Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRenaissance (sur YouTube)· 30 avril 2017 16 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Interview d'Emmanuel Macron par Laurent Delahousse | France 2

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment qualifiez-vous les jours à venir et les enjeux de cette semaine ?

  • 1:01OuverteRéponse directe

    La différence entre vous et Marine Le Pen se joue sur quoi ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous ressenti lors des meetings ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Quelle est votre idée du pouvoir ?

  • 6:01FerméeRéponse directe

    Vous étiez où le 21 avril 2002 ?

  • 8:01RelanceRéponse directe

    Est-ce que votre discours était à la hauteur du choc de 2002 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:01Emmanuel MacronFait
    « Moi, je suis l'émergence d'une nouveauté profonde, radicale. Il y a un peu plus d'un an, mon parti n'existait pas, en marche. »
  • 2:31Emmanuel MacronFait
    « Ce sont en effet des moments d'intensité, mais toute une campagne. »
  • 4:01Emmanuel MacronFait
    « J'aime faire. Ça fait partie du pouvoir. Je n'aime pas contempler le pouvoir ou en jouir. »
  • 8:01Emmanuel MacronFait
    « Moi, j'ai entendu tous les moralisateurs. Il fallait qu'ils se réveillent collectivement avant. »
  • 10:01Emmanuel MacronFait
    « Ma grand-mère qui m'a beaucoup formé, et les lectures auxquelles elle m'a ouvertes. Paul Ricoeur a eu un rôle essentiel. »
  • 12:01Emmanuel MacronFait
    « La détermination et la capacité à la fois à regarder le temps long, à donner un cap, un sens au pays et à son action. »
  • 14:01Emmanuel MacronFait
    « Jacques Chirac. Généreux. Nicolas Sarkozy. Rapide. François Hollande. Empêché. »
  • 16:01Emmanuel MacronFait
    « Est-ce qu'un candidat à l'élection présidentielle a le droit de montrer qu'il est heureux un soir de premier tour ? Je le crois. »
  • 18:01Emmanuel MacronFait
    « À partir du moment où ce sera le cas, ces choses-là changeront. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir Emmanuel Macron. Bonsoir. Dimanche prochain, à cette heure-ci, on connaîtra les résultats du second tour de l'élection présidentielle.

Comment vous qualifiez les jours à venir si vous aviez une définition des enjeux de cette semaine ? Décisif. Nous sommes à un moment de clarification historique de la vie politique française et du destin de notre pays.

La différence, elle va se jouer sur quoi ? Sur les idées ou aussi sur la personnalité ? L'ensemble, c'est un projet, une personne, un peuple.

C'est ça une élection présidentielle. Ça l'a toujours été en France et ça l'est pleinement aujourd'hui. La différence fondamentale entre vous et elle sur le plan de la personnalité, c'est quoi ?

Marine Le Pen est une héritière du système politique français. Elle a hérité de son parti, elle a hérité de son père, elle a hérité de ses idées. Moi, je suis l'émergence d'une nouveauté profonde, radicale.

Il y a un peu plus d'un an, mon parti n'existait pas, en marche. Et il y a un peu plus de trois ans, je n'étais pas dans la vie politique. C'est une différence profonde.

Moi, je ne me suis pas nourri de l'inefficacité du système. J'ai décidé de venir à la vie politique pour la changer, la changer vite et fort. Vous avez découvert les meetings, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, François Hollande, tous affirmaient que les moments de campagne, ces moments de meeting, sont des moments d'extrême intensité.

Qu'est-ce que vous avez ressenti, vous, quand vous entendez ces foules qui, ce qu'on vote, non ? Qu'est-ce que vous avez ressenti dans ces moments-là ? Ce sont en effet des moments d'intensité, mais toute une campagne.

Moi, je ne m'isolerai pas les rassemblements du reste. Il y a des moments de confrontation, il y a des moments de plongée dans le quotidien des Françaises et des Français, au contact de leur colère ou de leurs attentes. Moi, j'ai senti une France qui vibre à la politique, qui en attend énormément, qui est très en colère, désemparée parfois.

Et nous sommes, c'est pour ça, je le dis, à un vrai moment de rupture, à un moment profondément décisif de notre destin. Les Françaises et les Français, aujourd'hui, veulent que les choses changent en profondeur. On ne pourra plus, de toute façon, présider, gouverner, légiférer comme avant, à partir du 7 mai.

On va y revenir. Vous avez, finalement, quelle idée du pouvoir ? D'abord, est-ce que vous aimez le pouvoir ?

J'aime faire. Ça fait partie du pouvoir. Je n'aime pas contempler le pouvoir ou en jouir.

Une présidence de la République nécessite quoi ? Une forme de solitude. Vous écoutez qui, vous, en ce moment ?

Beaucoup de gens parlent. J'écoute. Autour de vous ?

Oui. Les conseillers ? On a toujours beaucoup de conseils.

J'écoute, j'entends. Mais je suis frappé de voir qu'à mesure qu'on avance sur ce chemin, on est de plus en plus seul. Le 21 avril 2002, vous étiez où ?

J'étais au Nigeria. Élève de l'ENA, donc dans ce qui s'appelle le stage de l'ENA. Qu'est-ce que vous avez refusé ?

Je me souviens très bien de ce qui a été pour moi un des vrais premiers chocs, c'est-à-dire le fait que Jean-Marie Le Pen soit au deuxième tour de cette élection. Une sidération ? Mais j'étais très loin du pays.

Mais pour ma génération politique, je l'ai souvent dit, ça a été un moment fondateur. La semaine dernière, dimanche dernier, on n'a pas retrouvé cette sidération, même pas dans les commentaires politiques. Et je dirais même, même pas dans votre discours.

Est-ce que votre discours était à la hauteur du choc que les Français ont ressenti ? Mais pour une raison simple, c'est que le choc n'était pas de même nature, puisque ça fait à peu près un an que Marine Le Pen était la favorite de cette élection. Il fallait se réveiller avant.

Moi, j'ai entendu tous les moralisateurs. Il fallait qu'ils se réveillent collectivement avant. Moi, ça fait des mois que vous m'entendez dire, on est en train de banaliser le Front National.

C'est fait. Et ça fait des mois que je dis, je ne veux pas me résoudre à ce que le Front National soit le finaliste, en quelque sorte, qui décide de l'autre. Je l'ai dit depuis des mois.

Simplement, dimanche dernier, j'étais devant Marine Le Pen. Parce que ce que j'ai retenu, c'est quand même, et c'est une vraie différence par rapport à 2002, Jacques Chirac faisait un peu moins de 20%, il y a fait 24%. Il y a une volonté d'aller de l'avant, il y a une volonté d'espérance, d'optimisme.

Il y a un goût de l'avenir dans notre pays. Il y a dans le même temps une colère profonde. Il y a en le même temps des fractures et des divisions.

Tout le défi du moment, c'est de parler à l'intelligence de nos concitoyens, de les respecter, de savoir non seulement entendre, mais vivre leur colère, en prendre sa part, pour agir beaucoup plus efficacement et beaucoup plus vite. Mais aujourd'hui, la question qui est posée, elle est simple. Est-ce qu'on pense que résoudre la crise du pays et ses fractures, c'est diviser plus encore ?

C'est porter un projet de haine ? C'est porter un projet de repli, c'est porter un projet de sortie de l'Europe, de l'euro, et au fond, de sortie de l'histoire. Moi, je crois profondément que non.

Vous souhaitez un clivage, l'abandon de ces clivages politiques, on l'a vu, ni droite, ni gauche, en tout cas, la fin de ces clivages. On les a vus à la fin du premier tour, le résultat est là, la droite républicaine et le Parti Socialiste sont éliminés. Mais on a vu un autre visage de la France réapparaître, celui d'une fracture profonde, finalement une France désoubliée, certains disent face à une France qui a encore le droit d'être heureuse.

Je ne crois pas à cette théorie. D'abord parce que quand je regarde les chiffres, j'ai aussi eu des chiffres importants dans des villes qui sont plus en souffrance. Vous êtes aussi ce candidat-là, le candidat des oubliés.

Oui, mais d'abord...

C'est ce que vous oppose aujourd'hui Marine Le Pen. Mais Marine Le Pen est, comme toujours dans la caricature, et elle se nourrit de la colère et du ressentiment. C'est un fait.

Et d'ailleurs, je le regarde comme vous, je le vois. Et cela non seulement me préoccupe, mais motive mon action. Donc oui, il y a une colère.

Oui, cette colère, elle a trouvé un débouché dans le vote Front National. Mais en aucun cas le Front National ne répond aux causes de cette colère. C'est cela le combat qui est le mien.

Et donc, moi je ne veux pas valider en quelque sorte cette thèse selon laquelle il y aurait deux Frances. Mon rôle, durant les jours qui viennent, et je l'espère durant les années qui viennent, c'est de réunifier le pays. C'est de réconcilier ces Frances.

Il ne peut pas y avoir une France qui réussit. La France des métropoles, la France des biens formés et des diplômés. On a besoin qu'elle réussisse.

C'est pourquoi j'ai un projet d'efficacité économique et sociale, de réforme. Parce que nous devons gagner cette compétition mondiale. Dans le même temps, il y a une France qui doute, il y a une France inquiète, il y a une France qui décroche.

On doit, de manière rapide, efficace, y répondre. Et cela, c'est aussi mon défi. Et je veux le dire là, j'ai aussi un projet de solidarité, un projet d'égalité des chances pour ces territoires.

Pour le moment, c'est elle qui cristallise cette colère du peuple. Vous le reconnaissez ? Mais elle l'utilise.

Je ne dirais pas qu'elle la cristallise. Le peuple, il a toujours raison, selon Marine Le Pen, selon vous. Mais Marine Le Pen, elle a découvert, c'est une convertie récente du peuple.

Soyons honnêtes. Le peuple, elle l'utilise. Ce qui est le propre des extrêmes.

Ce qui est le propre des vrais démagogues. Et donc, le peuple, elle s'en moque au fond. Parce que le jour où on sortira de l'euro, qui s'appauvrira ?

Pas Mme Le Pen. Les classes moyennes et les classes populaires. Ceux qui ont un peu d'épargne verront celles-ci baisser d'au moins 30%.

Ceux qui consomment verront le prix des biens augmenter. Parce qu'on en importe beaucoup. Et leur salaire sera libellé dans ce nouveau franc.

Mais ils continueront à acheter des biens qui sont produits dans les autres pays européens. C'est eux qui s'appauvriront. Est-ce qu'on protégera mieux nos concitoyens le jour où on refermera nos frontières nationales ?

Non. On les protégera mieux si on a une vraie coopération avec les autres États membres. Si on met plus de renseignements.

Est-ce qu'on protégera mieux si on divise le pays, qu'on le fracture ? Donc Marine Le Pen répond de manière démagogique à une colère qui est là. Parce qu'elle s'est nourrie de l'inefficacité du système politique depuis plus de 20 ans.

Moi je veux répondre de manière pragmatique, efficace, profonde à ses attentes. en changeant les modalités du gouvernement, en apportant des réponses nouvelles volontaristes, mais réelles et concrètes. On compare souvent cette élection et ce second tour qui arrive à finalement l'élection de Donald Trump.

Marine Le Pen serait l'incarnation française de Donald Trump. Vous souhaitez être qui ? Hillary Clinton ?

Elle a perdu ? Barack Obama ? Vous savez, on n'est jamais bien aspiré d'aller chercher chez les eaux des exemples.

Oui, mais la caractéristique de cette élection américaine a été de plus fumer le système. Et on disait que Donald Trump ne pourrait jamais gagner. Aujourd'hui les Français sont en droit de s'interroger.

Marine Le Pen peut-elle gagner ? Il y a une vraie différence. C'est que Madame Clinton, elle était, quel que soit le respect que j'ai pour elle, dans le système politique et élitiste américain depuis des décennies.

Elle avait été première dame il y a plus de 20 ans. Vous réfutez cette idée, vous, d'appartenir à l'élite que vous rétorque souvent, Marine Le Pen ? Mais il y a une vraie différence entre Madame Le Pen et moi.

C'est que moi je ne suis pas né dans un château et un parti politique déjà constitué. C'est une vraie différence. Je suis né en province, d'une famille qui m'a apporté énormément puisqu'elle m'a appris et donné le goût des études.

Et je suis le fruit, si je suis le fruit d'un système, je suis le fruit du système républicain. Moi j'ai passé des concours de la République, j'en ai raté, j'en ai réussi d'autres. J'ai gravi les échelons, j'ai réussi dans le secteur privé, j'ai décidé de revenir pour servir mon pays.

J'ai dit deux fois non en démissionnant. C'est une vraie différence, et de caractère et de trajectoire. Ce qui fait qu'aujourd'hui je peux regarder les Français les yeux dans les yeux et leur dire non, moi je ne suis pas le fruit de ce système politique inefficace, là où elle, elle s'en est nourrie depuis des décennies.

Et est-ce que moralement aujourd'hui on a encore la possibilité de leur mentir aux Français, de leur faire croire que ça peut changer ? Il y a une responsabilité immense. Immense.

Immense. Immense. Mais moi je ne fais pas croire aux Français que tout va changer du jour au lendemain si je suis élu.

Il y a une vraie différence entre Mme Le Pen et moi, on l'a vu cette semaine, à Amiens, ma ville natale, chez Whirlpool. Je suis venu le matin pour voir l'intersyndicale, travailler sur le fond du dossier. À leur demande, je me suis ensuite rendu sur le site.

Pendant ce temps-là, Mme Le Pen a été faire un show télévisé. Elle est allée sur le parking, elle ne s'est pas préoccupée une seconde du dossier, elle n'a pas demandé à voir l'intersyndicale qui s'occupe du dossier. Et elle a été faire quoi ?

Des photos, quelques promesses en l'air. Et le soir, elle a sorti un communiqué pour dire aux salariés de Whirlpool qu'avec elle, il y aurait une nationalisation du site si besoin. C'est-à-dire les vieilles recettes qui ont toujours échoué.

Les fausses promesses et en quelque sorte la réponse immédiate. On va fermer l'Europe, avec moi il n'y aura plus de danger. C'est faux.

Moi j'ai passé du temps avec eux, je leur ai dit je ne pourrais pas tout changer, mais il y aura un plan social digne de ce nom. Il y aura une formation et on va retrouver un repreneur qui reprendra aussi les sous-traitants. Oui, la réalité elle est dure à étreindre, elle est au quotidien, mais ce sera mon devoir.

Il nous reste quelques minutes, quelques questions. D'abord ce débat qui aura lieu, Jacques Chirac lui n'avait pas débattu avec Jean-Marie Le Pen, il est selon vous légitime, normal, naturel que vous débattiez avec Marine Le Pen ? Mais cette question, elle est obsolète.

Il y a eu un débat à 5, il y a eu un débat à 11, ils se sont tenus avec Mme Le Pen. Pourquoi refuserais-je de débattre dans cet entre-deux-tours ? Est-ce que c'est un débat qui vous fait peur ?

Est-ce que c'est un débat qui vous inquiète, qui vous fait peur, ou au contraire vous êtes impatient ? Je suis impatient de pouvoir mettre le doigt sur les incohérences du programme de Mme Le Pen, et sur le fait qu'elle manipule la colère des Français, mais qu'elle n'apporte rien. Mais c'est un moment de clarification de notre vie politique.

Une question, qui vous a construit intellectuellement ? Qui vous a accompagné dans votre chemin de vie ? Une personnalité politique ?

On a souvent entendu Paul Ricoeur, un philosophe. Est-ce qu'il y a un personnage, une personnalité qui a fait ce que vous êtes aussi ? Il y a une série de chances, de hasards, de rencontres.

Ma grand-mère qui m'a beaucoup formé, et les lectures auxquelles elle m'a ouvertes. Paul Ricoeur a eu un rôle essentiel, celui du rapport à la vérité et au courage. Parce que c'est cela, les deux piliers de mon action et de ma démarche, la vérité et le courage.

J'ai pris mes risques pour faire ce que je fais aujourd'hui, contre le système politique, le régime des partis, et je suis attaché à la vérité des choses. J'ai toujours dit aux Françaises et aux Français ce que je pouvais faire et ce que je ne pouvais pas faire, en leur expliquant ma vision des choses. Quelle leçon tirez-vous de l'expérience que vous avez eue à côtoyer les coulisses de l'Elysée ?

Le pouvoir, il isole, il est parfois difficile de faire avancer les choses. Qu'est-ce qui fera que vous, finalement, vous arriveriez à faire ce que d'autres n'ont pas réussi à faire, à réformer la France, à l'accompagner, à la réconcilier ? On est aujourd'hui en 2017, on le voit bien, la France, vous venez de le dire, elle est fracturée, divisée.

Ce que je suis et les conditions de cette élection. C'est ça la différence profonde. Ce que vous avez vu à l'Elysée, j'ai vu le fonctionnement du pouvoir élyséen tel qu'il est aujourd'hui.

Est-ce une fatalité ? Je ne crois pas. Bien sûr que le pouvoir isole, que l'idée que nous nous faisons du président de la République est de nature à isoler.

Est-ce que c'est une fatalité ? Je ne crois pas. C'est quoi les qualités essentielles pour être président de la République aujourd'hui, au regard justement de cette expérience ?

La détermination et la capacité à la fois à regarder le temps long, à donner un cap, un sens au pays et à son action, et à rester toujours dans la colère et ce que ressent le peuple, de ne jamais s'isoler. Mais de ne jamais pour autant tomber dans l'immédiateté. Et est-ce que le doute fait partie de votre logiciel ?

Chaque jour, parce qu'il complète la détermination. Qui ne doute pas devient dangereux. Donc bien sûr que je doute, parce que je construis mon action au contact du concret et du réel.

Mais ce doute ne m'empêche pas de vouloir, d'être profondément déterminé, et chaque matin de repartir au combat. Si vous aviez un mot pour définir les trois derniers présidents. Jacques Chirac.

Généreux. Nicolas Sarkozy. Rapide.

François Hollande. Empêché. Par les circonstances, par la majorité parlementaire qui lui a été imposée, et l'état du pays qui était en train de grossir.

Beaucoup de choses ont été amorcées, qui n'ont pas été dites ou expliquées, et beaucoup de choses ont été commencées. Est-ce qu'un candidat à l'élection présidentielle a le droit de montrer qu'il est heureux un soir de premier tour ? Je le crois.

Je pense qu'un candidat a toujours le droit d'être sincère. Est-ce qu'un président de la République, dans un pays aussi divisé, profondément touché, par différents mots, pourra apparaître comme heureux également ? À partir du moment où ce sera le cas, ces choses-là changeront.

Il reste sept jours. Ils vont être longs, ces sept jours, ou très courts, ou trop courts. Ils sauront ce qu'ils sont et ce que les Français en font.

Je prends depuis le début de ce combat ce que les Françaises et les Français me donnent. Moi, je donne ma sincérité, ma détermination, ma volonté de faire et ma vision. Pour le reste, je prends ce qu'on me donne.

Vous allez gagner, Emmanuel Macron ? Je ne suis pas dans l'arrogance. Je ne suis pas un présent de Dieu.

Je pense qu'aucun combat n'est jamais gagné. J'en suis la preuve vivante. Personne ne m'aurait donné en tête de ce premier tour dimanche dernier.

Donc je suis indéterminé. Chaque heure, jusqu'à la fin de cette campagne, je me battrai pour convaincre. Je me battrai pour aller expliquer.

Je me battrai pour montrer à la fois ma détermination et la cohérence du projet que je porte. Donc je veux profondément gagner. Mais seul le peuple français, c'est ce qu'il en sera dimanche prochain.

Personne n'écrit l'histoire pour les Français. Personne. Rendez-vous dans sept jours.

Merci Emmanuel Macron. Merci à vous. Merci à vous.