Raphaël Glucksmann, le "patriote de gauche" en interview pour le "Nouvel Obs"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Vous avez choisi pour votre livre un titre qui peut surprendre pour un livre politique. On a envie de vous demander envie de quoi précisément ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est véritablement le patriotisme, selon vous, un enjeu important pour une présidentielle ?
- 2:53RelanceRéponse directe
C'est l'instauration d'un service civique obligatoire. C'est ça qui est important de 10 mois pour tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises. Est-ce que c'est vraiment essentiel dans le cadre d'une campagne présidentielle ?
- 4:08RelanceRéponse directe
Vous insistez beaucoup dans votre livre sur les colonies de vacances, sur les jolies colonies de vacances, en disant que c'est quelque chose de très important. Je vais mettre en place un passeport d'émancipation pour que les jeunes partent plus en colonie de vacances. Là aussi, on se dit, est-ce que c'est sérieux ?
- 5:15RelanceRéponse directe
Si je vous ai bien compris, vous dites en deux mots, les gens qui font des métiers pénibles pourront partir plus tôt. Et parmi ces métiers pénibles, vous citez particulièrement le métier de femme de ménage en disant que ça concerne beaucoup de femmes. En revanche, les cadres, eux, ils vont devoir partir plus tard. Donc, vous faites une réforme avec une partie de la population qui, c'est ce que vous proposez, partira plus tard à la retraite. Est-ce que ça, c'est vraiment de gauche ?
- 7:27OuverteRéponse directe
Dites-nous de quoi il s'agit concernant votre proposition sur l'immigration.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12Invité politiqueFait
« Envie de France, envie de liberté, envie de dignité, envie d'être souverain, envie de choisir son destin. »
- 0:20Invité politiqueFait
« En 2027, on ne pourra pas simplement faire barrage. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Et la réponse que je reçois, quel que soit leur vote, c'est qu'ils ont encore envie. »
- 1:59Invité politiqueFait
« C'est la rencontre de la France avec elle-même. C'est le moment où elle se redéfinit. »
- 2:11Invité politiqueFait
« Soit elle s'offre au repli et à l'extrême droite. Soit elle choisit une sorte de renouveau, de refondation. »
- 2:58PrésentateurPromesse
« C'est l'instauration d'un service civique obligatoire. C'est ça qui est important de 10 mois pour tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises. »
- 4:28Invité politiqueChiffre
« Vous savez, il y avait 4 millions de Français, de jeunes Français, d'enfants Français qui partaient chaque année en colonie de vacances. Aujourd'hui, il n'y en a plus qu'un million. »
- 5:51Invité politiqueFait
« Et qu'aujourd'hui, il y a des femmes de ménage qui, à 66-67 ans, ne peuvent pas partir à la retraite pleine. »
- 6:16Invité politiqueFait
« C'était pensé pour que les ouvriers puissent avoir une fin de vie digne. »
- 7:55Invité politiquePromesse
« Ce qu'il faut faire, c'est organiser une convention citoyenne sur l'immigration. »
- 8:56PrésentateurFait
« Patriotisme, éloge à l'armée française, la sécurité, dites-vous, c'est quelque chose qui est de gauche. »
- 9:03PrésentateurPromesse
« retraite pour les cadres qui partiront plus tard »
- 10:39Invité politiqueFait
« Si la Troisième République avait considéré qu'il était interdit d'interdire, les enfants, ils seraient toujours à l'usine et pas à l'école. »
- 11:56Invité politiqueFait
« dans les banlieues populaires, la FI domine les sociodémocrates et dans les sous-préfectures, les classes moyennes et les classes populaires préfèrent voter pour le Rassemblement National que pour la social-démocratie. »
- 14:12Invité politiqueFait
« ça commencera le 13 juin au DOC de Paris, à Aubervilliers. »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann73 %
- Présentateur22 %
- ?4 %
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Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Vous avez choisi pour votre livre un titre qui peut surprendre pour un livre politique. Nous avons encore envie. On a envie de vous demander envie de quoi précisément ?
Envie de France, envie de liberté, envie de dignité, envie d'être souverain, envie de choisir son destin. Et en fait, la question de l'envie, elle est centrale. Parce qu'en 2027, on ne pourra pas simplement faire barrage. On ne pourra pas aller voir les Françaises et les Français et leur dire « Ne votez pas pour les extrêmes, c'est trop dangereux. Soyez rationnels, soyez responsables. »
Il
faut qu'on arrive à retrouver une envie. Et moi, ça fait des mois que je traverse le pays avec en tête cette quête-là. Est-ce que nous avons encore envie ? Est-ce qu'on a encore envie de ce pacte multiséculaire qui lie la grandeur de la France à la liberté du monde ? On parlait de Gaulle. Est-ce qu'on a encore envie d'être souverain ? Est-ce qu'on a encore envie de contrôler son destin ? Est-ce qu'on a encore envie de grandeur ? Est-ce qu'on a encore envie de patriotisme ? Est-ce qu'on a encore envie de donner au collectif quand on est un individu ? Et tout ça,
c
'est des questions que je pose aux Françaises et
aux
Français. Et la réponse que je reçois, quel que soit leur vote, c'est qu'ils ont encore envie. J'en suis convaincu.
Il
y a une frustration dans le pays qui est d'abord une envie frustrée. Et c'est cette envie-là qu'il faut entendre, réveiller, cultiver.
Vous
parlez de patriotisme. C'est un thème qui est vraiment au cœur de votre livre. Et vous dites qu'il faut retrouver la fierté d'être Français.
Est
-ce que c'est véritablement le patriotisme, selon vous, un enjeu important pour une présidentielle ?
Est
-ce que c'est un des premiers anges de d'habitude ?
On
parle de pouvoir d'achat, consommation, sécurité, immigration. Vous vous dites patriotisme. Ça peut surprendre. Mais tous ces
thèmes sont importants.
Mais
la clé de tout,
c
'est la capacité qu'on a à retrouver la fierté d'être Français.
Vous
savez,
une
présidentielle, c'est pas simplement, comme on le dit d'habitude, la rencontre d'un homme ou d'une femme et d'un peuple. C'est la rencontre de la France avec elle-même. C'est le moment où elle se redéfinit.
Et
là, elle a le choix entre deux destins qui sont
totalement
opposés et qui vont décider de son sort pour les décennies qui viennent. Soit elle s'offre au repli et à l'extrême droite. Soit elle choisit une sorte de renouveau, de refondation. Et elle renoue avec son destin. Et moi, je suis convaincu que si on arrive à réveiller cette fierté française, à la cultiver,
à
faire campagne dessus, en prenant le slogan du RN « Fier d'être Français », en fait, cette fierté ne leur appartient pas. Le drapeau ne leur appartient pas. Notre histoire ne leur appartient pas. Et si on arrive à renouer avec cela, il y a un destin pour la gauche. Et depuis toujours, le patriotisme a été consubstantiel à l'histoire de la gauche française.
Alors, patriotisme,
et
justement, sur ce thème-là, il y a une proposition que vous faites. C'est l'instauration d'un service civique
obligatoire.
C'est ça qui est important de 10 mois pour tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises.
On
sait que ça coûte cher. Est-ce que c'est vraiment essentiel dans le cadre d'une campagne présidentielle ? Je vous pose la question parce qu'on pourrait se dire, ben voilà, on a déjà parlé de ce type de service. Ça n
'a
jamais été mis en place parce que justement, c'est compliqué et que ça coûte cher. Et vous,
vous
remettez l'idée sur
le... Mais parce qu'on a pensé qu'on pouvait être un peuple, une république, une nation, sans qu'à aucun moment, les Françaises et les Français ne se croisent. On a pensé que c'était naturel. Il n
'y a
rien de naturel dans le fait d'être une nation républicaine.
Ça
suppose qu'un jeune Français,
eh
bien, s'il naît à Trappes, à Montgobert ou à Paris, ils se croisent,
ils
se rencontrent, ils fassent peuple ensemble. Et en fait, on a laissé la France se morceler. Et on a laissé aussi les individus penser que, finalement, ils ne devaient rien au collectif. Et moi, mon obsession, c'est de réveiller ces institutions collectives qui, aujourd'hui, sont partout en crise. Le service civique, quand on a supprimé le service militaire, on ne
s
'est même pas posé la question de son utilité sociale, de par quoi il fallait le remplacer. Mais aussi,
les
partis politiques, les syndicats, par exemple, des choses qui semblent anecdotiques, les colonies de
vacances. Oui, oui, vous insistez beaucoup dans votre livre sur les colonies de vacances, sur les jolies colonies de vacances, en disant que
c
'est quelque chose de très important. Je vais mettre en place un passeport d'émancipation pour que les jeunes partent plus en colonie de vacances. Là aussi, on se dit, est-ce que c'est sérieux ? Mais
c'est sérieux. Et en fait, c'est dans ces anecdotes-là qu'on voit le délitement du lien qui nous unit et qui forme un peuple. Vous savez,
il
y avait 4 millions de Français, de jeunes Français, d'enfants Français qui partaient chaque année en colonie de vacances. Aujourd'hui, il n'y
en
a plus qu'un million. Et c'est le symbole de cette individualisation de l'existence et de cette faillite de la mixité sociale. Il n
'y
a plus de moments où on apprend le collectif et où on se croise indépendamment de là où on est né ou d'où on vient. Et moi, je veux revitaliser ces institutions collectives parce qu'en fait, sans elles, sans les associations, sans les structures collectives, sans ce qui brasse, sans ce qui mélange, sans ce qui fait un peuple, eh bien, on va finir par totalement se déliter. La France républicaine, c'était l'école et autour de l'école, un ensemble d'institutions sociales qui permettaient aux Français d'être Français. Et il faut qu'on redevienne des citoyens.
Et
alors, ces citoyens, à un moment donné, ils partent à la retraite. C'est aussi une des questions que vous traitez dans votre livre. Si je vous ai bien compris, vous dites en deux mots, les gens qui font des métiers pénibles pourront partir plus tôt. Et parmi ces métiers pénibles, vous citez particulièrement le métier de femme de ménage en disant que ça concerne beaucoup de femmes. En revanche, les cadres, eux, ils vont devoir partir
plus
tard. Donc, vous faites une réforme avec une partie de la population qui, c'est ce que vous proposez, partira plus tard à la retraite.
Est
-ce que ça, c'est vraiment de gauche
? Mais
ce qui est de gauche, c'est de comprendre qu'on n'est pas tous égaux face au travail et qu
'on
n'est pas tous égaux face à la retraite. Et qu'aujourd'hui,
il
y
a
des femmes de ménage qui, à 66-67 ans, ne peuvent pas partir à la retraite pleine. Donc, en fait,
le
système actuel n'est pas égalitaire. Et il fait peser sur les générations futures un fardeau bien trop lourd. Et donc, ce qui est de gauche, c'est de penser à la justice.
Et
ce système, qui est un trésor national, le système par répartition, il n'a pas été pensé pour que des cabres puissent vivre 30 ans ensuite à la retraite, avec une retraite payée par la collectivité. C'était pensé pour que les ouvriers puissent avoir une fin de vie digne. C'est ça, la clé de tout. Et donc, c'était fondé sur l'idée de la pénibilité du travail. Et que, quand on a eu un travail pénible, eh bien, on devait pouvoir vivre dignement ces dernières années. Et donc, il faut
arrêter
avec ces questions d'universalité d'âge et repartir de la question de la pénibilité en songeant à une chose, en ayant une obsession, qui est que nous devons faire des investissements d'avenir massifs. Aujourd'hui, on sous-investit dans l'éducation. Notre école publique est en train de s'effriter, voire de s'effondrer. On sous-investit dans la transition écologique. On sous-investit dans tout ce qui nous permet de préparer l'avenir, dans les nouvelles technologies. Et donc, ce qu'il faut qu'on fasse, eh bien, c'est qu'on fasse des choix.
Parmi les choix, il y a l'école. Vous dites, ça, c'est ma priorité absolue. Je vais augmenter les enseignants. On va réhabiliter tous les bâtiments. Là, c'est pour vous quelque chose d'essentiel. Mais vous abordez d'autres questions. Et vous abordez la question, en particulier de l'immigration. Là,
vous
avez une proposition. Plutôt, d'ailleurs, on peut parler de chemin pour parvenir à organiser un débat. Donc, dites-nous de quoi il s'agit.
En fait, je me suis rendu compte d'une chose. En débattant de l'immigration, partout en France, avec des citoyens qui ont des opinions diamétralement opposées. C'est que plus on en discutait de manière ouverte, avec des faits,
et
plus l'antagonisme baissait. Et aujourd'hui, en fait, la stratégie qui a été longtemps, celle de la gauche, de se dire, on ne
va
pas en parler, parce que c'est un thème qui, d'emblée, doit être préempté par l'extrême droite. Ça fait monter les tensions et ça fait monter les fantasmes. Donc, ce qu'il faut faire, c'est organiser une convention citoyenne sur l'immigration. C'est permettre à des Françaises et des Français qui sont tirés au sort, eh bien, d'avoir accès à l'ensemble des acteurs et des informations qui sont impactées par la question migratoire. Et en fait, on se rendra compte que progressivement, une approche beaucoup plus rationnelle que celle qui existe aujourd'hui s'imposera. En tout cas, c'est le pari que je fais.
C'est-à-dire qu'il faut prendre les sujets qui, aujourd'hui, tendent la société française et au lieu de les cacher, eh bien, encadrer, produire le débat autour de ces sujets. Et la question migratoire, qui est une question qui revient tout le temps dans les discussions, en particulier dans les discussions sur l'identité, est un sujet qui nous permettra, mais de comprendre que c'est complexe et que tous ceux qui prônent l'immigration zéro, en fait, promettent quelque chose qu'ils ne tiendront de toute façon pas.
Si on résume votre livre, Patriotisme, éloge à l'armée française, la sécurité, dites-vous, c'est quelque chose qui est de gauche, service civique obligatoire de 10 mois, retraite pour des cadres plus âgés, retraite pour les cadres qui partiront plus tard,
on
a envie de vous poser une question. Est-ce que vous êtes de droite, Raphaël Léau-Clan
? En quoi le patriotisme est-il de droite ? En quoi le fait de considérer la sécurité comme
quelque
chose d'essentiel quand c'est les citoyens les plus vulnérables qui sont d'abord victimes des trafiquants de drogue dans les cités ? En quoi c'est de droite ? En quoi considérer qu'il faut investir dans notre jeunesse, dans notre école, dans notre recherche ? C'est de droite.
Moi,
ce que je veux proposer, c'est un nouveau contrat patriotique. Et ce sera un contrat patriotique progressiste.
Et
ceux qui ont le plus, eh bien, paieront le plus.
Je
parle dans ce livre de patriotisme fiscal.
Quand
on se dit, de gauche, c'est quoi le cœur de sa vision
? C
'est que
la
justice est la base de la puissance.
Que
l'écologie aujourd'hui est la base de la liberté. Que la politique
peut
transformer le monde et changer la vie. Et ça, ça suppose la réhabilitation des structures collectives. En fait,
la
gauche est devenue progressivement individualiste.
Et
ça l'a tué.
C
'était un triomphe des penseurs néolibéraux.
Moi,
ce que je veux, c
'est
qu'on se réapproprie
la
notion de collectivité. Et oui, la notion de collectivité, elle impose une notion d'autorité, de structure collective qui peut être contraignante pour les individus. Mais il n
'y a
pas de justice sociale sans contrainte collective. Si tout le monde fait ce qu'il veut, en réalité, ceux qui bénéficient de l'existence et de la vie sociale, c'est les plus riches d'entre nous. Si tout le monde fait ce qu'il veut, à la fin, il n
'y a
pas de redistribution. Et si la Troisième République avait considéré qu'il était interdit d'interdire, les enfants, ils seraient toujours à l'usine et pas à l'école. Ils seraient à la mine et pas à l'école. Ils seraient dans les champs et pas à l'école.
Et
donc,
en
fait, la gauche, en cédant à cet individualisme-là qui venait du libéralisme américain, eh bien, la gauche a abandonné la possibilité de transformer le monde. Et moi, ce que je veux, c'est qu'elle reprenne en main cette possibilité-là.
Alors, une note écrite par une personne qui travaille dans votre campagne à fuiter.
Dans
ce document, on découvre qu'un certain nombre de publics ne seraient pas les priorités de Raphaël Glucksmann. Ces publics, ce sont en particulier les jeunes et les milieux populaires. Alors, vous avez réagi à cette fuite en disant « mais pas du tout ». Est-ce que vous pouvez quand même nous expliquer si cette note ne faisait pas apparaître ce qui est quand même le fond de votre programme ?
Alors, ma pensée est à l'antithèse de cette note. Ma stratégie est à l'antithèse de cette note. Et vous savez, des notes comme ça, mais on en reçoit des dizaines par semaine quand on est un dirigeant politique
et
elles tombent sur la table et ensuite, on les écarte ou on les accepte. Et moi, j'ai dit tout de suite l'antithèse de ce qu'il
y
avait dans cette note. Après, sur les conclusions sondagiaires, le scoop, le méga scoop, l'électorat social-démocrate s'est embourgeoisé
et
aujourd'hui, dans les banlieues populaires, la FI domine les sociodémocrates et dans les sous-préfectures, les classes moyennes et les classes populaires préfèrent voter pour le Rassemblement National que pour la social-démocratie. Enfin, je veux dire, ça, c'est pas un scoop, c'est la vérité. Il y
a
une immense hypocrisie autour de cette polémique, autour de cette note. Maintenant, je vais vous dire. Ma stratégie, c'est l'antithèse. Je pense que justement, en analysant ces sondages, notre obsession, ça doit être de s'adresser à toutes les Françaises et à tous les Français. Ça doit être d'aller dans les banlieues populaires qui n'appartiennent pas à la France insoumise. Ça doit être d'aller dans les sous-préfectures discuter avec les ouvriers, d'aller dans les villages échanger avec les paysans en se disant une chose très simple. Ils n'appartiennent pas au Rassemblement National. Ils ne sont pas condamnés à ce vote-là.
Il faut donc qu'on arrive à retrouver cette envie dans tous les quartiers de France, dans tous les villages français, dans toutes les villes françaises. Et moi, ce que je veux faire là,
c
'est que cette campagne soit un immense moment d'échange entre
tous les
Français, sans segmentation électorale.
Alors vous dites je vais m'adresser à tous les Français, sans hypocrisie. J'ai une dernière question. Pourquoi vous n'annoncez pas aujourd'hui, à la sortie de ce livre, que vous êtes candidat à la présidentielle
?
Pourquoi vous patientez encore ? C'est un peu curieux quand on lit votre livre,
il
y a près de 200 pages où on comprend que vous êtes candidat, mais en même temps, vous ne le dites pas.
Parce
que c'est trop tôt.
Et
que moi, vous savez, je prends extrêmement au sérieux cette élection. Je pense que c'est l'avenir du pays qui est en jeu.
Et
donc, je ne veux pas ajouter au bordel ambiant.
Ce
que je veux faire, c'est qu'on trace une voie. Et je me battrai pour que la ligne que j'incarne, la ligne que je porte, remporte cette élection. Et je vais vous le dire,
le
temps viendra
où
il y aura la décision sur qui doit incarner ces idées, qui doit les porter. Mais ce que je ferai d'abord, c'est de lancer une dynamique, de lancer un mouvement dans la société. Parce que je suis convaincu qu'une écrasante majorité des Françaises et des Français de gauche sont contre les dérives de Jean-Luc Mélenchon. Et qu'ils choisiront notre ligne. Mais pour ça, il faut l'affirmer avec force. Et je vais la porter.
Et
ça commencera le 13 juin
au
DOC de Paris,
à
Aubervilliers. Et vous verrez que des milliers de Françaises et de Français viendront dire qu'ils attendent ça. Et c'est cette dynamique qui va nous porter. Parce que
on
n'arrivera pas juste avec un discours rationnel qui dit attention, ne faites pas de bêtises.
On
réveillera une envie puissante dans la société française.
Eh bien, merci beaucoup Raphaël
Luxman pour
cet entretien.
Raphaël Glucksmann