Trump / Macron : poignée de main et bras d'honneur - Les questions SMS #cdanslair
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse partielle
Quels sont les recours des citoyens américains, des démocrates, pour contester la décision de Trump ?
- 2:40OuverteRéponse partielle
Ne serons-nous pas mieux sans mauvais élèves pour atteindre les objectifs fixés ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Macron peut-il avoir commis une erreur diplomatique en irritant Trump ?
- 3:31OuverteRéponse partielle
Trump n'offre-t-il pas à l'Union européenne l'occasion rêvée de reprendre le leadership sur la question du climat ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Trump ne voulait-il pas uniquement renégocier la participation financière des États-Unis ?
- 6:12OuverteRéponse partielle
Les intérêts financiers personnels de Trump sont-ils en cause ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11InvitéFait
« Il y a 30 États sur 50 à l'intérieur des États-Unis qui vont continuer d'appliquer l'accord de Paris. »
- 2:32InvitéChiffre
« Les États-Unis doivent donner, je crois, 3 milliards par an. »
- 5:08InvitéChiffre
« Les Américains s'étaient engagés sur 3 milliards, c'est quand même, effectivement, pas beaucoup. »
- 5:13InvitéChiffre
« Obama avait versé déjà 1 milliard. »
- 5:46InvitéChiffre
« Si on appliquait le principe du pollueur-payeur, les États-Unis devraient mettre 50-60 milliards par an. »
- 5:59InvitéFait
« les Européens nous doivent tellement de sous avec l'OTAN qu'il n'y a pas de raison qu'on fasse des sacrifiés. »
- 7:07InvitéFait
« puisque Obama n'était pas passé devant le Congrès. »
Temps de parole
- Invité36 %
- Invité 227 %
- Invité 314 %
- Présentateur12 %
- Invité 46 %
- ?5 %
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Quels
sont les recours des citoyens américains, des démocrates, pour contester la décision de Trump ? Il n
'y
en a pas,
si ? Il n'y
en
a quand même pas directement. Ils ne peuvent pas mettre par terre ce décret présidentiel qui abolit un autre décret présidentiel. Mais par contre, Thomas parlait tout à l'heure de procès sur la qualité de l'air, sur la qualité de l'eau, etc., où l'État peut être mis en cause. Et puis, on a vu que les recours, évidemment, ce sont les élections, les prochaines élections en 2018 pour le Congrès. Et puis, les choix faits par les gouverneurs, par les maires. Et il y a une vraie révolte. Par exemple, en Floride, où le gouverneur est tout ce qu'il
y a
de plus républicain. Je l
'ai
entendu dire hier que c'était une catastrophe, que la Floride est directement menacée. Ça veut
dire
qu'au
plan local, les autorités peuvent contester cette décision de Trump ? Ne
pas respecter ? Ça ne fonctionne pas comme ça aux États-Unis. On échangeait là-dessus avant l'émission avec Mme Bacharan. En gros, on considère que les deux tiers des États-Unis... Pour le coup, un pointage a été fait. Il y a 30 États sur 50 à l'intérieur des États-Unis qui vont continuer d'appliquer l'accord de Paris. Il y a plusieurs centaines de villes qui ont envoyé des papiers. Il y a eu déjà, lors de la conférence de Marrakech,
il
y a 360 entreprises américaines qui ont dit, nous, notre bac à sable, c'est le monde. On ne
va
pas s'enfermer dans les 50 États, derrière le rideau de carbone. Et donc, aujourd'hui, il faut considérer qu'il y a les deux tiers des structures américaines qui vont appliquer de leur propre initiative, sans demander l'autorisation à la Maison-Blanche, qui vont appliquer l'accord de Paris. Donc, de ce point de vue-là, les choses vont être très, très tendues dans les années qui viennent. C
'est
-à
-dire
que ça va être très, très difficile.
En
revanche, ce qui pourrait manquer, c'est les
milliards
du fonds vert. Ah ben ça,
il ne mettra pas d'argent. Et
ça, c'est quand même des
milliards. Ça, ça va. Alors ça, il faut expliquer.
Tous les ans, selon l'accord de Paris, il y a 100 milliards, je crois, 100 milliards de dollars versés par an par les pays les plus riches, théoriquement, pour aider les pays les plus pauvres à assumer la transition énergétique, qui est très, très coûteuse pour des pays qui, souvent, sont très pauvres et qui sont les principales victimes. On en parlait tout à
l
'heure, du réchauffement climatique. Les États-Unis doivent donner, je crois, 3 milliards par an. Alors là, pour le coup, s
'il
y
a
bien un truc contraignant, c'était bien ça. Ça, il peut décider. Ah non, ça, il l'a annoncé, c'est clair.
Ne serons-nous pas mieux sans mauvais élèves pour atteindre les objectifs fixés ? Ça ne marche pas comme ça.
Oui,
moi, je pense que quand il y a une dynamique, c'est
une dynamique globale. Donc là, il y
a
encore une fois la première puissance, donc la plus riche, qui dit qu'elle ne peut pas faire des efforts pour protéger son économie.
Vous
avez 190 autres pays derrière. Enfin, qu
'est
-ce qu
'ils
vont dire ? George Bush père disait que le mode de vie des Américains n
'est
pas
négociable.
C
'est
en 1992. 25 ans plus tard, on y est encore. On y est encore, oui.
Macron peut-il avoir commis une erreur diplomatique en irritant Trump ?
Sûrement pas. Sûrement pas. Il est extrêmement susceptible. Il déteste l'Europe. Il déteste la diplomatie. Il déteste être remis en cause. Il apprécie assez bien le rapport de force, finalement. Et c'est un peu ce qu'Emmanuel Macron a essayé d'instaurer. Non, là, vraiment, je pense qu'il n'a pris aucun risque.
Trump n'offre-t-il pas à l'Union européenne l'occasion rêvée de reprendre le leadership sur la question du climat ? On l'a abordé, en effet, brièvement tout à l'heure. Mais, Pierre Radan ?
Il faut aller plus loin que ça. Il faut un axe Europe-Sud-Est Asiatique. D'accord. Parce que la Chine et l'Inde, par rapport à ma petite définition de tout à l'heure, c'est des pays pleins. Ce ne
sont
pas des pays qui ont des ressources considérables. Et donc, ils ont intérêt, eux aussi, à aller vers, dans un monde qui est plus économe en énergie. Ils ont, la Chine et l'Inde, d'énormes problèmes de pollution, avec une classe moyenne qui est en cours de constitution, qui n'acceptent plus que leurs enfants soient malades systématiquement.
Et
donc, il y a aujourd'hui un axe,
je
dirais, Europe-Sud-Est Asiatique pour construire ce nouveau mode de développement. Et d'ailleurs, ce qui est très intéressant, c'est que la Chine,
à
la différence de 2009 pendant la campagne, pendant la conférence de Copenhague, où il disait, nous, non, on ne prend pas d'engagement, on n'est pas prêt, etc. Six ans plus tard, la richesse chinoise a doublé,
avec
leur taux de croissance. Et maintenant, la Chine prend la stratégie de l'Allemagne, nous allons fournir les équipements dont le monde aura besoin.
Et
donc, si vous avez un axe Europe-Sud-Est Asiatique, alors là, l'affaire est gagnée. –
Trump ne voulait-il pas uniquement renégocier la participation financière des États-Unis ? On l'a évoqué, non
? – Il
ne
veut
pas payer, il ne veut pas payer, c'est aussi simple que ça. Les Américains s'étaient engagés sur 3 milliards, c'est quand même, effectivement, pas beaucoup. Obama avait versé déjà 1 milliard. Et Donald Trump a employé une phrase extrêmement codée aux États-Unis, qui, ça a été de dire, le fonds vert, c'est de la redistribution de richesses. C'est un slogan que l'on entend sans arrêt dans les campagnes électorales américaines sur les impôts. Pour évidemment demander des baisses d'impôts, ça veut dire, il s'agit de prendre l'argent des gens qui réussissent parce qu'ils travaillent, pour le donner à des pauvres qui ne font rien. Je ne simplifie même pas. Donc ils ne paieront pas, ça c'est sûr.
Si on
appliquait le
principe du pollueur-payeur, les États-Unis devraient mettre 50-60 milliards par an. Voilà. Donc déjà, 3 milliards, c'était rien du tout. – Et tout en se victimisant, avec un truc délirant dans son discours d'hier, les Européens nous doivent tellement de sous avec l'OTAN qu'il n'y
a
pas de raison qu'on fasse des sacrifiés. C'est-à
-dire
qu'on a un pays qui se victimise alors que, depuis la Seconde Guerre mondiale, le monde entier leur permet de vivre au-dessus de leurs moyens, y compris d'un point de vue écologique.
–
Oui.
–
Les intérêts financiers personnels de Trump
sont
-ils en
cause
? – Ça
rentre
en… – La justice américaine, il faudra voir. Non,
là,
quand je parle des frères Cox, c'est plutôt sur le financement des campagnes. Après, il a certainement des intérêts dans des pays qui sont un peu réticents à ces questions-là, mais je ne crois pas que ce soit la clé d'explication.
–
L'Europe a-t-elle des moyens de pression sur Trump
? –
Non. – Alors,
on a vu Macron
hier soir.
–
Écoutez-moi,
quand je rencontre des responsables américains, et ça a été le cas aujourd'hui, et les responsables sont responsables, c'est-à-dire qu
'ils
sont assez atterrés,
parce que
vraiment la situation est pour eux très très difficile, ils vous disent, bon, il faut essayer de le mettre dans un cadre où il ne se sente pas provoqué, que ça ne dure pas trop longtemps, qu'on ne lui récite pas des arguments autour d'un repas, c'est pas mal, s'il
n'y a
pas d'interprète, c'est encore mieux. Donc voilà, il faut essayer de faire avec, mais il n
'y
a pas beaucoup de moyens de l'influencer.
– Un passage devant le Congrès ne se justifiait-il pas pour prendre cette décision ? –
Non,
puisque
Obama
n'était pas passé devant le
Congrès.
–
Plus
brutalement, le système politique américain est un système de corruption, il faut dire les choses telles qu'elles sont. C'est-à-dire que c'est les entreprises qui financent les candidats, et depuis 20 ans, les États-Unis n'ont pas été foutus de prendre la moindre loi sur l'énergie et sur le climat à cause de ce système-là. Donc il y
a
un moment où il va falloir revenir sur le mode de fonctionnement
américain.
–
Dernière question, Trump fait-il un beau cadeau à la Chine ? – Oui.
–
Oui, maintenant une place se libère, donc c'est à la Chine, mais même à l'Europe de prendre cette place et de prendre le leadership sur ces questions.
– Merci beaucoup à tous les quatre, merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, Anne-Sophie Lapix pour C'est à vous. Ce soir, la Rodif est à 22h50. Très bonne soirée sur France 5.
– Votre
magazine d'actualité.