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interviewAvec Édouard (Horizons)· 21 mai 2025 22 min

Édouard Philippe vous répond ! #FAQ

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Édouard Philippe

Bonjour, c'est Edouard. Depuis quelques jours, vous m'avez envoyé des questions. Alors maintenant, elles sont toutes là. Je vais essayer d'y répondre et c'est maintenant. Maxime, la qualité que vous appréciez le plus chez un adversaire politique ? Je vous dirais bien quand il est tenace, mais enfin bon, c'est quand même toujours un petit peu au problème. La qualité que j'apprécie le plus chez un adversaire politique, c'est le sens de l'intérêt général. Quand il a le sens de l'intérêt général, on peut ne pas être d'accord, mais quand même à la fin, il y a un sujet sur lequel on doit pouvoir réussir à trouver un chemin.

Quand en face de moi, il y a quelqu'un de sincère et quelqu'un qui essaie de servir l'intérêt général, ouais, je dois dire que c'est les adversaires que j'aime bien. Manon, quel conseil donneriez-vous à un jeune qui s'intéresse à la politique mais qui doute de sa légitimité ? Eh bien, je lui dirais Manon, ne doutez pas. Mais alors surtout, ne doutez absolument pas. Le principe de la démocratie, c'est un principe merveilleux, c'est que chaque citoyen a quelque chose à dire et que chaque citoyen a quelque chose à faire. Et il n'y en a pas qui sont plus légitimes que d'autres. Donc foncez. Foncez, foncez, foncez. EZ, je pense que c'est un pseudonyme. Pouvez-vous nous expliquer la dette ?

Comment la réduire sans taxer les Français ? La dette, c'est assez simple. Quand la France perçoit 100 euros d'impôt sur l'ensemble des Français, elle dépense 150. Et donc, comme elle ne les a pas, les 150, il faut qu'elle emprunte 50 auprès de banquiers, auprès de gens qui sont prêts à lui prêter de l'argent. Et comme chaque année, ça se reproduit, à la fin, on accumule, année après année, un paquet de dettes. Alors comment le réduire ? Vous avez deux façons. Vous avez ceux qui vous disent « Si on dépense 150, on n'a qu'à taxer 150. Comme ça, il n'y aura pas de dettes. Il suffit d'augmenter les impôts, grosso modo.

» Et puis il y a ceux comme moi qui disent « Si on taxe 100, l'idéal, ce serait quand même de dépenser 100. » Et donc de réduire la dépense publique. C'est difficile parce que la dépense publique, ça sert parfois à quelque chose. Mais ça ne sert pas toujours à quelque chose d'utile. Mais ça me paraît beaucoup plus intelligent parce qu'à force de monter les impôts, ils finissent par atteindre un niveau qui tue l'activité économique et qui condamne même l'idée même de redistribution. Donc la dette, quand ça s'accumule, c'est un problème. Quand on ne sait pas la financer, c'est dangereux. Et pour la réduire, le mieux, c'est de diminuer les dépenses. Manon Châtrat, je crois.

Dans votre livre, vous évoquez souvent la lecture et la réflexion. Est-ce qu'il y a un ouvrage qui vous a profondément influencé dans votre façon de penser la politique ? Alors d'abord, j'évoque souvent la lecture « C'est vrai » parce que c'est une des plus belles choses qui me soit arrivée, d'aimer lire. Ceux qui savent de ce dont je parle comprennent. Ceux qui ne savent pas se demandent pourquoi est-ce qu'on peut aimer lire. Moi, j'aime lire. Pas que des grands romans, pas que des essais compliqués. J'aime lire des polars, j'aime lire des livres qui sont faciles, qui sont légers. Puis j'aime lire aussi des grandes œuvres.

Et j'aurais du mal à dire celui qui m'a le plus influencé parce que j'ai coutume de dire qu'un lecteur, c'est la somme des livres qu'il a lus. Et donc, d'une certaine façon, tous les livres vous influencent. Alors après, puisqu'il faut répondre à la question, je vais répondre à la question. Je vous dirai assez volontiers que ce qui m'a le plus marqué, ce sont les biographies d'hommes politiques, que j'aime ou que je n'aime pas d'ailleurs. Parce que quand j'étais plus jeune, et encore maintenant, j'y trouve une façon de comprendre une époque, de comprendre des réactions, de comprendre des politiques publiques, de comprendre des pays. Donc oui, je dirais les biographies, probablement.

Celles qui m'ont le plus marqué, parce que c'est les premières que j'ai lues à l'âge de la fin de l'adolescence, et les biographies de Jean Lacouture, celles de Blum, celles de De Gaulle, évidemment, celles de Mendes France. Ces trois personnages-là qui comptent énormément à mes yeux. Elles viennent notamment de ces trois biographies assez exceptionnelles. Vous parlez souvent de Pépite. Quelle est celle qui vous a le plus surpris dans votre tour de France ? Oui, souvent, je parle de Pépite en disant, ça, c'est Maxime qui me pose la question.

Parce que c'est vrai que partout où je vais, je vois des formidables succès, alors qui peuvent être des entreprises, qui peuvent être des filières agricoles, qui peuvent être des associations, qui peuvent être des sites patrimoniaux remarquablement mis en valeur. Franchement, c'est de nature extrêmement diverse. Je cite souvent un truc qui m'a surpris, parce que je ne savais pas que ça existait, pour être honnête. J'étais en déplacement dans le Tarn, et j'ai rencontré des agriculteurs qui m'ont expliqué ce que c'était que la filière de l'ail rose du Tarn.

Et en fait, derrière ça, c'est que j'ai vu, ils sont environ une centaine, un peu moins d'une centaine, agriculteurs qui se sont organisés, se sont donnés du mal pour sélectionner un des meilleurs produits possibles, pour essayer de faire en sorte de défendre une marque, de défendre une appellation d'origine contrôlée, une façon de produire. Et il y a à la fois une exigence individuelle, un effort collectif, et ça marche. Voilà, c'est peut-être dérisoire au moment où on parle d'intelligence artificielle, de licorne, de Startup Nation, de vous parler de l'ail rose du Tarn. Mais des succès de cette nature ou d'une autre nature en France, il y en a partout.

On est un pays de pépites, et parfois, c'est un peu comme quand on cherche de l'or, on a des pépites partout, mais il y a plein de gens qui regardent la vase, qui regardent l'eau qui coule, et qui ne voient pas ces pépites, et qui ne savent pas les mettre en valeur. Stéphane Perle, à quand le retour du service national ? Moi, j'ai fait mon service national, je l'ai fait en 1994. Je suis au milieu de mes études. Moi, quand je suis parti avant de faire mon service militaire, je n'étais pas enthousiaste. Je me demandais ce que j'allais faire pendant un an, alors que j'avais réussi des concours, et que je m'apprêtais à apprendre les métiers qui me plaisent.

J'ai été idiot parce que j'y ai beaucoup appris, et j'ai passé une année assez extraordinaire dans l'artillerie. Et j'ai appris plein de choses, et des choses que je n'aurais jamais appris ailleurs. Bon, tirer au canon, ce n'est pas totalement utile dans la vie quotidienne, je reconnais. Mais quand même, comprendre la chose militaire, c'est utile. Apprendre le dépassement de soi-même physique, tout ça, ça m'a été extrêmement précieux ensuite. Est-ce qu'il faut refaire un service militaire ? Je ne crois pas du tout qu'il faille refaire le même service militaire que celui qui existait. C'était un service militaire qui ne s'adressait qu'aux garçons.

Aujourd'hui, on ne voit pas pourquoi les filles en seraient dispensées. Et c'était un service militaire qui était socialement beaucoup plus inégalitaire que ce qu'on dit aujourd'hui. Aujourd'hui, on se raconte un peu des histoires. Il y avait plein de gens qui échappaient au service militaire, soit parce qu'ils connaissaient quelqu'un, on en connaît, y compris dans le monde politique, soit parce qu'ils avaient des problèmes de santé, ça, on peut le comprendre, évidemment. La vérité, c'est que ce n'était pas parfait, le service militaire. Ça avait des avantages, ça avait des inconvénients. Si on devait le refaire aujourd'hui, il ne faudrait pas le faire comme il existait.

Moi, je milite, on n'a pas besoin de 700 000 personnes qui font chaque année leur service militaire. Je milite pour un service militaire qui serait volontaire, qui s'étalerait sur plusieurs mois, mais pendant une période de 5 ans. avec des moments où on reviendrait, qui permettraient d'être rémunérés ou de pouvoir financer un projet étudiant ou un projet professionnel et qui concerneraient environ 50 000 personnes. Je pense qu'avec 50 000 personnes par an, on aurait quelque chose d'extrêmement utile. Donc, je suis très favorable au retour à un service militaire national, mais un peu différent de celui qui existait auparavant. Hostie 75-67 me dit « Bonjour, M. Philippe. » « Bonjour, Hostie.

» « Quelle est votre vision de la transition écologique et comment comptez-vous la mettre en œuvre ? » « Ma vision de la transition écologique, c'est qu'on n'a pas le choix. On n'a absolument pas le choix. Notre planète se transforme rapidement. Le fait qu'on ait été aussi nombreux et qu'on ait développé autant la consommation des ressources et l'exploitation des ressources naturelles fait qu'il y a des effets sur notre planète et je ne crois pas du tout qu'il faille suivre ceux qui sont climato-sceptiques, ceux qui disent « Encore un instant, s'il vous plaît, M. Le Bourreau, utilisons encore un petit peu plus d'hydrocarbures. Vous verrez, ce n'est pas grave.

» « Je n'y crois pas, je pense que c'est une erreur fondamentale. On doit donc mettre en place une transition qui permet, et c'est là qu'il peut y avoir un désaccord notamment avec les écologistes, non pas de décroître, non pas de vivre moins bien, mais d'adapter la façon dont nous vivons à une consommation moindre de ressources. Je pense donc qu'il faut décarboner l'énergie à toute vitesse, résolument, et toute stratégie qui permet de décarboner la consommation d'énergie, de décarboner les mobilités, de décarboner le logement, de décarboner l'agriculture, de décarboner est absolument précieux. Et on le fait en France, et on peut sans doute aller plus vite, mais on le fait de façon résolue.

On a la chance en France d'avoir un mix électrique qui permet de produire de l'électricité de façon décarbonée. Il faut qu'on continue dans tous les domaines à décarboner de l'électricité. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est qu'il faut qu'on s'adapte. Il est déjà trop tard pour imaginer qu'il n'y aura pas de conséquences sur nos vies liées à la transformation climatique. Donc il faut qu'on s'adapte. Il faut qu'on regarde comment nos villes, nos sociétés, nos entreprises peuvent s'adapter à une transformation climatique. Et je ne dis pas simplement un réchauffement climatique.

Il y a des gens, quand vous leur dites, vous savez, quand vous êtes avré ou normand et qu'on dit que vous allez avoir une augmentation de 2 à 3 degrés en moyenne, de plus chaque année, il y a plein de gens qui disent qu'on va bien vivre avec ça. Au contraire, on sera content. Donc ce n'est pas ça qu'il faut dire. Ce n'est pas ça qui va se passer. Ce qui va se passer, c'est un dérèglement climatique avec, par exemple, la transformation du Gulf Stream.

Je peux vous dire que le jour où les courants marins vont changer de sens ou vont cesser d'exister, c'est le climat entier de l'Europe continentale qui va se transformer avec des périodes beaucoup plus froides, avec des tempêtes beaucoup plus grandes. Donc on a évidemment besoin de s'adapter. Et il faut le faire tôt, parce que si on le fait tard, ce sera très très cher et peut-être pas possible. Et donc sans doute trop tard.

Donc décarboner, s'adapter et puis faire très attention, je crois, à un autre sujet dont on parle, je trouve, peut-être un peu moins, qui est la biodiversité, c'est-à-dire comment faire en sorte que le monde du vivant ne subisse pas un appauvrissement tel qu'en réalité, il mettrait en danger notre façon d'exister sur Terre. Quelles sont vos priorités pour l'éducation nationale ? Elliot Orsoni me pose cette question. Avant de parler de mes priorités pour l'éducation nationale, et ce n'est pas une simple formule, l'éducation nationale est la priorité.

Je dirais même que c'est la priorité des priorités au sens où si on veut redonner à la France sa puissance et sa prospérité, si on veut permettre aux Français de vivre mieux, ça commence par une bonne éducation. Ça commence par une éducation qui permet d'avoir des citoyens qui s'adaptent à l'époque moderne, qui connaissent leur histoire, qui connaissent leurs racines, qui sont capables de vivre bien. Et je suis totalement convaincu que pour ça, l'école est la première priorité. Ensuite, à l'intérieur de l'école, mes premières priorités, au fond, elles sont assez simples. Il faut d'abord donner plus de liberté aux établissements. J'en suis convaincu.

Je pense qu'en toute matière, quand on propose aux gens d'être libres des décisions qu'ils prennent, parfois ils se trompent, parfois ils prennent de mauvaises décisions. Mais dans l'ensemble, quand ils sont libres de prendre des décisions qui les intéressent et qui ont vocation à faire en sorte qu'ils vivent mieux, ils prennent les bonnes décisions. Donc il faut donner, je crois, plus de liberté aux établissements d'enseignement. Il faut leur donner les moyens de leur liberté, parce que c'est bien beau de leur dire que vous êtes libres, mais si ils n'ont pas les moyens de leur liberté, ça ne marche pas.

Donc il faut leur donner les moyens de leur liberté, les moyens financiers, les moyens techniques, budgétaires, humains, d'une plus grande liberté. Et il faut faire confiance à cette liberté. Et moi, ma conviction, c'est que quand on fait confiance à cette liberté, on obtient de bons résultats. Ensuite, il faut accepter l'idée que si on considère que l'éducation, c'est la première priorité, alors ceux qui ont en charge cette éducation à l'école, les professeurs, la communauté éducative, comme on dit parfois, il faut qu'ils soient les meilleurs. Et pour être les meilleurs, il faut recruter les meilleurs, il faut bien les payer. On augmente parfois les professeurs.

Jamais assez à leur goût, ce que je comprends. Mais il faut le faire de façon plus grande. Il faut revoir la formation des professeurs. Il faut revoir leur carrière. Je trouve un peu absurde de leur imposer d'exercer de la même façon leur métier à 62 ans et à 25 ans. On change dans une vie. Il faut imaginer des nouveaux types de métiers, des nouveaux types d'enseignement, avec parfois des groupes plus restreints. Je pense qu'il faut moderniser beaucoup la carrière des enseignants. La troisième chose, c'est qu'il faut accepter de se poser des questions qui fâchent, qui sont difficiles, mais qui sont importantes.

J'en prends un exemple parce que c'est l'organisation du temps scolaire et des vacances. En France, on est très attaché à des vacances d'été qui sont très très longues. Et moi, je vois mes enfants au collège, quand ils étaient au collège, on a encore une qui est au collège. L'année, elle s'arrête assez tôt, plutôt au mois de juin et elle recommence tranquillement au mois de septembre. Ça veut dire que, parfois, et assez régulièrement, les enfants ont deux mois, voire deux mois et demi de vacances. En vérité, c'est probablement trop.

Ou plus exactement, je pense que c'est une période qui a été fixée pour répondre à des intérêts qui ne sont pas ceux des enfants et qui ne sont pas ceux de la scolarité. Donc je pense que c'est un problème. Il faut en réalité qu'on arrive à organiser l'école en prenant en compte, d'abord et avant tout, l'intérêt de l'élève. Pas l'intérêt du professeur, pas l'intérêt des parents d'élèves, pas l'intérêt de telle ou telle logique économique ou industrielle, l'intérêt de l'élève. Comment est-ce qu'on fait pour que tous les élèves, ceux qui sont en difficulté et ceux qui sont bons, deviennent meilleurs pendant une année qu'ils passent à l'école ? C'est ça. Et c'est la première question.

Et aujourd'hui, on voit bien que ce soit pour l'organisation dans la semaine ou dans l'année de l'école, ce n'est pas l'intérêt des élèves qui est mis en premier. Je trouve ça assez dangereux. Et puis, il y a plein d'autres sujets. Et déjà, je pense que j'en ai dit quelques-uns. Vain rouge ou viande rouge ? Mais sans déconner, pourquoi choisir ? Annie Luop me demande vin rouge ou viande rouge ? Ben, vin rouge avec viande rouge. Évidemment. NBTSFR, bref, quelqu'un, me dit comment vous positionnez-vous vis-à-vis du président de la République ? Voulez-vous incarner une continuité avec sa politique ou une rupture ?

Ben, je me positionne de façon très simple vis-à-vis du président de la République. Pendant trois ans, j'ai été son premier ministre. Et on ne m'a pas forcé. J'ai dit oui, je l'assume, j'en ai été fier. Et pendant trois ans, j'ai essayé de mettre en œuvre les réformes sur lesquelles ils s'étaient engagés en 2017 pendant l'élection présidentielle et avec lesquelles pour l'essentiel j'étais d'accord. Je ne dis pas que je les aurais formulés comme ça, mais j'étais d'accord sur l'essentiel et en tout cas sur la direction qui était envisagée. Donc je l'ai fait pendant trois ans. Au bout de trois ans, il m'a demandé de partir. C'était son droit le plus strict.

Il avait parfaitement le droit de le faire et ça ne m'a pas choqué. Et aujourd'hui, mon objectif, c'est de servir mon pays et de préparer l'élection de 2027. Donc je suis très loyal avec un président que j'ai servi et très libre avec le président tel qu'il est aujourd'hui. Quand je suis d'accord avec lui, je le dis. Je n'ai jamais compris les gens qui, quand ils sont d'accord avec quelqu'un, ne le disent pas parce que ça donnerait l'impression de le soutenir. Quand je suis d'accord avec le président, quand je trouve qu'il fait quelque chose de pas mal, je trouve qu'il se débrouille très bien aujourd'hui sur la scène internationale qui est très compliquée, je le soutiens.

Et quand je ne suis pas d'accord avec la décision qu'il prend, je le dis. Je ne suis pas d'accord avec la décision qu'il a pris de dissoudre. Je pensais que c'était une très mauvaise décision. Et bien, je l'ai dit. Bon, donc je me sens très libre aussi. Et de ce point de vue-là, je n'ai pas changé. Je suis loyal et libre. J'aurais pu vous la faire en chantant pour les plus anciens, mais je l'ai fait en parlant. Aurélien Rougerie me dit « Est-ce que vous allez vous représenter aux prochaines élections municipales en 2026 ? » La réponse est oui. Et je peux même vous dire où je vais me présenter aux élections municipales. Au Havre. Flora Magos-Solier me pose une question Bournazel ou Dati ?

Bournazel, sans hésiter. Michael Da Silva Ferreira me dit « Quelle est la solution face à la hausse des taxes décidées par Donald Trump ? » Je pense que Donald Trump prend des décisions qui ont un impact terrible et terriblement dangereux pour nous, peut-être pour les États-Unis aussi, mais ça, ça m'intéresse moins. La solution, c'est d'abord de continuer à discuter, de continuer à expliquer, de ne jamais cesser de faire valoir notre position. Il ne faut jamais se résoudre à accepter le rapport de force ou plus exactement à accepter une éventuelle domination américaine. Puis la deuxième chose, c'est que la solution, c'est une réponse européenne.

Parce que pour parler taxes, c'est-à-dire pour parler commerce et commerce international, on est infiniment plus fort si on est unis avec les Européens. La France, c'est 67 millions d'habitants. C'est pas mal. C'est un pays puissant, c'est un pays qu'on aime. C'est un pays puissant, ça implique à des atouts économiques. Mais la France, 67 millions d'habitants dans un monde de plusieurs milliards et face à une Amérique au-delà des 400 millions, ça ne pèse pas suffisamment. Alors que l'Europe, c'est quasiment 500 millions d'habitants, 500 millions de consommateurs. C'est un marché commercial important.

Et donc si on s'entend avec nos voisins et avec nos amis et avec nos partenaires, si on fait valoir qu'on a un intérêt commun, alors on peut être entendu. Et donc la réponse à la surpuissance américaine ou à la surpuissance chinoise, elle est forcément européenne. Ça ne veut pas dire que l'Europe est la solution à tout, ce n'est pas vrai. Ça ne veut pas dire qu'elle fonctionne bien, ce n'est pas toujours vrai. Mais ça veut dire que si on n'arrive pas à se mettre d'accord avec les Européens, on est toujours plus faible.

Et que donc, il faut être résolument européen de ce point de vue-là, résolument ambitieux, exigeant avec nos partenaires européens pour faire en sorte de peser face aux Etats-Unis et face à la Chine. Anaïs Bourgeois, qui habite à Rennes, me dit « Quel bouton de manchette aujourd'hui ? » C'est une bonne question, Anaïs. Les boutons de manchette aujourd'hui, ce sont des petits bateaux en papier, mais en fait en métal, mais qui reproduisent des petits bateaux en papier. Voilà. « Plutôt PSG ou OM ? » me demande Maxime Daven. Alors évidemment, comme samedi, on va au congrès à Marseille, je pourrais dire OM.

Mais en même temps, je n'oublie pas que samedi dernier, l'OM a mis 3-1 au HAC, qui est l'équipe du Havre, qui est mon équipe, l'équipe que j'aime. Donc plutôt PSG ou OM ? Plutôt rien du tout. Plutôt le HAC. Pourquoi avez-vous choisi d'être le président ? D'abord, je n'ai pas choisi d'être le président. J'ai choisi de me présenter à l'élection présidentielle. Ce n'est pas encore fait. C'est Salanderum qui me pose cette question. Pourquoi est-ce que je veux devenir président ?

Parce que je suis convaincu que la France va mal et parce que je pense pouvoir mettre en œuvre les réformes les plus essentielles pour qu'elles aillent mieux, pour qu'elles soient plus prospères, pour qu'elles soient plus justes, pour qu'elles soient plus libres et pour qu'elles soient plus puissantes. Et je vois bien que ça ne va pas être facile. Non pas simplement de gagner l'élection, c'est très difficile de gagner l'élection présidentielle. Mais on ne gagne pas l'élection présidentielle simplement pour le plaisir de gagner une élection. On gagne une élection présidentielle parce qu'ensuite, on veut faire quelque chose avec la France. On veut proposer quelque chose aux Français.

C'est d'ailleurs comme ça qu'on gagne une élection présidentielle, en disant ce qu'on veut faire avec les Français pour la France. Et moi, ce que je veux faire, c'est me consacrer à quelques priorités. Ce n'est pas prétendre qu'on va tout régler, ce n'est pas vrai. C'est régler la question de l'école, qui est essentielle, qui est la priorité numéro un. C'est régler la question du financement du modèle social. Parce que si on ne règle pas la question du financement de notre modèle social, si on n'organise pas au fond la rénovation de notre modèle social, alors notre société va continuer à se déliter.

Elle ne sera pas assez compétitive pour créer des richesses et elle sera trop fragmentée pour faire nation, si j'ose dire. Il faut totalement revoir notre modèle social en garantissant un bon niveau de solidarité, parce que les Français, légitimement, sont attachés à ça, mais en garantissant aussi un équilibre financier qui lui permet de prospérer. La troisième priorité, pour moi, c'est la justice. On a un système judiciaire et un ensemble d'institutions qui ne fonctionnent pas bien, qui fonctionnent même de moins en moins bien. Il faut donc faire en sorte que la justice fonctionne mieux pour établir la sécurité, pour établir le sens même de la justice dans la société.

Et on a encore beaucoup d'autres choses à faire. Voilà, si je veux devenir président, c'est parce que je pense qu'on peut faire de la France un pays à nouveau solide, à nouveau sûr de lui, non pas du tout pour être arrogant et pour dire qu'on est les meilleurs du monde, ce n'est pas vrai. Pour en finir avec cette espèce de pessimisme permanent, de dénigrement, voire d'auto-dénigrement permanent, les Français méritent mieux que ça. Votre série politique préférée, West Wing, sans hésiter. J'aurais aimé vous dire Dans l'ombre, qui est une excellente série, mais en fait, c'est West Wing.

Et de très loin, c'est une série que j'adore, que j'ai vue plusieurs fois, que j'aime, que je connais à bien des égards un peu par cœur. Enfin, j'adore, j'adore. Alors, Catherine Loret, je me pose une longue question. Je la lis entièrement. « Engagé sur les questions économiques en Outre-mer, je constate à quel point le potentiel local est sous-exploité. Souhaitez-vous repenser la politique économique des Outre-mer pour qu'elle favorise un véritable développement endogène afin de bâtir une autonomie productive ? » Eh bien, la réponse est oui. Mais je ne le dis pas simplement parce que c'est facile de répondre au oui à une question compliquée. Mais c'est très exactement ce que je crois.

Carine a parfaitement compris le sujet. Nous avons des territoires d'Outre-mer qui sont extrêmement variés. Pas grand-chose de commun entre l'immensité guyanaise et Saint-Pierre-et-Miquelon ou Mayotte ou l'immensité insulaire archipélagique même, on devrait dire, de la Polynésie française. Mais ce qui est vrai, c'est que dans quasiment tous les cas, il y a un potentiel et notamment un potentiel économique, stratégique, extraordinaire qui n'est pas révélé. Je suis convaincu, pour prendre un exemple qui sera peut-être plus parlant, l'exemple de la Guyane.

Je suis absolument convaincu que la Guyane, qui comptait très peu d'habitants il y a 50 ans, qui en compte aujourd'hui un peu plus de 300 000, qui se développe à toute vitesse, pourrait accueillir des investissements et des infrastructures absolument nécessaires, des chemins de fer. Il n'y a pas de chemin de fer en Guyane. Entre Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni, il n'y a pas de chemin de fer. Donc il y a une vieille route qui ne posait pas de problème quand il y avait 50 000 habitants. Mais enfin maintenant, il y en a 350 000, donc elle est mal entretenue, embouteillée en permanence. Il faut construire des infrastructures.

Pour construire des infrastructures, il faut que les richesses soient créées dans le territoire. Or il y a du potentiel. Il y a un potentiel considérable, il y a un potentiel agricole, il y a un potentiel forestier, il y a un potentiel minier. Vous savez qu'en Guyane, l'exploitation légale de l'or, c'est environ une tonne d'or par an. Et l'exploitation illégale de l'or, c'est environ 9 tonnes d'or. Ça veut dire que le territoire guyanais, il fournit 9 tonnes d'or à des illégaux qui font sortir l'argent de la Guyane et une seule tonne à des gens qui exploitent légalement. Voilà ce qu'il faut changer.

Il faut permettre à la Guyane de créer de la richesse et de réinvestir cette richesse dans le territoire. Donc c'est effectivement... Karine, elle a tout compris. C'est exactement ça qu'il faut faire. Pascal Leroux, quelle est votre position sur le port du voile dans le sport ? Ma position, pour la dire la plus simplement possible, c'est qu'on est tout à fait fondé à interdire le port du voile dans les compétitions officielles organisées par les fédérations sportives. En revanche, je ne crois pas qu'il soit utile, je ne crois même pas qu'il soit véritablement possible d'interdire, entre guillemets, le voile dans le sport. Ça veut dire quoi ?

Quand vous êtes dans une salle de musculation ou quand vous allez courir dans la rue, il faudrait interdire parce que vous faites du sport le voile. Ça n'a évidemment aucun sens. On peut interdire, et je pense qu'on doit interdire, le port du voile dans les compétitions sportives, dans des moments où la seule distinction qui compte, c'est le maillot et le mérite. Quelle est la cause qui vous tient le plus à cœur ? C'est Bislifou qui me pose la question. Je vous dirais sans hésiter que la cause qui me tient le plus à cœur, c'est la cause de la France. Ça peut donner le sentiment d'être un peu grandiloquent, mais n'empêche que c'est exactement ce que je pense.

Je pense qu'il faut qu'on remette notre pays, notre nation au cœur de nos préoccupations. Non pas qu'elles soient toutes seules au monde, ce n'est pas du tout le cas, mais parce qu'on a pris l'habitude en France de se perdre dans des débats de posture, c'est sans doute très gaulois. Et au fond, on oublie qu'on a une nation extraordinaire, on a un pays extraordinaire qui est la France. Je vais vous le dire autrement, en 1961, le général de Gaulle, on était en plein dans la crise algérienne, est venu faire un discours à Marseille. Et il a utilisé une formule que j'aime bien, il n'y a qu'une seule querelle qui vaille, c'est la querelle de la France. Je n'ai rien à ajouter.

Voilà, donc j'ai essayé de répondre sincèrement, rapidement à ces questions. Merci, à la prochaine.