais là-bas avec d'autres clients. On avait une jeune fille qui était là pour son premier jour. La pauvre!

Elle est partie en pleurs. Je suis pas sûr qu'elle revienne. La vie continue.

Il fait beau. On peut pas passer à côté des belles journées qu'il y a. Il faut pas se laisser abattre. - A.Bégot: Selon la préfecture de police de Paris, ces supporters étaient là pour en découdre.

Des armes, des cagoules et des gants coqués ont été saisis. 6 personnes ont été blessées. - C'est lamentable, juste pour du sport.

On est dans un monde de plus en plus violent. - C'est dommage, parce que l'été revient. Ca gâche pas les autres jours.

Il faut pas avoir peur. C'était pas des gens de Paris. J'aime le foot. - Ce soir, je serai prudent avec mes couleurs lensoises.

Je ferai en sorte d'éviter les groupes adverses Pour pas qu'il y ait de souci. - A.Bégot: "Une honte pour l'image du football et du supportérisme", selon la ministre des Sports.

Le maire de Nice, E.Ciotti, dénonce un comportement inacceptable. La sécurité autour du Stade de France, où doit avoir lieu cette finale face à Lens, a été renforcée.

Pas moins de 2200 policiers et gendarmes sont mobilisés. Lens, où on a assisté à une autre ambiance. C'est toute une région qui s'apprête à donner de la voix pour soutenir son équipe. - C'est important pour nous de se retrouver.

Ca fait 28 ans qu'on attend cet événement. On veut en profiter un maximum. - Ca fait une semaine que je dors pas.

J'ai une grosse adrénaline. J'en peux plus! - C'est un événement incroyable.

Peut-être qu'on verra ça qu'une fois dans notre vie. On est sur des bons résultats. Peut-être que ça arrivera encore, mais c'est pas arrivé depuis de nombreuses années. - A.Bégot: A Lens, les pâtisseries ont revêtu les couleurs du club. - Un beau t-shirt du RC Lens.

Avec une bonne génoise, une bonne ganache au chocolat. - Miam miam! - Tout le peuple sait qu'on va la ramener.

Ca peut que nous porter chance. C'est bien que les commerçants se mobilisent autour de cette finale. - A.Bégot: Cette finale Lens-Nice sera dédiée au journaliste C.Gleizes, toujours détenu en Algérie.

Sa mère donnera le coup d'envoi. - C'est un immense honneur. 76 000 spectateurs.

Je pense qu'il y aura 3 millions de téléspectateurs. Ce geste symbolique aura, je pense, beaucoup de poids. - Je peux passer le message aux gardiens de la prison: laissez Christophe regarder ce match. - M.Bouhafsi: On pense tous à C.Gleizes.

Ce soir, victoire de Lens avec un but de F.Thauvin. Je prédis 2-1.

Les joueurs risquent d'avoir un peu chaud ce soir. - A.Bégot: 23 ou 24 degrés attendus au début du match au Stade de France.

Aujourd'hui, on a flirté avec les 30 degrés. De quoi donner des envies aux petit chanceux qui étaient sur la plage, comme dans l'Hérault. - On commençait à désespérer.

On a eu un hiver particulièrement pluvieux. - C'est la première de l'année à la plage. - Ca fait quoi? - Un petit bout de vacances. - A.Bégot: Partout, vous êtes très nombreux à avoir profité des terrasses.

Elles affichaient complet dans bon nombre d'endroits. - Ca fait du bien. On se croirait en Provence. - Il a le petit foulard, les lunettes de soleil, la crème solaire. - On a chaud, mais on est bien. - D'habitude, on boit un café, mais là, on a pris un coca et un ice-tea. - On est au frais, on est bien. - A.Bégot: Les clients au top.

Les commerçants aussi. - On a prévu quelque chose d'assez frais. Tomates farcies, crème à l'ail et à la ciboulette.

Avec les fortes chaleurs, il vaut mieux. Les gens vont avoir du mal à manger. - La pluie, le froid...

Il vaut mieux manger des fruits. - M.Bouhafsi: S.Thomas devrait arriver.

La température, il y en a certains à qui ça fait mal. C'est notamment le B9. - L'année dernière, pendant 2 jours, il a fallu rallumer le chauffage.

J'avais pris froid. Je ne parlais plus. - C'est plutôt inquiétant.

On a une fois du chaud, une fois du froid, du très chaud, très froid... - Ceux qui disent que le dérèglement climatique n'existe pas, ils sont fadas, comme on dit à Marseille. - M.Bouhafsi: Bonsoir, S.Thomas.

C'est inquiétant, ces températures? - S.Thomas: On va tous se dire la vérité.

Ca fait énormément de bien d'avoir du soleil et un peu de chaleur. Il y a quelques semaines, c'était limite la doudoune pour le week-end de l'Ascension. Ce qui est inquiétant, c'est sur la durée. - A.Bégot: On va détailler tout ça ensemble.

On a gagné plus de 10 degrés dans un certain nombre de régions. - S.Thomas: Parfois plus.

Imaginez comme un couvercle sur la France. Une cloche à fromage...

Vous avez l'Hexagone en dessous. On a de l'air qui arrive du sud. Le week-end de l'Ascension, il arrivait du nord.

Là, il arrive du sud, donc on a très chaud. Cet air reste bloqué sur le pays à cause de l'anticyclone. Ca s'auto-alimente.

La température augmente. On est 13 à 14 degrés au-dessus des normales, et c'est pas terminé. Ca va s'intensifier.

A priori, lundi, mardi et mercredi devraient être les 3 journées les plus chaudes de tous les mois de mai depuis le début des relevées. Des records mensuels...

On sera à plus de 30 degrés au niveau national. On ne peut pas encore tout à fait parler de canicule. Mais ce qui est inquiétant, c'est qu'on n'est pas loin des seuils de canicule, avec un mois d'avance.

On aura sans doute des vigilances jaunes. On n'est pas loin de la vague de chaleur. - A.Bégot: On pourrait battre des records. - S.Thomas: On a battu des records aujourd'hui dans le Sud-Ouest, en Bretagne, à La Roche-Sur-Yon, à Dinard, à Saint-Brieuc...

C'est des records mensuels. Il n'a jamais fait aussi chaud en mai qu'aujourd'hui. On va encore en battre demain en région parisienne, en Normandie...

La chaleur va se généraliser. - A.Bégot: Le plus inquiétant, c'est d'abord ce changement assez radical de temps et, surtout, que l'épisode va durer. - S.Thomas: C'est presque une nouvelle norme.

E.Philippe sera là demain. J'ai cette conviction que le climat va percuter la campagne présidentielle.

Cette anormalité qui devient la norme, ça interroge. C'est des choix structurels à prendre dans les décennies qui viennent. Ca va coûter extrêmement cher, si on fait rien, en vies humaines, mais pas que. - A.Bégot: Les Français en ont conscience? - F.Dabi: Ca a été un effondrement de la préoccupation climatique, pour 2 raisons.

Les Français disent que c'est foutu, qu'on ne peut rien faire. Les Français disent Qu'on fait déjà beaucoup d'efforts en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Ils veulent qu'on demande aux Américains ou aux Chinois de faire des efforts.

Il y a une prise de conscience, mais en termes d'action et de capacité à changer les choses...

Les politiques ne vont pas s'en emparer, à part les écologistes. - M.Bouhafsi: On parle des températures élevées.

On rappelle les conseils pour les plus fragiles. - S.Thomas: Il y a du soleil et on a perdu l'habitude.

Il a un mois d'avance. Il faut mettre de la crème solaire. J'ai pris un coup de soleil car je suis resté trop longtemps en terrasse.

Attention au risque d'hydrocution. On veut se rafraîchir dans un lac ou dans la mer. On a l'habitude.

Hydratez-vous, aérez votre logement la nuit. - Il fait 30 à 35 degrés au sol. La tuile monte entre 80 et 90 degrés.

Vers 13h, on arrête. Quand vous avez chaud, vous descendez. C'est facile de tomber, avec cette chaleur. - A.Bégot: Pour les gens qui travaillent dehors, des mesures sont prises.

Il va sans doute falloir revoir les normes à un moment? - S.Thomas: Sans doute, et s'adapter à ce qui se passe dans les pays du Sud.

Revoir les horaires de travail...

Là, on est en mai-juin. Il va faire très chaud dans les classes. Est-ce qu'il faut aménager aussi le rythme scolaire? - M.Bouhafsi: Vous vouliez réagir sur la neutralité carbone.

Ca passe aussi par l'éducation. - S.Thomas: Ce n'est pas perdu.

On fait beaucoup, plus que les autres. Dans une avalanche, il n'y a pas un flocon qui se sent responsable. Il faut être tous au taquet.

A partir du moment où on atteindra la neutralité carbone, en un an, le réchauffement se stabilise. C'est carrément à notre portée. On sait que ça coûtera moins cher de le faire que de pas le faire. - M.Bouhafsi: Merci.

Restez avec nous. Si vous êtes à Paris, ce week-end, une idée de sortie: la dernière oeuvre de JR. -A.Bégot: Il a transformé le Pont-Neuf en une immense caverne.

Pas moins de 800 personnes étaient nécessaires pour ériger des montagnes de 120 m de long, 20 m de large, jusqu'à 18 m de haut. - Comme on était dans le coin, on s'est dit qu'on allait aller la voir. - Une montagne en plein Paris.

Il faudrait peut-être un coup de froid et de la neige dessus. - On a l'impression de voir des sommets de montagne. Derrière, vous avez la tour Eiffel.

C'est merveilleux. - L'art a toujours une idée. C'est toujours intéressant de voir de nouvelles choses. - J'adore JR.

La voir de ce côté et de l'autre...

C'est chouette. - A.Bégot: On peut la voir de loin uniquement, pour l'instant.

Cette caverne ne sera accessible que du 6 au 28 juin. - M.Bouhafsi: Le député C.Alloncle dans le viseur de Y.Braun-Pivet. - A.Bégot: Elle annonce avoir saisi le déontologue de l'Assemblée après la publication de photos du député C.Alloncle, avec sa collaboratrice parlementaire, publiées par Paris Match et présentée comme sa compagne.

Y.Braun-Pivet demande des vérifications. Depuis 2017, la loi interdit à un député d'employer des membres de sa famille proche. - B.Morel: Dès le moment où vous n'êtes pas pacsé ou marié, vous pouvez avoir un jeu d'embauche.

Il peut y avoir un certain nombre de risques si la relation est avérée. A ce moment-là, l'embauche et ses conséquences en termes de demande de travail et d'avancement, ça peut donner lieu à des conflits d'intérêts qui peuvent tomber sous le coup de la loi. - A.Bégot: Rien d'illégal, répond C.Alloncle. "Nous ne sommes ni conjoints, ni concubins, ni mariés, ni pacsés." Il annonce qu'il va porter plainte contre le magazine.

Le déontologue de l'Assemblée nationale devrait rendre ses conclusions d'ici 15 jours. - M.Bouhafsi: Merci, A.Bégot.

Merci, T.Denis. "La Cendre et le Feu", c'est chez Robert Laffont.

Merci, F.Dabi. "L'Echarpe et les Tempêtes", c'est aux éditions de l'Aube.

S.Thomas, on vous retrouve tous les jours sur France Télévisions. C.Chaffanjon, on vous lit dans "Libération".

On file à Cannes. C'est le dernier soir sur la Croisette. Encore un casting de rêve! - A.-E.Lemoine: On clôture ce soir le Festival de Cannes avec une pluie d'invités.

E.Longoria, E.Lefébure, R.Kherici, T.Jolly, P.de Maere, les acteurs de "Coward"...

Ils ont enflammé la Croisette. Ils ont entamé un french cancan endiablé. Ils seront ce soir sur notre plateau avec leur réalisateur, un enfant chéri de Cannes, en lice pour la Palme d'or.

On se retrouve avec toute l'équipe.