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InterviewLe Nouvel Obs· 27 mai 2026 15 minComplaisantFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleRetraitesImmigration & asile

Raphaël Glucksmann, le "patriote de gauche" en interview pour le "Nouvel Obs"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteRéponse directe

    Vous avez choisi pour votre livre un titre qui peut surprendre pour un livre politique. On a envie de vous demander envie de quoi précisément ?

  • 1:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est véritablement le patriotisme, selon vous, un enjeu important pour une présidentielle ?

  • 2:53RelanceRéponse directe

    C'est l'instauration d'un service civique obligatoire. C'est ça qui est important de 10 mois pour tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises. Est-ce que c'est vraiment essentiel dans le cadre d'une campagne présidentielle ?

  • 4:08RelanceRéponse directe

    Vous insistez beaucoup dans votre livre sur les colonies de vacances, sur les jolies colonies de vacances, en disant que c'est quelque chose de très important. Je vais mettre en place un passeport d'émancipation pour que les jeunes partent plus en colonie de vacances. Là aussi, on se dit, est-ce que c'est sérieux ?

  • 5:15RelanceRéponse directe

    Si je vous ai bien compris, vous dites en deux mots, les gens qui font des métiers pénibles pourront partir plus tôt. Et parmi ces métiers pénibles, vous citez particulièrement le métier de femme de ménage en disant que ça concerne beaucoup de femmes. En revanche, les cadres, eux, ils vont devoir partir plus tard. Donc, vous faites une réforme avec une partie de la population qui, c'est ce que vous proposez, partira plus tard à la retraite. Est-ce que ça, c'est vraiment de gauche ?

  • 7:27OuverteRéponse directe

    Dites-nous de quoi il s'agit concernant votre proposition sur l'immigration.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Invité politiqueFait
    « Envie de France, envie de liberté, envie de dignité, envie d'être souverain, envie de choisir son destin. »
  • 0:20Invité politiqueFait
    « En 2027, on ne pourra pas simplement faire barrage. »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « Et la réponse que je reçois, quel que soit leur vote, c'est qu'ils ont encore envie. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « C'est la rencontre de la France avec elle-même. C'est le moment où elle se redéfinit. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Soit elle s'offre au repli et à l'extrême droite. Soit elle choisit une sorte de renouveau, de refondation. »
  • 2:58PrésentateurPromesse
    « C'est l'instauration d'un service civique obligatoire. C'est ça qui est important de 10 mois pour tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises. »
  • 4:28Invité politiqueChiffre
    « Vous savez, il y avait 4 millions de Français, de jeunes Français, d'enfants Français qui partaient chaque année en colonie de vacances. Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un million. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « Et qu'aujourd'hui, il y a des femmes de ménage qui, à 66-67 ans, ne peuvent pas partir à la retraite pleine. »
  • 6:16Invité politiqueFait
    « C'était pensé pour que les ouvriers puissent avoir une fin de vie digne. »
  • 7:55Invité politiquePromesse
    « Ce qu'il faut faire, c'est organiser une convention citoyenne sur l'immigration. »
  • 8:56PrésentateurFait
    « Patriotisme, éloge à l'armée française, la sécurité, dites-vous, c'est quelque chose qui est de gauche. »
  • 9:03PrésentateurPromesse
    « retraite pour les cadres qui partiront plus tard »
  • 10:39Invité politiqueFait
    « Si la Troisième République avait considéré qu'il était interdit d'interdire, les enfants, ils seraient toujours à l'usine et pas à l'école. »
  • 11:56Invité politiqueFait
    « dans les banlieues populaires, la FI domine les sociodémocrates et dans les sous-préfectures, les classes moyennes et les classes populaires préfèrent voter pour le Rassemblement National que pour la social-démocratie. »
  • 14:12Invité politiqueFait
    « ça commencera le 13 juin au DOC de Paris, à Aubervilliers. »

Temps de parole

  • Raphaël Glucksmann73 %
  • Présentateur22 %
  • ?4 %

≈ 43,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Vous avez choisi pour votre livre un titre qui peut surprendre pour un livre politique. Nous avons encore envie. On a envie de vous demander envie de quoi précisément ?

0:12
Raphaël Glucksmann

Envie de France, envie de liberté, envie de dignité, envie d'être souverain, envie de choisir son destin. Et en fait, la question de l'envie, elle est centrale. Parce qu'en 2027, on ne pourra pas simplement faire barrage. On ne pourra pas aller voir les Françaises et les Français et leur dire « Ne votez pas pour les extrêmes, c'est trop dangereux. Soyez rationnels, soyez responsables. »

0:32
Locuteur

Il

0:32
Raphaël Glucksmann

faut qu'on arrive à retrouver une envie. Et moi, ça fait des mois que je traverse le pays avec en tête cette quête-là. Est-ce que nous avons encore envie ? Est-ce qu'on a encore envie de ce pacte multiséculaire qui lie la grandeur de la France à la liberté du monde ? On parlait de Gaulle. Est-ce qu'on a encore envie d'être souverain ? Est-ce qu'on a encore envie de contrôler son destin ? Est-ce qu'on a encore envie de grandeur ? Est-ce qu'on a encore envie de patriotisme ? Est-ce qu'on a encore envie de donner au collectif quand on est un individu ? Et tout ça,

1:00
Locuteur

c

1:00
Raphaël Glucksmann

'est des questions que je pose aux Françaises et

1:02
Locuteur

aux

1:02
Raphaël Glucksmann

Français. Et la réponse que je reçois, quel que soit leur vote, c'est qu'ils ont encore envie. J'en suis convaincu.

1:11
Locuteur

Il

1:11
Raphaël Glucksmann

y a une frustration dans le pays qui est d'abord une envie frustrée. Et c'est cette envie-là qu'il faut entendre, réveiller, cultiver.

1:19
Locuteur

Vous

1:19
Présentateur

parlez de patriotisme. C'est un thème qui est vraiment au cœur de votre livre. Et vous dites qu'il faut retrouver la fierté d'être Français.

1:29
Locuteur

Est

1:29
Présentateur

-ce que c'est véritablement le patriotisme, selon vous, un enjeu important pour une présidentielle ?

1:35
Locuteur

Est

1:35
Présentateur

-ce que c'est un des premiers anges de d'habitude ?

1:37
Locuteur

On

1:37
Présentateur

parle de pouvoir d'achat, consommation, sécurité, immigration. Vous vous dites patriotisme. Ça peut surprendre. Mais tous ces

1:43
Raphaël Glucksmann

thèmes sont importants.

1:45
Locuteur

Mais

1:45
Raphaël Glucksmann

la clé de tout,

1:46
Locuteur

c

1:47
Raphaël Glucksmann

'est la capacité qu'on a à retrouver la fierté d'être Français.

1:50
Locuteur

Vous

1:51
Raphaël Glucksmann

savez,

1:52
Locuteur

une

1:52
Raphaël Glucksmann

présidentielle, c'est pas simplement, comme on le dit d'habitude, la rencontre d'un homme ou d'une femme et d'un peuple. C'est la rencontre de la France avec elle-même. C'est le moment où elle se redéfinit.

2:03
Locuteur

Et

2:03
Raphaël Glucksmann

là, elle a le choix entre deux destins qui sont

2:06
Locuteur

totalement

2:07
Raphaël Glucksmann

opposés et qui vont décider de son sort pour les décennies qui viennent. Soit elle s'offre au repli et à l'extrême droite. Soit elle choisit une sorte de renouveau, de refondation. Et elle renoue avec son destin. Et moi, je suis convaincu que si on arrive à réveiller cette fierté française, à la cultiver,

2:27
Locuteur

à

2:27
Raphaël Glucksmann

faire campagne dessus, en prenant le slogan du RN « Fier d'être Français », en fait, cette fierté ne leur appartient pas. Le drapeau ne leur appartient pas. Notre histoire ne leur appartient pas. Et si on arrive à renouer avec cela, il y a un destin pour la gauche. Et depuis toujours, le patriotisme a été consubstantiel à l'histoire de la gauche française.

2:49
Présentateur

Alors, patriotisme,

2:50
Locuteur

et

2:50
Présentateur

justement, sur ce thème-là, il y a une proposition que vous faites. C'est l'instauration d'un service civique

2:57
Locuteur

obligatoire.

2:58
Présentateur

C'est ça qui est important de 10 mois pour tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises.

3:03
Locuteur

On

3:03
Présentateur

sait que ça coûte cher. Est-ce que c'est vraiment essentiel dans le cadre d'une campagne présidentielle ? Je vous pose la question parce qu'on pourrait se dire, ben voilà, on a déjà parlé de ce type de service. Ça n

3:12
Locuteur

'a

3:12
Présentateur

jamais été mis en place parce que justement, c'est compliqué et que ça coûte cher. Et vous,

3:15
Locuteur

vous

3:15
Présentateur

remettez l'idée sur

3:16
Raphaël Glucksmann

le... Mais parce qu'on a pensé qu'on pouvait être un peuple, une république, une nation, sans qu'à aucun moment, les Françaises et les Français ne se croisent. On a pensé que c'était naturel. Il n

3:25
Locuteur

'y a

3:25
Raphaël Glucksmann

rien de naturel dans le fait d'être une nation républicaine.

3:29
Locuteur

Ça

3:29
Raphaël Glucksmann

suppose qu'un jeune Français,

3:31
Locuteur

eh

3:31
Raphaël Glucksmann

bien, s'il naît à Trappes, à Montgobert ou à Paris, ils se croisent,

3:37
Locuteur

ils

3:38
Raphaël Glucksmann

se rencontrent, ils fassent peuple ensemble. Et en fait, on a laissé la France se morceler. Et on a laissé aussi les individus penser que, finalement, ils ne devaient rien au collectif. Et moi, mon obsession, c'est de réveiller ces institutions collectives qui, aujourd'hui, sont partout en crise. Le service civique, quand on a supprimé le service militaire, on ne

3:57
Locuteur

s

3:57
Raphaël Glucksmann

'est même pas posé la question de son utilité sociale, de par quoi il fallait le remplacer. Mais aussi,

4:01
Locuteur

les

4:02
Raphaël Glucksmann

partis politiques, les syndicats, par exemple, des choses qui semblent anecdotiques, les colonies de

4:07
Présentateur

vacances. Oui, oui, vous insistez beaucoup dans votre livre sur les colonies de vacances, sur les jolies colonies de vacances, en disant que

4:12
Locuteur

c

4:12
Présentateur

'est quelque chose de très important. Je vais mettre en place un passeport d'émancipation pour que les jeunes partent plus en colonie de vacances. Là aussi, on se dit, est-ce que c'est sérieux ? Mais

4:20
Raphaël Glucksmann

c'est sérieux. Et en fait, c'est dans ces anecdotes-là qu'on voit le délitement du lien qui nous unit et qui forme un peuple. Vous savez,

4:28
Locuteur

il

4:28
Raphaël Glucksmann

y avait 4 millions de Français, de jeunes Français, d'enfants Français qui partaient chaque année en colonie de vacances. Aujourd'hui, il n'y

4:34
Locuteur

en

4:34
Raphaël Glucksmann

a plus qu'un million. Et c'est le symbole de cette individualisation de l'existence et de cette faillite de la mixité sociale. Il n

4:43
Locuteur

'y

4:43
Raphaël Glucksmann

a plus de moments où on apprend le collectif et où on se croise indépendamment de là où on est né ou d'où on vient. Et moi, je veux revitaliser ces institutions collectives parce qu'en fait, sans elles, sans les associations, sans les structures collectives, sans ce qui brasse, sans ce qui mélange, sans ce qui fait un peuple, eh bien, on va finir par totalement se déliter. La France républicaine, c'était l'école et autour de l'école, un ensemble d'institutions sociales qui permettaient aux Français d'être Français. Et il faut qu'on redevienne des citoyens.

5:13
Locuteur

Et

5:13
Présentateur

alors, ces citoyens, à un moment donné, ils partent à la retraite. C'est aussi une des questions que vous traitez dans votre livre. Si je vous ai bien compris, vous dites en deux mots, les gens qui font des métiers pénibles pourront partir plus tôt. Et parmi ces métiers pénibles, vous citez particulièrement le métier de femme de ménage en disant que ça concerne beaucoup de femmes. En revanche, les cadres, eux, ils vont devoir partir

5:34
Locuteur

plus

5:35
Présentateur

tard. Donc, vous faites une réforme avec une partie de la population qui, c'est ce que vous proposez, partira plus tard à la retraite.

5:42
Locuteur

Est

5:42
Présentateur

-ce que ça, c'est vraiment de gauche

5:44
Locuteur

? Mais

5:44
Raphaël Glucksmann

ce qui est de gauche, c'est de comprendre qu'on n'est pas tous égaux face au travail et qu

5:49
Locuteur

'on

5:49
Raphaël Glucksmann

n'est pas tous égaux face à la retraite. Et qu'aujourd'hui,

5:51
Locuteur

il

5:51
Raphaël Glucksmann

y

5:51
Locuteur

a

5:51
Raphaël Glucksmann

des femmes de ménage qui, à 66-67 ans, ne peuvent pas partir à la retraite pleine. Donc, en fait,

5:56
Locuteur

le

5:57
Raphaël Glucksmann

système actuel n'est pas égalitaire. Et il fait peser sur les générations futures un fardeau bien trop lourd. Et donc, ce qui est de gauche, c'est de penser à la justice.

6:06
Locuteur

Et

6:06
Raphaël Glucksmann

ce système, qui est un trésor national, le système par répartition, il n'a pas été pensé pour que des cabres puissent vivre 30 ans ensuite à la retraite, avec une retraite payée par la collectivité. C'était pensé pour que les ouvriers puissent avoir une fin de vie digne. C'est ça, la clé de tout. Et donc, c'était fondé sur l'idée de la pénibilité du travail. Et que, quand on a eu un travail pénible, eh bien, on devait pouvoir vivre dignement ces dernières années. Et donc, il faut

6:35
Locuteur

arrêter

6:36
Raphaël Glucksmann

avec ces questions d'universalité d'âge et repartir de la question de la pénibilité en songeant à une chose, en ayant une obsession, qui est que nous devons faire des investissements d'avenir massifs. Aujourd'hui, on sous-investit dans l'éducation. Notre école publique est en train de s'effriter, voire de s'effondrer. On sous-investit dans la transition écologique. On sous-investit dans tout ce qui nous permet de préparer l'avenir, dans les nouvelles technologies. Et donc, ce qu'il faut qu'on fasse, eh bien, c'est qu'on fasse des choix.

7:04
Présentateur

Parmi les choix, il y a l'école. Vous dites, ça, c'est ma priorité absolue. Je vais augmenter les enseignants. On va réhabiliter tous les bâtiments. Là, c'est pour vous quelque chose d'essentiel. Mais vous abordez d'autres questions. Et vous abordez la question, en particulier de l'immigration. Là,

7:19
Locuteur

vous

7:19
Présentateur

avez une proposition. Plutôt, d'ailleurs, on peut parler de chemin pour parvenir à organiser un débat. Donc, dites-nous de quoi il s'agit.

7:27
Raphaël Glucksmann

En fait, je me suis rendu compte d'une chose. En débattant de l'immigration, partout en France, avec des citoyens qui ont des opinions diamétralement opposées. C'est que plus on en discutait de manière ouverte, avec des faits,

7:38
Locuteur

et

7:39
Raphaël Glucksmann

plus l'antagonisme baissait. Et aujourd'hui, en fait, la stratégie qui a été longtemps, celle de la gauche, de se dire, on ne

7:46
Locuteur

va

7:46
Raphaël Glucksmann

pas en parler, parce que c'est un thème qui, d'emblée, doit être préempté par l'extrême droite. Ça fait monter les tensions et ça fait monter les fantasmes. Donc, ce qu'il faut faire, c'est organiser une convention citoyenne sur l'immigration. C'est permettre à des Françaises et des Français qui sont tirés au sort, eh bien, d'avoir accès à l'ensemble des acteurs et des informations qui sont impactées par la question migratoire. Et en fait, on se rendra compte que progressivement, une approche beaucoup plus rationnelle que celle qui existe aujourd'hui s'imposera. En tout cas, c'est le pari que je fais.

C'est-à-dire qu'il faut prendre les sujets qui, aujourd'hui, tendent la société française et au lieu de les cacher, eh bien, encadrer, produire le débat autour de ces sujets. Et la question migratoire, qui est une question qui revient tout le temps dans les discussions, en particulier dans les discussions sur l'identité, est un sujet qui nous permettra, mais de comprendre que c'est complexe et que tous ceux qui prônent l'immigration zéro, en fait, promettent quelque chose qu'ils ne tiendront de toute façon pas.

8:44
Présentateur

Si on résume votre livre, Patriotisme, éloge à l'armée française, la sécurité, dites-vous, c'est quelque chose qui est de gauche, service civique obligatoire de 10 mois, retraite pour des cadres plus âgés, retraite pour les cadres qui partiront plus tard,

9:06
Locuteur

on

9:07
Présentateur

a envie de vous poser une question. Est-ce que vous êtes de droite, Raphaël Léau-Clan

9:10
Raphaël Glucksmann

? En quoi le patriotisme est-il de droite ? En quoi le fait de considérer la sécurité comme

9:16
Locuteur

quelque

9:17
Raphaël Glucksmann

chose d'essentiel quand c'est les citoyens les plus vulnérables qui sont d'abord victimes des trafiquants de drogue dans les cités ? En quoi c'est de droite ? En quoi considérer qu'il faut investir dans notre jeunesse, dans notre école, dans notre recherche ? C'est de droite.

9:33
Locuteur

Moi,

9:34
Raphaël Glucksmann

ce que je veux proposer, c'est un nouveau contrat patriotique. Et ce sera un contrat patriotique progressiste.

9:38
Locuteur

Et

9:39
Raphaël Glucksmann

ceux qui ont le plus, eh bien, paieront le plus.

9:42
Locuteur

Je

9:43
Raphaël Glucksmann

parle dans ce livre de patriotisme fiscal.

9:45
Locuteur

Quand

9:46
Raphaël Glucksmann

on se dit, de gauche, c'est quoi le cœur de sa vision

9:50
Locuteur

? C

9:51
Raphaël Glucksmann

'est que

9:51
Locuteur

la

9:52
Raphaël Glucksmann

justice est la base de la puissance.

9:54
Locuteur

Que

9:55
Raphaël Glucksmann

l'écologie aujourd'hui est la base de la liberté. Que la politique

9:59
Locuteur

peut

10:00
Raphaël Glucksmann

transformer le monde et changer la vie. Et ça, ça suppose la réhabilitation des structures collectives. En fait,

10:06
Locuteur

la

10:07
Raphaël Glucksmann

gauche est devenue progressivement individualiste.

10:10
Locuteur

Et

10:10
Raphaël Glucksmann

ça l'a tué.

10:11
Locuteur

C

10:12
Raphaël Glucksmann

'était un triomphe des penseurs néolibéraux.

10:14
Locuteur

Moi,

10:14
Raphaël Glucksmann

ce que je veux, c

10:14
Locuteur

'est

10:14
Raphaël Glucksmann

qu'on se réapproprie

10:16
Locuteur

la

10:16
Raphaël Glucksmann

notion de collectivité. Et oui, la notion de collectivité, elle impose une notion d'autorité, de structure collective qui peut être contraignante pour les individus. Mais il n

10:26
Locuteur

'y a

10:26
Raphaël Glucksmann

pas de justice sociale sans contrainte collective. Si tout le monde fait ce qu'il veut, en réalité, ceux qui bénéficient de l'existence et de la vie sociale, c'est les plus riches d'entre nous. Si tout le monde fait ce qu'il veut, à la fin, il n

10:38
Locuteur

'y a

10:38
Raphaël Glucksmann

pas de redistribution. Et si la Troisième République avait considéré qu'il était interdit d'interdire, les enfants, ils seraient toujours à l'usine et pas à l'école. Ils seraient à la mine et pas à l'école. Ils seraient dans les champs et pas à l'école.

10:48
Locuteur

Et

10:48
Raphaël Glucksmann

donc,

10:48
Locuteur

en

10:48
Raphaël Glucksmann

fait, la gauche, en cédant à cet individualisme-là qui venait du libéralisme américain, eh bien, la gauche a abandonné la possibilité de transformer le monde. Et moi, ce que je veux, c'est qu'elle reprenne en main cette possibilité-là.

11:01
Présentateur

Alors, une note écrite par une personne qui travaille dans votre campagne à fuiter.

11:07
Locuteur

Dans

11:08
Présentateur

ce document, on découvre qu'un certain nombre de publics ne seraient pas les priorités de Raphaël Glucksmann. Ces publics, ce sont en particulier les jeunes et les milieux populaires. Alors, vous avez réagi à cette fuite en disant « mais pas du tout ». Est-ce que vous pouvez quand même nous expliquer si cette note ne faisait pas apparaître ce qui est quand même le fond de votre programme ?

11:28
Raphaël Glucksmann

Alors, ma pensée est à l'antithèse de cette note. Ma stratégie est à l'antithèse de cette note. Et vous savez, des notes comme ça, mais on en reçoit des dizaines par semaine quand on est un dirigeant politique

11:40
Locuteur

et

11:40
Raphaël Glucksmann

elles tombent sur la table et ensuite, on les écarte ou on les accepte. Et moi, j'ai dit tout de suite l'antithèse de ce qu'il

11:46
Locuteur

y

11:46
Raphaël Glucksmann

avait dans cette note. Après, sur les conclusions sondagiaires, le scoop, le méga scoop, l'électorat social-démocrate s'est embourgeoisé

11:55
Locuteur

et

11:56
Raphaël Glucksmann

aujourd'hui, dans les banlieues populaires, la FI domine les sociodémocrates et dans les sous-préfectures, les classes moyennes et les classes populaires préfèrent voter pour le Rassemblement National que pour la social-démocratie. Enfin, je veux dire, ça, c'est pas un scoop, c'est la vérité. Il y

12:10
Locuteur

a

12:10
Raphaël Glucksmann

une immense hypocrisie autour de cette polémique, autour de cette note. Maintenant, je vais vous dire. Ma stratégie, c'est l'antithèse. Je pense que justement, en analysant ces sondages, notre obsession, ça doit être de s'adresser à toutes les Françaises et à tous les Français. Ça doit être d'aller dans les banlieues populaires qui n'appartiennent pas à la France insoumise. Ça doit être d'aller dans les sous-préfectures discuter avec les ouvriers, d'aller dans les villages échanger avec les paysans en se disant une chose très simple. Ils n'appartiennent pas au Rassemblement National. Ils ne sont pas condamnés à ce vote-là.

Il faut donc qu'on arrive à retrouver cette envie dans tous les quartiers de France, dans tous les villages français, dans toutes les villes françaises. Et moi, ce que je veux faire là,

12:50
Locuteur

c

12:50
Raphaël Glucksmann

'est que cette campagne soit un immense moment d'échange entre

12:54
Locuteur

tous les

12:56
Raphaël Glucksmann

Français, sans segmentation électorale.

12:58
Présentateur

Alors vous dites je vais m'adresser à tous les Français, sans hypocrisie. J'ai une dernière question. Pourquoi vous n'annoncez pas aujourd'hui, à la sortie de ce livre, que vous êtes candidat à la présidentielle

13:11
Locuteur

?

13:11
Présentateur

Pourquoi vous patientez encore ? C'est un peu curieux quand on lit votre livre,

13:14
Locuteur

il

13:14
Présentateur

y a près de 200 pages où on comprend que vous êtes candidat, mais en même temps, vous ne le dites pas.

13:19
Locuteur

Parce

13:19
Raphaël Glucksmann

que c'est trop tôt.

13:21
Locuteur

Et

13:21
Raphaël Glucksmann

que moi, vous savez, je prends extrêmement au sérieux cette élection. Je pense que c'est l'avenir du pays qui est en jeu.

13:28
Locuteur

Et

13:29
Raphaël Glucksmann

donc, je ne veux pas ajouter au bordel ambiant.

13:34
Locuteur

Ce

13:34
Raphaël Glucksmann

que je veux faire, c'est qu'on trace une voie. Et je me battrai pour que la ligne que j'incarne, la ligne que je porte, remporte cette élection. Et je vais vous le dire,

13:44
Locuteur

le

13:44
Raphaël Glucksmann

temps viendra

13:45
Locuteur

où

13:46
Raphaël Glucksmann

il y aura la décision sur qui doit incarner ces idées, qui doit les porter. Mais ce que je ferai d'abord, c'est de lancer une dynamique, de lancer un mouvement dans la société. Parce que je suis convaincu qu'une écrasante majorité des Françaises et des Français de gauche sont contre les dérives de Jean-Luc Mélenchon. Et qu'ils choisiront notre ligne. Mais pour ça, il faut l'affirmer avec force. Et je vais la porter.

14:12
Locuteur

Et

14:12
Raphaël Glucksmann

ça commencera le 13 juin

14:15
Locuteur

au

14:15
Raphaël Glucksmann

DOC de Paris,

14:16
Locuteur

à

14:16
Raphaël Glucksmann

Aubervilliers. Et vous verrez que des milliers de Françaises et de Français viendront dire qu'ils attendent ça. Et c'est cette dynamique qui va nous porter. Parce que

14:26
Locuteur

on

14:26
Raphaël Glucksmann

n'arrivera pas juste avec un discours rationnel qui dit attention, ne faites pas de bêtises.

14:31
Locuteur

On

14:32
Raphaël Glucksmann

réveillera une envie puissante dans la société française.

14:35
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup Raphaël

14:37
Locuteur

Luxman pour

14:38
Présentateur

cet entretien.